Selon un syndicat, la corruption est la principale cause des coupures d’électricité au Zimbabwe

Le niveau de corruption est si élevé que les services ont été paralysés. Dans les quelques usines restées ouvertes, des milliers d’emplois sont perdus en raison de l’absence d’électricité pour faire fonctionner les machines et le matériel. Le service public d’électricité est également incapable d’assurer le service de sa dette de plus de 20 millions d’US $ à l’entreprise Eskom implantée en Afrique du Sud qui a fourni de l’électricité au pays.

Le syndicat des travailleurs du secteur de l’énergie du Zimbabwe (ZEWU), affilié à IndustriALL Global Union, a indiqué que la corruption dure depuis de nombreuses années. Martin Chikuni, Secrétaire général du ZEWU, a déclaré:

« La corruption remonte à l’époque où le service public d’électricité a été divisé en cinq unités opérationnelles stratégiques. Les entités semi-autonomes – ZESA Holdings, Zimbabwe Electricity Transmission and Distribution Company, Zimbabwe Power Company, Powertel et ZESA Entreprises – semblent avoir été créées pour siphonner l’argent du service public d’électricité ».

Des millions de dollars ont été, par exemple, dépensés pour installer des compteurs inadaptés importés d’Inde et l’argent a été versé à des entreprises qui n’ont jamais fourni l’électricité attendue.  Les équipements des centrales électriques sont vieux et aléatoirement entretenus.

Selon ZEWU, la direction de ZESA n’a ni expérience ni compétences techniques sur les questions énergétiques, et a négligé de planifier l’augmentation de la capacité de production d’énergie. De plus, les cadres sont surpayés et les fonds destinés aux opérations détournés à d’autres utilisations. ZEWU fait valoir que les cinq entités devraient à nouveau n’en former qu’une. En l’absence de recherches effectuées sur les énergies renouvelables, le pays continue de s’appuyer sur les énergies hydroélectrique et thermique, souligne le syndicat.

Le service public d’électricité ne tient pas non plus compte des conventions collectives qu’il a signées avec les syndicats et est attaqué devant les tribunaux au motif de pratiques de travail déloyales. Le service public d’électricité perd des travailleurs dotés de compétences critiques à cause des violations des droits des travailleurs et le non-paiement de salaires décents.

Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

« Il est choquant que des coupures d’électricité puissent durer plus de 18 heures. Nous exhortons le ministère de l’Energie et du Développement énergétique à trouver des solutions pour faire face à la crise énergétique au Zimbabwe, et demandons à ZESA de respecter les conventions collectives et les droits des travailleurs ».

ZEWU fait partie du réseau énergétique d’Afrique subsaharienne, qui milite pour une énergie durable basée sur un bouquet énergétique et des politiques de Transition juste. Le réseau est composé de 17 affiliés à IndustriALL répartis dans 13 pays.

Inde: les syndicats de l’industrie du ciment s’engagent à améliorer la sécurité et la santé au travail

Les représentants syndicaux ont signalé que, malgré les améliorations effectuées en matière de SST dans l’industrie du ciment et la réalisation de bilans de santé périodiques dans de nombreux lieux de travail, la majorité des effectifs employés dans cette industrie ne reçoivent pas une formation complète sur la sécurité.

En conséquence, un grand nombre d’entre eux ne sont pas au courant des risques professionnels auxquels ils sont confrontés en raison de leur exposition à la poussière cristalline, aux carburants alternatifs, à la chaleur, aux charges lourdes, au travail par postes, etc.

Le réseau a porté une attention particulière sur l’utilisation continue de l’amiante en Inde malgré son interdiction dans le secteur de l’exploitation minière en 2011. Les travailleurs de l’industrie du ciment et d’autres secteurs restent exposés à cette substance mortelle, une situation que beaucoup définissent comme une bombe à retardement prête à exploser à tout moment.

Les représentants syndicaux ont souligné que, bien que les accidents mortels et presque mortels attirent davantage l’attention, un grand nombre de maladies professionnelles, dont les maladies musculosquelettiques, respiratoires, de la peau et du système circulatoire, ne sont souvent pas considérées comme des maladies professionnelles, entraînant l’absence de soins médicaux adéquats et de versement d’une indemnisation appropriée des victimes.

