Les syndicats d'Asie-Pacifique exhortent les gouvernements à s'assurer que l'accord commercial rencontre leurs demandes

Ils craignent que la négociation secrète de cet accord commercial passe outre aux décisions démocratiques et à la souveraineté des États au profit des multinationales. Les syndicats demandent que :

  1. Les gouvernements participants se conforment aux conventions fondamentales de l'OIT;
  2. Les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États, qui menacent la démocratie en donnant aux entreprises le droit de poursuivre des gouvernements, soient supprimés;
  3. Les marchés publics et les services publics soient exclus du RCEP;
  4. Les textes soumis à la négociation soient rendus publics, avec une procédure de consultation des parties intéressées;
  5. Les gouvernements procèdent à une évaluation de l'impact du RCEP sur les droits de l'homme et soumettent les résultats aux assemblées démocratiques.

Le RCEP est un projet d'accord commercial entre les pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE) (Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) et la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le texte proposé régira les accords commerciaux dans le plus grand bloc commercial du monde, regroupant la moitié de la population mondiale. Alors que se tenait le dernier cycle de négociations à Melbourne, le 30 juin, les syndicats de l'Asie-Pacifique – dont IndustriALL Global Union, l'IBB, l'UITA, UNI, la Fédération internationale des travailleurs domestiques et le Conseil syndical des employés des services de l'ANASE et leurs affiliés – ont exhorté ensemble les gouvernements participants à veiller à ce que les RCEP réponde à leurs cinq demandes essentielles.

Dans une déclaration, les syndicats écrivent :

"Représentant des millions de travailleurs de la région, nous exprimons par la présente nos vives préoccupations à propos des négociations secrètes du méga-accord commercial qui se poursuivent depuis 2013, portant sur une région qui représente 50 pour cent de la population mondiale, 30 pour cent du PIB de la planète et 25 pour cent des exportations mondiales.

"Les organisations syndicales et les organisations de la société civile sont préoccupés par le fait que les entreprises multinationales recourent de plus en plus aux accords commerciaux pour outrepasser les politiques publiques et créer un environnement propice au monde des affaires qui lui permet d'optimiser ses profits économiques au détriment des travailleurs et des droits de l'homme."

La secrétaire régionale d'IndustriALL, Annie Adviento, déclare pour sa part :

Un accord commercial bien négocié peut être synonyme de paix et de prospérité pour les populations de la région. Mais nous devons nous assurer qu'il profite aux gens, pas seulement au capital. Nous ne laisserons pas les multinationales contourner notre démocratie et fragiliser nos services publics par des accords négociés en secret."

Argentine : une marche historique mène à la victoire à la mine de Glencore

Les travailleurs membres de l’affilié d’IndustriALL Asociación Obrera Minera Argentina (AOMA) se sont croisés les bras pendant une semaine. Ils ont également organisé une marche de 270 kilomètres.

Le syndicat exigeait des autorités qu’elles mettent la pression sur Glencore pour que ses revendications soient rencontrées et notamment :

Après la marche et la manifestation devant le siège du gouvernement le 24 juin dernier, les dirigeants syndicaux ont rencontré les autorités du gouvernement provincial. L’AOMA a dénoncé des tâches de plus en plus dangereuses et des traitements abusifs de la part de la direction. Les travailleurs ont soulevé le problème de la ventilation inadaptée de la mine et l’absence de maintenance des cheminées d’extraction d’urgence.

Le 25 juin, l’entreprise a accepté de licencier le directeur général et de mettre en œuvre un plan approuvé en collaboration avec le Ministère du Travail au cours d’une procédure de conciliation, qui garantit les conditions de santé et sécurité au sein de la mine.

Le Secrétaire général national de l’AOMA Héctor Laplace, indique :

“L’accord avec les autorités et Glencore est un pas en avant pour résoudre le conflit. Nous allons suivre de près le plan approuvé, à savoir se préoccuper du sort des travailleurs et respecter les accords ainsi que les travailleurs.”

