Les syndicats vietnamiens se félicitent du nouveau code du travail

En décembre 2019 l'Assemblée nationale du Vietnam a adopté un nouveau code du travail qui entrera en vigueur en janvier 2021.

Il permet aux travailleurs de constituer des syndicats indépendants sur leur lieu de travail; les salaires seront négociés entre les employeurs et les salariés avec leurs représentants, mais les employeurs devront se conformer à la politique nationale de salaire minimum; les heures supplémentaires sont plafonnées à 40 heures par mois et 200 heures par an, quoique pour le textile, l'habillement, la chaussure et l'électronique, c'est 300 heures par an; l'âge de départ à la retraite est porté de 60 à 62 ans pour les hommes et de 50 à 55 ans pour les femmes; le harcèlement sexuel est interdit ainsi que la discrimination dans l'emploi fondée sur la race, la nationalité, l'appartenance ethnique, le sexe, l'état civil, la grossesse, les conceptions politiques, le handicap, le VIH.

Pour Tran Quang Huy, le Président du Syndicat national vietnamien des travailleurs de l'industrie et du commerce :

"Ce code du travail est très progressiste et donne l'occasion aux syndicats de stimuler son processus de réforme, en promouvant les fonctions des syndicats et leur rôle dans la protection des travailleurs."

La Secrétaire régionale d'IndustriALL, Annie Adviento, a rendu hommage à cette décision audacieuse d'aligner la législation du travail vietnamienne sur la Convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.

"Le fondement de la liberté syndicale est de faire en sorte que des travailleurs aient le droit d'organiser des travailleurs sans interférence superflue."  

Solidarité pour la lutte en Ukraine

Lors de la journée d’action #HandsOffUkraineUnions (ne touchez pas aux syndicats ukrainiens), des syndicalistes du monde entier ont remis des lettres de protestation aux ambassades ukrainiennes, demandant au Président de retirer ce projet de loi sur le travail qui porte atteinte aux droits des travailleurs et à la liberté syndicale.

Cette action a coïncidé avec une mission de haut rang de la CSI et de la CES menée en Ukraine du 25 au 27 février. En collaboration avec la Fédération des syndicats d’Ukraine et la Confédération des syndicats libres d’Ukraine (KVPU), la mission a rencontré le ministre de l’économie, Timothy Milovanov, la présidente de la commission parlementaire sur la politique sociale, Galina Tretyakova, ainsi que la présidente de la commission parlementaire sur l’intégration de l’Ukraine à l’UE, le chef de la délégation de l’UE en Ukraine, le coordinateur national de l’OIT, l’Ombudsman et la fédération des employeurs.

Les délégations de l’UE et de l’OIT en Ukraine publieront des rapports détaillés, précisant quelles dispositions du projet de loi sur le travail sont en contradiction avec les conventions de l’OIT et le droit européen.

Selon le Secrétaire général de la CES, Luca Visentini, la mission a reçu des engagements clairs de la part de Milovanov et de Tretyakova pour parvenir à un accord avec les syndicats. Ils ont également été informés que les résultats du groupe de travail tripartite seront pris en compte pour s’assurer que le projet de loi soit conforme aux conventions de l’OIT et à Accord d’association entre l’Ukraine et l’UE.

Mikhailo Volynets, Président de la KVPU, a déclaré :

“Notre devoir n’est pas de nous imposer à nos partenaires sociaux, mais d’avoir un dialogue social et de faire entendre nos voix. Notre objectif est de défendre les travailleurs ukrainiens et de défendre le mécanisme qui assure leur protection.”

La réforme législative en cours est considérée comme une attaque directe contre les droits syndicaux en Ukraine, visant à détruire le mouvement syndical. La mission a donc demandé à l’OIT d’examiner également le projet de loi sur les syndicats.