La forte présence des travailleurs précaires, soumis à de mauvaises conditions et ne bénéficiant pas de protection sociale, continue de poser des défis majeurs en ce qui concerne l’amélioration de la SST. Presque tous les accidents mortels survenus récemment dans l’industrie indienne du ciment touchent cette catégorie de travailleurs.

Alexander Ivanou, responsable des industries des matériaux à IndustriALL, a indiqué:

« Les employeurs de l’industrie indienne du ciment ont la responsabilité de coopérer avec les syndicats sur l’amélioration de la SST sur le lieu de travail. Les employeurs doivent admettre le droit des travailleurs à connaître les risques qu’ils encourent sur le lieu de travail, de participer au processus décisionnel sur les questions de SST, et de refuser le travail ou d’arrêter de travailler sans en subir de conséquences. Un système de dialogue social efficace, admettant la participation des syndicats, est la seule voie possible pour améliorer la sécurité des travailleurs, et protéger leur santé et leur vie en Inde ».

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré:

« Il est encourageant de voir qu’en raison de notre engagement continu, les syndicats prêtent davantage attention aux questions de SST et, dans de nombreux cas, ont désigné des représentants syndicaux SST et pris des initiatives pour constituer des comités de SST sur leur lieu de travail. Les efforts que nous consacrons à soutenir et à renforcer les capacités des affiliés à IndustriALL se poursuivront ».

Les représentants syndicaux ont décidé de mettre davantage l’accent sur les questions de SST, de créer et d’améliorer les comités de SST, de renforcer les capacités des syndiqués, d’ouvrir les formations SST aux travailleurs précaires et d’organiser des camps médicaux périodiques. Ils souhaiteraient recevoir une formation d’IndustriALL sur les meilleures pratiques internationales en matière de SST dans l’industrie du ciment.

Les représentants syndicaux poursuivent leur travail de syndicalisation accrue des travailleurs et de régularisation des travailleurs précaires. Ils se sont engagés à consacrer davantage d’efforts à l’organisation des travailleurs, au soutien solidaire des travailleurs précaires et au renforcement de la participation des femmes et des jeunes au travail syndical.

Les participants à l’atelier ont également examiné les défis de la durabilité auxquels fait face l’industrie du ciment en raison des changements climatiques et de la mutation technologique rapide, souvent nommée Industrie 4.0. Les syndicats ont souligné la nécessité d’ériger un pouvoir syndical pour défendre les droits des travailleurs.

Les initiatives à l’égard du renforcement du dialogue social et de la constitution de réseaux syndicaux dans les compagnies comme LafargeHolcim, HeidelbergCement, CRH et Cemex ont également été discutées.

L’atelier de deux jours a été organisé dans le cadre du projet d’IndustriALL d’Asie du Sud relatif au renforcement syndical et aux chaînes d’approvisionnement des compagnies multinationales.

Les syndicats marocains rejettent la loi limitant le droit de grève

Ils réclament le retrait de ce projet de loi limitant le droit de grève, qui est actuellement soumis à l'adoption du parlement.

Le projet de loi organique n° 15.97 a été rédigé sans consultation ou négociation avec les organisations syndicales, ce qui contrevient aux conventions fondamentales 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail.

L'article 29 de la constitution marocaine garantit le droit de grève mais le gouvernement essaie maintenant, pour la première fois, de restreindre par la loi les modalités de son exercice.

Pour les syndicats marocains, ce projet ferait de ce droit humain universel un instrument d'oppression dirigé directement contre les protestataires et les syndicalistes. Ils récoltent des signatures dénonçant le projet de loi et envisagent une mobilisation.

Ce projet de loi s'inscrit dans une attaque croissante contre les libertés et les droits syndicaux dans le pays. Les syndicats ont organisé de nombreuses manifestations, grèves et marches pour protester contre les violations de grande envergure contre les syndicats et leurs dirigeants dont le gouvernement se rend coupable en toute impunité.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement marocain à retirer le projet de loi sur le droit de grève qui a été rédigé et soumis unilatéralement à l'adoption du parlement, sans faire l'objet de discussions tripartites avec les partenaires."

Les syndicats réclament le respect des droits fondamentaux à la liberté d'association et à la négociation collective et ils veulent que le gouvernement marocain se conforme au dialogue social tripartite.

