Colombie : violence croissante à l’égard des leaders syndicaux

Igor Díaz, de l’affilié d’IndustriALL Sintracarbón, a reçu un texto le 6 juin le prévenant qu’une “opération d’extermination” commencerait 24 heures plus tard.

Le 11 mai, Díaz avait reçu d’autres menaces de mort de la part d’un groupement criminel appelé Las Águilas Negras. Ces menaces étaient dirigées contre tous les leaders syndicaux qui avaient participé, en compagnie de parlementaires néerlandais et de hauts dirigeants de multinationales installées en Colombie, à une réunion pour débattre de l’industrie charbonnière nationale.

Dans une déclaration commune de syndicats des mines et de l’énergie de Colombie, on peut lire :

“Cette nouvelle attaque est un avertissement à l’égard du travail de Sintracarbón, une organisation connue au plan national et international pour défendre les travailleurs du Cerrejón et de Prodeco ainsi que pour son travail avec les communautés riveraines. Ces menaces font partie d’une stratégie des employeurs et du gouvernement pour intimider et assassiner les leaders des mouvements sociaux.”

Dibeth Quintana, de l’affilié d’IndustriALL, Unión Sindical Obrera (USO), s’est rendue dans le bureau du procureur le 5 juin en lien avec l’agression dont elle avait été la victime en 2016. En décrochant son téléphone le soir même, elle s’est entendue conseiller de ne plus avoir de contacts avec le bureau du procureur ou elle “mourrait vraiment la prochaine fois”.

Ces menaces ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d’une escalade de violence et de menaces à l’égard des leaders des syndicats et des mouvements sociaux colombiens qui a débuté avec l’administration Duque-Uribe,

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, indique :

“Nous sommes de tout cœur avec nos collègues syndicalistes et leurs organisations. IndustriALL condamne fermement ces menaces et exige du gouvernement colombien qu’il prenne des mesures pour identifier et poursuivre ceux qui sont derrière ces menaces.

“L’État de droit, le droit à la vie, le droit des syndicats à fonctionner sans ingérence et le droit de leurs dirigeants à l’intégrité physique, mentale et morale, doivent être garantis.”

France: les prud’hommes condamnent Saint-Gobain à dédommager les travailleurs de l’Oise

Selon le jugement des prud’hommes, la société doit verser à chaque travailleur une indemnité de 20 000 euros en réparation de leur « préjudice moral » dû à leur exposition à l’amiante au cours des années précédentes.

D’après les informations relayées par les médias, le Conseil des prud’hommes a jugé que les employés actuels et anciens employés avaient « bien été exposés à l’inhalation de fibres d’amiante » dans des conditions « consécutives d’un manquement à l’obligation contractuelle de sécurité de résultat de leur employeur » et qu’ils subissaient des « préjudices » qu’il « convient de réparer ».

Selon l’avocate des salariés, Me Elisabeth Leroux:

« C’est une très bonne décision. Les salariés ont été exposés de façon importante à l’amiante, ils sont maintenant soumis à un suivi médical renforcé qui est anxiogène, ils voient leurs collègues de travail décéder… C’est une grande satisfaction d’obtenir réparation de ce préjudice ».

Le jugement de la Cour en faveur des travailleurs établit un nouveau précédent depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 5 avril ayant ouvert la voie à l’indemnisation pour tous les travailleurs exposés à l’amiante en France. Selon cette décision, les travailleurs français exposés à l’amiante peuvent demander une indemnisation du préjudice d’anxiété lié aux conséquences de leur exposition à l’amiante peu importe où ils travaillaient, s’ils peuvent prouver qu’ils ont été exposés à un tel « préjudice d’anxiété » et en souffrent.

Depuis 2010, la Cour de cassation restreignait jusqu’ici ce mécanisme aux seuls salariés dont l’établissement est inscrit sur des listes ouvrant droit à la « préretraite amiante », à savoir les travailleurs de la transformation de l’amiante ou de la construction et de la réparation navale. Depuis avril 2019, la Cour a ouvert la voie à « l’indemnisation du préjudice d’anxiété » pour tous les travailleurs exposés à l’amiante.

Saint-Gobain dispose de 30 jours depuis l’annonce du jugement pour faire appel de la décision de la Cour.

