Les jeunes d'Afrique subsaharienne créent une structure régionale

En plus des 44 délégués de 11 pays étaient présents des invités de plusieurs organisations, comme l'OIT, l'IBB, UNI Global Union, la SASK, et la Fondation Friedrich Ebert (FES) qui parrainait cet événement.

Les délégués ont exprimé leur dynamisme et leur enthousiasme, interrompant souvent les débats par des chants célébrant la puissance syndicale, pour susciter un sentiment d'unité et de mouvement. Ils ont entonné des hymnes de la lutte syndicale tels que Asinamali (“Nous n'avons pas d'argent”), Asifuni yama Capitalist Agenda (“Nous ne voulons pas de l'agenda capitaliste”) et My Mother was a Kitchen Girl (“Ma mère était une fille de cuisine”).  

Une table ronde a réuni des participants qui ont étudié différents aspects du recrutement des jeunes dans leurs pays.

"Les jeunes sont marginalisés. Les gens nous rabaissent, pas par la force de leurs arguments, mais par le poids de leur ancienneté,"

a déclaré Tafadzwa Eustace Chidhindi, du Zimbabwe.

Tolulope Fagbamigbe, du Nigeria, a expliqué que les jeunes travailleuses sont doublement opprimées, par l'âgisme et le patriarcat. Lorsqu'une réunion est organisée sur le thème de la jeunesse, les premières rangées sont souvent occupées par des hommes assez vieux pour être leurs pères.

Après un exposé de Mban Kabu, du département ACTRAV du BIT, sur la Déclaration du Centenaire de l'OIT, les participants ont discuté de l'incidence que l'Avenir du travail pourrait avoir dans le contexte africain et ils ont élaboré des propositions pour les jeunes travailleurs marginalisés par un secteur informel qui gagne du terrain.

Ils estiment que leur familiarisation avec les nouvelles technologies devrait leur permettre d'accéder à de nouvelles formes de travail. Sweshta Soomungull, de l'île Maurice, s'est demandée :

"Depuis quand les défis font-ils peur aux syndicats ?"

Les débats ont notamment porté sur la question de savoir si les structures syndicales sont adaptées à l'organisation des jeunes travailleurs. Iris Nothofer, du Centre de compétence syndicale de la FES pour l'Afrique subsaharienne, a soulevé une question provocatrice : y a-t-il conflit entre démocratie et efficacité syndicales ?

"Les structures et procédures démocratiques sont nécessaires mais elles ne suffisent pas. Nous avons besoin de réseaux dynamiques à la base,"

a-t-elle conclu.

La Coordinatrice des jeunes d'IndustriALL, Sarah Flores, a souligné l'importance, pour les jeunes, de développer des structures autonomes ainsi que leur propre façon de travailler. Les participants se sont répartis en trois groupes pour élaborer leur politique et leur structure.

Ils ont identifié les priorités suivantes :

  1. Mettre en place une structure régionale
  2. Développer les capacités à diriger des jeunes
  3. Élaborer un programme d'éducation syndicale pour les jeunes
  4. Formaliser des alliances avec la société civile
  5. Associer les jeunes à la négociation collective
  6. Intégrer les jeunes dans la politique industrielle

 Rose Omamo, la Secrétaire générale de l'AUKM (Kenya) a dirigé le processus électoral.

Le vote a donné les résultats suivants :

Président : Emmanual Adjei-Danso, du Ghana
Vice-président : Christian Rutendo Ranji, du Zimbabwe
Secrétaire : Victor Notaye Ngwane, d'Afrique du Sud

Comité :

Sweshta Soomungull, de Maurice
Tolulope Fagbamigbe, du Nigeria
Prisqua Miharilala, de Madagascar
Maria John Bange, de Tanzanie

La Secrétaire régionale d'IndustriALL, Paula Ndessomin, a déclaré :

"Je suis impressionnée par la passion et l'engagement auxquels nous avons assisté ici. L'avenir est prometteur ! Maintenant qu'une structure a été créée, les jeunes syndicalistes vont pouvoir agir ensemble efficacement."

