COVID-19 : une crise existentielle pour l’industrie de la confection

IndustriALL a écrit à tous ses affiliés qui représentent les salariés de l’habillement pour leur demander des informations sur le nombre d’usines qui sont en train de fermer, le nombre de travailleurs et travailleuses touchés et toutes les mesures prises par les gouvernements et les employeurs pour atténuer les conséquences.

Le tableau qui se dessine est accablant. Les mesures de distanciation sociale prises dans les pays actuellement les plus touchés par COVID-19 entraînent la fermeture massive de milliers d’usines de confection et le licenciement de millions de travailleurs et travailleuses qui ne bénéficient pas d’un filet de sécurité sociale. À mesure que le virus se répandra dans les pays producteurs de vêtements eux-mêmes, d’autres usines seront contraintes de fermer, mettant potentiellement des millions de travailleurs supplémentaires au chômage.

Alors que les détaillants ferment leurs portes dans les pays touchés, les travailleurs de l’habillement sont censés couvrir le prix des vêtements qu’ils ont déjà confectionnés.

Non seulement les grandes marques et les détaillants annulent leurs commandes à venir, mais ils refusent d’assumer la responsabilité de vêtements déjà produits, utilisant les dispositions d’urgence des contrats pour arrêter les expéditions et éviter de payer les marchandises qu’ils ont commandées. Ainsi, les usines qui détiennent les marchandises ne peuvent pas les vendre au client qui les a commandées et, dans de nombreux cas, ne peuvent pas payer les salaires des travailleurs et travailleuses qui les ont fabriquées.

Les mesures annoncées par les entreprises pour protéger les salaires des travailleurs du commerce de détail et d’autres salariés directs doivent être saluées, mais la sécurité et le bien-être de ceux de leurs chaînes d’approvisionnement, qui ont fabriqué les produits sur lesquels repose leur entreprise, ne doivent pas être ignorés.

Il y a trois étapes critiques pour lesquelles des interventions sont nécessaires, et de nombreux pays ont déjà atteint les étapes 1 et 2 :

1. Versement, maintenant, des salaires aux travailleurs et travailleuses pour les commandes qui ont été réalisées mais ne seront pas payées par les enseignes clientes

2. Versements aux travailleurs et travailleuses pendant les périodes de fermeture des usines, soit par manque de commandes, soit par suite des mesures gouvernementales contre le COVID-19

3. Soutien pour la relance de la production

Une fois que la crise sera passée et que les enseignes et les détaillants mondiaux pourront reprendre leurs activités, combien d’usines seront encore en activité et disposeront d’une main-d’œuvre prête à redémarrer la production ?

À moins que des mesures ne soient prises dès maintenant pour protéger les usines ainsi que les travailleurs et travailleuses pour leur permettre de survivre à la crise, les décisions à court terme prises par les enseignes et les détaillants qui renient les contrats existants finiront par détruire les activités que, précisément, ils cherchent à protéger.

Les enseignes, les employeurs et les gouvernements doivent se réunir de toute urgence avec les syndicats pour trouver les moyens de soutenir les travailleurs et travailleuses de la confection pendant cette période sans précédent afin d’assurer la viabilité future du secteur une fois la crise passée.

Kazakhstan: libération du dirigeant syndical Erlan Baltabay

IndustriALL et la CSI ont dénoncé à de nombreuses reprises les accusations ainsi que les actes d’intimidation et de persécution dont a fait l’objet Baltabay par représailles contre son militantisme syndical et sa position de principe en faveur des autres dirigeants de la Confédération (aujourd’hui dissoute) des syndicats indépendants du Kazakhstan KNPRK entravés à des degrés divers dans leurs libertés.

En juillet 2019, Baltabay a été condamné à sept ans de prison et frappé d’une interdiction d’exercer toute activité publique, y compris syndicale, après avoir été reconnu coupable de fausses accusations de détournement de fonds syndicaux.

