Lula appelle à une coalition mondiale contre les inégalités

Il a été reçu avec joie et enthousiasme par une assistance de près de 200 personnes, des sympathisants qui avaient fait campagne contre son emprisonnement et le coup d'État au Brésil. Beaucoup des journalistes basés à Genève étaient présents à cette réunion retransmise en direct pour beaucoup d'autres.

La presse et les participants accueillent Lula

Lula effectue actuellement une tournée en Europe, où il rencontre des dirigeants de la scène mondiale pour les exhorter à mettre sur pied une coalition contre les inégalités pour ce qu'il appelle le "combat majeur de notre époque". 

Il a évoqué les luttes du 20e siècle, dans lesquelles l'humanité a su agir avec succès par une action multilatérale, et il a déclaré que le grand défi du 21e siècle sera d'assurer une vie décente à tous alors que se creusent les inégalités et que s'érodent les droits des citoyens.

Il a réitéré ce message lors d'entrevues avec le Pape, la maire de Paris, l'économiste français Thomas Piketty, le Directeur général de l'Organisation internationale du travail Guy Ryder, le Directeur de la CNUCED Robert Kozul-Wright et le Conseil œcuménique des Églises.

Lula avec le Directeur général de l'OIT Guy Ryder

Il a rencontré le père de Julian Assange à Genève et a appelé à une action pour la liberté de la presse. Il s'est aussi rendu à Berlin où il a rencontré des syndicats allemands et des organisations progressistes.

Avant la réunion publique de vendredi, Lula a rencontré les dirigeants de syndicats mondiaux basés à Genève – IndustriALL, IBB, UITA, UNI Global Union, ISP et CSI – pour mettre sur pied une campagne coordonnée et une réponse politique destinées à susciter une action contre les inégalités.

Il a souligné l'importance d'un mouvement syndical fort et uni pour défendre la démocratie et lutter pour la classe laborieuse contre la montée de la haine et de l'intolérance représentée par Trump, Bolsonaro et d'autres dirigeants populistes.

À la réunion publique de Genève, Lula a été présenté par son ami Valter Sanches, Secrétaire général d'IndustriALL, qui a rappelé à l'audience son parcours, depuis le statut d'ouvrier à celui de dirigeant syndical pour aboutir à la Présidence du Brésil, et a rappelé ses réalisations à ce poste.

"Pendant ses huit années au pouvoir, Lula a sorti 50 millions de Brésiliens de la pauvreté", a-t-il déclaré.

Les membres du Comité exécutif d'IndustriALL manifestent pour Lula à Genève

IndustriALL a eu un rôle essentiel en condamnant le coup d'État contre la démocratie et en militant pour la libération de Lula, qui a reconnu l'importance de cette campagne mondiale lorsqu'il a déclaré :

"Pendant les 580 jours que j'ai passés en prison, je vous ai entendus depuis ma prison, et vos mots étaient ma dose quotidienne d'énergie qui m'a permis d'en ressortir plus fort, déterminé à prouver mon innocence et reprendre la lutte."

Et il a continué en ces termes :

"Ils m'ont mis en prison parce qu'ils savaient que je gagnerais les élections; et ils ne le voulaient pas."

Lula a lancé un appel enthousiaste et passionné pour la défense de l'action collective démocratique en déclarant :

"Je ne suis pas un révolutionnaire, je suis un démocrate. Je crois en l'utilisation des mécanismes démocratiques pour amener pacifiquement le changement.

"Nous devons mener le combat contre l'inégalité pour donner aux gens l'espoir d'un avenir meilleur et offrir une alternative à la haine que suscitent les nationalistes de droite."

Lula à un rassemblement à Berlin

Après Genève, Lula s'est rendu à Berlin où il a participé à plusieurs réunions publiques, dont une au centre de formation d'IG Metall, où il a été accueilli par le Président d'IndustriALL, Jörg Hofmann. Il a aussi rencontré des élus du parti social-démocrate SPD et de Die Linke, ainsi que la fédération syndicale allemande DGB et la Fondation Friedrich Ebert.

