Les Brésiliens protestent contre les réformes des pensions et de l'enseignement
Le 13 août était une journée nationale de protestation organisée par les centrales syndicales et les mouvements sociaux. Des actions de protestation, des rassemblements et des grèves ont eu lieu dans 200 villes du Brésil. Des syndicats, des mouvements étudiants et populaires ont mené une série d'actions tout au long de la journée afin de réaffirmer leur opposition à la réforme de la sécurité sociale et aux coupes dans les budgets des universités publiques.
Le 7 août, la Chambre des députés a approuvé pour la deuxième fois un projet d'amendement à la Constitution n° 006/2019 avant de le transmettre au Sénat où il doit aussi être approuvé à deux reprises.
Dès lors, le mouvement social et le mouvement syndical ont renforcé leur plan d'action parce qu'ils sont convaincus que cette réforme contient des éléments très négatifs et qu'ils doivent donc poursuivre la lutte. Ce plan d'action consiste notamment à faire pression sur les sénateurs pour qu'ils votent contre le projet et à informer la société des risques encourus.
Les syndicats pensent que la réforme des pensions est la première étape de l'agenda de Bolsonaro pour supprimer les droits de la classe laborieuse et craignent qu'elle soit suivie d'une réforme fiscale régressive.
Il faut résister et riposter, repousser les attaques incessantes contre les droits des travailleurs et de la majorité de la population, en particulier des tranches les plus pauvres. Les syndicats préconisent une croissance économique durable et le droit à un travail décent et à une retraite décente.
Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, a félicité ses syndicats affiliés pour cette impressionnante vague de résistance dans tout le pays :
"C'est la seule façon de bloquer les réformes dirigées contre les travailleurs et les réductions des dépenses sociales. IndustriALL continuera à soutenir ses affiliés brésiliens dans la défense de leurs droits."
Les travailleurs craignent des pertes d’emploi à la mine de cobalt de Glencore
Une lettre adressée aux travailleurs par la direction indique que la décision de mettre la mine sous cocon résulte d’une chute des cours du cobalt sur les marchés internationaux, des coûts importants de produits nécessaires à l’exploitation, en particulier l’acide sulfurique, ainsi que de l’augmentation des taxes sur les compagnies minières consécutive aux récents amendements apportés par le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) au Code minier du pays. Selon ce courrier, ces facteurs réduisent la viabilité économique de la mine.
Le cours du cobalt a culminé à US$43 la livre en mars 2018 avant de s’effondrer à US$11,80 en juillet, mais l’annonce de Glencore concernant Mutanda a conduit à l’amorce d’une remontée des prix. Le cobalt, un sous-produit de l’exploitation du cuivre et du nickel, est utilisé dans la confection de batteries de smartphones et de véhicules électriques. La RDC produit plus de 60% du cobalt au plan mondial.
Lors d’une réunion avec les travailleurs, la direction a indiqué que la mine de Mutanda ne fermait pas. Glencore ne la vend pas non plus et ne quitte pas la RDC. La direction a également précisé que les travailleurs et leurs familles allaient continuer à bénéficier de leur assurance soins de santé et qu’aucun emploi ne serait perdu au cours de ces deux années.
Cependant, les affiliés d’IndustriALL Global Union, le Secrétariat des Syndicats d’IndustriALL (CSC) et le Syndicat des Travailleurs Unis des Mines, Métallurgie, Énergie, Chimie et Industries Connexes (TUMEC), qui comptent des membres à la mine de Mutanda, déclarent qu’il y a urgence.
Isaac Kiki, Président du Comité des affiliés d’IndustriALL de la Province de Lualaba, confie :
“C’est une situation grave qui nécessite que nous comprenions ce qui dit la loi au sujet de la décision de Glencore. En tant que syndicats, nous devons faire usage de nos connaissances et de notre expérience pour commencer dès maintenant à concevoir une stratégie et nous préparer à négocier, de sorte à ne pas être pris au dépourvu.”