Cette condamnation a été prononcée un mois après que l’OIT ait demandé au Gouvernement kazakh de s’assurer que les syndicats « jouissent sans plus tarder de la pleine autonomie et de la pleine indépendance d’une organisation de travailleurs libre et indépendante (…). »

Bien qu’en août 2019, suite à une vaste campagne syndicale internationale en faveur de sa libération, Baltabay soit sorti de prison en vertu d’un décret de grâce du Président du Kazakhstan, ses droits n’ont pas été rétablis.

Son statut de criminel demeure, ainsi que son interdiction d’exercer des activités syndicales. Le restant de sa peine d’emprisonnement de sept ans a été commué en une amende, que Baltabay a refusé de payer. En outre, le dirigeant syndical a préféré faire appel de sa condamnation initiale plutôt que d’accepter la grâce présidentielle pour prouver son innocence et être rétabli dans ses droits fondamentaux.

En octobre 2019, Baltabay a été toutefois condamné à une nouvelle peine de prison de cinq mois et huit jours pour non-paiement de l’amende. Bien qu’il ait effectuée cette dernière dans son intégralité, il lui est toujours interdit d’exercer toute activité publique, y compris syndicale, durant les sept prochaines années.

Kemal Ozkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:

« La libération d’Erlan est une bonne nouvelle, même si elle arrive trop tard. Cela ne signifie pas que tout soit résolu; notre campagne se poursuivra jusqu’à ce que cesse la répression contre les dirigeants syndicaux indépendants et démocratiques au Kazakhstan, un pays qui compte parmi les auteurs de violations des droits du travail les plus durs au monde. »

Au Pérou, le gouvernement fait passer l'intérêt économique avant la sécurité des mineurs

Le 15 mars, le gouvernement du Pérou a déclaré l'état d'urgence pour une durée de 15 jours et imposé des restrictions aux déplacements en réaction à la crise sanitaire causée par le coronavirus.

Deux jours plus tard, le ministère de l'Économie et des Finances a annoncé que ces mesures ne concernent pas l'industrie minière, considérée comme un secteur d'activité essentiel. Par conséquent, il veillera à ce que "les activités indispensables se poursuivent avec un effectif réduit au minimum et avec toutes les précautions de santé et de sécurité nécessaires." Les entreprises concernées peuvent décider quels salariés et sous-traitants constitueront cet effectif réduit.

Or, la Fédération nationale des travailleurs de la mine, la métallurgie et la sidérurgie (FNTMMSP), affiliée à IndustriALL, révèle que des grandes compagnies minières et d'autres entreprises privées imposent à leur personnel de travailler en l'absence des mesures de santé et de sécurité nécessaires, en dépit du risque de contamination.

Le Secrétaire général de la FNTMMSP, Jorge Juárez, explique que des centaines de personnes travaillant dans les mines doivent encore être évacuées :

"Des salariés continuent de travailler parce que les employeurs les ont convaincus en leur offrant des primes. Les grandes compagnies minières n'ont pas mis en place de mesures de sécurité et elles ne veulent pas évacuer les travailleurs. Aucun contrôle n'est effectué sur les sites miniers; personne ne vient vérifier si les entreprises agissent de manière responsable et appliquent les mesures prises."

D'après Jorge Juárez, beaucoup de mineurs souffraient déjà de maladies parce qu'ils travaillent dans la chaleur, en altitude, et sont exposés à la poussière et à la contamination. Cela veut dire que, s'ils sont infectés, ils constituent un groupe à haut risque et ne devraient pas continuer à travailler.

Dans une lettre au Président du Pérou, Martín Vizcarra, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, exprime ses préoccupations devant l'absence de protection des mineurs pendant cette phase de propagation du coronavirus.

"Nous appelons votre gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour aider et protéger les mineurs de votre pays. Comme les travailleurs de différents secteurs essentiels du monde entier, ils sont prêts à jouer leur rôle et consentir un énorme effort. Nous voulons que les mineurs puissent rentrer chez eux sains et saufs lorsque la pandémie sera sous contrôle."

