Le supermarché allemand Lidl rejoint l’initiative ACT

Lidl est estimée être la quatrième plus grande chaîne de magasins d’alimentation dans le monde et le premier discounter allemand à adhérer à l'initiative ACT.

« Rejoindre l’initiative ACT constitue la nouvelle étape dans notre engagement à résoudre plus efficacement encore la question de l'équité salariale en collaboration avec toutes les parties prenantes participantes », a déclaré Stefan Haensel, directeur RSE, Buying International chez Lidl.

Les membres de l'ACT travaillent ensemble pour s’assurer que de meilleurs salaires sont versés dans l'industrie mondiale de l'habillement et de la chaussure grâce à l'amélioration des pratiques d'achat liées aux conventions collectives ayant pour but de mettre en œuvre le droit de l'homme à des salaires décents.

« La décision de Lidl de s'engager dans l'ACT démontre la crédibilité de l’initiative ACT comme l’outil le plus prometteur pour augmenter durablement les salaires dans la chaîne d'approvisionnement en vêtements », a indiqué Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustrIALL.

Priorité à l’industrialisation en Afrique

Avec une population active de 500 millions d’habitants, qui devrait passer à 676 millions d’ici à 2030 selon l’Organisation internationale du travail, l’Afrique peut tirer parti de ce capital démographique si elle ajuste certains de ses fondamentaux, notamment par davantage de politiques de soutien des gouvernements pour le développement industriel.

La Conférence sur l’industrialisation de l’Afrique qui a été organisée par la Région sub-saharienne d’IndustriALL Global Union a fait des recommandations sur la façon dont les politiques gouvernementales pouvaient promouvoir des interconnexions entre la production et le commerce des biens et des services, l’innovation technologique, les investissements dans le secteur de la fabrication, l’évolution dans la conception des produits et la diminution des coûts de transport.

En outre, le développement d’infrastructures, de compétences et d’institutions plus solides ont été identifiés comme des éléments-clés. Les participants à la conférence ont indiqué que ces évolutions étaient nécessaires pour que l’Afrique soit compétitive au sein de chaînes de valeur mondialisées.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union a déclaré :

“Une industrialisation durable a le potentiel de créer de l’emploi, en particulier au sein du secteur des fabrications industrielles des économies africaines. Avec davantage d’emplois décents qui offrent des salaires vitaux, nous sommes convaincus que la pauvreté sera éradiquée. Au stade actuel, l’Afrique sub-saharienne compte les plus hauts taux de pauvreté, en particulier dans les pays à bas revenus et ceux affectés par des conflits.

“Elle compte également le plus grand nombre de travailleurs et travailleuses pauvres. Le chômage demeure élevé, en particulier chez les jeunes, la plupart gagnant leur vie dans le secteur informel. Une industrialisation durable peut inverser cette tendance et changer du tout au tout le sort des travailleurs.”

Représentant moins de 10% du PIB, la part de la fabrication industrielle en Afrique continue à être à la traîne par rapport aux autres continents, ce secteur étant concentré dans seulement quelques pays, parmi lesquels l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria et le Maroc. La valeur ajoutée des fabrications industrielles y est également faible.

Cependant, il existe un potentiel pour les industries qui reposent sur les technologies de l’information et des communications, qui deviendront courantes avec Industrie 4.0. Ces secteurs procurent aux travailleurs et travailleuses des compétences pour l’économie numérique dont l’analyse avancée des données, nécessaire dans le milieu du travail de demain.

Le secteur de l’industrie lourde d’Afrique comprend les véhicules de transport, l’électro-ménager, l’électronique et l’équipement industriel. Les investissements directs étrangers favorisent également la fabrication industrielle. Lors du Forum africain pour l’investissement organisé par la Banque africaine de développement à Johannesburg, en Afrique du Sud du 13 au 15 novembre, les investisseurs ont promis plus de 40 milliards de dollars d’investissement au sein de différents projets qui seront mis en œuvre dans 25 pays.

Le textile et la confection sont un autre secteur important pour l’industrialisation de l’Afrique. En Éthiopie et au Kenya, des enseignes de stature mondiale travaillent avec des petites et moyennes entreprises pour créer des dizaines de milliers d’emplois.

Les mineurs ukrainiens reçoivent enfin leurs salaires

Au cours des derniers mois, les affiliés à IndustriALL Global Union en Ukraine, le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine et le Syndicat des travailleurs de l'industrie houillère d'Ukraine, ont mobilisé à plusieurs reprises leurs membres pour mener des actions de protestation contre les arriérés salariaux à travers l’Ukraine, dans les régions du Donbass, de Louhansk, de Lviv et de Volyn. Les dirigeants syndicaux ont rencontré les représentants du gouvernement et du parlement ukrainiens pour demander que des mesures immédiates soient prises pour résoudre les problèmes qui touchent les mines de charbon publiques. Par suite, le 31 octobre, le Parlement ukrainien a adopté la Loi sur les amendements au budget national ukrainien pour 2019, allouant 1 milliard de dollars d’UAH (40 millions de dollars US $) supplémentaires pour compenser les salaires non perçus des mineurs de charbon. 

En dépit de l'adoption de la loi, les fonds alloués n'ont toutefois pas été transférés aux mineurs durant deux semaines, provoquant des protestations croissantes parmi les communautés minières.

Le 12 novembre, 45 mineurs de la mine Gorskaya, qui fait partie de l’entreprise publique Pervomayskugol, décidaient de rester dans la mine à la fin de leur période de travail et lançaient une action de protestation sous terre pour exiger le paiement de leurs salaires correspondant à la période juin-octobre. Le lendemain, six mineurs de la mine Toshkovskaya et 13 mineurs de la mine Karbonit, toutes deux rattachées à Pervomayskugol, refusaient à leur tour de remonter à la surface au même motif. Tous les mineurs ne sont sortis des mines qu’après avoir touché leurs salaires, le 14 novembre.

Dans le même temps, les mineurs de Lvivugol refusaient de descendre dans la mine et décidaient de former un piquet de grève aux abords des bâtiments des autorités locales. Ils ont également annoncé leur intention de se rendre à Kiev pour manifester devant le parlement, les bâtiments gouvernementaux et le palais présidentiel si leur demande n’était pas satisfaite.

Le 13 novembre, les mineurs désespérés de Mirnogradugol et les membres de leurs familles protestaient devant les locaux administratifs de la mine, bloquant les rues voisines et exigeant le paiement de leurs arriérés salariaux de plusieurs mois.

Exprimant sa gratitude à tous les mineurs et syndicalistes ayant participé aux manifestations et fait preuve de solidarité dans la lutte pour le droit à la rémunération du travail effectué, Mykhailo Volynets, président du Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine et parlementaire, a déclaré:

« Je suis particulièrement reconnaissant envers les mineurs qui ont protesté dans des conditions dangereuses sous terre. »

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a indiqué:

« Notre famille syndicale mondiale exprime ses sincères félicitations à ses affiliés miniers en Ukraine ainsi qu’à leurs membres et à leurs familles qui ont fait preuve de beaucoup de courage. Nous exhortons les autorités ukrainiennes à maintenir un dialogue social efficace avec les syndicats afin de stabiliser la situation dans les mines de charbon publiques, de s'attaquer aux problèmes affectant les mineurs et d'éviter toute nouvelle formation d’arriérés salariaux. »

Bienvenue dans global worker

Nous sommes à moins d’un an du troisième Congrès d’IndustriALL, qui se tiendra au Cap en octobre 2020, où marquerons notre unité en faveur d’un avenir juste sous le slogan Amandla Awethu.