IndustriALL fait écho au sentiment de ses affiliés de la RDC. En réponse à cette évolution préoccupante, IndustriALL Global Union a réclamé une consultation préalable, dans l’esprit du dialogue mondial convenu avec Glencore.
Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour les mines, a déclaré :
“Les moyens d’existence des travailleurs doivent toujours être une priorité lorsque qu’une mine est mise sous régime d’entretien et de maintenance. Les risques consécutifs aux fluctuations de l’offre et de la demande sur le marché du cobalt peuvent être gérés sans sacrifier les emplois des mineurs. Il est important que Glencore tienne sa parole de ne pas se séparer de travailleurs et de trouver les moyens de maintenir la mine Mutanda opérationnelle.”
Glencore emploie 158.000 salariés dans le monde, dont 57.000 en Afrique australe.
Les travailleurs taïwanais réclament une répartition équitable des revenus
Zhuang a signalé que la stagnation des salaires réels – ou l’absence de croissance moyenne des salaires réels – au cours des dix dernières années est une source de préoccupation majeure pour les travailleurs taïwanais. Ainsi, le salaire d’un diplômé universitaire est exactement le même qu'il y a dix ans.
« Les entreprises sont réticentes à partager leurs profits avec les travailleurs; la part du revenu attribuable au travail dans le PIB est passée de 51 pour cent en 1992 à 44 pour cent en 2017. Cela contraste fortement avec l'augmentation constante de la part du revenu attribuable au capital », a indiqué Zhuang.
« Les salaires restent également bas à cause de l'émergence d'un plus grand nombre d'emplois à court terme et de travailleurs des plateformes, comme les chauffeurs Uber à Taiwan, et aussi en raison du doublement à 700 000 du nombre des travailleurs migrants disponibles au cours des 20 dernières années », a expliqué Zhuang.
Une économie au ralenti contribue à la stagnation des salaires. La croissance du PIB à Taïwan était de 2,53 pour cent en 2018. Le pays pris au milieu d'une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ayant de graves répercussions sur la chaîne d'approvisionnement du pays insulaire, l'Institut de recherche économique de Taïwan prévoit que la croissance du PIB en 2019 sera de 2,12 pour cent.
Le Comité d'examen du salaire minimum, rattaché au ministère du Travail de Taïwan, convoquera une réunion le 14 août pour réfléchir sur la question de l'ajustement du salaire minimum. Bien que le gouverneur de la Banque centrale du pays, Yang Chin-long, ait ouvertement exhorté le gouvernement à augmenter le salaire minimum, les chefs d'entreprise s’opposent à cette idée au motif que le salaire doit être lié à la productivité.
En tant que membre du comité représentant les syndicats, Zhuang a déclaré que l'ajustement du salaire minimum devrait respecter le principe clé de sauvegarde d'un niveau de vie minimum pour les travailleurs:
« Relié le salaire à la productivité est une fausse proposition qui ne perçoit pas la nature du régime de salaire minimum ».
Libération d’un dirigeant syndical kazakh
Condamné sur de fausses accusations de détournement de fonds par représailles pour ses activités syndicales et son soutien aux dirigeants de la Confédération des syndicats indépendants du Kazakhstan (KNPRK), ayant été dissoute, Erlan Baltabay avait été condamné à sept ans de prison et à une interdiction de toute activité publique, y compris de toute activité syndicale. Le mouvement syndical international avait condamné la sentence et lancé une campagne massive pour faire libérer le dirigeant syndical.
A la Conférence internationale du Travail tenue à Genève en juin 2019, ainsi qu’à sa session de 2017, le Kazakhstan avait fait l'objet d'un examen attentif pour violations systématiques des droits syndicaux et des droits de l'homme. Ces examens ainsi que la campagne internationale ont permis au dirigeant syndical d'être finalement libéré.
