Appels au sauvetage de l'emploi pour 907 travailleurs licenciés par Goodyear Tyres en Afrique du Sud

Goodyear a annoncé la fermeture le 2 juin, optant pour un modèle basé sur l'importation et dans lequel elle ne conservera que l'activité de distribution.

Le Syndicat national des travailleurs de la métallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA), qui est affilié à IndustriALL Global Union, s'est dit consterné par cette annonce; il a reçu des avis de licenciement de 907 travailleurs et va entamer des consultations avec le fabricant de pneus devant la Commission de conciliation, de médiation et d'arbitrage (CCMA).

"Nous sommes extrêmement préoccupés quant aux conséquences pour les travailleurs et leurs familles. Bien que les perspectives soient sombres, nous sommes prêts, en tant que syndicats, à défendre les emplois de nos membres et à négocier des primes de licenciements équitables,"

a déclaré Mziyanda Twani, le secrétaire régional du NUMSA pour le Cap-Oriental.

Le NUMSA craint que Kariega, appelée autrefois Uitenhage, devienne une ville-fantôme après la fermeture d'autres usines de pneus de ContiTech et Bridgestone. Pour le syndicat, cela aggravera la pauvreté dans une province qui a le taux de chômage le plus élevé du pays, soit 41,9 pour cent selon Statistics South Africa.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, déclare :

"Nous souscrivons aux stratégies du NUMSA qui réclame du gouvernement des mesures d'incitation pour soutenir la fabrication locale et sauver des emplois. C'est essentiel pour la survie des industries du pneu et pour l'industrialisation de l'Afrique du Sud. Les modèles basés sur l'importation ne créent pas beaucoup d'emplois et détruisent la valorisation locale."

L'industrie du pneu d'Afrique du Sud se concentre dans des centres tels que Gqeberha, Brits et Kariega et fournit principalement le marché de la deuxième monte pour les voitures individuelles et les gros camions. Elle approvisionne aussi les fabricants d'équipements d'origine, dont BMW, Ford, Mercedes Benz, Nissan, Toyota, Volkswagen et Isuzu. Mais elle se heurte à une forte concurrence des importations de pneus à bas coût de Chine et de pneus rechapés importés, ce qui a incité la Commission du commerce international et de l'administration (ITAC) à imposer des taxes anti-dumping sur les pneus chinois en 2023.

Le Plan d'action sud-africain pour l'automobile (SAAP) 2021-2035, principal programme industriel de soutien à la fabrication de pneus, préconise la localisation, les incitants à l'investissement, la création d'emplois et le développement des compétences, ainsi que des mesures de protection des échanges commerciaux afin de raviver la chaîne de valeur de l'automobile. Les mesures d'incitation sont fournies dans le cadre du Programme pour la production et le développement automobiles (APDP).

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Créer une dynamique en vue du 4e Congrès d’IndustriALL

En ouverture de la réunion, la Présidente d’IndustriALL, Marie Nilsson, a appelé à l’unité, à la résilience et à un engagement renouvelé en faveur de la solidarité mondiale.

“Nous prônons le changement, pas la division. Notre travail consiste à rassembler les gens, à lutter pour des salaires décents et des conditions de travail sûres. Si nous recrutons sur tous les lieux de travail, nous pourrons retrouver notre dignité et provoquer un véritable changement.”

Dans le cadre du rapport du secrétariat, les conditions difficiles pour les travailleuses et travailleurs du monde entier ont été évoquées par le Secrétaire général Atle Høie, qui a mis en garde contre la diminution du respect de la liberté syndicale et de la liberté d’expression, ainsi que de l’État de droit dans de nombreuses régions. Soulignant l’impact des fluctuations des droits de douane américains, il a insisté sur le fait que l’incertitude économique affecte les travailleuses et travailleurs partout dans le monde.

“Le commerce doit être au service des travailleuses et des travailleurs et de la société et non pas détruire des emplois dans les pays en développement,”

a déclaré Atle Høie. Il a réaffirmé l’appel d’IndustriALL en faveur d’accords commerciaux équitables, comprenant des clauses exécutoires sur les droits des travailleurs, et a proposé une résolution conjointe au Congrès. Au cours de la discussion qui a suivi, les délégués ont souligné la nécessité d’inclure dans les accords commerciaux des dispositions strictes en matière de travail et de respect des droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs.

Instantanés par pays

Au Bangladesh, le gouvernement nouvellement élu s’implique auprès des syndicats et promet de s’aligner sur les normes internationales du travail. IndustriALL, en collaboration avec son bureau régional et ses affiliés, fera pression pour une mise en œuvre complète de la feuille de route de l’OIT.

Les efforts déployés depuis une dizaine d’années au Pakistan, qui ont été marqués par des progrès et des reculs, connaissent un nouvel élan puisque les représentants du gouvernement ont promis de ratifier les principales conventions de l’OIT cette année et, si possible, la convention C176 sur la santé et la sécurité dans les mines l’année prochaine.

