Appel mondial à l'action pour le climat le 27 septembre

La période du 20 au 27 septembre 2019 a été déclarée semaine mondiale d'action pour le climat. Ces dates encadrent un important sommet des Nations Unies sur le changement climatique.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a signalé:

« IndustriALL Global Union se bat depuis de nombreuses années pour l’établissement d’une transition juste vers un avenir durable. Il est temps de faire valoir à nouveau notre point de vue plus fortement. Notre avenir, et celui de nos enfants, en dépendent.

Le 27 septembre, les affiliés à IndustriALL sont encouragés à prendre des initiatives ou à coordonner leurs actions avec d'autres syndicats et/ou leurs centres nationaux.

Que peuvent faire les affiliés?

Une liste de quelques-uns des événements organisés au cours de cette semaine d'action peut être trouvée à: https://globalclimatestrike.net/#join – Joignez-vous à nous ou organisez votre propre événement.

« La crise climatique est réelle, elle est urgente et constitue une menace pour les travailleurs et les communautés. Cette crise a des dimensions sociales et économiques, et pas seulement environnementales. L’établissement d’une transition vers un avenir durable et un climat stable est une transition juste qui protège les travailleurs, leurs familles et les communautés qui en dépendent », a indiqué Valter Sanches.

Nous vous invitons à nous envoyer des informations sur vos actions et des photos à [email protected]

Pérou : la grève des mineurs se heurte à de la violence et des arrestations

L’affilié d’IndustriALL, la FNTMMSP (Fédération des mineurs et métallurgistes du Pérou), était parti en grève le 10 septembre pour revendiquer le droit de négocier collectivement au niveau sectoriel, à l’issue de six mois passés à essayer d’amener ses employeurs au dialogue.

La grève, qui a mis à l’arrêt divers sites, a rencontré de la violence de la part de la police. 17 personnes, y compris le Secrétaire général du syndicat, Jorge Juárez, ainsi que d’autres leaders syndicaux, des femmes du comité des épouses et le journaliste du syndicat, ont été arrêtés et maintenus en détention pendant 48 heures à l’issue d’une réunion au Ministère du Travail dans la capitale, Lima.

Des mineurs venus de différents bassins du Pérou ont été confrontés à la violence policière alors qu’ils se rassemblaient à Lima, ce qui a conduit à l’hospitalisation de quatre d’entre eux, grièvement blessés.

Le Pérou est l’un des pays du monde les plus richement dotés en métaux précieux, le secteur minier fournissant des revenus significatifs au pays ainsi qu’aux compagnies minières. Nombre des plus importantes compagnies minières ont des activités au Pérou, dont Anglo American, BHP, Glencore, Rio Tinto, Grupo México, Newmont, Barrick Gold, Freeport-McMoRan, China MinMetals et Shougang Group.

Bien qu’elle soit l’une des principales sources d’emploi du Pérou, l’activité minière y contribue aussi à des conflits sociaux et environnementaux. Environ 130.000 personnes travaillent sous régime précaire, 70% des postes sont externalisés et une moyenne de 30 victimes décèdent chaque année dans des accidents du travail.

Menées dans des régions où vivent des fermiers et des populations indigènes, l’activité minière met en péril leurs moyens d’existence alors qu’il n’existe aucun processus préalable de consultation pour obtenir le consentement de ces communautés locales.

Marino Vani, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine, a déclaré :

IndustriALL affirme sa solidarité avec les mineurs et leurs dirigeants, qui se battent en faveur d’une industrie minière plus juste et plus durable. Nous regrettons l’absence de dialogue et les attaques perpétrées à l’encontre des mineurs et appelons en lieu et place à un véritable dialogue destiné à mettre en œuvre des négociations collectives fonctionnelles.

Etats-Unis: grève de près de 50 000 travailleurs membres d'UAW employés chez General Motors

Quelque 200 dirigeants syndicaux locaux de United Auto Workers (UAW – Travailleurs unis de l'automobile), affilié à IndustriALL Global Union, ont unanimement accepté de faire grève après l'expiration, le samedi 14 septembre, de la convention collective conclue avec le géant de l'automobile.