Les travailleurs du pneumatique renvoyés chez eux, le Covid-19 causant la fermeture de leurs usines

Le géant japonais du pneu Bridgestone renvoie chez eux tous les salariés de ses 15 usines en Amérique du Nord et du Sud, arrêtant progressivement la production à partir du 21 mars, en espérant la redémarrer d’ici au 12 avril. L’entreprise utilisera les stocks existants pour honorer les commandes.

“Alors que la société suit attentivement la situation du coronavirus, nous continuons à prendre des mesures dans tous les aspects liés à nos activités pour assurer la santé et la sécurité de nos salariés tout en répondant aux besoins des clients et du marché”,

a déclaré Bridgestone dans un communiqué.

“Ils sont vraiment prévenants pour leurs salariés. Nous espérons que d’autres établissements suivront leur exemple et feront ce qu’il faut pour contenir ce virus,”

a indiqué Steve Vonk, Président de la Section 310 des Métallos USW, qui représente les travailleurs de l’usine.

La rencontre annuelle d’IndustriALL sur la santé et la sécurité chez Bridgestone a été annulée pour cette année en raison de la pandémie.

L’entreprise française de pneumatiques Michelin a également annoncé son intention de laisser tourner ses usines en Europe au ralenti pendant au moins une semaine. Dans une communication faite le 18 mars, le manufacturier a déclaré qu’il s’agissait d’un effort en vue de “protéger la santé de ses employés en lien avec les autorités de chaque pays où il est implanté.”

L’usine de Dundee, en Écosse, qui sera fermée du 27 mars au 13 avril, est l’une des 25 usines européennes à fermer temporairement. Après des discussions avec la direction, le syndicat Unite a accepté la fermeture, pendant laquelle les travailleurs continueront à être payés.

La première réunion du nouveau comité d’entreprise mondial a été annulée.

Le fabricant de pneus américain Goodyear suspend les activités de ses onze sites de production européens et l’ensemble de ses dix-sept sites en Amérique du Nord et du Sud jusqu’au 3 avril au moins. Cette mesure concerne près de 12.000 travailleurs en Europe et 17.000 en Amérique.

Goodyear affirme que les mesures ont été prises en plein accord avec les partenaires sociaux, en prévoyant un redémarrage ordonné de la production lorsque la crise sanitaire sera passée et que la demande reviendra. L’entreprise se conforme également à des mesures strictes de distanciation sociale dans les entrepôts qui resteront ouverts pour maintenir le service aux clients.

Le manufacturier allemand Continental a annoncé cette semaine qu’il arrêterait la production dans ses usines, avec des détails à suivre.

Pirelli, dont le siège social se trouve en Italie, a été particulièrement touché, avec un premier cas de Covid-19 d’un de ses salariés dans son usine du nord de l’Italie.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Les travailleurs doivent bénéficier d’une sécurité de revenu pendant cette crise sanitaire. Les employeurs ont la responsabilité de s’assurer que la santé est protégée et que les plans sont respectés sans exception, que les travailleurs sont intégralement payés comme convenu dans le cadre des négociations collectives et que tout travailleur exposé au COVID-19 a la garantie d’un congé de maladie de la durée nécessaire pour être en état de reprendre le travail.”

Afrique du Sud: un syndicat sensibilise les travailleurs au COVID-19 alors que le nombre de cas augmente

Au cours des deux dernières semaines, SACTWU a organisé des campagnes de sensibilisation au COVID-19 au Cap-Occidental, à Durban, à Johannesburg et à Mpumalanga. Jusqu’à présent, 116 personnes ont été testées positives au niveau national.