Lula et Jörg Hofmann

Lors de la Journée internationale de la femme, Lula s'est recueilli au mémorial de Rosa Luxemburg, au bord du Landwehrkanal où elle fut assassinée par les fascistes. Il a enregistré un message

Photo: Ricardo Stuckert

Face au COVID-19, il est urgent d’adopter des plans de relance économique et de prendre des mesures ciblant le monde du travail

La propagation rapide du virus SARS-CoV-2 et de la maladie au COVID-19 qui en découle exige de toute urgence une réponse mondiale en vue de protéger la santé et de stimuler l’économie. Les gouvernements et les employeurs doivent agir pour protéger les travailleurs et empêcher la transmission de la maladie dans les lieux de travail.

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que le COVID-19 est susceptible de provoquer un effondrement économique similaire à celui de la récession de 2008. Il est devenu évident que les gouvernements doivent agir de concert et au moyen des institutions multilatérales s’ils veulent raffermir l’économie et garder la population active au travail. L’économie mondiale a besoin d’une relance économique qui atteigne l’économie réelle, les travailleurs et les petites entreprises, et qui donne la priorité à l’emploi, aux moyens de subsistance et aux communautés. Il est essentiel de soutenir les revenus de tous les travailleurs, y compris ceux qui sont à temps partiel, les migrants, les non-résidents, les précaires, jusqu’aux plus mal lotis dans les « petits boulots » informels.

Les travailleurs sont en première ligne des impacts économiques, sociaux et sanitaires de la crise du coronavirus au COVID-19. Ne pas les protéger ne fera qu’accroître la vitesse de la propagation de la maladie. Il convient de prendre des dispositions spéciales pour étendre immédiatement le droit à un congé maladie rémunéré aux travailleurs qui n’en jouissent pas à l’heure actuelle, ainsi qu’en améliorer la portée là où il existe, tout en veillant à des conditions et modalités de travail qui confèrent une protection.

Les travailleurs dont l’emploi est assujetti à des plateformes commerciales devraient avoir accès à une protection sociale et à des indemnités provenant de fonds financés par les plateformes commerciales elles-mêmes.

Le monde se heurte à une crise immédiate susceptible d’atteindre une envergure critique. La propagation du virus dans les pays les plus pauvres, où les infrastructures et les installations sanitaires sont inadéquates, pourrait avoir des répercussions catastrophiques sur des centaines de millions de personnes. En outre, les tensions considérables que fait peser le COVID-19 sur les systèmes de santé vont probablement créer de nouveaux défis de santé publique.

S’il est vrai que les travailleurs de tous les secteurs sont exposés aux risques, c’est sur les travailleurs de la santé et du secteur des soins que repose l’essentiel des efforts d’atténuation et de traitement. Dans de nombreux pays, le financement des soins de santé est insuffisant, ou bien des pans entiers de la population n’ont pas accès aux soins de santé, et même là où les systèmes de santé sont parmi les meilleurs, les répercussions du COVID-19 pourraient être accablantes. Cet aspect doit se retrouver au premier plan de la réponse mondiale à la pandémie.

À mesure que l’impact du virus s’étend davantage, le dialogue entre syndicats, employeurs et gouvernement, tout comme la négociation collective, sont d’une importance vitale pour la protection de la santé des travailleurs et de leurs droits au travail.

Les gouvernements doivent se montrer à la hauteur de l’enjeu pour contrer la crise dès aujourd’hui et se préparer à de futures crises concernant des maladies ou, mieux encore, les prévenir. Les travailleurs et leurs lieux de travail sont au cœur de cet enjeu.

Le Conseil des Global Unions (CGU), qui représente 200 millions de travailleurs du monde entier, exhorte les gouvernements à :

Le CGU exhorte les employeurs à :

Il convient de permettre à tous les travailleurs, si nécessaire, de se faire tester gratuitement et de leur proposer un traitement, des formations, des équipements et des installations pour des formations, en particulier s’ils sont prestataires de services médicaux. Il convient d’accorder une attention spéciale aux travailleurs migrants, dont un grand nombre est particulièrement vulnérable. La vie privée et les données personnelles des travailleurs doivent être protégées lorsqu’ils passent des tests et examens médicaux ou autres dans le cadre des réponses à la menace posée par le COVID-19. Les travailleurs doivent avoir la possibilité de retourner à leur lieu de travail habituel dès que cela sera possible dans la pratique, si les mesures d’endiguement locales et/ou nationales les empêche de le faire, du point de vue financier ou logistique.

Marche historique au Chili à l’occasion de la Journée internationale des femmes

De nombreux manifestants se sont rassemblés sur la Plaza Italia (Santiago), devenue le cœur de l’agitation sociale ayant éclaté le 18 octobre 2019.

