Syndicats du pétrole et du gaz : renforcer la durabilité dans une région MENA volatile

Ahmed Kamel a ouvert la séance en faisant remarquer qu’il s’agissait de la cinquième réunion d’un réseau qui était devenu pérenne :

“Nous avons accompli beaucoup de choses depuis la création de ce réseau. Nous devons décider où nous voulons en être dans cinq ans. Il vous appartient d’identifier vos priorités et d’élaborer un plan d’action. Nous vous soutiendrons à tout moment.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a présenté le contexte politique, indiquant que la viabilité de différentes méthodes de production était affectée par les prix du pétrole, rendant le secteur particulièrement vulnérable aux pressions géopolitiques. La région MENA est la pire du monde en termes de violations des droits syndicaux.

Kemal Özkan

La Directrice pour l’Énergie, Diana Junquera Curiel, a évoqué les tendances mondiales dans le secteur et fait le point sur les syndicats présents au sein des principales compagnies.

“Ce secteur est confronté à une contradiction cruciale. Nous devons équilibrer les besoins en énergie d’une population en croissance et d’économies en développement avec l’impératif de prendre des mesures en matière de changement climatique. À niveau mondial, il y a une augmentation de la demande en énergie qui conduit à la demande combinée de plus d’énergie et de moins de carbone. Notre défi est de nous assurer que ce ne soit pas les travailleurs et travailleuses qui se retrouvent pris dans cette contradiction.”

Le Directeur de Total pour le Liban, Daniel Alavarez, s’est joint à la réunion pour exprimer l’engagement de l’entreprise par rapport à son accord-cadre mondial avec IndustriALL et celui de développer des relations sociales saines dans la région.

Après que le coprésident de la section Frode Alfheim, de notre affilié norvégien Industri Energi, a exposé les pressions auxquelles le secteur est soumis pour devenir plus durable et la manière dont les syndicats en sont affectés, le Secrétaire général Valter Sanches s’est exprimé sur la Transition juste, en disant :

“Le secteur du pétrole et du gaz est important pour nous. Nous voulons le maintenir parce qu’il génère de la valeur aussi bien pour les travailleurs que pour la société au sens large. Le renouvelable devient moins cher. Nous avons maintenant des incitants économiques pour une transition énergétique ainsi qu’un impératif politique. Nous devons faire partie de ce débat, sinon les entreprises vont s’en servir comme prétexte pour restructurer et virer des travailleurs et travailleuses.”

Valter Sanches

Le Directeur pour la santé, la sécurité et la durabilité, Brian Kohler, a conduit une session sur la santé et la sécurité professionnelles, qui sont négligées par les employeurs et les gouvernements de la région. “C’est un métier nocif”, a-t-il dit, “et les maladies professionnelles comptent pour 80% des décès. Les syndicats ne peuvent pas rester dans l’attente que les employeurs identifient et portent remède aux dangers.”

Brian Kohler

“Un délégué syndical à la sécurité doit apprendre à être un épidémiologiste en herbe. Un carnet de note constitue votre outil le plus important. Recherchez les maladies récurrentes. N’oubliez pas de suivre les retraités. Identifiez les causes connues de ces maladies. Observez les processus de travail et faites des recoupements..”

Les délégués ont l’intention de créer un comité de santé et sécurité professionnelles qui puisse partager et traduire des documents et élaborer une culture de la sécurité. Ils ont également exprimé leur grand intérêt à développer leur compréhension de la logique économique de l’industrie du pétrole et du gaz, afin de pouvoir contrer les arguments que les employeurs leur opposent.

 

Au 6e anniversaire de Rana Plaza, les syndicats du Bangladesh appellent à la poursuite de l’Accord

Quelque 150 personnes provenant des syndicats affiliés à IndustriALL au Bangladesh ont pris part à cette action devant le Club de la Presse de la capitale Dacca.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL, Apoorva Kaiwar, qui se trouvait à Dacca, a déclaré :

“Aujourd’hui, nous nous souvenons des victimes de la tragédie de Rana Plaza, qui sont disparues lors de la journée la plus sombre de l’histoire de l’industrie de la confection. Elles ne seront jamais oubliées et nous ne relâcherons jamais nos efforts en vue d’améliorer la sécurité des usines de confection au Bangladesh.”

