Les syndicats du textile et de la confection d’Asie du sud-est bâtissent des réseaux

Soixante syndicalistes du Cambodge, d’Indonésie, de Malaisie, du Myanmar, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam se sont réunis à Rangoun, au Myanmar, ces 4 et 5 juillet à l’occasion de la réunion régionale d’IndustriALL pour le textile, la confection, les chaussures et le cuir (TCCC) ayant pour thème la syndicalisation au sein des chaînes d’approvisionnement.

Les affiliés cambodgiens ont condamné les tactiques déloyales auxquelles les employeurs cambodgiens ont recours pour affaiblir les efforts des syndicats pour s’implanter dans les chaînes d’approvisionnement, qui vont jusqu’à la mise à pied des leaders syndicaux.

Nenden Hirawati, de la Fédération nationale des syndicats des travailleurs et travailleuses de l’industrie (SPN) a indiqué que les employeurs indonésiens étaient tout autant hostiles aux syndicats. Elle a ajouté que les employeurs avaient souvent recours à des hommes de main pour intimider les syndicats lors des campagnes de recrutement. Aussi, les travailleurs et travailleuses ont peur que leurs usines ferment et soient délocalisées vers d’autres régions.

Cependant, les affiliés ont également souligné leurs réussites s’agissant du renforcement du pouvoir des travailleurs et travailleuses au sein des chaînes d’approvisionnement.

Les syndicalistes ont partagé toute une série de stratégies de recrutement pour dépasser les obstacles, dont la négociation directe avec les employeurs, la médiation avec l’aide d’enseignes de stature internationale et le recours aux conventions de l’OIT.

“L’externalisation est un phénomène courant au sein du secteur TCCC et c’est pourquoi IndustriALL compte quatre stratégies clés pour construire des relations sociales à l’intérieur des chaînes d’approvisionnement. Nous devons créer des réseaux entre nos affiliés afin de soutenir la syndicalisation dans le secteur,” a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section textile et confection d’IndustriALL.

Elle a donné des indications sur la manière dont les affiliés d’IndustriALL pouvaient activement amener les enseignes à devoir rendre des comptes sur les pratiques du secteur par le biais du Guide OCDE sur le devoir de diligence applicable aux chaînes d’approvisionnement responsables dans le secteur de l’habillement et de la chaussure. Les syndicats doivent également avoir recours aux accords-cadres mondiaux pour mettre en place une relation avec les enseignes et résoudre des conflits avec les fournisseurs de celles-ci.

Une autre stratégie déterminante pour renforcer le pouvoir syndical au sein de la chaîne d’approvisionnement est la création de réseaux syndicaux. La réunion a ainsi également accueilli la première rencontre des réseaux Coats et Birla pour l’Asie du sud-est. Des mesures ultérieures seront maintenant prises pour étendre ces réseaux aux plans régional et mondial.

“Au stade actuel, IndustriALL compte 10 réunions de réseaux syndicaux par an dans la région et nous pouvons nous vanter de nombreux succès. Dans le cadre de la solidarité avec leurs homologues d’autres pays, nos affiliés de la région ont partagé des informations utiles à propos des multinationales, comme les grilles de salaires, les questions de santé et sécurité et les stratégies de dialogue direct avec les employeurs,” a rapporté la Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du sud-est, Annie Adviento.

La réunion a également entendu un exposé sur la manière d’utiliser Fashion Revolution, un mouvement destiné à améliorer la durabilité et les conditions de travail au sein du secteur de la confection, en vue d’augmenter la visibilité syndicale au sein des chaînes mondiales d’approvisionnement.

Photo : action des leaders syndicaux lors de réunion régionale utilisant le hashtag #Imadeyourclothes (j'ai fabriqué vos vêtements) de Fashion Revolution

Les jeunes syndicalistes du Bangladesh revendiquent un rôle plus important

Quelque 38 jeunes, représentant les affiliés d’IndustriALL au Bangladesh, dont 22 femmes, ont pris part à cette réunion au cours de laquelle les participant(e)s ont appelé à la mise en place de structures syndicales et de ressources financières adéquates pour rencontrer leurs revendications.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Les syndicats du Bangladesh doivent intensifier leur engagement auprès des jeunes travailleurs et travailleuses et augmenter l’adhésion de ceux-ci, de manière à renforcer le mouvement syndical.”