Horacio Fuentes, président d’Industrial Chili-Constramet, a déclaré:

« Près de 2 millions de personnes, constituées principalement de femmes, se sont rassemblées pour manifester. Les participants ont exigé la punition des responsables des violations des droits de l’homme commises contre les manifestants ainsi que la création d’une force de police au service du peuple. La manifestation a été un succès, avec une démonstration de force du mouvement féministe. »

Les manifestations ont été ponctuées de démonstrations artistiques et de chants condamnant le patriarcat et les violations des droits des femmes au Chili. Les manifestants ont chanté l’hymne féministe emblématique « Un violador en tu camino » (Un violeur sur ton chemin), créé par le collectif féministe chilien Las Tesis. La chanson et la chorégraphie sont devenues populaires dans d’autres pays, et des versions existent aujourd’hui dans plusieurs langues.

Outre la manifestation de masse, les syndicats et les organisations de la société civile ont organisé une grève générale le 9 mars. Les syndicats affiliés à la centrale CUT se sont engagés à lutter pour une plus grande reconnaissance des rôles des femmes et de la valeur du travail rémunéré et non rémunéré.

Dans le cadre de leur engagement, les syndicats de la CUT ont également appelé le Gouvernement chilien à ratifier la Convention n° 190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

Le 2 mars, plus d’une dizaine de dirigeants syndicaux ont remis une lettre à la ministre de la Femme et de l’Egalité des genres, Isabel Plá. La lettre condamne le silence et l’inaction du gouvernement devant les centaines de rapports faisant état de violations des droits de l’homme depuis le début des troubles sociaux en octobre de l’année dernière. Les syndicats exhortent le gouvernement à réagir et à veiller à ce que justice soit faite pour les femmes et les filles ayant subi des brutalités de la part d’agents de la fonction publique pendant les manifestations.

Les syndicats exhortent également la ministre à prendre des mesures pour accélérer la ratification de la Convention n° 190 de l’OIT. Une fois ratifiée, la Convention pourra être transcrite dans la législation chilienne et permettra de sanctionner légalement la violence et le harcèlement sur le lieu de travail dans le pays.

Les travailleurs du Cambodge et du Myanmar durement touchés par les retombées du coronavirus

Les usines de vêtements dépendent de matières premières en provenance de Chine et, alors que la fabrication a plongé en Chine, les propriétaires d’usines au Cambodge et au Myanmar ont commencé à suspendre leurs activités et à licencier des travailleurs.

Dix usines au Cambodge ont informé le gouvernement que leur production serait suspendue. On estime que 200 usines du secteur suspendront leurs activités ou réduiront leur production. Une source a indiqué que 5.000 travailleurs cambodgiens ont déjà perdu leur emploi.

Les usines qui ont suspendu leurs activités sont obligées de payer aux travailleurs 60 % du salaire minimum et le gouvernement cambodgien a proposé aux employeurs concernés de payer 20 % de ce montant.

Pendant la suspension des activités, les travailleurs doivent recevoir sur leur lieu de travail une formation dispensée par le Ministère du travail et de la formation professionnelle.

La situation économique du Myanmar est également tendue. La Confédération des syndicats du Myanmar a tiré la sonnette d’alarme sur le manque de matières premières en provenance de Chine, qui a entraîné la fermeture de 16 usines et le licenciement de 7.000 travailleurs.

Les représentants des syndicats rencontrent les employeurs et le gouvernement demain pour discuter de la question. La Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM), affiliée à IndustriALL, approchera également les enseignes qui s’approvisionnent au Myanmar pour évoquer l’impact sur les travailleurs.

“Des mesures politiques peuvent être prises,”

a indiqué la Présidente de l’IWFM, Khaing Zar.

“Le gouvernement peut créer un fonds spécial pour soutenir les travailleurs touchés, envisager des réductions d’impôts sur l’électricité et accorder des prêts à taux réduits aux employeurs.”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-est, se félicite de l’annonce du gouvernement cambodgien, mais l’exhorte à faire preuve de prudence s’agissant d’approuver l’application de l’abaissement du salaire minimum.

“C’est une mesure d’urgence qui pourrait facilement être exploitée par des employeurs en ne versant pas le salaire minimum aux travailleurs. Il doit y avoir un processus de diligence raisonnable pour prévenir les fraudes.