Le 28 février, IndustriALL, ensemble avec la CSI, l’ISP et l’UITA, a rencontré deux représentants de haut rang de la Mission permanente de l’Ukraine auprès des Nations unies à Genève. Le groupe a remis une lettre destinée au Président, exprimant ses préoccupations et ses revendications concernant le projet de loi.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous exhortons le gouvernement à tenir les promesses faites à l’occasion de la mission des Fédérations syndicales internationales. Nous continuerons à apporter un soutien solidaire aux syndicats ukrainiens pour veiller à ce que les droits des travailleurs et des syndicats soient respectés conformément aux normes fondamentales de l’OIT.”

Initiative ACT: une stratégie potentielle vers des salaires décents en Éthiopie

L’initiative ACT (Action, Collaboration, Transformation) d’IndustriALL Global Union offre une stratégie possible par sa capacité à trouver des solutions aux problèmes systémiques rencontrés par les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’industrie textile.

Les lois sont en place et la Constitution affirme les droits des travailleurs. En outre, la nouvelle Proclamation sur le travail (2019) reconnaît que:

« Les relations entre les travailleurs et les employeurs sont régies par des principes fondamentaux de droits et d’obligations visant à permettre aux travailleurs et aux employeurs de parvenir à une paix sociale durable. »

Le pays est également signataire de la Convention (n° 87) sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que de la Convention (n° 98) sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Comment les syndicats peuvent-ils alors saisir cette opportunité?

La possibilité pour les syndicats de recruter et de syndicaliser librement les travailleurs dans les zones industrielles, la négociation collective et le dialogue social ont été parmi les principales questions abordées lors de la table ronde de l’OIT sur la promotion du travail décent et l’industrialisation inclusive, tenue dans la ville éthiopienne d’Addis-Abeba, les 26 et 27 février.

Le gouvernement éthiopien était représenté par le ministre d’État du Travail et des Affaires sociales, Ayelech Eshete, qui a indiqué que la promotion du travail décent par les partenaires sociaux devrait instaurer la confiance. Ont également participé à la réunion des employeurs, des marques mondiales et des syndicats, dont la Confédération des syndicats éthiopiens.

L’initiative ACT était représentée par IndustriALL, H&M et PVH. L’initiative soutient les salaires décents, de meilleures conditions de travail et une véritable représentation des travailleurs, la signature de conventions collectives nationales et des meilleures pratiques d’achat par les marques mondiales.

Par exemple, grâce à l’initiative ACT qui permet la signature d’accords juridiquement contraignants, les propriétaires d’usines bénéficient de travailleurs motivés, d’une productivité plus élevée et de relations commerciales plus solides à long terme. En outre, les marques disposeront de fournisseurs de qualité fiables qui respectent les droits des travailleurs et de l’homme, y compris ceux des travailleuses, ainsi que le devoir de diligence à l’égard des chaînes d’approvisionnement.

L’affilié à IndustriALL, la Fédération industrielle du syndicat des travailleurs du textile, du cuir et de la confection (IFTLGWTU), a invité H&M et PVH à discuter avec le syndicat des moyens de collaborer vers l’obtention de salaires décents en Éthiopie.

Angesome Yohannes, président de l’IFTLGWTU, a déclaré :

« Les marques sont un trait d’union important entre les employeurs et les travailleurs. Elles sont importantes pour notre campagne de syndicalisation et de recrutement dans les zones industrielles. Actuellement, les syndicats n’ont pas accès à ces zones et des milliers de travailleurs se voient refuser le droit à adhérer à un syndicat. »

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a indiqué:

« Les employeurs doivent parler aux syndicats. Il est essentiel qu’une compréhension mutuelle, ainsi qu’une communication et un dialogue s’instaurent à tous les niveaux. L’engagement devrait se faire au niveau de l’industrie et exige de dissiper les craintes et de changer les mentalités pour instaurer la confiance. Tout cela peut se faire par le biais de l’initiative ACT qui s’attaque aux problèmes systémiques rencontrés par les chaînes d’approvisionnement du vêtement et qui ne sont pas propres à l’Éthiopie. »

Selon l’OIT, le secteur éthiopien de l’habillement et du textile est composé de 200 usines qui emploient 62 000 travailleurs, dont 95 % de femmes.