Le 15 mars, le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a déclaré la pandémie du COVID-19 « état national de catastrophe », et annoncé la mise en place d’une série de mesures pour contrôler sa propagation, y compris la suspension des vols, des restrictions d’entrées sur le territoire pour les ressortissants des pays fortement touchés par le COVID-19, l’interdiction des rassemblements publics de plus de 100 personnes et la fermeture des écoles, des frontières et des ports maritimes. D’autres mesures préventives de santé publique ont également été mises en place telles que l’organisation de campagnes visant à se laver fréquemment les mains.

Le Conseil national pour le développement économique et le travail (NEDLAC), un forum de dialogue social entre les travailleurs, le gouvernement, les employeurs et les communautés, a recommandé l’adoption de réponses adaptées au lieu de travail pour stopper la propagation du COVID-19.

André Kriel, Secrétaire général du syndicat SACTWU, a déclaré:

« SACTWU a publié une directive à l’attention de ses 2 800 délégués syndicaux dans les 1 500 lieux de travail où nous représentons les travailleurs, avec des instructions visant à faire participer immédiatement les employeurs à l’élaboration de plans d’intervention spécifiques à chaque lieu de travail. Même si cela peut s’avérer difficile, le plan d’intervention devrait notamment inclure les points relatifs à la gestion du temps partiel et du travail par équipes, au changement des heures de travail et des pauses déjeuner afin de réduire le nombre de travailleurs se trouvant au même endroit au même moment. Nous mettons en place une formation de sensibilisation des travailleurs à des interventions de prévention concrètes spécifiques. Il s’agit notamment de la mise à disposition de désinfectants industriels et de désinfectants pour les mains, de vêtements de travail sécuritaires, de pointeuses sûres et hygiéniques, de protocoles de restauration, ainsi que de la réactivation des comités de santé et de sécurité sur les lieux de travail. »

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a indiqué qu’un effort collectif est nécessaire pour contenir la pandémie mondiale du COVID-19 :

« En tant que syndicalistes, nous voulons contribuer activement à ralentir la propagation du virus, à protéger les groupes les plus vulnérables et à donner le temps aux établissements de santé publique du monde entier de se préparer pour éviter d’être submergés et pouvoir soigner ceux qui en ont le plus besoin. »

Le syndicat SACTWU souhaite que les plans d’intervention personnalisés en milieu de travail ne portent pas atteinte aux travailleurs et ne mettent pas en péril les conventions collectives nationales.

Selon le droit du travail sud-africain, les employeurs ont l’obligation de protéger les travailleurs contre la maladie à coronavirus. Les employeurs qui ne s’y conformeraient pas pourraient être accusés de manquer à leurs obligations en matière d’emploi en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail. De plus, les employeurs qui ne paient pas les travailleurs à qu’ils ont demandé de cesser le travail en raison du coronavirus violent la loi sur les conditions fondamentales d’emploi.

Les campagnes de sensibilisation s’appuient sur les expériences acquises dans le cadre du programme de santé des travailleurs élaboré par le syndicat pour faire face à la pandémie du VIH-SIDA. L’ensemble des connaissances tirées du programme sur la prévention, le traitement et le soutien aux travailleurs, à leurs familles et à leurs communautés sont utilisées dans les campagnes de sensibilisation contre le COVID-19. Ce programme fournit également des informations sur les soins à domicile et met l’accent sur l’éducation par les pairs.

Le président d'un syndicat licencié en Serbie

Dalibor Antanasijević, le Président du syndicat de Magna Seating, membre de notre affilié Industrijski Sindikat Srbije (ISS), et principal négociateur de la convention collective, s'est vu interdire l'accès aux locaux de l'entreprise et a reçu un congé payé à durée indéfinie.

Pendant quelque temps, Antanasijević n'a pu consacrer que 45 heures par mois à ses fonctions syndicales, sous la surveillance d'un membre du personnel de sécurité, jusqu'à ce qu'il reçoive une lettre de licenciement.