IndustriALL, ensemble avec UNI global union, avait mené le mouvement pour mettre en place l’outil juridiquement contraignant qu’est l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh, dans la foulée de la catastrophe de Rana Plaza. Plus de mille travailleurs et travailleuses ont été tués et 2.500 blessés lorsque ce complexe d’ateliers de confection de Dacca s’est effondré le 24 avril 2013.

Cependant, ces derniers mois, l’Accord s’est constamment retrouvé sous la menace d’être expulsé par les autorités du Bangladesh. La semaine dernière, la Cour Suprême du Bangladesh a ordonné une nouvelle extension de l’Accord du Bangladesh et a programmé une prochaine audience destinée à décider du sort du programme pour le 19 mai.

“Grâce à l’Accord du Bangladesh, des millions de travailleurs et travailleuses de la confection peuvent exercer leur métier en toute sécurité, sans avoir à craindre pour leur vie,”

a déclaré la Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft.

“Et pourtant, six ans plus tard, l’avenir de l’Accord ne tient qu’à un fil. Ce n’est pas le moment de reculer. Le Bangladesh a fait des pas de géant, mais la sécurité des usines doit toujours être maintenue et améliorée et ceci requière une formation continue des travailleurs et des gestionnaires ainsi qu’un mécanisme efficace de dépôt de plaintes.”

L’Accord, qui porte la signature de 190 enseignes de stature mondiale, a mené plus de 30.000 inspections en matière de sécurité auprès de plus de 1.600 usines concernant plus de deux millions de travailleurs et travailleuses. Plus de 90% des remédiations concernant les inspections initiales ont été achevées.

“L’Accord du Bangladesh doit se poursuivre jusqu’à ce que les autorités soient en mesure de garantir le même niveau de transparence et de responsabilité que celui instauré par l’Accord afin de donner l’assurance aux travailleurs et travailleuses, aux enseignes ainsi qu’aux consommateurs que les vêtements fabriqués au Bangladesh le soient en toute sécurité,” a ajouté Jenny Holdcroft.

Pourquoi la transparence est essentielle à la transformation du secteur de la mode

Les enseignes fournissent beaucoup d’informations à propos de ce qu’elles font pour améliorer les choses au sein de leurs chaînes d’approvisionnement, mais ce n’est que par le biais de la transparence que ces informations peuvent être vérifiées.

La transparence nous permet d’estimer si les stratégies employées par les entreprises sont efficaces, par exemple en vérifiant si celles visant à un salaire vital se matérialisent sous forme de salaires plus élevés pour les travailleurs et travailleuses.

L’Index de Transparence de Fashion Revolution de cette année montre qu’à peine 17% des enseignes révèlent leur manière de mettre en œuvre leur approche quant au salaire vital au sein de leurs chaînes d’approvisionnement et que seulement 4% d’entre elles font rapport sur l’évolution de la situation.

Avec davantage de transparence, nous pouvons faire le lien entre les politiques de responsabilité sociale des entreprises et leur impact sur le terrain.

Étendre la transparence aux pratiques d’achat est un prochain pas essentiel à franchir. Quelles que soient les mesures de responsabilité sociale prises par une entreprise, celles-ci peuvent être mise à mal par ses propres pratiques d’achat. Il ne sert à rien pour les enseignes de déclarer qu’elles soutiennent des temps de travail décents si elles attendent par ailleurs de leurs fournisseurs qu’ils tiennent des délais de livraisons de plus en plus serrés.

Seuls 9% des enseignes étudiées par l’Index comptent un processus formel pour recueillir le retour de leurs fournisseurs sur leurs pratiques d’achat. La transparence ouvre le débat entre les entreprises et les syndicats sur ce qui doit changer dans la manière dont les enseignes font affaire avec les fournisseurs, afin de mettre fin à la pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail.

Alors que de manière encourageante, 76% des enseignes publient une politique de liberté syndicale et de négociation collective au sein de leur Code de conduite à l’usage des fournisseurs, seules 4% révèlent le nombre de fournisseurs qui comptent des syndicats indépendants, désignés démocratiquement.

La transparence concernant la présence syndicale au sein des usines des fournisseurs et l’existence de conventions collectives de travail, va mettre en lumière l’impact dévastateur de décennies d’hostilité aux syndicats de la part des employeurs et des gouvernements, se traduisant par des taux de représentation des travailleurs extrêmement bas.