Les travailleurs veulent que General Motors reconnaisse les contributions et les sacrifices que les membres du syndicat UAW employés dans l'entreprise ont faits pour créer une industrie saine et rentable.

« Nous avons dit aux membres d'UAW de General Motors que nous les défendrons ainsi que leur avenir », a déclaré Gary Jones, président d'UAW.

Les membres d'UAW revendiquent:

« Nous avons soutenu General Motors quand ils ont eu le plus besoin de nous. Maintenant, nous sommes solidaires et unis avec nos membres, leurs familles et les communautés où nous travaillons et vivons »,

a indiqué Terry Dittes, vice-président d'UAW.

Les membres du syndicat UAW employés chez General Motors revendiquent des salaires justes et une part des bénéfices. Photo: UAW/Facebook

En 2008, le Trésor américain a renfloué General Motors à hauteur de 49,5 milliards de dollars, et les travailleurs d'UAW ont accepté de faire d'importantes concessions pour maintenir en activité l'un des plus grands constructeurs automobiles du pays. Alors que General Motors a réalisé des profits s’élevant à plus de 35 milliards de dollars en Amérique du Nord au cours des trois dernières années, les travailleurs veulent des salaires équitables et une part des bénéfices.

Dans le même temps, la rémunération de Mary Barra, PDG de General Motors, s'élevait à 21,87 millions de dollars en 2018, soit 281 fois le salaire médian des travailleurs de General Motors.

Un autre affilié à IndustriALL, le syndicat Teamsters, a indiqué que, par solidarité avec UAW, 1 000 de ses membres ne transporteront aucun produit de General Motors aux concessionnaires à travers le pays, ce qui aura un impact significatif sur la capacité de distribution de General Motors.

Dans une lettre adressée au président d'UAW, Gary Jones, et à son vice-président, Terry Dittes, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Votre cahier de revendications vise à obtenir une part équitable de la réussite économique de General Motors, la sécurité de l'emploi et la baisse du nombre des travailleurs précaires. Je peux vous assurer du soutien de l'ensemble du mouvement syndical dans le monde entier pour atteindre ces objectifs. L'insécurité et le travail précaire détruisent nos communautés. Ce combat est aussi notre combat. Nous sommes avec vous coude à coude. »  

La grève intervient alors que 10 400 membres du Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), également affilié à IndustriALL, sont en grève depuis deux semaines pour protester contre le constructeur automobile. D'autres affiliés à IndustriALL, comme ses affiliés au Canada et au Brésil, ont également pris des mesures audacieuses pour défendre les travailleurs de General Motors dans leurs pays respectifs.

IndustriALL appelle ses affiliés à faire preuve de solidarité avec les membres d'UAW employés chez General Motors en écrivant au président d'UAW, Gary Jones, et à son vice-président, Terry Dittes, et en copiant Mark Liburdi ([email protected]) et Kristyne Peter ([email protected]).

Un syndicat sud-africain signe un accord salarial

Suivant cet accord salarial de trois ans, qui courra jusqu'en 2022, les travailleurs du secteur obtiendront une hausse des salaires de neuf pour cent en 2019 et d'autres hausses de sept pour cent les années suivantes. Ces hausses seront aussi adaptées chaque année sur le taux d'inflation, tandis que les indemnités de transport passeront de 1.540 à 2.500 rands (105 à 171 $).

L'accord prévoit aussi d'autres prestations, comme des congés pour charge de famille et des primes en cas de licenciement temporaire. Les travailleurs faisant partie de l'unité de négociation percevront aussi une prime unique de 7.500 rands (510 $). En outre, le syndicat et les employeurs doivent finaliser des propositions en matière d'aide médicale et de classement des qualifications.

 Irvin Jim, le Secrétaire général du NUMSA, déclare :

"Notre équipe de négociateurs a travaillé durement et sans relâche pour nous amener à ce point des négociations, et nous leur en sommes reconnaissants."

