IndustriALL porte plainte contre Mitsubishi Electric, partenaire des Jeux olympiques de Tokyo 2020

Mitsubishi Electric, partenaire officiel des Jeux olympiques de Tokyo 2020, contrevient aux Principes fondamentaux du Code de durabilité et d’approvisionnement durable des Jeux en violant des Normes fondamentales du travail de l’OIT au sein de sa filiale Mitsubishi Electric Consumer Products de Thaïlande.

La filiale thaï de Mitsubishi Electric a soumis ses salariés à des traitements dégradants et humiliants, lock-outé des adhérents syndicaux, forcé des travailleurs et travailleuses à signer des documents dénonçant leur syndicat et désobéi à une décision de la Commission des Relations Sociales (CRS) de Thaïlande qui l’enjoignait de réintégrer ces adhérents syndicaux.

La CRS a décrit le comportement de Mitsubishi Electric Consumer Products comme étant “vengeur” à l’égard du syndicat et a estimé que l’entreprise avait violé la législation thaï en matière de discrimination antisyndicale.

Le Syndicat de Mitsubishi Electric Thailand, qui représente les travailleurs et travailleuses intimidés et harcelés par l’entreprise, est affilié à IndustriALL par le biais de la Confédération des travailleurs de l’électroménager, de l’électronique, de l’automobile et de la métallurgie (TEAM) ainsi que de la Fédération des travailleurs de l’électronique et de l’électroménager de Thaïlande (TEEF).

Vingt-trois adhérents syndicaux ont été licenciés de l’usine de la province de Chonburi, dont les anciens président et vice-président du syndicat, Cherd et Thanaphat, tandis que vingt-sept autres ont été lock-outés de façon illégale.

Entre autres violations, l’entreprise a forcé les leaders syndicaux et 400 adhérents lock-outés à : assister à un camp de quatre jours au sein d’une base militaire afin d’y “apprendre la discipline et l’ordre”, subir cinq jours de formation dispensés par une firme de ressources humaines au cours desquels ils étaient censés “réfléchir sur leurs actes répréhensibles”, consacrer une journée à nettoyer chez des personnes âgées, pour “prouver leurs mérites” et passer trois jours au sein d’un temple bouddhiste, quelles que soient leurs convictions religieuses. Les travailleurs et travailleuses ont également dû publier des excuses à l’entreprise sur les médias sociaux en utilisant leur comptes personnels.

Les travailleurs et travailleuses de Mitsubishi Thailand ont été contraint à participer à un camp militaire de 4 jours.

IndustriALL a écrit trois fois à Mitsubishi Electric Consumer Products depuis que le conflit a éclaté en décembre 2017, en exhortant l’entreprise à réintégrer et rappeler les travailleurs et travailleuses lock-outés, mais n’a reçu aucune réponse.

“Mitsubishi Electric, en tant que partenaire officiel des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020, a la responsabilité d’intervenir pour faire cesser les violations des droits des travailleurs au sein de sa filiale thaï et de mettre immédiatement un terme aux actes d’intimidation et de harcèlement destinés à affaiblir le syndicat,” martèle le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches. “Nous attendons du Comité organisateur des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo qu’il élabore une solution appropriée avec Mitsubishi pour mettre un terme aux infractions aux principes fondamentaux du Code d’approvisionnement durable chez Mitsubishi Electric Consumer Products en Thaïlande.

“IndustriALL appelle de ses vœux que les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 soient une vraie célébration de la diversité, de la tolérance et de la paix dans le monde, qui récompense également de vrais champions de la responsabilité sociale des entreprises et du respect des droits des travailleurs.”

Les syndicats sud-africains se montrent optimistes après l’élection du nouveau gouvernement

Dans son discours inaugural, le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a déclaré que, sous son administration, le gouvernement soutiendra les politiques qui créent des emplois décents et permettent le développement des compétences, en particulier des jeunes, l’autonomisation des femmes, la lutte contre la corruption et la fin de la pauvreté en une génération.

Le Président Ramaphosa a cité la quatrième révolution industrielle comme une source d’emplois, surtout pour les jeunes travailleurs. Il a également indiqué que, durant son mandat, la société sud-africaine sera guidée par l’égalité et la solidarité, et qu’il favorisera un pacte social entre les entreprises et les syndicats.

