Les amendements à la Loi sur les droits des travailleurs sont une victoire pour les syndicats de l’Île Maurice

En vertu de cette législation, les travailleurs auront des indemnités en cas de faillite et accès à des systèmes de gratifications de retraite portables. La gratification est une allocation qui vient en supplément des fonds de pension. La nouvelle loi permet aux travailleurs et travailleuses d’emmener avec eux leurs acquis en matière de pension d’un employeur à l’autre. La loi impose également aux employeurs de verser une indemnité pour les années de service et introduit des indemnités de chômage pour une durée pouvant aller jusqu’à douze mois.

Une manifestation récente en faveur du travail décent

Un nouveau conseil tripartite est également créé qui prévoit des négociations et permet aux travailleurs d’être représentés par un avocat, un inspecteur du travail ou un permanent syndical. Un fonds de garantie des salaires paiera les travailleurs lorsqu’une usine ferme. Ces indemnités sont ouvertes à l’ensemble des travailleurs et travailleuses, y compris ceux et celles du Népal et du Bangladesh qui ont immigré dans le pays pour y travailler.

Les syndicats font également campagne pour la justice climatique et contre la violence fondée sur le genre

Cette victoire intervient au bout de 16 années au cours desquelles les affiliés mauriciens d’IndustriALL Global Union ont mené une campagne sans relâche en faveur des droits des travailleurs, entre autres par le biais de grèves de la faim, de piquets et de manifestations. Ces efforts et ces actions ont été récompensés lorsque les amendements à la Loi sur les droits des travailleurs ont été approuvés par le Cabinet ce 4 octobre.

Reeaz Chutto, Président de la Confédération des Travailleurs des Secteurs Publique / Privé (CTSP) a déclaré :

“Cette victoire vient s’ajouter à celle consécutive à la campagne pour le salaire minimum de 2017 au cours de laquelle nous avons atteint la barre des $300 à l’issue d’une grève de la faim de 10 jours. Le syndicat renforce également sa présence dans d’autres secteurs de sorte à pouvoir bénéficier de négociations collectives sectorielles.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL a indiqué :

“Je tiens à saluer solidairement tous nos affiliés dont je loue le dévouement et l’engagement dans le cadre de cette lutte longue d’une dizaine d’années pour faire abolir la législation de 2008.

“Cette nouvelle législation du travail représente une victoire importante contre la précarisation du travail. Nous saluons ces importantes avancées engrangées en faveur de la protection des droits des travailleurs qui concernent, entre autres choses, des indemnités équitables en cas de licenciement, des allocations de pension, des restrictions strictes en matière de sous-traitance, un renforcement du dialogue social, la mise en œuvre du principe à travail égal, salaire égal, des améliorations au plan des congés payés, l’harmonisation des conditions de travail dans différents secteurs et une campagne active pour mettre un terme dans le milieu professionnel à la violence fondée sur le genre.”

La CTSP fait également campagne contre les atteintes à la vie privée

La CTSP lutte également contre les atteintes à la vie privée par des systèmes qui permettent aux propriétaires d’usine d’espionner les travailleurs et travailleuses par le biais de leurs smartphones.

Les jeunes travailleurs se mobilisent

Les mineurs ukrainiens exigent le paiement des arriérés salariaux

Le 29 octobre, les mineurs de toutes les régions d'Ukraine se rendront à Kiev pour former un piquet de grève devant le Parlement jusqu'à ce que leurs revendications en matière de paiement des arriérés salariaux soient satisfaites.

Le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine et le Syndicat des travailleurs de l'industrie du charbon d'Ukraine, tous deux affiliés à IndustriALL, mobilisent leurs membres pour participer à cette large action de protestation, alors que le montant total des arriérés salariaux s'élève désormais à 1 172 millions de UAH (47 millions de US$).

« Les mineurs sont extrêmement épuisés physiquement et psychologiquement parce qu’ils n'ont pas reçu d’argent depuis trois mois, et qu’ils doivent protester »,

a déclaré Mykhailo Volynets, président du Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine.

Certains arriérés salariaux remontent à 2016. En 2019, le salaire moyen d'un mineur ukrainien était de 15 000 UAH (600 US$). 

