Blog de la COP25, journée du 6 décembre 2019

Alors que la première semaine de la COP25 touche à sa fin, toutes les Parties étaient sous pression pour produire des rapports finaux avant que le niveau politique des discussions ne débute la semaine prochaine.

La Présidente de la COP a tenu aujourd’hui une séance d’information à l’intention des parties observatrices. Notre collègue chilienne en a profité pour lui rappeler les violations des droits de l’homme commises par le Chili et a mis en question sa légitimité à diriger la COP. La Présidente a fourni une réponse sommaire quant au respect par le Chili des droits de l’homme mais aussi de l’État de droit, comme pour laisser entendre que les manifestants étaient en infraction avec la loi. En fait, ses réponses aux autres questions ne nous ont pas appris grand-chose non plus.

Les discussions se sont poursuivies dans plusieurs domaines, entre autre autour de l’article 6. Plusieurs questions épineuses n’ont toujours pas été réglées depuis mon dernier rapport. Les règles concernant les “résultats de l’atténuation des transferts internationaux”, c’est-à-dire l’échange de droits d’émission ou encore un “marché du carbone”, doivent respecter les droits de l’homme et du travail. Un signe positif est qu’un certain nombre de pays s’accordent désormais à reconnaître que le principe du respect des droits de l’homme est une caractéristique essentielle de tout mécanisme de marché.

Dans le billet d’hier, j’ai essayé d’expliquer la structure complexe des discussions au sein de la COP25. Le danger inhérent à cette complexité est que les progrès globaux peuvent être difficiles à déceler sous les nombreuses couches de discussions apparemment animées.

Les raisons n’en sont pas difficiles à comprendre : dans un contexte multilatéral, la nécessité de rechercher un consensus, dans une conférence où les axes de travail et les sous-comités semblent se multiplier, prend beaucoup de temps.

Malheureusement, il nous reste peu de temps pour progresser sur le problème du changement climatique.

Greta Thunberg, la jeune militante pour le climat, est arrivée aujourd’hui et une marche de protestation en faveur de l’action climatique est prévue ce soir.

Le vendredi de la première semaine apparaît comme un moment plutôt opportun pour réfléchir à l’intégration ou à la confluence de plusieurs forces. Sachant qu’IndustriALL Global Union a beaucoup travaillé sur le changement climatique, la Transition juste, la politique industrielle durable, Industrie 4.0 et l’avenir du travail, on m’a posé des questions sur le lien entre ces sujets. Ceux-ci sont en fait très étroitement liés à certains égards.

Le monde du travail de demain sera certainement transformé par la nécessité de décarboniser l’économie, mais ces changements sont simultanément influencés par une gamme de technologies avancées et perturbatrices qui sont rapidement introduites sur nos lieux de travail. En effet, ces moteurs du changement et d’autres comme l’évolution démographique et la mouvance de l’environnement politique, ne peuvent être totalement dissociés. Si l’évolution des technologies sera fondamentale pour résoudre le problème du changement climatique, en particulier dans le secteur de l’énergie, ce sont une fois de plus les impacts sociaux potentiels qui sont ignorés. C’est principalement aux syndicats qu’il appartient de faire valoir ce point.

La décarbonisation de l’industrie, ainsi que la numérisation, l’“internet des objets”, l’intelligence artificielle, les robots semi-autonomes avancés, l’impression 3D, la nanotechnologie, la biotechnologie, toutes ces techniques et plus encore, parfois appelées la quatrième révolution industrielle ou Industrie 4.0, permettront d’accroître la productivité. Cela ne fait aucun doute, car si ces technologies ne promettaient pas une productivité accrue, il n’y aurait aucune raison de les adopter. Cela signifie moins d’heures de travail pour produire les mêmes biens ou services, avec la possibilité d’augmenter le temps de loisirs, davantage de possibilités d’épanouissement personnel et de créativité, un meilleur accès au travail pour les femmes et les groupes de travailleurs traditionnellement défavorisés, un travail plus sûr, plus sain et plus épanouissant.

Pourquoi alors les travailleurs, partout dans le monde, connaissent-ils au lieu de cela des emplois moins intéressants et plus précaires, le “gig work” (du travail à la tâche), des conditions de travail moins bonnes, des revenus réels réduits, des demandes de relèvement de l’âge de la retraite, de longs temps de travail, de courtes vacances et une résistance aux revendications les plus fondamentales telles que des congés de maternité et de paternité ? Pourquoi les syndicats font-ils l’objet d’attaques incessantes ? Pourquoi créons-nous une culture de la surveillance, une culture de la peur et de la haine, au lieu d’un sentiment de communauté et d’une culture du bonheur ?

C’est parce que tant que la seule force motrice pour que les entreprises adoptent ces technologies est de réduire les coûts et d’augmenter les profits, toutes en souffriront à l’exception de celles qui sont propriétaires de ces technologies. L’introduction de nouvelles technologies perturbatrices doit être centrée sur l’homme plutôt que sur le profit, guidée par des politiques industrielles durables, des politiques publiques conçues pour l’intérêt public, créées par un dialogue social réel et significatif. Pour évoluer face à ces changements, nous avons besoin de la garantie d’une véritable Transition juste qui n’abandonne personne sur le bord du chemin.

