Une marche pour la justice pour les victimes du crime de Vale

Crédit photo : Coletivo de Comunicação do MAB

Le 25 janvier est le jour anniversaire de la rupture du bassin de retenue des résidus géré par la compagnie minière Vale, qui a déversé plus de 10 millions de mètres cubes de déchets toxiques sur Brumadinho, dans l'État de Minas Gerais.

Le 20 janvier, le Mouvement des personnes affectées par des effondrements de barrages (MAB) a entamé une marche de 300 kilomètres s'achèvera le 25 janvier.

Près de 350 marcheurs sont partis de Belo Horizonte et, à leur arrivée à la cour de justice de Minas Gerais, ils ont déposé des documents prouvant que celle-ci n'a pas tenu sa promesse de rendre justice aux victimes des délits miniers commis dans cet État.

IndustriALL Global Union se joindra à cette marche à la date anniversaire et participera à d'autres manifestations organisées par le MAB à la mine de Córrego do Feijão, dans le centre de Brumadinho, pour rendre hommage aux victimes et réclamer justice.

"IndustriALL est solidaire de la société civile, de la communauté et des organisations religieuses, des fédérations syndicales et des syndicats nationaux de mineurs du monde entier. Et nous menons activement campagne pour obtenir justice et des indemnisations,"

a déclaré Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL.

Avec la catastrophe de Brumadinho, c'était la deuxième fois que Vale provoquait une tragédie de grande ampleur au Brésil. La première s'est produite à Mariana, également dans l'État de Minas Gerais, lorsqu'un barrage a cédé dans une mine exploitée par Samarco, une société détenue par Vale et BHP, avec des conséquences catastrophiques. 19 personnes ont perdu la vie lorsqu'un torrent de boues toxiques s'est déversé sur 663 kilomètres, jusqu'à la mer.

Au début du mois, le ministère public brésilien a inculpé pour homicides l'ancien directeur général de Vale, dix fonctionnaires et cinq agents du TÜV SÜD, l'organisme de contrôle chargé de l'inspection du barrage.

"Nous félicitons le ministère public brésilien qui a entendu les appels des communautés affectées, des syndicats et de la société civile," a déclaré Glen Mpufane, le Directeur d'IndustriALL en charge des mines.

"C'est un message envoyé à l'industrie lui disant qu'elle ne peut plus agir comme si de rien n'était et que, maintenant, il va falloir indemniser. La justice compte beaucoup, mais elle ne donnera pas à manger à ceux dont les existences ont été détruites."

En 2018, IndustriALL et l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) ont déposé plainte contre BHP et VALE SA au titre des Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales. Elle portait sur les facteurs qui ont contribué à la rupture des parois des bassins de retenue.

Deux ans plus tard, le Point de contact national (PCN) brésilien a publié une déclaration officielle refusant de rendre des conclusions spécifiques. IndustriALL et l'IBB ont exprimé leur déception et dit que le PCN avait failli à son rôle fondamental de médiateur entre les syndicats et les entreprises.

"Le fait que le PCN n'ait pas répondu à notre demande rapidement et de manière satisfaisante explique que Vale n'ait pas réellement changé sa façon de procéder. Des changements auraient épargné les victimes de Brumadinho," a déclaré Valter Sanches, qui a ajouté :

"Vale et BHP n'ont toujours pas expliqué avec précision pourquoi les barrages ont cédé. Hélas, la décision du PCN n'impute pas la responsabilité à Vale et ne donne aucune garantie quant à ce que Vale fera à l'avenir." 

Les travailleurs du pétrole iraniens protestent contre les salaires impayés

Pendant les manifestations, les travailleurs ont demandé l’aide et la solidarité de la direction, en scandant “Modiriat hemayat, hemayat” (Direction, soutenez-nous, soutenez-nous).

