On l’a fait! L’OIT a adopté une nouvelle Convention sur la violence et le harcèlement au travail

L’adoption de la Convention et de la recommandation constitue une immense victoire pour les travailleurs et le mouvement syndical, qui se battent depuis des années pour obtenir un instrument international du travail visant à combattre la violence fondée sur le genre dans le monde du travail. La nouvelle Convention (no 190) représente une opportunité extraordinaire pour les syndicats de faire avancer leur lutte contre la violence fondée sur le genre.

En vertu de ces nouveaux instruments, les États seront en mesure d’adopter des lois, des politiques et des mécanismes visant à prévenir la violence et le harcèlement dans le monde du travail, à protéger les travailleurs, et à fournir des moyens de recours aux victimes et d’obtenir réparation.

Les obligations des employeurs, à qui appartient la responsabilité fondamentale de créer un milieu de travail dénué de violence et de harcèlement, ainsi que les rôles et les responsabilités des syndicats et des travailleurs sont clairement définis.

Cependant, nous n’en sommes qu’au début. Les syndicats doivent maintenant faire campagne pour que leurs pays ratifient et mettent en œuvre ces deux instruments.

Pourquoi ces deux instruments sont-ils historiques?

Ces nouveaux instruments viennent combler un vide en matière de protection de millions de travailleurs, en particulier les femmes, qui sont victimes de violence et de harcèlement au travail. Jusqu’à aujourd’hui, aucune loi établissant un cadre de référence permettant de prendre des mesures pour s’attaquer au problème n’existait au niveau international.

Les nouvelles Convention et recommandation reconnaissent l’impact de la violence et du harcèlement dans le monde du travail ainsi que le droit de toute personne à évoluer dans un monde du travail exempt de violence, y compris de violence fondée sur le genre. La violence et le harcèlement sont inacceptables et incompatibles avec le travail décent, et constituent une violation des droits de l’homme.

Les deux nouveaux instruments reconnaissent les conséquences particulières de la violence et du harcèlement sur les femmes et les filles, et soulignent la nécessité d’une approche tenant compte des disparités entre femmes et hommes qui s’attaque aux causes de la violence fondée sur le genre (stéréotypes de genre, discriminations, rapports de pouvoir inégaux fondés sur le genre). L’impact spécifique de la violence fondée sur le genre sur les autres groupes plus vulnérables ou les groupes dans des situations de vulnérabilité est également prise en compte.

Pourquoi la Convention est-elle un instrument progressiste et significatif?

La Convention représente une avancée en ce qui concerne la protection des victimes.

Les termes « violence et harcèlement » sont considérés comme un concept unique, qui désigne une série de comportements et de pratiques inacceptables, ou de menaces.

La Convention se rapporte à tous les types de préjudices, non seulement ceux d’ordre physique mais aussi ceux d’ordre psychologique, sexuel ou économique.

Le mouvement syndical a lutté dur pour disposer d’un instrument visant à protéger tous les travailleurs, notamment les travailleurs précaires, qui sont particulièrement vulnérables. La Convention protège tous les travailleurs quel que soit leur statut contractuel, y compris les bénévoles et les stagiaires.

En outre, la Convention étend la notion du monde du travail non seulement aux lieux de travail, mais aussi aux espaces et aux situations liés au travail tels que les déplacements professionnels, les formations, les événements et les trajets entre le domicile et le lieu de travail. Le nouvel instrument porte également sur les risques induits par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Aux termes de la Convention, les États prennent des mesures appropriées pour reconnaître les effets de la violence domestique et atténuer son impact dans le monde du travail. Celles-ci pourraient inclure l’octroi de congés pour les victimes, de modalités de travail flexible, une protection des victimes, une protection contre le licenciement et la sensibilisation aux effets de la violence domestique.

De quelle façon la Convention et la recommandation servent-elles la cause des syndicats?

Aussi bien la Convention que la recommandation font obligation aux  gouvernements de consulter les partenaires sociaux dans l’élaboration des lois, des stratégies et des procédures liées à la violence et au harcèlement au travail. Les gouvernements devraient également fournir des ressources et une formation sur la question aux syndicats, y compris sur la violence fondée sur le genre.