Le plus grand nombre d’emplois possible doit être sauvegardé et le gouvernement doit intervenir lorsque les travailleurs perdent leur salaire. Le Cambodge et le Myanmar ont tous deux participé au programme de l’OIT sur le travail décent, qui est axé sur la création d’emplois et la protection sociale des travailleurs.”

Afrique du Sud : 378 mineurs ramenés sains et saufs à la surface

Selon le Syndicat national des mineurs (NUM), affilié à IndustriALL, les mineurs ont été emmenés dans trois baies de réfugiés différentes pour des raisons de sécurité. Néanmoins, les baies, qui peuvent accueillir de 40 à 50 travailleurs à la fois, comptaient 125 travailleurs au moment de l’incident.

La seule voie d’évacuation en service a retardé le sauvetage des travailleurs, qui ont été ramenés sains et saufs à la surface après neuf heures seulement. Une travailleuse qui s’est évanouie a été transportée à l’hôpital où elle s’est rétablie. Aucun travailleur n’a été blessé.

Justice Mabaso, Secrétaire à la santé et à la sécurité au NUM à Rustenburg, a déclaré:

« Nous sommes préoccupés par le fait qu’aucun plan B ne soit prévu en ce qui concerne l’issue de secours. Le ministère des Ressources minérales et de l’Énergie doit s’attacher à résoudre cette question. Nous sommes également préoccupés par le fait que les extincteurs soient à commande manuelle et non automatique. »

Lorsque l’incendie s’est déclaré sous terre, le conducteur du véhicule s’est empressé de se mettre à l’abri. Le NUM s’interroge sur le fait que le conducteur doive utiliser un extincteur à commande manuelle pour éteindre un incendie au risque de mettre sa propre sécurité en danger.

Glen Mpufane, Directeur en charge du secteur de l’extraction à IndustriALL, a indiqué:

« Nous sommes choqués par le nombre des décès et des accidents miniers qui menacent la vie des mineurs en Afrique du Sud. Bien que nous soyons soulagés que tous aient été ramenés sains et saufs à la surface, nous voulons savoir pourquoi le UV 72 a pris feu et le sauvetage a duré si longtemps.

La semaine dernière, dans un autre accident, témoignant du degré élevé de dangerosité des mines profondes sud-africaines, trois travailleurs ont été tués, tandis que quatre autres, dont des membres ont été cassés, ont été secourus. L’éboulement s’est produit à 3,5 kms sous terre dans la mine Mponeng, détenue par AngloGold et listée comme la plus profonde du monde.

Faire entendre la voix des jeunes travailleurs dans les rues

Que s'est-il passé après l'échange de jeunes ?

Actuellement, je suis responsable d'entrepôt à la filiale indonésienne de PT Taisho Pharmaceutical pour la Fédération des syndicats de travailleurs du secteur pharmaceutique et de la santé (FARKES).

La FARKES a constitué en 2018 un comité des jeunes par lequel nous continuons à syndiquer et éduquer des jeunes travailleurs.

Quel est votre rôle de jeune responsable syndical ?

Ces deux dernières années ont été turbulentes en Indonésie; les syndicats ont combattu les tentatives du gouvernement pour réduire les prestations des travailleurs par des amendements de la législation du travail. J'ai participé à plusieurs campagnes ainsi qu'au processus de négociation collective.

S'agissant de la campagne contre les amendements à la législation du travail, j'ai amené une équipe de jeunes travailleurs de ma région à participer à des rassemblements. Je les ai préparés aux manifestations en leur distribuant des drapeaux et donnant des slogans, en expliquant les mesures de sécurité et les contacts d'urgence.

La solidarité est notre plus grande force, et c'est pourquoi les travailleurs descendent souvent dans la rue. En Indonésie aussi, nous descendons dans la rue et faisons entendre notre voix pour que le public et les autorités nous entendent. C'est pourquoi il est très important d'agir, agir et agir encore !

Quels sont les grands thèmes de la négociation collective ?

Il est difficile de négocier les mêmes avantages et prestations pour des membres de la FARKES travaillant des différentes entreprises, car chacune a sa propre politique, sa propre direction, son propre plan d'investissement, etc. Mais nous essayons de trouver la meilleure solution.

En Indonésie, la plupart des entreprises de l'industrie pharmaceutique sont des multinationales pour lesquelles le salaire minimum n'est pas un problème. En général, les salaires sont plus élevés dans le pays d'origine de l'entreprise qu'en Indonésie.

