Les marques partenaires d’ACT s’engagent à des pratiques commerciales responsables au Bangladesh

Dans la majorité des usines de confection du Bangladesh, les travailleurs n’ont pas encore reçu les versements qui leur sont dus pour le mois de mars. Les dirigeants syndicaux de l’IBC soulignent que les travailleurs sont vulnérables, car de nombreuses usines ferment par crainte de l’apparition du virus et, dans certains cas, licencient des travailleurs.

L’IBC demande instamment aux enseignes de payer les commandes qui sont entièrement ou partiellement exécutées et, si possible, d’envisager de payer à l’avance.

Selon la BGMEA, 907 millions de pièces de vêtements d’une valeur de 2,87 milliards de dollars US ont été annulées ou suspendues par des marques et des acheteurs qui s’approvisionnent au Bangladesh. Cela a un impact direct sur les 2,09 millions de travailleurs de l’industrie textile du pays.

Si les marques ne prennent pas possession des articles déjà produits et prêts à être expédiés et ne paient pas au moins le coût de production des commandes en cours de fabrication, il sera pratiquement impossible pour les employeurs de payer les salaires des travailleurs, selon la BGMEA.

La majorité des magasins des marques partenaires d’ACT, dont H&M, Inditex, PVH, C&A, Primark, Next, Lidl, Tesco, Tchibo, entre autres, gardent porte close en Europe et en Amérique du Nord, ce qui entraîne une crise de liquidité.

Toutefois, la plupart acceptent len principe de payer les commandes achevées et envisagent diverses mesures d’incitation et de stimulation pour les fournisseurs afin de garantir la rémunération des travailleurs.

Les autorités du Bangladesh mettront à disposition 50 milliards de Taka bangladais (581.000 dollars) fin avril. Toutefois, cela ne suffira qu’à payer les salaires des travailleurs pendant un mois et il s’agit d’un prêt que les employeurs doivent rembourser avec un taux d’intérêt de 2 %.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :

“Nous souhaitons un accord écrit avec les syndicats concernant la manière dont le fonds alloué par le gouvernement peut être utilisé pour payer les travailleurs. Nous demandons également aux enseignes de contribuer à ce fonds.”

COVID-19: un syndicat sri-lankais protège les travailleurs

Le 18 mars, le gouvernement sri-lankais a décrété un couvre-feu national. L’ensemble des usines et des bureaux, à l’exception de ceux qui fournissent des services essentiels, ont fermé leurs portes.

Néanmoins, malgré les consignes gouvernementales appelant à fermer les usines avant le 18 mars, la plupart de celles situées dans les zones franches sont restées ouvertes jusqu’au couvre-feu. En conséquence, la majorité des travailleurs n’ont pas pu retourner dans leurs villages et se sont retrouvés bloqués dans leurs pensions situées près de ces zones. N’ayant pas reçu leurs salaires, les travailleurs ne peuvent pas subvenir à leurs besoins essentiels.

Dans une lettre adressée au ministre du Travail, le Syndicat des employés des zones franches et des services généraux (FTZ & GSEU), affilié à IndustriALL, a demandé son intervention immédiate pour recommander:

Parallèlement, FTZ & GSEU et le Women Center (Centre pour les femmes) ont lancé un programme de distribution de vivres dans les zones franches. Des représentants syndicaux ont visité des pensions, qui hébergent également des travailleurs payés à la journée employés par l’intermédiaire d’agences sous-traitantes, pour distribuer des colis alimentaires.

Lors de leurs visites, le syndicat a constaté que les pensions n’étaient pas adaptées à la distanciation sociale et ne répondaient pas à bon nombre des mesures de confinement mis en place pour contenir la COVID-19. Ultérieurement, FTZ & GSEU a demandé au gouvernement de prendre des dispositions immédiates pour ramener les travailleurs chez eux.

Les 18 et 27 mars, le gouvernement a pris des mesures pour ramener les travailleurs bloqués à leurs domiciles situés dans différentes régions du pays. Les travailleurs transportés ont été placés en observation par précaution contre la Covid-19 et exhortés à respecter les règles de distanciation sociale.

Un groupe d’étude ministériel a indiqué que les salaires devaient être payés avant la fermeture des usines et que l’absentéisme d’un travailleur en raison du couvre-feu ne pouvait pas être considérée comme un congé annuel et donc déduit des congés personnels. En outre, le groupe a décidé que les salaires des employés pour le mois de mars seraient payés en totalité. Etant donné que de nombreux travailleurs transportés n'ont pas reçu leurs salaires, le FTZ & GSEU a de nouveau appelé le gouvernement à veiller à ce que les salaires dus soient payés.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe à IndustriALL, a déclaré :

« Nous saluons les actions de notre affilié FTZ & GSEU au Sri Lanka, qui a exigé que le gouvernement prenne des dispositions pour que les travailleurs ne subissent pas les conséquences de la crise actuelle. Il est également encourageant de voir qu’ils ont pris l’initiative de distribuer des colis alimentaires aux travailleurs bloqués. »

COVID-19 – Conseils aux travailleurs et aux employeurs

ENGFRASPATUR

En quelques semaines, tout a changé, et rien n'a changé.