L’invocation de l’article 33 par l’OIT la semaine dernière à propos du Myanmar marque une étape importante. IndustriALL intensifiera sa campagne exhortant les enseignes à quitter le pays de manière responsable, afin de contribuer au démantèlement du pouvoir économique de la junte militaire.

Alors que leur pays subit des attaques continues de la part de la Russie, les syndicats d’Ukraine voient également leur espace se rétrécir avec l’affaiblissement de la législation du travail et la confiscation des bureaux syndicaux.
 
Mykhailo Volynets, dirigeant syndical ukrainien, a décrit la réalité brutale de la guerre.

“Nous perdons des gens tous les jours. Les syndicats se sont réorientés vers l’aide humanitaire. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à entrer sur le marché du travail. Lorsque la guerre sera terminée, nous devrons leur assurer des conditions de travail décentes.”

Mykhailo Volynets s’est inquiété des réformes financées par l’UE qui affaiblissent le droit du travail ukrainien et contournent les syndicats.

“Il n’y a plus de processus de dialogue social, mais nous savons comment le reconstruire à la fin de la guerre.”

La situation humanitaire à Gaza est insupportable et dans son rapport au Comité exécutif, Atle Høie a répété la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et d’une solution à deux États.

Sahar Abdo, de Palestine, a remercié IndustriALL pour l’aide apportée aux travailleuses et travailleurs, qui a eu un impact majeur.

Dans leurs prises de parole, plusieurs délégués ont souligné les attaques croissantes contre les droits des travailleurs, qui se traduisent dans de nombreux pays par l’annihilation de victoires acquises de longue date.

Syndiquer pour un avenir juste

Le renforcement du pouvoir des syndicats par la syndicalisation est l’outil le plus puissant pour affronter le capital mondial. IndustriALL, ainsi que ses affiliés, sont impliqués dans un certain nombre de campagnes. La Secrétaire générale adjointe Christina Olivier a présenté les campagnes d’IndustriALL, de l’appel au désinvestissement au Myanmar à la sécurisation des mines du Pakistan.

La campagne sur Glencore a été relancée en 2022, maintenant la pression sur la société minière suisse pour qu’elle respecte les droits des travailleurs.

La campagne pour l’assainissement du secteur de la démolition des navires a franchi une étape importante avec l’entrée en vigueur de la Convention de Hong Kong dans le courant du mois. Cette industrie étant l’une des plus meurtrières au monde, IndustriALL continuera à faire pression pour obtenir des normes plus sûres.

Le Comité exécutif a réaffirmé son engagement en faveur des campagnes sur la violence fondée sur le sexe et de la Convention 190 de l’OIT.

Nous sommes TOUS engagés pour l’égalité

Faisant rapport sur le Comité des femmes de mai, la Coprésidente a évoqué la Conférence des femmes, prévue pour se tenir en deux demi-journées en ligne en septembre et une journée en personne à Sydney, le 3 novembre. La conférence offrira une occasion importante d’examiner les progrès réalisés depuis le Congrès de 2021, d’évaluer les impacts et d’identifier les principaux enseignements à tirer, ainsi qu’une feuille de route stratégique pour 2025-2029 afin de mettre en œuvre les objectifs d’égalité des sexes du plan d’action d’IndustriALL.

Les délégués se sont engagés dans un deuxième débat stratégique sur l’intelligence artificielle, soulignant les risques d’exacerbation des inégalités et des discriminations par l’IA. Un appel a été lancé en faveur d’un dialogue social solide et d’une préparation proactive ; nous devons discuter des changements et nous y préparer.

Des lignes directrices actualisées pour les accords-cadres mondiaux (ACM) ont été introduites, mettant l’accent sur l’accès à la syndicalisation, la neutralité de l’entreprise face au fait syndical et l’amélioration de la mise en œuvre et du suivi, renforçant les ACM en tant qu’outils pour protéger les droits des travailleurs et promouvoir la durabilité, ainsi qu’une nouvelle procédure de mandat, qui servira de référence sur la mise en route, la conduite et la conclusion des négociations.

En route pour Sydney

A cinq mois du 4e Congrès d’IndustriALL, le Comité Exécutif s’est penché sur les préparatifs : les amendements proposés aux statuts ont été examinés et des recommandations ont été faites au Congrès. Le projet de plan d’action recommandé par le Comité préparatoire du Congrès en vue de guider IndustriALL pour la période à venir a été approuvé avec ses quatre parties stratégiques : lutter pour l’égalité et les droits des travailleurs, renforcer le pouvoir des syndicats, demander des comptes au capital et façonner notre avenir à travers la Transition juste.

“En collaboration avec nos affiliés et dans la compréhension des défis et des besoins de nos membres sur le terrain, nous abordons le 4eCongrès avec un plan clair et ciblé,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint.