La dure réalité est que prendre une soi-disant position neutre par rapport à la liberté syndicale ne permet en rien de faire tomber les énormes obstacles à l’exercice par les travailleurs et travailleuses de leur droit fondamental à s’organiser syndicalement. Et si l’on veut que les travailleurs et travailleuses de la confection aient accès à de meilleurs salaires et conditions de travail, des mesures concrètes doivent être prises pour rendre plus facile leur accès à l’adhésion syndicale et à la négociation collective.

Les syndicats d’Afrique sub-saharienne renforcés par la solidarité

Au cours d’une mission d’IndustriALL à Nairobi, au Kenya, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches et la Secrétaire régionale Paule France Ndessomin ont rencontré les six affiliés locaux d’IndustriALL pour discuter des problèmes rencontrés par les travailleurs et travailleuses au Kenya, dont le travail précaire. Celui-ci est répandu dans la plupart des secteurs, notamment ceux de l’automobile, du textile et de la confection, du pétrole et du gaz ainsi que des industries manufacturières et menace l’existence des syndicats.


Bata, fabricant de chaussures, Total et Kenya Vehicle Manufacturers (KVM), qui assemble des véhicules pour Volkswagen, sont quelques exemples d’entreprises où l’on trouve du travail précaire. KVM compte 39 postes permanents pour plus de 300 travailleurs précaires. Ceux-ci se voient refuser certaines prestations sociales, dont des congés payés tels que garantis par la législation du travail. Ils prestent également de 8h00 à 17h00 sans pause repas.


S’efforçant de mettre un terme à ces pratiques abusives, les syndicats recrutent les travailleurs précaires. Les employeurs répliquent souvent en licenciant ceux et celles qui rejoignent les syndicats. Ceux-ci ont porté devant les tribunaux ces cas de licenciements abusifs et illégaux pour faire inverser les décisions.


Les femmes prestent souvent dans des conditions déplorables avec de bas salaires, elles font face à des infractions en termes de droits au congé de maternité ; le harcèlement sexuel et le viol ne sont pas rares.


Rose Omano, Présidente du Conseil de Femmes d’IndustriALL au Kenya, déclare :


“Nous nous tournons vers IndustriALL pour donner davantage de soutien aux activités des femmes, sachant que le mouvement ouvrier kényan est largement dominé par les hommes. Les problématiques des femmes sont des problématiques syndicales et doivent recevoir davantage d’attention.”


Valter Sanches indique :


“IndustriALL mène des campagnes contre les multinationales en vue d’améliorer les conditions de travail, le respect des libertés syndicales et les salaires. Les syndicats doivent également s’impliquer davantage dans le processus politique de leurs pays respectifs pour permettre aux travailleurs et travailleuses d’influencer la mise en place des politiques.”

Renforcement syndical au Lesotho

Le secteur du textile et de la confection au Lesotho, tout comme dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne, emploie principalement des femmes et le harcèlement sexuel y est un problème.


À l’usine de confection Nien Hsing, le Syndicat indépendant et démocratique du Lesotho (IDUL) a confronté l’entreprise à un scandale impliquant des prestations sexuelles en échange d’un emploi, ce qui a abouti à la démission d’un responsable des ressources humaines. L’IDUL s’est également battu d’arrache-pied, avec le soutien d’IndustriALL, pour que Nien Hsing rétablisse une convention collective que l’entreprise avait supprimée.


Dans le secteur des mines, IndustriALL a écrit à l’entreprise Firestone Diamonds, originaire du Royaume-Uni, pour lui rappeler son devoir de respecter les droits humains et syndicaux. La mine Liqhobong de l’entreprise, du district de Butha-Buthe, dans les montagnes de Maluti, refuse l’accès à l’IDUL pour y organiser syndicalement les travailleurs. C’est affligeant de la part d’une entreprise qui a la réputation d’extraire des pierres de grande valeur cependant que les travailleurs en retirent peu de chose.


“L’IDUL fait face à une série de défis : travail précaire, bas salaires, pratiques de travail déloyales et violations des droits syndicaux et humains, y compris du harcèlement sexuel. Les conditions défavorables générées par le travail précaire et l’antisyndicalisme des employeurs ne peuvent rester sans réponse et IndustriALL et son réseau mondial pour le diamant vont continuer à soutenir l’IDUL.”

Valter Sanches


Des ateliers de formation sur la façon de contrer le harcèlement sexuel vont se tenir dans le cadre de la campagne d’IndustriALL pour mettre un terme à la violence sexiste sur le lieu de travail.