Quel que soit le pays où vous travaillez, la loi reste d'application. Même si le libellé des textes de loi et règlements varie d'un pays à l'autre, en règle générale, les employeurs sont tenus de protéger la santé et la sécurité de leurs salariés. Cela consiste notamment à leur fournir des informations, de l'éducation, de la formation et l'équipement approprié pour leur permettre de travailler en toute sécurité. En outre, il se peut que de nouveaux textes aient été spécialement adoptés pour faire face au COVID-19. Assurez-vous que votre lieu de travail répond à toutes les dispositions légales applicables.

Sur le lieu de travail, des systèmes doivent être mis en place en interne

 

Les travailleurs réclament le droit de savoir aussi précisément que possible quels sont les risques et comment ils peuvent être circonscrits. Nous insistons sur le droit de participer à la prise de décision sur les mesures à prendre; ce sont nos vies qui sont en jeu. Cela veut dire que les comités paritaires de sécurité et d'hygiène et les délégués de sécurité syndicaux doivent être pleinement associés à la conception, la mise en œuvre et la surveillance de toutes les mesures prises. Enfin, nous réaffirmons notre droit à refuser d'effectuer un travail malsain ou dangereux si nous avons de raisons de croire que les mesures prises sont inadéquates.

Les employeurs ont la responsabilité d'assurer la santé et la sécurité sur le lieu de travail. Les salariés ont la responsabilité de se conformer et d'appliquer scrupuleusement toutes les mesures mises en place.

Qu'est-ce que le nouveau coronavirus ?

Ce que tout le monde appelle le nouveau coronavirus ou épidémie de coronavirus, répond à l'appellation scientifique de COVID-19 et est causé par un virus qui a récemment fait son apparition, le SARS-CoV-2.

Il est le fruit d'une terrifiante évolution : un virus contre lequel personne n'est immunisé, qui déferle sur le monde alors que des mesures sont mises en place pour ralentir sa propagation afin d'éviter que les systèmes de santé soient submergés.

Pourtant, il s'agit d'une maladie infectieuse comme beaucoup d'autres, et la prévention des infections répond à des principes connus de longue date.

Dans sa brochure du 3 mars 2020 “Getting your Workplace Ready for COVID-19”, l'Organisation mondiale de la santé écrit ceci à propos du COVID-19 :

 

Comment se propage le COVID-19 ?

Lorsque quelqu'un atteint du COVID-19 tousse ou exhale, il projette des gouttelettes de fluide infecté. La plupart de ces gouttelettes tombent sur des surfaces et objets situés à proximité, tels que bureaux, tables ou téléphones. On peut contracter le COVID-19 en touchant des surfaces ou des objets contaminés, puis en portant la main aux yeux, au nez ou à la bouche. Une personne située à 1 mètre d'une autre atteinte du COVID-19 peut l'attraper en inhalant des gouttelettes que celle-ci a projetées en respirant ou en toussant. On peut donc dire que le COVID-19 se propage de la même manière que la grippe. La plupart des personnes infectées par le COVID-19 présentent des symptômes légers et s'en remettent. Mais d'autres peuvent être plus sérieusement atteintes et nécessiter une hospitalisation. Le risque de maladie grave augmente avec l'âge; les personnes de plus de 40 ans semblent plus vulnérables que celles de moins de 40 ans. Celles dont le système immunitaire est affaibli et celles souffrant d'affections telles que le diabète ou des troubles cardiaques ou pulmonaires sont aussi plus exposées à une maladie grave.

  Fièvre    Toux    Essoufflement    Mal de gorge     Mal de tête

 

Quels sont les symptômes ?

Il est important de connaître les symptômes pour pouvoir déterminer si vous-mêmes ou un collègue de travail pouvez être en danger ou constituer un danger pour d'autres. Les symptômes les plus révélateurs d'une infection par le COVID-19 sont la fièvre ou l'apparition d'une toux sèche et continue.
Voici les symptômes le plus souvent observés chez les personnes infectées.

88% des cas               Fièvre
68% des cas               Toux sèche
38% des cas               Fatigue
33% des cas               Expectoration, crachats
19% des cas               Essoufflement
15% des cas               Douleurs musculaires ou articulaires

Les autres symptômes moins souvent signalés sont le mal de gorge, les maux de tête, les frissons, la nausée, le vomissement, l'encombrement nasal, la diarrhée, l'hémoptysie (cracher du sang ou présence de sang dans les sécrétions) et la congestion conjonctivale (yeux douloureux et humides).
La plupart des gens guérissent du COVID-19, sans complications. Cependant un certain pourcentage peut avoir des syndromes respiratoires aigus et/ou contracter une pneumonie. Un état d'une telle gravité peut parfois évoluer en une défaillance organique et une issue fatale. Le risque de complications graves semble augmenter avec l'âge.

Que faire si vous présentez ces symptômes ?

Si vous êtes chez vous et que vous constatez ces symptômes, restez chez vous.

