Blog de la COP25, journée du 2 décembre 2019

Il est difficile de saisir l’atmosphère d'une conférence comme celle-ci le premier jour.

Les formalités ordinaires ont été observées, et les déclarations solennelles sur l'urgence de s’attaquer à ce qu’on appelle de plus en plus une crise ou une urgence climatique, plutôt que simplement un changement climatique, ont été faites. Le mouvement de la jeunesse, dirigé par Greta Thunberg, a eu un impact. Aucun de ceux qui ont accordé une quelconque attention à la science ne doute que le monde soit effectivement confronté à une crise.

La COP25 devait se tenir à Santiago du Chili jusqu'à ce que le Président Piñera décide, à la dernière minute, que les troubles à Santiago ne lui permettaient plus de garantir la sécurité des délégués ; comme si les manifestants chiliens étaient violents à l’inverse de la police qui a déjà tué 24 personnes et en a blessé plus de 2 200. La situation au Chili qui a conduit à ce changement ne doit pas être ignorée: l'instabilité politique est un symptôme de l'inégalité et de l'agitation qui se font sentir de façon générale dans le monde entier. Elle-même aggravée par les changements climatiques, l’inégalité devrait compliquer tous les efforts de lutte contre la crise climatique. Néanmoins, grâce à l’intervention de l’Espagne, la COP se tient aux dates initialement prévues. C’est un exploit étant donné le peu de temps à sa disposition pour organiser un événement d’une telle ampleur, et nous devrions la féliciter pour avoir réussi à le faire.

La nécessité d'une Transition juste a été mentionnée dans les remarques de Carolina Schmidt, ministre de l'Environnement du Chili. Toutefois, une grande partie de la première journée a été consacrée aux questions procédurales.

La question non résolue des "mesures de coopération", figurant à l'article 6 de l'Accord de Paris, sera un sujet relativement important. L'article traite de l'utilisation de la coopération volontaire et implique l'échange de droits d'émission de carbone. De toute évidence, pour qu'un système mondial d'échange de quotas d'émission fonctionne, les règles doivent être claires et une transparence totale doit être respectée.

Les délégués syndicaux ont commencé à arriver. Cependant, en raison des restrictions sur le temps d’enregistrement appliquées, nous serons présents en plus grand nombre demain.

Il est intéressant d’observer la façon dont les références à la Transition juste sont désormais intégrées jusque dans les documents de relations publiques des Parties à la COP (voir photo jointe). C'est à la fois un compliment et un défi. Bien sûr, je me félicite que la Juste transition fasse désormais partie de la discussion générale à cette conférence. C’est le fruit des nombreuses années de travail effectuées par le mouvement syndical. Néanmoins, le danger est que l'expression soit récupérée et redéfinie par d'autres en fonction de leurs priorités. Nous devons veiller à ce que le message de la Transition juste reste clair.

IndustriALL revendique une action climatique assortie d’une Transition juste

Qu’est-ce qu’IndustriALL Global Union en espère comme résultat ?

La COP21, qui s’est tenue à Paris en 2015, a abouti à l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Le mécanisme par lequel le monde a accepté d’essayer de limiter le réchauffement de la planète à moins de 1,5 degré Celsius étaient les Contributions déterminées au niveau national (CDN). Les premières CDN ont été fixées en 2015 et doivent être réexaminés tous les cinq ans ; elles le seront donc à la COP26, qui se tiendra en 2020.

Les COP 22, 23 et 24 peuvent être considérées comme les conférences au cours desquelles de nombreuses règles détaillées de mise en œuvre de l’Accord de Paris ont été élaborées. L’année dernière, à Katowice, en Pologne, la COP24 était d’une importance particulière pour le mouvement syndical. Elle a abouti à l’adoption du Règlement de Katowice (Rule-book) et à l’adoption de la Déclaration de Silésie sur une Transition juste. La Transition juste figurait déjà dans l’Accord de Paris, mais la Déclaration de Silésie a constitué une étape très importante pour obtenir l’engagement de toutes les parties à prendre en compte l’impact des mesures relatives aux changements climatiques sur les travailleurs, leurs familles et les communautés et cultures qui en dépendent.