Les syndicats débattent des technologies vertes et d’Industrie 4.0 chez SKF

Entre le 30 septembre et le 3 octobre, plus de 40 délégués et observateurs de 20 pays se sont rencontrés à Steyr en Autriche et ont tenu des échanges cruciaux entre eux aussi bien qu’avec la haute direction du groupe.

SKF est l’un des leaders mondiaux du secteur des roulements ainsi que dans le domaine des pièces rotatives et compte plus de 47.000 salariés de par le monde. SKF est également connue comme étant l’une des entreprises à la pointe pour la mise en place de nombreuses transformations dans le domaine de l’évolution numérique destinées à “rendre plus intelligente” leurs industries de fabrication partout dans le monde.

Kennet Carlsson, président suédois du CSM, a déclaré s’agissant des débats avec la haute direction :

“À la lumière des rapides évolutions du climat des affaires et avec de nouveaux défis pour les syndicats comme suite, entre autres, à la numérisation, nous ambitionnons davantage de flexibilité. En conséquence, il est plus important que jamais que le Conseil syndical mondial de SKF soit la pierre angulaire du dialogue social avec la direction de sorte à pouvoir prendre à bras le corps, ensemble avec elle, les défis actuels et futurs.”

Alrik Danielson, PDG de SKF, et Kennet Carlsson, Président suédois du Conseil syndical mondial de SKF

Le CSM a consacré une journée entière au dialogue avec la haute direction de SKF, menée par le Président du groupe et PDG Alrik Danielson, sur les perspectives, les stratégies et les activités de l’entreprise. Aussi, le climat des affaires et la numérisation ainsi que des modèles nouveaux et améliorés en matière de santé et sécurité ont fait l’objet de débats entre les 40 délégués venus des quatre coins du monde et la direction du groupe.

Le vice-président du CSM, l’Allemand Norbert Völkl, a ainsi résumé :

“Industrie 4.0 est un énorme défi pour tous les salariés, non seulement de manière générale dans l’industrie, mais aussi spécifiquement chez SKF. Nous devons nous assurer que cela ne conduise pas à des incertitudes pour ses effectifs. C’est pourquoi le CSM et la direction, ensemble, ont la responsabilité de s’attacher à ce que les salariés disposent de bonnes qualifications et d’environnements de travail stabilisés.”

Le Vice-président du CSM Norbert Völkl

Matthias Hartwich, Directeur d’IndustriALL pour l’ingénierie mécanique, s’est adressé aux délégués et observateurs :

“Le Conseil syndical mondial de SKF est un groupe assez unique qui a la rare opportunité de pouvoir prendre en compte les préoccupations des salariés mais aussi les propositions et idées de la direction. Vous, délégués et observateurs, devez faire bon usage de cette institution. Aussi, IndustriALL Global Union se tiendra aux côtés du CSM à l’avenir pour vous venir en aide.”

Les photos de la réunion sont téléchargeables au départ du compte Flickr d’IndustriALL

Recourir aux accords mondiaux dans l'industrie du vêtement

Les marques de mode mondiales, ASOS, ESPRIT, H&M, Inditex et Tchibo, ayant signé des ACM avec IndustriALL Global Union, ont également participé à la réunion, organisée les 23 et 24 septembre.

Les ACM deviennent un instrument plus puissant à disposition pour améliorer les relations de travail dans les chaînes d'approvisionnement; et un appel a été lancé à IndustriALL pour négocier de tels accords avec davantage de marques mondiales.

Les participants ont discuté des manières dont les ACM et le dialogue social pourraient être utilisés pour promouvoir la mise en œuvre des nouvelles Convention (n° 190) et Recommandation (n° 206) de l'OIT sur la violence et le harcèlement dans l’industrie du vêtement. La violence à l’égard des femmes fondée sur le genre, et en particulier le harcèlement sexuel, est généralisée dans ce secteur. La plupart des travailleurs de l'habillement sont des femmes, souvent jeunes et immigrantes, qui ne sont pas conscientes de leurs droits. Elles ont des difficultés à accéder à un logement et à un transport sûrs, alors que l'industrie de la mode est caractérisée par des heures supplémentaires excessives, des salaires bas et de longues heures de travail. 