Si vous constatez des premiers symptômes alors que vous êtes au travail, informez-en votre employeur (on doit vous avoir dit qui informer) et rentrez chez vous. Alors que vous attendez un moyen de transport pour rentrer chez vous, tenez-vous à distance des autres personnes, d'au moins 2 mètres. 

Appelez votre médecin. Suivez les dernières consignes en matière de confinement, y compris pour tous vos cohabitants. Si les symptômes s'aggravent, consultez immédiatement un médecin.

Dans la mesure du possible, les employeurs devraient permettre aux travailleurs d'être testés gratuitement pour le COVID-19 en cas de suspicion d'exposition. Notez que, au moment d'écrire ces lignes, les kits de test sont en pénurie, mais ils devraient à nouveau être disponibles d'ici peu.

Comment réagir au COVID-19 sur le lieu de travail ?

Comme c'est le cas pour tous les risques professionnels, les comités paritaires de sécurité et d'hygiène et les délégués de sécurité doivent s'assurer que des procédures, des politiques et des programmes appropriés sont en place. Ceux-ci doivent avoir été convenus de commun accord. Ce n'est pas à l'employeur de décider seul.

Les procédures, politiques et programmes, quels qu'ils soient, ne peuvent fonctionner que s'ils sont suivis. Un protocole destiné à vérifier et contrôler leur application doit aussi être convenu de commun accord.

Identifier le risque

L'identification et l'évaluation du risque doivent se faire conjointement; les seuls à avoir l'autorité morale pour évaluer un risque sont ceux qui courent ce risque. 

* Au début, on a surtout considéré comme porteurs potentiels les personnes ayant voyagé ou celles qui avaient été en contact avec des individus ou des groupes d'individus infectés. Or, à l'heure actuelle la quasi-totalité du monde est dans une situation où la maladie peut se transmettre d'un groupe ou d'une communauté à l'autre. On n'est donc plus dans une situation où le seul danger vient de l'exposition à une personne ayant voyagé.

* Le virus peut se transmettre avant l'apparition des premiers symptômes. Quoi qu'il en soit, chacun doit connaître ces symptômes, pour son bien et pour celui des autres. Voyez, à ce propos, la liste détaillée des symptômes qui précède.

Circonscrire le risque

Les principes d'hygiène individuelle et professionnelle restent les mêmes pour le COVID-19 que pour tout autre risque biologique. Il faut en priorité éliminer ou isoler totalement le risque; réduire au minimum le risque en éliminant, dans la mesure du possible, les possibilités de transmission du virus; et enfin, fournir un équipement de protection individuelle efficace. 

Puisque, dans le cas présent, il est impossible d'éliminer ou d'isoler complètement le risque, étant donné que toutes les personnes présentes sur le lieu de travail – travailleur, sous-traitant, client ou visiteur – peuvent être porteuses, dès lors, pour limiter le risque autant que faire se peut, il y a lieu d'appliquer les stratégies suivantes.

Mesures spécifiques

Hygiène personnelle

Lavage fréquent et complet des mains avec beaucoup de savon et d'eau; des postes de nettoyage des mains aisément accessibles en des points stratégiques et dans tout le lieu de travail.

Des affiches expliquant comment bien se laver les mains peuvent être utiles. 20 secondes au moins, avec beaucoup de savon ou de détergent et d'eau sont nécessaires pour désinfecter les mains.

Évitez de vous toucher le visage, les yeux, le nez ou la bouche avec des mains non lavées. 

Le séchage au moyen de serviettes en papier est préférable aux séchoirs à air chaud qui peuvent disperser largement les virus non éliminés.

Promouvoir une bonne hygiène respiratoire sur le lieu de travail; inviter chacun, lorsqu'il doit éternuer ou tousser, à utiliser un mouchoir en papier pour couvrir tout le nez et la bouche et, s'il n'en a pas, à le faire dans le creux du coude.

D'autres communications et réunions d'éducation et de formation peuvent aussi être utiles.

Hygiène professionnelle

Mesures d'entretien : opérations fréquentes de nettoyage et de désinfection des surfaces, y compris mais pas seulement machines, outils, commandes, poignées, claviers, écrans tactiles, téléphones, appareils de bureau, et portes, rampes d'escaliers et mobilier. Nettoyer les surfaces à l'alcool, au peroxyde d'hydrogène et à l'eau de javel à des taux de concentration suffisamment élevés (minimum 62–71% pour l'éthanol, 0.5% pour le peroxyde d'hydrogène, ou 0.1% pour l'hypochlorite de sodium) et pendant une minute au moins pour les désinfecter. Toute contamination visible par du sang ou des fluides corporels doit être traitée avec un soin tout particulier afin de désinfecter la zone et protéger le personnel de nettoyage. Ces agents doivent être informés ou formés aux méthodes de désinfection indiquées. Un nettoyage fréquent des surfaces et équipements des lieux de travail, lors des changements d'équipes en particulier, peut contribuer à réduire la propagation.

Les employeurs doivent s'assurer de disposer de stocks suffisants de matériel de nettoyage, de serviettes en papier, d'articles de premiers soins et d'équipements de protection individuelle.