Georg Leutert, le Directeur d'IndustriALL en charge du secteur automobile, ajoute :

"Nous nous réjouissons de cette convention collective conclue par le NUMSA et l'AMEO qui va plus loin dans l'amélioration des conditions de travail dans le secteur automobile d'Afrique du Sud. Alors que ce secteur entre dans l'ère Industrie 4.0, nous nous félicitons aussi des initiatives de perfectionnement des compétences qui profitent aux travailleurs."

En tant que principal secteur manufacturier d'Afrique du Sud, qui représente près de 30 pour cent de ce secteur et produit plus de 600.000 véhicules par an, l'automobile occupe une place importante dans l'économie. Avec environ 6,8 pour cent du produit intérieur brut du pays et plus de 100.000 emplois dans sa chaîne de valeur, il contribue au perfectionnement des compétences, à la technologie et l'innovation, et à l'investissement direct étranger.

Le secteur automobile d'Afrique du Sud englobe la construction, la distribution, l'entretien et la maintenance des véhicules à moteur et de leurs organes. Le Programme pour le développement de la production automobile de 2013, qui sera remplacé en 2020 par le Plan directeur sud-africain pour l'automobile, soutient les fabricants de pièces d'origine et entend donner la priorité à la production pour le marché à l'exportation. Il offre à ces fabricants des subventions sous la forme d'abattements fiscaux dans le but d'augmenter dans les voitures construites dans le pays la part de la production locale qui est actuellement de 37 pour cent.

Concevoir le futur : les syndicats de l’ingénierie mécanique affrontent les défis

Cette assemblée a réuni les affiliés d’IndustriALL Global Union en vue d’élaborer un plan d’action collectif pour les quatre prochaines années.

Une partie importante des débats s’est concentrée sur la crise climatique. Sachant que le secteur conçoit aussi bien des processus que des produits pour le transport, les énergies renouvelables et toutes les industries en lien avec des technologies plus vertes, il a un rôle essentiel à jouer. Cela concerne le matériel agricole, minier et de construction, l’équipement automobile, les composants liés à la production d’énergie, les roulements, les ascenseurs et les escaliers mécaniques et bien d’autres.

La réunion a été ouverte par Wolfgang Lemb, qui est responsable du secteur pour IG Metall, et Rainer Wimmer, membre SPÖ du parlement autrichien et président de PRO-GE. Wolfgang Lemb s’est exprimé sur le besoin de prendre le changement climatique au sérieux et d’élaborer des politiques industrielles durables qui dirigent l’expertise, le capital et les diverses ressources vers des emplois de qualité qui rencontrent les objectifs climatiques.

Rainer Wimmer a indiqué que le secteur est sain et montre une croissance constante, mais est confronté à des menaces venant de l’extérieur :

“Nous sommes en présence de nouveaux acteurs politiques, Trump, Bolsonaro et Johnson, qui refaçonnent le monde à leur propre image, suscitant des guerres commerciales. Ils représentent un recul important par rapport à notre lutte contre la crise climatique.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a tracé le contour des défis qui se dressent face à l’économie mondiale, au mouvement syndical et au secteur. Les syndicats doivent élaborer de nouveaux accords mondiaux et maîtriser les changements démographiques et les pratiques de travail.

"Nous devons être le syndicat 4.0”, a-t-il dit.

Sanches, Lemb et Wimmer ont tenu une conférence de presse et ont répondu aux médias sur des questions concernant l’avenir de la syndicalisation dans le secteur.

Sanches, Lemb et Wimmer ont tenu une conférence de presse et ont répondu aux médias sur des questions concernant l’avenir de la syndicalisation dans le secteur.

Le directeur pour le secteur, Matthias Hartwich, a donné les grandes lignes des transformations en cours :

“C’est une évolution du travail. Il appartient aux syndicats de se tailler une place dans le processus, autrement, il sera uniquement aux mains des entreprises et de leurs directions et le changement affectera alors la population active plutôt qu’avoir lieu avec son concours. Nous devons être pro-actifs et avancer nos revendications et nos proportions.”