Les participants à la réunion ont conclu à l’urgence pour les syndicats et les marques de promouvoir la ratification de la nouvelle convention. Les syndicats devraient également faire pression pour que les conventions collectives et les ACM existants soient examinés afin de s’assurer de leur conformité avec la Convention n° 190.

Les syndicats ont échangé leurs expériences sur les meilleures façons de contrôler l’application des ACM et ont convenu à une large majorité que les syndicats des pays de production devraient jouer un rôle plus important. L’implication des syndicats nationaux est essentielle pour la mise en œuvre des ACM dans les usines fournisseurs des marques mondiales.

Christina Hajagos-Clausen, directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie textile et du vêtement, a déclaré:

« L'augmentation du taux de syndicalisation dans les usines fournisseurs relevant d’un ACM est primordiale pour permettre aux syndicats de surveiller l’application des accords et de veiller à ce que les droits des travailleurs soient respectés dans la chaîne d'approvisionnement mondiale du vêtement ».

Cette réunion s'inscrit dans le cadre du programme d'IndustriALL Global Union sur la mise en œuvre des ACM, qui bénéficie du soutien du DGB Bildungswerk. Depuis le début des travaux, les syndicats turcs et bangladais ont syndicalisé plus de 50 nouvelles usines fournisseurs relevant d’un ACM.

Les ACM sont négociés au niveau mondial entre les syndicats et une multinationale. Ils fixent les meilleures normes en matière de droits syndicaux, de santé, de sécurité et d’environnement, ainsi que les meilleurs principes de qualité du travail dans l'ensemble des activités d'une entreprise multinationale nonobstant l’existence ou l’absence de ces normes dans un pays.

Victoire pour les travailleurs : le chantier naval est sauvé

Ce chantier naval d'Irlande du Nord, qui avait construit le Titanic, a été sauvé grâce à un investissement de l'entreprise britannique InfraStrata et un programme d'activités futures.

Harland & Wolff a été déclaré en faillite le 6 août, avec la menace de la perte de 120 emplois après l'effondrement de sa société-mère norvégienne. Les travailleurs ont alors occupé le chantier naval pour empêcher les spéculateurs et les dépeceurs d'entreprises de prendre le contrôle du chantier naval, une occupation qui a duré neuf semaines.

Bien que, techniquement, les travailleurs soient toujours employés, ils n'ont plus été payés depuis des semaines. Les affiliés d'IndustriALL Unite the Union et GMB ont obtenu la poursuite des contrats d'emploi et les travailleurs devraient reprendre le travail dans les prochains jours.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Les travailleurs de ce chantier naval se sont battus pour sauver leurs emplois et ils ont remporté une victoire qui fera date.

Pendant leur combat, IndustriALL a exprimé publiquement son total soutien et sa solidarité avec les travailleurs. Maintenant, nous les félicitons et nous réjouissons de cette démonstration de ce que peuvent faire des travailleurs organisés." 

En Indonésie, les syndicats du pétrole et du gaz s'unissent pour recruter

Cette réunion, la première de ce type, comptait des représentants des affiliés d'IndustriALL FSP KEP-KSPI, CEMWU, FSPBB, et de la Fédération du pétrole et du gaz SARBUMUS. Ils représentent ensemble les travailleurs d'Air Liquide, Linde, Schlumberger, Halliburton, Pertamina, Chevron, Geoservices, Conoco Philips, Petro Gas et Mesco Sarana Utama.

Les sociétés multinationales jouent un rôle majeur dans le pays et les participants ont insisté sur le fait que les affiliés d'IndustriALL doivent s'efforcer de négocier efficacement avec ces entreprises pour obtenir des conventions collectives qui profitent aux travailleurs.