Le Congrès promet d’être un moment fort de réflexion, de mobilisation et de réengagement en faveur des objectifs généraux du mouvement : commerce équitable, transition juste, égalité des sexes et travail décent pour tous.

Marie Nilsson a pour sa part déclaré :

“Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir, pour nos membres, pour notre mouvement et pour l’avenir du travail lui-même.”

Les travailleuses et travailleurs d’ArcelorMittal Québec obtiennent une convention solide de cinq ans

En vertu du nouvel accord, les travailleuses et travailleurs verront leurs salaires augmenter de 26 à 30 % sur cinq ans, en fonction de leur classification. Pour les travailleurs de la catégorie médiane, le salaire horaire passera de 46 à 51 dollars à partir de mars 2025, pour atteindre 59,14 dollars en mars 2029. Les travailleuses et travailleurs les mieux rémunérés verront leur taux horaire passer de 53,78 à 59,60 dollars en 2025, pour grimper à 68,09 dollars à la fin de la durée de la convention. Ces gains représentent une correction importante de l’érosion des salaires et une reconnaissance forte de la main-d’œuvre qualifiée qui porte les activités d’ArcelorMittal.

L’accord prévoit également une meilleure compensation pour le travail de nuit. La prime de travail de nuit, qui s’élève actuellement à 1,50 dollar par heure, passera à 2 dollars en 2025, puis à 2,50 dollars en 2029. Ces augmentations tiennent compte des défis et des sacrifices associés aux prestations en dehors des heures normales.

Les pensions sont également améliorées de manière significative. Le multiplicateur utilisé pour calculer les prestations de retraite augmentera de 10 dollars par mois pour chaque année de service dans toutes les catégories d’ancienneté. Les travailleuses et travailleurs ayant moins de 15 ans de service verront leur pension passer de 69,50 $ à 79,50 $ par mois et par année de service. Pour les travailleurs ayant entre 15 et 30 ans de service, le montant passe de 71 à 81 dollars et pour les travailleuses ayant plus de 30 ans de service, de 72 à 82 dollars. D’ici à 2029, cela se traduira pour beaucoup par un revenu de retraite supplémentaire de 300 dollars par mois.

Une avancée majeure dans la reconnaissance de la santé au travail est la mise en place d’une nouvelle prime annuelle pour les travailleuses et travailleurs des sites de concentration et de concassage du minerai de fer. Ces travailleuses et travailleurs, qui sont exposés à la silice cristalline et doivent porter des masques de protection, recevront désormais une prime de risque qui sera de 1.000 dollars en 2025 et passera à 4.000 dollars par an d’ici 2028.

L’accord prend également en compte le coût élevé et l’isolement que représentent la vie dans le nord du Québec. L’allocation nordique pour les travailleuses et travailleurs résidant à Fermont passera de 1.200 $ à 1.300 $ par mois. Associé à plusieurs améliorations du régime d’assurance groupe, à l’ajout de jours de congé mobiles et à l’augmentation du nombre de jours fériés, l’accord renforce à la fois la sécurité du revenu et l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

Le coût total de l’accord pour ArcelorMittal est estimé à 414 millions de dollars sur cinq ans. Les dirigeants syndicaux ont souligné que ces avancées ont été rendues possibles grâce à une forte solidarité des travailleurs et à un leadership local unifié sur l’ensemble des sites.

“Cet accord montre ce que les travailleuses et travailleurs peuvent gagner en montrant force et solidarité. Il ne s’agit pas seulement de salaires, mais aussi de respect, de sécurité et d’un avenir meilleur pour tous,”

a déclaré Patrick Correa, Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base.

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Un pas historique vers la justice : l'OIT adopte une résolution de l'article 33 sur le Myanmar

Ce n'est que la troisième fois de son histoire que l'OIT use de son instrument de contrainte le plus fort, réservé aux violations les plus sérieuses des droits fondamentaux, soulignant ainsi la gravité de la situation au Myanmar.

Depuis la prise de pouvoir par la force du 1er février 2021, la junte pratique une répression féroce contre les syndicalistes, les activistes et la société civile. Des travailleurs sont emprisonnés, poussés dans la clandestinité et dépouillés de leurs libertés les plus essentielles.

À aucun moment, le régime n'a suivi les recommandations de la commission d'enquête de l'OIT de 2023. Celle-ci avait réclamé l'arrêt immédiat de la violence et des tortures contre les dirigeants syndicaux, la libération inconditionnelle de tous les syndicalistes emprisonnés, l'abandon des poursuites pénales et la fin du recours au travail forcé et au travail des enfants par l'armée.

L'adoption de la résolution du 5 juin est un pas important sur la voie de la justice pour la population du Myanmar, mais le combat est loin d'être terminé.