Tout comme ses collègues, les dirigeants de la KNPRK Larisa Kharkova, Amin Eleusinov et Nurbek Kushakbaev, Erlan Baltabay a été condamné sur de fausses accusations. Les actions engagées à leur encontre visaient à opprimer les militants syndicaux et à les museler. Eleusinov et Kushakbaev ont été libérés en mai 2018.
Valter Sanches, Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, a déclaré:
« Nous souhaitons remercier tous ceux qui ont participé à la campagne de solidarité ayant conduit à la libération d'Erlan Baltabay.
« La condamnation de Baltabay était motivée par des considérations politiques. Il est scandaleux que les travailleurs ne soient pas autorisés à exercer leurs libertés et leurs droits fondamentaux. Nous espérons que la libération de Baltabay marque un pas vers l'amélioration de la liberté publique au Kazakhstan, et nous demandons le rétablissement des droits syndicaux fondamentaux dans le pays ».
RENCONTRE: Natalia Marynyuk
Dites-nous comment vous vous êtes élevée dans les rangs syndicaux dans un milieu de travail dominé par les hommes
“Quand j’ai commencé à travailler, j’ai rejoint le Syndicat des Métallurgistes et Mineurs d’Ukraine (PMGU), affilié à IndustriALL Global Union. En août 2017, plus de 20 ans après mes débuts, j’ai été élue à la tête de la délégation syndicale. Je suis devenue la première, et jusqu’ici la seule, femme élue à la présidence de la section syndicale en 85 ans d’existence.
“Même si les femmes travailleuses représentent un peu moins de 30% de la main d’œuvre de l’entreprise, elles sont de loin plus actives dans le syndicat que leurs collègues masculins. Sur les 114 militants PMGU chez ArcelorMittal, près de 60% sont des femmes.”
Kryvyï Rih était un important centre minier et métallurgique au temps de l’Union Soviétique et Kryvorizhstal Steel Works exportait ses produits dans plus de 30 pays dans le monde.
Active sur l’ensemble du cycle métallurgique, extraction du minerai, production de concentré, d’agglomérats, de coke, de fonte, d’acier et de produits laminés, et avec 57.000 travailleurs et travailleuses, l’aciérie représentait une proposition alléchante pour les acheteurs lors de sa privatisation en 2004.
En 2005, l’entreprise a été vendue à Mittal pour 4,81 milliards de dollars, dépassant de loin les 3 milliards prédits par les analystes. Lorsque Mittal a repris Arcelor en 2006, c’est devenu ArcelorMittal Kryvyï Rih.
Qu’est ce que la privatisation a signifié pour vous et vos collègues ?
“Lorsque le processus de privatisation a été annoncé en 2003, les travailleurs et les syndicats ont exprimé leurs préoccupations quant à l’avenir de l’emploi. Il y a eu une série de manifestations pour réclamer que le gouvernement adopte une enveloppe sociale. Elle devait être respectée par le nouveau propriétaire après la privatisation pour protéger les travailleurs et travailleuses.
“En conséquence de cela, Kryvorizhstal Steel Works a été privatisée avec un plan social obligatoire assorti de 19 conditions à observer par le nouveau propriétaire. C’était une première en Ukraine. Cependant, toute l’attention nécessaire n’a pas été donnée à l’ensemble des 19 points, et le syndicat a réagi en organisant des actions de protestation et des meetings pour obliger l’employeur à honorer ses engagements, y compris ses promesses de hausses salariales.
“Entre 2005 et 2018, ArcelorMittal a en fait diminué la main d’œuvre de plus de moitié, passant de quelque 57.000 salariés à moins de 21.000. Les coupes ont été essentiellement effectuées par des départs volontaires, mais cela n’a pas rendu les choses plus simples pour les restants. Pendant cette période au cours de laquelle la main d’œuvre a été réduite de manière draconienne, la production de fonte, d’acier et de laminés de l’entreprise est restée plus ou moins identique, augmentant même légèrement.
“Ajoutez à cela l’augmentation de la charge de travail, un manque d’investissement conduisant à la détérioration des bâtiments et du matériel et vous pouvez y voir un déclin évident des conditions de travail.”
