Bangladesh : 701 travailleurs et travailleuses de la confection licenciés après l’Aïd
Alors que travailleurs et travailleuses étaient de retour à l’usine le 18 août à l’issue du congé de l’Aïd, SF Denim Apparels a évoqué une '“pénurie des commandes” pour annoncer un des plus importants licenciements de l’histoire récente des usines de confection du Bangladesh.
Au moins la moitié des 701 travailleurs et travailleuses qui viennent d’être licenciés souhaitaient former un syndicat sous la bannière de l’affilié d’IndustriALL, la Fédération Sommilito Garments Sramik (SGSF).
Selon les syndicats, SF Denim Apparels a de manière systématique fait obstacle aux efforts visant à s’y organiser en syndicat.
En réponse aux tentatives de constituer un syndicat en 2018, l’entreprise avait licencié plus d’une centaine de travailleurs et travailleuses, au nombre desquels 38 avaient lancé des procédures judiciaires, toujours en cours, contre l’employeur.
Cette pratique perdure : début août, quelques jours avant le congé de l’Aïd, cinq membres du personnel impliqués dans la formation du syndicat ont été mis à pied.
Nazma Akter, membre du Comité exécutif d’IndustriALL et Président de la SGSF, indique :
“Nous sommes profondément inquiets face à ces licenciements massifs : des travailleurs et travailleuses sont manifestement visés pour leur implication dans des activités syndicales. Pire encore, plus de 30 des travailleuses licenciées sont enceintes et ne recevront dès lors aucune indemnité de maternité. Nous revendiquons que SF Denim Apparels réintègre toutes les personnes licenciées.”
La SGSF a contacté les enseignes qui se fournissent auprès de SF Denim, comme C&A, H&M et Benetton, pour solliciter leur intervention en faveur de la réintégration des travailleurs et travailleuses licenciés, mais le syndicat n’a jusqu’ici reçu aucune réponse.
Appels à formaliser l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Afrique
L’EMAPE procure des moyens d’existence à plus de 10 millions de personnes en Afrique sub-saharienne et est pourtant intrinsèquement dangereuse, coûtant un nombre incalculable de vies chaque année. En juin, plus de 40 creuseurs artisanaux ont été tués dans un effondrement au sein de la mine de cobalt de Glencore en République Démocratique du Congo (RDC).
Lui donner un caractère formel va non seulement améliorer la sécurité et permettre la dépénalisation de l’activité mais va également ouvrir la porte à des opportunités émanant de l’EMAPE, dont, pour les syndicats, de nouvelles formes de recrutement.
S’adressant à une assemblée comprenant des syndicats de RDC, du Ghana, du Mali, de Namibie, d’Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe, le directeur d’IndustriALL pour les mines, Glen Mpufane, a indiqué :
“La reconnaissance du rôle du secteur au sein de l’économie conventionnelle par les autorités peut mener à une relation au sein de laquelle l’EMAPE puisse exister aux côtés de l’exploitation minière à grande échelle. Un processus de certification qui légalise et intègre l’EMAPE au sein de l’économie générale peut apporter certitude, ordre et stabilité au secteur et aider à porter remède à ses maux.”
Il a ajouté que l’IRMA, l’Initiative pour l’assurance d’une extraction minière responsable (Initiative for Responsible Mining Assurance), impliquant différentes parties prenantes, recommande une collaboration entre les compagnies minières et l’EMAPE. L’IRMA promeut le recours à la diligence raisonnable pour mettre un terme au travail forcé et à celui des enfants au sein de la chaîne d’approvisionnement du secteur minier et vise à minimiser les risques au plan social et environnemental.
Le directeur d’IndustriALL pour les mines, Glen Mpufane
L’EMAPE concerne les activités minières informelles de subsistance de familles et d’individus ainsi que l’exploitation minière formelle et commerciale à petite échelle. Alors qu’elle apporte une contribution significative aux économies des pays dans lesquels elle existe, principalement dans l’hémisphère sud, elle pâtit de l’absence de reconnaissance au niveau des politiques des gouvernements, de l’industrie minière et même des syndicats. L’EMAPE est dès lors cantonnée en marge de l’activité économique et souvent considérée comme illégale et criminalisée.