Le Secrétaire régional d’IndustriALL Marino Vani, ajoute :

“Nous saluons notre affilié pour son travail et pour la défense de ses membres. Avec le dialogue en cours pour l’instant entre IndustriALL et Glencore, nous sommes confiants que les accords avec les autorités argentines et l’AOMA seront respectés, de sorte à améliorer les conditions de santé et sécurité à la mine El Aguilar et à mettre en œuvre des pratiques de travail équitables.”

Un dirigeant syndical kazakh encourt huit ans de prison

La mesure survient tout juste une semaine après que le Kazakhstan ait été soumis à la vérification de la Conférence internationale du Travail pour son piètre bilan concernant les droits syndicaux.

Baltabay est jugé pour le détournement de cotisations syndicales d’un montant d’environ 28 000 US$. Baltabay reconnaît que l’argent est encore en sa possession, mais rejette l’accusation de détournement de fonds, affirmant qu’il a agi pour protéger l’argent au profit de ses membres après la dissolution par la force, en 2015, du syndicat des travailleurs de la pétrochimie, Decent Work (Travail décent), qu’il dirigeait.

Dans une intervention à la Commission de l’application des normes de la Conférence, le 18 juin, IndustriALL a condamné la situation inadmissible des droits des travailleurs au Kazakhstan. Le pays a fait l’objet d’un examen attentif pour violation de la Convention (n° 87) de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.

La loi sur les syndicats au Kazakhstan rend l’enregistrement des syndicats extrêmement difficile et le code pénal est utilisé pour criminaliser les grèves dans le pays.

Par ailleurs, des dirigeants syndicaux indépendants, dont Larisa Kharkova, Amin Eleusinov et Nurbek Kushakbaev, ont été sanctionnés et persécutés par le biais des tribunaux. Le trio a reçu le Prix international Arthur Svensson pour les droits syndicaux en 2018.

Dans une lettre adressée au Président kazakh, Kassym-Jomart Tokayev, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Nous condamnons tant le procès en cours [de Baltabay] que les procédures pénales précédentes à l’encontre de Larisa Kharkova, Amin Eleusinov et Nurbek Kushakbaev, et les tentatives de réprimer les dirigeants des syndicats indépendants et de les empêcher d’exercer leurs activités syndicales. Nous croyons également que l’intention est de nourrir un climat de peur, et d’empêcher les autres militants et travailleurs d’exercer leurs libertés et droits fondamentaux universellement reconnus ».

Sanches a également appelé le Président à observer les recommandations formulées par la Commission de l’application des normes pour améliorer les droits syndicaux dans le pays suite à l’absence « persistante » de progrès.

Albanie: de la résolution du Congrès syndical à une nouvelle loi

En juin, le gouvernement albanais a adopté une nouvelle loi sur le « régime financier supplémentaire des travailleurs ayant travaillé dans les mines souterraines et des travailleurs de l’industrie pétrolière, gazière et métallurgique », transposant dans les faits la résolution du Congrès dans le droit national.

En vertu de la loi, les anciens mineurs ayant travaillé pour l’Etat ou le secteur privé pendant six ans ou plus recevront une augmentation importante des versements annuels des montants dus au titre de la pension.

Un pour cent supplémentaire sera versé aux travailleurs souffrant d’une infirmité causée par leur ancien métier.

300 mineurs qui n’avaient pas été payés depuis six mois recevront leur salaire dans son intégralité.

