Les pays d'Afrique priés de ratifier la convention 176 de l'OIT sur la sécurité dans les mines

Le nombre des accidents miniers mortels est en progression depuis 2016. Dans les charbonnages, ils ont augmenté de 400 pour cent, et de 67 pour cent dans les autres mines à l'échelle mondiale. Les décès sont également plus nombreux dans les mines d'or et de platine.

Lors d'une réunion, organisée les 22 et 23 août par IndustriALL Global Union, les pays d'Afrique subsaharienne qui n'ont pas encore ratifié la convention 176 de l'OIT ont été invités à le faire. Les 30 participants d'affiliés d'IndustriALL d'Afrique du Sud, du Burkina Faso, de République démocratique du Congo, du Ghana, de Guinée, du Lesotho, de Madagascar, de Namibie, du Niger, de Zambie et du Zimbabwe ont discuté de l'importance des débats publics sur la santé et la sécurité dans les mines. Il faut aussi renforcer les législations et réglementations, mais également les appliquer et les faire respecter.

Les syndicats ont été exhortés à inclure dans leurs conventions collectives un chapitre sur la santé et la sécurité dans les mines. Les travailleurs ont aussi été encouragés à exercer leur droit de refuser d'effectuer un travail dangereux lorsque les employeurs les forcent à travailler dans un environnement dangereux. Il faut aussi que les syndicats s'attaquent aux employeurs qui ne respectent pas les normes de santé et de sécurité.

Nancy Coulson, de l'université du Witwatersrand, a mis en lumière le rôle critique du représentant syndical de santé et de sécurité, citant des meilleures pratiques internationales et des exemples pris dans des mines sud-africaines. Elle a souligné que l'important est que ces représentants défendent toujours les intérêts des mineurs, et pas ceux des employeurs.

"Le représentant de santé et de sécurité doit agir dans le respect de la loi; il doit avoir le droit d'informer sur les risques, d'inspecter le lieu de travail à la recherche d'éventuelles failles, d'entendre les plaintes des travailleurs, de signaler les défaillances à l'employeur, et de participer aux consultations sur les plans de santé et de sécurité."

Sur les pays représentés à la réunion, l'Afrique du Sud, la Guinée, la Zambie et le Zimbabwe ont ratifié la convention 176. À ceux-là s'ajoutent le Botswana et le Mozambique.

Glen Mpufane, le Directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :

"Protéger la vie des mineurs est une fonction essentielle des syndicats et ils doivent mener des campagnes vigoureuses pour l'amélioration de la santé et de la sécurité dans les mines. Il est important de ratifier et d'appliquer la convention 176 pour atteindre cet objectif. Dans les pays qui n'ont pas ratifié, il faut que les syndicats fassent campagne, non seulement pour la ratification, mais pour l'application de la réglementation sur la santé et la sécurité en vigueur."

Étaient également présents à cette réunion des représentants du Bureau international du travail et du ministère des ressources minérales et de l'énergie d'Afrique du Sud.

Soutien grandissant pour l’occupation du chantier naval Harland and Wolff, qui en est à cinq semaines

Harland and Wolff, le chantier naval qui a construit le Titanic, est passé sous administration judiciaire le 6 août, faisant planer la perte potentielle de 120 emplois dès lors que la maison mère en difficulté, Norwegian Dolphin Drilling, n’était pas parvenue à trouver un repreneur.

Les travailleurs et travailleuses occupent le chantier depuis le 30 juillet, pour tenter d’empêcher spéculateurs et dépeceurs d’entreprises de s’en emparer. Les travailleurs et travailleuses ont bloqué l’accès des administrateurs au site. Le délégué syndical Joe Passmore explique :

“Nous n’allions pas accepter que des gens qui n’ont pas à cœur nos intérêts prennent la main sur le chantier, nous faisons tourner cette boîte et c’est nous qui décidons qui y vient et qui n’y vient pas.”

Les syndicats qui représentent les travailleurs et travailleuses du site, les affiliés d’IndustriALL Global Union GMB et Unite, appellent le gouvernement britannique à nationaliser ou à élaborer un plan de sauvetage, ajoutant que les travailleurs et travailleuses ont montré bien plus d’engagement envers le chantier que ne l’a fait le gouvernement.

Le refus du gouvernement d’intervenir offre un contraste frappant avec le précédent créé par le gouvernement écossais qui a nationalisé le chantier naval Ferguson à Port Glasgow en août. Des travailleurs de Ferguson Marine ont rendu une visite sur le chantier naval pour marquer leur soutien.