Les affiliés indonésiens d'IndustriALL ont élaboré un plan d'action commune

Le problème vient principalement de la taille et de la géographie du pays, qui compte plus de 17.000 îles. Il est donc très difficile de contacter les travailleurs ou de les faire participer à des syndicats nationaux. Beaucoup d'entreprises ont déjà leurs propres syndicats "maison", mais qui ne sont pas reliés à des organisations nationales.

Les délégués se sont dits déterminés à suivre le plan d'action élaboré au cours de l'atelier, qui consiste notamment à recenser les multinationales présentes dans le pays et à réunir des dirigeants syndicaux tous les deux mois pour échanger des informations et débattre des grandes questions et des enjeux.

Une formation spécifique sur la manière de rédiger des conventions collectives dans ce secteur sera organisée tandis que les syndicats concevront une stratégie de recrutement ciblant les femmes. Chevron ne compte que 800 femmes parmi ses 20.000 travailleurs en Indonésie.

Diana Junquera, la Directrice en charge de l'énergie, a déclaré :

"Il faut que les syndicats indonésiens mettent en place un réseau syndical puissant dans le secteur du pétrole et du gaz et collaborent avec les syndicats "maison". Cet atelier a aidé les participants à prendre conscience de l'intérêt de créer un réseau national du pétrole et du gaz pour mieux soutenir les travailleurs du secteur et communiquer avec eux."

Le groupe se réunira une nouvelle fois en 2020 pour évaluer les progrès accomplis et faire le point sur la situation. 

Les syndicats indiens appellent à des politiques commerciales et industrielles durables

Réunis à l’occasion d’un atelier à New Delhi les 25 et 26 septembre 2019, les affiliés d’IndustriALL Global Union ont évalué l’impact du régime de libre-échange de l’Inde à travers les secteurs manufacturiers, dont ceux de l’automobile, de l’acier, du charbon, de l’électro-ménager et de l’électronique, du prêt-à-porter et du textile ainsi que de la chimie.

Les participants ont exprimé de graves préoccupations quant aux carences en termes de transparence et de processus démocratique dans l’approche du gouvernement s’agissant de la signature d’accords commerciaux et d’investissement.

Les affiliés ont dénoncé le fait que les accords d’investissement conclus par les autorités fédérales, provinciales et locales ne comprenaient pas de clauses qui obligent les entreprises à respecter des rémunérations et conditions de travail adéquates et l’absence de conséquences lorsque celles-ci bafouent les règles.

Les syndicats ont souligné que les accords commerciaux de l’Inde, y compris le projet de Partenariat économique régional global (RCEP pour l’acronyme anglais couramment utilisé), sont loin de répondre aux réels besoins et défis tels qu’ils les côtoient. Le RCEP est un énorme accord de libre-échange régional entre 16 pays, ceux de l’ASEAN et ses partenaires de libre-échange, qui devrait être conclu dans le courant de l’année.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

“Il est d’une importance vitale que les syndicats soient en mesure d’intervenir au niveau des politiques qui ont un impact sur l’emploi dans les secteurs où évoluent leurs membres. Les syndicats doivent travailler ensemble aux plans national, régional et international pour s’assurer que les conditions pour pouvoir faire des affaires comprennent la création d’emploi, la sécurité d’emploi et de bons salaires, tout en s’assurant que les bénéfices de l’activité économique soient partagés avec les travailleurs et leurs familles. IndustriALL soutient les efforts de ses affiliés indiens qui travaillent dans cette direction.”

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale pour l’Asie du Sud, ajoute :

“Les syndicats en Inde sont profondément préoccupés par les implications négatives des accords commerciaux et d’investissement. Le ralentissement économique montre que les politiques commerciales et industrielles en Inde sont inadéquates s’agissant de limiter les pertes d’emploi dans les secteurs manufacturiers ou s’agissant de créer de l’emploi. Le gouvernement doit engager un dialogue avec les syndicats sur ces problématiques et avancer pour obtenir des résultats durables.”