L’amiante est interdite en France depuis le 1er janvier 1997. En 2014, le Haut Conseil de la Santé Publique estimait que l’amiante pourrait encore tuer entre 68 000 et 100 000 personnes en France entre 2009 et 2050.

L’OIT estime qu’environ 2,3 millions de travailleurs meurent chaque année dans le monde de causes professionnelles, dont 736 000 de cancers.

Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL chargé de la santé, de la sécurité et de la durabilité, a commenté:

« Les estimations relatives au pourcentage de cancers professionnels liés à l’amiante varient grandement. Les maladies causées par l’amiante sont généralement sous-estimées en raison d’un mauvais diagnostic souvent posé, voire d’une dissimulation. Nous pensons que le nombre réel pourrait être d’au moins 150 000 par an. En outre, beaucoup de décès sont dus à des maladies pulmonaires non cancéreuses, qui sont causées par l’amiante. Nous escomptons que Saint-Gobain prenne au sérieux cette décision de la Cour, que l’entreprise prenne en charge l’ensemble des travailleurs ayant été exposés à l’amiante et qu’elle organisera une indemnisation appropriée, respectant la décision des prud’hommes ».

Combattre les salaires de misère au Zimbabwe

Lameck Chineuruve, ouvrier spécialisé au sein de la Compagnie de transmission et de distribution d’électricité du Zimbabwe, y travaille depuis onze ans et gagne moins qu’il y a sept ans.

“En 2012, je gagnais US$800 par mois, mais actuellement moins de US$200. Ça me rend la vie difficile, car je dois payer le transport, le logement, les frais scolaires et la nourriture au départ de ce montant dérisoire,” confie Chineuruve.

En février, la devise zimbabwéenne a subi une dévaluation de plus de 60%. Cependant les prix ont augmenté dans la même proportion, car ils sont liés au dollar américain, alors que les augmentations salariales ne reflètent pas la hausse des prix.

Les salaires de misère présents dans la plupart des secteurs sont une des raisons pour lesquelles les affiliés d’IndustriALL Global Union font campagne pour des salaires vitaux.

Dans le cadre de campagnes de recrutement sous l’égide du projet de renforcement syndical, les jeunes travailleurs et travailleuses du Syndicat national de l’ingénierie, du Syndicat national des industries de la métallurgie et secteurs connexes du Zimbabwe, du Syndicat des travailleurs de la chimie, du plastique et des secteurs connexes du Zimbabwe, ainsi que du Syndicat des travailleurs de l’énergie du Zimbabwe ont souligné l’importance de rejoindre un syndicat pour lutter en faveur des droits des travailleurs, dont celui de négocier collectivement. Ils ont également soutenu que les travailleurs et travailleuses devaient recevoir des salaires vitaux qui amortissent la dévaluation.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, indique :

“Nous sommes solidaires de nos affiliés zimbabwéens dans le cadre de leur lutte pour le salaire vital ainsi que de leurs campagnes de recrutement en vue d’accroître leurs effectifs. La force syndicale vient du recrutement et de la démocratie participative. Nous saluons également le recrutement opéré par les jeunes travailleurs et travailleuses qui sont les futurs leaders des syndicats.”

Avec un chômage à plus de 90% et la plupart de la population gagnant sa vie au sein du secteur informel, l’économie zimbabwéenne est dans le marasme le plus complet. Les bâtiments des sites de l’industrie légère et lourde de Harare sont déserts. La fabrication industrielle et manufacturière a stagné et été remplacée par l’importation de produits finis.

Les rares entreprises encore ouvertes sont ciblées pour du recrutement syndical avec l’espoir que lorsque l’économie s’améliorera, les syndicats augmenteront également leurs effectifs.

Mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail

#MeToo et d'autres mouvements similaires ont contribué à mettre au jour l’ampleur du problème dans le monde du travail, encourageant les femmes à élever leur voix et à réclamer justice. Si les femmes sont majoritairement touchées, et ce de façon disproportionnée, les hommes ne sont pas non plus à l’abri. En outre, la discrimination exercée contre certains groupes exacerbe la violence et le harcèlement.