Ce numéro de Global Worker s’intéresse de plus près à deux initiatives de syndicalisation couronnées de succès ; des étudiants bhoutanais au Japon, qui s’étaient retrouvés à prester de long temps de travail, de manière parfois illégale, pour de bas salaires, ont réussi à constituer un syndicat avec le soutien du JAM.

Aussi, des travailleurs et travailleuses à domicile, principalement des femmes, se tournent vers l’avenir en se battant et en formant un syndicat pour revendiquer leurs droits et renportent des succès significatifs.

Le géant des mines BHP a pour politique claire d’externaliser ses salariés, qui en arrivent à travailler côte à côte avec ceux qui ont des contrats permanents, mais en ayant un salaire moindre et des conditions d’emploi plus précaires. À la suite d’une décision de notre Comité exécutif, IndustriALL a, ensemble avec le réseau mondial des syndicats des sites de BHP, lancé une campagne contre l’entreprise. Voyez notre rapport spécial.

Le 7 octobre, Journée mondiale pour le travail décent, est marquée par des actions syndicales partout dans le monde, avec pour message répété de dire STOP au Travail précaire. Cette page présente des photos de ces actions syndicales.

Maintenant plus que jamais, nous devons nous unir et résister. Avec des centaines de millions de personnes syndiquées de par le monde, nous sommes une force avec qui compter. Voyez quelques problématiques clés pour les luttes syndicales qui nous attendent.

Maintenant plus que jamais, nous devons nous unir et résister. Avec des centaines de millions de personnes syndiquées de par le monde, nous sommes une force avec qui compter.

Il y a près d’un an, lors de notre Comité exécutif à Mexico, en décembre 2018, IndustriALL a adopté un plan d’action sur le commerce international et les politiques manufacturières afin d’aider nos affiliés à s’impliquer davantage dans les pourparlers concernant les accords et traités commerciaux multilatéraux. Dan cet article, nous creusons la question de la Zone de libre-échange continentale africaine. Va-t-elle promouvoir un commerce équitable et générer des emplois décents ?

Nous sommes témoins de profondes modifications au sein du monde du travail, une transformation qui comporte du bon et du mauvais, des défis et des opportunités. En tant que syndicats, nous devons assurer la protection des travailleurs et travailleuses dans ce processus. Vous trouverez des informations sur un accord récemment signé avec le constructeur automobile français Renault pour construire ensemble le monde du travail.

Beauty Zibula, du Syndicat sud-africain du textile SACTWU, a quitté le Comité exécutif d’IndustriALL et s’en est allée occuper un siège au sein du Parlement d’Afrique du Sud. Elle évoque son parcours la conduisant depuis l’usine jusqu’au cœur de la politique de son pays dans cette entrevue.

Ce numéro à de quoi nous inspirer :
unis, nous vainquons.

A luta continua.

Valter Sanches
Secrétaire general

@ValterSanches

Les syndicats célèbrent la journée mondiale du travail décent

Thaïlande

Thaïlande

En Thaïlande, des milliers de travailleurs, dont des membres de l’affilié d’IndustriALL, la Confédération des syndicats d’industrie de Thaïlande, ont défilé en direction du Siège du Gouvernement pour remettre une lettre au Premier Ministre réclamant la sûreté et la sécurité de l’emploi ainsi que des mesures pour protéger les travailleurs face à Industrie 4.0.

Indonésie

À Jakarta, les femmes du Conseil d’IndustriALL pour l’Indonésie ont tenu un rassemblement pour exhorter les autorités et les employeurs à assurer des emplois décents, des lieux de travail sains et sûrs
et un plus long congé de maternité.

Inde

Aux Philippines, les affiliés d’IndustriALL ont tenu un forum national qui s’est penché sur la manière de renforcer les droits des travailleurs et de mettre fin à l’omniprésence de l’exploitation par le travail précaire dans le pays.

Jordan

Les affiliés d’IndustriALL au Nigeria et au Pakistan ont également appelé Shell à mettre un terme au travail précaire et à ce que le géant du pétrole et du gaz offre aux travailleurs des contrats permanents.

Maurice

En Maurice, l’affilié d’IndustriALL, la Confédération des Travailleurs des Secteurs Publique et Privé – CTSP, a défilé dans les rues avec des bannières appelant au travail décent, à la fin des violences faites aux femmes et à la justice climatique.

Pakistan

En Asie du Sud, les affiliés du Bangladesh, d’Inde et du Pakistan ont mené des actions pour protester contre le travail précaire, tandis que les affiliés d’IndustriALL dans toute l’Amérique latine marquaient le 7 octobre lors d’une réunion à Buenos Aires des syndicats de l’énergie, des mines et de la métallurgie.

Buenos Aires

Chili

Confection : travailleurs, fournisseurs et enseignes partenaires d’ACT adoptent des Principes directeurs sur la Liberté syndicale

Les Principes directeurs sur la Liberté syndicale au Myanmar visent à assurer des relations constructives entre employeurs et salariés. En donnant aux travailleurs et travailleuses un espace d’expression et de représentation, ces principes directeurs facilitent une collaboration pour résoudre des problèmes de terrain.

Ces principes directeurs visent à préciser et assurer l’application pratique des principes de la Liberté syndicale en vertu des normes internationales du travail et définissent également un calendrier pour entamer le processus de négociation collective.

Les Principes directeurs sur la Liberté syndicale ont été débattus ce 15 novembre à Rangoun, au Myanmar, lors d’une table ronde sur la Liberté syndicale et le Dialogue social au sein du secteur du textile, de la confection, du cuir et de la chaussure. L’IWFM et IndustriALL ont été rejoints par les enseignes de stature mondiale H&M, Inditex, Bestseller New Look, Next et Tchibo.

Dans son discours d’ouverture, Piyamal Pichaiwongse, Agente de liaison adjointe de l’OIT à Rangoun, a souligné que “de saines relations sociales se construisent sur base des principes de la liberté syndicale et de la négociation collective”.

Les participants ont profité de la réunion pour discuter de la façon de faire des Principes directeurs sur la Liberté syndicale un outil pratique à niveau des usines et de la façon de travailler ensemble pour sensibiliser sur leur intégration dans les normes de l’industrie. Un plan d’action sur la manière de renforcer la coopération a été adopté.

Christina Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile et la confection indique :

“Les Principes directeurs sur la Liberté syndicale précisent les conditions pour passer à l’étape suivante de l’élaboration d’une convention pour le secteur et ce n’est qu’en établissant des structures durables que nous pourrons réaliser un changement collectif dans le secteur. IndustriALL se réjouit de pouvoir travailler avec son affilié, l’IWFM, les fournisseurs nationaux et des enseignes de stature mondiale pour améliorer les salaires et les conditions de travail au Myanmar.”

Vingt et une grandes marques ont signé un accord mondial avec IndustriALL Global Union pour constituer Action, Collaboration, Transformation (ACT). Des entreprises telles que Hennes & Mauritz AB, Zara-parent Inditex SA ainsi que le propriétaire de Calvin Klein et Tommy Hilfiger, PVH Corp. en apposant leur signature permettent d’utiliser leur force en tant que donneurs d’ordre afin de favoriser de meilleures conditions de travail et de promouvoir des accords salariaux au niveau sectoriel, garantis par la négociation collective.