"L'adoption de l'article 33 envoie un message fort à la junte militaire du Myanmar : le monde ne restera pas silencieux devant les violations systématiques et persistantes des droits de l'homme et des travailleurs.

"Maintenant, cette résolution doit être suivie de conséquences concrètes. Nous appelons tous les gouvernements et tous les employeurs rompre leurs liens avec la junte, à soutenir les forces démocratiques légitimes du Myanmar ainsi que les travailleurs qui mettent tout en jeu pour s'organiser pour un avenir meilleur,"

déclare Atle Høie, le secrétaire général d'IndustriALL.

"Nous nous sommes battus avec acharnement pour l'adoption de l'article 33; nous avons risqué nos vies en dénonçant l'oppression. Cette résolution est un signe que le monde entend nos voix et est à nos côtés. Mais maintenant, il faut plus que des mots; nous avons besoin d'actes concrets pour affaiblir la junte et soutenir les travailleurs,"

déclare Khaing Zar, le président de l'IWFM, affilié à IndustriALL.

L'article 33 avait déjà été invoqué contre le Myanmar en 2000, pendant le précédent régime militaire, sur la question du travail forcé, et ensuite encore, en 2023, contre le Bélarus, à propos de la répression contre les syndicats indépendants.

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L’UGT, les CC.OO. et ELA appellent à une grève historique chez Iberdrola

Les syndicats espagnols négocient une nouvelle convention collective depuis janvier de cette année. Malgré plusieurs mois de discussions, l’UGT, les CC.OO. et ELA affirment qu’il n’y a eu que peu, voire pas de progrès sur des questions essentielles telles que le rétablissement du pouvoir d’achat, les augmentations de salaire et l’amélioration des conditions de travail.

Selon les syndicats, entre 2021 et 2024, les salaires n’ont augmenté que de 2,8 %, alors que l’inflation a progressé de 18,1 %, ce qui a entraîné une perte de pouvoir d’achat. Les augmentations salariales proposées par Iberdrola ne sont pas alignées sur le taux d’inflation.

Iberdrola, deuxième entreprise de l’indice boursier espagnol (IBEX), a réalisé des bénéfices records de 5,6 milliards d’euros en 2024. Tout en rejetant toutes les propositions des syndicats sur le maintien du pouvoir d’achat de ses travailleuses et travailleurs, Iberdola a généreusement distribué dividendes et bénéfices aux dirigeants de l’entreprise.

Au-delà des questions de salaires et de conditions de travail, les tensions se sont intensifiées en raison des violations répétées des droits du travail par Iberdrola. Au cours des deux dernières années, l’entreprise a été sanctionnée à quatre reprises par l’Audience nationale espagnole, notamment pour avoir imposé une double échelle de salaires, pour avoir utilisé de manière inappropriée le vote électronique lors des élections syndicales, ce qui est interdit par la législation espagnole, et pour ne pas avoir ajusté les prestations de retraite en fonction de l’inflation, autant de questions soulevées et combattues par les syndicats qui appellent aujourd’hui à la grève.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré à ce sujet :

“Nous soutenons pleinement nos affiliés espagnols dans leur grève de demain et dans leurs efforts pour amener Iberdrola à entamer un véritable dialogue afin de résoudre ces problèmes de longue date. Cette grève ne concerne pas seulement les salaires, mais aussi la dignité, la justice et le respect. Il est inacceptable qu’une entreprise qui se vante de milliards de bénéfices refuse de maintenir le pouvoir d’achat des travailleuses et travailleurs.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe, a quant à elle indiqué :

“Nous sommes entièrement solidaires de nos affiliés espagnols qui seront en grève. Il est tout à fait inacceptable que des questions essentielles comme les conditions de travail ne soient pas respectées, les travailleuses et travailleurs ont droit fondamentalement à une rémunération et à des conditions de travail équitables.”

Recruter les non-syndiqués en Malaisie

En 2023, le Parlement malaisien a adopté des amendements à la loi sur les syndicats, supprimant les restrictions sur la syndicalisation au sein de secteurs industriels spécifiques. Ces changements permettent aux syndicats de Malaisie d’élargir leur champ de recrutement, à condition qu’ils modifient leurs statuts en conséquence. Deux affiliés d’IndustriALL ont déjà procédé aux modifications nécessaires et d’autres devraient suivre.

Pour éviter le phénomène de concurrence entre syndicats comme dans d’autres pays, le Conseil d’IndustriALL pour la Malaise a proposé un protocole d’accord contenant les trois règles d’or d’IndustriALL :

Après plusieurs séries de débats et de révisions mineures, les dirigeants des affiliés ont signé ce protocole d’accord lors d’une rencontre d’unification, ce 1er juin à Penang. Cet accord exhorte également les affiliés à se coordonner sur les questions relatives à la construction syndicale et à résoudre les différends par la médiation. Les actions de solidarité communes et le partage des ressources sont encouragés.