Les mines de charbon ukrainiennes d'État emploient 52 000 travailleurs, a indiqué Victor Turmanov, président du Syndicat des travailleurs de l'industrie du charbon d'Ukraine. La majorité de ces travailleurs souffrent du non-paiement de leurs salaires depuis des mois.

Manifestation à Severodonetsk, le 11 octobre.

Au cours des derniers mois, les syndicats et les travailleurs ont organisé des actions pour protester contre les arriérés salariaux à travers le pays, dans les régions de Donbass, de Louhansk, de Lviv et de Volyn.

Manifestation à Lviv

Pendant ce temps, les dirigeants syndicaux ont tenu des réunions avec les représentants du gouvernement et du parlement ukrainiens pour réclamer la prise de mesures immédiates pour résoudre les problèmes des mines de charbon appartenant à l'État. Par suite, le gouvernement ukrainien a présenté un projet de loi sur des Amendements au budget public ukrainien pour 2019 visant à allouer un milliard de UAH supplémentaire pour couvrir les arriérés salariaux dans les mines de charbon d'État.

Le 18 octobre, le projet de loi a été adopté en première lecture au parlement ukrainien. Il faudra du temps avant que cette loi soit finalisée et signée par le président. Les dirigeants syndicaux s'attendent à ce que cela ait lieu la semaine prochaine lors des actions de protestation à Kiev.

Cependant le temps passe, et selon Mykhailo Volynets, le 1er novembre, les arriérés salariaux augmenteront de 500 millions de UAH (20 millions de US$).

Aussi, les syndicats ont préparé un autre projet de loi pour l'allocation supplémentaire de 1,5 milliard de UAH (60 millions de US$) pour payer les salaires des mineurs jusqu'à la fin de l'année. Ce projet de loi devrait être enregistré la semaine prochaine puis passer par les procédures standard du gouvernement et du parlement, a déclaré Victor Turmanov.

Mykhailo Volynets a indiqué que les mineurs se rendront à Kiev avec un billet aller simple et protesteront jusqu'à ce que la décision de payer tous les arriérés salariaux soit prise. 

IndustriALL Global Union soutient ses affiliés ukrainiens et les mineurs qui luttent pour le paiement des arriérés salariaux et le versement des salaires dans les délais, et exhorte les autorités ukrainiennes à faire tout leur possible pour payer tous les arriérés salariaux des mineurs dès que possible et éviter la formation de nouveaux arriérés. 

IndustriALL réclame la libération de 21 travailleurs en Iran

Les travailleurs d'Azarab, en grève depuis le 6 octobre, ont été passés à tabac pendant une charge de la police anti-émeute, le 20 octobre. Plusieurs personnes ont été blessées et ont dû être hospitalisées, mais auraient préféré rentrer chez elles discrètement de peur d'être arrêtées.

Les travailleurs réclament le versement de leurs arriérés de salaires et une renationalisation de cette entreprise manufacturière spécialisée dans la construction de centrales électriques et d'usines pétrochimiques.

Des travailleurs indiquent qu'Azarab Industries a été vendue illégalement à son propriétaire actuel, M. Qaleh-bani, que les questions de travail ne préoccupent pas et qui n'a pas payé son personnel.

Le 21 octobre, le procureur d'Arak, Abbas Qassemi, aurait confirmé l'arrestation et la détention de 21 travailleurs. Entretemps, la situation à Arak est tendue et les revendications des travailleurs ne sont toujours pas satisfaites.

"Il est extrêmement préoccupant qu'un mois, jour pour jour, après vous avoir envoyé une lettre de plus déplorant les brutales agressions de travailleurs de HEPCO, qui exerçaient aussi leur droit légal de protester pacifiquement, nous sommes contraints de vous contacter à nouveau pour attirer votre attention sur l'attaque brutale commise par les forces de sécurité contre des travailleurs pacifiques à Arak,"

a écrit le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, dans une lettre au Président Hassan Rouhani.

"IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement iranien à respecter les normes nationales et internationales du travail, à mettre un terme à la répression des travailleurs qui exercent leur droit légitime de manifester pacifiquement en public, et à relâcher immédiatement tous les travailleurs d'Azarab arrêtés les 20 et 21 octobre à Arak." 