Les Principes directeurs sur la Liberté syndicale couvrent :

Les parties se sont entendues sur les prochaines étapes du processus, y compris, entre autres, la diffusion et l’explication du contenu des Principes directeurs auprès des travailleurs et des directions des usines ainsi que l’élaboration d’une procédure de règlement des différends, tels que décrits dans une lettre d’entente signée par les parties.

La syndicalisation des cols blancs

Une transformation du travail industriel est en cours alors que nous subissons les effets de la quatrième révolution industrielle (Industrie 4.0). La numérisation, la connectivité, l’intelligence artificielle et les technologies de pointe comme l’impression 3D, la nanotechnologie et la biotechnologie signifient que de plus en plus de travailleuses et travailleurs seront payés pour leur connaissance de ces technologies et moins pour leurs compétences physiques. Cette transformation s’observe par l’importance qu’occupent désormais les emplois de cols blancs. Pour que le mouvement syndical reste pertinent et efficace à l’avenir, nous devons réussir à syndiquer un nombre croissant de cols blancs.

Seulement sept p. cent des quelque trois milliards de travailleuses et travailleurs dans le monde sont membres de syndicats libres et indépendants, et le taux de syndicalisation des emplois de cols blancs du secteur privé est encore plus faible. Ces derniers sont encore moins nombreux à être membres actifs de leur syndicat. Le secteur des cols blancs d’IndustriALL comprend environ 12,5 p. cent de l’ensemble de ses membres affiliés – et tout indique que ce pourcentage est en hausse.

Bien qu’il y ait des exceptions, les syndicats de nombreux pays ont vu leur nombre de membres et leur influence diminuer au cours des dernières décennies. Le pourcentage de travailleuses et travailleurs syndiqués dans les pays de l’OCDE (34 des pays les plus riches du monde) est passé de 33 p. cent en 1980 à 17 p. cent en 2013. Cela s’explique en partie par les tentatives de nombreux gouvernements et des multinationales de miner le pouvoir des syndicats et d’attaquer les droits des travailleuses et travailleurs.

La diminution de la présence syndicale au cours des dernières décennies a entraîné une augmentation des inégalités économiques en Asie, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique centrale et dans certaines parties de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.

Pour inverser ces tendances, les syndicats du monde entier doivent s’organiser plus efficacement et plus que jamais – et si les cols blancs représentent un pourcentage croissant de la main-d’œuvre mondiale, alors leur importance pour le mouvement syndical est une évidence.

Pour renforcer le pouvoir des travailleuses et travailleurs, la priorité doit être accordée au recrutement

Cette priorité exige un changement de culture au sein des syndicats. Les syndicats doivent investir plus de temps, d’efforts et de ressources dans le recrutement de nouveaux membres et le maintien des effectifs. Les syndicats doivent également se concentrer sur le renforcement de la solidarité et la participation active de leurs membres dans toutes les affaires syndicales.

Qu’est-ce que le recrutement et pourquoi devrions-nous recruter?

Le recrutement permet d’accroître le nombre de syndiqués, de renforcer la solidarité entre les travailleuses et travailleurs, et d’augmenter leur participation aux efforts des syndicats.

La syndicalisation repose sur le recrutement et la rétention des membres. La classe dominante et les entreprises ont plus de ressources financières que les syndicats, mais le pouvoir des syndicats provient de leurs membres.

Or, il ne suffit pas d’augmenter le nombre de membres d’un syndicat. La syndicalisation permet aussi de renforcer la solidarité entre les travailleurs et les travailleuses, de les impliquer et de les faire participer activement à la vie de leur syndicat et au travail collectif pour atteindre des objectifs communs.

Les syndicats sont plus forts lorsqu’ils recrutent et gagnent le pouvoir et les ressources nécessaires pour :

Les syndicats qui augmentent le nombre de leurs membres, la solidarité entre eux et leur militantisme acquièrent également du pouvoir politique. Ils peuvent organiser des manifestations politiques d’envergure, avoir plus d’impact sur la prise de décision politique et exercer une plus grande influence sur la législation affectant les travailleuses et travailleurs et les syndicats, par exemple en faisant du lobbying grâce au pouvoir qu’ils détiennent. L’influence politique est un résultat, plutôt qu’une condition préalable, du pouvoir syndical.

Le pouvoir des travailleuses et travailleurs doit passer en premier. Les droits des cols blancs à un travail sûr et sans danger, ainsi qu’à la syndicalisation et à la négociation collective, sont régulièrement violés. La reconnaissance des droits des travailleuses et travailleurs suit toujours l’action et la lutte des travailleuses et travailleurs, elle ne la précède jamais.

Les inégalités économiques sont généralement plus faibles là où les syndicats sont bien organisés. La syndicalisation aide à bâtir des syndicats et des économies solides grâce à une répartition plus équitable de la richesse et du pouvoir.

Les membres sont la plus grande ressource d’un syndicat. Plus il y a de membres, plus le pouvoir du syndicat augmente.

Soutien d’IndustriALL aux efforts de syndicalisation

IndustriALL soutient des projets de syndicalisation dans le monde entier, en encourageant et en habilitant ses affiliés à développer une culture de recrutement permanente et à gérer leurs propres programmes de recrutement.

En collaboration avec ses affiliés, IndustriALL organise des ateliers, des conférences, des visites de lieux de travail et des formations pour discuter et développer des plans de recrutement. Un soutien est fourni aux campagnes de syndicalisation des affiliés, y compris pour la recherche, la cartographie, les publications et le matériel. Dans certains cas, en particulier dans les pays du Sud, les projets IndustriALL apportent un soutien financier au travail des recruteurs.

IndustriALL représente des travailleuses et travailleurs de 14 secteurs industriels, plus des cols blancs, chacun ayant son propre plan d’action sectoriel. Tous les plans d’action sectoriels ont pour objectif de renforcer le pouvoir des syndicats par des initiatives de syndicalisation. Chaque secteur poursuit cet objectif différemment.

Le plan d’action du secteur des TIC, de l’électricité et de l’électronique d’IndustriALL entend se concentrer sur le recrutement et la hausse du taux de syndicalisation, et vise à soutenir un projet de syndicalisation couvrant six pays asiatiques.

IndustriALL soutient des réseaux syndicaux mondiaux à l’œuvre dans plus de 20 sociétés multinationales. Certains sont des comités d’entreprise mondiaux – il s’agit généralement de réseaux syndicaux mondiaux que l’employeur reconnaît officiellement et dans lesquels il est actif. De nombreux réseaux syndicaux mondiaux s’engagent à recruter sur le lieu de travail au sein de leur entreprise lorsqu’il n’y a pas de représentation syndicale ou que celle-ci est faible. Ils mobilisent également un appui solidaire lors de l’organisation de campagnes dans leur entreprise. Il convient de rappeler que toutes ces multinationales emploient un nombre important et en hausse de travailleuses et travailleurs pouvant être qualifiés de cols blancs.

