Des travailleurs d'un sous-traitant de Google se syndiquent

Les travailleurs de HCL, qui travaillent aux côtés de salariés de Google à Pittsburgh, ont demandé d'être représentés par le syndicat pour pouvoir faire entendre leur voix et avoir la possibilité de négocier leurs salaires et leurs conditions de travail. Ils ont voté pour le syndicat malgré une campagne antisyndicale qui consistait notamment en l'obligation d'assister à des réunions auxquelles participait un consultant controversé.

"Nous méritons plus de respect, de dignité et de démocratie dans nos rapports avec notre employeur. Nous nous sommes battus pour avoir une place à la table et, aujourd'hui, nous avons gagné. Nous sommes impatients de négocier une convention qui soit le reflet de l'importance de notre contribution au succès ininterrompu de HCL"

a déclaré Joshua Borden, un travailleur de HCL.

La campagne de recrutement avait débuté plus tôt dans l'année avec l'Association du personnel technicien de Pittsburgh (PATP), un projet parrainé par l'USW. La PATP avait principalement pour objectifs d'aider les travailleurs de la haute technologie de Pittsburgh et du sud-ouest de la Pennsylvanie à se contacter et à communiquer entre eux à propos de leurs conditions de travail et d'encadrer le recrutement et la négociation collective.

"Je suis honoré que les travailleurs de HCL aient choisi de s'affilier à l'USW et de s'associer à la lutte que nous menons pour tous les travailleurs. Ils méritent d'être entendus. Ensemble, nous ferons en sorte qu'ils le soient"

a déclaré le Président international de l'USW, Thomas M. Conway.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, s'est félicité de cette victoire syndicale :

"C'est une grande victoire pour la syndicalisation des plus grandes firmes de technologie qui utilisent du personnel temporaire. C'est un grand pas en avant vers l'obtention, pour les travailleurs contractuels, des mêmes droits et des mêmes conditions que le personnel permanent."

L’Alliance syndicale mondiale Fresenius réclame la fin des atteintes aux droits des travailleurs

Les membres de l’Alliance agissent au sein des entreprises aussi bien qu’en ligne, comme en témoignent les débats du congrès du syndicat allemand ver.di à Leipzig (lien) ainsi que les manifestations de solidarité dans le monde entier.

L'Alliance demande à Fresenius de conclure un accord mondial pour remédier à son bilan négatif quant au respect des normes internationales du travail dans des pays tels que le Pérou ou les États-Unis.

Aux États-Unis, Fresenius recourt depuis longtemps aux services de consultants tiers pour empêcher les employés de former un syndicat dans ses cliniques. L'entreprise a versé plus de 400.000 $ à des « briseurs de syndicats », qui ont souvent recours à des tactiques d'intimidation et à d'autres méthodes discutables pour stopper les efforts de syndicalisation. Des travailleurs américains ont été contraints d'assister à des séances d'endoctrinement anti-syndicat, et d'autres travailleurs ont fait état d'échanges individuels pour les inciter à ne pas soutenir un syndicat.

Au Pérou, des travailleurs ont déposé plainte au motif que l'entreprise utilise illégalement des contrats temporaires pour 258 travailleurs. De plus, les travailleurs affirment que la direction régionale de la division de gestion hospitalière de l'entreprise, Quirónsalud, a harcelé et ciblé des militants syndicaux. Elle a récemment mis un terme à l'emploi de cinq militants et, l'an dernier, a congédié deux dirigeants syndicaux, qu'elle a depuis été obligée de réintégrer.

Sofia Espinoza, responsable nationale du syndicat Fresenius au Pérou, a déclaré :: « Après avoir distribué l'information [sur le syndicat] à mes collègues, la direction m'a dit que je devrais " assumer les conséquences " de diriger le syndicat ».

Malheureusement, des problèmes similaires sont évoqués par les travailleurs de tous les sites de Fresenius dans le monde entier. Ce comportement est d'autant plus troublant que Fresenius a annoncé l'expansion de ses activités en Colombie, un pays où il est notoire que la protection des syndicats est déficiente.