« Cette nouvelle loi est une réalisation majeure. Non seulement c’est une victoire en ce qui concerne les traitements et pensions des mineurs albanais, mais c’est aussi une preuve du pouvoir syndical, et que nous gagnons lorsque nous organisons les travailleurs », a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Les syndicats de la chimie du monde entier face à l'avenir, unis

Les syndicats de la chimie s'étaient réunis la dernière fois en 2015 à Hanovre, en Allemagne. Cette réunion-ci a été ouverte par les coprésidents du secteur, Iris Wolf, d'IG BCE en Allemagne, et Sergio Leite, de Fequimfar au Brésil. Iris Wolf a souligné que l'industrie est en pleine mutation alors qu'elle se débat avec le changement climatique, l'hostilité que soulèvent la production de plastiques et l'introduction de nouvelles technologies de production.

Sergio Leite a parlé des attaques que subissent les syndicats partout dans le monde en citant l'exemple du Brésil.

Les leaders syndicaux turcs Ali Ufuk Yaşar et Ihsan Malkoç, de Petrol-İş et Lastik-İş respectivement, ont souhaité la bienvenue aux délégués et ont fait part des difficultés qu'ils rencontrent dans leurs campagnes de syndicalisation en Turquie.

"Le ralentissement de l'économie mondiale contribue à l'érosion des droits des travailleurs."

Valter Sanches

Le secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

"Le ralentissement de l'économie mondiale contribue à l'érosion des droits des travailleurs. C'est le cas en particulier en Turquie où nous assistons à de constantes violations."

Il a aussi évoqué la nécessité d'agir pour le climat, en disant :

"Les jeunes manifestent pour le climat. Nous sommes face à une urgence climatique et nous devons agir. Mais nous avons aussi la charge d'emplois de qualité dans la chimie, la mine et d'autres secteurs, et des communautés qu'ils font vivre. Nous nous battons pour une Transition juste."

Kemal Özkan, le secrétaire général adjoint d'IndustriALL, et son directeur en charge de l'industrie chimique, Tom Grinter, ont donné un compte rendu détaillé de l'état de l'industrie chimique dans le monde, en mettant l'accent sur de grandes campagnes syndicales. Il a été suivi d'un débat public dans lequel sont intervenus des participants d'Allemagne, du Royaume-Uni, de Singapour, du Mozambique et du Brésil pour comparer les actions syndicales, les relations du travail et le dialogue social dans le monde.

Tom Grinter

Dans un débat sur la Quatrième Révolution industrielle, les participants ont exprimé leur optimisme parce que la nouvelle technologie de production pourrait créer des emplois spécialisés et assainir l'industrie en la rendant plus sûre. Mais des craintes ont aussi été exprimées s'agissant des pertes d'emplois et de l'impréparation des syndicats à ces changements.

Ensuite est venue une discussion sur l'utilisation des réseaux syndicaux et des accords-cadres mondiaux (ACM) pour stimuler la solidarité mondiale. Raghuram Theramkudalu et Thiago Rios ont parlé des réseaux syndicaux régionaux de BASF en Asie-Pacifique et en Amérique du Sud respectivement. Albert Kruft a parlé des relations professionnelles modèles suscitées par l'ACM avec Solvay et Kent Holsing, de l'USW, a parlé de la base, avec le Conseil du travail nord-américain de DowDuPont dirigé par les sections locales.

"Nous devons faire une place aux femmes."

Lors d'une session sur le thème de l'habilitation des femmes, des jeunes et des travailleurs migrants, les participants ont salué la victoire que constitue la nouvelle convention de l'OIT sur la violence et le harcèlement au travail et ont évoqué la nécessité d'impliquer plus de femmes dans des secteurs dominés par les hommes, comme l'industrie chimique.

Un groupe de discussion sur la santé et la sécurité au travail s'est penché sur quelques exemples horribles d'actions du travail et a confirmé la nécessité de faire campagne pour le droit des travailleurs de connaître les risques, de participer aux programmes sur la sécurité et de refuser un travail dangereux.

À la session de clôture, Kemal Özkan s'est félicité du taux élevé de participation à cette réunion; il a remercié les nombreux collègues qui ont pris la parole dans l'assistance et a présenté le plan d'action pour le secteur.