Un monde du travail sans violence et sans harcèlement

La conférence mondiale des femmes d'IndustriALL, qui s'est tenue en novembre dernier, a adopté des conclusions qui contribueront à ancrer plus solidement l'égalité hommes-femmes et la promotion des droits des femmes dans tous les aspects de notre action.

Cette conférence a conçu pour nos syndicats un agenda transformatif, en identifiant les étapes d'un changement inaltérable des rapports de forces, des structures et cultures qui permettront d'éliminer les causes profondes des inégalités dont les femmes continuent de souffrir dans les syndicats et dans le monde du travail d'une manière plus générale.

IndustriALL mettra plus spécialement l'accent sur les mesures nécessaires à la réalisation de l'égalité hommes-femmes qu'a identifiées la conférence des femmes, et au premier rang de celles-ci la lutte contre la violence fondée sur le sexe.

Il n'y aura pas d'égalité dans nos industries et nos syndicats tant que la violence fondée sur le sexe n'aura pas été éradiquée.

IndustriALL mène campagne pour la ratification de la convention 190 de l'OIT car, en tant que syndicat, nous avons un grand rôle à jouer pour faire que cette convention soit ratifiée et incorporée dans les législations nationales. Avec d'autres Fédérations syndicales internationales, nous avons élaboré des matériels dont nos affiliés peuvent se servir à des fins de sensibilisation.

Mobilisons-nous le 8 mars pour l'avancement des droits des femmes !

Vous pouvez rejoindre notre Groupe Facebook des femmes d'IndustriALL et faire part de vos projets pour le 8 mars. Vous pouvez aussi utiliser cette plateforme pour rendre compte des actions que vous avez menées, ou vous pouvez envoyer vos photos à [email protected] et à [email protected] et nous nous en servirons pour faire la promotion de vos actions.

Veuillez utiliser les hashtags #ALLWomen #C190 #ITCANCHANGELIVES sur les réseaux sociaux.

Les mineurs de charbon ukrainiens amènent des défis au Président

Ces dernières années, les mineurs employés par les entreprises publiques ont pris des mesures pour attirer l’attention sur leur sort en se rendant à Kiev pour des manifestations, en dressant des piquets de grève devant les administrations locales, en bloquant des routes, en faisant des grèves de la faim et même en restant sous terre.

Un décret présidentiel de décembre de l’année dernière a fait naître l’espoir que l’industrie minière ukrainienne pourrait évoluer vers un mieux, alors que des mesures devaient être prises pour payer les arriérés de salaires des mineurs des charbonnages appartenant à l’État et empêcher la répétition de telles dettes.

“Malheureusement, les choses ne se sont pas améliorées, mais plutôt aggravées. Les arriérés de salaire s’élèvent à plus de 1,1 milliard de hryvnias (44,7 millions de dollars)”,

indique le Président du Syndicat indépendant des mineurs d’Ukraine, Mikhailo Volynets.

Cependant, lors de la réunion, le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a promis que tous les arriérés de salaires seraient versés dans les deux mois.

Plus de 400 délégués d’entreprise et de syndicats du charbon, des autorités locales des régions minières ainsi que le ministre de l’énergie ont discuté des moyens de sortir de la crise de ce secteur, de la manière d’éliminer les arriérés de salaires et de l’avenir des régions minières d’Ukraine.

L’Ukraine importe du charbon, qui coûte des dizaines de milliards de hryvnias, alors que les aides d’État à la production nationale de charbon diminuent. Le ministre ukrainien de l’énergie, Oleksiy Orzhel, a déclaré qu’il ne voyait pas d’avenir pour la plupart des entreprises nationales d’extraction du charbon.

Victor Turmanov, Président du Syndicat des travailleurs de l’industrie du charbon d’Ukraine, a déclaré que la réforme du secteur du charbon doit être faite par les professionnels de cette industrie.

“Il faut qu’il y ait une commission nationale pour l’industrie du charbon au sein du cabinet ministériel ukrainien.”