La syndicalisation a été une priorité pour le réseau syndical mondial de l’entreprise d’aluminium Alcoa. Le réseau a soulevé à maintes reprises des préoccupations auprès du chef de la direction d’Alcoa au sujet des tentatives de la direction de s’opposer aux tentatives des travailleurs d’Alcoa en Virginie, aux États-Unis, de devenir membres du Syndicat des métallurgistes unis, affilié d’IndustriALL. Les syndicats du réseau ont également soutenu ces travailleuses et travailleurs lors de journées mondiales d’action. En juin 2015, la campagne de syndicalisation a été couronnée de succès lorsque les travailleuses et travailleurs ont voté en faveur de l’adhésion au Syndicat des métallurgistes unis.

IndustriALL fait de la sensibilisation auprès des entreprises et des pays et, si nécessaire, coordonne des campagnes contre eux pour soutenir la syndicalisation. Les affiliés notifient fréquemment à IndustriALL les entreprises et les pays qui commettent des violations aux droits de syndicalisation. La réponse commence généralement par une lettre adressée à la direction de l’entreprise ou à un fonctionnaire responsable exigeant que les droits syndicaux des travailleuses et travailleurs soient respectés.

Si les abus se poursuivent, des tactiques sont utilisées pour faire pression sur les entreprises et les pays afin qu’ils respectent les droits syndicaux des travailleuses et travailleurs. Il peut s’agir de mobiliser un appui solidaire d’autres syndicats ou du comité d’entreprise européen de l’entreprise, de communiquer avec les clients de l’entreprise, de présenter des pétitions en ligne, de protester lors des assemblées annuelles de l’entreprise, de déposer des plaintes auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’OCDE.

Les cols blancs ont besoin de ce genre de soutien, comme tous les travailleurs et travailleuses. Dans le passé, certains ont pu croire que les cols blancs avaient de bonnes conditions de travail et de salaire sans avoir besoin d’une représentation syndicale, ou qu’ils devaient être automatiquement considérés comme faisant partie de l’équipe de direction. Cela n’a jamais vraiment été exact, mais aujourd’hui, il est douloureusement évident que les cols blancs subissent des violations de leurs droits, des pressions à la production, des relations de travail précaires, des attaques contre leurs salaires et avantages sociaux, et des risques pour la santé et la sécurité au travail autant que les autres travailleuses et travailleurs.

Avec l’appui des projets de syndicalisation d’IndustriALL, des syndicats du monde entier ont recruté des centaines de milliers de nouveaux membres.

IndustriALL a soutenu des initiatives de syndicalisation par le biais de campagnes menées auprès de certaines des plus grandes sociétés mondiales, notamment LafargeHolcim, Rio Tinto, Gerdau, Tenaris et Caterpillar.

IndustriALL travaille avec ses affiliés pour négocier et mettre en œuvre des accords-cadres mondiaux (ACM) avec des sociétés multinationales. Ces accords mettent en place des normes élevées en matière de droits syndicaux, y compris des droits de syndicalisation, créant ainsi des opportunités pour les syndicats de faire du recrutement dans l’ensemble des activités mondiales d’une entreprise et de ses fournisseurs. IndustriALL a actuellement signé plus de 50 ACM.

Parmi les exemples d’ACM conclus par IndustriALL, et que les syndicats ont utilisés pour remporter des victoires de syndicalisation, figurent les accords avec BMW et Daimler en Inde, Bosch en Malaisie et Solvay aux États-Unis.

IndustriALL noue des relations avec de nombreux fabricants de marques et détaillants, principalement dans le secteur du textile et du vêtement. Les ACM avec les fabricants de marques sont utilisées pour promouvoir les droits de syndicalisation des travailleuses et travailleurs dans les usines d’où proviennent les produits de marque. Ces relations augmentent la probabilité que les propriétaires d’usines ne s’opposent pas aux campagnes de syndicalisation et, s’ils s’y opposent, il est possible de demander aux fabricants de marques d’intervenir.

IndustriALL est un membre fondateur de l’initiative ACT (Action, Collaboration, Transformation) entre les marques internationales et les détaillants, les fabricants et les syndicats. L’ACT s’attaque à la question des salaires décents dans la chaîne d’approvisionnement du secteur du textile et du vêtement. IndustriALL utilisera l’ACT pour encourager le recrutement dans le secteur.

Principes clés du recrutement

IndustriALL promeut des principes clés auprès de ses affiliés afin de favoriser le succès des campagnes de recrutement.

1. Bâtir des structures solides

L’établissement de structures syndicales solides commence sur le lieu de travail. Il peut s’agir de mettre sur pied un comité responsable du recrutement, une structure de déléguées et délégués syndicaux, un comité des femmes, un comité de santé et de sécurité, un réseau de communicateurs et de militants en milieu de travail, ou de toute autre structure syndicale nécessaire. Ces structures offrent aux travailleuses et travailleurs la possibilité de participer activement aux activités syndicales et de renforcer la solidarité, avant même que le syndicat ne soit finalement et formellement organisé ou accrédité, et elles sont essentielles pour recruter et retenir les membres.

De solides structures syndicales sont également nécessaires à l’extérieur du milieu de travail pour mener des activités efficaces de recrutement. Les syndicats individuels sur le lieu de travail qui ne font pas partie de structures syndicales plus larges sont faibles dans une économie mondiale. Les fédérations de syndicats sont plus fortes, et les centrales syndicales peuvent l’être davantage, car elles permettent aux syndicats de mieux mobiliser les ressources nécessaires pour mettre en œuvre des programmes de syndicalisation importants et efficaces.

Le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) a longtemps été une fédération de syndicats d’entreprise. La grande majorité des ressources des syndicats se limitait au niveau de l’entreprise. Les dirigeants du syndicat ont ensuite consulté les membres et obtenu leur appui pour se transformer en syndicat national. Cela a permis au KMWU de transférer des ressources vers des stratégies de recrutement régionales et nationales. En conséquence, le syndicat a pu remporter des victoires de syndicalisation dans des entreprises géantes antisyndicales, dont Samsung, et a syndiqué des milliers de travailleuses et travailleurs précaires.

Lorsque plusieurs syndicats d’un même secteur existent dans un pays, ils peuvent souvent accroître leur pouvoir en fusionnant en un syndicat sectoriel. Dans certains cas, on a réussi à bâtir des syndicats forts dotés d’un vaste pouvoir de syndicalisation en regroupant plusieurs secteurs.

Les affiliés d’IndustriALL comme Unite au Royaume-Uni et Unifor au Canada sont le résultat de multiples fusions. Représentant les travailleuses et travailleurs de nombreux secteurs, Unite et Unifor ont la capacité de mener de solides campagnes nationales de syndicalisation et de recruter des milliers de nouveaux membres chaque année.

Dans de nombreux pays où IndustriALL a plusieurs affiliés, ils se réunissent pour former un conseil national. Ces conseils offrent aux affiliés une plate-forme pour se rencontrer, discuter de questions d’intérêt national et planifier des actions conjointes. De nombreux conseils nationaux décident quels secteurs sont des cibles prioritaires sur le plan de la syndicalisation et quels projets de recrutement devraient être développés.

Les affiliés d’IndustriALL en Argentine, au Botswana, au Cameroun, au Chili, au Chili, en Colombie, au Ghana, en Inde, en Indonésie, au Mozambique, aux Philippines, à Singapour, au Sri Lanka, en Thaïlande, en Uruguay et en Zambie, par exemple, renforcent leur unité et leur capacité de recrutement par le biais de conseils nationaux.