“The power of unions comes from fighting together”

Valter Sanches in Eswatini

“La force des syndicats vient de nos combats communs”

Valter Sanches en Eswatini

Unir les travailleurs et travailleuses dans la défense de leurs droits et en faveur d’un salaire vital est important pour les syndicats d’eSwatini, anciennement Swaziland, et pour l’Afrique sub-saharienne.


S’exprimant devant des milliers de travailleurs et travailleuses de la confection aux usines Nhlangano, Valter Sanches a déclaré :


“Certains employeurs du secteur du textile et de la confection sont connus pour menacer les travailleurs et travailleuses d’eSwatini de perdre leur emploi en laissant entendre qu’ils pourraient déplacer la production en Éthiopie.


"De la même manière, les travailleurs et travailleuses en Éthiopie sont victimes des mêmes menaces d’employeurs qui parlent de délocaliser au Bangladesh. Les employeurs font cela pour verser des bas salaires, mais nous n’acceptons pas leurs manigances. IndustriALL va porter ce combat et c’est pourquoi nous unissons les travailleurs d’eSwatini, du Lesotho et d’Afrique du Sud. Si nous nous battons ensemble, nous serons victorieux.”


Les affiliés d’eSwatini indiquent qu’ils sont “attaqués sur plusieurs fronts” et ont salué la solidarité internationale en s’engageant “à mettre les mains dans le cambouis pour bâtir une ferme unité au sein de la main d’œuvre.”


Le Syndicat des travailleurs des matériaux et de la maintenance électriques et des secteurs connexes se bat pour la réintégration de quatre travailleurs et l’annulation de la suspension de treize autres de la part de la Compagnie d’Électricité d’eSwatini, après leur participation à une grève.


La Fédération générale des Syndicats du Swaziland (ATUSWA) se bat contre la victimisation de ses membres. Par exemple, une usine de Fashion International de Matsapha est connue pour rétrograder de poste les leaders syndicaux et pour menacer tout qui adhère au syndicat. L’ATUSWA subit également la menace judiciaire d’être interdite ou radiée.

Déchets électriques et électroniques: il est temps d’agir pour assurer des conditions de travail décent

Cette vidéo de l’Association des travailleuses non salariées en Inde montre les réalités du traitement des déchets électroniques

Le Forum de dialogue mondial sur le travail décent dans la gestion des déchets électriques et électroniques s’est tenu du 9 au 11 avril 2019. L’objet du forum est d’examiner des questions d’actualité et des questions nouvelles en lien avec la promotion du travail décent dans la gestion des déchets électriques et électroniques, l’objectif étant d’adopter des points de consensus, y compris des recommandations en vue d’une action future de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de ses membres.


IndustriALL Global Union, sous l’égide de la Confédération syndicale internationale, a coordonné la participation des experts syndicaux issus des six pays suivants: Danemark, Inde, Japon, Royaume-Uni, Russie et Suède.


L’industrie des déchets électriques et électroniques est le lieu où afflux la part la plus importante et grandissante des déchets. Ces déchets sont dangereux, complexes et coûteux à traiter d’une manière qui soit respectueuse de l’environnement. En outre, la législation de nombreux pays dans ce domaine est généralement déficiente tout comme son application. La majorité du traitement des déchets électriques et électroniques dans les pays en développement se déroule dans l’économie informelle. Dans ces conditions, divers problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs dans ce secteur, comme la violation de leurs droits fondamentaux, le travail des enfants, la précarité des conditions de travail et les négligences à l’égard de la santé et de la sécurité, ont été signalés à IndustriALL, en particulier dans les pays en développement.


Les chaînes d’approvisionnement qui fournissent l’industrie des technologies de l’information et de la communication (TIC), de l’électricité et de l’électronique deviennent plus longues et plus complexes au fur et à mesure que la technologie pénètre tous les domaines de notre vie, et cette technologie continuera à dynamiser l’industrie des déchets électriques et électroniques. Tous les intervenants dans les chaînes d’approvisionnement ont la responsabilité de fournir des emplois sûrs, sains, propres et durables, et les travailleurs ont le droit d’attendre ce type d’emplois. Lors du Forum, les questions et les défis des personnes travaillant dans le secteur des déchets électriques et électroniques portaient surtout sur l’économie circulaire et les façons de promouvoir le travail décent dans l’industrie.