Aucun secteur – formel, informel, public, privé ou bénévole – n’est épargné. Toutefois, les taux plus élevés sont continuellement enregistrés dans des secteurs, tels que les transports, la santé et l’aide sociale, l’hôtellerie et la restauration, les médias et le monde du spectacle, l’agriculture et le travail domestique, mais aussi la confection textile et les secteurs industriels, extractifs majoritairement masculins, notamment les mines. Les auteurs de violence et de harcèlement au travail peuvent être des directeurs, des surveillants, des collègues, des consommateurs et des clients. Les violences ou le harcèlement peuvent se produire sur le lieu de travail, lors de séances de formation ou d’événements sociaux liés au travail, sur le chemin du travail et du domicile ou à n’importe quel endroit où les travailleurs et les travailleuses doivent se rendre en raison de leur travail. Les pratiques abusives sur le lieu de travail peuvent également contribuer à l’augmentation de la violence et du harcèlement, notamment le stress au travail et les maladies mentales, qui atteignent leur plus haut niveau historique. 

Il existe une possibilité de prendre des mesures décisives. Ce mois-ci, l’Organisation internationale du travail (OIT), l'agence des Nations unies chargée d'établir les normes juridiques internationales en matière de conditions de travail, conclura les négociations en vue de l’adoption d’une nouvelle norme internationale visant à interdire, à prévenir la violence et le harcèlement et à y remédier. Si les négociations sont fructueuses, la nouvelle norme internationale imposera des responsabilités claires aux employeurs et aux gouvernements dans la lutte contre le fléau de la violence et du harcèlement dans le monde du travail. Les travailleurs et les travailleuses seront également tenus de s'abstenir de tout acte de violence et de harcèlement et de se conformer aux politiques, aux procédures ou à d’autres mesures prises par leur employeur pour les prévenir.

Si certaines divergences doivent encore être réglées en ce qui concerne le contenu définitif de la nouvelle norme, son adoption bénéficie d’un large soutien parmi les syndicats, les gouvernements et certains employeurs. En vue des négociations, certaines entreprises ont rendu public leur soutien, démontrant ainsi que des mesures peuvent être prises non seulement pour prévenir et combattre la violence et le harcèlement au travail, mais également pour faire face aux effets de la violence domestique sur le monde du travail. Ces dernières mesures comprennent des congés payés pour les victimes de violence domestique, un accès aisé aux informations, des services de conseil ou un accompagnement psychologique, ou des horaires de travail flexibles afin de minimiser le risque de traque par leur ex-conjoint violent. En outre, les sociétés s’engagent de plus en plus dans les négociations collectives avec les syndicats aux niveaux de l’entreprise, sectoriel et mondial afin de garantir que les personnes qui y travaillent ou y recherchent un emploi soient protégées et à l'abri de la peur.

La violence et le harcèlement dans le monde du travail constituent un problème mondial, qui requiert des solutions mondiales. Il existe une possibilité de prendre des mesures décisives. Les négociations à l’OIT sont opportunes, et ce, d'autant que l'agence de l’ONU célèbre son centenaire cette année. Les syndicats ont fait campagne en faveur de cette nouvelle norme bien avant les dures révélations de #MeToo. Les gouvernements et les employeurs doivent désormais jouer leur rôle pour faire de cet objectif une réalité. Personne ne devrait se rendre au travail dans la crainte d’être victime de violence et de harcèlement.

Vers une prise en compte des défis de la sécurité dans les mines au Vietnam et en Mongolie

Vietnam

La question de la sécurité et de la santé au travail représente un défi majeur pour les mineurs au Vietnam et en Mongolie. Les performances des deux pays en la matière sont préoccupantes, et reflètent l’absence d’une culture préventive de sécurité et de santé au niveau national. La ratification n° 176 de la Convention sur la sécurité et la santé dans les mines de l’OIT (C176) offre le système de gestion et de gouvernance indispensable pour relever ces défis.

A un moment où l’industrie de l’extraction de la houille voit son existence menacée par le changement climatique et Industrie 4.0, amenés à bouleverser et à transformer radicalement le monde du travail dans le secteur, le syndicat national vietnamien des mineurs de charbon (VNUCMW-Vietnam National Union of Coal Mining Workers) et le syndicat des travailleurs de l’industrie d’extraction, énergétique et générale de Mongolie (MEGM- Mongolia’s Mining, Energy and General Workers Union) ont bénéficié d’ateliers stratégiques organisés par IndustriALL Global Union.