Il a déclaré :

"C'est à nous tous de le concrétiser."

Kemal Özkan

Tom Grinter

" Ce plan d'action fait la synthèse des conclusions des discussions de groupes, les rapproche des cinq objectifs stratégiques d'IndustriALL et arrête une feuille de route pour la syndicalisation du secteur à l'échelon mondial au cours des quatre prochaines années.

"C'est à nous tous de le concrétiser."

Iris Wolf et Sergio Leite ont été réélus à la coprésidence du secteur tandis que Masato Shinoharo, d'UA Zensen au Japon, continuera à présider le secteur pharmaceutique.

Île Maurice : mettre fin aux violations des droits des travailleurs migrants

À leur arrivée, ces travailleurs et travailleuses reçoivent des bas salaires, prestent de long temps de travail, vivent dans des conditions sordides parfois dans des dortoirs à l’arrière des usines et risquent la déportation en s’élevant contre ces abus.

Ces violations des droits de l’homme et du travail à l’encontre de ces personnes migrantes peuvent être décrites comme étant de l’esclavage moderne et ont été débattues lors d’un atelier organisé par IndustriALL Global Union avec le soutien de la Fondation Friedrich Ebert, ces 17 et 18 juin. Les 30 participants étaient issus de syndicats du Bangladesh, de Madagascar et de Maurice. Ovibashi Karmi Unnayan Programme (OKUP), une organisation de la société civile qui dispense des formations préalables au départ pour les travailleurs et travailleuses bangladais partant vers d’autres pays, a également participé aux sessions.

ASOS, qui a signé un accord-cadre mondial avec IndustriALL et dont les fournisseurs emploient plus de 3.000 salariés en Maurice, a indiqué vouloir améliorer les conditions de travail et mettre fin à la servitude pour dette. La servitude pour dette provient des honoraires pouvant parfois s’élever jusqu’à US$800, que les agences de recrutement imposent et qui prennent plus de 14 mois à rembourser. ASOS indique également que ces travailleurs et travailleuses ne devraient pas avoir à payer pour les frais de voyage vers leur pays de destination, ou pour leur formation.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection, indique :

“L’accord-cadre mondial avec ASOS va être déterminant pour faire débuter des relations sociales saines avec les fournisseurs du secteur du textile et de la confection de Maurice. Bâtir des relations sociales saines va permettre de couper court aux abus de droits du travail.”

L’affilié d’IndustriALL, la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), qui représente plus de 50.000 travailleurs et travailleuses, est à la pointe du combat contre l’exploitation et revendique le versement du salaire minimum national de 9.400 roupies mauriciennes (US$271) aux travailleurs et travailleuses migrants. Les affiliés de Madagascar, la Fédération des Syndicats des Entreprises Franches et Textiles (FISEMA), la Confédération chrétienne des syndicats malgaches (Sendika Kristanina Malagasy – SEKRIMA) et Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), ainsi que l’affilié bangladais Sommilito Garments Sramik Federation, soutiennent le travail de la CTSP.

Reeaz Chutto, Président de la CTSP, précise :

“Nous nous battons pour que les travailleurs et travailleuses migrants jouissent des mêmes droits que les travailleurs et travailleuses mauriciens en vertu de la Loi sur l’emploi. Cela permettra de mettre fin aux licenciements abusifs et de protéger leurs droits en matière de négociation collective.”

Anti-Slavery International (ASI), qui fait campagne pour protéger les travailleurs et travailleuses contre l’esclavage et le trafic d’être humains et soutient le principe qui veut que ce soit l’employeur qui paie pour les frais de voyage et autres des travailleurs migrants, a apporté son soutien en vue de faire cesser les violations de droit. Parmi les autres participants, ont relève la présence de l’Organisation internationale pour les migrations et l’Université de Maurice. La Confédération des employeurs et le Ministère du travail ont également participé aux sessions et manifesté leur soutien au dialogue social et à l’amélioration des relations sociales.