Le recours excessif à de la main-d’œuvre en sous-traitance crée des problèmes pour les travailleurs à plusieurs niveaux. Selon les travailleurs, la direction du complexe pétrochimique  Khomeini fait appel à une société de ressources humaines extérieure, qui à son tour sous-traite les embauches par l’intermédiaire d’autres sous-traitants. En fonction de l’ampleur des besoins, plusieurs entreprises différentes finissent par fournir des travailleurs à un moment donné, selon une pratique courante dans le secteur pétrochimique iranien.

Le complexe pétrochimique n’a pas de relation contractuelle directe avec les travailleurs et par conséquent aucune obligation financière envers eux. Ainsi, à l’expiration d’un contrat avec la société de ressources humaines, les travailleurs sont licenciés et immédiatement exclus du site. Souvent, l’entrepreneur qui a employé le travailleur disparaît sans payer les salaires dus. La cascade de contrats de mise à disposition fait qu’il est difficile pour les travailleurs de réclamer leur salaire, car la législation nationale existante ne leur offre que peu de protection, voire pas du tout.

En outre, chaque sous-traitant prend une commission de 10 à 15 % sur le salaire du travailleur ; lorsqu’il arrive entre ses mains, il ne lui reste que moins de 50 % de la prestation initiale.

Dans une tentative pour résoudre les problèmes et améliorer les conditions de travail au complexe pétrochimique Imam Khomeini, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a adressé une lettre au Président iranien, exhortant les autorités du pays “à agir sans délai pour que le complexe pétrochimique Imam Khomeini à Mahshahr cesse de sous-traiter les emplois, recrute directement ses travailleurs et garantisse des conditions de travail décentes sur le site”.

Le complexe pétrochimique Bandar Imam Khomeini est le plus grand fournisseur iranien de produits pétrochimiques pour l’exportation, générant chaque année des millions de tonnes de produits dérivés du pétrole.

"Vale nous a tous assassinés"

"Je suis une mère et je meurs un peu plus chaque jour. Je suis toujours engluée dans la boue de ce barrage."

Le 25 janvier 2019 à 12h28, Andresa Rodrigues a perdu son fils unique quand ont cédé les parois du bassin de retenue des déchets de la mine de Corrego do Feijão qu'exploite Vale à Brumadinho, au Brésil. Pour elle, c'était un meurtre; il faut que la loi soit plus stricte pour éviter que cela se répète.

Quelques mois après que le corps de son fils ait été retrouvé, Andresa a exprimé sa peine et sa détermination pour faire qu'aucune autre mère n'ait à vivre ce qu'elle a vécu pendant cette année.

"Mon fils Bruno était incroyable, il était mon rayon de soleil.

"J'ai cherché ce soleil pendant 105 jours.

"Il a été assassiné le 25 janvier, on l'a retrouvé le 5 mai et enterré le 6 mai", précise-t-elle.

Bruno Rocha Rodrigues avec sa mère, Andresa

Bruno Rocha Rodrigues a obtenu son diplôme d'ingénieur de production en 2018. Il a fait un stage chez Vale avant d'être engagé comme technicien de production. Il vivait avec sa mère à Mário Campos, une ville voisine de Brumadinho. Le jour de la catastrophe, Andresa a appelé son fils, mais elle n'a pas eu de réponse. La dernière fois qu'elle l'a vu, c'était le 25 janvier au matin, lorsqu'il est parti au travail.

Bruno était très heureux de travailler pour cette entreprise; il aimait son travail et le défendait.

"J'ai visité son lieu de travail en 2018 et lui ai demandé s'il avait peur de travailler là-bas; il a dit non. Il n'imaginait pas qu'il y ait du danger."

Les déchets de l'exploitation minière après la rupture du barrage de Brumadinho 

Vale est une compagnie privée, cotée en bourse, ayant son siège au Brésil et présente dans une trentaine de pays. Elle est le premier producteur mondial de minerai de fer que ses clients transforment en acier, et est de ce fait un élément essentiel de la chaîne d'approvisionnement de la métallurgie.