Veillez à une bonne circulation d'air (ventilation) sur le lieu de travail.

Distanciation sociale : assurez autant que possible une distance accrue entre les travailleurs (deux mètres ou plus) et autorisez le travail à domicile et les horaires flexibles ou, si possible, le travail en équipes échelonnées afin de réduire le nombre des travailleurs obligés de se côtoyer.

Annulez tous les déplacements et toutes les réunions qui ne sont pas indispensables; remplacez-les autant que possible par des réunions virtuelles. 

Les travailleurs des catégories à risque en raison de leur âge ou de problèmes de santé préexistants doivent faire l'objet d'un régime particulier.

Les meubles et ustensiles des cuisines et des cantines, les couverts, plats et assiettes, etc. doivent faire l'objet d'une attention particulière. 

Les déchets pouvant être contaminés, y compris les mouchoirs en papier usagés, doivent être éliminés avec précaution. Si le virus risque d'être présent dans les déchets, demandez conseil pour leur élimination. Des protocoles particuliers doivent être suivis dans certains cas.

Traitement des malades et personnes potentiellement infectées

Si un cas suspect est identifié sur le lieu de travail, un médecin doit être consulté et la personne concernée doit être immédiatement renvoyée chez elle (ou recevoir des soins dans les cas graves). En attendant un moyen de transport pour rentrer à son domicile, elle doit être isolée des autres; le port d'un masque peut réduire le risque de contamination des voisins par des postillons. Tous les objets et les surfaces avec lesquels la personne en question a été en contact doivent être désinfectés, et toutes les personnes avec qui elle a été en contact doivent être identifiées et faire l'objet d'un suivi.

Équipement de protection individuelle

La décision de fournir un équipement de protection spécial contre le COVID-19 doit faire suite à une évaluation du risque prenant en compte la nature spécifique du lieu de travail et du travail concerné. Les conseils d'ordre général qui suivent ne sont peut-être pas la solution miracle dans votre cas particulier; au besoin, prenez conseil auprès d'un expert.

En général, les masques en papier de type courant ou les masques chirurgicaux ne sont pas nécessaires, sauf dans un établissement de soins ou lorsqu'il s'agit de manipuler des matériels susceptibles d'être contaminés ou dans les contacts avec des personnes qui sont peut-être infectées. Ils peuvent réduire la transmission de la maladie mais peuvent aussi donner un faux sentiment de sécurité. Un masque humide peut même constituer une surface contaminée susceptible de causer une infection lorsqu'il est enlevé ou éliminé, si des précautions particulières ne sont pas prises et que les mains et le visage ne sont pas lavés immédiatement. Même un masque bien ajusté et du bon modèle ne constitue pas une barrière infranchissable pour les virus et, au besoin, un programme de protection respiratoire intégrale est à conseiller pour assurer une formation, un ajustage et une utilisation adéquats.

Toutefois, les travailleurs qui développent des écoulements nasaux ou commencent à tousser au travail devraient recevoir un masque chirurgical à porter jusqu'à ce qu'ils puissent quitter le lieu de travail, cela afin de réduire les risques pour les autres.

Si, en temps normal, le port de gants et de vêtements spéciaux n'est pas imposé sur le lieu de travail, ils ne sont pas, en général, nécessaires pour se protéger contre le COVID-19, sauf dans les milieux des soins de santé ou pour effectuer des tâches spécifiques comme le nettoyage ou la manipulation de matières potentiellement contaminées, ou encore pour entrer en contact avec des gens pouvant avoir été contaminés. Ils peuvent avoir un rôle en réduisant la propagation, mais ils doivent s'accompagner d'un programme de formation et d'éducation, par exemple pour réduire la tentation de se toucher le visage pendant le port de gants.

La propreté, et en particulier le lavage des mains, est jugée essentielle. Assurez-vous que des procédures adéquates sont suivies pour le nettoyage et la désinfection de tous les vêtements de travail, y compris les salopettes, bottes, gants, casques, masques, appareils respiratoires et autres équipements de protection.

Assurez une protection sociale adéquate

Chacun, sur le lieu de travail, doit être conscient que, même les symptômes les plus légers, comme la toux ou un peu de fièvre, veulent dire “restez chez vous”. Ce message doit être répété autant que possible.

Les travailleurs doivent avoir la garantie de toucher leur salaire en totalité en cas d'absence pour maladie; sinon il est à craindre que certains se présentent au travail même s'ils sont malades, et vont ainsi propager le virus.

Tenez compte de la santé mentale et affective : les gens sont craintifs en ces temps d'incertitude, et ceux qui travaillent à domicile peuvent subir un stress résultant de l'isolement social.

Politiques de personnel et conservation des données

Il faut que l'employeur ait un plan expliquant que faire si quelqu'un présente des symptômes sur le lieu de travail et jusqu'à ce qu'il soit acheminé en sécurité vers un établissement de soins.

Les visiteurs doivent être interrogés sur leurs déplacements récents et sur la présence éventuelle de l'un ou l'autre symptôme. 

Il y a lieu de conserver la liste des sous-traitants, clients et visiteurs venus sur le lieu de travail, en précisant les parties dans lesquelles ils se sont rendus, pour le cas où un suivi s'avérerait nécessaire.

