Nouvelles mobilisations des syndicats français contre la privatisation d'EDF

Nos affiliés FNME-CGT, FCE-CFDT, CFE-CGC Energie, et FO Energie et Mines ont participé à des manifestations et des arrêts de travail dans des sites d'EDF partout en France, des actions qui font suite à la grève nationale du 19 septembre.

Les syndicats s'opposent au projet du gouvernement de scinder EDF en deux parties, dont l'une serait ouverte aux investisseurs privés dans le cadre du projet dit "Hercule". Le nucléaire, les barrages et le transport resteront dans le secteur public sous l'appellation EDF bleu, tandis qu'EDF vert – comprenant la distribution, les renouvelables et la vente – sera mis en bourse.

L'entreprise a reporté le projet Hercule jusqu'en 2020 pour des raisons économiques et techniques en rapport avec l'obligation légale de vendre l'électricité à un tarif fixe. Cette disposition devrait affecter le prix qui pourra être obtenu du secteur public, et le gouvernement français négocie actuellement avec la Commission européenne pour changer cette réglementation.

Mais les syndicats réclament l'abandon pur et simple du projet. Ils ont demandé à rencontrer le Président Emmanuel Macron, en annonçant qu'ils vont durcir leur action jusqu'à la grève nationale s'ils n'obtiennent pas de réponse satisfaisante.

IndustriALL Global Union a un accord-cadre mondial avec EDF qui porte sur la promotion des droits de l'homme et des droits au travail. Son suivi est assuré par les signataires afin de mettre en œuvre une gouvernance de l’accord au niveau local comme à l’échelle mondiale visant à garantir le respect des engagements qu’il contient. Le comité de pilotage de l'accord s'est réuni hier à Paris et a signé une pétition réclamant l'abandon du projet.

La directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, Diana Junquera, a déclaré :

"Il est réellement irresponsable de la part du gouvernement français de privatiser la production d'énergie renouvelable au milieu d'une urgence climatique. Nous soutenons nos affiliés qui réclament l'annulation du projet Hercule."

Le bilan des morts s’alourdit, les accidents se poursuivent sur les chantiers de démolition des navires au Bangladesh

L’accident s’est produit alors qu’un monteur et un assistant étaient au travail sur des réservoirs pour en extraire de l’eau polluée. L’eau a pu être évacuée de l’un des réservoirs, mais les ouvriers ont été dans l’impossibilité d’identifier l’endroit d’où extraire l’eau de l’autre.

Ils ont découpé ce réservoir, ce qui a conduit au dégagement de gaz toxiques qui ont tué deux travailleurs sur le coup et en ont fait tomber malades trois autres. Les travailleurs touchés ont été emmenés à l’hôpital Al-Amin qu’ils ont pu quitter deux jours plus tard. Au moment de l’accident, quinze ouvriers travaillaient sur le navire. Les victimes décédées sont Saiful (26 ans) du district de Naugaon et Masud (21 ans) du quartier de Barabkund à Sitakunda.

Lors d’un autre accident survenu le 14 octobre au chantier de démolition des navires de Sagorika, deux travailleurs ont été gravement blessés lors de l’explosion d’un cylindre. Les blessés, Apu Marak Chakma (28 ans) et Tapan Marak Chakma (30 ans), ont été admis à l’hôpital CHC.

L’information recueillie au plan local révèle qu’entre janvier 2019 et maintenant, au moins 23 démolisseurs de navires ont été tués et au moins 75 blessés lors d’accidents sur des chantiers de démolition de navires bangladais. Un grand nombre des victimes sont des travailleurs jeunes et précaires.

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL Global Union pour le secteur de la construction navale et de la démolition des navires, a déclaré :

“Nous condamnons fermement la négligence des employeurs alors que ces accidents absolument évitables continuent à lever auprès des travailleurs leur tribut en vies humaines. Les employeurs et le gouvernement ne doivent pas fuir leur responsabilité qui est d’assurer des conditions de travail sûres. Nous réitérons notre revendication de voir le Bangladesh accélérer le processus de ratification de la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.”