2. Être démocratique et transparent

Les travailleuses et travailleurs sont plus susceptibles de se syndiquer et d’être des membres actifs si le syndicat a des règles claires et des structures inclusives, tient des assemblées et des élections régulièrement, et s’il fonctionne de manière démocratique. Les syndicats peuvent accroître la transparence et le succès des initiatives de recrutement en communiquant régulièrement avec les travailleuses et travailleurs au sujet des activités du syndicat.

Le syndicat des Travailleurs unis des mines, métallurgies, énergie, chimie et industries connexes (TUMEC) a provoqué tout un changement au Congo (RDC), en devenant un grand syndicat au service des travailleuses et travailleurs alors qu’il n’y avait avant que de petits syndicats inactifs. Il offre un programme de formation à ses membres, y compris de nombreux ateliers avec des dirigeants et des militants syndicaux. Ils partagent ensuite ce qu’ils apprennent lors de réunions régulières avec les membres. Les sujets abordés portent sur des questions clés comme la santé et la sécurité, la représentation efficace des membres et les raisons pour lesquelles le recrutement de membres est important pour bâtir un syndicat fort. Le TUMEC a recruté des milliers de membres au cours des deux dernières années.

3. Favoriser l’inclusion

L’unité est un principe fondamental des syndicats. Les travailleuses et travailleurs sont forts quand ils sont unis. Or, la plupart des syndicats ont toujours ignoré ou marginalisé de larges segments de la main-d’œuvre. On pense entre autres aux cols blancs ou aux travailleurs non manuels, aux femmes, aux travailleuses et travailleurs précaires, aux jeunes et aux migrants.

La composition de la main-d’œuvre a changé, mais tous les syndicats ne se sont pas adaptés à ce changement. Les syndicats doivent adopter des stratégies actives pour inclure et recruter ces groupes émergents et marginalisés. Ces efforts nécessitent souvent de modifier les structures existantes ou d’en créer de nouvelles.

Pour que les initiatives de syndicalisation des cols blancs soient efficaces, les syndicats doivent être crédibles et pertinents pour ces travailleuses et travailleurs. Aujourd’hui, les cols blancs regroupent de nombreuses femmes, des travailleuses et travailleurs précaires, des jeunes et des migrants. Par conséquent, les syndicats doivent également être pertinents pour ces groupes et les inclure dans toutes les structures syndicales, comme les postes de direction, le personnel, les comités et les structures de déléguées et délégués.

Les syndicats doivent également se concentrer sur les questions qui sont importantes pour ces groupes marginalisés. Lorsque les membres de ces groupes sont inclus dans toutes les structures et les programmes syndicaux, les syndicats peuvent davantage répondre à leurs préoccupations.

Parfois, les syndicats doivent modifier leurs statuts pour éliminer les obstacles à l’adhésion des travailleuses et travailleurs précaires. En Allemagne, les syndicats ont créé des associations de négociation pour les travailleurs intérimaires afin de recruter ces travailleurs et d’assurer une égalité de traitement dans les conventions collectives. Grâce à une forte volonté d’améliorer leur condition, IG Metall a recruté 38 000 nouveaux membres en 2012 parmi le personnel temporaire.

Les statuts de la Confédération du travail industriel de Thaïlande (CILT) stipulent qu’au moins un tiers de l’exécutif de la confédération doit être féminin. Les réunions mensuelles du syndicat TEAM, affilié au CILT, prévoient toujours une discussion sur les questions relatives aux femmes à l’ordre du jour.

4. Coopérer et coordonner

Les travailleuses et travailleurs et les syndicats sont plus forts lorsqu’ils travaillent ensemble de manière solidaire. Les syndicats peuvent recruter plus efficacement lorsqu’ils coopèrent entre eux, coordonnent et soutiennent mutuellement leurs efforts de syndicalisation.

Les affiliés d’IndustriALL en Ouganda ont formé un conseil national et signé un protocole d’accord s’engageant à coopérer et à coordonner leurs efforts, y compris dans leur travail de recrutement.

Les syndicats peuvent également accroître leur succès en matière de syndicalisation en travaillant en collaboration avec l’ensemble de la collectivité. Montrer comment le succès du recrutement syndical profite à l’ensemble de la collectivité, et offrir un soutien solidaire direct augmente l’appui de la collectivité.

Les Travailleurs unis de l’automobile (TUA), un syndicat américain affilié, ont beaucoup travaillé dans le sud des États-Unis avec la communauté des droits civiques, qui lutte pour les droits des Noirs et des autres minorités ethniques. Un grand nombre de travailleuses et travailleurs de l’industrie de l’automobile que les TUA recrutent dans le sud des États-Unis sont noirs. Des groupes de défense des droits civils organisent régulièrement des actions pour soutenir les campagnes de recrutement des TUA dans ce pays.

Pour syndiquer des groupes de cols blancs, il est particulièrement important de leur tendre la main et d’être visible au sein de leur communauté. Par exemple, essayez d’établir des liens avec des mouvements sociaux et environnementaux qui correspondent aux espoirs et aux rêves des cols blancs – qui ont tendance à être plus jeunes, plus instruits et plus diversifiés que ne l’ont été les travailleuses et travailleurs dans le passé. Les heures de travail et les taux de rémunération continuent d’être des questions centrales, mais elles ne sont pas les seules. Les travailleuses et travailleurs d’aujourd’hui ont tendance à se préoccuper de questions telles que l’environnement, les droits de la personne, les questions de genre et l’égalité. Ils veulent que leur syndicat se préoccupe également de ces questions.

5. Ne pas se faire concurrence

Plusieurs syndicats représentant des travailleuses et travailleurs d’un même secteur ne devraient pas se faire concurrence pour recruter les mêmes travailleuses et travailleurs en même temps sur un lieu de travail. Cela gaspille des ressources limitées et ne fait qu’accroître la rivalité et les conflits entre les syndicats. Cette désunion peut également nuire à la crédibilité des syndicats en général. Les syndicats devraient s’entendre pour ne pas se faire concurrence de cette façon. Dans presque tous les pays, il ne manque pas de travailleurs et de lieux de travail à cibler pour le recrutement.

Le syndicat des mineurs Ghana Mine Workers’ Union, le Ghana Transport, Petroleum and Chemicals Workers Union, et le Ghana Industrial and Commercial Workers Union ont formé un conseil national et discutent des moyens de limiter la concurrence entre eux dans le cadre de leurs activités de recrutement. Ils travaillent actuellement à l’élaboration d’un protocole d’entente visant à officialiser une entente de non-concurrence.

En Inde, les syndicats sont historiquement divisés selon des lignes politiques et des centres nationaux différents, avec la capacité de représenter les mêmes travailleuses et travailleurs. Les syndicats du secteur sidérurgique indien se livrent depuis longtemps concurrence, mais ne réussissent guère à recruter dans le secteur privé. La Fédération indienne des travailleurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’ingénierie et la Fédération nationale indienne des métallurgistes ont conclu un accord de non-concurrence. Les syndicats ont depuis syndiqué des milliers de travailleurs de l’industrie sidérurgique du secteur privé indien et l’accord a maintenant été étendu aux syndicats des secteurs de l’énergie et des mines.

6. Devenir autonomes

IndustriALL soutient des projets qui aident les syndicats du monde entier à améliorer et à accroître leurs initiatives de syndicalisation. Cependant, il est essentiel que les syndicats qui dépendent du soutien d’IndustriALL deviennent autonomes. La croissance de l’effectif est souvent cruciale pour cette transition, mais elle ne suffit pas à elle seule.