Les affiliés ont résolu d’intensifier leurs efforts pour mettre en lumière leurs revendications concernant les questions commerciales et industrielles, avec l’implication de leurs centrales syndicales respectives. Ils ont également décidé de souligner les carences actuelles et le besoin d’une réglementation progressiste en matière d’investissements étrangers, de sorte à atteindre un développement durable.

Les mineurs géorgiens mettent fin à leur protestation contre les salaires impayés

Le ministre s'est rendu à Tkibuli le 26 septembre et a organisé une réunion d'urgence avec les différentes parties impliquées dans le conflit, à savoir des représentants de l'employeur, les autorités locales, des représentants syndicaux et des mineurs.

La grève a commencé dans la matinée du 24 septembre, lorsqu'une trentaine de mineurs ont occupé les mines Mindeli et Dzidziguri, situées à Tkibuli, en signe de protestation contre leurs salaires impayés. D'autres mineurs se sont joints à la protestation à l'extérieur de la mine. La veille du commencement de leur action, les mineurs ont envoyé une lettre ouverte au Premier ministre géorgien pour se plaindre des arriérés de salaires, de la situation désastreuse à laquelle ils sont confrontés, y compris leurs familles, ainsi que du manque d'informations sur leur avenir et l’éventuelle réouverture des mines par leur propriétaire, le groupe Georgian Industrial Group.

Les activités de la mine sont suspendues depuis juillet 2018 et les travailleurs ont été envoyés en congés payés forcés après la survenue de plusieurs incidents, dont des accidents mortels en raison des mauvaises conditions sanitaires et sécuritaires. Dix-sept travailleurs ont perdu la vie dans les mines durant la période 2017-2018.

Le syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique, minière et chimique de Géorgie, affilié à IndustriALL, a joué un rôle clé en relayant les intérêts des travailleurs. Le syndicat a vivement critiqué le propriétaire des mines qui place les travailleurs devant un choix impossible, soit mourir à l'intérieur des mines soit mourir de faim à l'extérieur de celles-ci par manque de travail.

A la suite des négociations, l'accord suivant a été conclu:

Les mineurs ont accepté l'accord proposé après avoir été consultés, et ont mis fin à leur action de protestation. Ils ont souligné que la pleine mise en œuvre de l'accord ne sera possible qu’avec la participation de leur syndicat.

Tamaz Dolaberidze, président du Syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique, minière et chimique de Géorgie, a commenté:

« Au cours de leur protestation, les mineurs ont bénéficié d’un large élan de solidarité de la part de leurs collègues à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Le Syndicat des travailleurs de l'industrie métallurgique, minière et chimique de Géorgie exprime sa gratitude à tous les témoignages de solidarité et de soutien reçus ».

Les syndicats algériens ont besoin de solidarité

Les militaires ont étendu leur emprise à pratiquement tous les domaines de la société algérienne après que le Président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans et à la santé défaillante, ait dû retirer sa candidature aux élections à la suite de protestations massives.

Ces arrestations sont une tentative pour écraser les syndicats indépendants et le mouvement pour la démocratie lancé par la société civile en Algérie. L'accès à l'internet est limité pour empêcher les contestataires de communiquer entre eux et d'organiser des rassemblements, tandis que les médias sociaux sont submergés de fausses nouvelles et de "trolls" ciblant le mouvement de protestation. La liberté de la presse est fortement réduite et un grand site web d'information a été fermé.

"C'est une période terrible pour des centaines de militants enfermés pour avoir réclamé la liberté et la démocratie en Algérie, et ce pourrait être mon tour demain. C'est pourquoi la solidarité compte plus que jamais aujourd'hui. Le monde doit écouter la voix des prisonniers politiques en Algérie. Le monde doit réclamer le respect des droits de l'homme en Algérie", dit Raouf Mellal, le Président du syndicat de l'électricité et du gaz SNATEG, et de la confédération syndicale COSYFOP.

Raouf Mellal a été condamné par contumace à de la prison pour de nombreux chefs d'accusation et il subit le harcèlement quotidien des militaires. En avril 2019, il a été arrêté, détenu et torturé par la police; il a dû changer d'adresse et de numéro de téléphone pour tenter d'échapper aux menaces et aux intimidations.

