Le réseau syndical de Saint-Gobain réclame l’instauration d’un véritable dialogue

Accueillis dans les locaux du syndicat français FO-Métaux, affilié à IndustriALL Global Union, les participants à la quatrième réunion du réseau syndical mondial ont longuement débattu du programme de transformation. Transform and Grow repose sur deux piliers : l'accélération de la gestion de portefeuille de produits et de solutions, et la réorganisation de marché par la simplification et la numérisation des opérations du groupe à tous les niveaux.

Les membres du réseau syndical mondial ont fait part de leurs préoccupations et de leur mécontentement face au manque d'informations données et de consultation avec les syndicats sur le programme et sa mise en œuvre à différents niveaux : des usines, national et international. Les rapports indiquent que le groupe n'a pas pleinement consulté les syndicats sur les conséquences de la mise en œuvre du programme, et encore moins sur le programme lui-même. Les syndicats considèrent que les risques pour les travailleurs, notamment leurs conditions de travail et leurs droits, sont très importants.

Les participants ont également discuté de l'application de la numérisation et de son impact sur les travailleurs du groupe. Ils ont décidé de poursuivre les travaux commencés quelques années auparavant sur le sujet et de continuer également la collecte d’informations sur ses conséquences grâce à un questionnaire en ligne.

La réunion a accueilli un représentant de la direction mondiale de Saint-Gobain, M. Jean-Philippe Lacharme, qui a présenté la situation actuelle du groupe et répondu aux questions des participants. Ces derniers ont exigé un meilleur dialogue en vertu du droit à l’information, à la consultation et des droits fondamentaux, notamment au niveau international en ce qui concerne les défis transfrontaliers.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a déclaré lors de la réunion:

« Nous apprécions d’avoir le point de vue de la direction sur le processus de transformation actuel du groupe. Nous sommes néanmoins préoccupés par l'absence de consultations adéquates avec les travailleurs et leurs syndicats au cours de ce processus.

« Nous exhortons et invitons Saint-Gobain à faire un pas supplémentaire et à entamer un dialogue approprié pour renforcer un véritable dialogue avec IndustriALL et les syndicats affiliés afin d'améliorer les conditions de travail des travailleurs dans les propres opérations de l'entreprise et ses chaînes d'approvisionnement. »

Saint-Gobain est un groupe d'origine française possédant une grande variété d'activités dans les matériaux et services de construction, l'isolation, le verre et d'autres matériaux utilisés dans les bâtiments, les transports, les infrastructures et dans de nombreuses applications industrielles. Le groupe emploie actuellement plus de 180 000 personnes dans 67 pays, et génère plus de 549 000 emplois indirects et 190 000 emplois induits.

Adidas, sort de la ligne de touche!

Les travailleurs de la chaîne d'approvisionnement d’Adidas exhortent l'entreprise à suivre les autres marques mondiales, telles que Zara, H&M et Tommy Hilfiger, qui ont signé l’initiative ACT, et à y adhérer afin qu'ils puissent recevoir un salaire décent.

La quarantaine de syndicalistes rassemblés devant le magasin phare d’Adidas à New York ont appelé la marque de sport à participer à la réforme du secteur et à cesser de fabriquer des produits grâce au versement de salaires de misère.

« Nous manifestons ici, aujourd'hui, en solidarité avec les travailleurs de l’habillement au Cambodge et au Myanmar, et pour dire à Adidas de sortir de la ligne de touche et d’adhérer à l’initiative mondiale ACT sur les salaires décents »,

a déclaré Albert Arroyo, vice-président de Workers United, le syndicat organisateur du rassemblement.

« Si 20 entreprises mondiales peuvent adhérer à l’initiative ACT, Adidas le peut également. »

 

Les représentants syndicaux ont tenté de remettre une lettre aux responsables du magasin, en expliquant ce qu’il est attendu d’Adidas, mais ils ont été empêchés par des agents de sécurité d'entrer dans le magasin. Les responsables du magasin ont refusé de prendre la lettre du syndicat.

« Les fournisseurs de pays comme le Cambodge, le Myanmar et le Vietnam doivent savoir que de grandes marques, dont Adidas, sont à bord »,

a indiqué Christina Hajagos Clausen, directeur en charge du secteur de l’habillement à  IndustriALL.