Pour devenir autonomes, les syndicats doivent élaborer et maintenir un programme efficace de prélèvement des cotisations, établir un montant de cotisations suffisant aussi pour assurer le fonctionnement du syndicat aux niveaux local, régional et national, et développer un solide plan de recrutement. Cet objectif peut aussi exiger de hausser les cotisations des membres ou de diminuer les cotisations pour certains travailleurs et travailleuses afin de leur permettre d’adhérer au syndicat. Parfois, les syndicats sont si petits que leur autonomie financière ne peut être assurée qu’en fusionnant avec d’autres syndicats.

Les syndicats participant au projet de syndicalisation dans les secteurs de l’acier, de l’énergie et des mines en Inde ont convenu que les syndicats qui accroîtront le nombre de leurs membres grâce à ce projet augmenteront leur adhésion financière à IndustriALL. Les syndicats s’engagent également à assurer le financement et le fonctionnement des nouveaux bureaux de projet mis en place dans les États où le projet de syndicalisation est mis en œuvre.

Les affiliés d’IndustriALL au Brésil, en Corée du Sud et en Afrique du Sud ont réussi à ne plus dépendre du soutien international; ils sont devenus autonomes et réussissent même à soutenir d’autres syndicats à l’étranger – une transition idéale pour renforcer le pouvoir syndical au niveau mondial.

Se préparer à recruter

Qu’il s’agisse de mettre sur pied un nouveau syndicat dans un lieu de travail, de recruter plus de membres dans un lieu de travail où il existe déjà un syndicat ou d’accroître la solidarité et l’activisme des membres, il est important de se préparer.

Cibler

Un certain nombre de facteurs doivent être pris en compte pour cibler les travailleurs et travailleuses cibler à recruter. Les syndicats devraient donner la priorité aux objectifs de syndicalisation qui:

Les syndicats devraient choisir des objectifs de syndicalisation dans le but d’atteindre une plus grande densité. La densité fait référence au pourcentage de la main-d’œuvre qui est syndiquée. Plus la densité est élevée, plus les travailleurs et les syndicats ont du pouvoir. Dans de nombreux pays, si un certain pourcentage des travailleurs d’un lieu de travail est syndiqué, l’employeur doit reconnaître le syndicat et négocier avec lui. Dans d’autres pays, l’employeur ne négocie avec le syndicat que si celui-ci a le pouvoir d’avoir un impact économique sur l’entreprise. Souvent, ce pouvoir repose sur une densité syndicale élevée et un grand nombre de membres actifs.

Augmenter la densité de l’effectif ne se limite pas à syndiquer une grande partie des employés réguliers à temps plein d’un lieu de travail. Il s’agit de syndiquer un grand pourcentage de tous les travailleurs et travailleuses, y compris ceux qui sont précaires.

Si un syndicat fait du recrutement dans une douzaine de lieux de travail et ne recrute que quelques membres dans chacun d’eux, il n’augmentera pas son pouvoir. Si le syndicat cible plutôt des lieux de travail moins nombreux, mais stratégiques et atteint un taux de syndicalisation élevé, il peut réaliser des gains réels pour les travailleuses et travailleurs.

Être réaliste et donner la priorité à des objectifs atteignables ne consiste pas à cibler uniquement les travailleuses et travailleurs permanents. Les affiliés d’IndustriALL dans le monde entier ont réussi à syndiquer des travailleuses et travailleurs précaires, une réalité devenue nécessaire, car ils représentent une part importante et croissante de la main-d’œuvre.

Un grand nombre de cols blancs d’aujourd’hui travaillent dans le cadre de structures de travail alternatives. Il peut s’agir de travailleuses et travailleurs de plate-forme, classés à tort comme entrepreneurs indépendants ou pigistes. La syndicalisation traditionnelle vise à recruter un nombre suffisant de membres pour obtenir l’accréditation à titre d’agent négociateur collectif légitime ou légal dans un ou plusieurs lieux de travail.

Parfois, des syndicats non accrédités représentant une minorité de travailleurs dans un lieu de travail, ou des travailleurs semblables répartis dans de nombreux lieux de travail, se sont révélés efficaces et ont pu réaliser des gains importants. Prenez en considération les caractéristiques de la main-d’œuvre : quel pourcentage serait nécessaire pour avoir un impact? Peut-on atteindre un taux de syndicalisation critique pour ces travailleuses et travailleurs?

Cartographier

Avant de décider quels lieux de travail cibler pour le recrutement, il est important de cartographier le secteur et la région dans lesquels le recrutement aura lieu. Il s’agit notamment d’identifier les lieux de travail, le nombre de travailleuses et travailleurs, la répartition par sexe de la main-d’œuvre, les autres syndicats présents, les principaux clients et d’autres informations pertinentes sur les entreprises qui sont propriétaires des lieux de travail ou qui y sous-traitent des services.

Certains lieux de travail ont des liens internationaux qui peuvent augmenter les chances de succès d’une campagne de recrutement.

Les syndicats devraient chercher des réponses aux questions suivantes avant de décider de la cible de recrutement et de lancer une campagne de recrutement.

La cible potentielle de recrutement a-t-elle:

L’accord du Bangladesh, initié par IndustriALL Global Union à la suite de la catastrophe du Rana Plaza en 2013, est un exemple de l’utilisation des marques de commerce pour faire pression sur les employeurs dans leur chaîne d’approvisionnement.

Les initiatives de syndicalisation gagnent à s’appuyer sur une recherche stratégique entourant les entreprises. Cette recherche analyse les entreprises et identifie les moyens de faire pression sur elles pour qu’elles acquiescent aux revendications des travailleuses et travailleurs. Contactez IndustriALL Global Union pour obtenir plus d’informations sur la façon de mener ce type de recherche.

Si la cible potentielle du recrutement dispose de l’un de ces liens, IndustriALL peut vous aider à en tirer profit. Il peut s’agir de mettre le syndicat recruteur en contact avec d’autres syndicats à la cible potentielle du recrutement, ou de sensibiliser la marque ou l’entreprise avec l’ACM.

Élaborer un plan

Une fois qu’un syndicat a cartographié une région et choisi une ou plusieurs cibles de recrutement, il doit élaborer le plan de la campagne de recrutement. Ce plan devrait identifier ce qui doit être fait, qui est responsable de quoi, et quand les initiatives doivent être lancées. Il devrait également identifier les ressources nécessaires à la mise en œuvre du plan.

La participation d’un grand nombre de travailleuses et travailleurs à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan de syndicalisation devrait être encouragée, car elle renforce la solidité du plan. Le fait de répartir le travail entre un plus grand nombre de personnes permet également de s’assurer que personne n’est surchargé.

Le plan de recrutement devrait inclure des repères ou des objectifs à atteindre à une date précise. Il s’agit par exemple du nombre de travailleurs à avoir comme soutiens à une certaine date, du nombre de travailleurs dont on a recueilli les coordonnées à une certaine date, etc. Des repères clairs aident à déterminer si la campagne de recrutement est sur la bonne voie ou si des ajustements doivent être faits.

Les plans de recrutement doivent être souples afin de pouvoir être adaptés aux situations imprévues. Le syndicat ou le comité de recrutement devrait examiner périodiquement le plan et l’adapter au besoin.