Conclusion

Le COVID-19 apporte de nouvelles menaces sur le lieu de travail, mais une chose reste certaine : les syndicats rendent le travail plus sûr !

Les syndicats se hâtent de convertir les usines à la fabrication d’équipements médicaux pour les malades atteints de la COVID-19

Dans le Wisconsin, aux États-Unis, plus de 340 travailleurs de GE Datex-Ohmeda sont mobilisés dans une course contre la montre pour produire des ventilateurs. Les membres de la section locale 1406 du syndicat Machinist Union (IAM), affilié à IndustriALL, qui fabriquent des appareils d’anesthésie, des respirateurs et des appareils pour les nourrissons, ont ratifié en urgence, le 19 mars, une prolongation du contrat d’une année pour pouvoir répondre à la hausse soudaine de la demande de ventilateurs à travers le monde.

L’objectif est de produire autant de ventilateurs que possible dans les 90 prochains jours.

« Devant la difficulté à répondre à la demande de dernière minute de négocier la prolongation du contrat, je suis fier de notre organe syndical qui s’est réuni et a conclu ce contrat avec GE Healthcare si rapidement »,

a déclaré Sheila Jourdan, présidente du comité syndical de la section locale 1406.

« Cette prolongation du contrat montre qu’en tant que membres du syndicat nous pouvons contribuer à lutter contre cette pandémie. »

Le président d’IAM International, Robert Martinez Jr., a indiqué:

« C’est grâce à des hommes et à des femmes dévoués et laborieux comme les membres de la section locale 1406 que je sais que nous traverserons cette crise. Ils sont une source d’inspiration pour nous tous durant cette période où le monde entier doit se solidariser pour venir à bout de cette pandémie. Ils sauvent littéralement des vies et notre syndicat tout entier est très fier d’eux. »

Aux États-Unis, les entreprises textiles ont répondu à l’appel lancé par le gouvernement pour satisfaire les demandes urgentes d’équipements et ont mis en place une chaîne d’approvisionnement pour fabriquer des masques à l’attention des professionnels de la santé.

Actuellement, le constructeur automobile Ford fabrique des écrans faciaux transparents pour le personnel hospitalier ; 75 000 devrait être produit cette semaine.

La société métallurgique brésilienne Flex a été sélectionnée par le ministère national de la Santé pour produire des respirateurs qui seront utilisés dans des unités de soins intensifs affectées à la lutte contre la COVID-19.

Le Syndicat des métallurgistes de Sorocaba et de sa région (SMetal), affilié à CNM/CUT, négocie avec la direction de l’entreprise pour s’assurer que des mesures de protection appropriées sont en place pour protéger les travailleurs. Le syndicat a également demandé des informations sur le nombre nécessaire de travailleurs en service et négocie la prise de vacances collectives pour les autres.

En Espagne, l’affilié à IndustriALL, CCOO, a demandé aux entreprises de consacrer des ressources à la lutte contre l’épidémie. Les industries textile et de la chaussure ont répondu à l’appel et fabriqueront des vêtements de travail pour les agents de santé au lieu des vêtements prévus pour le printemps et l’été à venir. Trois des 13 usines Inditex situées en Galice produiront des uniformes hospitaliers.

Les métallurgistes italiens font grève pour stopper la production non essentielle

De nombreux métallurgistes ont participé à une grève générale de huit heures, déclenchée le 25 mars par les syndicats italiens FIOM, FIM et UILM en Lombardie, région du nord de l’Italie la plus touchée par le COVID-19. Les syndicats locaux font état de taux d’abstention de travail allant jusqu’à 60 à 90 % dans toutes les provinces de la région.

Ce taux élevé s’explique en partie par les mesures déjà mises en œuvre en matière de travail intelligent, d’interruption et de réduction du temps de travail et d’autres procédures mises en place par le biais de revendications des syndicats.

Il s’agit également d’une manifestation de soutien aux demandes syndicales, tant en Lombardie qu’au niveau national, pour revendiquer la fermeture de toutes les activités de production non essentielles.

Les syndicats ont décidé de faire grève pour persuader le gouvernement qui, sous la pression de l’association patronale Confindustria, avait approuvé une vaste liste d’entreprises autorisées à poursuivre la production malgré la pandémie.

Selon la FIOM, FIM et UILM, les entreprises disposent actuellement d’une marge d’interprétation dans ce qui est considéré comme un service essentiel, de sorte que beaucoup poursuivent leurs activités.

Au vu de la propagation actuelle du coronavirus, les syndicats ont déclaré :

“Nous estimons que la liste est trop étendue, incluant également des secteurs d’une importance et d’une nécessité douteuses.”

Un exemple où le travail se poursuit est une usine produisant des moteurs pour des sèche-cheveux et des aspirateurs.