Il reste quelques règles de base à négocier, en particulier celles qui régissent un système mondial d’échange de droits d’émission, et des dispositions financières pour les pays les moins avancés du monde (en particulier) pour faire face à l’urgence climatique. Toutefois, la COP25 de cette année pourrait être considérée comme la conférence au cours de laquelle l’accent sera mis non plus sur la conception d’un cadre mais sur les moyens de sa mise en œuvre.

Il est important de noter que les données que les pays communiqueront l’année prochaine, par exemple, détermineront dans quelle mesure l’ambition des CDN devra être renforcée pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

Il ne fait aucun doute que l’ampleur actuelle des engagements au niveau des CDN est insuffisante. Par conséquent, les États membres se mettront d’accord sur un ensemble révisé et plus ambitieux de CDN en 2020 lors de la COP26. C’est pourquoi le mouvement syndical se concentre cette année à mettre la pression sur les parties pour qu’elles intègrent la notion de Transition juste dans leurs CDN révisées. Cela nous donnera beaucoup plus de pouvoir pour insister sur des mesures de Transition juste dans des discussions au niveau national. Dans le même ordre d’idées, il s’agira d’inciter les parties à adhérer à l’initiative “Climate Action for Jobs” (Agir pour l’emploi et le climat) annoncée lors du Sommet des Nations unies sur le climat qui s’est tenu en septembre de cette année.

Comme cela a été débattu lors de la récente réunion du Comité exécutif d’IndustriALL, il y a de nombreux signes positifs. La Transition juste est maintenant un sujet de discussion courant. L’OIT s’est engagée dans le débat sur le climat d’une manière plus efficace. Plusieurs bons exemples de programmes de Transition juste existent maintenant de par le monde.

Cependant, de grands défis attendent de nombreux affiliés d’IndustriALL. Il ne fait aucun doute qu’il y a une crise climatique, comme il ne fait aucun doute que des mesures correctives et d’adaptation sérieuses doivent être prises, et rapidement. Ce 28 novembre, le Parlement européen a fort justement déclaré une urgence climatique. Le rôle du mouvement syndical est de s’assurer que les travailleurs ne soient pas simplement poussés de côté dans ce processus.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

“Les sources d’énergie renouvelables deviennent moins chères et davantage concurrentielles, ce qui est une bonne chose. Cependant, nous assistons à une vague massive de fermetures de mines de charbon partout dans le monde, sans qu’il y ait de reconversion adéquate pour les entreprises, les emplois et les collectivités. Laissés au bon vouloir des soi-disant lois du marché, les travailleurs paient les solutions climatiques au prix de l’anéantissement de leurs emplois et leurs communautés.

Il faut qu’il y ait un avenir pour les gens, ainsi que pour la planète, un avenir optimiste, un avenir que les travailleurs voudront embrasser. C’est cela une Transition juste.”

Brian Kohler rendra compte de la COP25 à Madrid avec de brefs résumés des événements. Suivez-les ici.

Photo : Becker1999

Deilmann-Haniel licencie des travailleurs qui réclament l’application des mesures de sécurité en Biélorussie

En août 2019, les travailleurs ont écrit au ministère du Travail et de la Protection sociale pour déposer une plainte collective dans laquelle ils demandent la certification de leur lieu de travail en matière de sécurité. Bien que celle-ci ait eu lieu, l'employeur n'a pas respecté ses résultats. Quatre mois après le dépôt de la plainte, ce dernier a changé le nom de l'entreprise en Redpath Deilmann et commencé à conclure de nouveaux contrats avec les travailleurs, excepté avec la vingtaine d’employés signataires de la plainte qui ont reçu un avis de non-renouvellement de leurs contrats.