L’assemblée a reconnu que la rendre formelle est un processus complexe qui demande des législations propices et le soutien financier des gouvernements ainsi que de l’industrie minière. De plus, les creuseurs et les mineurs des exploitations à petite échelle devraient recevoir des permis alors que le droit pour les femmes de travailler dans le secteur minier devrait être protégé et la stigmatisation culturelle réduite.
Il faut rendre formelle l’exploitation minière artisanale, disent les syndicats d’Afrique sub-saharienne
Des cadres législatifs et politiques assurent l’inclusion de normes de santé et sécurité, de droits pour les femmes et un rôle participatif des communautés locales. Notamment, la participation des communautés locales aide à prévenir les conflits lorsque l’activité minière empiète sur les terres agricoles.
Il a été dit lors de la réunion que le passage à un caractère formel entraînerait également l’amélioration des connaissances des mineurs en matière de santé, sécurité et environnement. Le recours au mercure au sein des mines d’or de petite échelle et ses effets néfastes sur la santé ont été mis en évidence.
Les syndicats ont été encouragés à organiser syndicalement les creuseurs et, en vertu de la Recommandation 204 de l’Organisation internationale du Travail, ceux-ci peuvent aider les travailleurs et travailleuses à opérer une transition de l’économie informelle vers l’économie formelle.
Un point de départ pourrait être la création de forums comprenant des travailleurs et travailleuses concernés par l’EMAPE. Les statuts des syndicats pourraient aussi être amendés pour permettre leur affiliation. En devenant adhérents, les mineurs sont dès lors intégrés aux activités syndicales concernant l’éducation, le dialogue social et la négociation collective.
La Dr Hibist Kassa a fait un exposé lors de la réunion
La Dr Hibist Kassa, de l’Université du Witwatersrand, qui effectue des recherches sur l’EMAPE, a indiqué que bien que les activités minières artisanales sont légales dans certains pays, les travailleurs et travailleuses n’y reçoivent pas de protection adéquate :
“La contradiction apparente dans les interventions de l’État sont marquées par un intérêt supérieur impliquant de préserver la domination des activités minières à grande échelle.”
Elle a souligné que la rendre formelle était important pour mettre fin à la criminalisation de l’EMAPE.
La réunion avait le soutien du Centre de Compétence syndicale de la Fondation Friedrich Ebert.
Lesotho: accords signés pour mettre fin au harcèlement dans les usines de Nien Hsing
Depuis de nombreuses années, IDUL lutte contre la violence et le harcèlement basés sur le genre dans les usines de l’entreprise Nien Hsing Textile implantée à Maseru. L'entreprise, qui emploie plus de 10 000 travailleurs, a même annulé un protocole d'accord pour avoir été questionnée sur les violations lorsqu’UDIL a voulu accéder aux usines pour syndicaliser les travailleurs.
Les accords visant à lutter contre les pratiques abusives et le harcèlement font suite à la parution d’un rapport de l’organisation syndicale américaine Workers Rights Consortium (WRC) dévoilant que les gestionnaires et les superviseurs de Nien Hsing forçaient leurs employés à avoir des relations sexuelles en « conditionnant le maintien des contrats de travail ou l’offre de conditions de travail plus favorables à la volonté des travailleuses de s'engager dans de telles relations ».
La direction a été complice de cette situation en ne sanctionnant pas les agresseurs ce qui a suscité une tolérance à l'égard de ces agissements et fait craindre les travailleurs de signaler les violations.
Après des négociations approfondies faisant suite à la parution du rapport, UDIL et quatre autres syndicats au Lesotho, ainsi que les affiliés d’InsutriaALL aux Etats-Unis, Workers United, WRC et Solidarity Center, ont signé des accords avec Nien Hsing, Levi Strauss & Co, The Children's Place et Kontoor Brands pour lutter contre la violence basée sur le genre dans cinq usines du pays.