Le Président a souligné qu’il fallait faire usage de l’électricité et du charbon propres à l’Ukraine en premier lieu et que les importations ne devraient être envisagées que lorsque la production nationale est insuffisante.

“Nous devons créer des perspectives socio-économiques pour développer nos bassins charbonniers. Nous devons élaborer un programme national pour la reconversion équitable des régions minières”.

Le Président a également promis qu’aucune mine ne serait fermée sans fournir de nouveaux emplois aux mineurs, et a promis de visiter personnellement les villes minières et d’élaborer un plan pour leur développement.

Pakistan: un accident dans une carrière de marbre témoigne du carnage coutumier dans les mines

L’accident s’est produit après que les affiliés à IndustriALL dans le secteur minier aient fait état d’au moins 40 décès dans des accidents miniers depuis le début de l’année. Les syndicats représentant les travailleurs dans le secteur minier pakistanais dénoncent des méthodes obsolètes, des équipements inadéquats et des mesures de sécurité dérisoires.

Le risque de décès et de blessures dus à des explosions, à des éboulements et à la défaillance du matériel dans les mines et les carrières sont très élevés. Les accidents, qui se produisent en majorité dans les mines de charbon, ne sont pas systématiquement enregistrés. Mais, bien qu’il n’existe pas de statistiques fiables, les recherches réalisées par IndustriALL Global Union et ses affiliés révèlent que 200 mineurs meurent en moyenne chaque année.

Au moins 40 travailleurs ont été tués depuis le début de l’année 2020. Le 25 février, deux mineurs ont été pris au piège dans une mine de charbon à Dara Adamkhel; alors que l’un a pu se libérer, l’autre est décédé. Un mineur a été tué le 23 de ce mois à Duki, dans la province du Baloutchistan; dix, la veille dans une carrière de marbre; quatre, le 12 février à Duki; un, le 4 février à Duki; et deux, le 3 février dans le bassin houiller Much Coalfield.

Les pratiques minières sont rudimentaires tant dans les petites et moyennes mines de charbon privées que publiques, et notamment dans le secteur informel. Ces mines opèrent sur une base contractuelle ou par le biais de contrats de sous-traitance; avec de nombreuses petites mines de charbon opérant illégalement.

Sans formation ni qualification, les mineurs descendent jusqu’à 2 500 mètres de profondeur sans protocoles de sécurité. Les accidents sont fréquents. Les mineurs sont asphyxiés par du monoxyde de carbone en raison d’une mauvaise ventilation. Les mines de charbon produisent du gaz de méthane hautement inflammable à l’origine d’explosions.

Les accessoires de protection personnelle de base ne sont pas mis à disposition des travailleurs. L’absence d’équipes d’intervention d’urgence adéquatement équipées rend difficile le sauvetage des victimes. Les accidents ne font pas l’objet d’enquêtes. Les travailleurs ou leurs familles sont à peine indemnisés. Les mineurs de charbon sont exposés à de graves maladies professionnelles telles que l’asthme, la bronchite et le cancer du poumon; la gastro-entérite et l’hépatite; ainsi que des troubles psychologiques.

Le mécanisme d’inspection laisse à désirer. L’industrie minière pakistanaise, qui ne fait pas l’objet d’un véritable contrôle par le gouvernement, est la moins réglementée au monde. Les lois sont obsolètes et ne sont pas conformes aux pratiques internationales. La Loi sur les mines de 1923 est toujours en vigueur, mais ses mesures de sécurité ne sont pas respectées.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Depuis plusieurs années, nous demandons instamment au Gouvernement pakistanais de prendre des mesures pour stopper le carnage qui a lieu dans l’industrie minière. Bien que nous fournissions un appui pour améliorer la sécurité de l’exploitation minière, le gouvernement doit ratifier et mettre en œuvre la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines, dispenser une formation en matière de sécurité et mettre en place un mécanisme d’inspection approprié. »

Le Pakistan possède d’importantes réserves de charbon et utilise principalement des méthodes d’exploitation manuelles et semi-mécanisées. Le charbon est utilisé dans les fours à briques, l’industrie du ciment et la production d’électricité. Plus de 100 000 travailleurs sont employés dans 400 mines de charbon situées dans des zones reculées et isolées.