L'employeur, Magna Seating, qui fabrique des garnitures de sièges pour des clients tels que Ford, Skoda, Audi et Renault, a organisé des campagnes d'intimidation et de coercition dans son usine et entrave le processus de la négociation collective.

D'après le syndicat, un "document d'accord" a été distribué aux travailleurs pour leur faire déclarer qu'ils ne veulent plus que la cotisation syndicale soit déduite de leur salaire.

La Serbie a ratifié les conventions fondamentales de l'OIT sur la liberté syndicale et la négociation collective, et le propre code de bonne conduite de Magna parle de respecter "le droit des salariés de s'associer librement et d'être représentés" et "d'agir de manière constructive avec les représentants reconnus par la loi afin de promouvoir les intérêts de nos salariés."

Dans une lettre à la direction de l'entreprise, rédigée conjointement avec IndustriALL Europe, IndustriALL Global Union écrit : 

“Dalibor Antanasijević a été renvoyé en raison de ses activités syndicales et pour le travail effectué en tant que président démocratiquement élu du syndicat. Son licenciement va à l'encontre de tous les principes fondamentaux que la direction de Magna prétend respecter et promouvoir dans ses déclarations et documents officiels.

“En conséquence, nous vous exhortons à mettre fin à cet antisyndicalisme et cesser toute ingérence dans les activités du syndicat, et à respecter véritablement les normes internationales du travail. Nous vous exhortons aussi à annuler la décision de licencier M. Antanasijević et à le réintégrer sans retard.”

Un piquet de grève débloque la situation en Malaisie

Trois cent cinquante travailleurs se sont rassemblés devant les portes de l’entreprise pour protester contre l’impasse et contre la proposition de la direction visant à un gel des salaires. L’EIEUNR, considère cette proposition injuste, car l’entreprise a réalisé un bénéfice net de 479 millions de ringitts (111 millions de dollars) entre 2016 et 2018.

“Nous suggérons un ajustement salarial de trois à dix pour cent en fonction des années de service, des prestations médicales illimitées, une allocation de maternité de 1.200 ringitts (280 dollars) et une indemnité pour travail posté de 200 ringitts (46 dollars). Ce sont des revendications raisonnables, compte tenu de la situation financière saine de l’entreprise. Le syndicat s’oppose à la réduction des primes et autres avantages acquis par les travailleurs,”

a indiqué Firdaus Saad, qui occupe la vice-présidence de l’EIEUNR.

“L’employeur doit améliorer les conditions de santé et de sécurité dans l’usine. Les travailleurs sont obligés de passer chaque jour par des couloirs et des escaliers remplis de conduites de gaz et de produits chimiques. La direction a promis de s’attaquer au problème, mais rien n’a été fait jusqu’à présent.”

Le piquet de grève a pris fin après qu’Infineon Technologies a invité les dirigeants syndicaux à une réunion et a accepté de reprendre les négociations le 30 mars. La direction a réaffirmé son engagement à ce que la nouvelle convention collective soit conclue d’ici la fin avril et à ce que tous les arriérés de paiement soient versés à compter du 1er janvier 2020.

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL Global Union, exhorte l’entreprise à respecter le dialogue social et à reprendre les négociations de bonne foi avec le syndicat.

“Le partage des bénéfices est un principe de base de la négociation collective ; Infineon Technologies devrait examiner sérieusement les revendications de l’EIEUNR, car les entreprises d’électronique sont généralement en bonne santé en Malaisie,”

a indiqué Annie Adviento.

Pertes d’emplois suite à l’accord de prix de BP à Trinité-et-Tobago

Selon le syndicat, le nouvel accord entraînera une hausse des prix de 100%. De nombreuses compagnies qui utilisent du gaz naturel devront fermer leurs usines par manque de moyen de payer des prix plus élevés. Les fermetures entraîneront des licenciements massifs et auront des effets économiques et sociaux dévastateurs sur des milliers de travailleurs et leurs familles.