« La croissance de Fresenius en Colombie, un pays où les violations des droits sont généralisées, est profondément inquiétante », a déclaré Christy Hoffman, Secrétaire générale d'UNI Global Union. « L'entreprise a pour habitude de faire fi des droits des travailleurs – et des normes internationales – et doit immédiatement prendre des mesures concrètes pour régler ces problèmes systémiques. »

Et Rosa Pavanelli, Secrétaire générale de l’Internationale des Services Publics, d'ajouter : « Les problèmes rencontrés aux États-Unis et au Pérou ne sont pas isolés. Ce sont des problèmes structurels touchant l’entreprise et qui doivent être réglés à l’échelle mondiale par le biais de négociations avec les syndicats, avec l’implication d’autres parties prenantes. Notre objectif est de veiller à ce que les bénéfices ne viennent pas de la compression des salaires et de la détérioration des conditions de travail et des soins aux patients. »

« IndustriALL Global Union se rallie aux appels lancés à Fresenius en faveur du respect des droits fondamentaux de tous les travailleurs, où qu’ils se trouvent », a ajouté Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL. 

En mai 2019, plus de 50 représentants des travailleurs et des syndicats d'Europe, d'Amérique du Nord et du Sud, d'Afrique et d'Asie se sont réunis à Francfort pour lancer l'Alliance syndicale mondiale Fresenius. Cette Alliance est coordonnée par les fédérations syndicales internationales IndustriALL, UNI et ISP. Les syndicats tentent de conclure un accord mondial avec l'entreprise qui emploie 280.000 travailleurs dans une centaine de pays.

Les syndicats condamnent les violations de droits au Zimbabwe

Ces violations ont lieu sur fond de misère, celle-ci étant la conséquence des politiques d’austérité et d’une hyperinflation qui dépasse les 900% par an et a érodé les salaires.

La police interdit les manifestations et les protestataires sont matraqués dans ce qui constitue une violation évidente des normes en matière de droit international du travail et de droits de l’homme. Le Président du Congrès des syndicats du Zimbabwe, Peter Mutasa, et son Secrétaire général, Japhet Moyo, sont confrontés à des accusations de trahison, passibles de la peine de mort.

Lorsque le Président ff de l’Association des médecins hospitaliers du Zimbabwe, Peter Magombeyi, a été enlevé de son domicile de Harare par des hommes armés le 15 septembre, les médecins et le personnel infirmier de grands hôpitaux sont partis en grève pour exiger sa libération immédiate. Des groupes de défense des droits de l’homme et des syndicats se sont joints à cette campagne.

Par suite de pressions nationales et internationales, le gouvernement s’est joint aux appels à sa libération, suggérant qu’il avait été enlevé par une “tierce force” sur laquelle il n’avait aucun contrôle. Cette explication a été accueillie avec suspicion, sachant que le Président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa avait prévenu lors d’un rassemblement public que le gouvernement s’en prendrait à “ceux qui choisissent de manifester”, ajoutant que “leurs vies seraient écourtées.”

Peter Magombeyi, qui menait une grève en faveur de salaires vitaux, de meilleures conditions de travail et d’un financement adéquat des hôpitaux publics, a été retrouvé vivant, en dehors de Harare, au bout de cinq jours et est hospitalisé, en traitement pour les tortures que l’on soupçonne qu’il a subies. Le salaire de base d’un médecin débutant au Zimbabwe est de 400 dollars zimbabwéens (US $27) et l’offre du gouvernement d’une augmentation de 60% a été rejetée.

La police matraque des manifestants anti-austérité à Harare, au Zimbabwe. Photo : Lovejoy Mtongwiza.

Les affiliés d’IndustriALL Global Union au Zimbabwe, présents dans les secteurs du vêtement et du textile, de la manufacture et des mines, condamnent la répression du gouvernement à l’égard des syndicats.

Joseph Tanyanyiwa, qui préside les affiliés d’IndustriALL au Zimbabwe a indiqué :

“Nous condamnons la répétition des enlèvements et des tortures de militants politiques par ce que nous soupçonnons être des agents de la sécurité de l’État et appelons le gouvernement à protéger les citoyens contre les traitements inhumains et dégradants. Nous condamnons également la brutalité policière à l’égard de civils pacifiques et l’implication de l’armée dans le contrôle des foules, ce qui a conduit à de nombreux morts et blessés innocents. Nous appelons le gouvernement à garantir l’État de droit et à respecter les droits constitutionnels ainsi que ceux des travailleurs.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

"Nous sommes préoccupés par la détérioration de la situation au Zimbabwe. Le gouvernement zimbabwéen doit respecter les droits des travailleurs, y compris leur liberté d’expression et leur droit à lutter en faveur d’un salaire vital. Les travailleurs et travailleuses ne doivent pas être matraqués ou être confrontés à la persécution pour l’exercice de leurs droits.”