Le piquet du syndicat devant l’entreprise d’emballage en Turquie entre dans sa neuvième semaine

Les travailleurs et travailleuses manifestent ainsi contre l’entreprise à Söğütlü, dans la province de Sakarya, après qu’elle a licencié illégalement six adhérents syndicaux le 29 mai dernier.

L’entreprise refuse de reconnaître le syndicat, alors même que le Ministère turc du Travail lui a délivré sa certification officielle le 29 avril en indiquant que Selüloz-İş avait une majorité qui lui permettait d’être reconnu comme un partenaire social.

Les licenciements font partie d’une campagne d’intimidation lancée par Saica Pack Sakarya après qu’une large majorité de travailleurs et travailleuses a rejoint le syndicat en avril. Les membres de Selüloz-İş licenciés étaient forcés de signer des documents certifiés par un notaire indiquant qu’ils voulaient mettre fin à leur emploi, mais ceux-ci ont refusé de le faire.

Les adhérents de Selüloz-İş ne reculent pas.

IndustriALL a écrit au groupe Saica en Espagne le 31 mai pour exhorter l’entreprise à réintégrer les syndicalistes, arrêter de harceler des adhérents sur base de leur appartenance syndicale et assurer le respect du droit à la liberté syndicale et à la négociation collective en vertu des Conventions de l’OIT.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, s’est rendu sur le piquet juste après sa constitution et s’y est adressé aux travailleurs. Il leur a indiqué qu’ils disposaient d’une vaste solidarité internationale et les syndicats espagnols de l’UGT et des CC.OO ont activement fait montre de leur soutien aux travailleurs et travailleuses turcs.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, sur le piquet

Ergin Alşan, Président général de Selüloz-Iş, a déclaré lors de la manifestation :

“Ensemble avec notre fédération syndicale internationale IndustriALL, nous allons continuer à nous battre pour notre dignité et nos droits fondamentaux jusqu’à obtenir justice. Nous sentons bien que nous ne sommes pas seuls. L’ensemble de la famille internationale d’IndustriALL est à nos côtés, ce qui nous rend plus forts”.

Dans une démonstration de solidarité internationale, José Carlos Ruiz Palacios de la FICA-UGT, s'est rendu en visite sur le piquet le 27 juin. La FICA-UGT a également rencontré Saica à son siège en Espagne pour exhorter l’entreprise à reconnaître le syndicat turc en tant que partenaire légitime du dialogue social. Saica prétend que les licenciements sont liés à la perte d’importants clients et pas à l’appartenance syndicale. Le syndicat espagnol a également porté l’affaire à l’attention du Ministère espagnol du Travail.

José Carlos Ruiz Palacios de la FICA-UGT en visite sur le piquet, le 27 juin

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Alors que les travailleurs et travailleuses comptent 57 jours de piquet, nous exhortons solennellement la direction de Saica à intervenir pour s’assurer que les droits fondamentaux du travail soient respectés sur son site d’activité en Turquie. Il est temps de réintégrer les six syndicalistes en vue qui ont été mis à pied de manière illégale et de reconnaître notre affilié Selüloz-İş en tant que légitime partenaire de négociation. Le comportement de Saica ne serait pas toléré en Espagne et on ne peut permettre qu’il perdure en Turquie.”

Une compagnie énergétique tchèque prive des travailleurs géorgiens de leurs droits

Le syndicat géorgien a lancé une campagne pour la dignité et le respect au travail, la reconnaissance syndicale et des salaires négociés qui rencontrent le coût de la vie et soient indexés sur l’inflation. Cependant, l’entreprise a refusé de rencontrer le syndicat ou de prendre en compte quelque revendication que ce soit.

Piquet syndical mis en place devant les bureaux de l’entreprise en avril

Le président du syndicat, Amiran Zenaishvili, indique :

"Après que le syndicat a mené des actions de protestation en avril, nous avons envoyé un courrier au ministère compétent pour énoncer nos griefs en matière de salaire, de santé et sécurité et d’antisyndicalisme.

"Nous avons demandé au gouvernement d’assurer la médiation de ce conflit. Le gouvernement a désigné un médiateur qui a rencontré le syndicat et l’employeur. Nous attendons une réponse.