Les affiliés d’IndustriALL compétents pour le secteur de la démolition des navires, la Fédération des métallurgistes du Bangladesh et la Fédération des travailleurs de la métallurgie, de la chimie et de la confection du Bangladesh, continuent à suivre la situation et expriment leur grave préoccupation face à l’accumulation débridée d’accidents et négligences de la part des employeurs en matière de santé et sécurité professionnelles.

Umicore et IndustriALL renouvellent leur Accord-cadre mondial

Un premier accord-cadre mondial avait été signé en 2007 et renouvelé en 2011 et 2015 respectivement. Le renouvellement de 2019 est donc le troisième du genre. L’accord renouvelé couvre les droits humains, dont la négociation collective et l’égalité des chances, avec une nouvelle section consacrée à la violence et le harcèlement au travail faisant référence à la Convention 190 de l’OIT fraîchement adoptée, des conditions de travail sûres et saines et les questions environnementales. L’accord ajoute des dispositions importantes sur la diligence raisonnable au sein de la chaîne d’approvisionnement du cobalt ainsi que sur la transformation numérique.

Les deux parties sont convenues de poursuivre le dialogue constructif entamé en 2007 pour assurer une mise en œuvre fructueuse de l’accord.

Le Président-directeur général d’Umicore, Marc Grynberg, a signé l’accord avec le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches, en présence du Directeur général de l’OIT Guy Ryder.

Guy Ryder a loué l’accord

Guy Ryder a indiqué :

“Beaucoup de choses sont les bienvenues dans cet accord et j’en félicite les deux parties. Merci pour avoir fait référence à la toute nouvelle Convention OIT 190, adoptée en juin. C’est la première fois que je la vois mentionnée dans un document officiel.”

Il a poursuivi en rendant hommage à l’accord pour son engagement en faveur de la durabilité environnementale et de la diligence raisonnable au sein des chaînes d’approvisionnement.

Marc Grynberg s’est étendu sur la décision prise par Umicore de nettoyer la pollution consécutive à ses cent années d’activité industrielle et d’assurer un approvisionnement éthique du cobalt pour les smartphones et les batteries de véhicules électriques.

Marc Grynberg

Il a déclaré :

“Cet accord réaffirme notre engagement en faveur de la durabilité pour lequel l’implication de tous les salariés d’Umicore est vitale. Le dialogue avec IndustriALL joue un rôle important dans la poursuite de notre objectif d’être aux avant-postes dans tous les aspects de la durabilité, en particulier à tous les étages de la chaîne d’approvisionnement de matériaux critiques.”

Valter Sanches

Valter Sanches a ajouté :

“Le contexte mondial est très clivant. Nous devons saisir des instants comme ceux-ci pour démontrer que conclure un accord avec les représentants de travailleurs au plan mondial est un atout. Des relations sociales stables offrent un avantage concurrentiel.

“Nous avons fait référence à la C190 de l’OIT parce que nous n’avons pas besoin d’attendre qu’une convention soit ratifiée avant d’agir. Nous sommes particulièrement heureux de l’engagement à la diligence raisonnable et des principes directeurs en matières d’approvisionnement, en particulier s’agissant du cobalt.”

L’accord signé

Umicore est un groupe industriel du domaine de la technologie des matériaux et du recyclage dont l’attention se concentre sur la mobilité propre et le recyclage. Il emploie 10.700 personnes de par le monde.

L'Afrique subsaharienne établit un programme syndical ambitieux

La conférence a été l'aboutissement d'une semaine de réunions visant à établir un objectif commun entre les affiliés à IndustriALL Global Union sur le continent: la Conférence des jeunes, le Sommet des mines pour l’Afrique, la Conférence sur l’industrialisation de l’Afrique et la Conférence des femmes.

Les participants à chacune des réunions, placées sous le thème général des syndicats africains sub-sahariens dans la Quatrième révolution industrielle, ont examiné un aspect particulier du travail syndical sur le continent et élaboré un plan d'action qu'ils ont présenté à la réunion exécutive pour adoption et adhésion.