Le Professeur Thomas Bauernhansl

Le Professeur Thomas Bauernhansl de l’Institut Fraunhofer a expliqué comment l’internet des objets, l’apprentissage automatique, les connections 5G et la vidéo-surveillance à haute résolution allaient constituer des caractéristiques du futur. Il a prévenu que l’ingénierie mécanique allait être confrontée à de la concurrence de la part d’entreprises organisées en plateformes. Les plateformes ont du capital, mais ont besoin des données dont disposent les firmes d’ingénierie. Celles-ci doivent être prudentes si elles ne veulent pas finir en tant que simples fournisseurs de matériel se faisant concurrence pour vendre des produits aux plateformes.

La seconde journée a été ouverte par Klaudia Frieben de PRO-GE, qui a mis en évidence le faible taux de participation des femmes dans le secteur et les obstacles auxquels elles sont confrontées. Un certain nombre de déléguées ont partagé leur expérience, notamment une représentante syndicale de l’usine de tracteurs Fendt, où 80% des personnes en formation sont des femmes.

Amy Roe, soudeuse chez Siemens, fait part de son expérience

Laurent Zibell d’IndustriAll Europe a ouvert le débat sur les technologies vertes, indiquant que les syndicats devaient plaider pour des investissements visant à développer le secteur et les compétences de ses travailleurs et travailleuses, avec un apprentissage continu tout au long de leur vie et des évolutions de carrière.

Notre Secrétaire général adjoint Kemal Özkan aussi bien que Laurent Zibell a également évoqué les menaces et les opportunités de la numérisation. Les délégués ont donné des exemples de la façon dont leur travail était complètement révolutionné par les nouvelles technologies. Kemal Özkan a déclaré :

“Il nous faut des investissements plus soutenus au niveau des institutions, des politiques et des stratégies qui vont soutenir les gens dans la transition vers l’emploi du futur."

Kemal Özkan

Les délégués ont fait parvenir un message de solidarité aux sidérurgistes de Riva, qui sont en grève depuis le 11 juin.

Wolfgang Lemb a présenté le plan d’action, qui identifie les technologies vertes et industrie 4.0 comme les défis majeurs. Il a indiqué :

“Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le progrès technologique a pris le pas sur le progrès social.”

Il s’est exprimé sur l’importance des structures pour faire avancer le travail : des réseaux d’entreprise, comme ceux de SKF et thyssenkrupp, des réseaux mondiaux de sous-secteurs, comme celui pour les ascenseurs ou le matériel agricole, ainsi que des conférences sous-sectorielles, comme celle sur les technologies vertes.

Les syndicats doivent faire partie d’une solution qui soit sociale, écologique et démocratique.

Le plan d’action a été adopté à l’unanimité.

Un robot Dürr. Source image : Dürr

Le 13 septembre, les délégués ont visité l’usine Dürr, à l’invitation de son conseil d’entreprise. Dürr produit 2.000 robots par an. La visite a constitué une démonstration pratique de ce à quoi une usine du futur va probablement ressembler, avec une faible proportion de col bleus.

Malaisie: les syndicats appellent à la ratification de la Convention n° 87 de l'OIT

Les syndicats indiquent que le nouveau gouvernement ne rencontre plus d’obstacles à ratifier la convention en ayant pris des mesures pour réformer la Loi sur les syndicats (1959) et la Loi sur les relations du travail (1967) qui suppriment les dispositions restrictives violant le principe de la liberté d'association, et permettent ainsi à la législation nationale d’être bientôt conforme avec la convention.

« Le mouvement syndical malaisien a exhorté le gouvernement à ratifier la convention, et les anciens dirigeants du Congrès des syndicats malaisiens ont inlassablement fait campagne en faveur de sa ratification. Dire que les syndicats ne soutiennent pas la ratification est faux. De même, l'appel à un moratoire de dix ans n'a pas de sens »,

a déclaré Gopal Kishnam, Secrétaire général du National Union of Transport Equipment and Allied Workers (NUTEAIW – Syndicat national des travailleurs du matériel de transport et des secteurs connexes) en Malaisie, affilié à IndustriALL, et coprésident de la Labour Law Reform Coalition (LLRC – coalition pour la réforme du droit du travail), dans une conférence de presse organisée lors d’un symposium de la LLRC sur la liberté d’association, ayant eu lieu le 8 septembre. Une centaine de dirigeants syndicaux nationaux et de représentants d'organisations de travailleurs ont participé à la réunion.