Les travailleurs et travailleuses de Ferguson Marine, qui a été nationalisé par le gouvernement écossais, ont manifesté leur soutien

Ceux qui font campagne soutiennent que ce chantier, qui produit du matériel pour le secteur du renouvelable, devrait être sauvé dans le cadre d’une nouvelle donne verte.

Les travailleurs et travailleuses ont un soutien croissant de la communauté locale et venant du monde entier. Un rassemblement s’est tenu au chantier le 23 août avec des prises de parole de dirigeants syndicaux venus de tout le pays.

La force du soutien apporté a attiré un certain nombre de propositions sérieuses de la part de repreneurs potentiels qui veulent le mettre au cœur de leurs préoccupations.

Susan Fitzgerald, de Unite, confie :

“Ceux qui font des offres et visitent le site et l’explorent ne proposent pas juste une rustine, mais promettent un brillant avenir avec un nombre croissant d’emplois à haute valeur ajoutée.”

“Il y a maintenant une concurrence entre repreneurs pour faire l’acquisition de ce chantier naval alors qu’il y a quelques semaines à peine, on avait prononcé sa mort.”

Kan Matsuzaki, Directeur de secteur d’IndustriALL, a déclaré :

“Le courage et la détermination de ces travailleurs et travailleuses est admirable et montre qu’il y a de la vie dans ce chantier et un soutien venu du monde entier. Nous allons continuer à les soutenir dans la défense de leurs moyens d’existence jusqu’à ce qu’un repreneur sérieux soit trouvé et l’avenir du chantier assuré.”

Entretemps, les syndicats ont négocié un licenciement temporaire qui va préserver leurs contrats et les termes de leurs emplois jusqu’à la réouverture du chantier.

Décès incessants dans l’industrie de la démolition des navires au Bangladesh

La tragédie a eu lieu vers 17h45 alors qu’un lourd câble en métal s’est abattu sur des ouvriers qui étaient en train de démanteler un navire, le CSL Virginia. Les personnes décédées ont été identifiées comme étant Aminul Islam (50 ans) et Tushar Chakma (25 ans). Les blessés ont été admis dans les hôpitaux de la ville de Chittagong. Au moment de l’accident, 55 ouvriers étaient déployés sur le chantier. Une enquête a été ouverte par le poste de police de Sitakunda.

Le 31 juillet 2019, trois travailleurs avaient été tués et six autres blessés lors d’un accident sur le MT ATLAS chez Mac Corporation, qui est l’un des plus anciens chantiers navals de démolition de Sitakunda. L’employeur avait envoyé des travailleurs démanteler le réservoir à carburant sans avoir suivi les procédures de sécurité appropriées. Cela a conduit au dégagement de gaz toxiques qui ont tué les travailleurs. Le même jour, un autre travailleur, Yousuf (45 ans) a été tué à l’usine de relaminage Nazia de Gamariltol, au nord de Shonaichori, ayant été frappé par une pièce métallique.

Le 23 juillet, un ouvrier, Shahidul Islam (30 ans), est mort au chantier de démolition navale Kabir Steel à Sitakunda, lorsqu’il est tombé du pont supérieur d’un navire dans un réservoir vide.

À ce stade, au moins 14 travailleurs ont été tués dans le secteur de la démolition des navires en 2019 au Bangladesh, selon des rapports disponibles dans le domaine public. Un récent article publié par IndustriALL en mai 2019, fournit des détails sur les accidents depuis janvier de cette année.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour la démolition des navires, a déclaré :

“Nous condamnons fermement la répétition sans fin des décès au sein de l’industrie de la démolition des navires au Bangladesh. Ces accidents montrent que l’absence de contrôle de la part des autorités et la négligence des employeurs  continuent à tuer des ouvriers. Le gouvernement du Bangladesh doit agir rapidement pour mettre en œuvre la Loi sur le recyclage des navires, datant de 2018, et ratifier la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud a indiqué :

“Nous constatons clairement que pratiquement tous ces accidents sont absolument évitables. Le laxisme de la part du gouvernement et des employeurs du secteur continue à provoquer des morts. Le gouvernement du Bangladesh devrait immédiatement accélérer les efforts en vue d’améliorer la sécurité au sein des chantiers de démolition des navires au Bangladesh.”