La conférence régionale a été ouverte par Joseph Montisetse, coprésident d'IndustriALL, et Issa Aremu, vice-président d'IndustriALL. Après avoir pris connaissance de la présentation détaillée de Paule Ndessomin, Secrétaire régionale d'IndustriALL, sur les luttes syndicales sur le continent, les affiliés ont évoqué les problèmes des violations des droits des travailleurs et appelé à un soutien.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a mis l’accent sur l'importance de la solidarité, indiquant:

« Nous luttons contre les violations des droits syndicaux comme des pompiers. Nous devons être méthodiques. »

« Nous soulevons des questions avec l'OIT et l'OCDE. Mais les institutions ne nous sauveront pas. Ce qui fonctionne, c'est la solidarité. Nous avons remporté un certain nombre de victoires syndicales au cours de ces dernières années. Dans tous les cas, c'était grâce à une campagne de solidarité internationale. »

« Nous sommes en train d'élaborer une feuille de route sur les instruments permettant de lutter contre les violations. Mais la clé est de renforcer les syndicats. »

Il a également souligné l'importance des accords-cadres mondiaux, qui sont un outil très puissant s'ils sont bien utilisés.

Les jeunes travailleurs ont présenté leur structure et leur plan d'action aux participants de la conférence. Les affiliés ont officiellement reconnu le Comité des jeunes et se sont engagés à améliorer le travail des jeunes sur le continent.

Le Comité des femmes a présenté son projet de structure. Cette dernière a été adoptée par les participants à la conférence, qui se sont engagés à faire campagne en faveur de la ratification de la Convention de l'OIT n° 190 et à renforcer les structures nationales des femmes.

Ousmane Diop, membre du Comité exécutif du Sénégal, a présenté un compte rendu de la Conférence sur l'industrialisation de l’Afrique. Les affiliés ont décidé de mettre en œuvre les plans d'action d'IndustriALL en matière de politique industrielle et commerciale, et de soutenir le réseau énergétique régional.

Le Directeur en charge du secteur des mines à IndustriALL, Glen Mpufane, a rendu compte du Sommet minier. Les affiliés ont convenu de promouvoir la Vision minière africaine au niveau national et de faire campagne en faveur de la ratification de la Convention n° 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. Ils se sont également engagés à faire campagne pour qu’AngloGold Ashanti signe un accord-cadre mondial, soutienne les mineurs de diamants au Lesotho et travaille à la régularisation et à l'organisation des petits mineurs artisanaux.

Les affiliés ont décidé d’établir un groupe de travail chargé d'identifier les nouveaux enjeux et d'élaborer des réponses, ainsi que de définir une politique sur l'industrialisation, la tarification et la valorisation des minéraux.

En outre, ils ont convenu de soutenir les syndicats à Eswatini contre les violations des droits, et de faire campagne contre les attaques perpétrées contre les travailleurs par les multinationales. Ils ont condamné les violations des droits des travailleurs par les entreprises chinoises tout en notant avec déception que les entreprises d'origine africaine font de même.

Valter Sanches a conclu:

« Dans un an, nous aurons notre Congrès au Cap. Nous avons établi un programme ambitieux pour le continent. Travaillons ensemble pour que nous puissions démontrer au Congrès le pouvoir de l'unité dans la lutte ».

Les syndicats de l'électronique, l'électricité et l'électronique se préparent pour un avenir durable

"Le monde est fragmenté et divisé. Tant de choses sont irrationnelles et les syndicats doivent être les premiers à les pointer du doigt et à redresser la situation," a déclaré le coprésident du secteur d'IndustriALL, Takahiro Nonaka, du syndicat japonais JEIU/JCM. "Nous avons besoin d'une société qui donne la priorité à l'homme, et cela nécessite des politiques durables. Nous devons faire en sorte que la justice et l'égalité règnent sur le lieu de travail."