« Il y a un malentendu selon lequel la Convention n° 87 favorise la multiplicité des syndicats sur les lieux de travail et ajouterait à la désunion des travailleurs malaisiens. En fait, la convention joue un rôle essentiel dans la protection du droit des travailleurs à s'organiser sans ingérence de la part des gouvernements et des employeurs. Des syndicats efficaces et démocratiques auront certainement le soutien unanime des travailleurs »,

a ajouté Gopal.

« Nous pensons qu'avec la mise en œuvre de la Convention n° 87, les travailleurs malaisiens préféreront adhérer à un syndicat sectoriel plutôt qu'à un syndicat d'entreprise, car les négociations à l'échelle de l’ensemble de l'industrie ont plus de poids en matière de protection de l'intérêt et du bien-être général des travailleurs ».

La LLRC a été créée à la suite du premier changement de régime au niveau fédéral en Malaisie, en 2018. Cette coalition de 58 syndicats et d’organisations non gouvernementales, précédemment connue sous le nom de groupe de travail sur le travail décent, organise des réunions de consultation avec les dirigeants syndicaux sur la réforme de la Loi sur l'emploi, de la Loi sur les syndicats et de la Loi sur les relations du travail.

Les travailleurs de Riva Steel en grève depuis quatre mois

La grève aux usines Hennigsdorfer Elektrostahlwerke (HES) de Trèves et Horath a éclaté lorsque la direction a annoncé unilatéralement l'échec de la négociation collective et déclaré qu'elle ne comptait pas conclure une convention avec IG Metall.

HES appartient au groupe sidérurgique italien Riva et compte deux autres sites de production dont les personnels sont couverts par une convention collective. Riva a racheté les sites de Trèves et Horath il y a deux ans, les a intégrés à sa filiale allemande HES et y pratiquerait des salaires de 20 à 30 inférieurs à ceux de la convention collective de la région

Payer aux travailleurs le salaire régional aurait un coût d'environ un million d'euros par an. Or, les pertes économiques causées par la grève sont estimées à environ trois millions d'euros; et pourtant la direction refuse de céder. Les travailleurs sont persuadés que les salaires ne sont plus au centre de ce conflit. Riva a deux autres filiales dans la sidérurgie allemande et il est à craindre que cette entreprise veuille créer un précédent en matière de lutte antisyndicale.

La grève a le soutien de la communauté locale, du Parti social-démocrate, de La Gauche et des Verts. Des manifestations ont eu lieu à Trèves et les travailleurs ont envoyé plusieurs délégations à Berlin pour rencontrer le ministre du Travail. 

Elle a aussi reçu un soutien international. Des délégués à la conférence mondiale de l'Ingénierie mécanique d'IndustriALL Global Union, réunis les 11 et 12 septembre à Stuttgart, ont adopté à l'unanimité une motion de solidarité disant :

“Nous, 90 participants de 19 pays, exprimons notre solidarité avec les grévistes de Riva.”

“Nous, 90 participants de 19 pays, exprimons notre solidarité avec les grévistes de Riva.”

Valter Sanches et Luc Triangle, les Secrétaires généraux de, respectivement, IndustriALL Global Union et IndustriALL Europe, ont envoyé une lettre commune à la direction de Riva pour l'exhorter à reprendre la négociation collective avec IG Metall.

Dans cette lettre, ils écrivent :

“IG Metall n'a eu d'autre choix que d'appeler à la grève, laquelle a le soutien de tout le personnel. Les travailleurs sont maintenant en grève depuis plus de 13 semaines, mais la situation reste inchangée.

Il faut ajouter qu'IG Metall a même offert d'entamer des négociations sous la houlette de médiateurs, mais sa proposition est restée sans suite.

IndustriALL Global Union et IndustriAll Europe appellent Riva Stahl à revenir à la table des négociations pour trouver une solution juste et équitable au conflit.”