En outre, le développement économique durable sera promu afin de favoriser « des terres productives et des communautés viables, le savoir, l’innovation, et la fourniture de services accessibles, durables et vendus à un prix abordable ». Les entreprises seront appelées « à générer de la valeur sociale et à propulser le développement humain ».

Marche pour l’emploi à Johannesburg

Le syndicat sud-africain des travailleurs du textile et de l’habillement, affilié à IndustriALL Global Union, a déclaré:

« La croissance et le développement de notre industrie manufacturière demeure cruciale pour le bien-être futur de l’ensemble de l’économie de l’Afrique du Sud. Nous ne pouvons pas être un pays d’exportateurs de matières premières et d’importateurs de produits finis si nous voulons nous attaquer résolument à la triple crise du chômage, de l’inégalité et de la pauvreté. L’industrialisation et la valorisation de notre économie sont essentiels ».

« Nous nous réjouissons particulièrement de la nomination du Ministre Ebrahim Patel au poste de Ministre du commerce et de l’industrie. Cela est de bon augure pour l’avenir des secteurs textile, de l’habillement, du cuir et des chaussures, ainsi que pour le développement accéléré de l’ensemble de l’industrie manufacturière ».

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

« Nous accueillons positivement les annonces du Président Ramaphosa, notamment la nomination d’un plus grand nombre de femmes au gouvernement qui a conduit à une parité femmes/hommes de 50/50. En outre, nous escomptons que les annonces se traduiront par la création d’emplois décents et le versement de salaires minimums ».

Marche pour l’emploi à Johannesburg

Les perspectives économiques de l’Afrique du Sud sont sombres. Selon le bureau national des statistiques, Statistics South Africa, le chômage élevé de 27,6% est encore plus important d’après le taux de chômage de longue durée (qui inclut les demandeurs d’emploi découragés ayant cessé de chercher du travail) qui se monte à plus de 37%. Des milliers d’emplois ont également été perdus lors des fermetures d’opérations minières. Les syndicats restent toutefois optimistes quant à la faculté du gouvernement d’inverser le cours des choses. Ils continueront leurs campagnes pour des emplois et des salaires décents en tant que stratégies de réduction des inégalités.

Une syndicaliste élue au parlement d'Afrique du Sud

Après avoir travaillé plus de quarante ans comme simple opératrice, Beauty Zibula est passée de déléguée d'atelier au poste de première Vice-présidente du Syndicat des travailleurs de l'habillement et du textile d'Afrique australe (SACTWU), affilié à IndustriALL Global Union. Elle est également membre du comité exécutif et du comité des femmes de la Région Afrique subsaharienne d'IndustriALL et, le 22 mai, elle a prêté serment en tant que député.

La Région Afrique subsaharienne se félicite de son élection au parlement où elle représentera la province du KwaZulu-Natal pour le Congrès national africain actuellement au pouvoir.

Comme la plupart des syndicalistes d'Afrique du Sud, elle a entamé une activité politique alors qu'elle était encore à l'école et a commencé à travailler dans le secteur en 1978. Sa carrière dans le mouvement syndical est prestigieuse. Active au sein du Syndicat des travailleurs de l'habillement et des secteurs connexes (GAWU) à Durban dans les années 1980, elle faisait partie d'un collectif qui a transformé le syndicat en organisation militante en lutte contre l'apartheid.

Elle a ensuite occupé la présidence de la section de Durban Nord du GAWU entre 1987 et 1989, poste qu'elle a conservé lorsque son syndicat est devenu le SACTWU. Parmi les autres postes qu'elle a occupés, ceux de trésorière régionale du SACTWU pour le KwaZulu-Natal (KZN), présidente adjointe puis présidente de la région KZN, et première présidente adjointe du SACTWU.

"Nous félicitons la camarade Beauty Zibula, une syndicaliste qui a gravi les échelons dans les luttes de la classe ouvrière. Ayant été membre de l'exécutif régional, elle sait comment lutter pour les droits des travailleurs contre le travail précaire et est une défenderesse acharnée des droits des travailleurs dans le secteur de l'habillement et du textile et dans d'autres secteurs. Nous savons qu'elle portera ce combat devant le parlement sud-africain aussi", a déclaré le Secrétaire général d'IndustriALL Valter Sanches.