Les travailleurs de GM du Brésil lancent une campagne pour protéger leur emploi

En février de cette année, GM a signé une convention avec le syndicat, promettant de payer les travailleurs et travailleuses 2.500 réaux (US$ 600), net. Tous n’ont pas perçu ce montant, mais après que le syndicat a menacé de partir en grève, la direction de GM a accepté de se conformer à la convention signée.

Dans le cadre de la convention de février, GM s’engageait également à investir dans l’usine.

Cependant, le 23 août, General Motors (GM) a mis à la porte 17 travailleurs de son usine de São José dos Campos. Selon le syndicat, le Syndicat des Métallurgistes de São José dos Campos, affilié à CSP Conlutas, GM a licencié du personnel pour tenter de donner un coup de fouet aux bénéfices en replaçant des salariés existants par des ouvriers moins payés.

“Les licenciements ont eu lieu alors que GM annonçait engager de nouveaux travailleurs et juste avant le week-end pour tenter d’éviter d’attirer l’attention,” a confié Luiz Carlos Prates, membre de l’organe dirigeant de CSP Conlutas.

En réaction, des adhérents syndicaux ont décidé de lancer une campagne pour lutter en faveur de la sécurité d’emploi.

Au cours d’une réunion avec la direction le 29 août, le syndicat a appelé GM à faire les investissements promis et à garantir la sécurité d’emploi.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL Global Union, Marino Vani, a déclaré :

“Nous soutenons les travailleurs dans leur lutte. Lors de la dernière réunion régionale des travailleurs et travailleurs de GM, nous nous sommes engagés à assurer que l’entreprise se conforme aux accords qu’elle a signés et qu’elle ne cherche pas à rencontrer ses objectifs en termes de profits en créant des conditions de travail plus précaires.”

Prochaines étapes pour l’Accord

Le RSC est une initiative nationale sans précédent qui réunit le secteur, les enseignes et les syndicats pour assurer une solution durable, fondée sur une norme de conformité unifiée, en vue de poursuivre sur la lancée des avancées significatives réalisées en matière de sécurité des lieux de travail au Bangladesh depuis la création de l’Accord.
Le RSC traitera également des relations sociales, du développement des compétences et des normes d’environnement.

“Le RSC va garantir que les progrès accomplis en matière de sécurité au sein des usines au Bangladesh se prolongent et il jouera un rôle important dans le bon fonctionnement des relations sociales,” a indiqué Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et membre du Comité de pilotage de l’Accord.

Lors de la réunion des 2 et 3 septembre, les parties ont débattu d’un large éventail de problématiques afin d’assurer une transition de l’Accord et de ses fonctions en douceur (inspections, remédiation, formation et mécanismes de dépôt de plaintes en matière de sécurité) auprès du RSC d’ici à fin mai 2020.

Les parties sont convenues de l’importance d’élaborer ensemble le protocole d’entente et les articles du RSC ainsi qu’un accord concernant la transition. Les projets de textes seront préparés en vertu d’un agenda convenu.

Dans le cadre d’une déclaration commune, l’Accord et la BGMEA ont indiqué être heureux à l’idée de pouvoir poursuivre des discussions constructives et se sont engagés à travailler ensemble afin de garantir que les usines de prêt-à-porter du Bangladesh soient rendues sûres et le demeurent.

“Il est important que syndicats, employeurs et enseignes poursuivent ensemble leur travail pour améliorer la sécurité des travailleurs et travailleuses et en vue d’une transition en douceur des principes de l’Accord au sein du RSC,” a indiqué ZM Kamrul Anam, Secrétaire général du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh.

Le Comité de pilotage de l’Accord est composé à parts égales de représentants d’entreprises signataires et des syndicats avec une Présidence neutre en provenance de l’Organisation.

Aller vers une démolition des navires soutenable en Asie du Sud

Deux travailleurs ont été tués et treize autres blessés sur un chantier de démolition de navires à Sitakund, au Bangladesh, ce 31 août, ce qui a résonné comme un rappel pressant du besoin de mettre en œuvre des mesures de sécurité minimales dans la démolition des navires en Asie du Sud.

Seize militants syndicaux venus du Bangladesh, d’Inde et du Pakistan ont pris part à une formation destinée à des moniteurs de santé et sécurité professionnelle (SSP) du 26 au 28 août, sous la direction de Joop van Oord et Martjin van de Beurcht de notre affilié néerlandais, la FNV.

La formation a repris différents aspect de SSP, dont la communication, l’observation, l’organisation, l’usage approprié de l’équipement de protection personnelle, la sécurité par rapport à la pollution par le bruit, la prévention des accidents et l’utilisation sûre des filins, des outils et des chaînes.