Commentant les résultats de la grève dans une déclaration commune, FIOM, FIM et UILM ont déclaré :

“La mobilisation des métallurgistes était destinée à soutenir l’initiative des confédérations nationales (CGIL, CISL et UIL) auprès du gouvernement, qui s’est rendu disponible pour revoir la liste des activités essentielles qui peuvent donc poursuivre leur fonctionnement. À ce stade, les échanges entre la CGIL, la CISL, l’UIL et le gouvernement ont repris et nous espérons que cette grève donnera également les résultats escomptés et revendiqués. Arrêter les activités de production pendant une dizaine de jours signifie réduire la possibilité de contact entre les personnes et donc contenir les risques de contagion, ce qui est bénéfique à la fois pour la santé des personnes et pour notre système de soins de santé qui doit être préservé du risque d’effondrement.”

Les syndicats “veilleront à ce que tous ceux qui doivent retourner au travail le fassent en toute sécurité et dans le respect de leur santé. Nous n’hésiterons pas, comme nous l’avons montré, à bloquer les activités qui ne sont pas conformes aux exigences en matière de santé et aux mesures de sécurité”.

Dans un message de solidarité, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“IndustriALL Global Union appelle le gouvernement italien à protéger la santé et la sécurité de tous les travailleurs et travailleuses qui continuent à travailler parce qu’ils fournissent des services essentiels ou sont occupés dans des industries manufacturières vitales pendant cette pandémie. En outre, IndustriALL, conformément à la déclaration du conseil de Global Unions du 12 mars, demande la sécurisation des usines ou la fermeture pure et simple des lieux de travail.”

Un syndicat sud-africain du textile obtient la garantie du paiement intégral des salaires pendant la crise du coronavirus

Cet article arrive alors qu'en Afrique du Sud débute ce soir à minuit un confinement strict de trois semaines pour lutter contre le coronavirus. Toutes les activités non essentielles, parmi lesquelles le vêtement et le textile, doivent s'arrêter. Les gens doivent rester confinés à leur domicile, sauf dans des situations strictement contrôlées.

Le SACTWU a conclu la première convention collective nationale d'Afrique du Sud de l'épidémie du Covid-19 avec le Conseil national de la négociation pour l'industrie de la confection en fin de journée de mardi. Cette convention unique en son genre garantit que les travailleurs continueront à percevoir la totalité de leur salaire pendant les six prochaines semaines.

Prenant la parole à la télévision sud-africaine, le Secrétaire général du SACTWU, Andre Kriel, a déclaré :

"On ne peut pas tout attendre du gouvernement. Nous devons penser à ce que nous pouvons faire nous-mêmes. Nous avons le devoir de répondre à l'appel de la nation et de combattre le Covid-19.

"Ainsi, nous nous sommes tournés vers les institutions présentes dans notre industrie et réglons certaines difficultés administratives."

L'accord associe plusieurs institutions du marché du travail dans une tentative innovatrice, à la recherche de solutions, pour faire en sorte que les travailleurs ne subissent pas un manque à gagner.

En Afrique du Sud, les travailleurs et les employeurs cotisent à un Fonds d'assurance-chômage (UIF) qui verse entre 20 et 60 pour cent de son salaire au travailleur qui perdrait son emploi. En général, les travailleurs doivent introduire individuellement une demande à l'UIF auprès des services de l'emploi. Avec le confinement imposé par le coronavirus, il faut s'attendre à un arriéré énorme.

L'accord prévoit la possibilité d'introduire une demande collective pour le compte des travailleurs du secteur. Les sommes qui leur sont dues seront versées à un compte bancaire géré par le Conseil de la négociation. Ensuite, les fonds seront transférés aux entreprises et complétés par les employeurs de telle sorte que les travailleurs perçoivent cent pour cent de leur salaire. Ils seront ensuite intégrés à la masse salariale de l'entreprise et versés directement aux travailleurs.

Dans un communiqué de presse, le syndicat indique :

"Nous sommes conscients que cet accord n'est peut-être pas parfait, mais nous sommes décidés à faire de notre mieux.

"Nous tenons en particulier à remercier les travailleurs et les employeurs de notre courageuse industrie pour leur volonté de charger leurs dirigeants de prendre les risques patriotiques qui s'imposent pour conclure ce que nous espérons être une convention collective centralisée innovante qui contribuera modestement à l'effort de notre nation pour contrer définitivement la propagation du Covid-19."

La directrice d'IndustriALL en charge du secteur, Christina Hajagos-Clausen, a déclaré :

"Dans cette période sans précédent, cet accord conclu en Afrique du Sud et qui fera date démontre que les syndicats et l'industrie peuvent se mettre d'accord et trouver des moyens de soutenir les travailleurs du vêtement et aussi assurer la pérennité de notre industrie. Le SACTWU a montré une fois de plus que les accords à l'échelle de l'industrie sont vitaux pour le secteur du textile et de l'habillement."

Cette convention instaure aussi une équipe de réaction rapide chargée de traiter les questions d'ordre pratique. Le SACTWU a su faire preuve d'anticipation face au coronavirus en mettant en route un programme d'éducation pour les travailleurs il y a de cela plusieurs semaines. 

Les réponses des syndicats au Covid-19

Cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder à une page présentant des mises à jour en temps réel de réactions de syndicats à la crise aux quatre coins du globe.