Comment le syndicat a-t-il géré l’antisyndicalisme de la direction de l’entreprise ?
“Les conditions proposées aux travailleurs et travailleuses ont commencé à sérieusement se détériorer avec l’arrivée d’un nouveau directeur des ressources humaines en 2017. Il y a eu dès le début une claire hostilité envers les syndicats :
les termes de la convention collective n’ont pas été respectés et les propositions syndicales étaient ignorées.
“La situation s’est détériorée, il y avait de faux tracts syndicaux ainsi que des publications sur les médias sociaux et dans la presse locale pour diffamer le syndicat. Le DRH a même développé pour 2018 un programme spécial antisyndical appelé ‘Plan d’action destiné à réduire l’influence du syndicat’.
“Les appels de la part du syndicat ont été ignorés par la direction. Alors que nous avions convoqué les travailleurs pour une assemblée, le DRH a fait passer de fausses informations sur le lieu et l’ordre du jour dans l’espoir d’empêcher les travailleurs d’exprimer des revendications collectives. Mais syndicat et travailleurs sont parvenus à tenir ce rassemblement. Ils ont également fait parvenir au PDG d’ArcelorMittal Kryvyï Rih un appel signé par 12.000 personnes, pour revendiquer de plus hauts salaires, une meilleure sécurité et une amélioration du dialogue social. Ne recevant aucune réponse, le syndicat a décidé à l’issue d’un vote d’entamer un conflit collectif en avril 2018.
“Le mois suivant, par le biais d’une médiation au cours d’une réunion marathon de 26 heures, un accord a été conclu entre la direction et les syndicats. Le PDG a augmenté l’enveloppe destinée aux salaires à 1,1 milliard de hryvnias (40 millions de dollars) et a aussi renvoyé le DRH contestable qui avait failli à établir un dialogue social en toute bonne foi avec les salariés.
“Il y a encore des problèmes, mais au moins à ce jour nous avons un dialogue social avec l’entreprise.
“Depuis juin 2017, il existe un accord avec l’Union Européenne sur l’absence de visa d’entrée, ce qui permet aux citoyens ukrainiens de se rendre plus facilement en Europe. À la suite de cela, de nombreuses personnes ont quitté l’Ukraine à la recherche de meilleures conditions de travail et en conséquence, pour la première fois cette année, l’entreprise a eu des problèmes à trouver suffisamment de chauffeurs expérimentés.
“Après l’effondrement d’un toit en mars de l’année dernière, entraînant la mort d’un ouvrier, une évaluation des bâtiments et des travaux de réparation ont été entrepris.
“Ainsi, la question de meilleurs salaires et conditions d’emploi reste cruciale pour l’entreprise.”
Natalia Marynyuk. PMGU
Quelle est l’importance de la solidarité internationale pour votre syndicat ?
“La reconnaissance de notre conflit et son soutien par le biais de la solidarité internationale ont été importants pour déboucher sur une solution. Déjà en 2015, avec le soutien d’IndustriALL, les syndicats d’ArcelorMittal du Kazakhstan et d’Ukraine avaient envoyé une demande au PDG de l’entreprise pour permettre à leurs représentants de faire partie du Comité d’entreprise européen d’ArcelorMittal.
“Lors d’une réunion à Luxembourg en juillet 2018, les syndicats d’ArcelorMittal ont constitué un réseau mondial et se sont engagés à rechercher un dialogue social au plan mondial avec le plus gros producteur d’acier au monde. Et les syndicats ukrainiens en faisaient partie.
“Cette plateforme a permis au syndicat de soulever ses préoccupations sur le dialogue social avec la haute direction mondiale d’ArcelorMittal. Je fais maintenant partie du Conseil paritaire mondial d’ArcelorMittal sur la santé et sécurité, ce qui a également permis d’améliorer le dialogue social au plan local.”