Le Secrétaire du Conseil d’IndustriALL pour la Malaisie, Gopal Kishnam Nadesan, a déclaré :

“Je suis heureux que finalement tous les affiliés de Malaisie acceptent de signer ce protocole, sachant que 94 % des travailleurs et travailleuses malaisiens ne sont pas syndiqués, le champ est très vaste, nous ne devrions pas nous faire concurrence dans les usines déjà syndiquées. Concentrons-nous sur les usines non-syndiquées et focalisons nos efforts pour augmenter le taux de syndicalisation en Malaisie.”

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, Ramon Certeza, a déclaré :

“Les modifications apportées à la loi sur les syndicats auront un impact profond sur la manière dont le mouvement syndical fonctionne en Malaisie. C’est une bonne occasion pour les syndicats de recruter davantage de travailleuses et travailleurs dans différents secteurs et de les intégrer dans le giron syndical. Mais nous devons adopter une approche très prudente et le protocole d’accord signé est un bon début. Je félicite le Conseil d’IndustriALL pour la Malaisie pour sa clairvoyance et la conclusion de ce protocole d’accord.”

Dans le cadre de cette rencontre d’unification, les affiliés d’IndustriALL en Malaisie ont également visité les bureaux du Syndicat du textile et de la confection de Penang (PTGWU) et du Syndicat des salariés de l’industrie électronique de la région nord (EIEUNR) afin d’approfondir la compréhension entre les affiliés du pays.

Offensive stratégique pour l'égalité de genre au 4e Congrès d'IndustriALL

Dans ses propos liminaires, la secrétaire générale adjointe d'IndustriALL Christine Olivier a souligné le rôle du Comité des femmes dans la préparation du prochain Congrès et l'évaluation des progrès accomplis ces quatre dernières années. Son action a permis de promouvoir les droits des femmes, l'égalité et de renforcer la solidarité mondiale; mais des problèmes subsistent, notamment la sous-représentation aux postes de direction, la discrimination fondée sur le genre et l'impact disproportionné de l'IA et de la pandémie de Covid-19 sur les femmes. Des efforts ont été consentis pour aider les affiliés et accroître la participation des femmes, notamment en effectuant un audit de genre participatif.

"Malgré les défis de la préparation du Congrès, nous voulons continuer à aller de l'avant. Nous n'en sommes pas où nous devrions être, mais nous avons avancé et, ensemble, nous poursuivrons notre quête pour l'égalité, la justice et le changement,"

a déclaré Christine Olivier.

Les discussions ont porté sur les conclusions de l'audit de genre participatif (AGP) d'IndustriALL et sur l'intégration de la dimension de genre dans les statuts et les plans d'action. Contrairement aux audits financiers, les AGP sont des audits sociaux et constituent un outil efficace pour identifier les carences et les bonnes pratiques pour s'attaquer aux questions de genre dans un contexte organisationnel. L'audit de genre d'IndustriALL, inspiré du modèle de l'OIT, a porté sur plus de 130 documents, des dizaines d'interviews et des ateliers avec le personnel, les dirigeants et affiliés, afin d'évaluer dans quelle mesure les considérations de genre sont enracinées dans toutes les politiques, les actions et les structures d'IndustriALL.

L'AGP a montré qu'IndustriALL a une bonne conception de l'égalité de genre et de l'autonomisation des femmes. L'organisation a été saluée pour ses initiatives clés telles que les campagnes sur la violence et harcèlement basés sur le genre (VHBG) et son programme de mentorat. Toutefois, quelques carences ont aussi été relevées.

Plusieurs recommandations ont été formulées à partir des succès constatés et des domaines nécessitant des améliorations. Elles serviront à l'élaboration du Plan d'action d'IndustriALL pour les quatre prochaines années. L'accent sera mis sur une intégration plus systématique et automatique des considérations de genre dans toutes ses activités pour faire en sorte que les besoins de tous les genres soient pris en compte.

L'intégration de la dimension de genre nécessite une démarche double consistant à conjuguer des actions ciblées et l'intégration de considérations de genre dans toutes les politiques et activités. Bien qu'IndustriALL ait accompli des progrès par des efforts ciblés, il devrait par ailleurs intégrer systématiquement les perspectives de genre dans son action en général pour s'assurer de répondre aux besoins de tous les genres.

"Nous devons accentuer l'épanouissement des femmes et faire en sorte que les priorités, les besoins et les contributions de tous les travailleurs et toutes les travailleuses soient pris en compte dans toute la planification, la mise en œuvre et le contrôle des programmes, des campagnes, des interventions et des budgets,"

a déclaré Armelle Seby, la directrice d'IndustriALL en charge des questions de genre.