“Entretemps, la campagne antisyndicale de l’entreprise se poursuit et il y a un conflit ouvert depuis avril.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit au PDG de l’entreprise, Jaromir Tesar, en ces termes :

“IndustriALL Global Union appelle Energo-Pro a intervenir immédiatement au sien d’Energo-Pro Georgia pour garantir que la direction locale agisse en plein accord avec la législation nationale du travail et les normes internationales fondamentales du travail, et en conséquence accepte de s’engager dans un dialogue constructif avec le Syndicat géorgien des travailleurs de l’énergie sur base du respect total des droits fondamentaux des travailleurs.”

L’affilié tchèque d’IndustriALL OS KOVO, qui compte des membres dans l’usine tchèque d’ingénierie qui produit le matériel, a écrit à la filiale d’Energo-Pro qui les emploie, Litostroj Engineering. L’entreprise a répondu en disant qu’elle n’était pas en mesure d’influencer la direction locale en Géorgie.

Energo-Pro, dont le siège se situe à Prague, est une multinationale de production hydro-électrique qui emploie 9.000 travailleurs et travailleuses dans cinq pays par le biais d’un certain nombre de filiales. L’entreprise produit de l’électricité dans des centrales en Tchéquie, en Géorgie, en Bulgarie et en Turquie et compte des sites spécialisés en ingénierie qui développent le matériel et la technologie en Tchéquie et en Slovénie.

Les activités de l’entreprise en Géorgie sont les plus importantes avec 6.180 travailleurs et travailleuses au sein de quinze centrales hydro-électriques et une au gaz. L’entreprise verse des salaires significativement inférieurs à ceux généralement pratiqués dans le secteur, y compris au sein de la compagnie publique d’électricité ainsi que d’autres multinationales issues de Russie et de Turquie.

IndustriALL demande la libération du dirigeant syndical kazakh

Baltabay, qui est le dirigeant du syndicat sectoriel du syndicat des travailleurs du secteur des hydrocarbures et des énergies, a également été condamné à une interdiction de sept ans d’exercer toute activité publique, y compris des activités syndicales.

Il s’agit du quatrième dirigeant syndical pénalement condamné ou emprisonné au cours des deux dernières années, alors que le gouvernement du Kazakhstan continue sa répression contre les syndicats indépendants dans le pays.

Baltabay a été condamné sur des fausses accusations de détournement de fonds par représailles pour ses activités syndicales et son soutien aux dirigeants de la Confédération des syndicats indépendants du Kazakhstan (CITUK) dissoute. Larisa Kharkova, Amin Eleusinov et Nurbek Kushakpaev, membres de la Confédération, ont été punis et persécutés par les tribunaux kazakhs.

Le mois dernier, la Conférence internationale du Travail, à sa Commission de l’application des normes, a épinglé et sanctionné le Kazakhstan pour son « manque persistant de progrès » à remédier au non-respect des normes du travail fondamentales relatives à la liberté syndicale et au droit syndical.

Selon l’indice CSI des droits, le Kazakhstan figure, une nouvelle fois, parmi les dix premiers pays oppresseurs des droits des travailleurs dans le monde. Pour sa part, la société civile mondiale, dont Human Rights Watch, a condamné sans équivoque le procès inéquitable et la persécution d’Erlan Baltabay.

Dans une lettre adressée au Président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Il n’est pas trop tard pour votre gouvernement de remédier à cette violation flagrante des droits de l’homme et du droit du travail d’Erlan Baltabay. Aussi, IndustriALL Global Union vous exhorte à prendre immédiatement les mesures nécessaires, en stricte conformité avec les normes du travail internationales fondamentales, y compris la Convention n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, et dans le respect rigoureux avec les décisions de la Commission de l’application des normes de l’OIT, pour stopper la persécution du mouvement syndical indépendant ».

Aidez à faire libérer Erlan Batalby!

IndustriALL a collaboré avec la Confédération syndicale internationale (CSI) pour mettre une pétition en ligne avec LabourStart appelant les autorités kazakhes à libérer Erlan Baltabay et à veillez à ce que les activités syndicales puissent être menées en toute liberté et sécurité dans le pays.

Les travailleurs indonésiens de la chaussure et de l'accessoire en lutte pour obtenir leurs salaires

L'employeur, Kim Seong Rok, n'a versé aucune indemnité de licenciement aux travailleurs concernés et il n'a pas appliqué le salaire minimum légal de 2013 à 2019.