Qu'est-ce que la jeune génération sait des droits des travailleurs et des syndicats ?

C'est à nous de syndiquer les jeunes travailleurs; beaucoup ignorent encore tout à propos des syndicats. Nous expliquons ce qu'est un syndicat pour les jeunes et dispensons une éducation sur l'importance des syndicats. Beaucoup sont très ouverts et enthousiastes à la perspective de se syndiquer.

Les jeunes sont l'avenir du mouvement syndical. Cet article est le premier d'une série intitulée Place aux Jeunes faisant suite au programme régional d'échange de jeunes.

Le syndicat conteste des licenciements abusifs chez Scaw Metals en Afrique du Sud

Le NUMSA souhaite que les réductions d’effectifs soient annulées et que les prestations en faveur des travailleurs soient rétablies.

En outre, le syndicat conseille à l’entreprise de s’adresser au département du commerce et de l’industrie du gouvernement pour le sauvetage de l’entreprise, un processus qui vise à sauver une entreprise de la liquidation et qui implique la restructuration de la dette et de l’exploitation. Au lieu qu’il soit procédé à des réductions d’effectifs, le NUMSA souhaite un programme de reconversion des emplois, des transferts croisés, des formations complémentaires, des formations de recyclage et des formations polyvalentes comme moyens d’éviter les pertes d’emploi sèches. Toutefois, selon le syndicat, Scaw a décidé d’aller de l’avant parce que l’entreprise veut introduire de nouvelles technologies, externaliser et sous-traiter certaines de ses activités sans consulter le syndicat sur ces questions.

Pour faire valoir leurs revendications, les travailleurs ont organisé un piquet de grève dans les locaux de l’entreprise le 27 février et ont présenté à la direction une pétition contenant une liste de leurs revendications.

Kabelo Ramokhathali, le Secrétaire régional de la NUMSA pour Sedibeng, où la société est située, a déclaré :

“La direction de Scaw n’est intéressée que par l’optimisation des profits et la réduction des coûts. Pour y parvenir, les travailleurs sont sacrifiés. Nous nous opposons au licenciement des travailleurs, car il ne correspond pas aux exigences opérationnelles définies dans la législation sur les relations de travail et constitue une tentative de revoir à la baisse les conditions d’emploi des travailleurs.”

Le NUMSA revendique d’être consulté, en particulier lorsque l’entreprise prend des décisions qui affectent les travailleurs en supprimant les avantages obtenus au fil des ans par le biais de conventions collectives et aux termes de la loi.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué :

“Nous appelons Scaw McKinnon à éviter les raccourcis et les licenciements abusifs. L’entreprise doit sauvegarder les intérêts des salariés et consulter le NUMSA avant de licencier des travailleurs. Scaw Mckinnon Chain doit maintenir les salaires et les conditions d’emploi tels que définis dans les conventions collectives.”

Scaw McKinnon Chain fait partie du groupe Scaw Metals qui possède des intérêts dans la production d’électricité, l’exploitation minière, l’ingénierie et d’autres secteurs en Afrique du Sud et dans le monde.

L’économie sud-africaine est en récession après avoir connu une contraction de l’ordre de 1,4 % au cours du dernier trimestre de 2019 ; les syndicats sont préoccupés par les constantes pertes d’emplois.

Photo : photo d’archive de membres du NUMSA à Johannesburg en 2018

Combattre l’inégalité et la violence fondées sur le genre à Madagascar

Ont collaboré à ces activités des hommes et des femmes leaders, ainsi que des représentants du personnel et de tous les syndicats malgaches affiliés à IndustriALL: SEKRIMA, FISEMA, USAM et SVS.

L’objectif de cette semaine d’activités était de faire participer activement les syndicats à la lutte contre la discrimination de genre dans le monde du travail et au sein de leurs organisations.  Les participants ont défini des mesures concrètes pour accroître le leadership et l’adhésion des femmes. Les structures des femmes seront réactivées et mieux reliées aux organes de décision.

Une étude récente menée au niveau mondial par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) montre que 90 pour cent des gens ont une vision entachée de préjugés à l’égard des femmes. Madagascar n’est pas une exception. Les normes culturelles et sociales séculaires ont relégué au second plan le rôle des femmes malgaches, notamment dans la sphère publique. La croyance selon laquelle les hommes doivent diriger et prendre la parole dans les lieux publics est largement répandue.