« Les travailleurs qui manipulent les déchets ne sont pas à même de faire entendre leur voix et n’ont aucun pouvoir de négociation »

James Towers, vice-président du groupe des travailleurs

« Les travailleurs qui manipulent les déchets électriques et électroniques ne sont pas à même de faire entendre leur voix et n’ont aucun pouvoir de négociation, alors que leur tâche consiste à détruire des matériaux dangereux avec leurs mains. En outre, ces travailleurs n’ont pas conscience des nombreux risques liés à la manipulation des déchets électriques et électroniques », a expliqué James Towers, vice-président du groupe des travailleurs.


« Nous, les travailleurs, voulons un avenir professionnel assorti de bonnes pratiques de travail ainsi qu’une transition juste pour les travailleurs des déchets électriques et électroniques ».

Kan Matsuzaki, directeur d’IndustriALL chargé du secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), de l’électricité et de l’électronique, a déclaré:


« C’est la première réunion au cours de laquelle les gouvernements, les employeurs et les travailleurs ont échangé en profondeur sur des questions et des défis en lien avec les déchets électriques et électroniques, et sont parvenus de manière sérieuse et constructive à élaborer des projets de points de consensus portant sur les préoccupations des travailleurs. Il s’agit d’une étape importante vers un avenir durable. Il est temps d’agir pour assurer des conditions de travail décent à tous les travailleurs des déchets électriques et électroniques! ».

Documents (en anglais)

Les travailleurs de Ford en Russie réclament une indemnisation décente

Le 12 avril, quelque 150 ouvriers de l’usine Ford Sollers ont organisé, avec le soutien de l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat interrégional « l’Association des travailleurs » (ITUWA, Interregional Trade Union "Workers Association") et l’organisation syndicale locale de Ford, un rassemblement en scandant les slogans: « Ford: la discrimination et la duperie des travailleurs en Russie » et « Gouverneur et maire, protégez nos droits ».

Les employés de l’usine implantée dans la région de Leningrad n’approuvent pas le Programme de licenciements volontaires élaboré par la direction locale de Ford. Selon le syndicat ITUWA, 10 gestionnaires seront indemnisés à hauteur du montant d’indemnisation alloué à 1 000 employés de l’usine.

Les participants au programme peuvent compter sur une indemnisation clairement supérieure aux exigences légales russes, mais à des conditions limitant les droits des employés. Ces derniers ne devront ni s’absenter du travail pendant plus de cinq jours pour cause de maladie ni faire l’objet de sanctions disciplinaires; et devront remplir les objectifs de production. Dans le cas où une de ces conditions au moins ne serait pas respectée avant le 24 juin, l’employé recevra seulement trois mois de salaire. Selon les militants syndicaux, n’importe quel employé pourrait sans fondement faire l’objet de sanctions disciplinaires et être privé de l’indemnité à laquelle il a droit.

Igor Temchenko, président d’ITUWA pour la région de Leningrad et à Saint-Pétersbourg, a déclaré:

« Nous pensons que le Programme de licenciements volontaires proposé ne répartit pas de manière suffisamment équitable les fonds d’indemnisation. Le directeur et les gestionnaires recevront de 4 à 10 millions de roubles (de 61 200 à 153 000 $ US), et les travailleurs, de 400 000 à 1 million de roubles (de 6 100 à 15 300 $ US). Au cours des négociations, nous aimerions trouver une option acceptable pour les deux parties. Néanmoins, l’employeur refuse de négocier avec les syndicats ».

La direction de Ford Europe ne souhaite pas non plus dialoguer avec les syndicats, indiquant que le montant des fonds alloués est suffisant, et que la distribution est une affaire interne à la direction locale à Vsevolozhsk.

Les syndicats ont envoyé une lettre à la direction de Ford Motor, dont le siège est basé à Dearborn (Etats-Unis), y compris à Bill Ford, le président exécutif de la société Ford Motor.

Georg Leutert, directeur d’IndustriALL pour l’industrie automobile, a indiqué:

« La fermeture de l’usine aura des conséquences sociales dramatiques pour la ville de Vsevolozhsk. Aussi, Ford doit agir rapidement et rassembler toutes les parties prenantes, y compris les syndicats, autour d’une même table, et entamer des discussions communes ouvrant des perspectives durables pour des milliers de travailleurs et leurs familles ».