Maziyar Gilaninejhad, porte-parole du Syndicat des ouvriers métallurgistes et mécaniciens d'Iran (UMMI), préconise la restitution des industries manufacturières et industrielles au secteur public, et il a exhorté le gouvernement à annuler la privatisation d'Azarab Industries. Il a ajouté :

"Le gouvernement doit obliger Azarab Industries à verser tous les arriérés de salaires et de rémunérations le plus vite possible. Nous réclamons que la police s'abstienne d'intervenir dans les questions de travail ou dans les grèves et protestations légitimes des travailleurs."

Maziyar Gilaninejhad demande que le ministre du Travail défende les droits des travailleurs conformément aux dispositions de la constitution et de la législation du travail, et qu'il intervienne dans les conflits du travail avant qu'ils dégénèrent.

Grève dans le secteur du cuivre aux États-Unis après une décennie sans hausse salariale

Le 11 octobre, les travailleurs et travailleuses se sont prononcés à 77% en faveur de la grève chez Asarco après avoir rejeté une offre de convention pour quatre ans qualifiée par l’entreprise de “meilleure, ultime et définitive”, qui ne comprenait aucune hausse de salaire pour près des deux tiers des personnes concernées, gelait le plan de pension existant et faisait plus que doubler la contribution personnelle des salariés en matière de soins de santé.

Asarco, fondée à l’origine en 1888, est maintenant une filiale de Grupo México. Les travailleurs et travailleuses sont en grève dans les mines à ciel ouvert de Mission, Silver Bell et Ray en Arizona, une fonderie à Hayden, en Arizona, et une raffinerie à Amarillo, au Texas.

La compagnie a été sauvé de la faillite en 2009 et les effectifs avaient fait des sacrifices durant les temps difficiles pour maintenir l’entreprise à flot. Ils n’ont pas connu de hausse salariale depuis dix ans et l’entreprise a tenté de renier ses engagements sur le versement de primes liées aux prix du cuivre dues aux salariés.

La semaine dernière, la Cour Suprême a statué qu’Asarco devait des millions à ses travailleurs en prime cuivre. Les syndicats sont convaincus que ces primes pourraient s’élever jusqu’à 8.000 dollars par tête, pour un total de 10 millions de dollars. L’offre de l’entreprise qui a été rejetée par les syndicats, vise à rendre plus difficile pour les ouvriers l’accès à ce système de primes.

La majorité des travailleurs est représentée par l’affilié d’IndustriALL Global Union, les Métallos USW. D’autres sont représentés par les Teamsters, les Boilermakers (IBB), les Machinistes (IAM) et l’UAW, ainsi que par l’IBEW et l’IUOE. Les travailleurs ont reçu le soutien solidaire d’autres syndicats, dont celui d’une délégation de Los Mineros, du Mexique.

Avec Los Mineros

La convention précédente expirait le 1er décembre 2018 et les salariés sont couverts par un avenant pendant la durée des négociations. Cependant, après avoir rejeté l’offre “ultime” de l’entreprise, les travailleurs ont voté le 11 octobre pour une action de grève. Des piquets de grève à l’extérieur des sites de l’entreprise ont été mis en place tard dans la soirée du dimanche 13 octobre.

Dans un message de solidarité aux grévistes d’Asarco, le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches déclare :

"Il est honteux de refuser de reconnaître votre contribution à l’entreprise, qui n’a pas revu les salaires depuis 2009. De plus, l’entreprise doit aux travailleurs des millions sous forme de primes cuivre.

“En conséquence, IndustriALL Global Union exhorte Grupo Mexico et sa filiale américaine Asarco à négocier avec l’ensemble des syndicats en grève en vue d’une convention honnête et d’un partage équitable des bénéfices de l’entreprise avec les travailleurs et à les récompenser pour leur loyauté et leurs sacrifices pendant les temps difficiles qu’elle a connus.”