Bassins de retenue des résidus : l'impact d'une mauvaise gestion

Les résidus d'exploitation sont des matières solides, des boues et eaux usées qui subsistent après l'extraction des minéraux et métaux du minerai brut. Leurs propriétés physiques et chimiques varient, mais tous sont très toxiques et, s'ils sont relâchés dans l’environnement, ils peuvent avoir des effets dévastateurs sur l'eau, la faune et la flore.

Ces résidus sont généralement stockés dans des installations de surface qui peuvent être des sujets de préoccupation dans les exploitations minières en raison de la surveillance et la maintenance que nécessite leur sécurisation. C'est pourquoi ils doivent être contrôlés et sécurisés régulièrement.

Vale est membre de l'International Council on Mining & Metals (ICMM) où elle est représentée par son P-DG. L'ICMM a adopté des principes directeurs pour prévenir les défaillances de ces bassins de retenue, après l'effondrement de celui de Fundão à Mariana, en 2015.

Ces principes de l'ICMM reconnaissent que les compagnies ont un grand rôle à jouer en créant une industrie minière et des métaux plus sûre et plus durable. Les membres de l'ICMM s'engagent à travailler ensemble, et avec les gouvernements et les communautés locales, afin d'améliorer la qualité de vie au-delà de l'extraction des minéraux et métaux qui sont à la base de notre mode de vie moderne.

"L’adhésion se gagne. Devenir membre de l’ICMM implique un processus rigoureux d’admission," peut-on lire dans les conditions d'adhésion figurant sur le site de l'ICMM.

Vale n'a pas respecté les normes de maintenance des bassins de retenue de l'ICMM. Cet accident tragique aurait pu être évité si des mesures avaient été prises.

Pour Andresa, cette tragédie aurait certainement pu être évitée. Lorsque le barrage a cédé, les boues ont mis trois à quatre minutes pour atteindre l'endroit où son fils travaillait mais, comme il n'y avait pas de système d'alarme, les travailleurs n'ont pas pu être prévenus.

Andresa Rodrigues avec les photos des victimes de la rupture du barrage, à Genève en Suisse

"Ils ont été enterrés vivants. Les gens qui travaillaient là étaient des jeunes qui auraient pu s'échapper rapidement, mais leur lieu de travail n'avait pas de dispositif d'alarme. S'il y en avait eu, ces 272 personnes auraient pu s'échapper, mais ils ont été enterrés vivants."

La situation n'a pas évolué : 272 personnes ont été tuées et 11 corps n'ont toujours pas été retrouvés. Les 83 travailleurs qui ont survécu n'ont toujours pas été indemnisés, et Vale refuse de discuter avec le syndicat qui représente les travailleurs externalisés.

La catastrophe du barrage de Brumadinho aurait pu être évitée. Le nombre de victimes a été extrêmement élevé, tout comme les conséquences pour les communautés locales et les dégâts à l’environnement. L'enquête sur les causes de la catastrophe a été faite n'importe comment par Vale. Si Vale s'était comportée de manière responsable, cette tragédie aurait pu être évitée.

"Il y a encore des survivants qui travaillent pour extraire les cadavres de la boue, ce qui est psychologiquement très dur. C'était donc un crime, et cela reste un crime. La façon dont Vale traite les survivants et les familles est inhumaine," déclare Andresa.

Beaucoup de familles se sont réunies régulièrement depuis la catastrophe et collaborent avec les communautés locales, les survivants, les pompiers, la police et des politiciens locaux pour trouver les corps manquants et faire en sorte que Vale soit tenue responsable de ce qui s'est passé.

"En premier lieu, il faut être sûr qu'aucun corps ne se trouve plus sous la boue. C'est notre premier combat. Ensuite, il faudra que Vale soit punie pour son crime, pour avoir tué nos proches. Il faut qu'elle demande pardon. Elle a tué 272 personnes et va continuer à nous tuer jour après jour. Ces familles périssent un peu plus chaque jour.