« Cela va provoquer une série de fermetures d’usines. YARA International a déjà fermé une de ses usines et devra en fermer deux autres, ce qui aura des incidences catastrophiques sur des centaines de travailleurs. L’ensemble du parc industriel de Point Lisas, au centre du secteur pétrochimique du pays, fait également face à une fermeture imminente »,

a indiqué Ancel Roget, président de l’OWTU et du Mouvement syndical uni (JTUM).

« Le gaz naturel est une ressource qui appartient à la population de Trinité-et-Tobago, qui ne profite pas, de toute évidence, de la richesse de son pays. Nous pouvons affirmer avec certitude qu’une fermeture totale de ce secteur clé provoquera davantage de douleur et de souffrance insupportables à notre peuple. »

IndustriALL considère l’énergie comme l’une des questions majeures de l’agenda politique et plaide en faveur d’un modèle qui protège l’environnement tout en reconnaissant l’énergie comme une condition préalable au succès de l’économie moderne, une source de travail décent et une composante essentielle d’une société juste et équitable.

Dans une lettre adressée au PDG du groupe mondial BP, Bernard Looney, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, appelle à un nouvel accord en matière de prix à Trinité-et-Tobago:

« Compte tenu des répercussions sociales et économiques imprévues de la nouvelle formule de prix sur les travailleurs, l’industrie et l’économie nationale, IndustriALL Global Union exhorte BP à réviser sa nouvelle formule de prix et à renégocier avec le gouvernement de Trinité-et-Tobago. »

Un travailleur de Saint-Gobain Inde licencié pour maladie professionnelle

Son employeur l'a licencié en 2016 après des années de service. En plus de son emploi, il a perdu son assurance-maladie, qui couvrait aussi son épouse et ses parents dont il a la charge. Jayaraj Mathangi, qui est âgé de 35 ans, mène le combat pour ses droits et réclame sa réintégration ainsi qu'une indemnisation pour son état de santé.

Il a commencé à travailler chez Saint-Gobain en août 2008 en tant que stagiaire et, après trois ans, il est devenu technicien de production en février 2011, dans le département du contrôle de qualité.

Le travail de Jayaraj consistait à contrôler chaque jour 300 à 400 cristaux de tungstate de cadmium. Normalement transparents, les cristaux de tungstate de cadmium émettent de la lumière lorsqu'ils sont exposés à un rayonnement X ou gamma, et sont utilisés pour la fabrication de détecteurs à scintillation. Pour tester et calibrer les détecteurs, les travailleurs utilisent du césium 137, un élément radioactif. Le cadmium et le césium sont extrêmement dangereux et doivent être manipulés avec le plus grand soin.

À partir de 2012, Jayaraj a constaté une nette dégradation de sa santé. Il souffrait de maux de tête, de douleurs et d'insensibilité dans les jambes. Il en a informé la direction qui n'a rien fait. Il a consulté des médecins et des analyses ont révélé que le taux de cadmium dans son sang était trois à quatre fois supérieur au maximum tolérable. Il avait des taux élevés de globules rouges et de lymphocytes, des taux anormaux de glucose et des taux trop bas de vitamine D et de calcium. Les diagnostics montraient aussi qu'il souffrait de bronchite, de crampes musculaires et de ramollissement des os.

Bien qu'il soit difficile de démontrer que toutes ces affections sont liées au travail, beaucoup peuvent être provoquées ou aggravées par la toxicité du cadmium et par le rayonnement. Jayaraj est encore en traitement à l'heure actuelle, mais il a été licencié en 2016 pour cause d'absentéisme prolongé.

Les travailleurs ont créé un syndicat dans l'entreprise en 2012. La nouvelle organisation a alors voulu s'attaquer à la question de la santé et de la sécurité, et notamment au cas de Jayaraj. La direction a licencié les travailleurs syndiqués et a offert à d'autres de légères hausses de salaires en échange d'une promesse écrite de s'abstenir de toute activité syndicale à l'avenir. Les salariés de l'entreprise n'ont toujours pas de représentation.