May Rathakane, Secrétaire générale adjointe d'UDIL, a déclaré:
« Nous sommes déterminés à protéger les droits et le bien-être des travailleurs dans les usines et à veiller à ce que les travailleuses se sentent en sécurité, valorisées et qu’elles disposent des moyens de prendre leur destin en main. Nous sommes heureux de travailler à l'élaboration d'un programme global de lutte et de prévention de la violence et du harcèlement basés sur le genre. Il s'agit d'une percée vers l’amélioration des conditions de travail et la protection des travailleurs contre les représailles des employeurs ».
Un organe chargé d’examiner les plaintes et d’établir les faits sera établi pour enquêter sur les abus. Seront également organisés des formations sur le harcèlement sexuel à l’attention des travailleurs d'usine, des superviseurs et des gestionnaires.
Les organisations au Lesotho, ainsi que Solidarity Center, Workers United et WRC, ont également signé un accord avec chaque marque, qui engage ces dernières à réduire les commandes avec un employeur qui ne remplirait pas ses obligations.
Edgar Romney, secrétaire-trésorier de Workers United, qui a participé aux négociations sur le pacte, a noté:
« Les marques sont chargées de veiller à ce que leurs fournisseurs respectent les droits des travailleurs et préviennent la violence et le harcèlement basés sur le genre. Ces accords reflètent un engagement commun en faveur de la protection des droits des travailleurs et sont un bon exemple de ce que nous pouvons accomplir en unissant nos forces au niveau mondial”.
Le président philippin oppose son veto à un projet de loi visant à mettre fin au travail sous contrat
Le Président a déclaré qu’en dépit du veto, il ne reviendra pas sur son « engagement ferme à protéger le droit des travailleurs à la sécurité de l’emploi en éliminant toutes les formes de pratiques abusives en matière d'emploi ». Les syndicats restent cependant prudents et attendent de voir les prochaines mesures que prendra le Président pour honorer sa promesse électorale de mettre fin à toutes les formes d’emploi de courte durée.
« Ce projet de loi fournirait un cadre législatif permettant d’abolir le travail sous contrat, que le Président avait promis de supprimer avant d’opposer son veto », a indiqué Eva Arcos, membre du Comité exécutif d'IndustriALL. « Et, la raison invoquée à ce changement est celle que le projet de loi n'est pas juste car il ne respecte pas le droit du capital à réaliser des profits ».
Les affiliés à IndustriALL aux Philippines poursuivent la campagne visant à mettre fin au travail sous contrat au niveau des entreprises en sensibilisant et en accroissant le soutien apporté à une loi qui mettra un terme à la pratique abusive actuelle des emplois de courte durée.
« Le mouvement syndical philippin mène une bataille acharnée pour éliminer toutes les formes de travail précaire, y compris les emplois de courte durée. C'est une pratique qui doit cesser, car le travail précaire porte atteinte aux droits des travailleurs à un salaire décent, à des avantages, à des conditions de travail justes, au droit d'organisation et de négociation collective »,
a noté Annie Aviento, Secrétaire régionale du bureau d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-Est.
Les travailleurs discutent de l'avenir du secteur de la mobilité et de l'emploi en Amérique latine
À cette réunion, à laquelle assistaient des représentants de syndicats d'Argentine, du Brésil, du Chili, de Colombie, du Mexique et d'Uruguay, le Coordinateur de l'éducation du Département intersyndical de statistique et d'études socioéconomiques (DIEESE) du Brésil, Fausto Augusto Junior, a donné un aperçu de la situation actuelle et future du secteur de la mobilité dans la région. Il a également décrit les conséquences que pourraient avoir pour le secteur de nouveaux accords commerciaux ainsi que l'essor des nouvelles technologies.
Le Secrétaire régional adjoint d'IndustriALL, Cristian Alejandro Valerio, a ajouté :
"Une des choses sur lesquelles nous sommes d'accord, c'est que les puissances économiques qui dirigent le monde préfèrent que l'Amérique latine continue d'extraite et de produire des matières premières plutôt que de devenir une zone manufacturière. Des participants ont aussi souligné que les gouvernements de la région investissent très peu dans la R&D et dans les technologies, ce qui ne favorise pas le développement de l'industrie manufacturière."