Les stéréotypes à caractère discriminatoire sont encore courants dans le mouvement syndical malgache. Par conséquent, le mentorat et les formations apparaissent essentiels pour renforcer la confiance dans les femmes, et soutenir leur participation et leur représentation dans les syndicats.  

« Nos syndicats doivent changer de mentalité. Les hommes doivent être prêts à laisser leurs sièges aux femmes et à accepter que des femmes les représentent »,

a déclaré Armelle Seby, spécialiste des questions de genre à IndustriALL.

Les syndicats malgaches s’efforcent d’accroître la participation et la représentation des femmes. USAM a instauré un critère de représentation minimum de 40 pour cent de femmes au niveau national. En 2018, au site minier de Sheritt situé à Moramanga, SEKRIMA, SVS et USAM ont établi un comité mixte sur l’égalité des genres, qui a lancé une campagne de recrutement des femmes et organisé une formation en faveur des femmes sur le leadership et les droits des femmes. Il en a résulté l’élection, pour la première fois, de deux femmes dans l’équipe de direction régionale du syndicat SVS. Un nouveau syndicat local, dont 90 pour cent des membres sont des femmes, a été créé chez l’un des sous-traitants de Sheritt.

« L’engagement des dirigeants syndicaux, en particulier des hommes dirigeants, est fondamental pour que les syndicats s’ouvrent davantage aux femmes à Madagascar. Les syndicats doivent s’adapter à un monde du travail en mutation. Ils doivent être en mesure de répondre aux besoins des travailleuses qui sont souvent les plus touchées par le travail précaire. »  

a déclaré Paule Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL.

Les femmes malgaches sont confrontées à la discrimination à l’embauche, au plafond de verre et à l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. L’absence de transparence salariale dans de nombreuses entreprises favorise ces inégalités. Les syndicats ont également signalé des violations des dispositions relatives au congé de maternité.

Les syndicats luttent activement contre la violence fondée sur le genre. Les syndicats des industries extractive et textile ont dû porter plusieurs cas de harcèlement sexuel devant les tribunaux. Les travailleuses du textile et de l’habillement dans les zones franches industrielles d’exportation sont particulièrement vulnérables. Les syndicats malgaches ont lancé une campagne en faveur de la ratification par le gouvernement de la convention n° 190 de l’OIT. Joints par quelques centaines de membres, ils ont manifesté dans les rues d’Antananarivo au cours de la Journée internationale des femmes dans le but de promouvoir cette nouvelle convention.

Renforcer la puissance syndicale dans le sud-est de l’Europe

Sur les 600.000 travailleurs du textile, de l’habillement et de la chaussure enregistrés en Europe du Sud-Est, peu sont syndiqués et les conditions de travail sont mauvaises. Il est donc urgent d’y renforcer la puissance syndicale afin de garantir des salaires décents et des lieux de travail plus sûrs et plus sains pour ces travailleurs et travailleuses.

Cela signifie qu’il faut donner aux syndicats les moyens de planifier, concevoir et mettre en œuvre des campagnes de syndicalisation. En dépit des nombreux défis, il existe pour les syndicats des opportunités de se développer.

Ce guide est le résultat de plusieurs projets de syndicalisation menés dans le sud-est de l’Europe. Il donne un aperçu du secteur textile dans le monde et en Europe du Sud-Est, en mettant particulièrement l’accent sur les accords-cadres mondiaux (ACM) et sur l’initiative ACT pour traiter de la question des salaires vitaux dans le secteur. Plusieurs grandes marques comptant un ACM sont actives dans la région par le biais de leurs chaînes d’approvisionnement.

Le guide présente également les différentes étapes pour préparer, réaliser et remporter une campagne de syndicalisation. Ces étapes sont accompagnées de ressources supplémentaires, telles que la manière de faire des recherches sur une entreprise, une liste de contrôle pour identifier les bonnes questions, etc.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, confie :

“S’organiser au plan syndical n’est pas facile, mais comme le montrent les exemples présentés dans ce guide, il est possible de renforcer le pouvoir des syndicats dans les usines de textile, de vêtements et de chaussures. Cela nécessite de la détermination, de l’inventivité et une planification stratégique.”