Christine Olivier et Armelle Seby ont présenté des propositions consistant à ancrer plus solidement les perspectives de genre dans les statuts d'IndustriALL et dans son prochain plan d'action. Depuis la réunion de l'an dernier du comité exécutif à Istanbul, des négociations des porte-parole des femmes et d'autres dirigeants syndicaux ont dégagé des compromis. Christine Olivier et la coprésidente du Comité des femmes, Ilvana Smajlović, qui dirigeaient les débats, ont souligné qu'il est important que des dirigeants syndicaux hommes collaborent avec les femmes dans cet effort en vue d'une meilleure représentation des femmes dans les structures d'IndustriALL et de ses affiliés et d'une plus grande égalité de genre dans nos industries.

"Notre objectif essentiel est d'afficher notre unité au Congrès et de progresser en termes de représentation des femmes, pas seulement à la direction d'IndustriALL, mais aussi dans les structures nationales et régionales de nos organisations syndicales. Nous devons faire preuve de solidarité et d'unité, pas seulement maintenant, mais par un engagement à long terme."

Le Congrès de Sydney, en novembre, sera précédé d'une Conférence des femmes, la première depuis 2019. Elle se composera de deux volets, une session en ligne en septembre et une session en présentiel à Sydney. Elle arrêtera une feuille de route quadriennale pour l'action d'IndustriALL dans le domaine de l'égalité de genre. Ses grands thèmes seront notamment le travail des femmes demain, l'impact de l'intelligence artificielle et les ripostes aux attaques contre les droits des femmes et l'égalité de genre.

On discutera de l'intégration du genre dans l'action menée par IndustriALL pour les accords-cadres mondiaux, des présentations mettront en lumière la responsabilité des multinationales en matière de formation, de protection et d'égalité dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. Le groupe d'étude d'IndustriALL sur l'égalité de genre a proposé, avec le Secrétariat, des recommandations pour garantir que les principes directeurs relatifs aux ACM et leur mise en œuvre intègrent une perspective de genre.

Dans une session sur l'intégration du genre dans la santé et la sécurité au travail (SST), le Dr Karen Messing a souligné qu'il est important de prendre en considération les différences biologiques et celles de genre. Elle a insisté sur le fait que les femmes ne sont pas des hommes en réduction et que même des différences biologiques mineures comptent dans la prévention. Quelques travaux de recherche traitent de l'influence de l'exposition aux substances chimiques et au rayonnement sur la santé reproductive des hommes comme des femmes. La ségrégation professionnelle fondée sur le genre, qu'elle soit verticale ou horizontale, génère des besoins différents de SST. Même dans une fonction identique, les hommes et les femmes effectuent souvent des tâches différentes. Le Dr Messing a expliqué que, souvent, la conception des lieux de travail et de l'équipement ne tiennent pas compte des besoins des femmes, qu'ils soient physiques ou liés à la santé reproductive, parce que cette conception est généralement confiée à des hommes. Il arrive aussi que les femmes hésitent à signaler les risques par crainte d'être taxées de faiblesse.

Jane Pillinger s'est penchée sur la diversité, le genre et l'inclusion dans la gestion du risque en adoptant une approche croisée. Elle a aussi évoqué les risques psychosociaux que courent les femmes et les groupes marginalisés, comme le harcèlement, le burn-out et la discrimination, et a souligné le besoin d'une gestion du risque et de stratégies de SST inclusives et réactives au genre et à la diversité. Elle a souligné l'avancée que représente la convention 190 de l'OIT, qui met l'accent sur la prévention et les risques psychosociaux. Une approche croisée peut contribuer à révéler pourquoi certains groupes sont davantage exposés aux risques psychosociaux. Une démarche croisée requiert aussi des politiques et des pratiques plus nuancées et davantage de recherches.

"Nous devons nous assurer que l'intégration du genre n'est pas qu'une façade mais qu'elle débouche sur des mesures pratiques et de protection,"

a ajouté Jane Pillinger.

Les interventions de participants de pays tels que l'île Maurice et l'Indonésie ont expliqué les mécanismes qui font que la C190 et les risques psychosociaux sont ou ne sont pas intégrés dans la législation nationale et dans quelle mesure le partage des connaissances alimente l'action militante.

Au moment de clore la réunion, le Comité des femmes a affirmé son objectif commun : transformer les données, les politiques et les expériences vécues en action.

"Nous travaillons pour le progrès et nous devrions montrer que nous prenons des mesures positives ensemble. Notre but ultime est l'autonomisation des femmes,"

a dit Ilvana Smajlović.

L’OIT établit des normes de travail décent pour le recyclage dans le cadre d’un accord tripartite

Ce résultat marque une étape importante pour des millions de travailleuses et travailleurs du monde entier qui jouent un rôle clé au niveau du recyclage des déchets dans des secteurs tels que la démolition des navires, l’électronique, les TIC, le textile, les produits chimiques et les plastiques, entre autres secteurs représentés par IndustriALL. Ces secteurs sont représentés par des syndicats qui ont participé activement à la négociation, défendant les intérêts des travailleurs et travailleuses des économies formelle et informelle.