Le Directeur d'IndustriALL en charge des industries automobile et aérospatiale, Georg Leutert, était le modérateur d'un débat sur les nouveaux concepts de mobilité, les véhicules électriques, la numérisation et Industrie 4.0, plusieurs participants donnant des détails sur l'ampleur de l'utilisation de ces technologies dans la région.
Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a participé à la réunion par conférence vidéo. Il a parlé des stratégies d'IndustriALL et de l'action qu'elle mène pour préparer le monde du travail de demain. Il a aussi rappelé qu'il est nécessaire que les syndicats s'efforcent d'assurer une transition équitable devant le bouleversement des pratiques d'emploi dans le monde entier.
Ensuite, le Secrétaire régional d'IndustriALL, Marino Vani, a exposé le plan d'action d'IndustriALL pour l'Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que sa stratégie et ses priorités. Pour terminer, des travailleurs du macrosecteur ont élaboré plusieurs plans d'action qu'ils se sont engagés à affiner au sein de leurs syndicats et de leurs secteurs de retour dans leurs pays. Ces plans d'action comptent quatre axes prioritaires :
Renforcer la puissance syndicale aux échelons national et régional
Constituer des réseaux syndicaux et stimuler le dialogue avec les entreprises en Amérique latine
Promouvoir et préserver les politiques sectorielles aux échelons national et régional
Mettre en avant l'agenda syndical et ses priorités pour le secteur par le biais d'actions et de campagnes conjointes
Pour conclure, Marino Vani a déclaré :
"Les participants sont sortis de cette réunion plus forts et plus confiants. Nous avons discuté en profondeur des défis qui attendent la classe laborieuse, et en particulier les travailleurs du secteur de la mobilité de notre région. Nous nous sommes aussi engagés à nous montrer plus unis dans nos actions, pour donner plus de pouvoir aux syndicats et renforcer la représentation syndicale. Nous allons nous battre pour une transition équitable, pour des politiques industrielles durables et pour des emplois décents et dignes."
Les syndicats sri-lankais exigent le retrait de la législation du travail hostile aux travailleurs
Dans le cadre de sa tentative de modifier et remplacer les nombreuses lois ayant trait au travail, le gouvernement du Sri Lanka a présenté au début juillet une législation du travail unifiée, également connue sous l’appellation de Loi unique du travail, à examiner par le Conseil national consultatif du travail, un organe tripartite. Ce nouveau projet de loi vise à intégrer des lois existantes telles que l’ordonnance sur le conseil des salaires, l’ordonnance sur les usines, la loi sur les salariés des ateliers et des bureaux, l’ordonnance sur les allocations de maternité, entre autres.
Selon les syndicats, les changements proposés, qui affectent largement les travailleurs et travailleuses du secteur privé, ébranlent de nombreuses manières leurs droits et mèneraient à terme à des conditions de travail dégradées avec un temps de travail allongé, des salaires inférieurs, une plus grande insécurité d’emploi et des réductions au niveau de nombreuses allocations et protections sociales actuellement en place.
Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL Global Union pour l’Asie du Sud, a déclaré :
“Dans le cadre d’un changement des législations du travail, le gouvernement sri-lankais devrait prendre en compte les points de vue syndicaux. Améliorer la protection des droits de travailleurs et des normes du travail dans le sens d’un développement durable devrait être le but premier de législations du travail.”
Anton Marcus, Syndicat des salariés des zones franches et des services
Anton Marcus, de l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des salariés des zones franches et des services, a déclaré :
“Nous assistons à une attaque sans précédent sur les droits des travailleurs. Les changements proposés affecteraient les conditions de travail de base d’environ huit millions de travailleurs et travailleuses du secteur privé et feraient de la journée de travail limitée à huit heures une chose du passé.
“Il est inacceptable que les nouvelles propositions donnent à l’employeur le droit de décider des conditions de travail par le biais du contrat d’emploi, rendant les travailleurs et travailleuses sans défense et soumis aux caprices et fantaisies des employeurs”.