Le SACTWU compte plus de 100.000 adhérents, soit 85 pour cent du secteur de l'habillement et du textile, y compris la chaussure et le cuir. Il représente les travailleuses et travailleurs des filatures, du lavage de la laine, des magasins d'usine, des usines de vêtement, des activités de coupe, couture et finition, des petites entreprises, des ateliers de chaussure, de l'égrenage du coton, des blanchisseries, des tanneries, des ateliers de tissage, des activités d'apprêtage, de teinture, des magasins de détail et des entrepôts.

Le Comité exécutif d’IndustriALL fait progresser les droits des travailleurs

“Une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous” a affirmé le Président d’IndustriALL Jörg Hofmann dans son allocution initiale.

“Nous devons nous assurer qu’autant de personnes que possible puissent bénéficier de la solidarité mondiale, dont nous savons qu’elle peut faire la différence face au capital mondialisé.”

Au cours des deux journées de réunion, les leaders syndicaux ont débattu de réponses mondiales à donner aux défis qui se présentent, au sein d’un monde où les régimes en place s’en prennent aux opposants, aux citoyens et aux syndicats, comme au Brésil, en Algérie ou en Colombie, où Igor Diaz de Sintracarbón reçoit des menaces de mort.

Les délégués ont entendu le témoignage des Métallos USW du Canada, dont les 1.000 adhérents de Trois-Rivières, au Québec, sont lock-outés de l’usine Alcoa depuis près de 17 mois à la suite du refus de l’entreprise de négocier.

Les travailleurs et travailleuses de Volkswagen à Chattanooga, au Tennessee, États-Unis, se voient toujours refuser le droit de rejoindre un syndicat, ce qui a conduit IndustriALL à suspendre un accord-cadre mondial (ACM) pour la première fois.

Confronter le capital mondial est un objectif stratégique et un élément clé pour faire progresser les droits des travailleurs. Les 46 ACM signés entre IndustriALL et des multinationales sont des outils importants pour développer des relations sociales sur un plan mondial, comme le montre la manière dont l’ACM avec Solvay a permis de résoudre un problème concernant des primes sur un site de l’entreprise en Inde.

Pour l’instant, des négociations sont en cours avec un important constructeur automobile de stature mondiale concernant un accord sur l’avenir du travail, qui donne l’opportunité de donner des réponses aux énormes transformations au sein du monde du travail et de mettre la Transition juste à l’ordre du jour.

La Commission mondiale sur l’avenir du travail de l’OIT examine comment atteindre la notion de travail meilleur pour tous alors que nous connaissons une époque de changements inédits. Les participants ont partagé leurs expériences et débattu d’un besoin de stratégies au plan mondial pour le mouvement ouvrier, sachant que tous les pays ne sont pas avancés du point de vue technologique.

Prenant acte du besoin d’échanger les expériences, le Comité exécutif a entériné la poursuite de ce travail et a

Le guide syndical vers une Transition juste pour les travailleurs d’IndustriALL, qui se penche sur sa mise en œuvre dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses, a servi de base à un débat menant à la prise d’un engagement à échanger les informations et les attentes en vue de concevoir des politiques sur la Transition juste et de s’assurer que les travailleurs et travailleuses aient leur mot à dire sur l’avenir de leurs industries.

Le renforcement syndical constitue une part vitale des efforts consentis par IndustriALL pour augmenter la syndicalisation et la puissance syndicale. En 2018, 768 activités liées au développement des capacités syndicales ont eu lieu, rassemblant le nombre impressionnant de 23.000 participants.

Le Comité exécutif a approuvé l’affiliation de six nouveaux syndicats, ce qui ajoute 224.000 nouveaux adhérents et consolide d’autant nos capacités de lutte et démontre qu’ensemble nous sommes plus fort.

Le Comité des Femmes d’IndustriALL prévoit une Conférence des Femmes pour la fin de l’année, en novembre. Le Comité exécutif a réitéré son soutien à une Convention de l’OIT sur la violence fondée sur le genre, une convention à propos de laquelle IndustriALL se bat en compagnie d’autres Fédérations syndicales internationales.