Un projet de l’ASI avec IndustriALL, ASOS, OKUP et la CTSP vise à mettre un terme à l’esclavage moderne au sein de la chaîne d’approvisionnement en promouvant de la formation préalable au départ, en développant une appli pour smartphone pour l’Île Maurice basée sur celle d’IndustriALL et ASOS actuellement utilisée en Turquie, pour expliquer les droits des travailleurs migrants, ainsi qu’un centre de soutien syndical qui sera basé à la CTSP, où les travailleurs et travailleuses pourront se rendre pour obtenir un soutien en cas de plaintes ou de conflit. Ce centre apportera du soutien aux travailleurs et travailleuses en bengali, la langue des travailleurs et travailleuses bangladais, qui en constituent la vaste majorité.

Les travailleurs du nucléaire renforcent le pouvoir syndical

Les syndicats d’Afrique du Sud, de Belgique, des États-Unis d’Amérique, de France, du Japon, du Malawi, du Royaume-Uni, de Russie, de Turquie et d’Ukraine ont participé à la réunion, accueillie par le syndicat des travailleurs turcs de l’énergie, de l’eau et du gaz (Tes-İş). La Turquie intégrera le nucléaire dans son bouquet énergétique; la première centrale nucléaire, implantée à Akkuyu, sera opérationnelle en 2023.

Après avoir remercié les participants internationaux, le directeur général du ministère de l’énergie et des ressources naturelles, İbrahim Halil Dere, et le directeur général du travail au ministère de la famille, du travail et des services sociaux, Nurcan Önder, pour leur participation, le président général de Tes-İş, Ersin Akma, a indiqué:

« Nous voulons échanger des informations avec nos collègues syndiqués afin de renforcer nos capacités dans le secteur et défendre la cause de nos membres et des travailleurs du nucléaire dans notre pays, quand ils commenceront à travailler dans la centrale nucléaire ».

Valeriy Matov, coprésident du volet énergétique d’IndustriALL, en charge du nucléaire et président du syndicat ukrainien Atomprofspilka, a présidé la réunion. Dans son discours d’ouverture, il a rappelé que l’année 2019 marque le 33e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl et a évoqué la grande expérience de l’Ukraine dans le secteur nucléaire.

Un groupe de travail a discuté de l’énergie nucléaire en Turquie, y compris de ses perspectives d’avenir. Le groupe était composé de représentants du gouvernement, d’universitaires, d’un représentant de la société publique russe liée au secteur de l'énergie nucléaire, State Atomic Energy Corporation Rosatom, qui construit la centrale nucléaire en Turquie, ainsi que Yuri Borisov, vice-président du syndicat des travailleurs russes de l’énergie et de l’industrie.

La coopération entre les syndicats au sein du réseau est essentielle pour permettre un échange continu de l’information et des expériences. Diana Junquera, directrice du département de l’industrie énergétique à IndustriALL, a donné une présentation générale de l’industrie nucléaire, en mettant l’accent sur les évolutions récentes au niveau mondial et les actions des syndicats.

La question de la sécurité et de l’hygiène au travail dans le secteur a été examinée, notamment ont été soulignées les différences entre les substances et les particules radioactives, et la façon dont elles peuvent pénétrer à l’intérieur de l’organisme. Les syndicats ont réaffirmé l’importance du droit d’être informé sur les dangers liés au travail, du droit de refuser ou d’arrêter un travail dangereux, ainsi que du droit de participer pleinement au processus décisionnel en matière de santé et de sécurité par l’entremise des comités mixtes de santé et de sécurité au travail.