Selon l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat indépendant du Bélarus (BITU), les puits de mine à l'usine d’extraction et de transformation Nezhinsky sont forés pour le compte de la SARL « Slavkali » par la société allemande Deilmann-Haniel GmbH depuis 2017.

Le syndicat a également reçu des plaintes de travailleurs au sujet de la discrimination salariale appliquée au sein de l'entreprise. Ceux-ci indiquent qu’à mêmes qualifications professionnelles et même emploi, les travailleurs reçoivent un salaire différent selon leur nationalité : les ressortissants allemands sont les mieux payés, suivis par les Russes, tandis que les Biélorusses locaux reçoivent les plus bas salaires.

Lors de la réunion avec les responsables du BITU, l'employeur allemand a fait observer que l’unique préoccupation de l'entreprise était de mettre en service les installations dans les temps et que les autres problèmes n’avaient aucun intérêt. Maintenant qu’un tiers du travail a été réalisé, l'entreprise licencie des travailleurs hautement qualifiés qu’elle remplace par de nouveaux travailleurs, comme il ressort des offres d'emploi de Redpath Deilmann.

Maksim Pazniakou, président du BITU, a déclaré :

« Au nom de nos membres employés chez Redpath Deilmann, BITU demande que l'entreprise se conforme à la législation bélarussienne. Notre revendication la plus fondamentale et la plus urgente est la préservation des emplois des travailleurs biélorusses qui ont exercé leur droit légal en vigueur dans notre pays de réclamer justice sur leur lieu de travail, tout comme les travailleurs allemands le font dans la patrie de cet employeur allemand. »

Glen Mpufane, directeur en charge de la question des mines à IndustriALL, a déclaré : « C'est un mauvais exemple de violation des droits des travailleurs lorsque l'employeur essaie d'utiliser le régime de contrats à court terme en Biélorussie pour se débarrasser des travailleurs qui tentent de défendre leurs droits. Nous exhortons Deilmann-Haniel à cesser de persécuter les travailleurs dans ce pays et à appliquer toutes les exigences légales en vigueur en matière de sécurité dans leurs activités en Biélorussie, en concertation avec les représentants du BITU. »

Michael Wolters, du département international d’IG BCE, a indiqué : « C’est un comportement non social très inhabituel de la part d’une société minière allemande : mettre fin aux contrats des travailleurs parce qu'ils ont signé une plainte auprès des autorités de l'État à cause du refus de l'entreprise d'expliquer pourquoi elle ne suit pas les règles de sécurité au travail en Biélorussie. Je suis pratiquement certain que le comité d'entreprise ne sera pas heureux d'entendre parler de ce mauvais bilan qui n'est pas utile pour une entreprise qui dépend de contrats à l'étranger. »

L’Inde ratifie la Convention de Hong Kong

Le Bangladesh, la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Turquie sont les cinq plus importants pays au monde en matière de démolition de navires, représentant plus de 98 % du tonnage brut mondial.

Le 28 novembre, le plus important d’entre eux, l’Inde, a ratifié la Convention de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires de l’Organisation maritime internationale (OMI).

La Convention de Hong Kong n’entrera en vigueur que lorsque :

Avec la ratification de l’Inde, le nombre d’États requis a maintenant été atteint.

Environ 10 % du tonnage et 0,4 % des volumes de recyclage doivent être ajoutés avant que la Convention puisse entrer en vigueur.

IndustriALL a intensifié sa campagne pour l’assainissement du secteur de la démolition des navires, souvent qualifiée de métier le plus dangereux au monde, en faisant pression sur les grands États maritimes. Le secteur a la responsabilité de fournir des emplois sûrs, sains, propres et durables, et c’est ce que les travailleurs sont en droit d’en attendre.

Kan Matsuzaki, directeur d’IndustriALL pour la construction navale et la démolition des navires, indique :

“La convention de Hong Kong fixe un minimum et constitue un premier pas vers l’harmonisation des règles de concurrence en vue d’un avenir durable. L’Inde prend ses responsabilités ; il est temps maintenant pour la Chine, le Bangladesh et le Pakistan de ratifier la convention.”