Le changement se profile. Si nous ne sommes pas assis à table pour orienter conjointement ces changements, nous serons au menu.

Blog de la COP25, journée du 5 décembre 2019

Le fait d’être le jeudi de la première semaine de la COP25 signifie que la plupart des documents techniques ont été présentés aux différents groupes de travail et que les négociations sérieuses commencent. Pour récapituler, la COP25 est importante du fait que les engagements quinquennaux initiaux pris dans le cadre de l'Accord de Paris seront examinés et renouvelés l'année prochaine. Nous voulons des emplois décents et ne pas être victimes de la transition. C'est pourquoi nous voulons que la Transition juste fasse partie intégrante du plus grand nombre possible des nouvelles Contributions déterminées au niveau national qui seront présentées à la COP26 qui aura lieu l'année prochaine.

IndustriALL insiste souvent sur l'importance du dialogue social. Pour que l'Accord de Paris soit couronné de succès, il importe que le dialogue social fasse partie du processus d'élaboration des politiques, et en particulier des Contributions déterminées au niveau national. Nous devons être assis à la table des négociations et non pas figurer seulement sur le menu. Les COP ont considérablement évolué vers des approches multilatérales de plus en plus favorables au dialogue avec les parties prenantes non étatiques. Cependant, pour que nous obtenions de bons résultats, nous, syndicats, devons être unis dans nos revendications. Nous voulons qu’aucun travailleur ne soit laissé pour compte dans les transformations à venir.

Réunion des présidents du SBSTA et du SBI :

J'ai eu l'occasion d'interroger directement les présidents de l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) et de l'Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI). Au nom du mouvement syndical mondial, j'ai demandé des éclaircissements sur les engagements en faveur de la transition juste, et des droits de l'homme et des travailleurs. Le président du SBSTA a donné une réponse très encourageante laissant supposer qu'il comprenait l'importance de nos préoccupations et qu'il les considérait comme essentielles à l’obtention d’un bon résultat.

Mesures de riposte

J'ai également assisté à une réunion du groupe sur les mesures de riposte et à un événement parallèle sur la Transition juste. Si la manifestation parallèle a été encourageante, la réunion sur les mesures de riposte l'a moins été, semblant s’être empêtrée dans des détails sans importance et techniques, et être incapable d’aborder les questions fondamentales.

Captage du dioxyde de carbone

L’affilié à IndustriALL, la Fraternité internationale des chaudronniers, en partenariat avec l'International CCS Knowledge Center, a organisé une réunion informative très suivie où a été diffusé une vidéo sur le captage et le stockage du dioxyde de carbone.

Droits de l'homme

Parmi les autres informations, les jeunes des peuples autochtones ont réussi à gagner du terrain en matière d’intégration des droits de l'homme dans les discussions au titre de l'article 6, du moins à ce stade des débats. Il ne devrait pas être nécessaire de rappeler aux négociateurs l'importance des droits de l'homme. La CCNUCC étant un organe des Nations Unies, la prise en compte des droits de l'homme devrait aller de soi.

Annexe: Méli-mélo d’acronymes barbares et COP25

Oui, une annexe sur une entrée de blog. C’est inhabituel, sinon unique!

Suite à un de mes blogs, on m'a demandé de clarifier la relation entre la Transition juste, les mesures de riposte, les organes subsidiaires et d'autres travaux de la COP25.

La réponse courte est "c'est compliqué".

La COP25 est un réseau déroutant constitué de différents axes de travail, d'organes subsidiaires, de comités et de rapports gérés par de nombreuses organisations internationales et nationales possédant chacune un acronyme rarement écrit en totalité. Pire encore, la liste est différente chaque année ce qui rend le suivi difficile. Bon nombre de ces événements et rapports se déroulent simultanément ce qui signifie que les délégués doivent choisir très soigneusement où observer ou participer. Une partie des travaux se recoupent et certaines Parties à la Convention essaient d’intégrer leurs sujets de prédilection dans des discussions qui ne les concernent pas vraiment.

La transition juste, qui figure au préambule de l'Accord de Paris, peut légitimement être discutée à n’importe quel moment et n’importe où dans la COP, et c'est ce qui se passe. Cependant, cette question relève principalement et conjointement de deux organes subsidiaires : l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) et l'Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI). Ce sont aux présidents de ces deux groupes à qui j'ai pu poser des questions aujourd'hui.

Sous la gouvernance générale du SBSTA et du ISB, l’axe de travail sur les mesures de riposte (ou Forum sur l’impact des mesures de riposte mises en œuvre) est un flux continu de discussions portant sur la diversification et la transformation économiques; la Transition juste et le travail décent; l’évaluation et l’analyse des impacts des mesures de riposte; et la facilitation de l'élaboration d'outils et de méthodologies d’évaluation des impacts des mesures de riposte.

Tandis qu’une partie des discussions sur ces mesures de riposte sont très positives, d’autres ont glissé vers une tentative des pays riches en ressources d’obtenir une indemnisation pour la perte potentielle d’une partie de leur marché pétrolier ou houiller. Heureusement, ce point de vue ne fait pas vraiment son chemin et nous le surveillons de près.