PMGU
Le PMGU est pour l’instant le plus important syndicat d’ArcelorMittal Kryvyï Rih, représentant plus de 70% des travailleurs et travailleuses. Environ 10% de la main d’œuvre n’est pas syndiquée et les 20% restants sont représentés par 10 autres syndicats, dont l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine.
Les travailleurs du verre turcs en grève après des années de pratiques antisyndicales
Kristal-İş a commencé sa campagne de recrutement en 2015 pour obtenir sa reconnaissance légale dans les trois filiales du groupe Okan, à savoir Okan Cam, Düzce Cam (toutes deux situées à Düzce) et Çetaş Cam (située à Samsun). Le ministère du Travail a publié un document officiel reconnaissant Kristal-İş en tant que représentant légitime des travailleurs pour la négociation chez Düzce Cam.
Or, plutôt que d'entamer un dialogue digne de ce nom avec Kristal-İş, la direction de Düzce Cam a contesté le certificat délivré par le ministère et tenté de saboter le syndicat. Deux ans plus tard, la procédure s'est achevée par une décision judiciaire favorable à Kristal-İş, confirmant que le syndicat disposait d'une majorité suffisante pour participer à la négociation collective.
En dépit d'appels répétés d'IndustriALL Global Union, le groupe Okan n'a pas respecté le droit des travailleurs d'adhérer au syndicat de leur choix et n'a pas négocié avec le syndicat qui les représente, Kristal-İş.
Le groupe Okan a poursuivi ses actions d'intimidation et ses attaques contre les adhérents de Kristal-İş pour les forcer à quitter le syndicat. À ce jour, le syndicat a licencié en toute illégalité près de 80 de ses membres, dont des représentants dûment élus, pour leur appartenance syndicale.
En outre, la direction du groupe Okan ne s'est pas présentée à une réunion de conciliation organisée par le ministère du Travail, refusant catégoriquement tout dialogue avec Kristal-İş.
Kristal-İş demande au groupe Okan de :
réintégrer sur-le-champ les travailleurs licenciés abusivement;
arrêter d'intimider les travailleurs qui souhaitent s'affilier à Kristal-İş et arrêter de recourir à la menace pour les forcer à démissionner du syndicat;
reconnaître Kristal-İş comme partenaire légitime de négociation, comme l'a ordonné la décision de la juridiction du travail et, en conséquence,
entamer sans délai des négociations de bonne foi avec Kristal-İş chez Düzce Cam.
Le 8 août, quatorzième jour de la grève, Kristal-İş a organisé une conférence de presse devant l'usine Düzce Cam de Düzce avec la participation des grévistes, de leurs familles, de syndicats apparentés et de représentants d'ONG ainsi que d'IndustriALL Global Union.
"Ce combat dure depuis plus de quatre ans", a déclaré le Président général de Kristal-İş, Bilal Çetintaş. "Ensemble, avec notre syndicat mondial et tous nos alliés, nous continuerons à nous battre jusqu'à obtenir justice".
Dans son message aux grévistes et à la presse, Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a déclaré :
"IndustriALL Global Union, avec ses 50 millions de membres, souhaite voir cette grève aboutir et exprime tout son soutien et toute sa solidarité. Nous ne resterons pas silencieux. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir la reconnaissance syndicale dans ce groupe".
Düzce Cam est un fabricant de verre de plus en plus important en Europe, avec deux lignes de verre flotté ouvertes en 2010 et en 2016 à Düzce et une troisième bientôt mise en service. La production de l'usine étant presque totalement destinée à l'exportation, IndustriALL Global Union a déjà contacté ses partenaires du secteur, dont Saint-Gobain, Glaverbel, Pilkington et Guardian, pour leur demander de rappeler Düzce Cam à ses obligations de respect des droits fondamentaux.
Manifestation nationale des syndicats indiens contre des “réformes” de la législation du travail anti-ouvrières
Les travailleurs et travailleuses, dont ceux des affiliés d’IndustriALL, sont descendus dans les rues en réponse à l’appel des centrales syndicales pour des manifestations à l’échelle nationale, ce 2 août dernier, alors que le gouvernement Modi introduisait les projets de loi sur le Code des salaires ainsi que le Code sur la santé et la sécurité professionnelles et les conditions de travail, lors de la session parlementaire en cours de la Lok Sabha.