« Adidas ne doit plus rester en retrait mais unir ses efforts avec les marques ACT pour que des résultats concrets puissent être obtenus pour les travailleurs de l’habillement. »

ACT (Action, Collaboration, Transformation) est un accord novateur entre 20 marques mondiales et IndustriALL Global Union afin que les travailleurs de l’habillement puissent toucher un salaire décent.

Les marques membres de l’initiative ACT acceptent d'intégrer des salaires plus élevés dans les prix qu'elles versent aux fournisseurs pour soutenir la négociation collective sectorielle vers l’obtention de salaires décents. Ils se sont engagés à changer la conduite de leurs affaires dans leurs chaînes d'approvisionnement et ont accepté de rendre compte aux syndicats. Adidas devrait faire de même.

Pour les syndicats irakiens : “Du pain, pas des balles”

Alors que c’est par dizaines de milliers que les manifestants défiaient le couvre-feu du gouvernement pour se rassembler sur la Place Tahrir à Bagdad, ce 29 octobre, le bilan s’élevait à des centaines de morts. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et ont eu recours à des snipers sur les toits pour tuer des manifestants. Le même jour, à Kerbala, les manifestants ont été attaqués par des hommes masqués, faisant 18 tués.

Ceci intervient après un mois de manifestations, menées par une jeune classe ouvrière, contre la corruption des autorités, le chômage de masse et la faillite des services publics. Les manifestations ont été déclenchées par la mise à l’écart d’un général populaire, salué en héro pour avoir vaincu l’EI à Mossoul. Les manifestants estiment que les vastes richesses pétrolières du pays ne profitent pas à ses citoyens, la plupart n’ayant pour ainsi dire pas accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable ou à l’électricité.

Les syndicats irakiens sont impliqués dans ce soulèvement. La Conférence des syndicats et fédérations syndicales irakienne, une alliance des centrales syndicales, a publié une déclaration de soutien aux revendications des manifestants qui condamne les partis politiques et le gouvernement pour la pauvreté, le chômage et la corruption qui ont été l’étincelle des manifestations, ainsi que la réponse violente qu’elles ont reçues.

Marche syndicale

À Bagdad et Bassora, les leaders des affiliés d’IndustriALL Global Union se sont joints aux manifestations. À Bassora, des adhérents syndicaux se sont joints aux cortèges dans une série de manifestations qui ont mené à la fermeture du port. Les syndicats ont souligné le problème du chômage, indiquant que les capacités industrielles et agricoles du pays avaient été affaiblies, laissant l’économie dépendante des exportations de pétrole et des importations de biens.

Hashmeya Alsaadawe, membre du Comité exécutif d’IndustriALL à Bassora

“Notre patrie souffre et notre jeunesse est massacrée,” a déclaré dans un communiqué la Fédération des syndicats de Bassora, dont font partie des affiliés d’IndustriALL.

“Le peuple d’Irak a manifesté pacifiquement et a été accueilli à balles réelles. Nombre de nos enfants ont été arrêtés ou tués.”

Le syndicat a formulé un certain nombre de revendications, parmi lesquelles :

Hassan Jumaa Al Asadea de la Fédération irakienne des syndicats du Pétrole se joint aux protestations

L’affilié d’IndustriALL, la Fédération irakienne des syndicats du Pétrole, a publié une déclaration qui dit :

“Nous sommes solidaires des manifestations contre la gestion corrompue de l’Irak. Le peuple irakien, toutes classes confondues, clame son unité pour revendiquer ses droits.

“Ces droits ont été confisqués par un gouvernement injuste qui recourt à la violence, y compris du fait de snipers, contre un peuple sans défense, qui n’a rien sinon sa foi en Dieu et en la légitimité de sa cause.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“IndustriALL est horrifiée par la répression brutale en Irak, avec ses centaines de personnes tuées. Au lieu de répondre par la violence, le gouvernement devrait respecter le droit à la liberté de rassemblement et prendre à bras le corps les profonds problèmes sociaux qui ont été l’étincelle des mouvements de protestation.

“Le gouvernement et les partis politiques d’Irak ont agi dans leur propre intérêt et négligé les besoins du peuple. Le résultat en est la corruption, la pauvreté et le chômage.