Plus de 100 organisations affiliées ont à ce jour adopté l’Engagement d’IndustriALL pour mettre fin aux violences faites aux femmes sur le lieu de travail, une campagne qui se poursuit.

Les deux groupes de travail concernant le 3e Congrès d’IndustriALL, qui se tiendra au Cap en novembre 2020, ont entamé les préparatifs pour ainsi réunir des délégués syndicaux venus des quatre coins du monde. L’implication des syndicats affiliés sera un élément important au niveau des propositions sur le plan d’action, les priorités et les structures d’IndustriALL.

Le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté un certain nombre de résolutions de solidarité :

Soutien au mouvement syndical brésilien
IndustriALL soutien l’appel à la grève générale lancé par les centrales syndicales brésiliennes pour le 14 juin, face à la détérioration de la législation du travail ainsi que des droits sociaux et syndicaux.

Résolution sur l’acquisition par Hyundai Heavy Industries de Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering en Corée du Sud
IndustriALL est préoccupé par le manque de transparence dans les négociations sur cette fusion ; restreindre un commerce équitable ainsi que la concurrence est une menace significative pour les travailleurs et les syndicats au sein de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie de la construction navale.

Appel au gouvernement sud-coréen à arrêter ses révisions législatives régressives pour le monde du travail et à ratifier les conventions fondamentales de l’OIT
Il s’agit de droits humains fondamentaux pour les travailleurs et travailleuses, non pas des monnaies d’échange pour les employeurs. IndustriALL exhorte le gouvernement sud-coréen à montrer un signe d’engagement à cet égard.

Toutes les photos du Comité exécutif d’IndustriALL se trouvent sur Flickr.

Bangladesh: la crise de la sécurité sur les chantiers de démolition de navires continue

La série d’accidents qui se sont produits récemment dénote une profonde crise de la sécurité dans ce secteur dans le pays.

La négligence des employeurs, conjuguée au manque d’inspections, à l’absence de mise en œuvre des mesures de sécurité par les autorités, à la dispense d’une formation inadéquate sur les méthodes sécuritaires de démolition de navires et à l’impuissance des travailleurs à obtenir des équipements de protection adéquates, constituent les principales causes des accidents.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL chargé du secteur de la démolition de navires, a déclaré:

« La négligence des employeurs et des fonctionnaires du gouvernement cause de fréquents accidents. La Loi de 2018 sur le recyclage des navires du Bangladesh doit être strictement appliquée.

« Nous réitérons notre demande selon laquelle le gouvernement du Bangladesh doit se presser de ratifier et de mettre en œuvre la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rational des navires ».

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a indiqué:

« Il est inacceptable que la vie des travailleurs qui démolissent les navires soit mise en péril. IndustriALL exhorte les employeurs et le gouvernement à veiller à ce que les mesures de sécurité appropriées soient en place ».

Les affiliés à IndustriALL, BMF et BMCGWF, ainsi que des membres du Ship Breaking Workers’ Trade Union Forum (SBWTUF-Forum syndical des travailleurs de la démolition de navires) se sont rassemblés à Chittagong, le 19 mai, pour protester contre les accidents, et exiger que les travailleurs de l’industrie de la démolition de navires bénéficient de meilleures mesures de sécurité et d’une formation adéquate.

Un juge américain ordonne un nouveau scrutin syndical chez Kumho Tire

Le juge a également ordonné au sud-coréen Kumho Tire d'apporter remède aux dégâts causés par ses violations sur le lieu de travail à l'époque du scrutin précédent, en octobre 2017.

L'USW avait perdu de peu l'élection, par 28 voix, après une campagne incessante d'intimidation et de slogans alarmistes à l'usine de Macon.

L'USW fait campagne pour le scrutin de 2017

C'est pourquoi l'USW a porté plainte auprès du Conseil national des relations du travail en accusant la direction de procédés illicites pour tenter d'évincer le syndicat.