Les syndicats qui manifestaient ont également indiqué que le processus de rédaction des propositions de lois avait eu lieu sans l’implication des représentants syndicaux, ce qui contrevient aux traditions et à la norme s’agissant de la création ou de l’amendement de législations du travail dans le pays.
Au cours de leur manifestation conjointe, 23 syndicats, parmi lesquels de nombreux affiliés d’IndustriALL, ont appelé le gouvernement à retirer sa proposition de loi unique dans son intégralité et sans délai.
Les travailleurs thaïs réclament une hausse du salaire minimum
Ils rappellent que ce salaire minimum de 425 bahts avait été promis par le "Palang Pracharat" pendant la campagne électorale qui a porté ce parti au pouvoir et, maintenant qu'il dirige le nouveau gouvernement, il devrait tenir ses engagements et la promesse faite aux travailleurs.
"Cette hausse de salaire est essentielle pour améliorer le niveau de vie des travailleurs, elle favorise une répartition des revenus plus équitable et réduit le fossé des revenus," a déclaré le Président de la CWUA, Kampong Kampitoon.
Avant les élections générales, le parti au pouvoir avait promis une politique volontaire pour sortir le pays du "piège des revenus moyens" dont la première mesure serait une hausse du salaire national.
Or, la Thaïlande est une société vieillissante avec un nombre croissant d'individus approchant les 60 ans. On compte actuellement en Thaïlande au moins 3 millions d'habitants qualifiés de seniors pauvres et dont la survie dépend de la "prestation sociale mensuelle pour personnes âgées".
"Le taux de 600 bahts (19 $) pratiqué par le gouvernement est irréaliste et bien trop faible pour satisfaire les besoins primaires d'une personne âgée. De ce fait, les seniors qui n'ont que cette prestation sociale mensuelle ont un niveau de vie médiocre et indigne,"
déclare Boonmee Wandee, un ouvrier retraité qui vient d'avoir 70 ans.
Le communiqué de la CWUA est rédigé comme suit :
"Le gouvernement devrait cesser tous les achats d'armes qui ne présentent aucun intérêt économique pour la population; ces achats favorisent la corruption. Les officiers et hauts gradés de l'armée qui occupent plus d'une fonction et perçoivent plus d'un salaire devraient être limogés pour soulager le budget de l'État et augmenter les prestations sociales des citoyens, notamment en portant la prestation de vieillesse à 3.000 bahts. Une telle initiative relèverait sensiblement le niveau de vie de la population et contribuerait à la croissance économique du pays."
Les syndicats éthiopiens et sud-africains réunis pour discuter des stratégies en matière de négociation collective
L’événement était d’une grande importance pour la campagne sur le salaire minimum vital en Ethiopie selon les syndicats. Les travailleurs de l’industrie du vêtement éthiopiens touchent des salaires faibles, d’un montant de moins de 30 US$ par mois. Néanmoins, en Afrique du Sud, la rémunération des travailleurs de l’industrie du vêtement est devenue supérieure au salaire minimum national de 3 500 R (230 US$) au fil des ans grâce à la négociation collective.
Les représentants des affiliés à IndustriALL Global Union, la Fédération industrielle du syndicat des travailleurs de l’industrie du textile, du cuir et du vêtement (IFTLGWU) d’Éthiopie et le syndicat sud-africain des travailleurs de l’industrie du vêtement et du textile (SACTWU), en collaboration avec la Confédération des syndicats éthiopiens, se sont réunis pour discuter des voies à suivre pour améliorer le dialogue social et la négociation collective. L’échange international a été soutenu par la représentation régionale d’IndustriALL en Afrique subsaharienne, SACTWU et Mondiaal FNV des Pays-Bas.