Cependant, la Transition juste est loin d'être discutée seulement dans les discussions sur les mesures de riposte.

L'article 6, que j'ai mentionné à plusieurs reprises dans les articles de blogs précédents, porte sur les mécanismes du marché, entendu principalement pour marchés de permis d'émission (ou mécanismes d'échange de droits d'émission). Cela concerne, d’une façon, les mesures de riposte. Néanmoins, l'article 6 dispose de son propre groupe de travail relevant de l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique. Toutefois, il a été suggéré d'utiliser les bénéfices générés par les marchés de permis d'émission pour financer des mesures de transition juste, ce qui pourrait réintroduire ces dernières dans les discussions sur les mesures de riposte.

Vous êtes encore confus?

Pour ceux qui tentent de déchiffrer les rapports sur ce qui se passe à la COP25, voici une liste de quelques-uns des acronymes et définitions les plus importants.

COP25

Pour commencer, la COP25 signifie en toutes lettres la 25e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Atténuation

Dans le contexte du changement climatique, une intervention humaine pour réduire les sources d’émission ou accroître les puits de gaz à effet de serre. On peut citer parmi les exemples, l'utilisation plus efficace des combustibles fossiles au niveau des procédés industriels ou de la production d'électricité, le passage à l'énergie solaire ou éolienne, l'amélioration de l'isolation des bâtiments, l'expansion du couvert forestier et d'autres « puits » dans le but de séquestrer de plus grandes quantités de dioxyde de carbone de l'atmosphère.

BINGO ONG

Les organisations non gouvernementales liées au groupe des entreprises et de l'industrie.

CMA

La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris. Tous les États parties à l'Accord de Paris sont représentés à la CMA, tandis que les États non parties y participent en tant qu'observateurs. La CMA surveille la mise en œuvre de l'Accord de Paris et prend des décisions visant à promouvoir son application effective.

CMP

La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto. Oui, il existe toujours.

Comité d'experts de Katowice sur les impacts des mesures de riposte mises en œuvre

Ce Comité a été créé à la COP24 pour établir un rapport destiné à servir aux discussions sur les mesures de riposte.

COP

La Conférence des Parties. L'organe suprême de la Convention. La COP se réunit une fois par an pour examiner les progrès de la Convention.

GIEC  

Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Créé en 1988 par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), le GIEC passe en revue la littérature scientifique et technique mondiale, et publie des rapports d'évaluation qui sont largement reconnus comme les sources d’informations existantes les plus crédibles sur les changements climatiques. Le GIEC travaille également sur les méthodologies et répond aux demandes spécifiques des organes subsidiaires de la Convention. Le GIEC est indépendant de la Convention.

Marché de droits d'émission de carbone

Une terminologie populaire (mais quelque peu trompeuse) utilisée pour désigner un système commercial par lequel les pays peuvent acheter ou vendre des unités d'émission de gaz à effet de serre dans le but de respecter leurs engagements nationaux. D'autres gaz à effet de serre sont assimilés à des « équivalents-dioxyde de carbone » en fonction de leur pouvoir relatif d'effet de serre. Il convient de noter qu'il n'existe pas encore de marché(s) de permis d'émission (ou mécanisme(s) d'échange de droits d'émission) dans le cadre de l'Accord de Paris, c'est pourquoi l'article 6 fait l'objet de discussions intenses.

MRV (note: pas d’acronyme en français)

Mesurable, notifiable et vérifiable. Un processus/concept qui favorise potentiellement une plus grande transparence du régime des mesures de lutte contre les changements climatiques, et essentiel à la crédibilité des contributions déterminées au niveau national (NDC).

NDC

Conformément au paragraphe 2 de l’article 4 de l'Accord de Paris, chaque Partie établit, communique et actualise les contributions déterminées au niveau national successives qu'elle prévoit de réaliser. Les parties prennent des mesures internes pour l'atténuation en vue de réaliser les objectifs desdites contributions.

OIG

Organisation intergouvernementale.

Organe subsidiaire

Un comité qui assiste la Conférence des Parties. Deux organes subsidiaires permanents sont établis par la Convention : l'Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI) et l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA). Des organes subsidiaires temporaires peuvent également être créées.

Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA)

Le SBSTA sert de passerelle entre les informations et les évaluations fournies par des sources d’information spécialisées (comme le GIEC) et la COP, qui porte sur l’élaboration des politiques.

Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI)

Le SBI addresse des recommandations sur les questions de politique générale et de mise en œuvre à la COP et, à la demande, à d'autres organes.

Organisations non gouvernementales (ONG)

Les organisations qui ne font pas partie d'une structure gouvernementale. Il s'agit notamment des groupes environnementaux, des instituts de recherche, des groupes d'entreprises et des associations de communautés urbaines et d’administrations locales. De nombreuses ONG assistent aux négociations sur le climat en tant qu'observateurs. Les ONG doivent être à but non lucratif pour recevoir leur accréditation leur permettant d’assister aux réunions au titre de la Convention.

Partie

Un État (ou une organisation d'intégration économique régionale comme l'Union européenne) qui accepte d'être lié par un traité et pour lequel le traité est entré en vigueur.