Les grandes compagnies minières peuvent-elles répondre aux attentes de la société ?

Le Rapport RMI de 2020 est une évaluation basée sur les faits de 38 compagnies minières de grande taille exploitant 780 sites dans le monde et représentant 28 pour cent de l'activité minière mondiale calculée sur la valeur de production. Les grandes compagnies minières mondiales figurent dans ce palmarès.

IndustriALL, qui contribue à cet index, est préoccupé par les résultats de ce travail de recherche portant sur les six grands thèmes que sont le développement économique, la conduite des affaires, la gestion du cycle de vie, le bien-être de la communauté, les conditions de travail et la responsabilité environnementale.

Ce rapport arrive à un moment crucial pour une industrie minière mondiale en butte à de vives critiques contre sa manière d'agir à la suite de récents désastres écologiques et d'effondrements de bassins de retenue, de violations des droits de l'homme et de conflits sur les conditions de travail et les droits des travailleurs, de l'adaptation au changement climatique et à Industrie 4.0, etc., qui compromettent l'adhésion sociale à son fonctionnement.

Ce rapport est d'autant plus préoccupant compte tenu du rôle essentiel de l'industrie minière qui doit nous fournir les minéraux indispensables à la transition vers une économie décarbonée. On ne peut plus faire comme si de rien n'était. L'industrie doit passer de la parole aux actes, c’est-à-dire "analyser et agir pour améliorer l'efficacité de ses mesures de gouvernance sociale, environnementale et économique" plus qu'elle ne l'a fait auparavant pour éviter les accusations de "verdissage des OMD" qu'on peut trouver dans le rapport.

Le comportement des compagnies minières en matière de conditions de travail est extrêmement préoccupant pour IndustriALL Global Union, en particulier lorsqu'il s'agit de la santé et la sécurité au travail. Une constatation accablante est que très rares sont celles qui assurent le suivi de stratégies et plans pour la santé et la sécurité au travail élaborés en collaboration avec les représentants des travailleurs, sans compter que très peu d'entre elles se montrent disposées à écouter ces représentants sur la question de la santé et la sécurité des travailleurs.

"Nous voulons que les compagnies minières laissent de côté la rhétorique et s'engagent à améliorer la santé, la sécurité et les conditions de travail et respectent le droit d'organisation, le droit de négocier collectivement et la liberté syndicale, tout en veillant à ce que les rémunérations soient supérieures ou tout au moins égales au salaire de survie,"

déclare Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL.

"Compte tenu des incertitudes qui pèsent sur l'avenir des mineurs en raison des défis du changement climatique et de l'avenir du travail, il est impératif que, non seulement, l'industrie minière consulte et dialogue réellement avec les travailleurs et les syndicats, mais aussi qu'elle conçoive et mette en œuvre des stratégies destinées à réduire au maximum et atténuer les effets des licenciements collectifs résultant des réductions, des suspensions ou de l'automatisation des activités,"

pour Glen Mpufane, le Directeur d'IndustriALL en charge des mines.

Photo de la mine de Randfontein, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Photo : Paul Saad, Flickr, Creative Commons

Le syndicat signe un accord historique avec Ternium Guatemala

Les travailleurs ont été confrontés à un comportement antisyndical de la part du producteur sidérurgiste depuis la création du syndicat en 2012. En réaction, ils ont lancé une campagne pour sauvegarder leurs droits, soutenue par IndustriALL Global Union et d’autres organisations.

L’accord signé le mois dernier est une immense victoire pour Sitraternium, qui fait partie de Festras, affilié guatémaltèque d’IndustriALL Global Union.

“Sitraternium a été fondé il y a huit ans et nous avons fini par signer notre première convention collective de travail avec Ternium. Nous devons maintenant veiller à son respect,”

a déclaré le Secrétaire général de Sitraternium, Walter Rodriguez.