“Le peuple a réagi par la colère. Nos affiliés en Irak sont solidaires avec lui et nous, au sein du mouvement international, les soutenons dans leur combat.”

Les manifestations de protestation contre les inégalités s'intensifient au Chili

Le rassemblement, organisé le 25 octobre sur la Plaza Italia à Santiago, a été qualifié de « la plus grande manifestation au Chili » sur les réseaux sociaux. Selon les chiffres officiels de la région métropolitaine de Santiago, plus d'un million de personnes ont participé au rassemblement, qui a été le point d’orgue d'une semaine de manifestations.

Les manifestants réclament des changements majeurs dans les systèmes économiques et politiques du pays. Ils veulent que la constitution, rédigée pendant la dictature de Pinochet, soit remplacée par une constitution qui garantisse la justice sociale, et réclament des solutions aux problèmes profondément enracinés qui affectent la société.

Ils ont également demandé la levée du couvre-feu, le retrait des forces armées des rues ainsi que l’arrêt de la violence et des meurtres. Jusqu'à aujourd’hui, 20 personnes sont mortes, 3 535 ont été arrêtées et 1 132 ont été blessées au cours des manifestations.

Le défilé a connu un tel succès que le Président du Chili, Sebastián Piñera, lui-même a déclaré qu'il avait « entendu le message ». Le 27 octobre, Piñera a levé l'état d'urgence. Il a également révoqué l’ensemble de son gouvernement pour constituer une nouvelle équipe qui « représentera le changement et fera preuve de leadership alors que nous nous dirigeons vers des temps plus justes et solidaires ». En outre, Piñera a introduit une série de mesures qui comprennent une augmentation de 20 % du minimum retraite et une hausse du taux d'imposition des Chiliens les plus riches.

De nombreux Chiliens sont néanmoins d’avis que ces mesures sont insuffisantes parce qu'elles ne résoudront pas les inégalités ou les problèmes auxquels ils sont confrontés. C’est pourquoi, leurs protestations et leurs appels à des changements majeurs se poursuivront.

« Le train des réformes du gouvernement restent très superficielles. Tout devra provenir de l’imposition des personnes et non pas des sociétés privées. Le gouvernement doit comprendre que la raison profonde des protestations est de lutter contre le néolibéralisme : nous voulons une société plus juste qui place les besoins des gens avant le capital. Et nous voulons l’instauration d’une assemblée constituante pour que soit élaborée une nouvelle constitution qui créera un pays plus juste et plus égalitaire »,

a déclaré Horacio Fuentes, président d’Industrial Chile-Constramet, affilié à IndustriALL, et membre du Comité exécutif d'IndustriALL.

Juan Olguín, président de la Fédération des travailleurs du cuivre (FTC), également affilié à IndustriALL, a ajouté :

« Le modèle économique en place depuis le rétablissement de la démocratie ne tient pas compte des besoins sociaux, et les inégalités se sont accrues. Nous avons besoin d'un nouveau système qui répartisse la richesse équitablement et offre un revenu plus durable aux personnes qui travaillent dans le secteur manufacturier.

Nous pensons que les Chiliens ont raison de protester, parce qu'aucun gouvernement n'a été capable d’encourager un dialogue socio-politique – il n'y a eu aucune espèce de social-démocratie dans le pays. Nous avons besoin d'un changement majeur dans le système économique chilien. Nous devons également établir un nouveau pacte social afin que nous puissions tous travailler ensemble à l’élaboration des politiques publiques. »

Un autre grand rassemblement a été organisé sur les réseaux sociaux le 29 octobre pour multiplier les appels au changement social. En outre, les 70 syndicats et organisations sociales qui composent le mouvement "cohésion sociale" ont organisé une nouvelle grève générale le 30 octobre.

Un nombre incroyable de personnes ont manifesté dans les rues de #Santiago et du #Chili dans le cadre du #ChileProtests! #FightInequality: les Chiliens qui connaissent des niveaux records d'inégalité en ont assez #ChileQuiereCambios #NoEstamosEnGuerra #LaMarchaMasGrandeDeChilepic.twitter.com/pFuB6w2UNk

— ITUC (@ituc) 26 octobre 2019


Crédit photo: CUT Chile

Des accords unissent au Kenya les métallurgistes des secteurs formels et informels

“Unis, un but, une voix” proclamait une banderole au cours de la cérémonie de signature, à Nairobi ce 20 octobre, d’accords entre des syndicats et des associations de travailleurs informels qui marquent un jalon. Ces accords vont promouvoir “un cadre de partenariat pour les parties afin de prendre en compte les problématiques des travailleurs du secteur informel de l’industrie métallurgique.”