Ce mois-ci encore, un jeune responsable du SNATEG et de la COSYFOP du nom de Mohamed El Amine Slimani a été condamné à la prison par un tribunal d'Alger pour avoir filmé un défilé des membres de ces organisations.

Nasser Hamitouche, un membre de la COSYFOP d'Alger, a subi un traumatisme mental après avoir été interrogé par les forces de sécurité pendant dix heures le 18 septembre. Il a été menacé d'emprisonnement pour avoir violé "l'unité" du pays et on lui a dit de quitter la confédération s'il ne voulait pas voir "d'autres problèmes".

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Nous appelons le gouvernement algérien à remettre immédiatement en liberté les prisonniers politiques et à abandonner tous les chefs d'accusation contre les syndicalistes. Les droits syndicaux sont pratiquement inexistants maintenant en Algérie. Le gouvernement doit cesser de harceler les syndicalistes et garantir le droit à la liberté d'association, sans violence ni menaces."

Alors que de nouvelles élections présidentielles ont été annoncées pour le 12 décembre, des dirigeants de partis d'opposition, qui ont exprimé leur soutien au SNATEG et à la COSYFOP, ont été incarcérés.

La Secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, est incarcérée depuis le mois d'avril tandis que Karim Tabbou, le Président du nouveau parti de l'Union démocratique et sociale, a été emprisonné le 11 septembre, remis en liberté plus d'une semaine plus tard, avant d'être à nouveau arrêté.

Les manifestations se poursuivent toutes les semaines en Algérie et une marche des travailleurs est en projet pour le 5 octobre. "Nous sommes unis par un même objectif : la démocratie," a déclaré Raouf Mellal.

Les mineurs indiens en grève contre la privatisation des charbonnages

La production a été entièrement mise à l’arrêt

Les syndicats ont déclenché cette action pour défendre le caractère public de la propriété des ressources naturelles et s’opposer à la libéralisation de l’industrie minière par le gouvernement de droite de Modi. La grève, qui a été qualifiée de “sans précédent” et “historique”, a mis à l’arrêt chez CIL la production journalière de 2,5 million tonnes de charbon sur près de 600 sites répartis sur plus de 82 bassins miniers à travers tout le pays.

CIL, propriété de l’État et l’une des plus grosses entreprises publiques du monde, a le monopole de la production et de la vente de charbon. Mais une décision d’autoriser 100% d’investissements étrangers directs pourrait mener à ce que davantage d’entreprises étrangères comme BHP et Glencore entrent sur le marché du charbon. Ceci affaiblirait le secteur public et menacerait l’emploi de plus d’un demi-million de travailleurs.

CIL et Singareni Collieries Company (SCCL) sont des entreprises publiques florissantes qui produisent à elles deux 92% de la production totale de charbon en Inde.

Au moins 270.000 salariés permanents et 200.000 travailleurs en sous-traitance ont pris part à la grève lancée par cinq syndicats des mines : Indian National Mineworkers’ Federation (INTUC), Hind Khadan Mazdoor Federation (HMS), Centre of Indian Trade Unions (CITU), All India Coal Workers’ Federation (AICWF) et All India Trade Union Congress (AITUC).

En dépit du dépôt d’un préavis de grève le 5 septembre, le gouvernement a notifié l’autorisation de 100% d’investissement étranger direct au niveau de l’extraction et de la vente de charbon, comprenant les opérations de transformation et la gestion des infrastructures associées telles que le lavage, le concassage, le calibrage et la manutention du charbon.

Le gouvernement a approché les syndicats par deux fois, les 19 et 21 septembre pour des négociations, mais les syndicats ont refusé une rencontre confirmant que sans le retrait de la décision, aucune discussion ne pourra avoir lieu.