La recommandation promeut la reconnaissance effective du droit de négociation collective à tous les niveaux comme moyen de prévenir la violence et le harcèlement et d’y remédier et, dans la mesure du possible, d’atténuer l’impact de la violence domestique dans le monde du travail.

Les nouveaux instruments prévoient également que les travailleurs et leurs représentants devraient prendre part à la conception, à la mise en œuvre et au suivi de la politique du lieu de travail, ainsi qu’à l’évaluation et à l’identification des risques sur le lieu de travail.

Les travailleurs ont le droit d’être tenus informés de tous les risques et de se retirer d’une situation de travail dont ils pensent qu’elle présente un danger imminent et grave pour leur vie, leur santé ou leur sécurité, en raison de violence et de harcèlement.

En outre, les syndicats devraient être amenés à collaborer avec les États et les employeurs pour identifier les secteurs ou professions et les modalités de travail qui peuvent être davantage susceptibles d’exposer à la violence et au harcèlement, ainsi que pour élaborer des mesures visant à protéger ces travailleurs.

La Convention entrera en vigueur 12 mois après sa ratification par deux États membres. La recommandation, qui n’est pas juridiquement contraignante, fournit des orientations sur la façon dont la Convention pourrait être appliquée.

Un groupe d’experts se penche sur la transformation de l’industrie automobile

La réunion a vu la participation d’experts de syndicats de l’automobile affiliés à IndustriALL : IF Metall de Suède, IG Metall d’Allemagne, KMWU de Corée, JAW du Japon, NUMSA d’Afrique du Sud, Unifor du Canada, UAW des États-Unis et Unite du Royaume-Uni.

Georg Leutert

Le directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, Georg Leutert, a ouvert les débats par ces mots :

“Le changement au sein du secteur est complexe et inégal, avec des technologies et des contextes politiques concurrents. Cela rend difficile l’élaboration d’une réponse syndicale et l’incertitude retarde les actions.

“Mais nous avons certaines de ces réponses. Des scénarios émergent clairement ainsi que des exemples de bonnes pratiques en vue d’une transition qui pérennise l’emploi. En nous concentrant sur ces éléments, nous pouvons élaborer un plan d’action commun qui assure que les droits des travailleurs et travailleuses soient défendus.”

Le Dr Martin Schwarz-Kocher, de l’Institut IMU de Stuttgart, en Allemagne, a brossé un tableau détaillé de la situation dans le secteur et des possibles scénarios pour son évolution future. La mobilité électrique est la solution la plus énergétiquement efficace et, sans elle, le monde ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques de Paris. Il y aura également un changement significatif dans la culture du transport avec un basculement du privé vers le public.

Dr Schwarz-Kocher

Un certain nombre de technologies différentes appliquées aux véhicules sont élaborées, notamment des systèmes hybrides (HEV et PHEV), des batteries (BEV) et des piles à hydrogène (FCEV). On ne peut pas dire laquelle va dominer. La demande future en main d’œuvre va largement dépendre du type de groupe propulseur qui viendra sur le marché et à quel moment. Il est probable que les trois types de technologies vont cohabiter.

Le Dr Schwarz-Kocher a expliqué que le modèle de production de masse des producteurs actuels d’équipement d’origine faisait face à la concurrence de producteurs plus petits et spécialisés ayant recours à l’impression 3-D, à un basculement des lignes d’assemblage vers une production modulaire ainsi que vers d’autres formes de mobilité.

Groupe propulseur d’un véhicule conventionnel. OSX, Wikimedia Commons

Avec une stratégie solide, bien gérée, il est possible d’effectuer avec succès cette transition avec seulement une petite réduction de l’emploi et sans impact majeur sur le secteur. Cependant, les travailleurs et travailleuses dans la recherche et le développement seront particulièrement touchés et jusque 45% des emplois concernant les groupes propulseurs pourraient être affectés négativement. Les groupes propulseurs électriques comptent un nombre significativement réduit de composants et requièrent moins de personnel pour leur assemblage.