"Nous voulons un monument avec les noms de nos êtres chers. Nous voulons que Vale soit condamnée pour cet acte criminel; ceux qui ont commis ce crime doivent aller en prison. Il faut aussi une indemnisation financière parce que nos êtres chers sont morts à cause de la cupidité de l'entreprise. Elle a fait passer ses bénéfices avant la vie. Il faut que la justice soit exemplaire dans ce cas parce qu'il faut que plus personne ne meure à cause de l'exploitation minière,"

conclut Andresa.

Le syndicat s’oppose aux violations des droits des travailleurs chez Petro Oil Kenya

Depuis 2011, Petrol Oil Kenya prive les travailleurs de leur droit d’adhérer à un syndicat. Le KPOWU a porté l’affaire devant les tribunaux et le 13 décembre 2019, le tribunal de Mombasa compétant en matière d’’emploi et de relations de travail a statué que l’entreprise devait reconnaître le syndicat dans les 30 jours suivant son jugement.

Cependant, au lieu de se conformer à la sentence, Petrol Oil Kenya a commencé à modifier les conditions d’emploi des travailleurs, refusant de leur permettre de prendre des jours de congé, et a externalisé les stations où le syndicat comptait le plus de membres.

En vertu du droit du travail kényan, un employeur “doit reconnaître un syndicat aux fins de négociation collective si ce syndicat représente la majorité simple des employés éligibles”.

En licenciant les travailleurs syndiqués, Petro Oil Kenya prive le KPOWU du droit à la négociation collective avec l’employeur, qui est protégé par la loi. Le syndicat dispose d’une majorité simple dans la plupart des stations-service et devrait être reconnu.

Raphael Olala, Secrétaire général du KPOWU confie :

“Nous contestons le moment choisi aussi bien que l’intention de licencier plus de 30 de nos membres, ainsi que l’externalisation de plusieurs stations immédiatement après que les travailleurs ont signé les formulaires d’adhésion au syndicat. Le harcèlement, la victimisation et la résiliation de contrats par Petro Oil Kenya parce que des travailleurs auraient adhéré à un syndicat doivent cesser.”

Dans un courrier adressé à l’entreprise, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, souligne le soutien à la lutte du syndicat pour mettre fin à ces écarts de conduite :

“Nous sommes consternés par le déni flagrant de la part de Petro Oil Kenya des droits des travailleurs à la liberté d’association, d’organisation, de négociation collective et de pratiques de travail équitables qui sont protégés par la Constitution du Kenya, le droit du travail et les conventions de l’Organisation internationale du travail. Il est choquant qu’une entreprise puisse ignorer une décision de justice qui statue contre elle et en faveur du syndicat. En ce qui concerne IndustriALL, nous continuerons à lutter contre ces pratiques de travail déloyales.”

Les syndicats mongols réclament une réforme du code du travail

L’affilié à IndustriALL Global Union, la Fédération des syndicats des travailleurs de l’énergie, de la géologie et des mines de Mongolie (MEGM), qui représente 22 000 mineurs, a présenté ces revendications lors d'une conférence de presse organisée dans la capitale du pays, Oulan-Bator, au début du mois.

Khuyag Buyanjargal, président du MEGM, a déclaré que le syndicat avait reçu des rapports selon lesquels de nombreuses entreprises appliqueraient des tableaux de service différents (40/20, 20/10, 28/14 ou 14/7, par exemple) au détriment de la sécurité des travailleurs.

« Réglementer le temps de repos dans le code du travail permettrait de s'assurer que les travailleurs disposent de suffisamment de repos pour éviter les accidents.

« Les longues journées de travail, les changements fréquents de quarts et le travail dans des mines situées loin de leurs foyers privent les travailleurs de leur temps de repos. Les compagnies minières devraient prendre ces informations au sérieux et comprendre que l'augmentation du temps de repos des travailleurs est une mesure préventive », a déclaré Buyanjargal.

La Mongolie a enregistré 328 accidents miniers entre 2015 et 2019, qui ont fait 139 blessés et 38 morts. Le nombre d'accidents miniers s’est accru en 2018 et 2019.