Plus tôt, le 5 avril, les travailleurs de l’usine ont adopté une déclaration commune, qui charge le conseil d’entreprise de Ford à Vsevolozhsk de s’adresser au gouvernement de la Fédération de Russie pour organiser des négociations avec les acheteurs potentiels du site industriel de Ford à Vsevolozhsk, et avec la participation obligatoire des représentants des travailleurs; ainsi que pour employer tous les travailleurs qui le veulent dans la nouvelle entreprise.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, a commenté:

« Ford et Ford Sollers ne disposaient pas de stratégie adaptée au marché russe et maintenant les travailleurs doivent payer pour leur incompétence. Nous soutenons les revendications des syndicats en matière de paiements justes, et nous appelons le gouvernement à veiller à ce qu’un maximum d’employés de Ford Sollers puissent garder leurs emplois à l’usine lorsqu’elle sera rachetée par un nouveau propriétaire ».

Les travailleurs biélorusses confrontés à la répression chez Belaruskali

Dans un courrier à l’entreprise daté du 11 avril 2019, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

“Nous sommes outrés par ce qui nous revient des politiques et pratiques antisyndicales menées par la direction de Belaruskali, qui se sont traduites par la démission forcée de leur syndicat d’un certain nombre de membres du BITU, notamment des travailleurs et travailleuses de Remmontazhstroy et Kaliyspetstrans.

“Ces démissions forcées ont eu lieu sous la pression de votre direction. Les travailleurs et travailleuses sont forcés de compléter des formulaires de démission du BITU qui sont préparés par des représentants de la direction. On y retrouve l’intervention directe du directeur général de Belaruskali, du directeur adjoint à l’idéologie ainsi que d’autres dirigeants de haut rang pouvant se prévaloir du pouvoir administratif au sein de l’entreprise.”

Tout récemment, au début de cette année, IndustriALL faisait état pour la première fois d’une bonne nouvelle depuis le dépôt d’une plainte en 2000 auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT) concernant des violations de droits syndicaux : les autorités biélorusses avaient enregistré la section locale d’un syndicat indépendant chez Remmontazhstroy, une filiale de Belaruskali.

Des syndicalistes, aussi bien en Biélorussie qu’à l’étranger, prennent la pose en solidarité avec le Syndicat indépendant biélorusse BITU

Sur cette photo : Owen Tudor, Secrétaire général adjoint de la CSI et Irakli Petriashvili, Président du CRPE-CSI

Cependant, peu de temps après, les travailleurs et travailleuses ont été confrontés à des représailles de leur administration pour cet enregistrement de leur syndicat indépendant. Immédiatement après l’enregistrement de la section locale du BITU chez Remmontazhstroy, une tentative a été faite d’enregistrer une autre section locale dans une filiale comparable, Kaliyspetstrans. Cependant, avant que ses adhérents ne tentent de faire la demande d’enregistrement officiel, la direction de Kaliyspectrans les a forcés à démissionner de leur syndicat indépendant.

Selon nos informations, la répression aurait lieu avec l’implication d’un autre affilié d’IndustriALL, Belkhimprosoyuz, aussi présent dans la même entreprise. IndustriALL mène une enquête interne et prendra le cas échéant des mesures conformes à ses statuts.

Valter Sanches a attiré l’attention des hauts responsables de l’entreprise sur le fait que ce comportement de la direction de Belaruskali “constitue une nette infraction aux normes internationales du travail, notamment de la Convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que la Convention 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du Travail (OIT).”

Dans son courrier, Valter Sanches souligne que “Le droit des travailleurs et travailleuses à former et rejoindre des syndicats de leur choix fait partie intégrante d’une société libre et ouverte.”

Il pointe encore du doigt que ce que la direction fait à l’encontre du BITU et de ses membres “se situe clairement en violation de valeurs, principes et normes universels. Ceci n’est dans l’intérêt de personne, ni par ailleurs de celui de votre entreprise.”

IndustriALL a exhorté Belaruskali “à prendre des mesures immédiates pour mettre un terme à ces violations flagrantes des droits syndicaux à l’égard des membres du BITU.”

Botswana: un syndicat conteste le licenciement abusif d’une dirigeante

Le syndicat réclame sa réintégration immédiate et la fin de toutes les formes de traitements injustes et de pratiques antisyndicales. Botshome, qui travaillait pour la compagnie depuis neuf ans, a été licenciée en novembre 2018 sur les allégations de mauvaise performance et de négligence. Elle a toutefois fait appel de son renvoi devant le tribunal industriel de Gaborone.