Les participants du Japon ont fait le point de la situation sur le secteur dans leur pays suite à l’accident de Fukushima en 2011. Les participants à la réunion ont convenu de la nécessité de mettre en œuvre des politiques énergétiques à long terme, qui comprennent un bouquet énergétique équilibré, et qui restent les mêmes avec chaque changement de gouvernement.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« Les politiques énergétiques doivent servir l’intérêt général grâce à un cadre législatif et réglementaire soutenant la cohésion sociale, l’égalité de traitement, la protection de l’environnement et un meilleur accès à l’énergie pour le monde. IndustriALL soutient pleinement nos affiliés dans le monde entier dans leur lutte contre la poursuite de la libéralisation et de la déréglementation des marchés de l’énergie ».

Le réseau INWUN a approuvé à l’unanimité une déclaration sur l’avenir du secteur nucléaire.

La réunion s’est terminée par une visite au Centre nucléaire de Sarayköy pour la recherche et la formation, implanté à Ankara.

Les photos de la réunion sont accessibles sur Flickr.

Les syndicats de BASF renforcent l'unité mondiale

La constitution de réseaux régionaux chez BASF est allée bon train au fil des ans en Amérique latine, en Amérique du Nord et dans la région Asie-Pacifique. Des membres de ces réseaux se sont réunis pour la deuxième fois, après la première réunion mondiale de 2015. Les relations professionnelles fonctionnent bien dans les régions et cette réunion avait pour but de favoriser une compréhension réciproque des politiques et pratiques de l'entreprise en matière de travail et de stimuler un dialogue social à l'échelon mondial.

La réunion bénéficiait du soutien financier et politique de la Fondation Friedrich Ebert (FES).

 

La réunion a été déclarée ouverte par le secrétaire général de Petrol-İş, Ahmet Kabaca, et le vice-président général de Lastik-İş, Ziya Ünal. Les deux syndicats représentent vigoureusement les travailleurs de BASF en Turquie mais, comme l'a fait remarquer Ziya Ünal, le code du travail turc les empêche de coopérer pour organiser les mêmes lieux de travail.

Ahmet Kabaca a évoqué les attaques que subissent les travailleurs partout dans le monde en ces termes :

"Nous nous appauvrissons de jour en jour. Nous n'accepterons jamais cette situation. Nous, la classe laborieuse et le mouvement syndical, continuerons à nous battre pour ne pas devenir des travailleurs pauvres."

Le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie, Tom Grinter, a dépeint un tableau détaillé de la position de l'entreprise dans le monde et de ses relations avec les syndicats dans les différentes régions, et Michael Wolfers, d'IG BCE, a parlé d'Industrie 4.0 et de la numérisation, ainsi que des technologies émergentes qui bouleversent l'industrie chimique : la réalité augmentée, l'Internet des objets, les lunettes 3-D, l'impression 3-D, les drones et le big data.

Michael Wolters

"Nous ne voyons pas l'avenir parce nous sommes limités par notre horizon. L'apprentissage tout au long de la vie et la formation permanente nous permettront de réagir de manière flexible et assureront un emploi suffisant."

Raghuram Theramkudalu

Les délégués ont comparé les conditions pratiquées par BASF dans ses différents sites. Thiago Rios, Raghuram Theramkudalu et Doug Watts ont parlé de la situation en Amérique latine, en Asie-Pacifique et en Amérique du Nord respectivement.

Thiago Rios et Doug Watts

Doug Watts, de l'United Steelworkers, s'est souvenu de la première fois que des syndicalistes brésiliens ont visité son usine aux États-Unis :

"Lorsque nous réunissons des travailleurs et nous parlons en direct, l'entreprise ne peut plus nous affaiblir en nous dressant les uns contre les autres ou les pays l'un contre l'autre." 

Lú Varjão

La brésilienne Lú Varjão a interrogé le réseau BASF sur le statut des femmes dans l'entreprise et dans les syndicats, et sur les politiques de nature à améliorer la situation. Ses propos ont suscité un débat sérieux à propos de l'action à mener pour attirer plus de femmes dans le secteur et en faire des activistes.

La discussion a ensuite porté sur la santé et la sécurité.