Concepts de groupes propulseurs de véhicules électriques et hybrides

Il y aura un changement radical dans les tâches et des ingénieurs en mécanique devront peut-être se reconvertir vers l’électricité ou l’informatique.

L’industrie automobile est particulièrement dépendante d’un écosystème d’expertise et maintenir des pôles industriels régionaux qui peuvent continuer à être innovants est important pour maintenir l’emploi. Cela signifie qu’il faut une coordination entre les autorités locales, les équipementiers et producteurs de composants, la mutation des usines manufacturières et le développement des compétences des travailleurs et travailleuses.

Les participants ont comparé leur expérience avec les scénarios évoqués. Au plan mondial, les évolutions sont inégales et le rôle joué par l’infrastructure permettant la recharge des véhicules électriques, ainsi que celle permettant la production d’électricité, est terriblement important. Comme les gouvernements n’ont pas joué un rôle moteur dans une nécessaire standardisation, il est probable que celle-ci se fera par le biais de la concurrence et de la consolidation de grandes compagnies énergétiques. De manière générale, l’érosion des salaires pourrait affecter la viabilité du marché et seules les classes moyennes disposant de garages privés seront en mesure d’installer des stations de charge à domicile.

Les syndicats ont besoin d’un cadre reprenant des droits communs, comme une charte de la transition pour le secteur. Les travailleurs et travailleuses ont droit à un travail et à la stabilité de l’emploi ainsi que le droit de connaître les changements planifiés.

Le groupe de travail d’IndustriALL sur l’automobile se réunira en décembre. Avant la réunion, une démarche sera mise en place pour cartographier les politiques nationales et les exemples des meilleurs pratiques feront l’objet d’un développement.

Asie-Pacifique: les syndicats appellent à une journée d’actions en faveur de la justice commerciale

Les 10 et 11 juin 2019, les dirigeants syndicaux ont participé à une réunion, à Singapour, sur la politique commerciale et industrielle dans la région de l’Asie et du Pacifique, organisée par IndustriALL Global Union et la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES).

Ils ont rappelé les dix principes directeurs du Plan d’action mondial d’IndustriALL visant à établir des échanges commerciaux favorables aux populations. Approuvé au Mexique, en 2018, le plan appelle les gouvernements à respecter les recommandations et les conventions de l’OIT, et à garantir l’inclusion des droits du travail applicables dans les accords commerciaux.

Les participants ont réaffirmé la position selon laquelle les gouvernements doivent conserver un espace politique suffisant, remplacer les négociations opaques par un processus démocratique, empêchant la menace d’un assignement en justice par des mécanismes non contrôlés de règlement des différends entre investisseurs et Etats (RDIE).  

Les actions régionales proposées incluent l’envoi massif de lettres aux gouvernements respectifs ainsi que l’organisation de manifestations et d’événements en marge des négociations commerciales.

De plus, les participants à la réunion ont accepté de renforcer les engagements avec les réseaux régionaux des syndicats et les mécanismes intergouvernementaux tels que la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et l’Association sud-asiatique de coopération régionale (ASACR), pour influer sur les politiques commerciales allant à l’encontre des intérêts des travailleurs. Un mécanisme de coordination et de partage de l’information sera établi pour permettre aux affiliés d’échanger sur les expériences et de mener des discussions stratégiques.

Valter Sanches

« La région de l’Asie et du Pacifique se construit par le commerce, c’est pourquoi nous, syndicalistes, voulons une politique industrielle durable afin que tout le monde puisse bénéficier des avantages des échanges commerciaux. La prochaine étape consiste à diffuser les messages dans nos pays et à agir comme des personnes de référence. Le plus important est la façon dont nous pouvons prendre des mesures collectives en tant que force régionale pour défendre les droits des travailleurs à l’heure de la mondialisation »,

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

Andrew Dettmer

Le président du syndicat australien des travailleurs de l’industrie manufacturière (AMWU-Australian Manufacturing Workers Union), Andrew Dettmer, a insisté sur la nécessité de forger des alliances avec les organisations locales partageant les mêmes valeurs pour lutter contre la libéralisation du commerce et les intérêts du capital global. Il a décrit l’expérience de l’établissement de l’Australian Fair Trade et Investment Network (AFTINET-Réseau australien pour le commerce équitable et l’investissement) en 2000. L’AFTINET a réussi à faire obstacle aux dispositions du système pharmaceutique, du RDIE et de l’étiquetage des denrées alimentaires génétiquement modifiées dans l’accord de libre-échange entre l’Australie et les Etats-Unis d’Amérique (AUSFTA).