La conférence des 14 et 15 octobre 2019 a identifié trois grands domaines d'action que sont la nécessité de se concentrer sur les chaînes d'approvisionnement, d'organiser des travailleurs précaires et d'explorer et se préparer en vue de l'avenir du travail.

Les affiliés d'IndustriALL ont approuvé un plan d'action quadriennal

Pour le coprésident du secteur, Prihanani Boenadi, de la FSPMI (Indonésie), la numérisation et l'automatisation sont une menace grave pour l'emploi, tandis que l'exploitation des travailleurs par les contrats précaires se généralise. L'Industrie 4.0 devrait frapper le plus durement les travailleurs moyennement qualifiés, qui représentent la majorité des syndiqués du secteur.

"Nous nous mobiliserons et exigerons que les employeurs et les gouvernements supportent le coût d'une transition juste," a déclaré le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches. "Le secteur des TIC est en croissance et c'est le plus exposé à la numérisation. Nous devons être sûrs que les travailleurs en bénéficieront."

Pendant les cinq dernières années, un projet d'IndustriALL organisé en Indonésie, en Malaisie, aux Philippines, à Taïwan, en Thaïlande et au Vietnam a permis de recruter 20.000 adhérents et débouché sur la formation de plus de 3.000 syndicalistes, activistes et travailleurs, dont 30 pour cent de femmes, a indiqué Kan Matsusaki, le Directeur d'IndustriALL en charge de l'informatique, l'électricité et l'électronique.

Quoi qu'il en soit, il est clair qu'il faut augmenter les taux de syndicalisation et multiplier les réseaux syndicaux et les accords-cadres mondiaux, ajoute la Secrétaire générale adjointe Jenny Holdcroft :

"Nous devons faire davantage pression sur les multinationales qui dominent le secteur. Nous devons dénoncer auprès du public des conditions de travail déplorables qui ont cours dans les chaînes d'approvisionnement de ces entreprises."

L'exposition à des risques sur le lieu de travail est chose courante dans le secteur. Sur les 200.000 substances chimiques qui seraient utilisées dans la production de dispositifs électroniques et d'appareils électriques, seules 1.000 ont été testées en termes de limites d'exposition.

Les déchets électroniques constituent aussi un problème majeur pour l'industrie. La planète produit chaque année 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques, un chiffre qui devrait atteindre 120 millions de tonnes d'ici 2050. Les affiliés ont demandé d'intensifier les pressions sur les marques pour qu'elles assument le recyclage dans de bonnes conditions de leurs produits.

Les participants ont exprimé leur solidarité avec les victimes du typhon dévastateur Hagibis qui a empêché de nombreux participants japonais de venir à la conférence. L'intensité et le nombre des typhons sont en hausse dans la région, d'après les affiliés qui sont conscients de la menace que représente le changement climatique pour l'emploi et l’environnement.

À la fin de la conférence, les participants ont réélu à l'unanimité Prihanani Boenadi et Takahiro Nonaka en tant que coprésidents du secteur de l'informatique, l'électricité et l'électronique d'IndustriALL et ils ont approuvé le plan d'action pour les quatre prochaines années.

Pour plus de photos de la conférence, consultez flickr : https://bit.ly/2qdGGpH

Les syndicats intensifient leur campagne pour l’industrialisation de l’Afrique

La campagne que mène IndustriALL en faveur de l’industrialisation de l’Afrique fait partie d’un objectif stratégique visant à promouvoir une politique industrielle durable : aucun pays ni aucune région n’a atteint la prospérité et un niveau de vie décent pour ses citoyens sans un secteur industriel solide.

Le faible niveau d’industrialisation de l’Afrique est lié à son passé colonial. Après l’indépendance, des tentatives ont été faites pour industrialiser l’économie, mais les programmes d’ajustements structurels du FMI et la libéralisation du commerce ont sapé les économies africaines à peine sont-elles devenues indépendantes, laissant les forces du marché “tirer l’échelle”.