Le Code des salaires, qui a maintenant été adopté par le parlement, amalgame quatre lois distinctes qui gouvernent la fixation et le paiement des salaires. Les syndicats indiquent que le nouveau code remet en cause des progrès accomplis dans un passé récent par le biais du dialogue social et sape la participation des représentants syndicaux au processus de fixation des salaires minima.
Alors que les syndicats revendiquaient que les salaires minima soient revus annuellement, le nouveau code permet que leur révision n’ait lieu qu’une fois tous les cinq ans. Le code des salaires édulcore le régime d’inspection en remplaçant les inspecteurs du travail par des ’inspecteurs-facilitateurs’ et introduit un système d’inspection basé sur le web, informatisé et aléatoire, sans juridiction précise et où les données sont analysées de manière électronique.
Modi tente de regrouper 44 lois existantes au sein de 4 codes du travail simplifiés.
Le Code sur la santé et la sécurité professionnelles et les conditions de travail englobe treize législations du travail existantes et doit encore être adopté par le parlement. Ceci, ainsi que deux autres codes, l’un sur les relations sociales et l’autre sur la sécurité sociale, fait partie de la tentative du gouvernement de Modi de regrouper 44 législations du travail existantes au sein de quatre codes du travail simplifiés.
Les législations du travail existantes ont été à l’origine adoptées à la suite de luttes ouvrières et concernent des besoins et des protections des travailleurs et travailleuses spécifiques au sein de tout un éventail de secteurs manufacturiers, de service et de construction. Les syndicats se sont opposés à la sur-simplification des législations du travail et soutiennent que ces projets législatifs ont totalement ignoré les objections soulevées par eux.
Dans un communiqué de presse, les centrales syndicales ont déclaré qu’en révoquant les législations existantes, le gouvernement, “rendant service de manière extrêmement docile à ses maîtres du monde des affaires” a manipulé grossièrement les droits des travailleurs et travailleuses et en exclu un grand nombre de la protection que leur donnait les codes du travail.
“Les syndicats sont réellement mis sur la touche alors que l’objectif principal du code du travail semble être de rendre aisée la conduite des affaires.”
Le Dr. G Sanjeeva Reddy, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et Président du Congrès national des syndicats indiens, a déclaré :
“La classe ouvrière en Inde est confrontée à la pire attaque jamais menée contre elle sous le gouvernement Modi. Toutes les institutions, traditions et pratiques minutieusement construites depuis plus de soixante-dix ans sont ébranlées. Les syndicats sont réellement mis sur la touche alors que l’objectif principal du code du travail semble être de rendre aisée la conduite des affaires. Au cours des prochaines années, la résistance unifiée du mouvement syndical va s’intensifier.”
Parmi les centrales syndicales participant à l’action nationale, on retrouvait les organisations suivantes : INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, LPF, UTUC ainsi que des fédérations et associations indépendantes de travailleurs et de salariés.
Irlande du Nord: occupation du chantier naval du Titanic
Les 130 travailleurs, membres des affiliés à IndustriALL Global Union, Unite et GMB, réclament la nationalisation de Harland and Wolff. Le chantier naval a été mis en vente en décembre 2018 en raison des graves problèmes financiers qui connaît sa société mère norvégienne, Dolphin Drilling. Aucun acheteur n’a encore été trouvé. Les administrateurs devraient faire une annonce ce soir et décréter la mise en faillite de l’entreprise dans la matinée du 6 août. Les travailleurs ont reçu un préavis de licenciement.
Photo: Unite, Irlande du Nord
En plus de l’occupation du site, les travailleurs ont protesté à l’extérieur du palais de Stormont, où siège l’assemblée d’Irlande du Nord, et organisé une journée familiale au chantier naval le dimanche 3 août. Ils ont reçu de nombreux messages de soutien et de solidarité de tout le Royaume-Uni et d’Irlande, ainsi que d’autres pays.