Le ralentissement de l’industrie mondiale du pneu se poursuit

La société japonaise Bridgestone, leader du secteur, emploie plus de 8.000 personnes en Europe. L’entreprise a arrêté la production de ses usines de pneus de Béthune, en France, et de Bari, en Italie, et réduit le travail sur ses sites de Belgique, de Hongrie, de Pologne et d’Espagne. Les usines Bridgestone de Bilbao, Puente San Miguel et Burgos, en Espagne, Stargard et Poznan, en Pologne et Tatabanya en Hongrie, fonctionneront avec une capacité réduite. L’usine de rechapage de Lanklaar, en Belgique, réduira également ses activités.

La multinationale française Michelin a commencé à mettre ses usines de pneus aux États-Unis et au Canada au ralenti, la fabrication étant à ce stade suspendue depuis deux semaines. Michelin avait déjà annoncé la mise en veille de ses sites européens.

Goodyear a déjà annoncé la mise à l'arrêt de tous ses sites de fabrication, ce qui touche près de 30.000 travailleurs en Amérique et en Europe.

Le manufacturier allemand Continental réduit en partie sa production, mais sans clairement la suspendre sur certains sites comme d’autres leaders du marché. En Amérique du Nord, Continental exploite trois usines de pneus ainsi qu’une au Mexique, qui emploient au total des pays concernés environ 6.500 travailleurs.

Cette semaine, la société italienne Pirelli a renvoyé chez eux près de 7.000 travailleurs de ses sites de Settimo Torinese et Bollate en Italie, de Slatina en Roumanie et de Burton on Trent et Carlisle au Royaume-Uni. Les dates de retour au travail dépendront de l’évolution du virus. Les usines Pirelli en Allemagne, en Russie et en Amérique du Sud n’ont pas encore été fermées.

En Amérique du Nord, tout comme Continental, Titan, Nokian et Trelleborg n’ont pas encore réduit leur production, mais signalent que de nouveaux protocoles ont été mis en place pour protéger les employés contre le virus. Hankook Tyre a annoncé qu’elle suspendait la production pendant deux semaines dans son usine du Tennessee, où sont occupés 1.200 travailleurs.

Le fabricant de pneus finlandais Nokian arrête la production de son usine de Dayton, aux États-Unis, afin de préserver le bien-être de ses employés.

L’entreprise indienne Apollo Tyres réduit la production de son usine d’Enschede aux Pays-Bas, y arrête la production de pneus de voiture et se concentre sur ceux destinés aux engins agricoles. Apollo suspend toute production dans son usine hongroise de Gyongyoshalasz pendant deux semaines à partir du 28 mars.

Cooper Tyre entame le processus de fermeture temporaire de ses deux usines de fabrication en Europe, situées à Melksham, en Angleterre, et à Krusevac, en Serbie. Cela concerne 1.350 travailleurs. La fermeture devrait durer trois semaines. Des mesures similaires sont prises dans les usines de pneus de Cooper aux États-Unis et au Mexique. L’usine de la société en Chine a rouvert et est à nouveau opérationnelle depuis plusieurs semaines.

“Au milieu de cette crise, la position d’IndustriALL est claire : tous les travailleurs du caoutchouc touchés doivent voir leur santé, leur salaire et leurs conditions de travail protégés tout au long de cette crise,”

précise le Directeur d’IndustriALL pour le caoutchouc, Tom Grinter.

Les syndicats africains demandent que les compagnies minières respectent les protocoles sanitaires de lutte contre la COVID-19

Les syndicats recommandent la mise en place de réponses à la pandémie semblables aux meilleures pratiques en matière de santé et de sécurité au travail ayant fait leur preuve lors des campagnes précédentes de lutte contre la silicose, la tuberculose ainsi que le VIH et le sida. La majorité des syndicats conseillent un lavage soigneux des mains et ont annulé la plupart de leurs activités pour maintenir une distanciation sociale.

Abdul-Moomin Gbana, Secrétaire général du Syndicat des mineurs du Ghana, a déclaré :

« Nous sommes très préoccupés par l’épidémie mondiale de la COVID-19 et ses possibles répercussions sur la santé et la sécurité de nos membres, ainsi que sur le fonctionnement des compagnies minières et de l’industrie dans son ensemble. Dans des moments aussi difficiles que ceux que nous vivons aujourd’hui, le syndicat exhorte tous les employeurs du secteur industriel à continuellement s’appuyer sur la longue expérience des syndicats en tant que défenseurs de la santé et de la sécurité pour arrêter la propagation de la COVID-19 et prévenir les ravages économiques que cette crise sanitaire pourrait avoir sur l’industrie minière du Ghana. »

David Sipunzi, Secrétaire général du Syndicat national des mineurs (NUM), a indiqué:

« Suite à une réunion que nous avons eue avec le Conseil pour les ressources minérales d’Afrique du Sud, nous sommes heureux de constater que les compagnies minières se joignent à la lutte. Elles prennent cette pandémie au sérieux. »

Les compagnies minières se sont engagées à soutenir les efforts déployés pour enrayer la maladie en mettant à disposition leurs centres médicaux.