Le résultat en est que le continent reste encore une simple source de matière première et que la valeur ajoutée est produite ailleurs. Selon certain rapports, en moyenne, l’industrie africaine génère US $700 de PIB par habitant, ce qui représente moins d’un tiers du chiffre correspondant pour l’Amérique latine et un cinquième de celui de l’Asie de l’Est.

Les économies africaines sont dépendantes de leurs matières premières. C’est là que se situent les cinq premiers pays producteurs de pétrole avec environ 10% de la production mondiale, alors 40% de l’or et entre 80 et 90% du chrome et du platine sont originaires du continent.

Les participants ont souligné l’importance de l’industrialisation pour s’éloigner de l’agriculture ou de l’exploitation de matières premières pour aller vers une économie basée sur la fabrication, ce qui permettrait d’augmenter les revenus et les niveaux de vie.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan indique :

“C’est un riche continent qui a été systématiquement pillé. L’Afrique a besoin d’une économie centrée sur l’humain qui apporte la démocratie à la vie économique.

“Certaines des économies à la plus forte croissance dans le monde se situent en Afrique. Mais la croissance n’est pas la même chose que le développement.”

Le Secrétaire général adjoint Atle Høie s’est exprimé sur l’importance de comprendre les accords commerciaux et le danger des mécanismes de règlement des conflits entre investisseurs et États qui n’obéissent qu’à leurs propres règles.

Les affiliés ont débattu du potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine et se sont engagés à mettre en œuvre le plan d’action d’IndustriALL sur le commerce, qui appelle les gouvernements à respecter les Conventions de l’OIT et s’assurer que des droits relatifs au travail soient inclus dans les accords commerciaux.

L’industrialisation requière des financements. Le rapport Mbeki montre que l’Afrique perd 52 milliards de dollars par an par le biais de flux financiers illicites, ce qui ne peut pas rester sans suite.

Le rôle de l’industrialisation est articulé au sein du plan d’action de l’Union africaine, AIDA, et de la Troisième décennie du développement industriel de l’Afrique des Nations Unies. Des débats ont eu lieu sur les voies de l’industrialisation qui prennent en compte le changement climatique, industrie 4.0 et l’avenir du travail. Les syndicats sont convenus que se focaliser sur des stratégies nationales ne fonctionnerait pas et que des pôles industriels, des infrastructures, des mesures de relèvement des compétences et un commerce intérieur à l’échelle de la région étaient essentiels. La conférence s’est accordée sur des stratégies de campagne pour l’industrialisation.

Les syndicats vont mener des actions à l’occasion de la Journée de l’industrialisation de l’Afrique, le 20 novembre, en faisant pression auprès des agences intergouvernementales mondiales et africaines. IndustriALL va mener des programmes sur différents aspects de l’industrialisation comme la durabilité, les politiques énergétiques, les chaînes d’approvisionnement, Industrie 4.0 et le commerce.

“L’industrialisation de l’Afrique revêt une importance critique pour IndustriALL,” a déclaré Kemal Özkan.

“Si nous n’infléchissons pas la trajectoire du continent, l’Afrique va rester un endroit où les gens vivent dans une extrême pauvreté, ce qui est totalement inacceptable”.

Les marques ACT adoptent un dispositif de responsabilisation en matière de pratiques d’achat

L’initiative ACT (Action, Collaboration, Transformation) est un accord novateur entre les marques mondiales et détaillants et les syndicats pour transformer les industries du textile, du vêtement et de la chaussure, et permettre le versement de salaires décents aux travailleurs par le biais de la négociation collective sectorielle liée aux pratiques d'achat.

Sur la base de vastes consultations avec les fournisseurs, les syndicats et les experts, l’initiative ACT a adopté les engagements mondiaux pris par l’ensemble des marques membres de changer leurs pratiques d'achat dans cinq domaines considérés comme essentiels pour permettre aux fournisseurs de verser des augmentations salariales négociées et d’améliorer les conditions de travail.