Photo: Unite, Irlande du Nord
Les syndicats craignent que le chantier ne soit vendu après les changements dans l’administration et l’expropriation des actifs, et qu’ainsi l’expertise et la main-d'œuvre qualifiée de l’entreprise ne soient mises au rebut. Les syndicats réclament la nationalisation du chantier dans le cadre de la stratégie du gouvernement britannique visant à protéger la construction navale. La fermeture du chantier pourrait aussi avoir un impact sur d’autres chantiers, étant donné que Harland and Wolff fait partie d’un consortium qui tente d’obtenir un contrat de la Royal Navy.
Photo: Susan Fitzgerald
Le chantier naval de Harland and Wolff est un élément emblématique du patrimoine industriel et paysagé de Belfast. Fondé en 1861, le chantier naval employait 35 000 travailleurs à son apogée, et a construit le Titanic et de nombreux autres navires célèbres.
Bien qu’aucun navire n’ait été construit depuis 2003, les travailleurs ont continué leurs activités en réparant et en radoubant les navires et plates-formes pétrolières, et en fournissant l’ingénierie structurelle aux secteurs pétroliers, gaziers et des énergies renouvelables offshore. En 2008, le chantier a construit le SeaGen, qui était à l’époque le plus grand générateur d’énergie marémotrice au monde, puis a fabriqué des composants et construit des plates-formes pour les parcs éoliens offshore.
Photo: Susan Fitzgerald
Susan Fitzgerald, membre du syndicat Unite, a déclaré:
« Il est encore temps pour le gouvernement de mettre de côté ses préjugés idéologiques et de renationaliser Harland and Wolff. Compte tenu des coûts de la perte d’emplois à Harland and Wolff – en termes de perte de pouvoir d’achat et de recettes fiscales, ainsi que de dépenses en prestations –, la renationalisation serait une décision commerciale rationnelle, ainsi qu’un investissement dans l’avenir de l’Irlande du Nord ».
Michael Mulholland, membre du syndicat GMB, a indiqué:
« Nos membres protestent depuis près de 24 heures: telle est la force de leur foi en ce célèbre chantier. GMB réclame la renationalisation de Harland and Wolf, afin de préserver des centaines d’emplois et garantir la position de Belfast comme centre mondial de la construction navale ».
Le Directeur d’IndustriALL en charge du secteur de la construction et de la démolition de navires, Kan Matsuzaki, a souligné:
« Ce chantier naval historique fait partie du patrimoine industriel de Belfast. Mais, il appartient également au futur. Alors que la demande en matière d’énergies renouvelables ne fait que croître, les travailleurs de Harland and Wolff ont montré qu’ils ont les compétences techniques et l’expérience pour redresser la situation et approvisionner le secteur.
« Il est profondément irresponsable d’autoriser la fermeture du chantier. Il doit être sauvé ».
Au Bangladesh, des syndicats organisent un dispensaire pour les travailleurs de la démolition de navires
Cette clinique éphémère, qui a offert gratuitement des bilans de santé de base et des soins médicaux aux travailleurs de la démolition de navires, était organisée par les affiliés bangladais d'IndustriALL, la Fédération des travailleurs de la métallurgie du Bangladesh (BMF) et la Fédération des travailleurs du métal, de la chimie, de l'habillement et des tailleurs du Bangladesh (BMCGTWF) dans le cadre de projets d'IndustriALL et de la FNV pour ce secteur.
On a constaté que la plupart des travailleurs des chantiers de déconstruction navale souffrent en général de problèmes de santé tels que douleurs corporelles, fièvres et faiblesse physique, et certains de douleurs aiguës dans les jambes, les genoux et les os. Les médecins ont délivré des ordonnances et des conseils en vue d'un suivi.