Dans son jugement du 14 mai 2019, le juge de juridiction administrative J. Amchan indique que le  comportement illicite de l'entreprise a été "omniprésent", ce qui justifie non seulement un nouveau scrutin, mais aussi un remède "extraordinaire" en obligeant les responsables de l'entreprise à donner lecture à tout le personnel d'un document décrivant les mécanismes précis utilisés pour violer les droits des travailleurs.

Selon le juge Amchan, les violations commises par Kumho consistaient en des interrogatoires illégaux de salariés, des menaces de licenciement des sympathisants du syndicat, des menaces de fermeture de l'usine, et à donner aux travailleurs l'impression d'être surveillés en permanence.

Le lendemain du jour où la tenue du scrutin syndical a été demandée pour la première fois, en 2017, la direction a engagé une firme spécialisée dans la lutte antisyndicale et dépensé des centaines de milliers de dollars pour démolir la réputation de l'USW. Sept spécialistes de ces actions ont été employés à temps plein.

Les travailleurs de l'usine de Macon devaient assister chaque jour à des réunions dans lesquelles les syndicats étaient attaqués des heures durant, les cadres leur disant que l'usine qui venait d'ouvrir devrait fermer s'ils votaient pour un syndicat.

La multinationale sud-coréenne est actuellement sous la tutelle d'un comité de créanciers dirigé par la Banque coréenne de développement, une situation que les dirigeants ont exploitée pour attiser les craintes des travailleurs.

IndustriALL et son affilié, le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), qui représente plus de 3.500 salariés de Kumho Tire en Corée du Sud, ont apporté leur soutien aux travailleurs de Macon dans le combat qu'ils mènent pour la représentation syndicale, avant et après le scrutin d'octobre 2017.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL félicite ceux qui ont fait campagne pour l'USW et se sont battus pour un scrutin équitable dans cette entreprise. Nous resterons aux côtés de nos camarades jusqu'à ce que les travailleuses et les travailleurs de Kumho Tire de Macon, en Géorgie, obtiennent leur première convention collective."

Les travailleurs de British Steel méritent un avenir

Les affiliés d’IndustriALL Unite, GMB et Community appellent le gouvernement britannique à trouver une solution qui assure l’emploi et garantisse à long terme l’avenir de British Steel au moment où l’entreprise est confrontée à un redressement judiciaire. Elle emploie 5.000 personnes en direct et génère 20.000 emplois indirects.

British Steel a emprunté 120 millions de livres au gouvernement britannique en avril et sollicité un autre prêt de 75 millions de livres 15 jours plus tard pour éviter d’être placée sous tutelle. L’entreprise en difficulté avait été rachetée à Tata Steel en 2016 pour le montant symbolique d’une livre par la société financière privée Greybull Capital. Greybull subit la critique des syndicats pour sa tradition de tirer profit de l’effondrement d’entreprises par ailleurs performantes, comme Monarch ou Comet.

Les syndicats ont exhorté le gouvernement à trouver une solution pour British Steel, y compris en plaçant l’entreprise sous contrôle de l’État si nécessaire. Le gouvernement a ensuite accepté de garantir la mise sous séquestre de British Steel, ce qui signifie que fournisseurs et salaires seront payés jusqu’à ce qu’un repreneur soit trouvé.

Le Secrétaire général adjoint de Unite, Steve Turner, a indiqué :

“Les travailleurs et travailleuses de British Steel forment le haut du panier et se sont battus contre l’adversité et les incertitudes. Tout nouveau propriétaire aura la chance et le privilège de les avoir comme salariés. Il est vital que tout acheteur fasse l’acquisition de l’ensemble de l’entreprise et que celle-ci ne soit pas vendue par morceau à des tenants du capitalisme du désastre qui souhaitent se faire rapidement de l’argent.”

Le Secrétaire général du GMB Tim Roache a déclaré :

“Les ministres auraient dû se préparer à toutes les options, y compris la nationalisation, pour sauver British Steel, mais soit ils n’en n’avaient rien à faire, soit ils n’étaient pas disposés à mettre de côté leurs œillères idéologiques afin de sauver des personnes et des communautés pourtant dures à la tâche.”