Etaient également présents, le directeur général du bureau régional de l’Asie de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES), Mirco Guenther, ainsi que les affiliés régionaux à IndustriALL d’Australie, du Japon, du Cambodge, de Corée du Sud, d’Inde, d’Indonésie, de Malaisie, du Sri Lanka, de Singapour, des Philippines, de Taiwan, de Thaïlande et du Vietnam.

La répression syndicale se poursuit en Algérie

C’était pour la troisième année consécutive que la situation de l’Algérie était examinée par la Commission de l’application des normes lors de la Conférence, pour des violations de la fondamentale Convention 87 sur la liberté syndicale.

Raouf Mellal, qui est le Président de l’affilié du gaz et de l’électricité d’IndustriALL, le SNATEG, s’est exprimé devant la Commission le 17 juin aux côtés de représentants de syndicats indépendants issus d’autres Fédérations syndicales internationales, l’UITA et l’ISP. Il a appelé le gouvernement algérien à cesser la répression envers les syndicalistes.

Raouf a expliqué comment le traitement des dirigeants syndicaux en Algérie, qui sont menacés, harcelés et poursuivis devant les tribunaux, continue à se détériorer.

Le 23 avril de cette année, Raouf a été arrêté violemment lors d’une manifestation pacifique et emmené au siège de la police où il a été déshabillé, maltraité et obligé de s’asseoir sur une chaise en fer pour subir un interrogatoire.

À la suite de l’audition, la Commission de l’application de normes a publié son projet de conclusions le 19 juin, Il appelle le gouvernement algérien à :

Une mission de l’OIT de haut rang s’est rendue dans le pays du 21 au 23 mai de cette année et a fait différentes recommandations appelant le gouvernement algérien à reconnaître et enregistrer des syndicats indépendants, à réintégrer immédiatement des syndicalistes licenciés illégalement, comme Raouf Mellal, et à permettre aux travailleurs et travailleuses en sous-traitance de rejoindre des syndicats.

Des syndicats mondiaux se rendent en cortège à l’ONU pour un contrat social équitable

https://youtu.be/iO6EH4EqL50

Des syndicats, parmi lesquels des Fédérations syndicales internationales et des affiliés d’IndustriALL, CGT et FO de France, CGIL d’Italie et KMWU de Corée, ont défilé en cortège dans Genève pour réclamer un nouveau contrat social

Les défis auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés comprennent le besoin urgent d’agir par rapport au changement climatique, Industrie 4.0 et une précarité croissante. Un nouveau contrat social doit prendre en compte la Transition juste et l’avenir du travail.

Les syndicats appellent à une OIT taillée pour le 21e siècle, avec une garantie universelle qui offre à toutes les travailleuses et tous les travailleurs les droits essentiels des principes fondamentaux de l’OIT :

UAW perd les élections par 29 voix à l’usine de VW de Chattanooga

En fin de compte, la différence entre le choix d’un milieu de travail syndiqué et le choix d’un milieu de travail sans réelle représentation des travailleurs a été faible puisque 833 employés ont voté contre la représentation syndicale et 776 en faveur, soit une différence de 29 voix seulement.

Bien que l’UAW et le mouvement syndical mondial faisaient preuve de plus d'optimisme cette fois-ci par rapport à 2014, les manœuvres d’intimidation de l’important mouvement antisyndical établi dans le sud des Etats-Unis se sont avérées être plus fortes.

Pendant neuf semaines, les employés de VW ont été informés que la victoire du oui représenterait non seulement une grave menace pour l’emploi, mais aussi un déclin économique de l’Etat du Tennessee et de l’ensemble du sud des Etats-Unis.