Cela comprend l'adoption d'un protocole d'établissement des frais de personnel visant à s'assurer de la prise en compte de tous les coûts salariaux directs et indirects dans les calculs des coûts pour négocier les prix d’achat. Le protocole précise, entre autres choses, que les marques calculeront les coûts salariaux en fonction des augmentations salariales prévues dès que l'information sera disponible et que, dans le cas où les autres facteurs de production tels que les coûts des tissus, les coûts énergétiques et le volume des commandes resteraient inchangés, les augmentations salariales seront couvertes par des prix d'achat plus élevés.

Les progrès vers la pleine mise en œuvre des engagements seront mesurés annuellement au moyen d'un ensemble complet et transparent de mesures, par lesquelles les marques seront rendues comptables de leurs actes par IndustriALL.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe à IndustriALL, affirme que le dispositif de responsabilisation et de suivi de l'initiative ACT offre aux marques un outil leur permettant de répondre aux exigences internationales en matière de devoir de diligence, et de devenir des leaders du secteur en matière de pratiques d'achat responsables.

« Et c'est le fondement pour donner aux fournisseurs la confiance nécessaire pour conclure des accords de négociation sectoriels avec les syndicats qui amélioreront les salaires et les conditions de travail. L'expérience a montré que sans de telles assurances, les fournisseurs n'accepteront jamais de prendre en charge des coûts supplémentaires.

Nous appelons maintenant toutes les autres marques de l'industrie du vêtement à devenir membre de l’initiative ACT et à prendre le même engagement de soutenir la modernisation sociale et économique du secteur ».

Les femmes africaines debout pour l'égalité hommes-femmes

La réunion a été ouverte par la Secrétaire régionale Paule Ndessomin, qui a incité les femmes à ne pas relâcher leurs efforts après le travail accompli jusqu'alors. La discussion a porté en grande partie sur l'adoption de la Convention 190 de l'OIT sur la violence et le harcèlement par la Conférence internationale du travail de 2019.

Mwila Chigaga, une spécialiste des questions d'égalité de l'Organisation internationale du travail, a déclaré que cette convention constitue une injonction générale à mettre un terme à la violence et au harcèlement dans le monde du travail. Mais cette adoption n'est pas une victoire; beaucoup reste à faire. Elle a rappelé aux participantes que la convention doit encore être ratifiée par deux pays au moins pour entrer en vigueur, et elle les a encouragées à tout faire pour que ce soient des pays africains.

"Il est trop tôt pour crier victoire. Nous pourrons nous réjouir quand la convention sera ratifiée et mise en application."

Mwila Chigaga

"Il est trop tôt pour crier victoire. Nous pourrons nous réjouir quand la convention sera ratifiée et mise en application,"

a-t-elle déclaré.

"Il faut d'abord voir la convention 190 comme une norme internationale du travail sur l'égalité entre hommes et femmes, et la replacer dans le contexte d'autres conventions: la C100 sur l'égalité de rémunération, la C111 concernant la discrimination, la C156 sur les travailleurs ayant des responsabilités familiales, la C183 sur la protection de la maternité, et la C189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques.

"Beaucoup n'ont pas été ratifiées et mises en application. Souvenons-nous en lorsque nous fêtons l'adoption de la convention 190."

La Coordinatrice Programmes et Genre d'IndustriALL, Armelle Seby, a déclaré :

"Les syndicats doivent se mobiliser et réclamer cette ratification. Mais il ne faut pas attendre; ils doivent utiliser cet instrument pour changer les vies des travailleurs dès maintenant. Ce nouvel instrument est un atout majeur pour faire reculer la discrimination et progresser l'égalité, et pour lutter contre la violence fondée sur le sexe dans le monde du travail."

"Je suis une championne des femmes"

Rose Omamo

Rose Omamo s'est présentée en ces termes :

"Je suis la Secrétaire générale du Syndicat fusionné des travailleurs et travailleuses de la métallurgie du Kenya, et je suis une championne des femmes."