La situation ne s'est pas améliorée, faute d'un syndicat ou d'un organe paritaire de santé et de sécurité représentant les intérêts des travailleurs. Finalement, les dirigeants de l'entreprise ont été reconnus coupables et condamnés par un tribunal de Bangalore, à la suite d'inspections réalisées en 2009 et 2016 dont le rapport cite nommément le cas de Jayaraj et confirme que des teneurs excessives en cadmium ont été trouvées dans le sang de nombreux travailleurs de son département.

L'inspecteur de l'Agence nationale de régulation de l'énergie atomique a constaté que les travailleurs manipulaient à mains nues les conteneurs en plomb scellés contenant des matières radioactives et a recommandé l'utilisation de pinces. Jayaraj a révélé que, pendant l'inspection, seules les conditions de sécurité en rapport avec les sources de rayonnement ont été contrôlées, lesquelles avaient été améliorées peu avant à la suite de sa plainte précédente. L'inspecteur n'a pas visité le département de contrôle de la qualité pour constater l'indigence des conditions de sécurité qui y régnaient.

Dans ses Principes de comportement et d'action, Saint-Gobain s'engage "à prendre les mesures nécessaires pour assurer la meilleure protection possible de la santé et de la sécurité dans le milieu du travail". Les sociétés du Groupe "veillent scrupuleusement au respect des droits des employés. Elles assurent un dialogue social actif". Aucun de ces principes n'a été appliqué chez Saint-Gobain Crystals and Detectors à Bangalore.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a envoyé une lettre au groupe pour réclamer une enquête digne de ce nom sur les problèmes constatés et des mesures adéquates pour remédier à la situation et l'améliorer, y compris mais non seulement :

Renforcer la santé et la sécurité dans les mines du Myanmar

S’exprimant lors de la réunion de planification et d’évaluation du projet de structuration syndicale au Myanmar tenue au début de ce mois, le Président de la MWFM, Thaung Nyunt, a déclaré qu’il ne pouvait y avoir aucun compromis en matière de santé et de sécurité ; les autorités et les employeurs doivent faire passer les vies humaines avant le profit.

“Grâce aux activités du projet d’IndustriALL, nous avons pu faire pression avec succès sur les employeurs pour qu’ils mettent en œuvre des directives de sécurité et désignent des responsables de sécurité. Des comités d’étude conjoints regroupant travailleurs et employeurs ont également été mis en place conformément à la loi.

Les compagnies minières devraient se réjouir de notre campagne de syndicalisation, car les représentants syndicaux superviseront la mise en œuvre des mesures de santé et sécurité dans les mines. Les bonnes pratiques seront mises en œuvre par le biais d’un dialogue social continu.”

“J’attends avec impatience la prise de position de la MWFM sur la Convention 176 sur la sécurité et la santé dans les mines ; il est crucial d’avoir une analyse des lacunes par rapport aux normes internationales du travail que présentent les lois sur la santé et la sécurité au travail dans votre pays pour guider nos actions,”

a déclaré Annie Adviento, Secrétaire régionale du bureau d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est.

Vingt représentants syndicaux de la MWFM et de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM) ont participé à cette planification, avec le soutien de la FES (Fondation Friedrich Ebert). La réunion de planification du projet, d’une durée de deux jours, avait pour but d’identifier les défis liés à la syndicalisation des travailleurs au Myanmar et de formuler un plan stratégique pour augmenter le taux de syndicalisation.

En ouvrant la réunion, le Président de la Confédération des syndicats du Myanmar, Maung Maung, a souligné l’importance d’aller à la rencontre des travailleurs non syndiqués et de les recruter.

Les effectifs de l’IWFM sont passés de 20.449 en 2018 à 24.980 en février 2020. Ceux de l’IWFM sont passés à 7.495 en 2020, soit une augmentation de 57 % depuis 2018.