La propagande antisyndicale est inacceptable, mais aussi rare chez Volkswagen où 121 des 122 sites de production au niveau mondial sont syndiqués, et la négociation collective et le dialogue social font naturellement partie des procédures quotidiennes. Durant de nombreuses années, Volkswagen a eu un comportement agressif envers les syndicat aux Etats-Unis, allant jusqu’à payer de grosses sommes d’argent à des cabinets de conseil juridique spécialisés dans le démantèlement syndical au lieu d’investir dans les employés et les produits. A l’approche du vote, le comportement de VW a été tout sauf neutre.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Nous sommes passés très près de la victoire et nous continuerons de faire cause commune avec nos collègues de l’usine VW de Chattanooga. Nous ne laisserons pas ces politiques antisyndicales systématiques gagner. »

IndustriALL Global Union condamne fermement ce comportement et s’en tient à la décision de suspendre l’accord cadre mondial avec Volkswagen prise en janvier de cette année, en tant que signe de protestation fort.

Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL en charge de l’industrie automobile, a indiqué:

« Le sud des États-Unis est probablement une des régions les plus antisyndicales dans le monde. Pour nous, c’est un encouragement à redoubler nos efforts avec nos affiliés américains, comme les travailleurs méritent de jouir des mêmes droits et conditions de travail décentes que les travailleurs employés dans les autres régions du monde ».

IndustriALL et ses affiliées sont solidaires avec les travailleurs de Volkswagen de Chattanooga. Plus de 50 messages de solidarité de plus de 20 pays ont été envoyés à  la section locale 42 de l’UAW de Chattanooga; des lettres de soutien, des vidéos et des photos sont également parvenues de toutes les usines de VW situées en Allemagne, pays d’origine de l’entreprise.

Les Métallos USW portent plainte à l’OIT contre le gouvernement du Québec

La plainte de l’USW fait suite à l’ingérence du Premier Ministre du Québec, François Legault, dans les négociations sur le lock-out long de 17 mois à la fonderie d’aluminium de Bécancour, qui est la copropriété des géants de l’aluminium Alcoa et Rio Tinto.

“Par ses déclarations destinées à discréditer la position du syndicat en la décrivant de manière répétée comme étant « déraisonnable ». le Premier en est venu à mettre tout son poids derrière l’entreprise dans le cadre d’une négociation relevant du secteur privé. C’est contraire à la législation internationale et nous demandons à l’OIT de se saisir de l’affaire,” a déclaré Alain Croteau, directeur des Métallos USW du Québec.

La plainte fait état d’infractions aux Conventions de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit d’organisation, de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail ainsi que de la Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale et reprend au moins neuf déclarations publiques du Premier Ministre faites entre le 1er avril et le 3 juin.

“En se rangeant du côté de l’employeur et en mettant une pression injustifiée sur les travailleurs par le biais de l’opinion publique, le Premier a miné les négociations et le processus de médiation. L’ingérence du Premier jette le doute sur l’objectivité du gouvernement dans ce dossier, au moment même où le Ministre du Travail venait de déposer un projet d’accord et que le syndicat demandait la collaboration des autorités pour mettre en place une législation anti-jaunes” précise le Président de la section locale USW 9700, Clément Masse.

Le lock-out chez ABI a été déclenché par Alcoa et Rio Tinto le 11 janvier de l’année dernière, alors même que le syndicat avait indiqué qu’il n’avait pas l’intention d’exercer son droit à la grève et que seules quelques problématiques restaient à régler à la table des négociations. L’employeur a depuis ajouté plusieurs nouvelles revendications, ce qui réduit d’autant les perspectives d’un accord. Le 11 mars, 82% des adhérents syndicaux ont rejeté une offre de l’employeur qui était inférieure à celle faite avant que le lock-out soit imposé.

“IndustriALL Global Union ne peut pas accepter que des politiciens s’ingèrent d’une manière aussi biaisée dans des négociations entre partenaires sociaux. Il s’agit d’une menace sérieuse à la liberté syndicale et au droit de négocier collectivement.