Les participant(e)s de l’atelier ont également exprimé leur préoccupation face à un chômage croissant chez les jeunes au Bangladesh. De plus, un grand nombre de jeunes travailleurs et travailleuses qui ont un métier, l’exercent dans la précarité, avec de bas salaires, des conditions de travail injustes et une absence de sécurité d’emploi. Les participant(e)s ont soutenu que le gouvernement du Bangladesh devrait prendre des mesures immédiates pour aborder la question du chômage et mettre un terme au travail précaire.

À l’issue d’un débat intense et d’une franche discussion, les jeunes syndicalistes se sont engagés à collaborer avec leurs dirigeants syndicaux pour prendre des mesures en vue de rencontrer les objectifs suivants :

Sarah Flores, Responsable auprès d’IndustriALL pour la jeunesse et les projets, a déclaré :

“Il est encourageant de constater qu’un grand nombre de jeunes femmes a participé à cet atelier, qui appelait les affiliés d’IndustriALL à améliorer l’émancipation, la représentation et la participation des jeunes en vue du renforcement de la puissance syndicale.”

Cette réunion avait également le soutien de 3F (Fédération unifiée des travailleurs danois), le plus grand syndicat du Danemark.

La décision d’une cour d’appel menace le droit de grève en Belgique

Bruno Verlaeckt, président de la section d’Anvers de l’affilié belge à IndustriALL Global Union, La Centrale Générale – ABVV-FGTB, a été reconnu coupable d’« entrave méchante à la circulation », après que son syndicat ait bloqué les routes d’accès vers le port d’Anvers, lors d’une manifestation en 2016. Les grévistes se sont heurtés à la police, qui a dispersé la manifestation et arrêté des dirigeants syndicaux.

Un représentant d’ABVV-FGTB a indiqué:

« Pour nous, les syndicats, cette condamnation est une vrai gifle car, à l’avenir, de telles actions deviendront quasi impossibles, étant entendu qu’elles seraient menacées de poursuites pénales… Ce jugement est dépourvu de tout sentiment de justice, il constitue une menace sérieuse contre le droit de grève et il est contraire à la jurisprudence européenne. Par conséquent, la FGTB a la ferme intention de faire appel de la décision.

« Nous refusons d’accepter que la seule arme dont nous disposons (le droit de grève et d’organiser des piquets) nous soit retirée et que des militants courageux, comme nos deux représentants syndicaux, soient criminalisés. Ca va trop loin ! »

ABVV-FGTB (arrêtez de criminaliser l’action sociale)

La FGTB a jusqu’au 25 juillet 2019 pour s’adresser à la Cour suprême de Belgique. Cette dernière a le pouvoir d’annuler un jugement seulement si la Cour d’appel n’a pas correctement interprété ou appliqué certaines règles juridiques. Dans ce cas, le jugement peut être annulé et renvoyé par la Cour suprême devant une autre cour d’appel. Cette Cour devra alors réévaluer le bien-fondé de l’affaire.

« Mener une action organisée et non-violente dans des lieux publics est un droit syndical fondamental qui doit être préservé. La condamnation de Bruno Verlaeckt constitue une violation des libertés syndicales. IndustriALL condamne la décision de la Cour belge et exprime sa solidarité avec les syndicats, partout dans le monde, qui luttent pour préserver le droit fondamental à la liberté de réunion pacifique et d’association », a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

Lors de la conférence mondiale des industries chimiques d’IndustriALL qui a eu lieu en juin, à Istanbul, 230 participants, venus de 45 pays, ont également exprimé leur soutien et leur solidarité avec Bruno Verlaeckt.

ABVV-FGTB

ExxonMobil Australie: victoire des travailleurs après deux ans passés sur la ligne de piquetage

La victoire de David contre Goliath, remportée par les travailleurs ayant refusé de céder à la sixième plus grande compagnie mondiale, ExxonMobil, a eu des répercussions à l’échelle nationale.

La campagne syndicale a dévoilé au grand jour les milliards de dollars d’évasion fiscale faite par le géant de l’énergie, et a joué un rôle majeur en faisant pression sur le gouvernement pour augmenter l’imposition des sociétés exploitant les ressources naturelles. Cela permettra à la population australienne de recevoir 4 milliards de US$ de revenus supplémentaires pour commencer et plus, à venir.