Le but est pour ces associations de s’affilier au syndicat. Entre autres responsabilités, les syndicats vont représenter les travailleurs informels en cas de litige juridique, de conciliation ou d’arbitrage, prendre en compte leurs besoins économiques et s’engager en faveur de réformes des politiques afin d’améliorer l’économie informelle. Les travailleurs et travailleuses informels prendront part aux activités des syndicats, par exemple les célébrations du 1er Mai et les Assemblées générales et pourront bénéficier des programmes de formation.

Rose Omamo, Secrétaire générale de l’AUKMW, affilié à IndustriALL Global Union, indique :

“Lorsque nous avons commencé à recruter dans le secteur informel des mécaniciens, des peintres en carrosserie, des soudeurs, des carrossiers et des assembleurs automobiles, nous nous sommes rendus compte que recruter des individus était difficile. Nous avons ainsi décidé de travailler avec les associations d’artisans.”

En vertu des accords, au lieu d’avoir des affiliations individuelles, ce sont les associations qui s’affilient aux syndicats et leurs membres obtiendront les mêmes avantages que les autres adhérents syndicaux.

Contrairement aux travailleurs et travailleuses formels, qui peuvent être recrutés dans leurs usines et sur leurs lieux de travail, les artisans du secteur informel sont occupés en divers lieux, comme leur domicile, des marchés ou des coins de rue.

Le Ministère du travail, la Fédération des employeurs du Kenya, l’OIT, la FES Kenya, la Centrale des syndicats du Kenya, le Solidarity Centre et d’autres organismes ont été les témoins de la signature de ces accords.

Des études ont confirmé que le secteur informel contribue pour plus de 34% au Produit intérieur brut du Kenya. Il emploie plus de 13 millions de personnes, soit 83% de la population active du pays. Les travailleurs et travailleuses informels sont principalement des jeunes, âgés de 18 à 35 ans, en grande partie des femmes.

L’AUKMW regroupe des travailleurs et travailleuses du commerce des voitures, de l’électricité et de l’électronique, de la fabrication, du rechapage et de la vente des pneumatiques, de la fabrication des batteries, des industries de la métallurgie et du secteur informel.

Inde: les fournisseurs de H&M discutent de la mise en œuvre effective de l'accord-cadre mondial (ACM)

Les 15 et 24 octobre, IndustriALL Global Union et H&M ont accueilli, à Bengaluru et à Delhi, des ateliers sur la mise en œuvre de l'ACM.

Christina Hajagos-Clausen, directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie textile et du vêtement, a indiqué aux fournisseurs de H&M présents à l’atelier de Bengaluru:

« L’ACM contribue à bâtir une relation de confiance et le respect mutuels entre les syndicats et les employeurs. Sa mise en œuvre effective a des répercussions positives sur les travailleurs et les entreprises, qui peuvent se construire une bonne réputation en tant que fournisseurs. L’accord facilite également la mise en œuvre des normes internationales du travail ».

La mise en œuvre d'un ACM renferme trois composantes:

Les représentants de H&M ont souligné la nécessité de disposer de processus permettant de garantir la réussite des affaires, et de promouvoir l'Inde comme un bon marché d'approvisionnement.

Les fournisseurs ont été encouragés à nouer le dialogue avec le comité national de surveillance dans le but de répondre aux préoccupations et de promouvoir de bonnes relations du travail dans les chaînes d'approvisionnement.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a indiqué aux fournisseurs de H&M présents à l’atelier de Delhi:

« Les processus de mise en œuvre d'un ACM, dont les comités nationaux de surveillance, aident la direction de l'usine et les syndicats à établir de bonnes relations du travail. La coopération et les structures de résolution des conflits sont quelques-unes des principales caractéristiques d'un ACM. »

IndustriALL et H&M proposeront des formations aux représentants de la direction et des syndicats sur les responsabilités des employeurs, les droits et obligations des travailleurs, les relations du travail, les conventions collectives et la résolution pacifique des conflits.