La police indonésienne vient de placer cet investisseur sud-coréen sur la liste des personnes recherchées. D'après des membres de la Fédération syndicale nationale des travailleurs de l'industrie (SPN) travaillant dans l'usine, Kim Seong Rok a disparu depuis novembre 2018.

Le SPN a déposé plainte auprès de la justice et a obtenu un jugement l'autorisant à boucler l'usine et vendre les actifs de l'entreprise pour verser les indemnités de licenciement au personnel.

De crainte que ces actifs soient volés, les travailleurs se relayent au piquet de grève 24 heures sur 24 pour surveiller les mouvements de camions sur le site.

"Même si nous réussissons à vendre les machines et le matériel de MPI, sa valeur est estimée à 3 milliards de roupies (214.000 $) à peine, ce qui est loin de notre objectif de 12 milliards de roupies (859.000 $). C'est injuste pour les travailleurs,"

a déclaré Ardi Kurniawan, le président du SPN pour le district de Tangerang.

"Beaucoup de familles de travailleurs sont dans une situation extrêmement difficile depuis la fermeture de l'usine. Ils sont incapables de rembourser les emprunts de leurs logements et les frais de scolarité de leurs enfants; plusieurs ont même divorcé parce qu'ils n'avaient plus de revenus,"

a ajouté Sanusi, le dirigeant du SPN chez MPI.

Le SPN négocie avec les clients de MPI, PT Parkland World Indonesia (PWI), la constitution d'un fonds humanitaire de 1,6 milliard de roupies (114.000 $). Auparavant, PWI a versé les salaires dus aux travailleurs pour le mois de février, de bonne foi et pour le compte de MPI.

Pour la Secrétaire régionale du bureau d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-est, Annie Adviento, les travailleurs affectés ont le droit de réclamer une indemnité de licenciement et la partie impayée du salaire minimum légal des sept années écoulées. IndustriALL exprime sa solidarité avec les travailleurs de MPI et appelle les parties concernées à régler ce différend.

Condamnation par le syndicat des plans de licenciement de 2.000 travailleurs d’ArcelorMittal en Afrique du Sud

Le producteur sidérurgiste ArcelorMittal Afrique du Sud (AMSA), qui emploie plus de 8.500 travailleurs et travailleuses, a fait cette annonce le 10 juillet. AMSA a ensuite écrit au NUMSA pour indiquer ne pas savoir combien de travailleurs et travailleuses seraient concernés alors même que l’annonce venait tout juste d’en être faite.

Mokete Makoko, Secrétaire du NUMSA pour la région de Sedibeng, où l’usine AMSA Vanderbijlpark se situe, a déclaré :

“AMSA a déjà snobé le processus de consultation et a décidé du nombre de travailleurs et travailleuses qui seraient affectés. À nouveau, il s’agit d’un exemple de plus du mépris flagrant qu’a la direction d’AMSA pour les travailleurs et leur droit au respect de procédures établies.

En mars, l’affilié d’IndustriALL Global Union NUMSA était parti en grève chez AMSA pour réclamer le principe « à travail égal, salaire égal » et pour protester contre le système de courtage du travail, la détérioration des normes de santé et sécurité ainsi que d’autres violations des droits des travailleurs.

Une des revendications du NUMSA était de donner des emplois permanents aux travailleurs et travailleuses recrutés par le biais de coutiers de main-d’œuvre. Au lieu d’embaucher sa main d’œuvre en direct, AMSA a recours à des entreprises décrites comme des “prestataires de service” pour recruter des travailleurs payés à 50% ou moins par rapport aux salariés permanents qui effectuent les mêmes tâches. Certains parmi ceux et celles employés par ces entreprises, sont sous contrat précaire, sans protection sociale, depuis de nombreuses années. Des lettres de licenciement leur ont maintenant été remises.

Membres du NUMSA en grève contre ArcelorMittal en mars 2019.