V.V. Rane, qui occupe la vice-présidence du secteur de la construction navale et de la démolition des navires d’IndustriALL et dirige le plus grand syndicat de démolition des navires d’Inde, l’ASSRGWA, a déclaré :

“L’ASSRGWA a organisé syndicalement les travailleurs du plus grand chantier de recyclage de navires au monde à Alang. Avec cette ratification, les droits des travailleurs seront protégés et il y aura un espace pour le dialogue social. Le secteur visera également à être durable.

Nous félicitons le gouvernement indien d’avoir ratifié la Convention de Hong Kong.”

IndustriALL est solidaire du peuple iranien

Les manifestations ont commencé le 15 novembre, après que le gouvernement ait triplé le prix du carburant dans la nuit. Ce qui a commencé comme une protestation contre la situation économique s'est rapidement transformé en une série plus large de protestations contre la corruption et la mauvaise gestion du gouvernement.

Le gouvernement a réagi par une répression brutale, tirant sur les manifestants et les frappant. Beaucoup de jeunes figurent parmi les personnes tuées. Ils auraient été abattus par des tireurs embusqués. Les manifestants ont ensuite dressé des barrages routiers et élevé des barricades, incendié des banques, des bâtiments gouvernementaux et d'autres symboles du régime. Le Président Hassan Rouhani a accusé les États-Unis et d'autres éléments étrangers d'avoir organisé les manifestations.

Le régime iranien a coupé Internet du 16 au 27 novembre, rendant difficile l'accès à des informations exactes. En raison de l'arrêt d'Internet, IndustriALL n'a pas pu contacter son affilié iranien, le syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI). Internet a été rétabli mercredi de cette semaine.

IndustriALL exprime sa solidarité avec le peuple iranien en cette période sombre de répression et le soutient dans sa lutte pour la paix, les droits de l’homme, les droits démocratiques ainsi que la justice sociale et économique.

IndustriALL appelle le Gouvernement iranien à :

Grève au Chili pour appeler au changement social

Les plus de 200 syndicats et organisations sociales qui composent le mouvement Unité sociale ont organisé une grève générale dans tout le pays pour protester contre les politiques mises en place par le gouvernement de Sebastián Piñera. Ils disent que les solutions proposées par le gouvernement ne répondent pas à leurs revendications en vue d’un changement social.

Horacio Fuentes, Président d’Industrial Chile-Constramet, qui fait partie du mouvement Unité sociale, a déclaré :

“Le gouvernement n’a pas retiré son programme régressif et ses solutions ne vont pas assez loin. Ses propositions s’inscrivent dans le modèle néolibéral qui est à l’origine de cette crise au Chili. Nous pensons que nous devons rester dans la rue.”

Les manifestations au Chili durent depuis plus de six semaines. Les manifestants réclament des changements structurels dans l’économie et les politiques publiques afin de mettre un terme aux inégalités sociales généralisées. Les manifestants veulent également que la Constitution soit amendée pour garantir la justice sociale.

Bien que le gouvernement a donné suite aux appels en faveur d’une nouvelle Constitution, il n’a pas impliqué les dirigeants syndicaux dans ce processus : le mouvement syndical affirme que cet “Accord pour la paix sociale et une nouvelle Constitution” conclu le 15 novembre ne répond pas aux besoins réels du peuple chilien.

Les syndicats disent également qu’ils continueront à lutter contre l’impunité, sachant que des manifestants ont été violemment réprimés par les forces de sécurité de l’État.

Le Ministère chilien de la justice et des droits de l’homme a confirmé que le bilan des morts est passé à 24, tandis que l’Institut national des droits de l’homme a signalé que 7.259 personnes ont été arrêtées et 2.808 blessées.