Des dirigeants syndicaux espagnols occupent les bureaux d’Endesa

La compagnie énergétique Endesa, filiale espagnole de la multinationale italienne de services d’utilité publique Enel, a fait traîner les négociations pour le renouvellement d’une convention collective tellement longtemps que celle-ci est arrivée à échéance. Cette convention aurait dû être renouvelée il y a deux ans, mais Endesa a bloqué les négociations pour forcer des changements qui sont inacceptables pour ses salariés. Les travailleurs et travailleuses ne sont plus couverts par une convention collective en bonne et due forme depuis le 1er janvier 2019.

Cela concerne aussi les pensionnés d’Endesa, qui vont perdre le tarif d’électricité subsidié dont ils jouissent actuellement.

Pour protester, les secrétaires généraux ainsi que d’autres dirigeants des affiliés d’IndustriALL Global Union Comisiones Obreras de Industria (CC.OO. de Industria), Federación de Industria, Construcción y Agro de Unión General de Trabajadores (UGT-FICA) ainsi que Sindicato Independiente de la Energía de Endesa (SIE), occupent les bureaux d’Endesa à Madrid, en Andalousie et ailleurs.

Dans une déclaration commune, les leaders syndicaux indiquent qu’ils occupent les bureaux de l’entreprise “jusqu’à nouvel ordre” et accusent l’entreprise d’“arrogance” et de “profond mépris” pour ses salariés. Les syndicats affirment que l’entreprise tente de “faire du chantage” auprès des travailleurs pour leur faire accepter une diminution considérable de leur sécurité d’emploi et une réduction des prestations sociales acquises au cours des années, le tout déguisé sous forme de modernité et de flexibilité. De plus, Endesa ajoute à l’insécurité en faisant sortir de l’entreprise des départements qu’elle identifie comme ne relevant pas de ses métiers de base.

Ils exigent que l’entreprise négocie en toute bonne foi en faisant une offre raisonnable.

IndustriALL Global Union possède un accord-cadre mondial (ACM) avec Enel qui définit une série de principes directeurs pour le dialogue social. Dans cet accord, Enel reconnaît la négociation collective comme un outil servant à déterminer les conditions d’emploi de ses salariés et à réguler les relations entre la direction et les syndicats.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a envoyé un courrier de solidarité aux affiliés espagnols ainsi qu’une lettre de protestation au Président-directeur général d’Enel, appelant l’entreprise à honorer l’engagement mondial qu’elle a pris et à avoir recours aux mécanismes de l’ACM pour résoudre le conflit.

“Nous vous exhortons à assurer qu’Endesa modifie son attitude inflexible dans les négociations et fasse une offre qui rende possible le renouvellement de la convention collective.

“Nous espérons qu’Endesa va non seulement reprendre les négociations, mais qu’elle le fera dans un esprit d’ouverture qui permette que les préoccupations et propositions des travailleurs soient prises en compte afin d’atteindre des relations sociales qui soient au bénéfice des deux parties.”

Afrique du Sud: lancement d'une campagne pour mettre fin à la violence faite aux femmes dans une usine

De la musique, des poèmes et un tournoi de soccer à six ont ponctué l'événement lors duquel la direction, les travailleurs et les communautés ont signé l'engagement d'IndustriALL sur l'arrêt de la violence et du harcèlement des femmes sur les lieux de travail et dans les syndicats.

La direction, les travailleurs et les représentants des communautés signant l'engagement d'IndustriALL

Ruth Ntlokotse, deuxième Vice-présidente du Syndicat national des métallurgistes d'Afrique du Sud et Secrétaire du Comité des femmes d'IndustriALL pour l’Afrique du Sud, un des organisateurs de la campagne, a déclaré:

« La crise de la violence à l’égard des femmes en Afrique du Sud exige que nous travaillions ensemble pour mettre fin à ce fléau en tant que syndicats, communautés, gouvernements et groupes sociaux. Les employeurs ont également un rôle important à jouer étant donné que la violence faite aux femmes se produit également sur le lieu de travail. Avec le meurtre et le viol des femmes et des enfants dans leurs foyers, la violence faite aux femmes déchire les familles et les communautés. Cela explique l'importance de soutenir les associations militantes qui ciblent les hommes pour mettre fin à la violence faite aux femmes, puisqu’ils en sont les principaux auteurs. »

 Ntlokotse travaille pour JM depuis 22 ans en qualité de chef du laboratoire de chimie. Le groupe, qui est présent dans 30 pays, emploie 14 800 travailleurs et est coté au Financial Times Stock Exchange-100 (la bourse du Financial Times). Parmi les produits qu’il fabrique figurent des technologies de contrôle des émissions, des processus chimiques, y compris du pétrole et du gaz, des matériaux de batteries, des substances chimiques et des produits pharmaceutiques, médicaux et métalliques.