Ligne de piquetage à Esso Longford (Victoria, Australie).

La protestation, l’une des plus longue de l’histoire moderne australienne, a débuté le 22 juin 2017, lorsque plusieurs des 230 agents de maintenance employés à la filiale Esso d’ExxonMobil, située à Longford, ont refusé d’accepter le nouveau contrat d’UGL. L’accord amputait les salaires de 40 %, proposait des tableaux de service éreintants et incompatibles avec la vie de famille, et privait les travailleurs de leurs salaires en cas d’arrêt de travail pour des raisons techniques.

Le nouveau simulacre de contrat avait été signé par cinq personnes, se trouvant à des milliers de kilomètres de là, en Australie-Occidentale, à l’insu des travailleurs ou des syndicats locaux.

Maintenant, les syndicats affiliés à IndustriALL Global Union en Australie, UTA, AMWU et ETU, ont conclu un accord avec ExxonMobil et UGL, qui veillera à ce que le simulacre de contrat ne s’applique dans aucun autre site en Australie.

En outre, les syndicats ont contraint UGL à accepter de renégocier la convention collective ratifiée par les syndicats là où le simulacre d’accord a été utilisé à ce jour.

La campagne a reçu le soutien solidaire des syndicats de toute l’Australie et du monde entier, dont IndustriALL.

Troy Carter, un éminent militant syndical et l’un des neuf travailleurs demeurés sur la ligne de piquetage, a indiqué:

« Le pouvoir syndical devient plus fort quand il se heurte au plus grand. ExxonMobil est l’une des plus grandes compagnies dans le monde, mais elle n’a pas réussi à se débarrasser d’une ligne de piquetage de neuf syndicalistes. Il s’agit d’un moment très important pour les syndicalistes du monde entier, puisque nous avons fait la preuve que nous sommes prêts à nous battre pour nos droits et à lutter contre les pratiques antisyndicales des multinationales ».

La mascotte de la campagne, un rat, passant une plate-forme d’ExxonMobil au large de l’Australie-Occidentale.

La campagne se développant, les syndicats ont réussi à convaincre le gouvernement à rouvrir une enquête sénatoriale sur l’évasion fiscale des entreprises, au cours de laquelle ExxonMobil a été contraint d’admettre qu’elle appartient à une société écran aux Pays-Bas. La société néerlandaise est elle-même détenue par une autre société aux Bahamas (un paradis fiscal bien connu) où ExxonMobil possède 575 autres sociétés écrans enregistrées.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Cette victoire est le fruit de la détermination inébranlable et de la force morale constante des travailleurs qui sont restés sur la ligne de piquetage, jour et nuit, pendant plus de deux ans pour résister contre la violation brutale de leurs droits. Ces travailleurs sont une source d’inspiration pour les travailleurs du monde entier. Leurs sacrifices ont révélé l’évasion fiscale faite par ExxonMobil, et ont contribué à ramener des milliards dans les mains publiques. Le gouvernement australien doit s’assurer que les multinationales paient leur juste part de l’impôt et agissent pour empêcher ces simulacres de contrat, qui infligent des souffrances supplémentaires aux travailleurs et à leurs familles ».

Les syndicats de Shell s’attachent à renforcer leur collaboration en matière d’organisation des travailleurs

Les représentants syndicaux des affiliées à IndustriALL en Belgique, au Brésil, en Colombie, aux Etats-Unis, au Maroc, au Pays-Bas, au Nigéria et en Norvège se sont rencontrés à l’occasion de la cinquième réunion du réseau, organisée avec le soutien de la FES

La séance s’est ouverte sur la communication des informations les plus récentes sur la campagne de Shell, qui a compris, l’an dernier, la conduite d’une mission à Port Harcourt (Nigéria) ainsi que des interventions devant la Conférence internationale du Travail et le Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies à Genève pour attirer l’attention sur les pratiques antisyndicales et les conditions de vie précaires des travailleurs contractuels employés par Shell au Nigéria. Plus récemment, IndustriALL a évoqué la question des droits des travailleurs lors de l’Assemblée générale annuelle de Shell, qui a eu lieu en mai.

Au Nigéria, l’affilié à IndustriALL, NUPENG, a indiqué que tous les travailleurs manuels sont sous-traités à Shell, et que le syndicat n’a pu organiser que les travailleurs du secteur de la logistique en raison des pratiques antisyndicales de la société.