Le secrétaire régional d’IndustriALL Global Union, Marino Vani, a déclaré :

“Nous appelons une fois de plus les autorités à respecter le droit des personnes à la liberté d’expression et de manifestation pacifique.

Nous exhortons le gouvernement chilien à travailler avec tous les secteurs de la société, y compris le mouvement syndical, pour modifier la Constitution afin de garantir la justice sociale et apporter des solutions aux problèmes, profondément enracinés, qui affectent la société chilienne.”

Des travailleurs précaires occupent une usine Honda en Inde

HMSI, l’un des plus importants constructeur de motos au monde, emploie environ 4.000 personnes dans son usine de Manesar. Environ 2 500 d’entre eux sont des travailleurs sous contrats précaires, dont la plupart travaillent pour l’entreprise depuis plus d’une dizaine d’années par l’intermédiaire de sous-traitants, sans être régularisés. Sous prétexte d’une baisse des ventes, l’entreprise a commencé à réduire ses effectifs cette année.

En août, environ 800 de ces travailleurs ont été licenciés. Le 4 novembre, 200 autres ont été mis en congé sans solde et informés qu’ils seraient réembauchés au bout de trois mois. Toutefois, en raison du volume des réductions d’effectifs, les travailleurs craignaient ne pas être rappelés du tout.

 

Le lendemain, la direction a refusé d’autoriser 400 travailleurs non-permanents à entrer dans l’usine, et ceux qui se trouvaient à l’intérieur ont déclenché une grève avec occupation. Plus tard, d’autres équipes se sont jointes à l’action, jusqu’à ce que plus de 1.000 travailleurs précaires occupent l’usine tandis qu’un grand nombre de travailleurs licenciés manifestaient à l’extérieur. Au bout de quelques jours, l’entreprise a arrêté toute production. Pendant quatorze jours, jusqu’au 18 novembre, les ouvriers ont occupé l’usine malgré de nombreux obstacles.

Les ouvriers n’ont pas mangé pendant plusieurs jours, car aucune nourriture n’était autorisée à entrer dans l’usine. De nombreux travailleurs sont tombés malades et ont été hospitalisés, l’accès à l’eau potable et aux toilettes étant limité. Les travailleurs aux abois ont été persuadés de quitter les locaux au motif que leurs problèmes seraient bientôt résolus.

 

Le syndicat des travailleurs permanents de HMSI a travaillé en solidarité et a représenté les travailleurs précaires lors des négociations. Entre-temps, l’entreprise a suspendu six travailleurs, dont le président et le secrétaire général du syndicat des travailleurs permanents.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, dans une lettre adressée au PDG de HMSI, a déclaré :

“Cette occupation pacifique de quatorze jours illustre le vif désir des travailleurs de protéger leur gagne-pain afin de subvenir aux besoins de leur famille. La plupart de ces jeunes travailleurs ont dévolu les plus belles années de leurs vies au bénéfice de HMSI.

“Nous appelons HMSI, en tant qu’employeur principal, à assumer la responsabilité d’assurer des conditions de travail équitables au sein de l’usine. Par conséquent, nous exhortons HMSI à respecter la primauté du droit dans l’esprit et la lettre et à régulariser les travailleurs qui sont occupés par l’entreprise depuis longtemps et à verser une compensation adéquate à ceux qui ont été licenciés récemment.”

La lettre appelle également la direction de HMSI à révoquer toutes les suspensions vindicatives des membres du syndicat HMSI, qui soutenaient les justes revendications des travailleurs non-permanents et à engager un véritable dialogue social avec le syndicat pour résoudre les questions en suspens.

Le 25 novembre, l’entreprise a repris la production et a appelé les travailleurs permanents à retourner au travail après avoir signé un engagement de bonne conduite. Tous les travailleurs non-permanents se sont joints aux travailleurs licenciés et continuent à manifester à l’extérieur de l’usine.