Pays les moins avancés (PMA)

Les pays les plus pauvres du monde. Les critères actuellement utilisés par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) pour la désignation des pays en tant que PMA comprennent un faible revenu, le développement insuffisant du capital humain et la vulnérabilité économique. Actuellement, 48 pays sont classés parmi les PMA par l'Assemblée générale des Nations Unies.

Pertes et préjudices

Lors de la COP16 qui a eu lieu à Cancun en 2010, les gouvernements ont établi un programme de travail visant à examiner des approches pour faire face aux pertes et aux préjudices liés aux impacts des changements climatiques dans les pays en développement particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.

Responsabilités communes mais différenciées

Il s'agit d'une expression de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui reconnaît que les pays industrialisés ont beaucoup plus contribué à la crise climatique actuelle que les pays en développement, et devraient donc assumer une plus large part de cette responsabilité.

Séquestration du carbone

Le procédé de captage (élimination) du carbone de l'atmosphère et du stockage dans un réservoir.

TUNGO

Les organisations non gouvernementales syndicales. Par exemple, IndustriALL Global Union, et la Confédération syndicale internationale (CSI), figurent parmi TUNGO.

Points importants de la première journée de la COP25
Points importants de la deuxième journée
Points importants de la troisième journée

Manifestations des travailleurs du nucléaire en Ukraine

Les membres du syndicat ont également lancé une série illimitée de manifestations dans les villes d’Ukraine concernées par le nucléaire. Les manifestants ont dressé des tentes, où les travailleurs du nucléaire manifesteront après le travail jusqu’à ce que le gouvernement s’engage dans un véritable dialogue sur leurs intentions concernant l’avenir de l’énergie nucléaire ukrainienne.

Ces manifestations ont été déclenchées par le refus du ministre de l’énergie Oleksiy Orzhel de continuer à développer l’énergie nucléaire, l’arrêt de la construction de nouvelles tranches nucléaires et la fin de la coopération internationale. Selon Atomprofspilka, cela met en péril le fonctionnement durable du système électrique ukrainien et les actions du ministre remettent en question la sûreté et la fiabilité des centrales nucléaires ukrainiennes.

Valery Matov, Président d’Atomprofspilka, a confié :

“Les récentes déclarations du ministre visant à limiter la production intérieure d’énergie nucléaire en faveur de l’importation d’électricité en provenance de Russie et de Biélorussie, tout en s’opposant à l’exportation d’énergie nucléaire ukrainienne vers l’Union européenne, montrent sa volonté de passer du développement de l’énergie nucléaire dans notre pays à sa destruction.”

Atomprofspilka revendique :

Le 28 novembre dernier, les membres d’Atomprofspilka d’Energoatom ont organisé un rassemblement d’avertissement demandant au Président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky de prendre des mesures pour réintégrer Iouri Nedashkovski, car aucun autre spécialiste en Ukraine ne peut garantir un niveau suffisant de sûreté nucléaire et radiologique s’agissant de l’exploitation des centrales nucléaires, étant une autorité parmi les scientifiques du nucléaire en Ukraine comme à l’étranger.

Vadim Borisov, Secrétaire régional d’IndustriALL, a déclaré :

“L’absence d’une politique étatique claire pour le développement et le soutien des industries nationales conduit à des attaques accrues contre les droits sociaux et du travail des salariés, avec la réduction de l’emploi, la baisse du niveau de vie, la détérioration des conditions de travail et un taux de pauvreté plus élevé parmi les travailleurs. IndustriALL soutient les revendications d’Atomprofspilka et demande au gouvernement ukrainien d’élaborer une politique industrielle professionnelle durable pour soutenir les industries nationales.

En mars de l’année prochaine, IndustriALL tiendra une Conférence sur l’énergie durable pour l’Ukraine à Kiev, et nous attendons la participation des syndicats ukrainiens et internationaux de l’énergie et des employeurs actifs dans les industries du charbon, du nucléaire, du pétrole et du gaz et de l’électricité, ainsi que des représentants du gouvernement pour aborder ces questions essentielles.”

L’énergie nucléaire produit 56 % de l’électricité destinée aux consommateurs ukrainiens et représente un secteur stratégique pour le pays.

Les travailleurs exigent des garanties d’emploi et une stratégie claire de thyssenkrupp

Ce 4 décembre, 2.500 travailleurs de thyssenkrupp Elevator se sont rassemblés à Essen, en Allemagne, au siège du groupe, pour exiger une stratégie claire et des garanties d’emploi. La veille, le 3 décembre, environ 6.000 sidérurgistes avaient organisé leur rassemblement à Duisburg, en Allemagne également. Ils ont réussi à conclure un accord de non-licenciement pour le secteur sidérurgique, et c’est exactement ce que les travailleurs des ascenseurs revendiquent également. Des manifestations ont aussi eu lieu dans d’autres lieux et sites, notamment en Espagne, où plus de 6.000 travailleurs sont touchés au sein du département ascenseurs de thyssenkrupp.