Les participants ont pu échanger sur les bonnes pratiques, s’exprimer en toute franchise sur les problématiques de sécurité et débattre de la façon de former au mieux leurs collègues sur les manières d’améliorer la sécurité.

Lors d’une réunion régionale qui a suivi les 29 et 30 août, les participants ont évalué le secteur de la démolition des navires dans un plus large contexte mondial, ont dressé un bilan des activités de syndicalisation en cours et discuté des moyens de construire des syndicats durables pourvus d’un système approprié de collecte des cotisations.

Les affiliés d’IndustriALL de la démolition des navires en Asie du Sud réunis au Népal

Les syndicalistes ont souligné le besoin de reconcentrer l’attention sur la sécurité et d’accentuer la campagne pour que des pays ratifient la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

La Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires de l’Organisation internationale maritime requière une ratification par 15 États représentant 40% de la flotte marchande mondiale en tonnage brut pour entrer en vigueur. À ce stade, 13 États ont ratifié la Convention, qui représentent 29,42% du tonnage brut.

Comme l’a souligné Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la construction navale et de la démolition des navires :

“Faire en sorte que l’Inde et le Bangladesh ou le Pakistan ratifient la Convention nous ferait faire un grand pas en avant vers son entrée en vigueur.”

La réunion a aussi traité de la syndicalisation des travailleurs et travailleuses de l’aval occupés à des activités comprenant le recyclage du plastique et le relaminage des tôles d’acier.

Une membre de la SEWA rend compte des médiocres conditions d’emploi des femmes occupées dans les industries en aval de la démolition des navires

Les participants ont pris pour résolution de mettre sur pied une Plateforme de la démolition des navires pour l’Asie du Sud permettant aux travailleurs et aux organisations sympathisantes d’œuvrer ensemble à l’amélioration des conditions de travail au sein de l’industrie de la démolition des navires dans la région.

Atle Høie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué :

“La démolition des navires continue d’être l’une des industries les plus dangereuses au monde. Nous nous pouvons tolérer que des démolisseurs de navires risquent leurs vies à faire le sale boulot pour des armateurs milliardaires. Les efforts solidaires d’IndustriALL et de la FNV vont renforcer la capacité des travailleurs à améliorer la sécurité sur les chantiers.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour la région Asie du Sud a déclaré :

“Nos affiliés travaillent à renforcer les structures syndicales afin de répondre aux problématiques critiques en termes de sécurité au sein du secteur de la démolition des navires et des industries d’aval.”

Les affiliés d’IndustriALL suivants ont pris part aux réunions organisées par IndustriALL avec le soutien solidaire de la FNV : Bangladesh Metalworkers’ Federation (BMF), Bangladesh Metal, Chemical, Garments and Tailors Workers Federation (BMCGTWF), National Trade Union Federation (NTUF), du Pakistan, Steel, Metal and Engineering Workers’ Federation (SMEFI) et Self Employed Women’s Association (SEWA) d’Inde.

Les syndicats sud-africains choqués par la xénophobie et les pillages

Cette violence est une répétition de ce qui s’est déjà passé au cours d’autres attaques xénophobes dans le pays et la police a indiqué avoir procédé à différentes arrestations.

Louise Modikwe de l’affilié d’IndustriALL Global Union du textile, Southern African Clothing and Textile Union, qui est également la Secrétaire pour la province de Gauteng du Congrès des syndicats sud-africains COSATU, a déclaré :

“Le COSATU est choqué par la violence exercée à l’égard de ressortissants étrangers, en particulier nigérians, qui a débuté la semaine dernière après qu’un chauffeur de taxi a été tué à Pretoria. Cette violence est alimentée par les défis économiques présents en Afrique du Sud et en Afrique en général, qui sont le résultat des échecs des gouvernements à élaborer des politiques économiques qui fassent croître les économies et créent des emplois. Les interventions des gouvernements au niveau de la création d’emploi, de la gestion des étrangers sans papiers et du contrôle des stupéfiants au sein des communautés sont souvent déficientes.”

La Fédération sud-africaine des syndicats (SAFTU) à laquelle l’affilié d’IndustriALL, le Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, est également affilié, a déclaré :

“La SAFTU répète que les migrants n’ont rien à voir avec le taux de chômage élevé de 38%. Ils n’ont rien à voir avec le fait que deux tiers des Sud-africains vivent dans la pauvreté. Les inégalités auxquelles les Sud-africains font face ne sont pas créées par les migrants pauvres venus d’Afrique et d’Asie, mais émanent du système capitaliste qui divise et exploite la classe ouvrière noire.”