Les membres de l’UAW votent la fin de la grève chez GM

La grève a pris fin le vendredi 25 octobre lorsque les membres de l’UAW ont voté à 57% en faveur de la signature d’une nouvelle convention de quatre ans, après avoir maintenu plus d’un mois leurs piquets de grève. Ce conflit de 40 jours concernant près de 50.000 travailleurs et travailleuses de l’automobile était la plus longue grève chez GM de ces 50 dernières années, et l’une des plus importantes aux États-Unis depuis des décennies. L’UAW a également mis un terme ce vendredi à sa première grève en 35 ans chez le constructeur de camions Mack, après avoir conclu un accord avec l’entreprise.

La nouvelle convention contient quelques victoires significatives pour le syndicat : chaque salarié recevra lors de la signature une prime de 11.000 dollars et le système d’emploi à deux vitesses a été abandonné dans les faits. La convention comprend également des primes à la performance, des augmentations annuelles, des allocations forfaitaires et le maintien de la couverture des soins de santé.

La position ferme des travailleurs et travailleuses n’a cependant pas suffit à infléchir la décision de GM de fermer des usines. Comme d’autres constructeurs automobiles, GM se débat avec des évolutions importantes au sein du secteur, amenées par le passage vers des véhicules électriques et autonomes et à une prise de distance par rapport au transport individuel. Compte tenu du basculement fondamental de technologie auquel sont confrontés les constructeurs automobiles, la convention obtenue par l’UAW est considérée comme un bon résultat.

Le vice-président de l’UAW Terry Dittes a rendu hommage aux travailleurs et travailleuses qui sont restés fermes pendant la grève en déclarant :

“Leur sacrifice et leur posture courageuse leur ont permis de s’opposer à une structure salariale à deux vitesses et à une classification floue du travail temporaire ou permanent qui sont devenues une plaie pour la classe ouvrière américaine.”

Les travailleurs et travailleuses étaient outrés que l’entreprise, à qui l’on avait effacé une ardoise de 49,5 milliards de dollars en 2008, rechigne à partager les 35 milliards de dollars de bénéfices qu’elle a engrangé sur les trois dernières années. Les travailleurs et travailleuses de l’automobile ont fait des concessions significatives pour sauver l’entreprise quand elle s’est vue confrontée à la faillite et étaient cette fois déterminés à une lutte de longue haleine pour obtenir un accord équitable.

On estime que la grève aurait coûté à GM jusqu’à 2 milliards de dollars en bénéfices et que les actionnaires ont perdu 5% en valeur boursière.

Cette grève a reçu un énorme soutien et une vaste solidarité au plan international. L’échelle de ce conflit faisait qu’il était très significatif non seulement pour les travailleurs et travailleuses impliqués mais aussi par rapport à la faculté pour ceux qui travaillent dans l’industrie, où que ce soit, à obtenir un salaire équitable dans le contexte des importantes évolutions que connaissent les processus de production.

Ce résultat devrait avoir un important effet en cascade sur d’autres sites, en particulier chez Ford où l’UAW va bientôt entamer un round de négociation.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Cette grève est significative parce qu’elle reflète un retour au militantisme industriel de la part du mouvement ouvrier américain. Les masses laborieuses ont fait d’importants sacrifices pour maintenir leurs entreprises à flot après la crise financière. Maintenant que ces entreprises sont redevenues bénéficiaires, elles veulent obtenir leur part légitime.

“GM a été renfloué, pas les travailleurs. Il n’est plus acceptable pour les entreprises de s’enrichir sur le dos des travailleurs sans partager cette prospérité.”

Un équipementier automobile français contre les syndicats en Turquie

À la mi juin, Petrol-İş, le syndicat du pétrole, de la chimie et du caoutchouc, représentait la majorité des quelque 400 travailleurs de Safe Demo Plastik, suivant les chiffres officiels du ministère du Travail.

Sans aucun motif, la direction locale de l'entreprise a contesté devant les tribunaux la reconnaissance du syndicat par le ministère, prétendant que Petrol-İş ne dispose pas d'une majorité suffisante pour être agent de négociation. C'est là une tactique fréquemment utilisée par les employeurs turcs pour bloquer la négociation collective.