Roy Rickhuss, Secrétaire général de Community nous dit :

“Il est clair que l’avenir ne situe pas avec Greybull. Greybull doit faire ce qui est juste et marquer un pas de côté pour laisser ceux qui sont engagés aux côtés de nos industries travailler ensemble pour sauver l’entreprise.

“Tant que les hauts-fourneaux restent en chauffe et l’outil sidérurgique en place, l’espoir demeure à la fois pour la production d’acier à Scunthorpe et pour ses activités en aval. Ce qu’il faut, c’est le propriétaire adéquat.”

Dans ses courriers aux affiliés, le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a exprimé sa solidarité avec les sidérurgistes et a indiqué :

“British Steel est une société en difficulté qui a été lâchée par des gouvernements successifs et a été la proie de spéculateurs financiers, Greybull étant le plus récent d’entre eux. La dégradation de la situation est la conséquence d’années de négligence et a été amplifiée par l’échec du gouvernement à élaborer une stratégie industrielle pour le secteur sidérurgique. Il est dès lors impératif que toutes les parties trouvent une solution appropriée qui prenne pleinement en compte l’importance de l’industrie sidérurgique et les revendications légitimes de ses travailleurs et travailleuses.”

Les syndicats africains veulent un accord de libre-échange inclusif

L’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine a été examiné au Forum annuel des syndicats mondiaux, qui a eu lieu du 13 au 15 mai à Johannesburg, avec l’appui financier de la Fondation Friedrich Ebert. Ont participé au forum, six syndicats mondiaux, des confédérations régionales, une fédération nationale ainsi que le SASK, qui soutient également le travail syndical dans la région. Les 26 participants étaient originaires de neuf pays.

Signé par 52 pays, l’accord, qui est un projet de l’initiative de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, sera signé à une réunion des ministres du commerce qui se tiendra à Kampala (Ouganda) en juin. L’accord, qui a le potentiel de créer un marché d’une valeur de plusieurs milliers de milliards de dollars et de toucher plus d’1 milliard de personnes dans 55 pays, promouvra le commerce intra-africain et inversera probablement la situation actuelle où la majorité des pays africains commercent avec les Etats-Unis d’Amérique, l’Europe et la Chine plutôt qu’avec les pays voisins. Les efforts visant à intégrer les économies africaines dans l’économie mondiale n’ont pas eu les résultats escomptés malgré les accords en vigueur, y compris les Accords de partenariat économique et la loi en faveur de la croissance de l’Afrique et son accès aux marchés. Au niveau continental, le commerce intra-africain est dominé par le commerce informel, tenu principalement par les femmes.

« Les syndicats doivent demander collectivement à l’Union africaine de s’engager à créer des opportunités leur permettant de participer et d’influencer les politiques et les programmes commerciaux à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales. Un Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine porteur de transformation ne peut être atteint que si les négociations sont inclusives et représentent les parties prenantes concernées, que s’il a une approche transparente et a pour objectif global d’atteindre un programme commercial axé sur les relations entre les êtres humains, qui dépasse les intérêts partisans des Etats parties. Un tel programme commercial porteur de transformation ne peut se faire sans l’implication stratégique et constante des organisations de la société civile », a déclaré Hilma Mote, membre de la confédération syndicale internationale CSI-Afrique.

« Il est urgent d’établir un dialogue social sur l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine. Face à un taux de chômage des jeunes élevé, l’accord peut créer des emplois, mais ceux-ci doivent être décents et durables. La protection sociale est également importante. De nouvelles méthodes de suivi de l’application de l’accord doivent être mises en place », a indiqué Paule France-Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.

En Inde, des travailleurs de Torrent Pharmaceuticals battus et licenciés pour s'être syndiqués

L'ensemble des 600 travailleurs permanents de l'usine Torrent Pharmaceuticals de Bassi se sont affiliés au Syndicat de l'Association des travailleurs de la chimie, lui-même affilié à la Centrale nationale des syndicats indiens (INTUC), et en ont informé la direction le 12 octobre 2018. Ils ont demandé la reconnaissance du syndicat et l'ouverture d'une procédure de négociation collective.

La direction de Torrent a riposté par une série d'actions punitives. Elle a contraint les travailleurs à signer des lettres de démission du syndicat et persécuté ses dirigeants ainsi que les travailleurs en leur imposant des transferts et des suspensions.