Les syndicats ont indiqué que la sûreté et la sécurité étaient faibles en raison de l’échec de la Police sud-africaine à faire son devoir en termes de maintien de l’ordre et de l’état de droit. Ils ajoutent que cela pourrait être une des raisons pour lesquelles le crime est endémique dans le pays.

Les syndicats ont également condamné les pratiques de certains employeurs qui préfèrent les sans papiers aux travailleurs et travailleuses sud-africains. Les sans papiers sont payés en dessous du salaire minimum de 3.500 rands (US $230). Ils affirment que cela crée des conflits entre travailleurs.

Avec une croissance molle de 2,8% par an en Afrique sub-saharienne, les emplois sont difficiles à trouver et l’Afrique du Sud est perçue comme un pays offrant de meilleures perspectives que d’autres. Des efforts sont actuellement entrepris pour créer des emplois sur le continent, parmi lesquels l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Zone de libre-échange continentale africaine, entre autres initiatives.

Photo: © Ihsaan Haffejee, 2 septembre – Des personnes fuient la police qui tente de disperser une foule qui tente de piller des entreprises appartenant à des migrants

Les syndicats indiens du charbon appellent à la ratification immédiate de la C176 de l’OIT

L’industrie minière en Inde est sujette à de fréquents accidents, dont certains connaissent des issues fatales. Selon un rapport publié par Coal India Limited, entre 2010 et mars 2019, un total de 498 mineurs ont été tués au travail dans les charbonnages. Un nombre hallucinant de 1.660 mineurs a été grièvement blessé.

Rajendra Prasad Singha de la HKMF a déclaré :

“La détérioration de la sécurité dans les mines constitue une grave préoccupation. Des activités minières sans planification, l’augmentation des objectifs de production, des extractions opérées par des tierces parties, un nombre élevé de travailleurs précaires sans formation, la négligence des mesures de sécurité de la part de Coal India Limited ainsi que des lacunes criantes au niveau de l’agence de sécurité de l’État font partie des raisons que l’on trouve derrière ces accidents évitables.

“Les syndicats doivent travailler ensemble pour améliorer la sécurité et nous avons besoin du soutien permanent d’IndustriALL pour susciter une conscientisation sur les questions de sécurité et les meilleures pratiques à adopter au plan mondial.”

Ce 26 août, 700 militants syndicaux se sont rassemblés à Talcher et ont remis un mémoire à la présidence de Mahanadi Coalfields, réclamant l’amélioration des mesures de sécurité et la ratification immédiate par le gouvernement de la C176 de l’OIT.

Ce 28 août, des militants syndicaux d’Eastern Coalfields se sont réunis à Asansol pour débattre de questions de sécurité.

Les participants aux deux rencontres ont décidé :
• d’intensifier les campagnes dans toutes les mines pour que soient prises en compte les conditions de travail dangereuses
• de faire cesser l’utilisation d’équipement de sécurité inférieur aux normes
• d’assurer la mise à disposition de tous les travailleurs d’équipements de sécurité, y compris les travailleurs précaires
• de prendre des mesures pour assurer une formation adéquate des travailleurs précaires
• de faire preuve de solidarité lorsque des travailleurs précaires sont confrontés à des problèmes liés à la sécurité
• d’augmenter la conscientisation sur le droit de refuser des tâches dangereuses

Allant un cran plus loin, les militants d’Eastern Coalfields ont décidé de former une équipe syndicale conjointe pour la sécurité afin de mener des inspections et d’assurer le suivi des normes de sécurité. Les syndicats vont également continuer à soutenir la campagne en faveur de la ratification de la C176 de l’OIT.

Apporva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Les efforts des affiliés d’IndustriALL pour que soient prises en compte les questions de sécurité sont cruciaux. La construction de l’unité autour des questions de sécurité et la campagne pour la ratification de la C176 de l’OIT vont contribuer au bien-être des mineurs des charbonnages d’Inde.”

Manifestation de masse au Myanmar pour réclamer l’application de la législation du travail

4.000 travailleurs et travailleuses du district de Hlaing Thar Yar et 600 de celui de Kyauk Tan  ont donné de la voix pour protester contre l’absence d’application d’une législation qui a été amendée en juin dernier. De nombreux manifestants portaient du rouge, la couleur de leur syndicat, affilié à IndustriALL, la Fédération des travailleurs et travailleuses de l’industrie du Myanmar (IWFM).