“Les travailleurs et travailleuses sont des électeurs et ont le droit à être respectés par les mandataires politiques et les gouvernements. Nous soutenons totalement les préoccupations soulevées par notre affilié sur cette rupture de l’équité dans l’évaluation de la situation, ce qui conduit à une perte de confiance dans le personnel politique,” précise Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base.

#14J: grève générale massive au Brésil

La grève générale visait à faire stopper la réforme de la sécurité sociale en discussion à la chambre des députés, qui entraînerait un recul des droits. Les grévistes rejettent également les coupes claires dans les budgets de l’éducation publique, et sont contre la privatisation de Petrobras.

« Tous les affiliés à IndustriALL au Brésil ont participé activement aux manifestations. Les médias ont tenté de démobiliser la grève. Les entreprises ont également exercé des pressions; or, le Brésil compte 14 millions de chômeurs. Les syndicats ayant paralysé le secteur des transports ont été condamnés à payer une amende.

Malgré tout, la grève bénéficie d’un soutien populaire et a été suivie dans tous les États. C’est une victoire. C’est également une forte démonstration de l’unité du mouvement syndical, que nous n’avons pas connue depuis longtemps »,

a indiqué Lucineide Varājo, président du syndicat CNQ/CUT et coprésident régional d’IndustriALL.

Le gouvernement d’extrême droite de Bolsonaro tente de mettre fin au régime de retraite public et universel actuel. Il cherche à le remplacer par un « modèle de capitalisation individuelle », dans lequel la retraite sera fonction de la somme épargnée par les travailleurs au cours de leur vie professionnelle.

Selon les travailleurs, ce changement est injuste en raison des périodes de chômage et de travail informel qui ne permettent pas d’épargner facilement pour prétendre à une retraite décente.

La proposition prévoit également la fin du départ à la retraite selon la durée de cotisation, et repousse l’âge minimum de départ à 65 ans pour les hommes, et à 62 ans pour les femmes. Elle détruit le système de sécurité sociale qui garantit une aide aux travailleurs et aux membres de leurs familles en cas de maladie, d’invalidité ou de veuvage. Le Comité exécutif d’IndustriALL Global Union a publié une résolution de solidarité avec le mouvement syndical brésilien dans laquelle il déclare:

 « Les 50 millions de travailleurs que nous représentons ont manifesté leur désaccord à l’égard de ces graves atteintes perpétrées contre les syndicats, et réaffirment leur soutien total et illimité envers leurs collègues brésiliens. En outre, nous nous mobiliserons et resterons vigilants dans tous les pays où IndustriALL est présent, pour soutenir cette lutte pour la justice, la démocratie et la liberté ».

IndustriALL solidaire avec les grévistes de la métallurgie en Italie

Les membres de trois des affiliés à IndustriALL Global Union en Italie – FIOM-CGIL, CISL FIM et UILM – mènent des actions coordonnées pour demander au gouvernement et au secteur privé:  

Dans une lettre commune, IndustriALL et industriAll Europe ont exprimé leur solidarité et leur soutien avec les travailleurs métallurgistes:

« Nous soutenons pleinement votre action collective face à la grande incertitude qui entoure l’avenir de l’industrie métallurgique en Italie, étant donné la diminution de la production industrielle, la perte de la valeur du travail, et l’augmentation du nombre d’accidents et de décès au travail.

« Le gouvernement et le secteur privé doivent relever les défis en investissant dans l’innovation, la durabilité écologique, la création d’emplois, et la mise en œuvre de normes de sécurité et de santé strictes. Il est également nécessaire de relancer le marché intérieur, ce qui comporterait d’augmenter les salaires, d’abaisser les impôts et de garantir l’établissement d’un État providence.

« Par conséquent, nous nous rallions à votre lutte pour accroître l’emploi grâce aux investissements publics et privés dans les secteurs stratégiques, générant des emplois de qualité d’une façon respectueuse de l’environnement. Il est également impératif d’augmenter les salaires et d’abaisser la fiscalité, de réduire les emplois précaires, d’augmenter la représentation des travailleurs et le pouvoir de négociation collective, ainsi que de réformer la loi Fornero sur les retraites ».