Ces nouveaux principes directeurs reconnaissent que le recyclage est une activité économique et écologique essentielle et une pierre angulaire de l’économie circulaire. Mais ils soulignent également que le secteur n’est pas automatiquement équitable ou sûr. C’est pourquoi le document fournit des recommandations claires aux gouvernements, aux employeurs et aux syndicats afin de garantir l’emploi productif, les droits du travail, la protection sociale et le dialogue social dans l’ensemble des activités de recyclage.

Parmi les points forts les plus importants, on peut citer

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kan Matsuzaki, a déclaré :

“Ces principes directeurs sont un outil puissant pour faire du recyclage un levier pour le travail décent. Notre objectif est clair : faire en sorte que les travailleuses et travailleurs utilisent ces principes directeurs pour syndiquer davantage de membres et être certains d’avoir un environnement de travail sûr où personne n’est laissé pour compte dans la transition vers une économie circulaire.”

Bien que les principes directeurs ne soient pas juridiquement contraignants, ils constituent une référence essentielle pour l’élaboration de la législation, des politiques publiques, des stratégies sectorielles et des cadres de dialogue social à tous les niveaux. Ils représentent une avancée majeure en plaçant la justice sociale au centre de l’économie circulaire.

IndustriALL veillera à ce que ces recommandations soient traduites en actions concrètes dans chaque pays et mises en œuvre avec la participation active des syndicats.

Photos : © Alioune Ndiaye / OIT

Glencore passé à la loupe au plan mondial pour ses manquements en matière d’ESG

Les délégués ont soulevé le refus de l’entreprise de négocier avec les travailleurs sur une transition juste et équitable et son aversion permanente pour un dialogue sectoriel qui garantirait les droits des travailleurs pendant la transition énergétique.

Au cours de l’assemblée générale, IndustriALL et ses affiliés ont interpellé le conseil d’administration de Glencore sur un certain nombre de questions urgentes.

Canada : les délégués ont demandé pourquoi une clause sur la transition juste et le dialogue social avait été exclue de la convention collective de la fonderie Horne. Ils ont demandé à l’entreprise de s’engager directement avec les représentants des travailleuses et travailleurs et de s’engager à trouver des solutions négociées qui protègent les emplois et les communautés.

Colombie : Glencore a annoncé son intention de fermer la mine de Cerrejón à La Guajira d’ici 2034 et a récemment confirmé d’importantes réductions de production. Le manque de transparence autour du processus de fermeture, en particulier à la lumière de la gestion très critiquée de la fermeture de Prodeco par l’entreprise, a intensifié la peur et l’incertitude parmi les travailleuses et travailleurs ainsi que les communautés locales. Nombre d’entre eux sont encore aux prises avec les retombées de cette première fermeture. Lors de l’assemblée générale annuelle, Glencore a déclaré qu’elle n’avait pas de plan de fermeture officiel à communiquer pour Cerrejón.

“Nous demandons à l’entreprise de publier son document officiel sur la fermeture de la mine, afin de permettre aux travailleuses et travailleurs, au gouvernement national et aux communautés affectées de se préparer et de planifier une transition juste. Cette demande n’est pas un appel à une fermeture anticipée, mais plutôt un appel à la préparation, à la coordination et à l’équité,”

a déclaré Juan Carlos Solano Guillen, Secrétaire pour la transition de Sintracarbón.

Sintracarbón a également exhorté Glencore à soutenir des programmes de reconversion et d’emploi alternatif pour les anciens travailleurs de La Jagua, dans la zone de Prodeco, qui reste abandonnée depuis que l’entreprise a mis fin à ses activités.

Malgré l’escalade des risques matériels liés à ses activités, Glencore a refusé de se joindre à l’IRMA (Initiative pour une Certification responsable de l’Exploitation minière), une norme mondialement reconnue pour les pratiques minières responsables.

Alors que le PDG de Glencore, Gary Nagle, a insisté sur le fait que la santé et la sécurité restaient la priorité absolue de l’entreprise, des délégués et des dirigeants des communautés ont rejeté ces affirmations. Ils ont fait valoir que la rhétorique doit être accompagnée d’actions concrètes. Des fermetures de fonderies aux dommages environnementaux, les activités de Glencore continuent de nuire aux travailleurs et aux communautés, sans qu’il y ait vraiment de preuves de prise de responsabilité ou de mise en œuvre de réparation.

“Nous demandons à Glencore d’engager un dialogue social mondial, de s’engager à respecter des normes minières responsables et de veiller à ce que la transition vers une économie à faibles émissions de carbone ne se fasse pas au détriment des droits et des moyens de subsistance des travailleuses et travailleurs. Tant que Glencore n’agira pas, la campagne mondiale pour la justice, la transparence et une transition juste continuera de gagner en puissance et en urgence,”

a indiqué Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour l’industrie minière.