Tom Grinter a déclaré :

"Les réseaux de la région ont atteint leur maturité et ils fonctionnent bien. Nous devons nous servir de tout ce que nous avons appris les uns des autres et l'appliquer au niveau mondial. Nous voulons concrétiser le dialogue social mondial chez BASF pour pouvoir obtenir les meilleures conditions possibles pour les travailleurs et sécuriser les emplois pour l'avenir."

Les participants ont adopté un plan d'action pour aller de l'avant.

IndustriALL renouvelle l’accord mondial avec la compagnie énergétique ENI

L’ACM a été signé entre le Directeur des relations sociales d’ENI, Fabrizio Sbarra, et le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, ainsi que des représentants des affilés italiens FILCTEM-CGIL, FEMCA-CISL et UILTEC-UIL, qui en sont les cosignataires.

L’ACM renouvelé comprend des améliorations au niveau du processus de diligence raisonnable pour les droits humains afin d’assurer son alignement sur les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

ENI a également pris un engagement fort par rapport aux droits des travailleurs en collaborant avec l’OIT pour produire un guide intitulé “Les Normes internationales du travail et ENI”. Il sert utilement de référence pour appliquer l’ACM et les Conventions de l’OIT dans des pays qui n’ont pas ratifié les conventions fondamentales et où ENI développe des activités.

Comme la Conférence internationale du Travail a adopté à une majorité écrasante une nouvelle convention pour éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail le même jour, un paragraphe a été ajouté à l’ACM qui interdit toute forme de violence ou harcèlement, qu’elle soit fondée sur le sexe ou sur la diversité individuelle ou culturelle, sans exception, et affirme que les parties ne toléreront pas le harcèlement, la violence ou les brimades de tout genre, sur le lieu de travail ou en dehors.

Cet ACM renforcé met davantage l’accent sur l’amélioration des conditions de travail au sein des chaînes d’approvisionnement et comprend un nouvel article sur le développement durable et la protection de l’environnement par lequel l’entreprise s’engage à poursuivre la réduction de son empreinte carbone au niveau de ses activités et à investir dans le développement de produits énergétiques à faible teneur en carbone.

L’ACM reprend également le principe de “Transition juste” en vue d’une transition significative vers des économies et des entreprises qui sont soutenables pour tous du point de vue environnemental, en conformité avec les principes de l’OIT.

Valter Sanches, Secrétaire général, a déclaré :

“Par le renouvellement de cet accord, ENI a marqué un engagement fort par rapport aux normes internationales du travail et a accepté de fournir une plateforme pour négocier avec les syndicats au plan mondial sur les impacts de la transition énergétique. Nous allons pouvoir utiliser cet accord-cadre mondial pour améliorer les droits et intérêts de nos membres sur tous les sites d’activité d’ENI de par le monde.”

Afin de soutenir le rôle parental, et dans le cadre de la Convention 183 de l’OIT sur la protection de la maternité, ENI accorde 10 jours de congé avec 100% du salaire annuel à tous les pères et toutes les mères de l’entreprise. La protection de la maternité est essentielle pour garantir la santé et la sécurité de la mère et de l’enfant ainsi que l’égalité de toutes les femmes constituant la main d’œuvre.

Marcellino Tufo, de la FILCTEM-CGIL et coordinateur de l’ACM, a déclaré :

“Nous sommes convaincus que les innovations introduites dans l’ACM peuvent améliorer la condition des travailleurs et soutenir les communautés au sein desquelles ENI déploie ses activités. À partir d’aujourd’hui, notre tâche, ensemble avec IndustriALL, sera de traduire ce qui est écrit dans l’ACM en réalité.”

Pour la première fois, une liste d’indicateurs a été ajoutée en annexe de l’accord pour le suivi de sa mise en œuvre, ainsi qu’un mécanisme de résolution des conflits afin de solutionner tout différent potentiel lié à l’ACM.