« Les travailleurs sont automatiquement renvoyés s’ils tentent de parler à un syndicat. Quand une entreprise sous-traitante parle à un syndicat, la compagnie lui fait savoir qu’elle ne lui renouvèlera pas son contrat », a déclaré Olawale Afolabi, Secrétaire général du NUPENG.

Shell a toujours nié les allégations mais selon Afolabi:

« Il appartient à Shell de prouver que les travailleurs qui participent aux bénéfices sont protégés et ont le droit de travailler dans des bonnes conditions. Shell demande aux victimes de trouver les preuves ».

Une élément essentiel de l’objectif de la campagne de Shell est de réduire le recours à la sous-traitance à Shell, qui touche toutes les opérations.

En Norvège, Jorn Boe, membre d’Industri Energi, a fait part de la façon dont les travailleurs sont embauchés à Shell: durant quatre ans en tant que travailleurs contractuels, période au bout de laquelle ils ont droit à un emploi permanent. Arrivés pratiquement à la fin de ce laps de temps, les travailleurs sont, en réalité, mis à la porte et remplacés.

Aux États-Unis, le syndicat des Métallos a noté que l’ensemble du personnel de maintenance sera sous-traité à la nouvelle unité de craquage d’éthylène de Shell, en construction en Pennsylvanie, faisant planer des incertitudes sur la sécurité et rendant difficile leur organisation.

Le syndicat des Métallos a également déclaré que Shell aux États-Unis cherche spécifiquement à attribuer les contrats aux entreprises non syndiquées. Le syndicat des Métallos et l’affilié néerlandais FNV se sont engagés à collaborer pour accroître le nombre des travailleurs syndiqués à Shell.

Les participants ont pris connaissance des différentes approches de négociation collective présentées par le syndicat des Métallos et la FNV. Le syndicat des Métallos a négocié des augmentations de salaire et des améliorations en matière de santé et de sécurité non négligeables, alors que la FNV a également inclus des dispositions de soutien à la formation et au développement de carrière en faveur de ses membres.

En outre, la FNV a réussi à négocier un paiement supplémentaire additionnel de 20 % au maximum du salaire initial pendant deux ans pour les travailleurs employés à la filiale NUM de Shell qui prennent un emploi moins rémunéré ailleurs. Il s’agit d’offrir une Juste transition aux travailleurs qui passent du secteur des combustibles fossiles aux secteurs versant des plus bas salaires.

Le Directeur d’IndustriALL en charge du développement durable, Brian Kohler, a conseillé les participants sur la façon dont les syndicats peuvent mieux se préparer aux changements, causés par l’automatisation, la numérisation et les mesures prises pour répondre aux objectifs de réduction des émissions de dioxyde de carbone, qui touchent le secteur du pétrole.

Edson Dias Bicalho, membre de FEQUIMFAR/FS au Brésil, qui représente les travailleurs à la filiale de production d’éthanol de Shell, baptisée Raízen, a indiqué que l’augmentation de la mécanisation a non seulement réduit le nombre des blessures et des accidents au sein de l’entreprise, mais également permis aux femmes d’occuper des postes à tous les niveaux du processus de production et non pas seulement dans l’administration.

Joosje de Lang et Oluchi Amaogu-Fellix, respectivement membres de la FNV et du NUPENG, ont fait une présentation sur la façon dont les syndicats peuvent contribuer à faire tomber les barrières empêchant les femmes de travailler dans les secteurs à prédominance masculine, comme le pétrole et le gaz.

Joosje de Lang et Oluchi Amaogu-Fellix 

Au Maroc, Mohamed Doumar, membre du syndicat du secteur pétrolier et gazier FNTPGPA-UMT, a signalé que la négociation collective sectorielle a permis d’obtenir des augmentations de salaire pour les travailleurs de Shell. Il a également indiqué que la seule raffinerie de pétrole du pays, Samir, a fini par fermer définitivement après avoir été déclarée en état de faillite.

Shell s’apprêtant à lancer des opérations en Colombie, Ludwing Gozmez Almeida, membre de l’Union syndicale ouvrière de l’industrie du pétrole (USO), a souligné les graves menaces dont sont victimes les syndicalistes dans le pays. Au cours des 30 dernières années, plus de 100 de ses collègues syndiqués y ont été assassinés.