Le 14 février dernier, alors que des travailleurs s'étaient rassemblés devant les grilles de l'usine pour déployer le drapeau du syndicat et installer une pancarte à son nom, ils ont été violemment agressés par des hommes de main et une vingtaine ont été blessés et ont dû être hospitalisés. La police locale a d'abord refusé d'enregistrer les plaintes des travailleurs et ce n'est que sur leur insistance répétée qu'elle a finalement accepté.

Le lendemain, la direction a abusivement licencié 15 travailleurs et en a suspendu 4 autres, notamment des responsables du syndicat. À ce jour, le syndicat n'a pas reçu de réponse aux nombreuses lettres qu'il a envoyées à la direction.

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, a déclaré :

"Il est choquant de voir les travailleurs de Torrent Pharmaceuticals soumis à de telles réactions vindicatives et violentes lorsqu'ils exercent des droits au travail universellement reconnus tels que la liberté syndicale et la négociation collective.

"Nous condamnons énergiquement les pratiques déloyales de Torrent Pharmaceuticals. Elle doit réintégrer tous les travailleurs qu'elle a injustement licenciés et suspendus, reconnaître le syndicat et entamer une négociation collective."

L'usine, implantée dans le district de Solan de l'État de Himachal Pradesh, emploie 600 travailleurs permanents et 150 contractuels. Cette multinationale cotée à la bourse de Bombay est présente dans cinquante pays. 

Le lock-out se poursuit à l’usine chimique de Dow au Texas

Ces 235 travailleurs et travailleuses ont été lock-outés par Rohm and Haas Texas lnc., une filiale à 100% de Dow Chemical, le 22 avril, après la rupture des négociations en vue du renouvellement de la convention collective. L’entreprise appartient à DowDuPont, résultat de la fusion en août 2018 de Dow et DuPont.

Les travailleurs et travailleuses sont préoccupés par l’abondance d’heures supplémentaires, provoquée par les carences en effectifs, et ses conséquences sur la sécurité. Le syndicat a fait différentes propositions, mais l’entreprise n’a posé aucun geste significatif en direction d’un règlement négocié. Au lieu de prendre en compte les problématiques soulevées par les salariés, l’entreprise a fait trois  “meilleures, ultimes et définitives” offres au syndicat, dont la plus récente ce 20 mai.

Les deux premières offres ont été rejetées par 90% de la main d’œuvre. L’offre la plus récente ne présente aucune concession substantielle et l’entreprise ne montre aucun compromis par rapport à sa ligne dure. Entretemps, les travailleurs et travailleuses se retrouvent sur le pavé, sans salaire, ni assurance de soins de santé, depuis plus d’un mois.

Le site produit des spécialités acryliques utilisées dans les peintures, les vernis et les adhésifs. Le syndicat est préoccupé par le fait que DowDuPont mette les communautés riveraines en danger en lock-outant des employés syndiqués hautement compétents et en utilisant des cadres, qui ont moins d’expérience du terrain et n’ont peut-être jamais utilisé l’équipement avant le lock-out, pour gérer des produits chimiques dangereux et des processus qui ne font pas partie de leurs tâches habituelles.

Des membres de Unite à Londres témoignent leur solidarité

La lutte en cours à Deer Park est soutenue par un réseau syndical actif, le Conseil syndical nord-américain pour DowDuPont, qui est géré par l’USW. Ce réseau est étendu aux sites de la compagnie partout dans le monde ainsi qu’à IndustriALL Global Union et a mené des actions solidaires en soutien à la Section 13-1. Les travailleurs et travailleuses lock-outés ont reçu des courriers de soutien envoyés par IndustriALL, le Syndicat des travailleurs australiens, Unite, le SOEPU (Argentine) ainsi qu’IG BCE (Allemagne). Un engagement solidaire est également disponible en ligne ici.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Ce lock-out est maintenant entré dans son deuxième mois. Quelle décision ridicule de la part de la direction du site de Deer Park que de lock-outer ses salariés au lieu de négocier de bonne foi. Ces responsables de la direction causent un dommage potentiel à l’ensemble de DowDuPont.

“Mettez un terme au lock-out maintenant !”