L’atelier au Vietnam

Bien que portant sur la sécurité et la santé au travail, les ateliers s’inscrivent dans le contexte de l’évolution et des défis de l’industrie minière mondiale, ainsi que dans les politiques de Transition juste et d’industrialisation d’IndustriALL.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur de l’extraction minière et de la production de diamants, de pierres précieuses, d’ornements et de bijoux, Glen Mpufane, et le Coordinateur de projets d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-est, Yoon Hywong, ont animé les deux ateliers dans le cadre de la collaboration entre le secteur minier d’IndustriALL et le projet de renforcement des syndicats. Les ateliers stratégiques ont eu lieu respectivement les 30 et 31 mai pour le syndicat VNUCMW, et les 3 et 4 juin pour le syndicat MEGM.

Malgré le fait que la Mongolie ait ratifiée la C176 le 26 novembre 2015 – ce qui est tout à son honneur -, le pays éprouve des difficultés à élaborer une feuille de route pour sa mise en œuvre au niveau national. Quant au Vietnam, où le rejet de la faute sur les travailleurs dans le secteur minier est monnaie courante, la C176 est un concept relativement étranger. Le plan d’action adopté à l’issue de l’atelier organisé dans le pays propose, entre autres, la tenue d’un sommet sur la sécurité et la santé au travail au niveau national, avec la participation des parties prenantes tripartites, ainsi qu’une campagne nationale de sensibilisation.

L’atelier de la Mongolie, durant lequel le Ministère des mines et des industries lourdes ainsi qu’un représentant de la mine Oyu Tolgoi de Rio Tinto ont présenté des exposés, a mis en évidence les dysfonctionnements de la gouvernance et de la gestion en matière de sécurité et de santé au travail dans l’industrie d’extraction en Mongolie.

« Face à une culture ne favorisant pas la déclaration des accidents, les inspections, les allocations budgétaires, l’obligation de rendre des comptes, la nomination de représentants en santé et en sécurité, et l’établissement de comités mixtes sur la sécurité et la santé au travail, les défis posés par la mise en œuvre de la C176 sont immenses mais pas insurmontables ».

Glen Mpufane

Lors d’une réunion avec Rio Tinto, organisée à la suite de l’atelier stratégique, Rio Tinto Oyu Tolgoi a répondu favorablement à la demande qu’il a reçu d’IndustriALL d’offrir une assistance technique et des ressources pour l’élaboration de la feuille de route relative à la mise en œuvre. IndustriALL a rencontré le Secrétaire d’Etat pour discuter de la très mauvaise situation de la sécurité et de la santé au travail en Mongolie, ainsi que de l’absence d’une feuille de route relative à la mise en œuvre de la Convention malgré la ratification de la convention par le pays.

Avec le Secrétaire d’Etat en Mongolie

Le Secrétaire d’Etat s’est engagé à financer l’élaboration de la feuille de route et sa mise en œuvre, ainsi qu’à constituer immédiatement un groupe de travail en consultation avec les parties prenantes internes et externes.

 

Deuxième échange international des jeunes syndicalistes au Brésil

Sur cette deuxième année du Projet international d'échange et de formation de jeunes d'IndustriALL Global Union et de la Fondation Friedrich Ebert (FES) a plané un parfum de retrouvailles. Après la première réunion, en 2018 en Argentine, les participants ont afflué avec enthousiasme à cette nouvelle réunion d'échange, du 27 au 31 mai à Curitiba, au Brésil.

De jeunes militantes et militants brésiliens qui avaient assuré les activités de coordination au cours des mois précédents ont organisé une exposition des matériels didactiques qu'ils avaient produits. Ils ont commencé par une performance artistique et des musiques sur le thème de la résistance. Avant les sessions, les hôtes de la réunion ont présenté des personnalités qui ont illustré les combats livrés par le peuple brésilien : l'ancien Président Lula da Silva, Marielle, Dandara, Paulo Freire et Dorothy Stang.

Ils ont retracé l'histoire du mouvement syndical au Brésil, ont décrit la structure des organisations syndicales ainsi que la situation en matière de négociation et de conventions collectives. Le but est que, à l'issue de ce projet triennal, les participants soient en mesure de comparer les taux de syndicalisation dans chaque pays.

Les orateurs étaient principalement des jeunes du Brésil, mais ils avaient aussi invité des militants et des spécialistes de l'éducation, du genre, de la communication et de la recherche. Une après-midi entière a été consacrée à des débats avec des représentants des mouvements sociaux brésiliens.