Allemagne: les travailleurs de l’industrie automobile réclament une Transition juste

Le groupement industriel des fournisseurs de véhicules et de pièces automobiles situé dans le Bade-Wurtemberg, qui compte environ 160 entreprises, est un centre majeur pour l'industrie. Environ 468 500 travailleurs sont employés dans l'ensemble du secteur.

De nombreuses entreprises ont annoncé des programmes d'austérité, des délocalisations, des suppressions d'emploi et des fermetures d'usines en raison des changements technologiques. L'une d’elle, Bosch, prévoit de supprimer 1 600 emplois sur deux sites. Les experts de l'industrie estiment qu'entre 30 000 et 45 000 emplois pourraient être perdus d'ici 2030.

Les entreprises sont représentées par une association régionale d'employeurs, qui négocie les salaires et les conditions d’emploi avec IG Metall, affilié à IndustriALL Global Union. Au moins une entreprise a quitté l'association et donc l'accord salarial.

Le syndicat prend la situation très au sérieux parce que la transformation du monde du travail due à Industrie 4.0 et le passage aux véhicules électriques ne font que commencer, mais aussi parce que les compressions de personnel ont créé un précédent alarmant. La situation en Allemagne s'inscrit dans une évolution plus large du secteur automobile au niveau mondial. La nécessité d’investir dans les nouvelles technologies et, parfois, de modifier fondamentalement les produits et les processus de production désorganise le secteur et a entraîné la fermeture d'usines à l'échelle mondiale.

Les travailleurs ont participé à une série de manifestations dans la ville de Stuttgart. Le 22 novembre, 15 000 travailleurs ont transformé la Schlossplatz, située dans le centre-ville, en une marée rouge de drapeaux.

Roman Zitzelsberger

Roman Zitzelsberger, Secrétaire régional d'IG Metall, a déclaré :

« Nous ne nous laisserons pas déposséder de nos emplois et de notre avenir parce que les employeurs n'ont pas fait leur travail.

« Tous les employeurs doivent savoir : c’est seulement ensemble que nous pouvons façonner un avenir prospère. Collaborons avec les employés pour développer des perspectives pour l’ensemble de nos sites et pour une transformation qui inclut tous les employés. Nous nous tenons ici, nous nous battrons et nous n'abandonnerons pas tant qu'il n'y aura pas de bonnes solutions pour tout le monde. »

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

« Nous sommes extrêmement préoccupés par l'approche irresponsable et à courte vue adoptée par les employeurs dans ce groupement automobile, qui démontre une absence de responsabilité sociale. Nos syndicats ont examiné dans le détail la mutation actuelle du monde du travail et ont toujours appelé à une Transition juste gérée par un processus de négociation équitable.

Nous sommes solidaires d'IG Metall et de ses membres qui montrent leur volonté de ne pas se laisser faire; la transformation de l'industrie ne doit laisser personne derrière elle. »

Éthiopie : vers une stratégie commune de négociation collective

L’atelier, qui a eu lieu à Addis-Abeba les 25 et 26 novembre, a réuni 30 dirigeants de syndicats d’usines du secteur du textile et de la confection. Les participants étaient issus de syndicats d’usine ou syndicats de base qui, au nombre de 125, composent la Fédération industrielle des travailleurs du textile, du cuir et de la confection (IFTLGWU), affiliée à IndustriALL Global Union.

Ces syndicats sont convenus de travailler ensemble à l’élaboration d’un cahier de revendications commun pour la négociation collective, qui sera ensuite soumis collectivement aux employeurs.

Si ce plan réussit, les syndicats verront s’éloigner le schéma de négociation actuel en vertu duquel ils négocient avec les employeurs en tant que syndicats individuels au niveau de leur usine. Selon les syndicats, ce modèle les affaiblit et expose leurs directions à l’intimidation de certains employeurs. Certains travailleurs ont même refusé des responsabilités syndicales par crainte d’être victimes de représailles.