Notre sécurité est un droit, pas un privilège

Le 11 septembre 2012, plus de 250 travailleurs et travailleuses ont été tués et 50 autres blessés chez Ali Enterprises, une usine de prêt-à-porter de Karachi, au Pakistan, au cours de l’un des pires incendies industriels jamais déplorés.

Au 7e anniversaire de cette tragédie, l’affilié d’IndustriALL NTUF et l’Association des victimes de l’incendie de Baldia se sont rassemblés devant l’usine en mémoire de leurs êtres chers et de leurs collègues.

Parmi les participants, on retrouvait un ministre du gouvernement provincial du Sindh, des survivants de la catastrophe, des travailleurs et travailleuses de la confection ainsi que des militants sociaux et politiques.

Saeeda Khatoon, qui préside l’association des victimes, a déclaré :

“Pour que nous obtenions justice et puissions tourner la page de cette perte dans nos vies, les autorités chargées de l’application de la loi doivent poursuivre le processus judiciaire et punir les responsables de cet accident. La vie des travailleurs et travailleuses doit être respectée et personne au Pakistan ne devrait jamais plus être confronté à une telle situation à l’avenir.”

Il a fallu quatre années d’une campagne unie pour obtenir un accord avec la firme allemande Kik, qui se fournissait auprès de l’usine, pour qu’elle verse 5,2 millions de dollars. En mai 2018, les victimes ont commencé à recevoir des indemnisations.

Nonobstant, alors que sept années se sont écoulées, le chemin est encore long pour que les victimes obtiennent justice. Le gouvernement et les clients des usines doivent en faire davantage pour améliorer la santé et la sécurité professionnelles au sein des usines de confection du Pakistan.

Nasir Mansoor de la NTUF ajoute :

“Les travailleurs et travailleuses continuent à souffrir de conditions de travail dangereuses. Le gouvernement a édulcoré le régime d’inspection du travail quand il aurait dû le renforcer pour améliorer la sécurité. La législation de santé et sécurité professionnelles adoptée par le gouvernement du Sindh en 2017 doit être mise en œuvre et le Pakistan doit se conformer aux conventions du travail fondamentales de l’OIT ainsi qu’aux engagements relatifs au GSP +.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré ;

“Nous rendons hommage aux disparus et affirmons notre solidarité avec les victimes et leurs familles dans le cadre de leur lutte pour obtenir justice. Le gouvernement du Pakistan doit consacrer les ressources financières et humaines adéquates pour faire face à la crise en mantière de santé et sécurité dans ses usines.

“Les efforts visant à reproduire au Pakistan des initiatives semblables à l’Accord sur les mesures de sécurité ayant trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh devraient être accélérés. Ces efforts devraient comprendre une réelle consultation des syndicats pakistanais. IndustriALL va continuer à collaborer avec toutes les parties prenantes pour assurer des conditions de travail sûres pour les travailleurs et travailleuses du prêt-à-porter du Pakistan.”

Les syndicats français se mobilisent contre la privatisation

Le gouvernement français propose de diviser EDF, en très grande partie propriété de l’État, en deux entités, l’une d’entre elles étant ouverte aux investisseurs privés sous l’égide de ce qu’il est convenu d’appeler le projet Hercule.

Les syndicats du secteur de l’énergie se sont rassemblés pour protester contre le démantèlement d’EDF, dans une atmosphère d’urgence, et appellent le gouvernement à se focaliser sur ce qui est dans l’intérêt public plutôt que celui d’une poignée de privilégiés.

S’opposant à ces menées, les affiliés d’IndustriALL FNME-CGT, CFE-CFDT, CFE-CGC Énergie ainsi que FO Énergie et Mines ont annoncé une grève nationale pour le 19 septembre.

“Nous appelons le gouvernement à doter EDF des moyens nécessaires pour investir dans la transition énergétique et le service au public ainsi qu’à renoncer à la privatisation” ont déclaré les syndicats dans un communiqué.

IndustriALL Global Union a signé un accord mondial d’employeur responsable avec EDF en mai de l’année dernière.