Les participants ont conclu la réunion avec des plans visant à se soutenir mutuellement et à renforcer leur coopération face à la diversification et aux changements affectant l’industrie pétrolière et gazière suite à l’automatisation et à la numérisation.

La Directrice d’IndustriALL pour le secteur énergétique, Diana Junquera Curiel, a déclaré:

« C’est ce que la solidarité internationale signifie. Il est vraiment important que les pays ayant des bonnes relations avec Shell et, qui ont du pouvoir, adoptent une position ferme avec la compagnie. En nous unissant, nous pouvons encore faire beaucoup plus ».

IndustriALL signe un accord avec Renault pour la qualité de vie au travail

Conscient de l’évolution du monde du travail, tant d’un point de vue économique, technologique, que social, le Groupe Renault a signé le 9 juillet 2019 un nouvel accord cadre mondial « Construire ensemble le monde du travail au sein du groupe Renault » entre M. Thierry Bolloré, Directeur Général de Renault, M. Valter Sanches, Secrétaire Général d’IndustriALL Global Union, les fédérations syndicales françaises et les autres fédérations syndicales ou syndicats représentés au sein du Comité de Groupe et M. Eric Vidal, secrétaire du Comité de Groupe.

Cet accord, signé par 10 fédérations syndicales ou syndicats représentés au sein du Comité de Groupe, constitue une base de dialogue social structurante, tant au niveau du Groupe qu’aux niveaux locaux. Il offre la possibilité et encourage les prises d’initiatives ainsi que, par la négociation d’accords locaux, la recherche de solutions pragmatiques pertinentes, améliorant la vie au travail des salariés.

« Je suis fier que Renault se dote d’un accord aussi innovant permettant aux équipes du monde entier de travailler quotidiennement dans un environnement plus sûr, plus attractif et respectueux de l’équilibre de vie professionnelle et personnelle. »

  – Thierry Bolloré, Directeur Général de Renault

« De nouveaux modes de propulsion et la digitalisation transforment massivement l’environnement de travail et nous devons préparer ce changement sur le plan social. Cet accord permet à nos syndicats du monde entier de faire face à ces changements de manière négociée. Il prévoit notamment le développement des compétences nécessaires pour chaque salarié, permettant ainsi que les travailleurs d’aujourd’hui soient toujours salariés demain. »

– Valter Sanches, Secrétaire Général d’IndustriALL

Ce nouvel accord, dans une dynamique pérenne, aborde ainsi de nombreux aspects de la vie au travail, et plus particulièrement ceux qui permettent aux salariés de conjuguer performance et bien-être.

Cette dynamique, qui engage l’ensemble des salariés du Groupe, s’appuie sur cinq leviers fondamentaux :

Ce nouvel accord « Construire ensemble le monde du travail au sein du Groupe Renault » vient en complément de l’accord cadre mondial signé le 2 juillet 2013, « S’engager ensemble pour une croissance et un développement durables ». Il confirme l’engagement du Groupe pour le respect des droit sociaux fondamentaux, et intègre dès à présent la convention adoptée cette année par l’OIT pour combattre la violence et le harcèlement au travail.

« L’accord met en pratique l’une des conclusions du centenaire de l’OIT : l’avenir du travail n’est pas écrit d’avance, il dépend de ce que les acteurs du travail en feront, notamment à travers le dialogue social. Je salue les signataires de cet accord qui s’inscrivent dans cette perspective volontariste et positive par rapport aux enjeux des transformations du travail. »

Guy Ryder – Directeur Général de OIT

« Ce nouvel accord ouvre la voie, dans le cadre du dialogue social local, à des actions concrètes sur le terrain pour le quotidien des salariés du Groupe Renault partout dans le monde. Ainsi, ce nouvel accord permet de concilier performance économique pour l’entreprise et performance sociale pour les salariés du Groupe Renault. »

– Eric VIDAL, secrétaire du Comité de Groupe.

Myanmar: les syndicats appellent les marques à adhérer à l’initiative ACT

L’appel a été lancé lors d’une réunion stratégique sur le salaire décent, tenue à Yangon, les 2 et 3 juillet. Les syndicats ont indiqué que les familles de travailleurs n’arrivaient pas à joindre les deux bouts avec le nouveau salaire minimum de 4 800 kyats (3,60 US$) annoncé par le gouvernement en mars 2018.