Patrick Shai, acteur sud-africain populaire qui a joué dans de nombreux feuilletons télévisés et des films, et dirige l’association militante Khuluma Ndoda, a indiqué:

« Les femmes vivent avec beaucoup de douleur, et la peur de se faire poignarder avec des couteaux et d'être abattues avec des armes à feu. Aussi, nous disons aux hommes: vous pouvez changer et devenir de meilleurs êtres humains. Aimer ne fait pas de vous une personne de moindre valeur. Ayons cette conversation et arrêtons la violence faite aux femmes. »

 Une militante de la communauté voisine a déclaré : « Pourquoi sommes-nous constamment violées et comment peut-on y mettre fin ? Nous recevons des ordonnances de protection des tribunaux, mais nous sommes quand même tuées. Les femmes ont assez souffert. »

Selon les statistiques de la criminalité de 2017/2018 de la police sud-africaine, 2930 femmes ont été assassinées durant cette période, soit environ un décès toutes les trois heures. Cette réalité fait de l'Afrique du Sud l'un des pays les plus dangereux pour les femmes.

Les travailleurs condamnent la décision de Sanofi de quitter le Bangladesh

Les travailleurs ont exhorté Sanofi à maintenir ses activités au Bangladesh dans l'intérêt de l'entreprise, des milliers d'employés et de la population du Bangladesh qui a besoin d'accéder à des produits pharmaceutiques de qualité.

Le fabricant de médicaments français a récemment annoncé sa décision de quitter le Bangladesh pour des raisons stratégiques, en vendant sa part de 54,64 pour cent. Selon l’annonce effectuée, Sanofi pourrait mettre entre 12 et 18 mois avant de commencer le processus de vente. La part restante de 45,36 pour cent appartient à l’entreprise publique Bangladesh Chemical Industries Corporation.

L’usine de fabrication de Sanofi, créée en 1966, a réalisé des bénéfices considérables et acquis une bonne réputation pour la qualité de ses produits ainsi que le savoir-faire et le dévouement de ses collaborateurs.

La décision de Sanofi a choqué les plus de 1 100 travailleurs que compte le groupe, qui se sont élevés contre cette décision et ont appelé l'entreprise à ne pas procéder à la vente, craignant des pertes d'emplois. Afin de soulever les préoccupations des travailleurs et de requérir de l'entreprise d’entretenir un dialogue constructif avec le syndicat pour trouver une solution appropriée, le Syndicat des travailleurs de Sanofi Bangladesh Ltd et la BCEF ont organisé, le 19 octobre 2019, une chaîne humaine devant le club de presse national situé à Dhaka.

Les travailleurs de Sanofi ont exhorté le groupe à ne pas fermer ou vendre sa filiale dont les activités sont lucratives, indiquant que ses dernières sont dans l'intérêt supérieur de l'entreprise et des travailleurs de Sanofi au Bangladesh. Ils craignent que le départ de l’entreprise du pays ait des répercussions graves sur les emplois des travailleurs, les membres de leur famille à charge et la société en général. Il existe aussi de grandes inquiétudes quant à la difficulté des 170 millions de Bangladais à continuer à accéder à des médicaments de qualité.

Dans la lettre qu’il a adressé au Président-directeur général de Sanofi, Valter Sanches, Secrétaire général d'IndustriALL, a indiqué:

« Nous attendons et exigeons réellement de la direction centrale de Sanofi qu’elle intervienne dans sa filiale Sanofi Bangladesh pour s'assurer que, par le biais des discussions entre l'entreprise, les syndicats et le gouvernement, une solution acceptable pour toutes les parties concernées soit trouvée prochainement. »

 Basé à Paris (France), Sanofi est l'un des plus grands groupes pharmaceutiques, employant plus de 110 000 travailleurs dans le monde.