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La police matraque des manifestants anti-austérité à Harare, au Zimbabwe. Photo : Lovejoy Mtongwiza.

Les syndicats cambodgiens exigent une négociation sectorielle pour obtenir des salaires de subsistance

Les syndicats affiliés à IndustriALL se sont réunis à Phnom Penh, les 16 et 17 septembre, alors que les négociations salariales annuelles entre les syndicats, le gouvernement et les employeurs se sont poursuivies tout au long de la semaine.

Le 20 septembre, la majorité des membres du Conseil du salaire minimum ont voté en faveur d'un salaire minimum mensuel de 187 US$. Le gouvernement a accordé un montant supplémentaire de 3 US$, portant le salaire minimum à 190 US$ à partir du 1er janvier 2020.

Pav Sina, président du Syndicat collectif du mouvement des travailleurs, a déclaré:

« Les syndicats se félicitent de ce résultat et espèrent que le ministère poursuivra l’examen de nos 13 demandes, parmi lesquelles les indemnités de repas, des transports plus sûrs et l'extension d’un salaire minimum à d'autres secteurs du pays ». 

IndustriALL et ses affiliés se sont réunis durant deux jours durant lesquels ils ont discuté de stratégies pour atteindre un salaire décent en liant les pratiques d'achat des marques à une convention collective sectorielle.

Les affiliés se sont félicités des engagements en matière des pratiques d'achat pris par les marques ayant signé des accords-cadres mondiaux (ACT), parce qu’elles ont reconnu que les mauvaises pratiques d'achat entrainent des heures supplémentaires excessives, des salaires sous-payés et des contrats à court terme.

Lors d'une table ronde « Vers un salaire décent », les affiliés à IndustriALL ainsi que les grandes marques s'approvisionnant au Cambodge (H-M, Inditex, Primark, Next et Fastretailing) ont discuté des moyens d'obtenir de meilleurs salaires dans le secteur cambodgien de l'habillement.

Christina Hajagos-Clausen, directrice en charge du secteur textile et du vêtement à IndustriALL, a indiqué:

« Les négociations sectorielles sont susceptibles de répondre à l’ensemble des revendications syndicales en établissant des salaires et des conditions propres au secteur en plus du salaire minimum et en les liant aux prix des marques, ce qui n’est pas possible avec le salaire minimum ».

Athit Kong, président du CCAWU et coprésident en charge du secteur textile et du vêtement à IndustriALL, a noté:

« En tant que syndicats cambodgiens, nous poursuivrons notre lutte pour de meilleurs salaires et prenons bonne note du soutien des 20 marques et détaillants mondiaux qui se sont engagés publiquement à réformer leurs pratiques d'achat et à soutenir activement la négociation collective sectorielle. Néanmoins, pour qu'un salaire décent devienne une réalité pour des milliers de travailleurs cambodgiens de l'habillement, les marques comme Adidas, Timberland et North Face ne doivent plus rester en retrait et prendre le même engagement à travailler avec IndustriALL et les syndicats nationaux ».

Annie Adviento, Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud-Est, a ajouté:

« Nous soutenons nos affiliés dans leurs discussions tripartites annuelles sur le salaire minimum et nous continuerons à les soutenir dans leur lutte pour parvenir à une convention collective à l'échelle de l’ensemble de l'industrie, et pour réformer les salaires et les conditions de travail dans le secteur de l'habillement ».

Des travailleurs qui protestaient battus et détenus en Iran

15 travailleurs au moins ont été blessés et de nombreux autres arrêtés après que les forces de sécurité aient recouru à la violence pour disperser une manifestation pacifique. Près de 900 travailleurs manifestaient pour ne pas avoir reçu leurs salaires depuis plusieurs mois et contre la privatisation de leur entreprise.

La police anti-émeutes charge les manifestants à Arak. Photos : irannewswire.org

D'après les informations reçues, les manifestants avaient réussi à bloquer la ligne de chemin de fer nord-sud pendant plusieurs heures, déclenchant des représailles d'une rare violence des forces du régime iranien.

Des parents des détenus et beaucoup de travailleurs de HEPCO se sont rassemblés devant l'entrée principale de la prison d'Arak pour réclamer la libération de leurs proches détenus depuis une semaine.