Actions de protestation en Espagne

Après des années de mauvais résultats pour l’ensemble du groupe, la direction de l’entreprise est sous pression de la part des investisseurs, mais ce sont à nouveau les travailleurs qui devraient le prix des mauvaises décisions du passé de la part des gestionnaires.

Knut Giesler, qui dirige la région Rhénanie-du-Nord-Westphalie d’IG Metall et est vice-président du conseil de surveillance de thyssenkrupp Elevator, a déclaré :

“Pendant de nombreuses années, les salariés du département ascenseurs ont fait un excellent travail pour le groupe thyssenkrupp et ils ont obtenu les meilleurs résultats. Maintenant, il faut sauver le groupe. C’est pourquoi les salariés doivent également être traités correctement. Malheureusement, ce n’est pas vraiment ce que nous constatons pour l’instant. La direction refuse toujours d’assurer la pérennité nécessaire des emplois et des sites. Ce n’est pas acceptable. C’est pourquoi aujourd’hui nous augmentons la pression. Nous ne permettrons pas que des boursicoteurs cupides se frottent les mains alors que dans le même temps, les salariés sont menacés dans leurs moyens d’existence.”

Au plan mondial, les travailleurs du département des ascenseurs exigent de la direction de thyssenkrupp :

Le Conseil d’entreprise européen de Thyssenkrupp a adressé un cahier de revendications à l’entreprise. Wolfgang Krause, porte-parole du comité international et président du Conseil d’entreprise européen de thyssenkrupp, martèle :

“Respect et solidarité, tels sont les principes qui nous guident au sein du Conseil d’entreprise européen. Dans peu de temps, la décision finale d’introduire la division des ascenseurs en bourse, ou de la vendre en partie ou en totalité, sera rendue publique. Nous avons besoin d’une solution ; nous avons besoin d’une réponse pour nos collègues ! Non seulement en Allemagne, mais dans toute l’Europe et au-delà. Nous promettons de ne pas laisser les salariés seuls face à ces temps difficiles et cet avenir incertain.”

“Nous promettons de ne pas laisser les salariés seuls face à ces temps difficiles et cet avenir incertain.”

Wolfgang Krause, porte-parole du comité international et président du Conseil d’entreprise européen à thyssenkrupp

Susanne Herberger, Présidente du Conseil d’entreprise de thyssenkrupp Elevator, a déclaré :

“Depuis des mois, les salariés de thyssenkrupp Elevators sont tenus dans l’ignorance quant à leur avenir. Nous exigeons que la direction mette fin à cette ambiguïté et qu’elle décide si l’activité ascenseur sera introduite en bourse ou si elle fera l’objet d’un désinvestissement partiel, voire total. Lorsque l’on examine les différentes options, il faut être clair : il faut qu’il y ait une perspective convenable pour les salariés et pour l’entreprise. Les 53.000 salariés affectés sont 53.000 bonnes raisons de se battre pour cet objectif.”

“Depuis des mois, les employés de thyssenkrupp Elevators sont tenus dans l’ignorance quant à leur avenir. Il faut qu’il y ait une perspective convenable pour les salariés et pour l’entreprise.”

Susanne Herberger, Présidente du Conseil d’entreprise de thyssenkrupp Elevator

Matthias Hartwich, Directeur de la section de l’ingénierie mécanique et des métaux de base chez IndustriALL Global Union, commente ainsi la situation :

“Nos collègues allemands méritent une entière solidarité et un plein soutien dans leur lutte. Il ne s’agit pas d’acier, d’ascenseurs ou d’escaliers mécaniques, cette lutte concerne 160.000 emplois. Il s’agit d’environ 160.000 travailleurs et travailleuses et leurs familles dans le monde entier. En Allemagne, en Europe, en Inde, en Asie, en Amérique et partout où thyssenkrupp est présent. IndustriALL exige que la direction tienne compte de la perspective mondiale lors de la conclusion d’accords avec les syndicats et qu’elle partage les informations sur ses plans d’avenir avec les syndicats au plan mondial.”

Mobilisation pour les Philippines

Les travailleurs sont privés de leurs droits aux Philippines. Face à cette situation, les syndicats mondiaux et leurs affiliés s’unissent pour exhorter le Président Duerte à respecter les droits humains et syndicaux des travailleurs, et à permettre aux syndicats d’exercer leurs activités dans le pays.

L’attitude antisyndicale persistante fait craindre aux travailleurs, aux fonctionnaires, aux syndicalistes et aux militants pour leur sécurité, leur vie privée et leurs droits civils. Des dirigeants et des membres syndicaux, des militants des droits de l'homme et des droits autochtones ont été espionnés, profilés, dépeints comme terroristes, arrêtés et même tués par la police et des groupes paramilitaires.

A ce jour, 43 syndicalistes ont été tués.

Suite à une mission du Conseil des fédérations syndicales internationales aux Philippines en juillet, et conformément à une décision prise au Comité exécutif en novembre, IndustriALL Global Union appelle ses affiliés du monde entier à faire preuve de solidarité avec les Philippins pour aider à mettre un terme aux exécutions extrajudiciaires dans le pays.

A l'occasion de la Journée des droits de l'homme cette année, le 10 décembre, nous vous encourageons à vous joindre à nous et à agir:

Le matériel visuel est disponible ici pour téléchargement et utilisation.