Mesfin Adenew, Président de l’IFTLGWU, a déclaré :

“Nous devons renforcer les syndicats en Éthiopie. Un syndicat faible n’a pas le pouvoir de se confronter aux employeurs, alors que des syndicats forts peuvent en faire bien davantage.

À l’image de notre syndicat frère d’Afrique du Sud, le SACTWU (Syndicat des travailleurs de la confection et du textile d’Afrique du Sud), qui a mené avec succès une campagne sur le salaire vital. La solidarité syndicale est importante en Afrique subsaharienne en vue de renforcer la puissance syndicale.”

Les syndicats se sont entendus sur la nécessité d’une conférence nationale de négociation pour consolider leurs revendications, notamment en matière de salaires décents et d’amélioration de la santé et de la sécurité au travail. Cependant, avant que cela ne soit possible, les syndicats doivent renforcer les compétences de leurs dirigeants en matière de recrutement, de syndicalisation et de lutte pour les droits des travailleurs, en restant dans le cadre de la constitution et des législations du travail éthiopiennes.

Ces droits comprennent la protection des travailleuses contre la violence fondée sur le genre et le harcèlement sexuel. L’amélioration des compétences en matière de négociation, de conciliation, de médiation et d’arbitrage a été jugée essentielle pour améliorer la négociation collective et protéger les intérêts des travailleurs.

Tigist Fisseha, de l’OIT, a décrit le programme concernant le travail décent et l’industrialisation inclusive en Ethiopie qui sous-tend la négociation collective.

L’atelier a été organisé avec le soutien de Mondiaal FNV et animé par Hlokoza Motau, anciennement responsable de la syndicalisation, des campagnes et de la négociation collective auprès du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, qui a expliqué les tactiques employées avec succès par les syndicats sud-africains dans le cadre des négociations collectives.

Cet atelier faisait suite à une précédente visite de solidarité de syndicalistes éthiopiens au SACTWU, en Afrique du Sud.

IndustriALL renouvelle son accord mondial avec Siemens Gamesa

Le nouvel accord, signé le 25 novembre, s’applique à 23 000 travailleurs de Siemens Gamesa dans le monde et consolide l'engagement de l'entreprise en faveur des droits de l'homme, de l'environnement et des emplois durables.

Markus Tacke, PDG de Siemens Gamesa, et Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

Le nouvel ACM comporte des améliorations importantes par rapport à l'accord initial signé avec Gamesa en 2015, notamment:

IndustriALL, les représentants syndicaux et la direction du groupe Siemens Gamesa superviseront conjointement la mise en œuvre effective de l'accord ; une série de comités locaux seront mis en place pour garantir la bonne marche de ce processus.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

« Nous sommes heureux d’avoir signé, en ce jour même de la célébration de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, un accord renforcé avec Siemens Gamesa, qui inclut le respect de la Convention n° 190 de l'OIT concernant l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail avant même sa ratification par l'Espagne », a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d'IndustriALL, avant d’ajouter :

« En guise de premier test de l'accord, nous escomptons que Siemens Gamesa procède à sa restructuration en cours en Europe de manière socialement responsable et en concertation avec les syndicats respectifs. »

En vertu de l’accord, Siemens Gamesa promet de respecter les droits fondamentaux de l'ONU en matière des droits de l'homme ainsi que les conventions fondamentales du travail concernant la liberté syndicale et de négociation collective, le travail forcé, le travail et l'exploitation des enfants, et la discrimination.

Le groupe traite également positivement les syndicats et s'engage à coopérer de manière constructive avec les travailleurs et leurs représentants.

Siemens Wind Power et Gamesa ont fusionné leurs activités en matière d'énergie éolienne en avril 2017, ce qui leur permet de fournir des services à terre et en mer. Le groupe Siemens Gamesa est basé à Zamudio, en Espagne, et est présent dans plus de 90 pays.

L’ACM 2019 a été signé par Markus Tacke, PDG de Siemens Gamesa, et Valter Sanches, Secrétaire général d'IndustriALL Global Union.