Botshome a indiqué que le processus disciplinaire qui lui a été appliqué à Pluczenik est une mascarade. Le BDWU, un affilié à IndustriALL Global Union, a ajouté que la décision est « inappropriée, sévère, vindicative et calculée pour éliminer un dirigeant syndical opiniâtre ».

La compagnie Pluczenik Diamonds est financée par l’agence gouvernementale américaine, l’Overseas Private Investment Corporation.

Les compagnies diamantaires au Botswana bafouent de plus en plus la législation du travail et traitent de façon injuste les travailleurs, mais le BDWU est tout aussi déterminé à s’en prendre à leurs pratiques malhonnêtes. Le syndicat fait campagne pour obtenir des salaires réels dans le secteur de la taille et du polissage des diamants, et estime que les travailleurs sont privés de la jouissance des bénéfices tirés des diamants. Selon elle, seules les compagnies diamantaires et leurs actionnaires, ainsi que le gouvernement en profitent aux dépens des travailleurs. Le syndicat a ajouté que les politiques en matière de formation et de circonscription (des conflits)/de localisation visant à améliorer les compétences des travailleurs sont mises en œuvre sans enthousiasme; les travailleurs expatriés continuant à occuper les postes les plus élevés et les mieux rémunérés.

Les compagnies transgressent également les normes de santé et de sécurité en ne nettoyant pas correctement les toilettes des usines et en ne fournissant pas aux travailleurs du matériel de protection personnel contre la poussière, les produits chimiques et les blessures.

S’agissant des licenciements, le syndicat a indiqué que les travailleurs sont traités injustement. Par exemple, Eurostar Diamonds, qui employait 500 personnes, ne compte plus que 70 travailleurs. Le syndicat misait sur l’intervention du gouvernement pour veiller à la sauvegarde des emplois et empêcher les licenciements injustifiés, mais cela n’est pas arrivé. Les conditions de travail précaires des contrats de courte durée sont fréquents, même pour les travailleurs au bénéfice de 10 ans d’expérience dans la même entreprise. En outre, la liberté syndicale est entravée lorsque le syndicat est ignoré. Les travailleurs se voient refuser le droit à des congés annuels et les certificats médicaux ne sont pas pris en compte par les compagnies diamantaires dont KGK, Dalumi, Yerushalmi, Laurelton, Leoschter et Msuresh.

Le directeur d’IndustriALL chargé du secteur de l’extraction minière et de la production de diamants, de pierres précieuses, d’ornements et de bijoux (DGOJP), Glen Mpufane, est scandalisé par les violations:

« Nous exigeons la réintégration immédiate de notre collègue Goleba et nous condamnons l’impunité révoltante avec laquelle les compagnies diamantaires opèrent au Botswana. Cela va à l’encontre de la législation nationale du travail et des conventions de l’Organisation internationale du travail. A titre de parade, le réseau mondial Diamants d’IndustriALL lancera une campagne pour mettre fin à la tyrannie et au comportement antisyndical des employeurs ».

Ces violations prouvent la justesse de la plainte d’IndustriALL devant la Commission d’application des normes de la conférence de l’OIT relative à la violation des droits syndicaux par le gouvernement du Botswana en 2018.

L’Accord doit être maintenu au Bangladesh jusqu’à ce que le gouvernement soit réellement capable d’assurer la sécurité

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Jenny Holdcroft a déclaré : “Il est bon que la Cour a décidé d’accorder davantage de temps aux négociations entre l’Accord et la BGMEA ainsi que le gouvernement. L’Accord ne peut pas cesser ses activités sans une solution qui protège les travailleurs et travailleuses de la confection du Bangladesh, maintenant et à l’avenir.”

“L’Accord du Bangladesh a sauvé des vies et a permis à l’industrie de la confection du pays d’être plus durable,” a déclaré le responsable d’UNI pour le Commerce, Mathias Bolton. “Nous saluons cette extension d’un mois mais le fait demeure qu’il faut permettre à l’Accord de poursuivre ses activités dans le pays jusqu’à ce que le gouvernement soit prêt à réellement reprendre les fonctions de formation, d’inspection et de remédiation de l’Accord. Au stade actuel, clairement, le gouvernement n’a pas cette capacité.”

Une récente étude reprenant les données du gouvernement lui-même a conclu à une “impréparation interpellante” de la part du régulateur bangladais à pouvoir chapeauter l’industrie du prêt-à-porter, qui est le plus grand secteur économique du pays. C’est particulièrement préoccupant parce que les plaintes à l’égard des usines de confection bangladaises ont atteint un record absolu en 2018.