Les dirigeants syndicaux ont accueilli avec satisfaction les engagements pris par les dix-neuf marques mondiales – dont H & M, Zara et Calvin Klein – ayant accepté de travailler avec IndustriALL et les syndicats nationaux afin d’améliorer les salaires des travailleurs de l’industrie de l’habillement.

Les syndicats appellent Adidas à adhérer à l’initiative ACT

Ils ont admis la nécessité de changer la façon dont les affaires sont conduites dans la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’industrie textile, et ont demandé aux grandes marques mondiales et détaillants d’adhérer à l’initiative ACT afin que les travailleurs puissent toucher un salaire décent. Plusieurs dirigeants syndicaux ont identifié Adidas, enseigne mondiale de sport, comme une marque clé devant rejoindre cet effort mondial.

Le coût de la vie

Concernant le coût de la vie, les membres de la Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar (IWFM) ont expliqué que le logement, la nourriture, les transports, l’éducation, les vêtements et les services collectifs sont coûteux, et que toute idée de faire des économies s’avère un rêve inaccessible.

« J’ai besoin d’au moins 8 600 kyats par jour pour assurer l’avenir de ma famille. Mes parents sont vieux et je suis le seul soutien de famille. Je n’ai pas la moindre idée de la façon de trouver plus d’argent pour ma famille et je m’inquiète pour demain. Je veux un salaire décent pour assurer nos vies et notre avenir »,

a déclaré un président syndical.

La réticence des employeurs à partager les bénéfices et le rôle des marques dans la fixation des prix sont parmi les principaux obstacles à l’adoption d’un salaire minimum vital au Myanmar. Les syndicats ont cité l’échec du gouvernement à protéger les droits des travailleurs face au non-respect du versement d’un salaire décent par les employeurs.

La directrice d’IndustriALL en charge de l’industrie textile et de l’habillement, Christina Hajagos-Clausen, a indiqué:

« La réforme des pratiques d’achat des marques mondiales et des détaillants ayant le plus grand impact négatif sur les salaires et les conditions de travail est un progrès majeur vers l’atteinte d’un salaire décent. Je me réjouis à la perspective de travailler avec la IWFM pour parvenir à instaurer la négociation collective sectorielle ».

Elle a ajouté qu’il est nécessaire que d’autres grandes marques mondiales et détaillants prennent maintenant les mêmes engagements en tant que marques de l’initiative ACT, pour s’assurer que leurs pratiques d’achat favorisent le versement d’un salaire minimum vital.

Christina Hajagos-Clausen

Les dirigeants de la IWFM ont élaboré un plan de campagne complet, qui comprend le lancement d’un appel aux marques non signataires à adhérer à l’initiative ACT,  ainsi qu’un plan de communication pour sensibiliser les parties prenantes nationales sur l’importance d’augmenter les salaires des travailleurs dans le secteur.

Les syndicats australiens déterminés à faire campagne contre BHP

Cet engagement a été pris lors d'une réunion de préparation stratégique organisée par IndustriALL à Sydney, en Australie, le 24 juin, avec des représentants de la Section de la mine et de l'énergie du CFMEU, de l'Australian Workers' Union (AWU) et de l'Electrical Trades Union of Australia. Elle se tenait aussi en présence de représentants du Syndicat maritime d'Australie et de la Fédération internationale des ouvriers du transport.

BHP est la première compagnie minière au monde en termes de capitalisation boursière, avec un peu moins de 100 milliards $. En Australie, BHP est surtout présente dans deux États, le Queensland (charbon) et l'Australie-Occidentale (minerai de fer). Les syndicats sont pratiquement absents des mines de minerai de fer à la suite d'une stratégie d'élimination des syndicats menée à la fin des années 1990. En revanche, ils sont toujours très présents dans les mines de charbon, mais les taux de syndicalisation et leurs conditions sont menacées par la stratégie d'isolement de BHP.

"Ici en Australie, BHP est à la pointe des stratégies agressives en matière d'emploi qui font régresser les salaires et les conditions de travail, notamment en remplaçant des milliers d'emplois permanents par de la main-d’œuvre précaire. Sa dernière stratégie en date consiste à créer une réserve d'emploi "maison" par le biais d'une filiale qui l'approvisionne en main-d’œuvre bon marché, avec des contrats qui échappent aux syndicats, pour tous ses sites d'exploitation,"

explique Tony Maher, le Président général de la Section de la mine et de l'énergie du CFMEU, qui accueillait la réunion.