Bien les systèmes de dialogue social et de négociation collective soient différents en Éthiopie et en Afrique du Sud, il existe des domaines communs dans lesquels les syndicats peuvent collaborer. Le secteur de l'habillement et du textile des deux pays est dominé par les femmes qui représentent plus de 80 pour cent de la main-d'œuvre. Aussi, des conditions de travail qui répondent à leurs besoins, telles que les prestations de maternité et les services de garde d'enfants, devraient leur être offertes dans toutes les usines. En outre, les salaires dans ces secteurs sont bas et devraient être augmentés.
Les syndicats ont convenu de coopérer sur certaines stratégies telles que l'amélioration, par la formation, de la négociation dans les usines. La négociation centralisée, qui a permis à SACTWU de signer des conventions collectives dans les secteurs de l'habillement, du textile et du cuir, sera examinée de façon plus approfondie. Actuellement, IFTLGWU négocie uniquement dans les usines. Les participants ont discuté de la manière dont la négociation centralisée pourrait être bénéfique au travail d’IFTLGWU et faire partie de la législation du travail éthiopienne. L’initiative ACT d’IndustriALL avec les marques de vêtements jouera un rôle clé en soutenant ces efforts en veillant à la fois à ce que les usines participent et que les pratiques d'achat des marques soutiennent le développement de la négociation sectorielle.
Andre Kriel, Secrétaire général de SACTWU, a déclaré:
« Nous sommes désireux d’aider nos collègues d'IFTLGWU. Ils peuvent tirer des enseignements de notre approche syndicale stratégique qui considère la négociation collective, la création d'emplois, la prestation de services aux membres et l’augmentation du nombre des adhérents comme des activités syndicales importantes. Grâce à la solidarité internationale, nous nous développerons ensemble et nous nous entraiderons en tant que syndicats ».
Expliquant l'importance de la mission, Emebet Eshetu, vice-président d’IFTLGWU, a indiqué:
« Pour nous, cette mission est l’occasion d’apprendre de SACTWU, en particulier sur la façon de faire avancer notre lutte. La négociation centralisée est la voie que doit suivre le secteur du vêtement et du textile en Éthiopie. Nous devons également utiliser les technologies de l'information et de la communication pour syndicaliser les travailleurs ».
Les participants de la mission ont rencontré des représentants du Conseil national de négociation de l'industrie de l'habillement, et visité l’usine de fabrication de serviettes, Colibri, et l'usine de vêtement, House of Monatic.
Les syndicats latino-américains condamnent la montée du travail précaire chez General Motors
Des syndicats de General Motors (GM) d’Argentine, du Brésil et de Colombie se sont rencontrés pour débattre de la situation des travailleurs et travailleuses. GM, qui produit des voitures, des camions et des moteurs, est en train de restructurer ses activités au sein de plusieurs usines et a dans ce processus ébranlé les droits des salariés.
Au début de l’année, les dirigeants de GM ont publié une note qui menaçait de stopper des activités en Amérique latine à défaut de trouver le moyen de revenir aux bénéfices et ce, bien que les ventes étaient à la hausse.
Les travailleurs et travailleuses présents à la réunion ont indiqué que GM n’était pas au centre d’une quelconque crise des ventes ou de la production. En réalité, elle a décidé de restructurer dans le cadre d’un objectif stratégique visant à obtenir des bénéfices plus élevés que ses concurrents.
GM tente également de créer un fonds de roulement pour pouvoir créer des produits nouveaux et innovants comme des véhicules électriques et autonomes. Une façon d’y arriver pour l’entreprise est de sabrer dans les coûts du travail, ce qui aboutit à des conditions de travail plus précaires.
Lors de la réunion, les participants ont conclu un pacte solidaire et sont convenus de mener des actions unitaires contre la précarisation de la main d’œuvre qui se déroule chez GM dans le cadre de sa restructuration, qui a également monté les usines les unes contre les autres.
Ils ont aussi affirmé que les travailleurs et travailleuses avaient le droit d’être informés de ce que GM a planifié pour différentes usines du Mercosur. On s’est déclaré prêt à négocier mais en s’assurant que les droits des travailleurs et travailleuses soient sauvegardés et renforcés dans le processus.