Mwila Chigaga et Rose Omamo ont toutes deux souligné la nécessité de sortir l'action pour l'égalité hommes-femmes des structures réservées aux femmes pour, avec l'aide d'alliés masculins, l'intégrer dans l'action générale du syndicat.

Mwila Chigaga a déclaré :

"Il faut des femmes à la tête des syndicats. Mais il faut aussi s'assurer que les hommes qui sont élus militent pour l'égalité hommes-femmes et soient des féministes."

Un débat a porté sur la manière de faire concrètement changer les choses sur le lieu de travail, et les participantes ont convenu que la violence et le harcèlement sont chose courante.

"En tant que femmes, nous devons nous soutenir mutuellement," a déclaré une participante. "La sororité, ça marche."

Tendaï Makanza, du bureau régional d'IndustriALL, a exhorté les affiliés à se servir des outils dont nous disposons, en particulier l'Engagement d'IndustriALL contre la violence.

"Nous espérons pouvoir mettre en route un mouvement de jeunes féministes dans la région."

Lydia Nkopane a présidé une session au cours de laquelle a été constitué le comité régional des femmes, composé comme suit :

Autres membres :

Dow Chemical: les Métallos obtiennent une meilleure convention par la résistance

Le 8 octobre, les membres de la Section locale 13-1 du Syndicat des Métallos ont voté en faveur de la ratification de la nouvelle convention, qui s’applique à environ 235 travailleurs employés dans l'usine Dow Chemical, à Deer Park.

Cet accord met fin à des mois de conflit sur le site de production texan (États-Unis) qui a commencé au début des négociations sur l’adoption d’une nouvelle convention en février. L'entreprise avait imposé aux travailleurs un lock-out de sept semaines à partir du 22 avril après que les membres du Syndicat des Métallos aient voté à trois reprises, à chaque fois avec une écrasante majorité, en faveur du rejet des propositions inacceptables qui leur étaient faites.

Le combat des travailleurs touchés a bénéficié d’un large soutien solidaire de la part de la communauté locale et des syndicats.

Travailleurs lock-outés de Dow Chemical, Deer Park (Texas), mai 2019

Le Conseil syndical nord-américain de DowDuPont, présidé par Kent Holsing, membre du Syndicat des Métallos, a coordonné les actions de solidarité à la Section locale. IndustriALL est fier de faire partie de ce réseau syndical et s’est efforcé de faciliter le soutien international témoigné envers le combat mené par la Section locale 13-1. Pendant le conflit, les affiliés à IndustriALL de plusieurs pays ont envoyé des messages de solidarité aux travailleurs lock-outés.

S’exprimant lors de la réunion du Conseil syndical, tenue du 23 au 26 septembre 2019, à Knoxville, dans le Tennessee, Hank Niscavits, président du groupe des travailleurs à Deer Park, a déclaré:

« Je remercie chaleureusement nos amis internationaux qui ont fait preuve de solidarité avec nos combats. Notre seule demande était que l'entreprise négocie avec nous de bonne foi pour parvenir à un accord équitable ».

 Face au soutien de solidarité local, national et international, l'entreprise a mis fin au lock-out le 10 juin et les négociations ont repris.

Le Conseil syndical offre un excellent exemple de réseautage syndical réussi dans une grande multinationale. Le groupe fournit aux travailleurs de toute l'entreprise un espace pour échanger des informations et parler à l'employeur avec une voix collective. Le groupe a donné la priorité à la protection des emplois et des droits de ses membres à la suite de la fusion de Dow et DuPont puis de sa séparation en trois entités distinctes. Le groupe prend actuellement des mesures pour repousser les problèmes liés aux systèmes de rémunération.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a déclaré:

« La solidarité fonctionne. Tout au long de ce conflit, la direction de Deer Park s'est très mal comportée. Le réseau complet, qui comprend IndustriALL Global Union, a montré qu'il était prêt à être solidaire et à soutenir ses collègues traités injustement à DowDuPont. J’adresse mes félicitations à la Section locale 13-1 du Syndicat des Métallos et à toutes les personnes impliquées dans ce combat victorieux ».