L’énergie est un bien public et un secteur stratégique, il ne peut y avoir d’économie forte et durable sans indépendance énergétique et développement de l’infrastructure.

“L’accès à l’énergie, la sécurité de l’approvisionnement et des prix de l’énergie favorables contribuent directement à la croissance industrielle et à la création d’emplois durables. À l’heure des grands défis énergétiques, le monde doit se dresser pour assurer l’indépendance de son approvisionnement et une transition juste vers une économie à faibles émissions de carbone.

“Nous soutenons les syndicats français et tous les travailleurs et travailleuses d’EDF pour appeler la direction à suspendre le projet Hercule et à établir un dialogue social de qualité qui rencontre les préoccupations des travailleurs et travailleuses d’EDF partout dans le monde,” a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Etats-Unis: les travailleurs de Kumho Tire ont voté pour devenir membres du Syndicat des Métallos

Quelque 141 travailleurs contre 137 ont voté pour le Syndicat des Métallos lors de l’élection des 5 et 6 septembre. Néanmoins, avant l’annonce des résultats officiels, le National Labor Relations Board (NLRB – dont l’équivalent français serait l’Inspection du travail) décidera des 13 scrutins contestés lors d'une prochaine audience.

Kumho Tire, qui fournit des pneus aux entreprises automobiles, telles que Chrysler, Hyundai et Kia, a dépensé des centaines de milliers de dollars en consultants antisyndicaux pour tenter d’empêcher le Syndicat des Métallos d’organiser les travailleurs au sein de l'usine de fabrication de pneumatiques.

Après avoir échoué de justesse à remporter le premier vote en octobre 2017, le Syndicat des Métallos a déposé une plainte auprès du NLRB, accusant la société coréenne de conduite illégale dans ses efforts pour museler le syndicat.

IndustriALL et, en particulier, son affilié, le syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), qui représente plus de 3 500 travailleurs à Kumho Tire en Corée du Sud, ont soutenu les travailleurs de Macon dans leur combat pour avoir une représentation syndicale avant et après la tenue des élections d’octobre 2017. 

Les représentants des syndicats de l’industrie du pneu expriment leur solidarité avec les travailleurs de Kumho Tire dans l’Etat américain de Géorgie, lors de la réunion à Bangkok, en août 2019.

Dans une décision de justice rendue en mai 2019, le juge en droit administratif Arthur J. Amchan a écrit que la conduite illégale de l'entreprise était « généralisée » et qu'elle justifiait non seulement une nouvelle élection, mais aussi l’application d’un recours « extraordinaire » exigeant des responsables de l'entreprise de lire une note aux employés énonçant toutes les violations.

Parmi les violations commises par Kumho à l’encontre des travailleurs, et énoncées par Amchan, figuraient l'interrogatoire illégal des employés, des menaces de licenciement des militants syndicaux, la menace de fermeture de l'usine et la création d'une sensation d’être surveillé.

Bien que plus de 60 pour cent des travailleurs se soient prononcés en faveur de la tenue d’une deuxième élection, la direction de Kumho a fait pression sur ses employés pour qu'ils ne se syndiquent pas au deuxième tour de scrutin, leur ayant imposé, jusqu’aux élections de septembre, des entrevues individuelles avec des consultants antisyndicaux payés 12 000 dollars par jour.

« Trop souvent, les entreprises essaient de malmener et d'intimider les travailleurs qui veulent simplement exercer leur droit à négocier collectivement », a déclaré le président d’USW International, Thomas M. Conway. « C’est une stratégie totalement perdante. Plutôt que de s’attaquer à leurs propres travailleurs, les employeurs devraient travailler avec eux pour construire un avenir meilleur pour tous ».

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré:

« Nous félicitons le Syndicat des Métallos pour ce résultat, avec tout le respect dû aux travailleurs qui ont défendu courageusement le droit à adhérer à un syndicat face au passé d'intimidations et de menaces proférées par l'entreprise. Nous exhortons la direction de Kumho Tire à Macon à reconnaître le résultat du vote et à travailler avec les représentants du Syndicat des Métallos pour aboutir à une convention collective équitable ».