Éléments d’un plan de recrutement

L’identification des leaders parmi les travailleuses et travailleurs et la mise sur pied d’un comité de recrutement sont étroitement liées. Il est essentiel d’identifier qui – parmi le groupe de travailleurs que vous espérez syndiquer – a le potentiel et la motivation pour mener une campagne de syndicalisation. Constituez un comité de recrutement interne autour de ces leaders.

Une campagne de recrutement a peu de chance d’aboutir si elle est dirigée par des personnes de l’extérieur. Grâce à l’établissement d’un comité de recrutement central engagé au sein du milieu de travail, le syndicat peut, par l’entremise de ce comité, sensibiliser les autres travailleuses et travailleurs au sujet de l’action collective et de la solidarité.

Dresser une liste des travailleuses et travailleurs

Identifiez les travailleuses et travailleurs ou le groupe de travailleuses et travailleurs que vous ciblez. Dans la mesure du possible, essayez d’obtenir une liste de contacts. Si aucune n’existe, créez-en une au fur et à mesure que vous contactez des personnes – et rien ne remplace l’importance des contacts personnels. Les médias sociaux sont importants, en particulier pour les cols blancs, mais les syndicats ne sont pas organisés autour des médias sociaux. Sachez que, quel que soit le soin avec lequel vous identifiez votre groupe cible, l’employeur s’y opposera.

Les campagnes de syndicalisation sont souvent remportées grâce à l’attention portée sur des enjeux d’actualité. Le succès d’une campagne de syndicalisation des cols blancs commence par identifier des problèmes autour desquels les travailleuses et travailleurs vont se mobiliser. Quels sont les objectifs des cols blancs ou des travailleuses et travailleurs non manuels? Les cols blancs perçoivent-ils les questions comme la mobilité, le congé parental, l’éducation, le logement ou la santé différemment des cols bleus syndiqués, ou peut-être seulement avec des niveaux de priorité différents? Comment le syndicat peut-il les aider à atteindre leurs objectifs?

Montrez la pertinence du syndicat pour les travailleuses et travailleurs: comprenez leurs enjeux, leurs problèmes, leurs espoirs et leurs rêves; et soyez prêt à expliquer comment le syndicat peut les aider à résoudre leurs problèmes ou à atteindre leurs objectifs. Bien que le syndicat ne puisse pas résoudre tous les problèmes ou atteindre tous les objectifs, la principale différence entre un travailleur syndiqué et un travailleur non syndiqué est que le syndicat s’assure que les travailleurs ont une voix qui sera entendue par l’employeur, et que les divisions et la concurrence entre les travailleurs ne seront pas utilisées pour faire taire cette voix.

Les travailleuses et travailleurs doivent croire que le syndicat les représente vraiment et qu’il parle en leur nom. Si une question importante se présente, qu’il s’agisse ou non de conditions de travail en particulier, soyez prêt à l’affronter. Les employeurs dont nous voulons syndiquer les travailleurs mettent souvent eux-mêmes des outils entre nos mains, en faisant quelque chose qui irrite leurs employés.

Programme d’éducation

Enseignez la solidarité par l’exemple. Le syndicat gagne en crédibilité de cette façon. Les employeurs tentent souvent de diviser les travailleuses et travailleurs par atelier, par description d’emploi (y compris les cols bleus et les cols blancs), par classe, par race et par religion. Leur but est d’affaiblir les tentatives de syndicalisation. Adoptez le vieux slogan, « une attaque contre un est une attaque contre tous ». Le soutien visible du syndicat à un travailleur ou à des travailleurs dans le besoin est, en soi, un programme d’éducation à la solidarité fort percutant.

Communications

Pour syndiquer les cols blancs, les communications doivent être efficaces, ce qui signifie que votre groupe cible a tout intérêt à recevoir régulièrement des informations sur les activités syndicales, en particulier sur les succès remportés. Engagez vos membres potentiels dans la lutte: par exemple, faites-les signer les pétitions d’IndustriALL et tenez-les au courant des actions syndicales par un bulletin électronique. Cependant, ne promettez jamais de choses qui ne peuvent être réalisées. Gardez votre crédibilité, car c’est la seule chose que vous avez en réalité. Pensez toujours à toute action ou déclaration planifiée en termes de la façon dont elle affectera votre crédibilité et celle du syndicat, et rejetez-la si le préjudice causé à votre crédibilité est trop important. La plus grande promesse qu’un syndicat puisse faire, c’est que les travailleuses et les travailleurs auront leur mot à dire.

Faire participer les gens aux étapes de la planification accroît leur engagement et se traduit par des effectifs plus actifs et mieux organisés.

Les affiliés d’IndustriALL à travers le monde relèvent le défi et proposent des solutions innovantes en matière de syndicalisation dans de multiples environnements.

Le Syndicat des travailleurs japonais de l’automobile (JAW), confronté à une main-d’œuvre de moins en moins nombreuse et de moins en moins régulière, a élaboré un plan de syndicalisation pluriannuel ciblant à la fois les employés réguliers et précaires.

La Fédération industrielle des travailleurs du textile, du cuir et du vêtement (IFTLGWTU) en Éthiopie, qui dispose de peu de ressources financières par rapport aux entreprises opérant dans son secteur, tire parti de la relation d’IndustriALL avec la marque allemande de vêtements Tchibo afin d’avoir accès aux travailleuses et travailleurs d’usine pour mener une activité de recrutement syndical.

La Coalition des salariés de l’industrie de l’électronique (EIEU) en Malaisie a réagi à la hausse du nombre de travailleuses et travailleurs migrants en menant des campagnes de syndicalisation qui leur sont spécialement destinées. Elle aide les travailleuses et travailleurs migrants à résoudre les problèmes auxquels ils sont souvent confrontés, comme le sous-paiement des salaires, et fournit des services juridiques spéciaux pour les informer de leurs droits.

Philippines : PEPMACO doit mettre fin à sa politique antisyndicale

Les syndicalistes sont confrontés à une répression croissante aux Philippines. Les dix affiliés d’IndustriALL aux Philippines ont exprimé leur solidarité avec les luttes des travailleurs et travailleuses de PEPMACO, qui s’opposent à des licenciements et résistent au harcèlement d’hommes de main ainsi que de la police.

Ces travailleurs et travailleuses de PEPMACO remettent en cause leur statut de temporaires sur le long terme. Leur inquiétude augmente également de plus en plus par rapport à leur santé et leur sécurité alors que l’employeur les force à manipuler des produits chimiques inconnus qui provoquent des affections cutanées.

Lorsque PEPMACO a renvoyé 36 temporaires en janvier de cette année et planifié le licenciement de 200 autres, ceux-ci se sont organisés syndicalement et ont fait enregistrer le Syndicat des travailleurs de PEPMACO le 29 janvier.

“L’employeur a réagit en licenciant des dirigeants syndicaux clé ; 148 autres travailleurs et travailleuses ont été mis dehors après avoir refusé de prester des heures supplémentaires,”

indique Julius Carandang, de l’affilié d’IndustriALL Alliance des métallurgistes des Philippines (MWAP).

La MWAP syndique des travailleurs et travailleuses de PEPMACO depuis 2018.

Les travailleurs et travailleuses, frustrés, sont partis en grève et se sont installés devant PEPMACO le 24 juin. Au cours de la nuit, des hommes de main, sans doute recrutés par PEPMACO, s’en sont pris violemment aux grévistes : douze d’entre eux ont dû se rendre à l’hôpital pour y faire soigner leurs blessures.