Ils sont également convenus de travailler en vue de négociations collectives et ont déclaré qu’ils ne négocieraient pas sur des points susceptibles de dégrader leurs conditions de travail et que si GM n’acceptait pas de s’engager dans un dialogue avec les syndicats, ils organiseraient une journée d’action et de revendication.
Enfin, le Secrétaire régional d’IndustriALL Global Union, Marino Vani, a déclaré :
"C’était une excellente réunion, Nous avons commencé à travailler en tant que réseau des salariés de General Motors, ce qui est une des priorités d’IndustriALL. Les syndicats étaient très bien représentés dans ces discussions.
IndustriALL et les syndicats vont inviter GM et d’autres affiliés au plan mondial à prendre part à un dialogue permanent et à des négociations régionales. Ceci nous permettra de déterminer les besoins et revendications des travailleurs et travailleuses de sorte à pouvoir, ensemble, trouver des solutions et aboutir à des accords qui, a minima, sauvegardent les intérêts des travailleurs et travailleuses."
L’action de Los Mineros permet aux travailleurs de recevoir la part des bénéfices leur revenant de Grupo Mexico
Le 30 juillet a marqué le 12e anniversaire de l’entrée en grève des travailleurs dans les mines de Taxco, Cananea et Sombrerete, gérées par Grupo Mexico. En 2007, environ 3 000 travailleurs se sont mis en grève pour protester contre la compagnie après son refus de modifier la convention collective ou d’améliorer les conditions sanitaires et sécuritaires dans les trois mines.
Le syndicat réclamait entre autres le paiement des bénéfices correspondant à la période s’étendant de janvier à juillet 2007. Grupo Mexico a fait savoir qu’il payerait à condition que les travailleurs acceptent de prendre l’argent en tant qu’indemnité de licenciement ou quittent Los Mineros.
Néanmoins, le 2 août 2019, Grupo Mexico a finalement procédé au versement des bénéfices. Au Mexique, la participation aux bénéfices est un droit constitutionnel faisant obligation aux entreprises de payer à leurs travailleurs un pourcentage de ses gains.
Le président de Los Mineros, Napoleón Gómez Urrutia, qui est également sénateur mexicain et co-président d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, a appelé au paiement, lequel a été versé après une longue bataille juridique. Il s’agit d’une victoire majeure pour les travailleurs et la représentation syndicale.
Les travailleurs poursuivent leur action de grève dans les trois mines dans l’espoir de trouver des solutions aux autres problèmes non encore résolus. Ils demandent à Grupo Mexico de mettre en place des mesures de santé et de sécurité adéquates suite aux incidents survenus au fil des ans.
L’homicide industriel de Pasta de Conchos ayant eu lieu le 19 février 2006 a été l’une des pires catastrophes qu’a connu la compagnie en causant la mort de 65 travailleurs. Le 6 août 2014, une fuite a provoqué le déversement de 40 millions de litres de sulfate acide de cuivre dans les rivières Bacanuchi et Sonora, entraînant une catastrophe écologique avec de graves répercussions sur la santé des communautés locales.
La catastrophe la plus récente est survenue le 9 juillet 2019, dans un port de l’Etat de Sonora, au nord-est du Mexique, où une fuite à entraîner l’écoulement de 3 000 litres d’acide sulfurique dans le golfe de Californie.
Lors d’une conférence de presse, le Président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, a annoncé qu’il convoquerait Los Mineros et Grupo Mexico pour participer à un cycle de négociations en vue de parvenir à un accord en lien avec les grèves. Il a également indiqué qu’une enquête approfondie serait menée sur les déversements de 2014 et de 2019, et a assuré que les responsables seraient punis.
Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a déclaré:
« Nous tenons à féliciter Los Mineros, les travailleurs et leurs familles. Seule la persévérance dans la lutte apporte la victoire et la dignité. Votre combat est un exemple concret de camaraderie et d’intégrité. Nous espérons que Grupo Mexico fera preuve de respect envers ses employés et contribuera à trouver des solutions à cette injustice en s’engageant dans le dialogue et la négociation afin de parvenir à un accord équitable pour les travailleurs ».