“Au nom de Sitraternium, je tiens à remercier tous ceux qui nous soutiennent, y compris IndustriALL, son Conseil mondial des travailleurs Tenaris – Ternium, le syndicat argentin UOM, les Métallos USW du Canada, des syndicats nationaux, Festras, nos collègues, amis et conseillers juridiques. Notre unité est notre force de combat.”

Comme suite à la réunion du Conseil mondial d’IndustriALL des travailleurs de Tenaris – Ternium en 2017, le syndicat a décidé de porter le combat devant l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). IndustriALL a déposé une plainte contre Ternium auprès de l’OCDE par le biais de son point de contact national (PCN) pour avoir refusé de reconnaître le syndicat et de négocier avec lui dans ses usines au Guatemala.

En 2018, les représentants de Ternium au Luxembourg ont déclaré au PCN qu’ils négocieraient une convention collective de travail avec Sitraternium. La première réunion entre les représentants de Ternium et de Sitraternium a eu lieu en mars de la même année, mais peu après, l’entreprise a suspendu les négociations.

Le processus de négociation collective a débuté en 2019. En fin de compte, le 29 janvier de cette année, le premier accord a été signé et le lendemain, les documents ont été soumis au ministère du travail pour certification.

Le Secrétaire général de Festras, David Morales, a indiqué :

“Nous sommes très heureux d’être parvenus à un accord. Il y a encore très peu de négociations collectives dans ce secteur au Guatemala, c’est donc un accord important. Nous savons qu’il ne résoudra pas tout, mais nous avons jeté les bases pour de nouveaux succès dans les négociations à venir.”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, ajoute :

“Nous félicitons nos collègues du Sitraternium pour leur détermination et leur dévouement ayant permis d’aboutir à ce résultat historique. La solidarité mondiale et les mécanismes internationaux fonctionnent ; ensemble, nous continuerons notre combat et nous obtiendrons la victoire”.

Ghana: syndicats optimistes suite à la reprise des activités de la mine Obuasi d'AngloGold Ashanti

La Présidente ghanéenne, Nana Akufo-Addo, a présidé la cérémonie de réouverture de la mine Obuasi détenue par AngloGold Ashanti, témoignant de l’importance de l’extraction aurifère pour l’économie ghanéenne. L’exploitation de la mine ayant repris l’an dernier, la compagnie a annoncé espérer produire en moyenne de 350 000 à 400 000 onces d’or par an au cours des 10 prochaines années.

Selon le projet de réaménagement de la mine Obuasi élaboré par la compagnie, plus de 550 emplois locaux seront créés, et un fonds d’affectation spéciale communautaire, auquel l’entreprise contribuera, facilitera le développement local, notamment en matière de santé, d’éducation et d’approvisionnement en eau potable.

Abdul-Moomin Gbana, Secrétaire général du syndicat des mineurs du Ghana, a déclaré:

« L’ouverture de la mine Obuasi est une bonne nouvelle pour le syndicat, les communautés concernées et le pays. Des emplois devraient être créés. En outre, AngloGold Ashanti collabore étroitement avec le syndicat et respecte les droits des travailleurs, y compris leur droit à la liberté syndicale.

« L’entreprise s’est également conformée aux normes de travail durant la période d’entretien et de maintenance. Par ailleurs, nous sommes parvenus à négocier des augmentations salariales il y a deux semaines et nous avons entamé des négociations en vue d’établir une convention collective. »

Glen Mpufane, directeur d’IndustriALL pour le secteur de l’exploitation minière, a indiqué:

« Nous espérons que la réouverture de la mine Obuasi et le projet de réaménagement élaboré par AngloGold Ashanti continueront de prendre en considération les intérêts des mineurs et des communautés d’Obuasi, y compris les mineurs artisanaux et à petite échelle. Afin de promouvoir l’extraction minière responsable au Ghana, ces derniers devraient être régularisés au lieu d’être criminalisés, et la compagnie minière devrait tenir compte des intérêts de toutes les parties prenantes.