Le moment qui a suscité le plus d'émotion et de convergence de la solidarité internationale fut la veillée #LulaLivre organisée à quelques mètres à peine de la prison où l'ex-président brésilien Lula est injustement détenu. Les jeunes ont défilé jusqu'à l'endroit où de nombreuses organisations sociales et syndicales se réunissent pour saluer Lula trois fois par jour et réclamer sa libération.

En ce 417e jour de son incarcération, les participants lui ont crié "bon après-midi" en trois langues (portugais, espagnol et allemand) et lui ont écrit une lettre de soutien des jeunes du monde entier.

Le dernier jour d'une semaine riche d'échanges et de débats, chaque participant a présenté le plan ou projet d'action de son syndicat, lequel sera mis en œuvre avant la prochaine réunion, en 2020 en Allemagne.

Le but de ces plans est d'organiser les jeunes travailleurs et de leur donner des moyens d'action, et de relever les défis que rencontrent les jeunes dans leurs pays.

Entre autres choses, les participants ont proposé des cours de formation sur la syndicalisation des jeunes travailleurs, des programmes d'échanges éducatifs internationaux pour des jeunes d'Allemagne et d'Argentine, des ateliers pour les jeunes sur des matières telles que les addictions, des ateliers sur les droits des jeunes femmes enceintes et des congrès à l'intention des jeunes femmes.

Ils ont aussi présenté des projets et campagnes de communication contre la violence sur le lieu de travail, des projets de recherche et d'évaluation sur les jeunes au Brésil, des rencontres sportives pour les jeunes afin de les attirer vers les syndicats et des stratégies pour créer des comités de jeunes dans les syndicats.

"Ce programme d'échange et de formation donne aux jeunes des moyens d'action pour renouveler et renforcer leurs syndicats. Nous nous concentrons sur la pratique et l'action syndicale. Les engagements qu'ils ont pris sont une source d'inspiration,"

a déclaré la Responsable en charge des jeunes et des projets d'IndustriALL, Sarah Flores.

Des photos de la semaine d'échange figurent dans la galerie de photos :

IndustriALL & FES Youth International Exchange Program - Curitiba, Brazil 2019

Deuxième échange international des jeunes syndicalistes au Brésil

Sur cette deuxième année du Projet international d'échange et de formation de jeunes d'IndustriALL Global Union et de la Fondation Friedrich Ebert (FES) a plané un parfum de retrouvailles. Après la première réunion, en 2018 en Argentine, les participants ont afflué avec enthousiasme à cette nouvelle réunion d'échange, du 27 au 31 mai à Curitiba, au Brésil.

De jeunes militantes et militants brésiliens qui avaient assuré les activités de coordination au cours des mois précédents ont organisé une exposition des matériels didactiques qu'ils avaient produits. Ils ont commencé par une performance artistique et des musiques sur le thème de la résistance. Avant les sessions, les hôtes de la réunion ont présenté des personnalités qui ont illustré les combats livrés par le peuple brésilien : l'ancien Président Lula da Silva, Marielle, Dandara, Paulo Freire et Dorothy Stang.

Ils ont retracé l'histoire du mouvement syndical au Brésil, ont décrit la structure des organisations syndicales ainsi que la situation en matière de négociation et de conventions collectives. Le but est que, à l'issue de ce projet triennal, les participants soient en mesure de comparer les taux de syndicalisation dans chaque pays.

Les orateurs étaient principalement des jeunes du Brésil, mais ils avaient aussi invité des militants et des spécialistes de l'éducation, du genre, de la communication et de la recherche. Une après-midi entière a été consacrée à des débats avec des représentants des mouvements sociaux brésiliens.

Le moment qui a suscité le plus d'émotion et de convergence de la solidarité internationale fut la veillée #LulaLivre organisée à quelques mètres à peine de la prison où l'ex-président brésilien Lula est injustement détenu. Les jeunes ont défilé jusqu'à l'endroit où de nombreuses organisations sociales et syndicales se réunissent pour saluer Lula trois fois par jour et réclamer sa libération.

En ce 417e jour de son incarcération, les participants lui ont crié "bon après-midi" en trois langues (portugais, espagnol et allemand) et lui ont écrit une lettre de soutien des jeunes du monde entier.

Le dernier jour d'une semaine riche d'échanges et de débats, chaque participant a présenté le plan ou projet d'action de son syndicat, lequel sera mis en œuvre avant la prochaine réunion, en 2020 en Allemagne.