Autonomisation des travailleurs par les syndicats au Mozambique

La présence syndicale au Mozambique était centrée autour de la capitale, Maputo. Grâce au projet avec les syndicats finlandais PRO et Teollisuusliitto ainsi que l’organisme de solidarité syndicale finlandaise SASK, le taux de syndicalisation dans les provinces a considérablement augmenté entre 2015 et 2018 :

Cependant, les structures locales sont restées fragiles et la phase suivante a trait à l’autonomisation des structures locales et l’intégration d’un plus grand nombre de femmes et de jeunes.

Les efforts déployés pour rehausser le profil des syndicats se sont traduits par l’autonomisation des délégués syndicaux locaux, des femmes et des jeunes par le biais de la formation. Les délégués syndicaux locaux ont été formés en tant que “responsables de cercles d’études” qui ont ensuite organisé des ateliers locaux pour favoriser des discussions avec les adhérents sur les questions syndicales.

“Tout le monde possède des connaissances et une expérience de base du milieu de travail. Ils viennent ensuite à ces discussions et apprennent en échangeant ; ce n’est pas seulement de la formation, c’est de l’apprentissage par l’expérience et la réflexion. L’idée est qu’ils emmènent cette méthode sur leur lieu de travail et diffusent les connaissances. Grâce aux cercles d’étude, nous pouvons déjà pressentir les leaders de demain,”

déclare Sarah Flores, Responsable de projet d’IndustriALL pour les jeunes.

Conjointement, au sein des trois syndicats, les femmes et les jeunes ont travaillé sur les politiques à développer. Celles-ci devront ensuite être approuvées par leur conseil national avant de pouvoir être adoptées. Chaque syndicat élaborera une stratégie de mise en œuvre, assurant l’implication des femmes et des jeunes dans l’ensemble de ses structures.

Sonia Nhampossa du SINTIME

“Il est important d’avoir des politiques pour les jeunes et les femmes parce que nous avons constaté des violations de leurs droits sur le lieu de travail. Les femmes et les jeunes doivent être encouragés à occuper des postes de décision au sein des syndicats.”

“C’est un bel exemple de la façon dont un travail à long terme dans un esprit d’unité peut renforcer les syndicats ; nous attendons avec impatience que ces politiques soient adoptées et mises en œuvre,” a indiqué Atle Hoie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL.

Blog de la COP25, journée du 4 décembre 2019

Lors de la réunion matinale du groupe syndical, les délégués ont entendu un discours passionné sur les événements au Chili. L’intervenant a raconté comment l'histoire passée de la dictature militaire au Chili revient hanter le pays, expliquant que « les fils de Pinochet » ont à nouveau pris le contrôle du pays. Le Chili est décrit comme un pays riche. Néanmoins, cette richesse est appropriée, c’est-à-dire privatisée, par un petit nombre d’élites, riches et avides. Dans le même temps, de nombreuses régions du pays n’ont pas accès à l'eau potable ou à l'électricité malgré la richesse du pays en ressources naturelles et humaines, et les salaires ne progressent pas au même rythme que le coût de la vie. Inévitablement, des manifestations de protestation contre la détérioration des conditions de vie ont éclaté.

La réaction du gouvernement face aux manifestations pacifiques est inexcusable : environ 27 morts et de nombreux blessés, parmi lesquels des personnes devenues aveugles après avoir reçu des balles en caoutchouc. Il est honteux que le gouvernement chilien continue d'occuper le poste prestigieux de la présidence de la COP alors qu’il a failli à sa promesse d'accueillir l'événement et qu'il a dû s'appuyer sur l'Espagne pour prendre le relai (Mme Carolina Schmidt Zaldivar, ministre de l'Environnement du Chili, est présidente de la COP25). Le Chili devrait immédiatement démissionner de la présidence en faveur d’un pays qui mérite cette position.

En ce qui concerne le processus de la COP25 lui-même, un premier bilan de l'action climatique a été effectué mercredi. Dans le cadre de ce bilan, il est clair que les mesures prévues étaient insuffisantes et qu'encore moins de ce qui avait été décidé a été réalisé. La présidente de la COP a organisé une réunion virtuelle avec les ministres des Sciences pour recueillir davantage de données scientifiques. Mais, en réalité, la science est claire et il ne sert à rien d’obtenir davantage d’informations. Ce qu'il faut, c'est davantage d'ambition.

Les mesures de réponse sont un important sujet de discussion et, dans l'univers de la COP, c'est dans le cadre de ces mesures que se situent les programmes de transition juste. Il est trop tôt pour dire si les discussions sur les mesures de réponse seront productives. Le rapport du Comité d'experts de Katowice sur les impacts des mesures de riposte mises en œuvre, qui englobe les impacts des mesures de transition juste, n'a pas été immédiatement « salué », c’est-à-dire formellement approuvé pour utiliser la terminologie de la COP. C'est inquiétant. Néanmoins, l'importance de cet échec n'est pas encore claire pour moi. J'espère que ce n’est qu’un accroc transitoire.