“Ce n’est pas une surprise que la direction d’AMSA procède de cette manière, à peine quelques mois après que nos membres sont partis en grève pour mettre fin à l’externalisation au niveau de l’entreprise. Elle veut clairement punir les travailleurs et travailleuses pour s’être battus pour faire cesser l’exploitation des salariés en sous-traitance fournis par des soi-disant prestataires de service. Nous, au NUMSA, allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour minimiser le nombre d’emplois qui seront perdus,” a déclaré Mokete Makoko.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré : “Il est important pour ArcelorMittal Afrique du Sud de consulter les syndicats et de respecter les droits des travailleurs avant de faire des déclarations publiques sur des licenciements. Nous appelons l’entreprise à mettre en œuvre des pratiques de travail équitables.”

Environ 100.000 emplois ont été perdus au niveau de l’industrie sidérurgique en Afrique de Sud au cours de la décennie écoulée.

AMSA fait partie du groupe mondial ArcelorMittal et le NUMSA compte plus de 3.000 adhérents au sein de l’entreprise. ArcelorMittal emploie quelque 200.000 travailleurs et travailleuses dans 60 pays de par le monde.

Dialogue mondial requis chez Deere et Caterpillar

Plus de 40 délégués de 10 pays se sont rencontrés pour un ensemble de réunions à la fois conjointes et spécifiques organisées par IndustriALL Global Union entre le 10 et le 12 juillet afin d’échanger sur leurs expériences, améliorer le dialogue et promouvoir la solidarité internationale.

La première journée à été consacrée au réseau syndical Deere & Co et son premier vice-président, directeur et chef de l’administration, Marc Howze, a présenté la conception de Deere en matière de stratégies et relations sociales.

Le premier vice-président, directeur et chef de l’administration, Marc Howze

Le premier vice-président, directeur et chef de l’administration, Marc Howze

Des représentants du Conseil d’entreprise européen de Deere ont partagé leurs expériences en termes de relations sociales au plan européen et les délégués ont adopté un plan visant à mieux coordonner leur travail et renforcer le réseau Deere.

Le Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique, Matthias Hartwich, a déclaré :

“Nous voulons que Deere crée un dialogue officiel entre la direction et IndustriALL Global Union, de préférence par le biais d’un accord-cadre mondial.”

Ray Curry, Secrétaire-trésorier et directeur du département de machinerie agricole du syndicat hôte, l’UAW, a ouvert les débats de la deuxième journée de réunion. Il a indiqué :

“Ce réseau du secteur de la mécanique offre une formidable opportunité d’échange avec des collègues de différents sites mondiaux des deux entreprises. La coordination de nos efforts syndicaux apporte une indéniable plus-value à chaque travailleur et travailleuse de Deere et Caterpillar. Notre but ultime et accessible et d’améliorer les conditions de travail et de vie de ces travailleurs et travailleuses ainsi que de leurs familles. L’UAW va continuer à soutenir et amplifier ces efforts en vue de créer une solidarité mondiale entre les travailleurs et travailleuses de tous les secteurs du matériel agricole, de construction et de mine.”

Ray Curry de l’UAW

S’adressant à l’assemblée, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Les réseaux syndicaux, comme ceux de Deere et Caterpillar, ne représentent pas une fin en soi, nous en avons besoin comme leviers pour obtenir de meilleures conditions de travail et de vie pour les salariés de leurs entreprises respectives. Si ces entreprises ont la volonté d’entreprendre un dialogue, nous y sommes toujours ouverts. Mais si elles ne respectent pas les droits fondamentaux des travailleurs, la seule option restante pour nous est alors de mener des campagnes.”

Lors de la réunion conjointe des deux réseaux, les participants ont souligné l’importance de l’échange d’information et d’expériences, puisqu’il existe des problématiques communes par-delà les frontières et les entreprises. L’assemblée a débattu des opportunités et des défis de la numérisation dans les industries de l’ingénierie mécanique, qui requièrent une solide coordination syndicale par-delà les frontières si nous voulons que les travailleurs et travailleuses obtiennent leur part des richesses produites.

Chez Caterpillar, les salariés ont souffert de nombreux reculs au cours des dernières années. Des restructurations radicales sur les sites de l’entreprise ont été à l’origine de 10.000 pertes d’emploi accompagnées de différentes fermetures d’usines, ce qui démontre que les échanges et la coopération entre syndicats sont cruciaux. Les membres du Conseil d’entreprise européen de Caterpillar ont décrit les difficultés à obtenir des informations sérieuses et à avoir des consultations avec la direction de l’entreprise. Les participants ont exprimé leur attachement au bulletin d’information du réseau, qui est un important outil de communication. 