Une application de la stratégie d'isolement de BHP a été l'ouverture de deux mines au Queensland, avec des travailleurs amenés spécialement sur place. Un autre exemple est le recours excessif à des agences d'embauche. À la mi 2018, BHP a créé deux firmes faisant office d'agences de placement chargées de créer une sous-catégorie de personnel, constituée essentiellement par ses salariés et baptisée Operations Services.

Tous les contrats proposés par BHP sont censés s'appliquer à toutes les activités minières de l'entreprise sur le territoire australien et les rémunérations et conditions sont nettement inférieures à ce que prévoient les conventions collectives auxquelles BHP a souscrit pour l'exploitation charbonnière.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a présenté le profil général de BHP à partir des résultats de l'enquête menée auprès des membres du réseau syndical mondial. Les syndicats australiens ont analysé les relations professionnelles et en ont discuté, ainsi que des problèmes qui se posent actuellement dans les sites de BHP et dans sa chaîne d'approvisionnement en Australie, et notamment de sa stratégie d'embauche interne.

La réunion s'est achevée par une analyse des moyens de pression sur BHP et des plans de campagne mondiale.

Le Secrétaire national de l'AWU Daniel Walton l'a commentée en ces termes :

"Les travailleurs de BHP du monde entier méritent une part équitable des profits records engrangés par les compagnies minières. L'AWU est fier d'être associé à la campagne mondiale qu'organise IndustriALL contre BHP pour obtenir des conditions et des salaires décents pour tous les travailleurs de BHP."

Tony Maher a ajouté :

"Nous sommes enchantés d'accueillir une réunion constructive à Sydney aux côtés des affiliés australiens d'IndustriALL représentant les mineurs de charbon et de fer de BHP, ses machinistes, ses travailleurs qualifiés et ses gens de mer."

Kemal Özkan a déclaré à la fin de la réunion :

"Comme dans d'autres parties du monde, on entend sans cesse en Australie des histoires de travailleurs sous pression parce que BHP donne la priorité absolue à ses bénéfices au détriment des travailleurs et des communautés.

"Avec notre campagne mondiale, nous ripostons et réclamons des pratiques de travail plus sûres et plus équitables dans tous les sites d'exploitation de BHP, partout dans le monde."

Appels à un secteur minier durable après la mort de 43 mineurs artisanaux dans un éboulement en RDC

Un éboulement dans une exploitation à ciel ouvert de la mine KOV a tué 43 mineurs le 27 juin et il reste des disparus. Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a réagi en envoyant l’armée dans cette mine où 2.000 mineurs artisanaux extraient du cobalt.

“IndustriALL condamne la décision du gouvernement de déployer l’armée et considère qu’il s’agit d’une initiative malencontreuse et erronée, car elle ne fait qu’envenimer une situation déjà tendue et pourrait conduire à de nouveaux bains de sang et des pertes en vies humaines.

“C’est une solution de court terme à un problème compliqué qui reflète l’échec de la politique du gouvernement et de l’industrie minière en RDC,”

a indiqué Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union.

L’activité minière artisanale et à petite échelle (ASM, pour l’acronyme anglais communément employé dans les textes officiels) est légale en RDC. Les mineurs extraient du cuivre et du cobalt, dont la demande est élevée pour la fabrication des batteries des véhicules électriques et des smartphones. Ces mineurs, connus là-bas sous le terme de creuseurs, se servent d’outils rudimentaires comme des pics, des pelles et des batées.

Dans certains cas, ils exploitent les mêmes concessions que les grandes compagnies multinationales. Cependant, les compagnies sont favorisées par le gouvernement alors que les creuseurs sont négligés et pointés du doigt pour dommages à l’environnement et activité illégale. Ils opèrent sans soutien et dans des conditions dangereuses.

La Secrétaire régionale d’IndustriALL Paule Ndessomin indique :

“En RDC, les mineurs sont déplacés arbitrairement et parfois de manière violente d’un endroit à un autre après que les concessions qu’ils exploitaient auparavant sont vendues à des multinationales ou des entreprises chinoises. Le cobalt qu’ils extraient est vendu sur un marché formel inéquitable exploité par des négociants qui opèrent au sein de chaînes d’approvisionnement nébuleuses.”