Mineurs africains : les richesses naturelles doivent bénéficier au continent

Parmi les thèmes majeurs de la conférence, on retrouvait la valorisation, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, la sécurité et la Convention 176 de l’OIT ainsi que les mouvements illicites de capitaux.

Kemal Özkan

La réunion a été ouverte par le Secrétaire général adjoint Kemal Özkan, qui a rendu compte du fait qu’il existe une crise des inégalités au plan mondial, mais que les syndicats des mines étaient aux avant-postes pour y apporter une réponse syndicale. Il a donné l’exemple du rapport Goodbye Neoliberalism publié par le syndicat affilié australien CFMEU.

Fred Hans Kipamila

Les dirigeants des affiliés locaux, Tamim Salehe du TUICO et Fred Hans Kipamila du TAMICO, ont présenté le travail de leurs syndicats et le Commissaire aux mines de Tanzanie, David Mulabwa, a présenté aux délégués les souhaits de bienvenue en Tanzanie. Il a ensuite brossé le tableau des priorités du gouvernement pour le secteur.

Notre Directeur du secteur, Glen Mpufane, a parlé du cycle en montagnes russes du marché des matières premières. Le mouvement actuel à la hausse est dû aux véhicules électriques, mais les richesses naturelles, souvent, ne contribuent pas au développement économique général.

Glen Mpufane

“Le secteur des mines est comme un État dans l’État, avec des mouvements illicites de capitaux qui saignent les ressources du continent. La Vision pour l’industrie minière en Afrique montre le chemin du changement en direction d’une nouvelle vision économique, élaborée par les Africains au bénéfice de l’ensemble du continent,”

a-t-il indiqué.

Le coprésident régional et Président du NUM Joseph Montisetse a déclaré :

Joseph Montisetse

“Nos matières premières sont exportées et nous restons sur le carreau, dans la pauvreté. C’est pourquoi le thème de la valorisation doit se trouver à l ’ordre du jour de tout syndicat.”

Le Vice-président d’IndustriALL, Issa Aremu du Nigeria a déclaré :     

“Nous devons transformer la malédiction des ressources en bénédiction des ressources.”

Issa Aremu

“Nous devons transformer la malédiction des ressources en bénédiction des ressources.”

Pierre de Pasquale s’est exprimé sur le recours à l’Indice minier responsable pour évaluer dans quelle mesure les compagnies se conformaient à leurs principes déclarés et Peneyamboko Alina Munkawa de l’OIT a donné des informations détaillées à propos de la Convention 176 de l’OIT sur la santé et la sécurité dans les mines.

Lydia Nkopane

Lydia Nkopane du NUM a évoqué la violence faite aux femmes. Les femmes du secteur des mines sont confrontées dans le cadre de leur travail à de la violence fondée sur le genre, au manque d’équipement de protection et d’infrastructures convenant aux femmes ainsi qu’à de la discrimination dans leur métier et au niveau des postes auxquels elles peuvent accéder dans leurs syndicats.

Claude Kabemba de Southern Africa Resource Watch et Luc Assosa de PACT ont parlé de la situation des mineurs au niveau de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. Ils sont au nombre de neuf millions en Afrique sub-saharienne.

Kabemba a déclaré :

“Les creuseurs opérant dans le cadre de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle sont des mineurs et leur place est au sein des syndicats de mineurs.”

Tendai Makanza d’IndustriALL s’est intéressée aux 50 milliards de dollars perdus chaque année en Afrique en raison de mouvements illicites de capitaux, d’activités criminelles, de fraudes dans le secteur public et d’entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale et sous-déclarent la valeur des richesses minérales exportées.

Kemal Özkan a déclaré :

“Nous avons soulevé de nombreuses problématiques qui doivent être prises en compte, aussi bien à la conférence des mines que celle sur l’industrialisation. Nos affiliés doivent prendre les choses en main en décidant de leurs actions prioritaires, que ce soit faire campagne sur la C176 ou autre chose, et IndustriALL répondra présent pour les soutenir.”