Les difficultés sont plus nombreuses en ce qui concerne l'article 6 qui traite des mesures volontaires à savoir des mécanismes du marché, y compris les marchés de permis d’émission, mentionnés dans les blogs précédents (voir les liens ci-dessous). Même si un bon accord contribuerait à atteindre les objectifs de Paris, un accord mal formulé pourrait être pire qu'aucun accord si, par exemple, il permettait aux pays de dissimuler les émissions à travers des mécanismes d'échange de droits d'émission mal définis et opaques.

Les syndicats suivent également la question du financement de la lutte contre les changements climatiques: le Fonds pour un partenariat mondial en faveur du climat, promis depuis longtemps, manque toujours de ressources. Alors que le financement peut être un important agent de changement, le manque de financement peut constituer un obstacle insurmontable, en particulier dans les pays en développement.

Le Réseau action climat international (CAN – Groupes environnementaux) a désigné trois gagnants du prix "Fossile du jour" hier: le Brésil (pour encourager la destruction accélérée de la forêt amazonienne et blâmer les autres pour cette disparition), le Japon (pour ne pas renoncer à augmenter sa capacité de production énergétique alimentée au charbon, malgré les données de la climatologie et de l'économie simple), et l'Australie (dont le Premier ministre nie les impacts du changement climatique alors que d’importants feux de forêt font rage dans son pays).

Points importants de la première journée de la COP25
Points importants de la deuxième journée de la COP25

Travailleurs et travailleuses de la confection en Éthiopie ont besoin de syndicats forts

La stratégie des parcs industriels est destinée à transformer des régions rurales en zones industrielles manufacturières.

Cependant, un entretien avec des travailleurs et travailleuses du parc ce 28 novembre confirme qu’ils et elles ne sont pas syndiqué(e)s et que les conditions de travail sont plutôt négociées par des comités employeurs/travailleurs constitués par les propriétaires des usines.

Ces comités discutent des salaires, des conditions de travail, de la formation professionnelle, de la santé et de la sécurité, du transport vers le lieu de travail et des questions disciplinaires.

Les salaires dans la confection restent bas, en particulier pour les opérateurs et opératrices de machines à coudre dont le salaire de base est de 750 birrs éthiopiens. En outre, les travailleurs et travailleuses perçoivent 300 birrs pour le logement et 100 birrs supplémentaires en se présentant à l’embauche.

Le total, soit 1.150 birrs, équivaut à environ 38 $US. Pourtant, une chambre à Hawassa coûte environ 2.000 birrs. Pour joindre les deux bouts, dans certains cas, quatre personnes partagent une seule chambre.

Lors d’une visite d’usine effectuée par IndustriALL Global Union, les salariés ont déclaré que les chemises qu’ils fabriquaient se vendaient aux États-Unis environ 70 dollars, ce qui est considérablement plus que leur salaire mensuel. L’usine fabrique entre 3.500 et 3.750 chemises par poste de travail de 8 heures et emploie 450 travailleurs et travailleuses.

Ce qui aggrave la situation est le manque de régularité des jours de paie ; parfois, il arrive que les salaires soient payés avec 11 jours de retard. Bien que les primes à la production apportent parfois un soulagement, les salariés confient que ce n’est pas toutes les semaines qu’il y a une prime à la production. Il leur faut gagner un meilleur salaire.

Dans certaines usines, la pause déjeuner n’est que de 30 minutes. Certaines fournissent de la nourriture dans des cantines, d’autres non. Avec les bas salaires, il arrive que les travailleurs et travailleuses ne déjeunent et se passent de nourriture jusqu’à la fin de leur poste de travail pour ne manger qu’à leur retour à domicile.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile et de la confection indique :

“Nous soutenons notre affilié en Éthiopie, la Fédération industrielle des travailleurs du textile, du cuir et de la confection, dans ses efforts pour syndiquer les travailleurs et travailleuses d’Hawassa.

En tant que collectif, les travailleurs et travailleuses peuvent revendiquer un salaire minimum vital et de meilleures conditions de travail. Sans représentation par un syndicat fort, les conditions dans lesquelles on continuera à travailler resteront terribles. Nous discuterons également avec des enseignes internationales s’approvisionnant à Hawassa en vue du respect des droits des travailleurs et du versement de salaires décents.”

La marque américaine leader PVH possède une usine dans le parc et est l’une des nombreuses marques qui s’approvisionnent en vêtements à Hawassa.

Mondiaal FNV travaille avec l’IFTLGWU à la syndicalisation des travailleurs et travailleuses du parc industriel de Hawassa et soutient également des études sur le salaire minimum et le salaire vital en Éthiopie.

Colombie : les syndicats défilent contre la violence

Sintracarbón, Sintraelecol et l’USO, des affiliés d’IndustriALL, ont participé à diverses campagnes organisées par la centrale des travailleurs colombiens CUT pour condamner les mesures du gouvernement Duque, qui comprennent une réduction du salaire minimum pour les jeunes et un relèvement de l’âge officiel de la retraite.

Les syndicats protestent également contre le fait que le gouvernement n’a pas pris de mesures pour arrêter les responsables du meurtre de centaines de militants des droits de l’homme et de dirigeants autochtones.