L’augmentation du taux de divorce a suivi l'essor de l'industrie minière du pays, multiplié par 2,5 en 2018.

« Nous avions soumis une demande officielle au président du Parlement, Zandanshatar.G, et au Premier ministre, Khurelsukh.U. Les mineurs ont demandé à plusieurs reprises une réforme du code du travail; nous exhortons le gouvernement à examiner sérieusement cette proposition », a déclaré M. Buyanjargal.

Le directeur d'IndustriALL en charge du secteur minier, Glen Mpufane, a indiqué:

« IndustriALL Global Union appuie sans réserve la demande de son affilié, MEGM, qui soulève la question cruciale de la relation entre le temps travaillé/les tableaux de service et la santé et la sécurité, y compris la question de l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, qui sont deux questions cruciales pour le tissu familial des mineurs et de leurs familles. »

Un blocage pousse les métallos turcs à la grève

La dernière convention collective en date, qui couvrait près de 200 lieux de travail, y compris de grandes multinationales, est arrivée à expiration en août de l'an dernier. 

Les négociations ont débuté en octobre, les trois syndicats demandant des hausses de salaires de 26 à 34 pour cent et de meilleures conditions de travail dans une convention de deux ans, tandis que l'Association turque des employeurs des industries du métal (MESS) voulait un contrat de trois ans. 

La MESS proposait des hausses de salaires allant du taux de l'inflation, 6,05 pour cent, à 8 pour cent et ensuite 10 pour cent, que les syndicats ont rejetées parce trop éloignées des revendications et des attentes des travailleurs. 

Pour Adnan Serdaroglu, le Président de Birleşik Metal-İş : 

"Nous créons de la richesse et nous voulons notre part. Il faut que les travailleurs de la métallurgie obtiennent satisfaction, sinon nous utiliserons notre droit de faire grève, inscrit dans la constitution." 

Après trois sessions de négociation infructueuses, les syndicats ont commencé à lancer des actions en décembre, avec des piquets de grève, des manifestations, des arrêts de travail et des campagnes dans les médias. 

Le 19 janvier, des dizaines de milliers de travailleurs de la métallurgie ont participé à des rassemblements organisés à Bursa par Türk Metal et à Gebze par Birleşik Metal-İş, pour montrer leur détermination à se battre pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. 

"Ces manifestations sont organisées pour les millions de personnes qui sont écrasées dans ce pays, qui ne peuvent pas vivre avec les salaires actuels. Elles témoignent de notre résistance; nous gagnerons ce combat ensemble," 

a déclaré Pevrul Kavlak, le Président de Türk Metal. 

D'après les syndicats turcs de la métallurgie, le niveau de l'inflation, conjugué à la dévaluation de la livre turque, font que les salaires pratiqués dans la métallurgie turque dépassent à peine le salaire minimum national. 

"Nous condamnons dans les termes les plus vifs l'intransigeance des employeurs devant les revendications légitimes des travailleurs de la métallurgie. Nous les exhortons à entamer un dialogue digne de ce nom avec les syndicats pour conclure une convention qui mette fin aux salaires de misère," 

ajoute le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches. 

Quant au Secrétaire général d'IndustriALL Europe, Luc Triangle, il déclare : 

"Nous soutenons nos syndicats turcs dans leur combat pour une hausse des salaires équitable. Il faut que les travailleurs obtiennent une part équitable des hausses de productivité. Nous soutenons nos affiliés dans toutes les actions qu'ils entreprendront dans les prochains jours et les prochaines semaines pour obtenir une convention collective satisfaisante."

Les syndicats ukrainiens s’opposent à une réforme anti-ouvrière du droit du travail

Ensemble avec d’autres projets soumis en décembre de l’année dernière, le dernier projet, n° 2708, ne protège que les intérêts des employeurs et prive les travailleurs de leurs droits et garanties sociales. S’ils sont adoptés, ces projets supprimeraient les délégations syndicales au niveau de l’entreprise, saperaient la capacité des syndicats à protéger les travailleurs et conduiraient finalement à l’élimination des syndicats en Ukraine.