Depuis, Safe Demo Plastik a licencié six membres de Petrol-İş pour des raisons infondées. Pour Petrol-İş et IndustriALL, il est indubitable que leur affiliation syndicale était la cause, tous étant des membres très actifs ayant un grand rôle dans la campagne de recrutement.

IndustriALL a contacté la direction locale ainsi que le siège social de l'entreprise pour trouver une solution pacifique. Notre affilié français FCE-CFDT a aussi mené une action de solidarité avec les membres de Petrol-İş. 

Petrol-İş et Safe Demo Plastik se sont rencontrés à plusieurs reprises pour tenter de mettre en place des relations de travail et un dialogue social constructifs. IndustriALL a assisté à ces entretiens. D'après ce qui semblait sortir de ce processus, la direction locale devait abandonner la procédure judiciaire intentée pour contester la reconnaissance du syndicat et, en même temps, entamer la procédure devant aboutir à une convention collective.

Or, par la suite, la direction est revenue sur ses engagements et a refusé le dialogue avec Petrol-İş. IndustriALL a alors contacté les principaux clients de Safe Demo Plastik, leur demandant de se conformer à leur devoir de diligence et faire en sorte que leur fournisseur respecte les droits syndicaux et reconnaisse Petrol-İş.

Safe Demo Plastik continue pourtant de menacer les adhérents de Petrol-İş en les convoquant un par un pour faire pression afin qu'ils quittent le syndicat, son but final étant de s'en débarrasser.

 

Il y a peu, les membres du syndicat ont manifesté sur leur lieu de travail pour obtenir la reconnaissance de leurs droits. Ils veulent que Safe Demo Plastik abandonne la procédure judiciaire et entame une négociation collective, que les syndicalistes licenciés soient réintégrés et qu'il soit mis fin au harcèlement des travailleurs pour qu'ils quittent le syndicat.

Entretemps, le directeur local de Safe Demo Plastik a été condamné à six mois de prison par le tribunal de première instance de Bursa pour avoir violé l'article 118 du code pénal turc qui interdit d'"empêcher l'exercice des droits syndicaux". Le jugement indique que Safe Demo Plastik a violé les droits fondamentaux des travailleurs.

"Il est scandaleux que cette entreprise française viole les droits fondamentaux des travailleurs dans sa filiale en Turquie," a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

"Avec son affilié Petrol-İş, IndustriALL a tout fait de bonne foi pour trouver une solution pacifique par un dialogue constructif. Puisque l'entreprise ne semble pas vouloir faire de même, nous continuerons à nous battre jusqu'à ce que nous obtenions justice."

Le groupe français Safe est un fournisseur de 2e rang de l'industrie automobile qui fabrique des pièces détachées et éléments de sécurité pour des fournisseurs de 1er rang tels que Faurecia. Il a deux sites de production en France ainsi que des implantations en Tchéquie, en Turquie, au Brésil, aux États-Unis et au Mexique.

Les syndicats du ciment d’Amérique du Nord se réunissent au Canada

La réunion a été accueillie par Teamsters Canada dans les locaux de son tout nouveau siège social. L'ensemble du bâtiment, ainsi que l’ensemble des décorations et des meubles, sont de fabrication syndicale!

Ont participé à la réunion, la Fraternité internationale des Teamsters des États-Unis et du Canada, le Syndicat des Métallos et la Fraternité internationale des chaudronniers des États-Unis.

Teamsters-Canada a accueilli la réunion du Réseau cimentier nord-américain dans les locaux de son tout nouveau siège social situé à Laval (Canada).

La prospective mondiale et les tendances du secteur dans le monde entier ont fait partie des principaux sujets de discussion. Les participants ont également échangé des idées et points de vue sur la situation de l'industrie cimentière dans leurs pays respectifs.

Bien que le ciment soit le deuxième matériau de construction le plus consommé après l’eau, le secteur est confronté à de nombreux défis. La surcapacité reste un grave problème pour l’ensemble du secteur, en particulier en Asie où la Chine occupe de loin la première place dans la production de ciment avec 2 370 millions de tonnes de ciment sur 4 100 millions de tonnes produites chaque année selon les résultats de 2018.