L’audience du 15 avril était la quatrième du genre depuis que le gouvernement du Bangladesh a publié une ordonnance restrictive à l’égard de l’Accord, qui devait prendre effet au 30 novembre.

CONTEXTE

L’Accord du Bangladesh a été signé en 2013 après la catastrophe de l’usine de confection de Rana Plaza. Il représentait le premier accord légalement contraignant qui enjoignait aux enseignes de la confection d’aider leurs sous-traitants à éliminer les problèmes relatifs aux risques d’incendie et de défauts structurels.

Une seconde mouture, l’Accord de Transition de 2018, est entrée en vigueur à l’expiration du pacte d’origine en mai 2018, qui étend la protection de l’Accord jusqu’en 2021.

L’Accord a assuré le suivi d’améliorations qui comprennent l’installation d’issues de secours, de systèmes d’extinction automatique par arrosage et la mise à niveau des installations électriques dans près de 1.700 usines qui produisent des vêtements pour certaines des plus grandes marques du monde.

Les syndicats de Hyundai et Kia appellent à un Accord-cadre mondial

La réunion, qui a été inaugurée par le président du syndicat hôte OS KOVO, Jaroslav Souček, s’est tenue à Ostrava en raison de l’importance de l’usine Hyundai qui y est implantée.

Les participants ont évoqué les relations au sein des usines Hyundai et Kia et de leurs fournisseurs de par le monde. Un thème récurrent était celui des médiocres relations avec l’entreprise, avec des attitudes antisyndicales en Allemagne et en Turquie et des directions locales encourageant les travailleurs et travailleuses à concurrencer les usines et syndicats des autres pays.

Hyundai a tenté d’empêcher la participation à la réunion. L’entreprise a refusé une visite de l’usine d’Ostrava et a tenté de saper la confiance qu’ont les syndicats les uns envers les autres en affirmant que les syndicats coréens avaient envoyé de fausses traductions de leur convention collective à leurs homonymes tchèques pour les tromper. Le Camarade Ha, Young-Chul, responsable automobile auprès du Syndicat des métallurgistes coréens KMWU, a fait un exposé expliquant l’hostilité de l’entreprise. Les relations sociales en Corée sont conflictuelles et le KMWU a dû mener une lutte longue et pénible pendant des années pour obtenir sa reconnaissance et une convention collective.

Gowrishankar Sundarajan, Secrétaire général du Syndicat des Travailleurs de Hyundai Motor India à Chennai, s’est joint à la réunion par vidéo-conférence et a expliqué que l’entreprise avait refusé l’autorisation à la délégation indienne de faire le voyage. Le plus gros problème est le recours croissant à des travailleurs précaires. Sur les 12.263 ouvriers et ouvrières de production, environ 4.000 sont des sous-traitants et 6.000 des stagiaires. Seuls 2.200 travailleurs et travailleuses ont un contrat permanent et bénéficient de négociations salariales.

L’assemblée a résolu de chercher à conclure un accord-cadre mondial (ACM) avec l’entreprise de sorte à renforcer le réseau et améliorer les conditions d’emploi sur tous les sites d’activité de l’entreprise. Le KMWU a indiqué qu’il était disposé à mener le combat en faveur d’un ACM, en sacrifiant d’autres problématiques pour en faire une revendication centrale lors de ses négociations collectives. Le Camarade Ha a déclaré :

“Nous devons nous assurer que le capital ne progresse pas plus vite que l’unité syndicale.”

La plupart des ACM relèvent d’entreprises européennes, en raison des accords qui découlent du dialogue social européen. La Corée n’a toujours pas ratifié quatre conventions fondamentales de l’OIT, dont celle relative à la liberté syndicale. Un ACM avec une entreprise coréenne marquerait un important précédent au niveau des relations sociales dans un contexte conflictuel. Le Directeur d’IndustriALL Global Union pour le secteur automobile, Georg Leutert a déclaré :

“Ceci n’était pas une réunion ordinaire. La décision de vouloir un ACM est la preuve que les travailleurs et travailleuses de Hyundai et Kia vont se montrer unis et se battre pour des droits universels.

“Le KMWU montre courageusement la voie en appelant à un ACM qui représenterait un progrès significatif pour les droits syndicaux dans la région.”