Le but de ces plans est d'organiser les jeunes travailleurs et de leur donner des moyens d'action, et de relever les défis que rencontrent les jeunes dans leurs pays.

Entre autres choses, les participants ont proposé des cours de formation sur la syndicalisation des jeunes travailleurs, des programmes d'échanges éducatifs internationaux pour des jeunes d'Allemagne et d'Argentine, des ateliers pour les jeunes sur des matières telles que les addictions, des ateliers sur les droits des jeunes femmes enceintes et des congrès à l'intention des jeunes femmes.

Ils ont aussi présenté des projets et campagnes de communication contre la violence sur le lieu de travail, des projets de recherche et d'évaluation sur les jeunes au Brésil, des rencontres sportives pour les jeunes afin de les attirer vers les syndicats et des stratégies pour créer des comités de jeunes dans les syndicats.

"Ce programme d'échange et de formation donne aux jeunes des moyens d'action pour renouveler et renforcer leurs syndicats. Nous nous concentrons sur la pratique et l'action syndicale. Les engagements qu'ils ont pris sont une source d'inspiration,"

a déclaré la Responsable en charge des jeunes et des projets d'IndustriALL, Sarah Flores.

Des photos de la semaine d'échange figurent dans la galerie de photos :

IndustriALL & FES Youth International Exchange Program - Curitiba, Brazil 2019

Opportunité historique d’une Convention de l’OIT sur la violence au travail

Le mouvement syndical fait campagne depuis longtemps en faveur d’un instrument international contraignant et solide pour combattre la violence et le harcèlement au travail. IndustriALL est convaincue qu’il est maintenant temps pour les gouvernements et les employeurs de jouer leur rôle à cet égard pour faire de cette norme internationale une réalité.

Au cours du débat au sein de la Commission normative de la CIT, les groupes des gouvernements, des employeurs et des travailleurs vont négocier sur une période de neuf jours une proposition de texte à la fois pour une Convention et une Recommandation sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. À l’issue de la CIT, les gouvernements voteront sur l’adoption de ces instruments.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Une nouvelle Convention constitue une occasion historique de combler ce vide au niveau de la protection de millions de travailleurs et en particulier de femmes travailleuses. Nous ne devrions pas la manquer. Aucun travailleur, aucune travailleuse ne devrait se trouver sans protection.”

Les syndicats appellent à l’adoption d’une norme internationale contraignante forte, ambitieuse et progressiste. Depuis deux ans, IndustriALL et ses affiliés, aux côtés du mouvement syndical dans le monde entier, ont fait campagne en faveur de l’adoption de cette Convention par l’OIT cette année.

Certains employeurs ont déjà pris leurs responsabilités : avant les négociations, des entreprises parmi lesquelles on retrouve l’Oréal, Kering, Sodexo, ASOS, H&M, BNP Paribas, Avon, Diageo, M&S et Unilever, Tchibo et Esprit, ont fait des déclarations publiques ou ont adressé des courriers à l’Organisation internationale des employeurs pour exprimer leur soutien à la Convention. D’autres ont fait pression auprès de leurs associations nationales d’employeurs et de leurs gouvernements pour soutenir l’adoption d’un texte contraignant.

IndustriALL appelle ses affiliés à continuer d’exprimer haut et clair leur soutien à cette Convention. Il est temps pour les syndicats de mobiliser et de mettre la pression sur les gouvernements et les employeurs au cours des deux prochaines semaines de négociation.

Les syndicats peuvent publier des récits, des citations et des photos sur les médias sociaux pour souligner leur soutien et illustrer le besoin d’une Convention de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail, en utilisant les hashtags #StopGBVatWork, #ILOendGBV et #ALLWomen.

Le Comité de l'ACM avec Stora Enso planifie un avenir durable

Les parties à l'ACM se sont engagées à maintenir un dialogue permanent et doivent se réunir tous les deux ans afin de vérifier son application dans l'entreprise. Le comité se compose des trois syndicats mondiaux, plus trois syndicats nationaux, Paperiliitto pour la Finlande et Pappers et GS Facket pour la Suède. Le comité directeur du Comité d'entreprise européen de Stora Enso est un autre membre important du comité.