Le jour de l’examen du projet de loi sur le travail, près de mille syndicalistes ont constitué un piquet dans le bâtiment de la Commission parlementaire pour la politique sociale. Le projet est en contradiction avec la législation nationale, y compris la Constitution de l’Ukraine, et les normes internationales fondamentales du travail, y compris les conventions 87, 131 et 98 de l’OIT.

Ce récent projet comprend 99 articles et est censé réglementer toutes les relations de travail. Tant le projet récent que le projet précédent soumis au Parlement en décembre 2019 sont remplis de dispositions juridiques anti-ouvrières, avec notamment la possibilité de fixer une journée de travail de 12 heures au lieu de la limite actuelle de 8 heures ; la réduction du paiement des heures supplémentaires, permettant le paiement à hauteur de 120 % au lieu du double actuellement ; des possibilités supplémentaires et facilitées de licenciement, y compris celui des femmes enceintes et des femmes en congé de maternité, à la discrétion des employeurs ; l’abolition des congés additionnels pour les travailleurs employés dans des industries dangereuses, pour les parents en charge d’une famille nombreuse et les mères d’enfants handicapés ; ainsi que l’élimination des garanties sociales pour les catégories vulnérables de salariés.

Le 16 janvier, les dirigeants et les représentants de 60.000 syndicats locaux qui représentent 7.000.000 de syndiqués en Ukraine se sont réunis à Kiev dans le cadre d’une activité du Conseil général syndical ukrainien sur la protection des droits constitutionnels, du travail et socio-économiques des travailleurs et des syndicats. Bien qu’invités, ni le Président ni le Premier Ministre n’ont participé à cette rencontre.

Le Conseil a adopté une résolution reprenant les revendications des syndicats, notamment :

Après l’adoption de la résolution, les participants se sont rendus en cortège devant les bâtiments de la Présidence, du Parlement et du Gouvernement et y ont remis un exemplaire de la résolution.

Valeriy Matov, membre du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union et Président du syndicat Atomprofspilka a déclaré :

“Le Conseil a soumis la résolution syndicale aux autorités de l’État. Nous leur demandons de retirer le projet de loi sur le travail et d’engager un véritable dialogue social sur la réforme du droit du travail. Sinon, les syndicats organiseront une action de protestation dans toute l’Ukraine ce 30 janvier”.

Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Ensemble avec nos affiliés, les syndicats nationaux et les fédérations syndicales internationales, nous nous opposons fermement à la réforme du droit du travail en l’absence de consultations appropriées avec les syndicats d’Ukraine. Nous exhortons le Parlement d’Ukraine à retirer immédiatement le projet de loi sur le travail n° 2708 et nous appelons le gouvernement de l’Ukraine à lancer des négociations tripartites avec les représentants des travailleurs et des employeurs en vue d’adopter un Code du travail en stricte conformité avec la législation du travail nationale et internationale et les conventions ratifiées par l’Ukraine.”

Les syndicats représentant les travailleurs chez thyssenKrupp exhortent la multinationale à maintenir ses activités dans les ascenseurs

Le conglomérat multinational allemand thyssenkrupp est en difficulté financière en raison des mauvais résultats affichés par certains de ses secteurs d'activité. Le bilan de la multinationale affiche un déficit de 4 milliards d'euros. Aussi, thyssenkrupp cherche à vendre certaines de ses activités pour réunir des fonds.

Cependant, des activités de thyssenkrupp sont extrêmement florissantes et rentables, comme celles dans le secteur des ascenseurs. La multinationale envisage plusieurs options pour réunir les fonds dont elle a besoin: 1) garder le contrôle de la branche Elevator, mais l’inscrire en bourse en tant que société indépendante et réunir des fonds grâce à une émission publique d'actions, 2) trouver un partenaire et vendre une partie d’Elevator, tout en en conservant le contrôle, et 3) vendre la totalité de la branche, au risque que le nouveau propriétaire la scinde.