Nullement découragés par ces violentes intimidations, les travailleurs persistent et maintiennent un piquet de grève devant l’entreprise.

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Non seulement les autorités ont failli à protéger le droit de se syndiquer, mais elles ont à maintes reprises envoyé la police pour démanteler les barricades installées par les grévistes. Les travailleurs et travailleuses de PEPMACO veulent le respect de la liberté syndicale, telle que consacrée par la constitution et les législations du travail. La MWAP exige que l’ensemble des travailleurs et travailleuses soient réintégrés en tant que salariés permanents et reçoivent des arriérés de salaires,” indique Julius Carandang.

“Les affections cutanées sont en fait très graves et l’entreprise doit prendre des mesures immédiates pour protéger la sécurité de tous les salariés de l’usine. Le Département du travail et de l’emploi doit mener une inspection exhaustive des produits chimiques non-identifiés utilisés au sein du processus de fabrication,”

martèle Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL auprès du bureau pour l’Asie du Sud-est

La précarisation des contrats d’emploi est un problème aux Philippines, où l’employeur a actuellement toute latitude pour exploiter les travailleurs. Les affiliés d’IndustriALL aux Philippines font pression pour l’adoption d’un projet de loi pour mettre fin à ce phénomène et garantir les droits des travailleurs.

Un syndicat mongol demande la mise en œuvre de la Convention n° 176 de l’OIT

Le 28 octobre, quelque 140 participants représentant les syndicats, les associations d'employeurs, le gouvernement, la société civile et le monde académique se sont réunis pour examiner comment mettre en œuvre la convention n° 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines (C176), lors d'une conférence organisée par l'affilié à IndustriALL, la Fédération syndicale des travailleurs de l'énergie, de la géologie et des mines de Mongolie (MEGM). Le président de la MEGM, Buyanjargal Khuyag, a souligné l'importance de l’application de la C176 :

« Bien que la convention ait été ratifiée et soit en vigueur depuis novembre 2015, la santé et la sécurité des mineurs ne se sont pas suffisamment améliorées. Il est mal aisé de déterminer si les lois et les règlements mongols sont conformes à la convention, c'est pourquoi nous devons instaurer d’urgence un dialogue social. »

Dans une présentation vidéo, Glen Mpufane, directeur chargé du secteur minier à IndustriALL, a souligné l'importance d'une « approche fondée sur les droits » en matière de sécurité et de santé au travail, indiquant :

« Les travailleurs ont le droit de refuser un travail dangereux; le droit de recevoir des informations et une formation sur les dangers qu’ils encourent et sur la façon de travailler en toute sécurité; le droit de signaler et d’être informés sur les accidents et les événements dangereux; et le droit de choisir des représentants de la sécurité et de la santé qui participent aux inspections et aux enquêtes. »

Les participants ont fait observer que la répartition des rôles entre le ministère du Travail et le ministère des Industries lourdes et des Mines n'est pas claire lorsqu'il s'agit de procéder à des inspections en matière de santé et de sécurité dans les mines, mais aussi que les représentants des travailleurs ne sont pas assez actifs pour soulever les problèmes au sein du Comité de la santé et de la sécurité.

Il a été proposé d'améliorer la qualité des statistiques gouvernementales relatives aux accidents industriels, de dispenser des formations sur la santé et la sécurité au travail dans une optique syndicale, et de changer la culture du groupe de « profit d'abord » à « la vie d'abord ».

« Les partenaires sociaux doivent travailler ensemble pour s'assurer que le système d'inspection du travail est performant, et réviser les lois et les règlements nationaux conformément à la Convention 176 », a déclaré M. Buyanjargal Khuyag.

La MEGM a soumis des propositions de mesures au Gouvernement de Mongolie sur la base des conclusions de la conférence pour lesquelles elle est en attente d’une réponse.

Les travailleurs demandent à HeidelbergCement d’engager un véritable dialogue social

26 participants venus de 14 pays et représentant les travailleurs de HeidelbergCement à travers le monde se sont réunis à l'invitation d'IndustriALL Global Union et du syndicat Building and Wood Workers' International (BWI), au Centre de formation syndicale Steinbach, appartenant au syndicat allemand de la construction IG BAU. La réunion a été soutenue par la Fondation Friedrich Ebert.

Les délégués ont discuté de la situation générale au sein du groupe HeidelbergCement et du secteur de la production de ciment et de béton à travers le monde. L’industrie est confrontée à d'énormes surcapacités dans presque toutes les régions du globe, ce qui entraîne une concurrence intense. Les cimenteries travaillent beaucoup à la numérisation de leurs chaînes de production. HeidelbergCement développe et teste une grande variété d'outils numériques pour fournir des solutions sur mesure à ses clients.

Pour répondre au changement climatique, le groupe HeidelbergCement a publiquement promis de produire du béton carboneutre d'ici 2050. Sur le marché européen, les entreprises subissent une pression intense car le prix des certificats de CO2 qu'elles doivent acheter pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre devient de plus en plus cher.

Les syndicats indiquent que la santé et la sécurité demeurent un problème. 80 à 90% des décès touchent les travailleurs contractuels et les travailleurs tiers, démontrant clairement que ces travailleurs précaires ont besoin d'une meilleure protection de la part de l'entreprise. Les proportions de travailleuses (13 %) et de jeunes travailleurs (12 % de moins de 30 ans) sont faibles, et il faudrait que l'entreprise s’attaque de toute urgence à ce problème.

L’approche du groupe en matière des droits de l'homme et des travailleurs n'est pas satisfaisante voire parfois alarmante, comme au Kazakhstan. Les participants ont adopté une déclaration de solidarité avec les travailleurs de la cimenterie kazakhe Shymkentcement, détenue par HeidelbergCement. Par ailleurs, des litiges sont en cours en Egypte et au Maroc, et font actuellement l’objet de négociations avec les dirigeants de HeidelbergCement.

Les participants ont convenu à l'unanimité qu'une multinationale comme HeidelbergCement devrait mettre en adéquation sa présence mondiale et un dialogue institutionnalisé mondial avec IndustriALL et BWI, en collaboration avec le comité d'entreprise européen. Bien que le dialogue soit bon au niveau européen, ce n'est pas le cas dans d'autres pays.

Dans leur pétition ouverte à l’équipe dirigeante de l’entreprise au niveau mondial, les participants ont indiqué:

« Nous pensons qu'une entreprise comme HeidelbergCement, présente dans 60 pays à travers le monde, doit dépasser les frontières européennes et étendre le modèle européen du dialogue social à l'échelle mondiale. »

Les participants ont demandé à la direction de HeidelbergCement de contacter les fédérations syndicales mondiales pour organiser une réunion où les préoccupations pourraient être abordées dans un esprit de bonnes pratiques et de dialogue social.

Alexander Ivanou, responsable pour les questions concernant l'industrie des matériaux à IndustriALL, a déclaré :

« Cette réunion a été le lieu de nombreuses discussions ouvertes. Je regrette qu’aucun membre de l’équipe dirigeante de l’entreprise au niveau mondial n'ait assisté à cette conférence. Cela aurait été une occasion unique pour eux de s'adresser directement aux délégués de leurs travailleurs partout dans le monde. Notre porte reste ouverte. D’ailleurs, dans notre déclaration commune, nous invitons HeidelbergCement à entamer un véritable dialogue. »