Stora Enso s'est engagée à mettre en place une entreprise durable et l'ACM constitue un volet important de cette stratégie. Cette politique considère que la durabilité relève de trois axes majeurs : l’environnement, l'économique et le social. La direction est convaincue qu'une approche éthique déterminée lui confère un avantage concurrentiel sur le marché. Les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés et exigeants s'agissant du comportement environnemental et social.

Stora Enso est à la pointe de la mutation de l'industrie vers une production environnementalement durable basée sur des technologies renouvelables. Elle aspire à développer des solutions pour faire que tout ce qui est actuellement fabriqué à partir de combustibles fossiles le soit à partir des arbres à l'avenir. Cela inclut les voitures, les avions, les bouteilles en plastique, les panneaux solaires, et même les gratte-ciels.

La direction de Stora Enso a expliqué au comité en quoi consistent ses travaux actuels dans les domaines spécifiques de la sécurité, des conditions de travail, de l'éthique, de l'approvisionnement responsable et du développement de l'entreprise en général. Le comité a analysé dans quelle mesure la participation des syndicats pourrait s'accroître dans ces différents domaines d'activité. Ces discussions se poursuivront en mode continu.

Malin Bendz, Vice-présidente exécutive des ressources humaines de Stora Enso, a déclaré :

"Cet ACM fait partie intégrante de notre activité. Il est le reflet de nos convictions, de ce que nous essayons de faire en tant qu'entreprise. Nous avons un partenariat et nous étudions ce que nous pouvons faire ensemble pour nous rendre plus forts."

Tom Grinter, Directeur du secteur des pâtes et papiers d'IndustriALL, ajoute :

"Stora Enso fait beaucoup et le fait bien. Une priorité de nos délégués syndicaux chez Stora Enso est d'améliorer la consultation des syndicats et leur implication dans les différentes initiatives éthiques de l'entreprise. Stora Enso va continuer à grandir et le dialogue que nous avons par l'ACM accompagnera cette croissance."

Brésil: Tenaris suspend les licenciements suite à une grève de ses employés

Les travailleurs des équipes du matin et de l’après-midi ont participé à la grève, conduisant à un arrêt complet de la ligne de production de l’entreprise le 21 mai. Les travailleurs sont membres du syndicat des métallurgistes de Pindamonhangaba, Moreira Cesar et Roseira, affilié à IndustriALL Global Union par le biais de la Confédération nationale des métallurgistes (CNM-CUT).

Suite à la grève, la direction de Tenaris a accepté de négocier une autre solution pour les travailleurs licenciés, ainsi que pour les 200 travailleurs du secteur de la production dont la société prétend ne plus avoir besoin. Tenaris pourrait chercher à présenter une sorte de plan de départs volontaires.

Le syndicat a également signalé que cinq des 25 travailleurs licenciés le 17 mai avaient été blessés suite à des problèmes de sécurité au travail et que leurs licenciements étaient irréguliers. L’entreprise avait initialement indiqué qu’elle ne négocierait aucune solution de rechange avec le syndicat, amenant ses membres à se mettre en grève.

Le syndicat a fait valoir que les licenciements pour raisons économiques n’étaient pas la seule option, et déclaré qu’il ferait tout son possible pour protéger les droits des travailleurs et trouver une alternative.

En novembre 2018, la firme avait annoncé qu’elle devrait potentiellement licencier un grand nombre de travailleurs. Le syndicat avait alors menacé d’organiser une grève et réussi à négocier un chômage technique temporaire pour 165 travailleurs.

« Nous sommes extrêmement soulagés par le fait que l’entreprise ait suspendu les licenciements de la semaine dernière et accepté de négocier. Il s’agit d’une situation très délicate parce que nous ne sommes pas en mesure de négocier davantage de licenciements temporaires pour raisons économiques. En novembre, nous avions essayé de discuter de la possibilité de mettre en œuvre une sorte de plan de départs volontaires que la firme avait refusé. Il apparaît que nous pouvons mettre à nouveau cette solution sur la table des négociations. Nous avons donc fait d’importants progrès, ici, à Tenaris Confab », a déclaré le président du syndicat, Herivelto Vela.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a indiqué:

« Tenaris a recours à des pratiques antisyndicales partout dans le monde et ne respecte pas les normes du travail, en particulier au Guatemala et en Colombie. Nous soutenons les travailleurs de Tenaris Confab et membres de la CNM-CUT dans leur lutte, et sommes heureux de voir que leur action de grève a permis de suspendre les licenciements ».