HEPCO, qui fabrique du matériel pour la construction de routes destiné à l'Iran et au Moyen-Orient, a été privatisée par le régime iranien en 2017. Depuis, selon les travailleurs, les salaires sont versés en retard ou ne sont pas versés du tout, ce groupe autrefois rentable ayant été mal géré. En outre, l'effectif aurait été réduit de 8.000 à 1.000 travailleurs depuis la privatisation.

Les travailleurs de HEPCO avaient déjà manifesté devant les grilles de l'entreprise, le 7 septembre, pour réclamer la transparence sur son régime de propriété et pour qu'elle devienne une société par actions. En octobre 2018, 15 travailleurs ont été condamnés à des peines de prison et à l'administration de coups de fouet après avoir été arrêtés pendant une manifestation réclamant le versement de salaires impayés.

De nombreuses entreprises industrielles ont été privatisées au cours des dernières années sous l'administration du Président Hassan Rouhani et souvent vendues en-dessous de leur valeur marchande à des proches du régime, avec des emprunts garantis par le gouvernement. Les nouveaux propriétaires se servent alors de ces entreprises rentables pour obtenir d'autres prêts pour des entreprises sans rapport avec la leur.

Les travailleurs demandent que HEPCO redevienne une entreprise publique et les travailleurs d'autres entreprises privatisées se sont joints à eux par solidarité.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Nous exhortons le gouvernement iranien à remettre immédiatement en liberté les 28 travailleurs de HEPCO arrêtés le 16 septembre. Nous déplorons les attaques brutales contre les travailleurs de HEPCO qui exerçaient leur droit légal à manifester pacifiquement. La violence n'est pas la solution pour répondre aux revendications légitimes des travailleurs qui réclament leurs salaires."

Photos : Iran News Wire – irannewswire.org 

Des syndicats de cinq pays réunis au Chili pour faire campagne pour les droits des travailleurs de BHP

IndustriALL Global Union réunit des syndicats du Chili, d’Australie, du Brésil, de Colombie et du Pérou pour renforcer les actions syndicales et appeler BHP, l’une des plus importantes compagnies minières du monde, à mettre fin au mauvais comportement que l’entreprise a aux dépens de ses salariés.

BHP développe une stratégie qui pousse les salaires et les conditions d’emploi à la baisse dans le secteur des mines, notamment en remplaçant des milliers d’emplois permanents par des engagements précaires.

On retrouve partout dans le monde d’abondants exemples de travailleurs et travailleuses mis sous pression dès lors que BHP met sans vergogne la priorité sur les bénéfices aux dépens des travailleurs et des communautés dont ils font partie.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Kemal Özkan a indiqué :

“Nous unissons les travailleurs et travailleuses dans leur lutte pour le travail décent et appelons BHP à cesser d’externaliser les emplois liés à ses activités.

“Par le biais de notre campagne mondiale, nous ripostons en revendiquant des pratiques de travail plus sûres et plus équitables au sein des activités de BHP de par le monde.”

Grève des ouvriers australiens du verre aux fins d’obtenir une convention équitable

Les travailleurs d'O-I en Australie n'ont reçu aucune augmentation de salaire depuis sept ans bien que l'entreprise ait réalisé des ventes et des profits records au cours de la même période. Les syndicats australiens ont approché la direction de l’entreprise, fin 2018, pour tenter de négocier une nouvelle convention mais se sont heurtés à un comportement agressif et de mauvaise foi, l’entreprise ayant usé de manœuvres visant à bloquer le processus de négociation.

La dernière convention a expiré en février 2019. Parmi les revendications des travailleurs relatives à la signature d’une nouvelle convention de trois ans figurent le maintien des conditions d'emploi existantes, une augmentation salariale annuelle raisonnable de trois pour cent et des amendements techniques mineurs aux dispositions de l’ancienne convention pour élever les normes à un niveau acceptable.

Bien que les revendications des travailleurs soient raisonnables, en toute controverse, la direction d'O-I en Australie fait la sourde oreille, refusant jusqu'à présent de négocier des conditions de travail plus équitables.

O-I contrôle près de 90 pour cent de la part de marché en Australie et a enregistré un chiffre d'affaires de 2,62 milliards de dollars australiens (1,78 milliard de dollars américains) sur la période 2013-2017. Le PDG de l'entreprise recevrait une rémunération annuelle de 11 millions de dollars australiens (7,5 millions de dollars américains).