Ce 25 novembre, un militant de 18 ans est décédé après avoir été blessé par une grenade lacrymogène tirée par la police anti-émeute. Ce jeune militant, Dylan Cruz, est devenu un symbole national de la répression des manifestants et de l’usage excessif de la force par la police à l’égard des défenseurs des droits de l’homme.

La CUT a déclenché une grève générale le 27 novembre dans le but d’avoir le même impact que le 21 novembre, qui a été la plus grande journée de manifestations de l’histoire de la Colombie.

Les manifestants ont une nouvelle fois appelé au démantèlement de l’ESMAD, la police anti-émeute, et à la fin de la corruption policière ; ils ont également condamné la réforme fiscale et rendu hommage à Dylan Cruz.

Ce 25 novembre, la CSI a publié un rapport sur la violence constante et croissante à l’égard des membres des syndicats et des militants des droits de l’homme.

Entre le 1er janvier 2016 (11 mois avant la signature de l’Accord de paix) et le 8 septembre 2019, 777 dirigeants syndicaux et militants des droits de l’homme ont été tués en Colombie.

Le rapport indique que le gouvernement Duque facilite l’élimination de dirigeants syndicaux, de militants des droits de la personne et d’anciens combattants en assurant une impunité permanente. Il indique également que le gouvernement colombien a déclaré la guerre aux droits sociaux et syndicaux de sorte à faire passer sa réforme du travail et des pensions, ce qui va à l’encontre des engagements internationaux du pays.

Le secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a indiqué :

“Nous soutenons la grève nationale et les actions de nos affiliés en vue de combattre la violence et de protester contre les mesures néfastes annoncées par le gouvernement d’Iván Duque.

Nous appelons le gouvernement à retirer ces mesures et à prendre des dispositions pour garantir le droit des dirigeants syndicaux et des militants des droits de l’homme à manifester pacifiquement.”

Blog de la COP25, journée du 3 décembre 2019

Lors de la réunion syndicale du matin, la question de la Transition juste était en tête de liste. Notre intervenant extérieur de l'OIT a indiqué que l’Organisation prenait la question plus au sérieux et faisait davantage d'efforts pour amener les États membres à s'engager en faveur d'une transition juste, en se basant sur les principes directeurs de l'OIT. Il s’agit d’une bonne nouvelle.

Dans les discussions générales qui ont lieu (voir le blog d’hier), la résolution des divergences des États membres sur l'article 6 s'avérera difficile. Comme c'est souvent le cas lorsque les « mécanismes du marché » sont discutés, la dimension sociale (ce qui arrive aux travailleurs et à leurs communautés, par exemple) est facilement oubliée. Pourtant, il n'y a pas de marchés sans individus. Je surveillerai cette question de près.

Je vais essayer de restituer, ci-dessous, quelques points intéressants des manifestations complémentaires et parallèles qui ont eu lieu.

Les femmes : Les problématiques de genre liées à la durabilité (et à l'impact des changements climatiques) ne sont pas prises au sérieux. Non seulement les femmes seront souvent les premières et les plus gravement touchées par les changements climatiques, mais elles seront moins résilientes pour y faire face du fait qu’elles n’ont pas autant d’opportunités de s’instruire et qu’elles effectuent un travail plus précaire. En outre, l’examen de leurs difficultés paraît moins probable étant donné leur sous-représentation dans le processus politique de la plupart des pays.

La Transition juste : Dans la manifestation parallèle sur les questions énergétiques, Joie Warnock, membre d'Unifor Canada, affilié à IndustriALL, a évoqué les efforts entrepris pour élaborer une Transition juste pour les mineurs dans l'Ouest canadien ainsi que la façon dont la survenance d’un changement au gouvernement provincial peut réduire à néant une grande partie de ce qui avait été décidé.

L’augmentation de la production des combustibles fossiles : Dans cette même manifestation, un autre aspect intéressant et inquiétant de la crise mondiale a été souligné. De nombreuses personnes sont conscientes de l'écart d'émissions, à savoir de la différence entre les émissions mondiales de gaz à effet de serre et les niveaux qu’elles doivent respecter si nous voulons maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale à moins de 1,5 degrés Celsius. Il existe un autre écart cependant qui se situe au niveau de la production de combustibles fossiles. Alors que le monde fait des efforts trop lents pour réduire leur consommation, les entreprises énergétiques continuent d'explorer et de forer avec acharnement pour trouver de nouvelles réserves, sans valeur à moins d'être extraites et brûlées. Afin de récupérer leurs investissements, ces entreprises doivent alors faire pression sur les gouvernements pour qu'ils autorisent leur extraction et brûlage. De nombreux pays riches en ressources prévoient une augmentation de la production dans les années à venir. Cependant, il est impossible de concilier une hausse de la production avec un effort réel de réduction des émissions mondiales de dioxyde de carbone.

Les minorités : D'autres manifestations ont mis en lumière les problèmes relatifs aux changements climatiques auxquels sont confrontés les peuples autochtones et les personnes handicapées.

Les océans : Des données scientifiques plus alarmantes ont été communiquées, cette fois sur le stress climatique et l'acidification qui perturbent déjà le fonctionnement de tous les océans du monde.