Les syndicats représentant les travailleurs chez thyssenkrupp sont favorables à la première option. Le Comité d'entreprise de la branche Elevator a écrit au Directoire et au Conseil de surveillance pour leur indiquer que:

« Avec la scission d’Elevator, thyssenkrupp se sépare non seulement de sa branche la plus rentable mais aussi d’environ un tiers de l’effectif salarié total dans le monde…

« Une vente majoritaire ou complète n’entraînera qu’un effet financier ponctuel. Par la suite, les bons résultats de la branche ascenseurs ne pourront plus contribuer de façon permanente à améliorer le bilan de thyssenkrupp AG. »

Les syndicats ont exhorté la multinationale à ne pas fractionner la branche Elevator expliquant que:

« L'une des raisons pour lesquelles le groupe Thyssenkrupp Elevator est si prospère et rentable est que l’ensemble du secteur dispose de nombreuses fondations. La diversité et les interdépendances mondiales constituent une force fondamentale. C'est pourquoi l'unité du groupe Elevator doit aussi être préservée à l’avenir. »

Les syndicats ont rappelé à la multinationale que si la vente devait avoir lieu, l'acheteur potentiel devra conclure, conformément aux accords existants, un accord de fair owner ou de best owner avec IG Metall, l’affilié allemand à IndustriALL Global Union. Cet accord devra englober la totalité des quelque 53 000 salariés du groupe répartis dans le monde, dont la majorité sont employés hors d'Europe.

Matthias Hartwich, Directeur en charge du secteur industriel à IndustriALL, a déclaré :

« Sans la conclusion d’un accord de fair owner ou de best owner, les comités d'entreprise et les syndicats n’approuveront pas la vente de la branche Elevator. IndustriALL restera aux côtés des 53 000 salariés d’Elevator employés à travers le monde, et défendra leurs droits et leurs intérêts. Les salariés ne doivent pas payer le prix des mauvaises décisions de gestion du passé. »

L’Uruguay devient le premier pays à ratifier la Convention 190 de l’OIT

La nouvelle Convention et la nouvelle recommandation ont été adoptées lors de la Conférence internationale du Travail en juin 2019. La Convention reconnaît que la violence et le harcèlement constituent une menace pour l’égalité des chances et sont inacceptables et incompatibles avec le travail décent.

Le gouvernement uruguayen a soumis le projet de loi de ratification au Parlement en septembre 2019 et la Chambre des Représentants l’a adopté à l’unanimité le 17 décembre 2019, faisant de l’Uruguay le premier État membre de l’OIT à ratifier la C190.

“Comme il a maintenant ratifié la Convention de l’OIT, l’Uruguay devra adopter une approche inclusive, intégrée et sensible au genre pour prévenir et éliminer la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Cette approche s’appliquera à la fois aux secteurs privé et public, à l’économie formelle et informelle ainsi qu’aux zones urbaines et rurales.”

a déclaré un communiqué officiel publié par le Bureau du Président de l’Uruguay.

Le communiqué indique également que la législation exigera des employeurs qu’ils prennent les mesures appropriées pour prévenir la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

Le processus de ratification a été facilité par le fait que l’Uruguay dispose déjà de lois pour traiter certaines des questions couvertes par le C190, telles que la législation sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et concernant les relations entre étudiants et enseignants, ainsi que celle sur la violence sexiste à l’égard des femmes.

En novembre de l’année dernière, IndustriALL Global Union a lancé une campagne pour encourager ses affiliés à travailler ensemble pour assurer la ratification de la Convention et son incorporation dans la législation nationale.

Par l’intermédiaire du Bureau de l’égalité des sexes de la centrale syndicale uruguayenne PIT-CNT, les affiliés d’IndustriALL en Uruguay ont participé activement aux pourparlers tripartites sur le processus de ratification.