Patrizia Pitronaci, Directrice du bureau international de l’UILTEC-UIL, a indiqué :

“L’accord mondial ENI confirme la volonté de la multinationale italienne de respecter les normes établies par l’OIT. Des pas de géant ont été accomplis et de nombreuses améliorations ajoutées.”

Les syndicats affiliés à IndustriALL lors de la signature de l’ACM avec ENI

Nora Garofalo, Secrétaire générale de la FEMCA-CISL a ainsi résumé :

"Cet accord renouvelé est un modèle pour tout le monde et est le résultat d’un dialogue constant entre les syndicats et l’entreprise basé sur des valeurs et des principes communs dans le domaine des droits humains et syndicaux.”

ENI est une entreprise italienne intégrée du secteur de l’énergie qui compte 31.000 salariés dans environ 67 pays de par le monde. C’est un acteur clé dans l’exploration, le raffinage et la vente de produits pétroliers, l’exploitation et l’extraction de pétrole et de gaz naturel, l’approvisionnement, la fourniture, la commercialisation et le transport de gaz naturel, de GNL, d’électricité, de carburants et de produits chimiques.

Politique sur le harcèlement sexuel

Déclaration de principes :

Le harcèlement sexuel est une atteinte à la dignité et aux droits humains et syndicaux. IndustriALL Global Union s’est engagé à offrir un environnement sûr et exempt de toute forme de harcèlement sexuel lors des activités et réunions, et ce, indépendamment du sexe, de l’identité et de l’expression de genre, de l’orientation sexuelle, du handicap, de l’apparence physique, de la taille, de la race, de la couleur, de la nationalité, de l’âge ou de la religion de la personne.

Définitions et comportements inacceptables :

Le harcèlement sexuel est un comportement verbal, non verbal ou physique de nature sexuelle importun et non sollicité. Il s’agit d’une démonstration de force qui peut intimider, contraindre ou rabaisser autrui.

Le harcèlement sexuel inclut, sans toutefois s’y limiter, les comportements suivants : les attouchements inappropriés ; les regards concupiscents ; les remarques homophobes ; les signes suggestifs ; les e-mails et SMS non souhaités à caractère sexuel ; les agressions physiques ; les allusions ou commentaires à connotation sexuelle ; les plaisanteries obscènes ; les insultes fondées sur le sexe d’un individu ou portant un jugement sur sa sexualité ; les demandes de faveurs sexuelles ; la publication d’images ou autres représentations sexuellement explicites.

IndustriALL Global Union ne tolérera aucune forme de harcèlement sexuel au cours des activités et des réunions.

Signalement et mesures coercitives

Avant le début de tout événement, activité ou réunion d’IndustriALL, les participant(e)s seront informé(e)s de cette politique, qui leur sera par ailleurs envoyée à l’avance.


Lors des réunions statutaires ou des activités et événements de grande ampleur, un(e) participant(e) et un(e) membre du personnel seront désigné(e)s et chargé(e)s de recueillir les éventuelles plaintes. Leur nom sera communiqué à l’ensemble des participant(e)s en amont de la rencontre.


Si un(e) participant(e) pense être victime ou témoin d’un comportement inacceptable au regard de la présente politique, il/elle devra en informer immédiatement l’une des personnes désignées. Si aucune de ces personnes n’est pas disponible, il/elle pourra en informer tout(e) autre membre du personnel ou de la direction qui veillera à répondre à la plainte avec la personne désignée.


IndustriALL prend ces plaintes au sérieux et peut, à sa discrétion, prendre les mesures qu’il juge appropriées après avoir évalué la situation. Il peut s’agir d’adresser un avertissement au/à la contrevenant(e) ou de l’exclure de la conférence [sans remboursement possible]. Par ailleurs, le cas échéant, IndustriALL peut informer l’affilié dont fait partie l’auteur(e) présumé(e) de l’infraction.