Si vous n’êtes pas contentes, démissionnez, a-t-on dit à des travailleuses éthiopiennes

Des travailleurs et travailleuses comptant plus de trente années d’expérience opèrent dans des conditions déplorables et gagnent entre 900 et 1300 birrs éthiopiens, moins de $45, par mois. Ces bas salaires font qu’il est difficile pour ces travailleurs et travailleuses de mener une vie décente.

Lors d’une réunion destinée aux femmes et tenue à Adama ces 6 et 7 juin, trois femmes comptant chacune plus de trois décennies d’expérience professionnelle ont parlé de leurs terribles conditions de travail dans les usines. Cette réunion était organisée par l’affilié d’IndustriALL Global Union, la Fédération industrielle des syndicats du textile, du cuir et de la confection (IFTLGWTU) avec le soutien de FNV Mondiaal. Elle a vu la présence de 26 participants, principalement des femmes.

"J’ai de l’asthme et de l’insuffisance rénale. On me dit souvent que si je ne suis pas contente, je peux toujours démissionner."

Mulutesfa Anbachew

Mulutesfa Anbachew, 42 ans, qui a commencé à travailler à 12 ans lorsque l’usine de confection Falcon BM a ouvert, était en larmes en racontant son histoire.

“Lorsque j’ai commencé à travailler pour aider ma famille après avoir quitté l’école, j’ai été exposée au fil des années à de l’eau de consommation non potable et à des environnements poussiéreux. Les travailleurs et travailleuses ne recevaient pas non plus d’équipement personnel et de protection. Maintenant, j’ai de l’asthme et de l’insuffisance rénale.

“Bien que ces maladies soient directement liées à mon environnement de travail malsain, l’employeur ne fait rien, ignore les requêtes. On me dit souvent que si je ne suis pas contente, je peux toujours démissionner. Avec une insuffisance rénale, on doit fréquemment utiliser les toilettes. Mais dans notre usine, il y a une toilette pour 45 personnes et vous devez demander à avoir votre tour. Cela fait empirer ma condition.”

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“Mon poste démarre à 20h00 et se termine à 4h00 du matin. Nous dormons à même le sol sur le béton."

Etalemahn Tadesse

Etalemahn Tadesse, 53 ans, du département tricot de Yirgalem Textile, se plaint de douleurs aux genoux et de l’absence de transport organisé par son employeur.

“Mon poste démarre à 20h00 et se termine à 4h00 du matin. Comme la direction ne prévoit pas de transport pour nous, nous dormons à même le sol sur le béton, parce qu’il n’est pas sûr de quitter les lieux avant le lever du jour. En dépit de nos plaintes, rien ne change.”

“Sur le plan des salaires, il y a discrimination envers les travailleurs et travailleuses plus âgés et aucun effort n’est fait pour améliorer leurs conditions de travail. Le but est de les frustrer, de les forcer à démissionner pour éviter de payer des indemnités de départ.”

Elsabeth Mekonen, 50 ans, également de Yirgalem, a refusé de signer une grille salariale qui discriminait les travailleurs plus âgés.

“L’atelier d’IndustriALL à Addis-Abeba, en 2018, m’a appris à m’élever pour la défense des droits des travailleurs.”

Elsabeth Mekonen

“Ce que l’atelier d’IndustriALL à Addis-Abeba en 2018 m’a appris, c’est de m’élever pour la défense des droits des travailleurs. Je n’ai rien à perdre, puisque mes années d’expérience ne comptent pour rien.”

Paule France Ndessomin, la Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, qui s’est adressée aux travailleuses, indique :

“Nous allons continuer à sensibiliser les femmes pour qu’elles s’expriment et agissent contre les violations de leurs droits sur leurs lieux de travail. Un dialogue social avec des parties prenantes essentielles comprenant le gouvernement, les employeurs et les syndicats en vue d’améliorer les conditions de travail pour les travailleurs et travailleuses du textile et de la confection devrait être une priorité.”