Isaac Kiki, qui préside le Comité des affiliés d’IndustriALL de la province de Lualaba, qui regroupe les affiliés d’IndustriALL OTUC, UNTC et CDT, nous confie :

“Nous sommes attristés par la mort de tant de mineurs, nos camarades avec qui nous vivons dans les mêmes communautés et qui ont perdu la vie en essayant de trouver le moyen d’échapper à la misère. Le gouvernement doit mettre en place des mesures pour rendre sûre l’activité minière artisanale.”

Les syndicats soutiennent la révision du Code des Mines qui promeut l’activité minière en tant que source de développement inclusive. Il y a plus de 12 millions de mineurs artisanaux en RDC, qui extraient 30% du cobalt produit dans le pays.

En dépit du fait que l’activité minière artisanale et à petite échelle est marginalisée et que les lois qui la régisse sont peu claires dans certains pays, la Vision pour l’industrie minière en Afrique adoptée par l’Union africaine recommande de transformer “les communautés ASM d’enclaves vulnérables et marginalisées de groupes de mineurs désorganisés et autres acteurs en communautés intégrées, fonctionnellement durables et résilientes.”

Glen Mpufane, Directeur des mines pour IndustriALL, renchérit en disant que l’ASM doit se transformer en ayant recours aux principes fondamentaux et aux droits du travail de l’Organisation Internationale du Travail.

“Nous recommandons une activité minière responsable qui prenne en compte les principes de l’OIT et les législations syndicales nationales et soutienne la diligence raisonnable au sein de la chaîne d’approvisionnement du secteur minier afin de s’assurer que le sourçage des produits extraits soit respectueux des droits humains et syndicaux des mineurs. Les gouvernements devraient également formuler des politiques qui formalisent et reconnaissent l’ASM, en particulier son importance par rapport au développement économique et social. L’ASM ne devrait pas être marginalisée, car elle contribue à la réduction de la pauvreté.”

Lors de la réunion du Mining Indaba alternatif au Cap, en Afrique du Sud, en février dernier, une des recommandations était que les multinationales collaborent avec les acteurs de l’ASM en vue d’une exploitation minière durable qui soit inclusive et bénéfique pour les communautés marginalisées.

Canada: le long lock-out à ABI se termine par une victoire

 « Je suis fier des travailleurs, de la lutte qu’ils ont menée pour préserver les emplois et défendre les principes fondamentaux tels que l’ancienneté et leurs conditions de travail », a indiqué Clément Masse, président de la section locale 9700 du syndicat des Métallos.

L’accord apporte des améliorations au protocole de retour au travail, autorisant tous les membres du syndicat à reprendre leur travail dans un délai de huit mois, en comparaison à la proposition précédente de la compagnie, qui aurait pu proroger la période de leur retour de plusieurs années, durant lesquelles les droits syndicaux auraient été suspendus. A également été abandonnée, l’indemnité de 19 millions de US$ réclamée au syndicat par l’employeur.

L’accord respecte les droits d’ancienneté et l’employeur ne sera plus en mesure d’offrir des postes aux personnes extérieures à l’usine avant de les proposer aux syndiqués.

Les dirigeants syndicaux ont indiqué qu’ils auraient préféré un accord négocié, qui aurait créé un meilleur environnement de travail au moment du retour au travail des travailleurs, et ont condamné la résistance de la compagnie à s’engager dans des négociations constructives et significatives au cours des 18 mois du lock out.

« Nous sommes fiers de nos collègues qui se sont battus pour leurs droits pendant si longtemps et sont maintenant parvenus à un règlement qui leur permet de retourner sur leur lieu de travail dans la dignité et avec fierté. Il s’agit d’une victoire importante non seulement pour la région, mais pour le monde syndical, car elle montre que le chemin vers le succès est souvent long et sinueux », a déclaré Matthias Hartwich, Directeur pour les métaux de base à IndustriALL Global Union.

Le syndicat a également dénoncé la partialité manifeste du Premier ministre du Québec, François Legault, ainsi que son intervention dans les négociations, ayant encouragé la compagnie à ne pas engager de négociations constructives.

Sur cette base, le syndicat des Métallos a déposé une plainte devant l’Organisation internationale du Travail.

ABI est codétenue par les grandes sociétés multinationales Alcoa et Rio Tinto, respectivement à 75 et 25%.