Fernanda Bader, représentante du Bureau de l’égalité des sexes et membre de l’UNTMRA, s’est ainsi exprimée sur la récente ratification :

“Nous avons promu la ratification de la C190 en Uruguay depuis le Bureau de l’égalité des sexes et de la diversité du PIT-CNT. Nous travaillons depuis longtemps sur la question du harcèlement sexuel et de la tolérance zéro à l’égard de la violence sur le lieu de travail et nous sommes très au fait de la question de la sensibilisation des différents syndicats par le biais d’ateliers sur la violence sexiste.

Ensuite, nous travaillons sur des dispositions en matière de genre, en collaboration avec les entreprises et le Ministère du travail. Une fois que la C190 a été ratifiée, nous avons tenu des assemblées avec l’UNTMRA pour informer les gens sur sa portée. De nombreuses travailleuses affiliées à l’UNTMRA ont été confrontées au harcèlement sexuel au travail, c’est pourquoi nous pensons que la ratification est très importante pour lutter en faveur d’un monde du travail sans violence.”

Le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani, a conclu :

“La Convention 190 est un outil important pour lutter contre la discrimination et les inégalités au travail. Nous félicitons nos affiliés en Uruguay pour leurs efforts inlassables en vue de lutter contre la violence sexiste, ainsi que le gouvernement pour avoir ratifié la nouvelle convention qui contribuera à créer un monde du travail exempt de violence et de harcèlement.”

En Afrique du Sud, les syndicats ne veulent pas de la scission d'Eskom

Cette action fait suite à l'annonce, par le gouvernement, de la scission d'Eskom en trois entreprises qui assureront chacune la production, le transport et la distribution d'électricité. Pour les syndicats, ce dégroupage, qui masque en réalité une privatisation, causera la perte de milliers d'emplois. Actuellement, Eskom occupe près de 100.000 personnes tout au long de sa chaîne de valeur. 

Les syndicats réclament la démission du ministre des Entreprises publiques, Pravin Gordham, et la dissolution du conseil d'administration qui n'a pas su sortir Eskom d'une crise qui a atteint son paroxysme l'an dernier lorsque des coupures d'électricité d'une ampleur sans précédent ont plongé le pays dans l'obscurité. 

Le Syndicat national des mineurs (NUM) et le Syndicat national des ouvriers de la métallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA), tous deux affiliés à IndustriALL Global Union, ont voulu présenter leur cahier de revendications au nouveau directeur général du groupe, Andre De Ruyter, qui ne s'est pas déplacé, préférant leur envoyer des membres de l'équipe de direction. 

Les syndicats veulent notamment qu'Eskom soit confiée à "des gestionnaires crédibles et compétents, pas à des politiciens", et que le personnel soit associé à la prise de décision. Ils veulent être représentés au conseil d'Eskom et siéger dans son comité exécutif.  

Ils révèlent qu'Eskom achète cher à des producteurs indépendants de l'électricité qu'elle revend à perte à ses clients. Elle ne réclame pas non plus l'argent que lui doivent les municipalités et d'autres débiteurs, tandis que des activités frauduleuses ont creusé un trou énorme dans ses finances. Eskom est endetté à hauteur de plus de 400 milliards de rands (27,8 milliards $). 

Quand Eskom a changé les critères des primes de productivité, les travailleurs n'ont pas été consultés et les syndicats réclament maintenant un retour à la situation antérieure. Ils veulent que les services qui ont été externalisés soient réintégrés pour mettre fin à des situations de travail précaire et rendre une sécurité d'emploi aux travailleurs protégés par les conditions de service d'Eskom. 

Diana Junquera Curiel, la Directrice de l'industrie de l'énergie d'IndustriALL, a déclaré : 

"Nous exhortons le gouvernement sud-africain à reconnaître les syndicats qui représentent le secteur de l'énergie en tant que parties prenantes et à les consulter sur les matières affectant les travailleurs. Nous avons constaté des cas similaires dans d'autres pays et le dégroupage se solde toujours par des licenciements et une dégradation des conditions des travailleurs. Même dans ces cas-là, les syndicats doivent négocier une indemnisation équitable."