Les syndicats d'Asie du Sud-est face aux défis d'Industrie 4.0

Plus d'une trentaine de participants venus du Cambodge, d'Indonésie, de Malaisie, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam participaient ainsi à la Conférence régionale d'IndustriALL Global Union sur l'Industrie 4.0 et la Politique industrielle durable.

"Industrie 4.0, ce n'est pas juste des robots, pas juste l'intelligence artificielle, pas juste le "big data", pas juste l'impression en 3D; c'est tout cela ensemble," a déclaré Brian Kohler, le Directeur d'IndustriALL en charge de la santé, la sécurité et la durabilité. "L'économie connaît des bouleversements rapides, sous l'impulsion d'Industrie 4.0, des efforts pour s'attaquer au changement climatique et d'autres forces. Nous voulons du travail décent, du travail de qualité et du travail qui fasse vivre nos familles et nos communautés à l'avenir."

Industrie 4.0 envahit l'Asie du Sud-est à un rythme effréné, en particulier dans les TIC et l'industrie automobile, a ajouté Kan Matsuzaki, le Directeur d'IndustriALL en charge des TIC, de l'électricité et de l'électronique :

"Il n'y a plus de temps à perdre. Nous devons influencer les gouvernements et les grands employeurs, tout de suite." Il précise que le fabricant taïwanais d'iPhones Foxconn a supprimé près d'un demi-million d'emplois au cours des cinq dernières années en remplaçant les travailleurs par des robots sur ses lignes de production.  

Les syndicats discutent de stratégies pour une politique industrielle durable

Pour les syndicats philippins, l'enjeu majeur est la sauvegarde de l'emploi. Ils y sont parvenus par des actions de lobbying en faveur des industries automobiles locales et par des campagnes contre l'importation massive de voitures d'occasion.

Au Vietnam, les syndicats voient dans Industrie 4.0 une occasion d'attirer davantage d'investissement dans le pays et ils sont déterminés à adopter les nouvelles technologies et à s'y adapter.

Mais plusieurs participants se sont dits préoccupés par le fait que ni eux, les employeurs, ni le gouvernement ne sont prêts pour l'avenir.

"La quatrième révolution industrielle et la voiture électrique vont être un réel problème pour nous. Nous craignons que beaucoup d'usines ferment. Nous fabriquons des pièces pour des moteurs à explosion traditionnels, pas pour des véhicules électriques," a dit Dedi Kurniadi, du syndicat indonésien FSPMI.

En Thaïlande, la législation obligeant les entreprises d'une certaine taille à assurer la formation et le recyclage des salariés n'est pas bien appliquée et les syndicats n'ont aucun droit de regard sur le type de formation proposé. De même, même si les syndicats ont obtenu 14 semaines de congé de maternité, cette mesure ne s'applique pas aux travailleuses précaires, qui sont souvent renvoyées lorsqu'elles tombent enceintes.

"Industrie 4.0 touche surtout les femmes; si des emplois sont supprimés, ce sont les femmes qui sont licenciées avant les hommes," a déclaré Mbajeng Sriutami, du FSPKEP, Indonésie.

Mbajeng Sriutami, du FSPKEP, Indonésie

En Malaisie, l'automatisation et la numérisation ont été lentes à démarrer à cause de la faiblesse des débits Internet, et de l'abondance d'une main-d’œuvre migrante bon marché qui fait que, pour l'instant, les robots coûtent plus cher que les travailleurs. Près de 35 pour cent de la main-d’œuvre industrielle du pays sont des migrants, a expliqué Mohd Saad, de l'EIEU.

La Secrétaire régionale d'IndustriALL Annie Adviento a expliqué : 

"Nous avons besoin d'unité entre les travailleurs sur la problématique d'Industrie 4.0 et sur une politique industrielle durable. Nous devons travailler ensemble. Nos homologues du patronat et du gouvernement sont très organisés et ont de gros moyens. Mais les syndicats ont aussi des ressources et nous devons nous en servir pour obtenir le meilleur traitement pour les travailleurs."