En 2015, plus de 3 000 mineurs artisanaux et à petite échelle ont commencé à creuser à Obuasi pour trouver du minerai. En réponse, le gouvernement ghanéen a envoyé l’armée pour occuper la mine et les stopper; et certains d’entre eux ont été arrêtés. Les discussions se sont néanmoins poursuivies entre la Commission des ressources minières, le Conseil traditionnel d’Adansi, l’Association des mineurs artisanaux d’Obuasi, l’Association nationale des mineurs artisanaux du Ghana, l’Assemblée provinciale d’Obuasi et le service de police du Ghana, pour désamorcer le conflit.

Alors que la mine Obuasi au Ghana a réouvert, AngloGold Ashanti a vendu ce mois-ci sa dernière mine, Mponeng, située à Harmony Gold, en Afrique du Sud. Les autres mines, Kopanang et Moab Khotsong, ont été vendues en 2018.

Photo: Un employé de la mine aurifère Obuasi (Ghana), détenue par AngloGold Ashanti, en train de travailler à 330 m de profondeur environ. © Jonathan Ernst/World Bank

Les syndicats bloquent General Electric Nigeria pour des indemnités impayées à 150 travailleurs

Le Syndicat nigérian des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (NUPENG) et l'Association des cadres du pétrole et du gaz naturel (PENGASSAN), tous deux affiliés à IndustriALL Global Union, ont installé des piquets de grève devant les bureaux du GEION à Lagos, le 3 février, pour réclamer le versement des primes dues depuis 2016.

Les syndicats ont rencontré le ministre de l'Emploi et du Travail, Chris Ngige, le 10 février et demandé au gouvernement fédéral d'intervenir à nouveau pour mettre fin aux souffrances des travailleurs. Selon les syndicats, cinq travailleurs d'Arco Group sont décédés depuis tandis que la plupart sont réduits à la pauvreté, principalement à cause des pertes de revenus causées par les licenciements collectifs et ne peuvent plus payer la scolarité de leurs enfants.

Arco Group était lié par contrat avec GEION pour la fourniture de main-d’œuvre et la maintenance d'installations gazières et de turbines pour la firme française AGIP dans le delta du Niger et l'État de Rivers, contrat qui s'est achevé en 2016. AGIP a payé GEION qui était supposé payer Arco Group, lequel devait verser les salaires aux travailleurs aux termes du contrat. Arco Group prétend être dans l'impossibilité de payer en raison des sommes que lui doit encore GEION qui a surfacturé, n'a pas versé le montant des taxes en prélevant 10 pour cent au lieu des 5 exigés par la loi. D'après Arco Group, cette double retenue a été pratiquée de 2006 à 2015.

Lanre Badmus, responsable de la zone de Lagos du NUPENG, a déclaré :

"Le ministère de l'Emploi et du Travail est intervenu et un mémorandum d'accord a été signé avec le NUPENG et d'autres parties. En décembre 2019, les entreprises avaient même promis de payer les travailleurs dans les sept jours. Pourtant, General Electric a prétendu qu'il fallait du temps pour réconcilier les trop-perçus de retenues fiscales avec les chiffres de l'administration fiscale. Les travailleurs qui manifestent ne font rien de plus que réclamer leurs indemnités de licenciement. Il faut cesser de traiter les travailleurs nigérians avec mépris et leurs droits ne peuvent plus être violés sans conséquences."

Lanre Badmus ajoute que, maintenant que l'administration a effectué ces réconciliations, les syndicats sont scandalisés que rien n'ait encore été versé aux travailleurs.

Diana Junquera Curiel, la Directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie de l'énergie, a déclaré :

"Nous appuyons les revendications de nos affiliés qui réclament le versement aux travailleurs d'Arco Group de leurs indemnités et primes de pension. General Electric doit respecter les normes internationales du travail et la législation nationale du Nigeria et mettre fin à ces retards qui plongent les travailleurs dans la misère."