Les syndicats ont signalé que, pendant les actions de grève, leurs membres ont subi diverses interdictions sur leur lieu de travail. Des déductions allant jusqu'à 55 pour cent ont été appliquées sur les salaires malgré le maintien de journées de travail de huit heures. En guise de représailles, l'entreprise menace également de mettre en lock-out les travailleurs alors qu’il n’y a plus de convention.

Les travailleurs continuent leur combat et organisent régulièrement des piquets de grève hebdomadaires ainsi que d'autres actions.

Pour soutenir les ouvriers du verre en grève de chez O-I, nous vous invitons à cliquer sur les deux liens ci-après: https://www.gofundme.com/f/support-the-striking-etu-members-at-oi-glass et https://www.amwu.org.au/vic_oi_glass

Implanté à Perrysburg, dans l’Etat américain de l’Ohio, Owens-Illinois Inc. (O-I) est l'un des principaux fabricants mondiaux d'emballages. La compagnie est leader dans la fabrication de récipients en verre en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en AsiePacifique et en Europe. O-I emploie directement 26 500 travailleurs dans le monde entier dans 77 sites de fabrication répartis dans 23 pays.

Les syndicats soutiennent le plan du gouvernement pour arrêter la violence fondée sur le sexe en Afrique du Sud

D'après les statistiques officielles publiées récemment par la police sud-africaine, une femme est tuée toutes les trois heures. Entre avril 2018 et mars 2019, elles sont 2.771 à avoir perdu la vie, tandis que les viols et les violences sexuelles sont à la hausse.

Dans un discours prononcé à la session plénière du Parlement du 18 septembre, le Président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé un plan d'urgence du gouvernement pour "éradiquer le cancer de la violence fondée sur le sexe".

Ce plan, qui doit être mis en œuvre dans les six mois, se concentre sur la prévention de la violence fondée sur le sexe, par un renforcement de la réaction du système de justice pénale et un durcissement des cadres légal et politique. Il prévoit aussi des mesures de prise en charge, d'accompagnement et de traitement des victimes de cette forme de violence. Il préconise aussi l'autonomisation économique des femmes en tant que stratégie pour réduire la vulnérabilité des femmes.

Le viol et le meurtre d'Uyinene Mrwetyana, une étudiante de l'université du Cap de 19 ans, au bureau de poste de Clairemont à Cape Town, a soulevé une vague de protestations pour réclamer la fin de la violence généralisée contre les femmes et des féminicides en Afrique du Sud.

Les affiliés d'IndustriALL sont entrés en action et des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes du pays. 10.000 personnes ont manifesté au Cap en clamant "ça suffit". À Johannesburg, une pétition a été adressée à la bourse de Johannesburg pour qu'elle soutienne les campagnes contre la violence fondée sur le sexe. Les manifestants ont été soutenus à leur tour par des campagnes sur les réseaux sociaux telles que #AmINext et #stopviolenceagainstwomen.

Lydia Nkopane, la Présidente du Conseil national des femmes d'Afrique du Sud d'IndustriALL (INWC-SA), a déclaré :

"Nous sommes consternées par le nombre de femmes assassinées chez elles et au travail. Cela fait de l'Afrique du Sud un des pays les plus violents pour les femmes. C'est pourquoi nous nous félicitons de ce plan du gouvernement pour enrayer la violence fondée sur le sexe et améliorer la sécurité des femmes."

Les affiliés ont signé l'engagement d'IndustriALL à mettre fin à la violence fondée sur le sexe dans le syndicat et sur le lieu de travail. Ils font aussi campagne pour la ratification et la mise en application de la nouvelle convention 190 de l'Organisation internationale du travail et sa recommandation 206 sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

L'INWC-SA représente les travailleuses des affiliés d'IndustriALL suivants : le Syndicat des travailleurs de la chimie, de l'énergie, du papier, de l'impression, du bois et des secteurs connexes, le Syndicat national des mineurs, le Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud, et le Syndicat des travailleurs de l'habillement et du textile d'Afrique australe.

Tactiques anti-syndicales chez un sous-traitant de Google

Le mois dernier, plus de 66% des quelque 80 travailleurs et travailleuses en sous-traitance éligibles employés par HCL chez Google ont signé leur carte pour avoir une représentation de la part de l’affilié nord-américain d’IndustriALL, les Métallos USW. L’autorité du pays en matière de relations sociales, le NLRB, a programmé un scrutin sur cette représentation pour le 24 septembre. Les votes seront dépouillés le jour même et les résultats disponibles immédiatement.