Deux leaders syndicalistes, Kyi Thi Win et Shane Thu, ont été licenciés de l’usine de Prosperity Knitting en juin, alors qu’ils étaient en train d’y mettre sur pied une organisation syndicale de base.

L’IWFM réclame la réintégration immédiate des deux leaders syndicalistes ainsi que l’application effective de la nouvelle législation.

“Ceci constitue une violation des droits des travailleurs,” déclare Khaing Zar, Président de l’IWFM et membre du Comité exécutif d’IndustriALL. “Nous avons épuisé tous les canaux institutionnels, comme le département du travail, l’organe de conciliation cantonal et le Ministère du travail, mais le gouvernement fait la sourde oreille par rapport à cette grave violation des droits des travailleurs.”

En vertu de l’Article 23 de la législation révisée sur la résolution des conflits du travail, un différend entre employeur et travailleur sera pris en charge par le département du travail ou par un tribunal. Dans l’ancien système de résolution des conflits, un organe de conciliation cantonal jouait le rôle de conciliateur.

“Le cas des leaders syndicalistes mis à pied en juin démontre clairement que les autorités tiennent en suspens la loi qui permettrait de réintégrer des travailleurs et travailleuses licenciés abusivement. Nous appelons le gouvernement à mettre en œuvre les amendements à la législation et à reconnaître le droit des travailleurs et travailleuses à mettre sur pied et constituer un syndicat,” a ajouté Khaing Zar.

Asie-Pacifique: les affiliés à IndustriALL se mobilisent pour un commerce plus équitable

Les syndicats demandent que les accords de libre-échange profitent à tous et que les syndicats soient consultés dans les négociations. La journée d'action est programmée de manière à coïncider avec le T20 ou Travail 20 – une réunion des dirigeants syndicaux des pays du G20, qui se tiendra à Tokyo, au Japon, les 29 et 30 août.

En affectant presque tous les aspects de l'économie nationale, la nouvelle génération d'accords de libre-échange complets, tels que le Partenariat économique régional global, qui exige une libéralisation accrue dans la région Asie-Pacifique, va au-delà de simples réductions tarifaires. Ces nouveaux accords ont de graves conséquences sur la capacité des gouvernements à utiliser les instruments politiques en fonction de leurs besoins de développement et s’apparentent, à bien des égards, à des programmes commerciaux des entreprises pouvant  avoir une incidence négative sur les droits des travailleurs.

Les négociations du Partenariat économique régional global, qui concerne 16 pays et la moitié de la population mondiale, sont à un stade avancé et devraient être conclues d'ici la fin de l'année.

Les actions des affiliés à IndustriALL dans la région Asie-Pacifique sont guidées par les dix principes directeurs de l'intervention syndicale dans les forums et processus politiques qui ont été adoptés par le Comité exécutif d'IndustriALL.

  1. Les gouvernements doivent revenir au multilatéralisme, au lieu de conclure des accords commerciaux bilatéraux ou régionaux
  2. Les accords commerciaux doivent inclure des droits du travail exécutoires et faire référence aux conventions de l'OIT
  3. Les négociations commerciales doivent être transparentes et inclusives
  4. Les gouvernements doivent garder le contrôle et être en mesure d'établir une politique industrielle
  5. Dire non aux dispositions relatives au règlement des différends entre investisseurs et États, qui permettent aux entreprises de poursuivre les pays s'ils adoptent des lois qui limitent leurs profits
  6. Les gouvernements doivent être en mesure de réglementer l'économie numérique et de jouer un rôle dans l'élaboration des politiques en matière d'infrastructure numérique
  7. Les droits de propriété intellectuelle ne doivent pas entraver les efforts déployés par les gouvernements pour atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies. Les restrictions sur les médicaments doivent être supprimées des accords commerciaux
  8. Les pays doivent être en mesure d'utiliser des mesures correctives commerciales fondées sur des règles pour défendre les industries locales contre le commerce inéquitable
  9. Les marchés publics doivent rester un outil de politique industrielle du gouvernement
  10. Les services publics doivent être exclus des engagements juridiquement contraignants découlant des accords commerciaux

Le 30 août, les affiliés à IndustriALL organiseront des rassemblements, des manifestations et des ateliers pour attirer l’attention sur leurs revendications.

Le T20, qui est organisé par la Confédération syndicale internationale (CSI) et l'OCDE, a lieu avant la réunion des ministres du Travail et de l'Emploi du G20 à Matsuyama, au Japon, les 1er et 2 septembre.