Les participants ont convenu de publier un plan d'action pour améliorer le dialogue avec les gouvernements nationaux sur une politique industrielle durable, et aussi pour envisager différentes formes de collaboration avec des ONG et avec des mouvements de la société civile ayant un intérêt dans ce domaine.

Solidarité face au nivellement par le bas de BHP

Les travailleurs et travailleuses des sites de BHP dans de nombreux pays se plaignent de ses mauvaises pratiques en matière de santé et sécurité et l’entreprise est accusée de moins bien traiter ses sous-traitants que leurs équivalents permanents.

Des mineurs embauchés par le biais d’agences de recrutement ou via des sous-traitants sont moins susceptibles d’exprimer des préoccupations sur les questions de sécurité de par leur crainte pour la pérennité de leur emploi, d’où une sous-estimation des victimes de blessures.

Plus tôt dans l’année, le réseau mondial d’IndustriALL pour BHP avait lancé une campagne pour renforcer les actions syndicales et appeler BHP, la plus grande entreprise minière du monde en termes de capitalisation boursière, à mettre fin à son mauvais comportement à l’égard de ses salariés.

Au sein de l’AG, le Directeur des mines pour IndustriALL Glen Mpufane a remis en question la politique d’externalisation des emplois de BHP. La moyenne du secteur étant de 30 à 40%, sur les sites de BHP, 60% de la main d’œuvre en moyenne est en sous-traitance.

Le président Ken Mackenzie a décliné une proposition directe d’engager un dialogue avec IndustriALL.

BHP est impliqué dans des projets miniers en Colombie, au Brésil et au Chili qui ont de graves impacts sur les communautés locales.

L’AG a reçu divers témoignages concernant le passif environnemental de BHP, dont la tragédie de l’effondrement d’un barrage minier à Samarco, au Brésil, en 2015. Un orateur issu de cette région a rapporté que quatre ans plus tard, aucune des maisons détruites n’a été reconstruite, ce à quoi BHP a répondu que toutes le seraient en 2021.

Glen Mpufane a déclaré :

“BHP réduit ses coûts aux dépens des travailleurs et néglige les droits des communautés riveraines affectées par ses activités.

“Ce ne sont pas des luttes différentes, ensemble nous allons continuer à nous battre contre ce nivellement par le bas qui affecte les travailleurs et travailleuses, les communautés riveraines et l’environnement.”

Les travailleurs de Glencore réclament l’instauration d’un protocole de règlement des différends

Les syndicats ont souligné la nécessité d'établir un protocole de règlement des différends pour s’attaquer aux graves carences en matière de santé et de sécurité.

« La campagne a permis un certain degré d'interaction avec les dirigeants de Glencore, mais cela doit se traduire par de meilleures conditions de travail pour l’ensemble des travailleurs à travers le monde »,

a indiqué le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, Kemal Özkan.

Anna Krutikov, responsable du développement durable chez Glencore, et Gerda Schwindt, directrice des ressources humaines au niveau mondial, ont présenté la situation commerciale et financière de Glencore, ses stratégies et perspectives d'avenir, y compris en matière de développement durable.

Leur présentation s’est néanmoins avérée quelque peu différente des présentations des syndicats qui ont fait part de la persistance de la pollution de l'environnement, des problèmes de genre et de graves risques pour la santé et la sécurité.

Des rapports en provenance d'Afrique du Sud ont également mis en évidence l’existence de graves problèmes de sécurité et de santé, tels que la perte d’audition et des maladies pulmonaires liées au travail dans des tunnels de plus en plus profonds.

Les participants se sont prononcés sur un plan d’action pour s'attaquer à ces problèmes, poursuivre l'interaction avec la direction et, en définitive, établir un dialogue mondial avec Glencore. Le réseau demandera la mise en place d’un protocole de règlement des différends applicables à toutes les opérations de la compagnie à travers le monde et fera pression pour l’établissement d’un mécanisme mondial qui amène la direction et les dirigeants syndicaux à s’assoir à la table des négociations.

L’objectif final est de mettre en place un accord-cadre mondial.