Certaines entreprises du secteur font d'importants investissements dans la numérisation de leur production, ce qui changera et transformera potentiellement les lieux de travail traditionnels. Les syndicats doivent commencer dès à présent à préparer des réponses adéquates pour protéger les intérêts de leurs membres. Lors de la réunion, les syndicats ont décidé d'évaluer l'impact actuel et à venir d’Industrie 4.0 sur le secteur.

La réunion a permis de rapprocher les syndicats et de coordonner leur approche en matière de stratégies de négociation, de facilitation de la syndicalisation des travailleurs précaires, des jeunes, des femmes et d'autres groupes parfois délaissés afin de rendre les syndicats plus forts que jamais face aux défis existants et futurs. Dans ce but, les participants ont décidé de continuer à développer leur base de données conjointe consacrée aux conventions collectives en Amérique du Nord, et à commencer à analyser l’énoncé le plus efficace, qui pourrait être utilisé par d'autres syndicats dans leurs négociations.

Gary Kitchen, Directeur de la division de la construction chez Teamsters-Canada, a déclaré:

« J'ai été très heureux du partage de contenu et d'informations entre les syndicats et IndustriALL. L'industrie cimentière présente de nombreux défis pour nos membres, notamment lorsqu'il s'agit de traiter avec des employeurs multinationaux dans une perspective mondiale. Il est essentiel, à mon avis, de poursuivre ces réunions. »

Alexander Ivanou, en charge de l'industrie des matériaux à IndustriALL, a commenté:

« Nous avons eu une très bonne discussion. La forte coopération et le respect mutuel entre les syndicats qui sont ressortit durant cette réunion forment une base solide pour la poursuite du renforcement du pouvoir syndical dans le secteur cimentier en Amérique du Nord. Ensemble, nous serons en mesure de trouver des réponses adéquates aux défis du secteur et de protéger les intérêts des membres du syndicat. »

IndustriALL dénonce la violence et la répression contre la population au Chili

D'après l'Institut national des droits de l'homme, 173 autres personnes ont été blessées par armes à feu, tandis que des milliers d'autres ont été arrêtées pendant les manifestations antigouvernementales.

Les troubles qui agitent le Chili ont éclaté lorsque le Président Sebastián Piñera a annoncé une augmentation du prix du ticket de métro de 30 pesos, le portant à un maximum de 830 pesos (1,15 $). Après des protestations de masse lancées par les étudiants, le gouvernement a décrété l'état d'urgence dans dix des seize régions du Chili et un couvre-feu à Santiago et dans deux provinces.

C'est la première fois qu'un couvre-feu est imposé dans le pays depuis la dictature de droite du Général Augusto Pinochet qui dura de 1973 à 1990. En outre, le gouvernement a déployé l'armée dans les rues de Santiago et d'autres villes. Des accusations préoccupantes font état d'un recours excessif à la force par des membres des forces de sécurité et de l'armée.

La hausse du prix du ticket de métro a déclenché la rage des Chiliens à cause des profondes inégalités régnant dans le pays. Une étude de 2017 de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes a révélé que 50 pour cent des ménages les plus pauvres ne possèdent que 2,1 pour cent de la richesse nette du pays, alors que le pour cent le plus riche en détient 26,5 pour cent.

Le salaire de la moitié des travailleurs chiliens ne dépasse pas 400.000 pesos (552 $) par mois. Considérant que le salaire minimum est de 301.000 pesos (415 $), une augmentation du ticket de métro est inconcevable pour beaucoup de Chiliens. Par ailleurs, un mécontentement général règne dans une grande partie de la population en raison de l'insuffisance des pensions, de la médiocrité du système éducatif, et du coût élevé de l'électricité, du gaz, de l'essence et des soins de santé.

Pour le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches,

"La situation sociale et économique des Chiliens est la conséquence d'années de politiques ultralibérales qui ont privatisé les services publics et détruit toute protection sociale. Nous soutenons la grève du 23 octobre de nos affiliés et exhortons les autorités à respecter le droit de tous de s'exprimer librement et de manifester pacifiquement. Par la même occasion, nous exhortons le gouvernement à réunir tous les secteurs de la société autour de la table pour dialoguer et trouver des solutions qui contribuent à calmer la situation et à trouver une réponse aux doléances de la population, dans l'intérêt de la nation."