Figure parmi les protocoles sanitaires de lutte contre la COVID-19, le plan du Conseil pour les ressources minérales d’Afrique du Sud en 10 points, à savoir l’état de préparation des agents de santé, la garantie d’accès aux biens de consommation, un programme de vaccination préventive contre la grippe, la compréhension de l’impact potentiel de la maladie sur les travailleurs immunologiquement déprimé, la gestion des cas et la recherche des contacts, l’isolement des sujets positifs, la notification, la surveillance et les conseils aux voyageurs.

NUM exhorte les compagnies minières à mettre en œuvre le plan et indique que « les compagnies minières doivent élaborer de toute urgence des lignes de conduite pour s’assurer que les engagements sont suivis et des réponses données pour lutter contre la pandémie afin de réduire le risque de transmission sur le lieu de travail. Les entreprises doivent améliorer l’hygiène en mettant à disposition des désinfectants, du savon, des gants et des masques. Les personnes qui présentent des symptômes grippaux bénins ou toussent légèrement doivent recevoir des masques pour prévenir la propagation de la maladie à coronavirus. »

Le syndicat recommande d’identifier et de traiter rapidement les travailleurs à risque. Selon NUM, les travailleurs qui contractent la maladie au travail, y compris le personnel de santé qui s’occupent des malades dans les dispensaires miniers, doivent être indemnisés conformément à la Loi sur l’indemnisation des maladies professionnelles. Les travailleurs doivent être autorisés à prendre un congé maladie s’ils présentent des symptômes de la maladie à coronavirus ou font l’objet d’une période de quarantaine. Il est également important de décongestionner et de désinfecter les salles d’attente, les espaces publics et les installations communes, ainsi que de faciliter l’accès à l’information sur la COVID-19.

Le Syndicat des mineurs de Zambie a réussi à faire arrêter l’utilisation des alcootests qui peuvent facilement propager la COVID-19. Un certain nombre de compagnies minières, dont les mines de cuivre Mopane Copper Mines, Lubambe Copper Mine, Kanshanshi et Barrick Lumwana, ont suivi cette recommandation. Les systèmes biométriques avec empreintes digitales sont également dangereux.

IndustriALL prie instamment Madagascar de ratifier la C176

Reportage de la télévision malgache

L'an dernier, ces affiliés ont écrit au ministre de l'Emploi, du Travail, des Services publics et de la Législation sociale pour exhorter le gouvernement à ratifier la convention 176. Aucune des conventions de l'OIT que Madagascar a signées ne protège la santé et la sécurité des mineurs.

Les préoccupations que suscite la réglementation de la santé et de la sécurité dans l'industrie minière se sont exprimées lors d'un débat d'experts de haut niveau organisé par IndustriALL à Antananarivo, le 11 mars.

L'exploitation minière à Madagascar, qui possède d'importantes réserves d'ilménite, de graphite, de calcaire, de gypse, de dolomite, de silice, de mica, de titane, de quartz, d'or, de platine, d'argent, de fer, de cuivre, de zinc, de nickel, de cobalt, de chromite, est une source énorme d'investissement direct étranger.

Considérant l'importance du secteur minier, sa part dans le PIB du pays et la croissance des activités extractives par rapport à celles des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire, Madagascar serait un pays riche en ressources.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie du diamant, de la pierre précieuse, ornementale et du bijou, a déclaré :

“La santé au travail et la santé et la sécurité dans les mines sont désespérément absentes de la législation malgache, ce qui est totalement anormal vu la place qu'occupe l'industrie minière dans l'économie.”

Et Brian Kohler, le directeur d'IndustriALL responsable de la santé, la sécurité et la durabilité, ajoute :

“La convention 176 fournit les bases nécessaires à la pérennité de l'industrie minière en faisant en sorte que ses travailleurs trouvent un lieu de travail sûr et sain.”

Le débat d'experts, qui avait pour modérateur Hanta Andrianasy de l'antenne de la Fondation Friedrich Ebert à Madagascar, faisait suite à un atelier de formation de deux jours, les 9 et 10 mars, dispensée aux affiliés d'IndustriALL sous la direction de Brian Kohler.

Parmi les participants figuraient les deux directeurs d'IndustriALL ainsi que des représentants des deux plus grandes compagnies minières au monde, Rio Tinto pour la mine d'ilménite de QMM, et Sherritt International pour Ambatovy Sherritt Madagascar. Étaient également présents des représentants du gouvernement malgache, notamment du ministère de l'Emploi,  du Travail, des Services publics et de la Législation sociale en la personne du Directeur général Jerson Razafimanantsoa, et du Directeur de la santé et de l'action sociale, Yvan Rakotomalala.

Tous ont reconnu la nécessité de ratifier la convention pour assurer la sécurité et la protection des mineurs. La contribution de Jerson Razafimanantsoa a été positive, en ce qu'il a promis une ratification à terme de la convention 176 par le gouvernement malgache. Le processus de ratification comportera une analyse des carences du régime législatif sur la santé et la sécurité au travail et associera toutes les parties prenantes tripartites.