À l’approche du scrutin, HCL a réagit à l’intention de ses salariés de se syndiquer en engageant une boîte de consultance controversée qui a joué un rôle dans la défaite d’un syndicat qui menait une campagne de recrutement chez Fuyao Glass dans l’Ohio, en 2018.

L’USW condamne HCL pour avoir mis la pression sur les travailleurs et travailleuses afin d’assister à des réunions obligatoires destinées à contrecarrer la campagne de syndicalisation.

“Nous avons une grande expérience, acquise sur des décennies, de négociations de conventions équitables au nom de milliers de membres qui opèrent au sein de multinationales,” a indiqué le Président international de l’USW Thomas M. Conway, “mais dans ses efforts pour éviter des négociations en toute bonne foi avec ses salariés d’Amérique, HCL, comme Fuyao, emploie les mêmes tactiques que celles auxquelles ont recours les employeurs depuis 100 ans.”

Selon l’USW, les salariés de HCL ont été contraints à participer à des réunions au cours desquelles des responsables de l’entreprise racontent comment ils préfèrent résoudre les conflits “en famille” et sans qu’un syndicat ne plaide la cause des salariés. De manière générale, le comportement de l’entreprise évolue vers la persécution d’individus ou de groupes de travailleurs s’ils persistent à soutenir le syndicat.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches indique :

“Nous affirmons notre solidarité avec les travailleurs et travailleuses qui souhaitent rejoindre le syndicat et appelons HCL à ne pas interférer avec les droits fondamentaux en matière de liberté syndicale. Se prononcer en matière de représentation syndicale chez HCL est une étape importante pour ses salariés, car celle-ci permettrait à l’USW de négocier en vue d’une convention collective et de conditions d’emploi améliorées, et constitue par ailleurs le signe d’une tendance croissante vers la syndicalisation.”

Les travailleurs de l'habillement du Karnataka réclament le salaire minimum convenu

La frustration des travailleurs du vêtement du Karnataka a augmenté lorsqu'une proposition du gouvernement de février 2018, qui révisait le salaire minimum mensuel pour le faire passer de 8.346 à 12.250 roupies (117 à 171 $), a été retirée dans le mois après un intense lobbying des employeurs. Depuis, la situation n'a pas évolué et plus de 350.000 travailleurs, dont 80 pour cent de femmes, perdent de l'argent à cause de l'inaction du gouvernement.

Entretemps, le gouvernement a annoncé une révision du salaire minimum pour une liste de 73 professions, mais dont sont exclues celles de l'industrie du vêtement.

Apoorva Kaiwar, la Secrétaire d'IndustriALL pour l'Asie du sud, a déclaré :

"Nous sommes déçus par le désintérêt du gouvernement du Karnataka pour le bien-être des travailleuses de l'habillement. Il devrait annoncer sans plus de retard cette révision qui leur rend justice.

Pour Prathibha, la Présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de l'habillement et du textile (GATWU) :

"Les travailleuses et travailleurs de l'habillement du Karnataka ont des conditions de vie extrêmement pénibles. Ce n'est pas en retardant la hausse des salaires qu'on favorisera l'autonomisation des femmes en Inde.

"Qui compensera nos pertes après le retrait de cette proposition ? Tarder à appliquer la révision des salaires revient à voler les travailleurs et les faire basculer dans la pauvreté. Nous exigeons que le gouvernement annonce et applique immédiatement la révision salariale."

Le GATWU veut que le gouvernement prenne en compte l'alimentation, l'habillement, les loyers, l'électricité et l'eau, la scolarité des enfants et les soins de santé dans le calcul du salaire minimum et que la composition de la famille de référence passe de trois à cinq personnes par l'ajout des parents et des personnes à charge.

D'après les calculs du syndicat, les travailleurs ont besoin d'au moins 24.000 roupies (336 $) par mois pour mener une vie digne. Le syndicat affirme qu'en attendant la fixation d'un minimum vital décent, le salaire minimum des travailleurs de l'habillement devrait être d'au moins 11.557 roupies (162 $), comme pour d'autres professions de la liste.

L'industrie de l'habillement du Karnataka assure près de 20 pour cent des exportations de vêtements indiennes. Beaucoup des plus grandes marques, comme H&M, Inditex, Walmart, Old Navy, JC Penny, Target et Khols, se fournissent auprès des entreprises du Karnataka.