Lors d’une réunion du réseau Glencore, qui s’est tenue un jour avant l’AG, les affiliés ont décrit un modèle constant de mauvaise conduite. En Australie, Glencore dépasse les seuils légaux d’émissions et a traîné des travailleuses devant les tribunaux pour tenter de bloquer la campagne “à travail égal, salaire égal”, au lieu de s’attaquer à l’inégalité salariale.

En Afrique du Sud, Glencore a fermé des fonderies sans préavis ni planification, laissant les travailleuses et travailleurs au chômage et les communautés dévastées.

“Sont-ils capables de vendre des fonderies à d’autres entreprises ? Est-ce que Glencore peut se pencher sur cette question ?”

s’interroge Donald Makofane, Secrétaire régional pour la jeunesse du Syndicat national des mineurs (NUM).

Au Canada, la pollution provenant de la fonderie de Rouyn-Noranda continue de menacer la santé publique, émettant de l’arsenic à des niveaux trente fois supérieurs à la limite provinciale.

“Nous voulons conserver les emplois, mais pas au détriment de notre santé,”

explique Kevin Gagnon de la Fédération de l’Industrie Manufacturière – FIM-CSN.

“Glencore ne peut pas continuer à faire fi de ses responsabilités alors que les communautés en subissent les conséquences. Nous faisons campagne depuis des années sans que ça ne mène nulle part. Nous ne nous laisserons pas réduire au silence,”

a déclaré Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Un syndicaliste nommé ministre du travail au Gabon

Patrick Barbera Isaac a officiellement pris ses fonctions ce mois-ci, avec pour mandat de renforcer la mise en œuvre de la politique du travail, de réduire le chômage des jeunes, qui atteint actuellement 36,9 % selon la Banque mondiale, et de promouvoir le travail décent par le biais du dialogue social. Le taux de chômage est encore plus élevé chez les jeunes femmes, ce qui souligne l’urgence de stratégies de création d’emplois inclusifs.

L’ONEP, qui regroupe environ 3.000 travailleuses et travailleurs du secteur pétrolier et gazier du pays, s’est félicitée de cette nomination, appelant le nouveau ministre à donner la priorité à l’amélioration des conditions de travail et à l’institutionnalisation du dialogue entre les travailleurs et les employeurs.

L’économie du pays est fortement dépendante du pétrole, qui représente environ 40 % du PIB. Cette dépendance expose le pays à la volatilité des prix mondiaux. À mesure que les réserves de pétrole diminuent, le gouvernement se concentre sur la diversification économique et le développement durable.

L’ONEP a appelé le ministère du Travail à jouer un rôle proactif dans le développement des opportunités d’emploi dans les secteurs émergents, en particulier dans le contexte de la Transition juste du pays. Le syndicat fait partie du Réseau énergétique de l’Afrique subsaharienne (SSAEN), qui soutient l’implication des syndicats dans les stratégies de décarbonisation et les cadres relatifs aux énergies renouvelables.

Au-delà du pétrole, le Gabon se développe dans le gaz naturel et dans d’autres secteurs tels que l’agriculture, le tourisme, les technologies numériques et l’exploitation minière. Le pays détient des réserves stratégiques de minerai de fer, de manganèse et de terres rares, des minéraux essentiels pour les technologies des énergies renouvelables, notamment les véhicules électriques et la production de batteries. Le développement des industries numériques progresse également dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), dont le Gabon fait partie.

Alors que le pays s’engage dans des changements structurels, IndustriALL et l’ONEP soulignent que le dialogue social doit rester central. La nomination d’un ministre du travail ayant de profondes racines syndicales représente une occasion précieuse de s’assurer que les droits et protections des travailleuses et travailleurs sont intégrés dans la transition économique du Gabon.

“Je félicite notre collègue Isaac pour sa nomination au poste de Ministre du travail. La nomination de syndicalistes en tant que ministres donne le signal que le chef du gouvernement prend les syndicats au sérieux et nous suivrons les événements de près. Cette nomination, qui apporte au gouvernement l’expérience des syndicats en matière de négociation collective et de dialogue social, doit bénéficier aux travailleuses et travailleurs du Gabon,”

a déclaré Atle Hoie, Secrétaire général d’IndustriALL.

Étant donné que de grandes entreprises multinationales telles que TotalEnergies, Perenco, Vaalco Energy, BW Energy ainsi que l’entreprise publique, la Société nationale des hydrocarbures du Gabon (Gabon Oil Company – GOC) sont actives dans les champs pétroliers offshore, le rôle du ministère du travail sera essentiel pour superviser des conditions d’emploi décentes et des transitions équitables dans l’ensemble du secteur de l’énergie.