 

Les revendications principales des syndicats sont :

  1. Le retrait de la décision de permettre 100% d’investissement direct étranger dans les mines
  2. Le regroupement de toutes les filiales de Coal India Limited en une seule compagnie
  3. L’arrêt de l’extension du travail précaire et la régularisation de ces statuts
  4. La mise en œuvre de toutes les dispositions de la convention sectorielle nationale du secteur des charbonnages, dite Convention X
 

S. Q. Zama, Secrétaire général de l’INMF (INTUC) a déclaré :

“Cette grève d'un jour a été un succès total et les syndicats vont se rencontrer à nouveau pour lancer une campagne nationale conjointe contre l’initiative du gouvernement si celui-ci ne prend pas la mesure de la profonde préoccupation des mineurs et ne met pas fin à sa volonté de dénationaliser le secteur minier et à la progression du travail précaire.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union a déclaré :

“Nous affirmons notre soutien solidaire envers les syndicats de mineurs indiens. Nous appelons le gouvernement d’Inde à retirer sa décision concernant la privatisation du secteur des charbonnages. Le gouvernement doit s’engager dans le dialogue avec les syndicats pour trouver une solution durable."

Philippines: un camp de jeunes mobilise des travailleurs autour de la syndicalisation

Vingt-six jeunes hommes et femmes ont participé au camp, qui s'est tenu les 23 et 24 septembre dans la région montagneuse de Tanay, afin d'évaluer les progrès réalisés au cours des deux années précédentes et d'élaborer un plan d'action pour 2020.

Jeunes syndicalistes réunis pour examiner de quelles façons accroître la participation des jeunes dans les syndicats

La réunion a interpelé les jeunes organisateurs sur la manière d’inverser la tendance à la faible syndicalisation aux Philippines et au manque d'attrait des jeunes travailleurs à adhérer à des syndicats.

« Nous devons gagner sur la machine de propagande orientée contre les syndicats que les capitalistes infligent aux médias traditionnels », a déclaré Risher Igrobay, une jeune déléguée syndicale de l'Organisation des travailleurs de la Société des automobiles Toyota (Philippines) (TMPCLO).

« Les jeunes travailleurs doivent faire entendre leur voix et utiliser tous les moyens disponibles pour faire passer notre message dans les lieux de travail, dans le public et dans les sphères du pouvoir. Nous ferons passer le mot selon lequel un syndicat demeure l'agent transformateur du changement qui se battra pour la justice sociale ».

Soulignant l'importance d'organiser et de recruter plus de jeunes travailleurs dans le giron syndical, Girlie Battad, membre du Conseil exécutif du syndicat des travailleurs de Nexperia Philippines Inc., a déclaré:

« Les jeunes travailleurs doivent se rendre compte de l'importance d’être syndiqués et de connaître leurs droits juridiques et constitutionnels ».

Réfléchissant sur la faible motivation des jeunes travailleurs à participer aux activités syndicales et à adhérer à des syndicats, les participants ont proposé des idées novatrices pour lancer des projets visant à attirer les jeunes travailleurs.

À la fin du camp, les participants ont élaboré un plan d'action pour encourager un plus grand nombre de jeunes travailleurs à s'engager dans les activités syndicales. Les jeunes leaders prévoient de visiter les lieux de travail, et d’organiser la formation et le renforcement des capacités des jeunes travailleurs.

En préparation du Congrès d’IndustriALL 2020, les participants ont également décidé d'établir une structure de jeunesse au niveau national.

Géraldine Hoggang, jeune militante et responsable en éducation à Associated Labor Unions, a conclu:

« Nous, les jeunes travailleurs et travailleuses, tout comme les jeunes en général, sommes souvent sous-estimés. On nous dit que nous sommes trop jeunes pour comprendre les enjeux de notre pays et trop petits pour faire une différence. Cependant, ce camp de jeunes m'a rappelé que ce sont les jeunes qui ont le plus d'énergie et d'idées novatrices, et que nous pouvons réellement apporter le changement social que nous voulons voir dans notre monde ».

Le camp des jeunes 2019 fait partie des activités organisées dans le cadre du programme de renforcement du pouvoir syndical, soutenu par IndustriALL et Union to Union.