Luc Triangle, Secrétaire général d’industriAll Europe indique :

“Le succès de notre projet est très encourageant. Quelque 6.500 nouveaux membres ont été recrutés dans le secteur du textile en Europe du Sud-Est grâce à ce projet. Trente-six conventions collectives d’entreprise et une convention collective sectorielle ont été signées en Bulgarie et des pourparlers ont été lancés sur des conventions sectorielles en Albanie et en Croatie. Nous espérons que le nouveau guide pratique aidera de nombreux autres affiliés à mener des campagnes de syndicalisation réussies.”

Ce guide est produit dans le cadre d’un projet financé par l’UE, “Renforcer la capacité des syndicats en Europe du Sud-Est à améliorer les salaires et les conditions de travail dans les secteurs de l’habillement et de la chaussure”, réalisé dans le cadre d'une collaboration entre IndustriALL Global Union et IndustriAll Europe. Les syndicats de sept pays ont participé au projet : Albanie, Bulgarie, Croatie, Macédoine du Nord, Monténégro, Roumanie et Serbie.

Les risques des traités d’investissement pour le peuple colombien

Selon un rapport de l’Institut transnational (TNI), de 2016 à 2019, les investisseurs étrangers ont porté 13 plaintes contre la Colombie devant les tribunaux d’arbitrage internationaux. Ces derniers tranchent entre ce qui est le plus important: les profits privés ou l’intérêt général.

Jusqu’à présent, une seule de ces 13 plaintes a été arbitrée: une réclamation déposée par Glencore, en 2016, dans laquelle le tribunal a ordonné à la Colombie de payer 19 millions de dollars américains.

Les traités bilatéraux d’investissement sont généralement liés au règlement des différends entre investisseurs et États, un mécanisme par lequel les entreprises sont en mesure de poursuivre un gouvernement réputé avoir pris des mesures nuisant à leurs profits.

Le gouvernement colombien a conclu six traités bilatéraux d’investissement. Il a également entamé le processus d’adhésion au Traité sur la Charte de l’énergie (CEP), considéré comme le traité de protection des investissements le plus dangereux au monde car il accorde aux investisseurs étrangers dans le secteur de l’énergie des droits étendus les autorisant à poursuivre directement les États devant les tribunaux internationaux.

« Dans le cas de la Colombie, des traités tels que le Traité sur la Charte de l’énergie pourraient empêcher l’élaboration de politiques énergétiques déterminantes pour le passage des énergies polluantes aux énergies renouvelables. La participation des travailleurs aux accords commerciaux et aux négociations des traités s’impose de toute urgence pour garantir la viabilité de l’industrie et un avenir durable sur la base du travail décent »,

a déclaré le Secrétaire régional d’IndustriALL, Marino Vani.

« Nos affiliés colombiens participent au large dialogue sur l’exploitation minière et l’énergie (Mesa Minero Energética), qui a commencé à traiter ce problème. Débattre de cette question est d’une importance stratégique vitale. »

La Colombie n’est pas le seul pays de la région à faire face à ce défi. L’Amérique latine et les Caraïbes comptent actuellement le nombre le plus élevé de traités bilatéraux d’investissement, dont beaucoup n’ont pas fait l’objet de processus de recherche de consensus et de négociation.

Les pays de la région sont également parmi ceux qui font face au plus grand nombre de réclamations au titre du règlement des différends entre investisseurs et États. L’Institut transnational (TNI), par exemple, signale que 267 plaintes ont été déposées contre des gouvernements de la région, soit un tiers de toutes les réclamations enregistrées dans le monde. L’investisseur a bénéficié du verdict dans 70% des 152 affaires résolues.

En 2018, le Comité exécutif d’IndustriALL a adopté un plan d’action global pour une politique commerciale et industrielle internationale équitable, afin d’encourager ses affiliés du monde entier à jouer un rôle dans la négociation d’accords et de traités commerciaux multilatéraux.

Les représentants syndicaux d’IndustriALL en Amérique latine et dans les Caraïbes ont adopté un plan d’action régional visant à mettre en œuvre les directives mondiales. Ils ont décidé de s’opposer aux dispositions relatives au règlement des différends entre investisseurs et États dans tous les accords relatifs au commerce et à l’investissement. Ils exhorteront leurs gouvernements respectifs à se retirer des accords d’investissement comportant des dispositions relatives au règlement des différends entre investisseurs et Etats, et à réécrire les règles relatives à l’investissement en vue de promouvoir le développement durable.