À la fin de la réunion, les participants ont décidé d’améliorer la communication entre les réunions, ce qui est de la compétence des comités de pilotage.

Matthias Hartwich a ainsi résumé :

“La question de la communication, qui est revenue sans cesse lors des réunions, constitue pour nous un signal sérieux pour renforcer les réseaux syndicaux en vue d’interactions et d’échanges d’information.”

Deere & Co fabrique du matériel agricole, forestier et de construction et emploie plus de 60.000 travailleurs et travailleuses de par le monde.

Caterpillar est le plus grand fabricant de matériel de construction au monde avec plus de 100.000 travailleurs et travailleuses. Les deux entreprises sont américaines.

Découvrez davantage de photos de la réunion sur flickr.

Fiat Chrysler et CNHI doivent renforcer le dialogue avec les syndicats

La réunion annuelle du réseau syndical mondial FCA/CNHI, qui s’est tenue les 8 et 9 juillet à Toronto, a réuni 38 syndicalistes venus de neuf pays. FCA et CNHI possèdent 24 marques, dont Alfa Romeo, Case, Chrysler, Dodge, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, New Holland ainsi que le fournisseur Teksid (fer et moulages).

La transformation actuelle de l’industrie automobile représente un énorme défi qui aura des répercussions sur l’avenir des entreprises automobiles et des travailleurs du secteur. Les membres du réseau sont tous d’avis que FCA a la responsabilité de sauvegarder des emplois et des usines par des investissements inscrits dans une perspective d’avenir. Cependant, au lieu de renforcer le dialogue, la compagnie a tendance à ignorer l’expertise des syndicats et des travailleurs. Les participants ont appelé FCA à élaborer une stratégie globale basée sur une étroite coopération avec les syndicats et soutenue par les gouvernements, en particulier lorsqu’il s’agit d’enjeux fondamentaux tels qu’une éventuelle fusion avec un autre équipementier (comme Renault).

Le réseau s’est engagé à prendre des mesures immédiates pour soutenir les collègues de Teksid Hierro au Mexique. Après une campagne de cinq ans, l’affilié à IndustriALL, Los Mineros (SNTMMSSRM), a largement remporté l’élection syndicale ayant eu lieu à l’usine Teksid en 2018. Néanmoins, la compagnie refuse de reconnaître le résultat et maintient une convention collective avec le syndicat CTM vaincu.

En avril 2019, Teksid Hierro a licencié 123 travailleurs ayant protesté contre le comportement de la compagnie, dont la totalité de l’équipe de direction de Los Mineros à l’usine. Le réseau s’est engagé à continuer à apporter son soutien solidaire jusqu’à ce que la compagnie réintègre les travailleurs licenciés et reconnaisse Los Mineros comme le partenaire de négociation démocratiquement élu.

Le réseau a décidé de s’adresser à FCA et CNHI sur l’importance des conventions fondamentales du travail de l’OIT pour veiller au respect des droits sociaux et syndicaux fondamentaux dans une économie mondialisée, s’agissant notamment des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, le réseau proposera d’entamer des négociations pour conclure un accord-cadre mondial avec FCA et CNHI.

Les participants sont convenus d’accroître l’échange d’informations dans le réseau, en particulier en contribuant à alimenter la base de données et en l’utilisant activement. Le réseau a également accepté des règles claires sur la représentation des femmes et des jeunes générations dans le réseau.

Le deuxième jour de la réunion, les participants ont visité l’usine de montage de Brampton où ils ont rencontré le directeur des ressources humaines de FCA Canada, donnant un exemple de la façon dont de bonnes relations avec la direction de l’Amérique du Nord pourrait fonctionner avec l’ensemble du groupe.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur automobile, Georg Leutert, a déclaré:

« Fiat est la seule compagnie automobile européenne qui n’a pas de forum mondial d’échange d’informations et de consultation régulières entre la compagnie et les syndicats. « Nous exhortons la compagnie à mettre fin à cette position qui n’est pas viable, et à entamer un dialogue ».

Le groupe a spécialement remercié l’affilié canadien, Unifor, pour avoir accueilli la réunion.