Md. Halim, un travailleur de 27 ans, a déclaré :
"Les médecins de ce dispensaire ont été très aimables et m'ont clairement expliqué mon état de santé. Je suis très content d'avoir reçu, en plus de quelques conseils, des médicaments. Nous espérons qu'il y aura d'autres dispensaires à l'avenir, ce qui serait très utile pour moi et pour des centaines de travailleurs de la démolition de navires de la région."
Des médecins généralistes, des orthopédistes et des dermatologues du Chattogram Medical College Hospital ont participé à ce dispensaire et soigné les travailleurs.
Kan Matsuzaki, le directeur d'IndustriALL en charge de la démolition de navires, a déclaré :
"Ce dispensaire a été organisé pour apporter un soutien médical de base aux travailleurs de la démolition de navires en l'absence d'infrastructures médicales à proximité des chantiers. Il faut que le gouvernement et les employeurs prennent des mesures plus concrètes pour mettre en place de bonnes infrastructures de santé pour les travailleurs de la démolition de navires."
Apoorva Kaiwar, la Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a ajouté :
"Nous félicitons les affiliés d'IndustriALL du Bangladesh pour cette importante initiative de solidarité avec les travailleurs de la déconstruction navale et en faisant de ces dispensaires une réussite pour la deuxième année consécutive. Nous comptons bien avoir d'autres interventions aussi fructueuses à l'avenir."
Quatre mineurs tués et neuf blessés dans un accident chez Coal India
Bharatpur se situe dans le bassin minier de Talcher, exploité par Mahanadi Coalfields, une filiale de Coal India Limited de l’État d’Odisha.
À ce stade, neuf mineurs ont été secourus des décombres et ont reçu un traitement médical. Les corps de trois mineurs, Papun Biswal (28 ans), un chauffeur, Rashmi Ranjan Behera (25 ans), un contremaître, et Raju Mohapatra (37 ans) ont été récupérés alors que celui d’un autre travailleur doit toujours être retrouvé.
Toutes les victimes de cet accident sont des travailleurs précaires. Selon les représentants du syndicat local, l’accident aurait pu être évité. Le comité de sécurité du syndicat avait soulevé ses préoccupations auprès de la direction lors d’une réunion, mais des mesures appropriées n’ont pas été prises.
Selon une estimation récente du Directoire général de la sécurité minière, les accidents miniers font payer aux mineurs un lourd tribut en vie humaines chaque année. De juin 2016 à juin 2019, un total de 417 mineurs ont perdu la vie au cours d’accidents, 238 d’entre eux dans des charbonnages.
Les représentants syndicaux ont exprimé une vive préoccupation par rapport au fait que des objectifs de production élevés, des extractions de charbon non programmées, l’externalisation de la production de charbon à des tierces parties, l’implication d’un grand nombre de travailleurs précaires dépourvus de formation et la négligence de la direction par rapport aux mesures de sécurité continuent à se traduire par de tels accidents, évitables, au sein des mines de Coal India Limited.
Entretemps, la direction de Coal India a suspendu le directeur général de la mine et annoncé des indemnisations. Au cours des derniers jours, les travailleurs n’ont cessé de manifester pour réclamer de meilleures indemnisations et une enquête de haut niveau sur l’accident.
Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour le secteur des mines, des diamants, des pierres précieuses, des ornements et des bijoux, a déclaré :
“Il est déplorable que la négligence des directions continue d’être à l’origine d’accidents évitables qui coûtent ce qu’ils ont de plus précieux, leur vie, à des centaines de mineurs en Inde. Il est temps que le gouvernement du pays accentue ses efforts pour améliorer la sécurité dans les mines et ratifie et mette en œuvre immédiatement la Convention 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines.”
Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :
“Il est affligeant que de tels “accidents”, parfaitement évitables, se produisent dans des mines qui sont la propriété d’une filiale de Coal India, une entreprise publique. Il est grand temps que les procédures et les pratiques en matière de sécurité soient revues de sorte à ce que la vie des travailleurs ne soit pas constamment mise en danger.”