Le droit de refuser

ENGFRAESP

Qu’entend-on par “droit” ?

Un droit est quelque chose que vous êtes moralement ou légalement habilité à faire ou à obtenir.

Les travailleurs ne jouissent pas automatiquement du droit légal de refuser ou de mettre fin à un travail dangereux partout ou dans toutes les circonstances. Cependant, nous avons toujours le droit moral de refuser ou de mettre fin à un travail dangereux. Dans des circonstances graves, nous pensons que non seulement nous avons le droit de refuser ou de mettre fin à un travail dangereux, mais que nous en avons aussi le devoir.

Des problèmes se posent à nous lorsque l’exercice de ce droit n’est pas protégé contre des représailles de l’employeur.

Remarquez que partout où les travailleurs jouissent du droit légal de refuser un travail dangereux, que ce soit par le biais de lois nationales ou régionales, ou de conventions collectives, ce droit est toujours arrivé par suite du militantisme et des revendications des travailleurs et travailleuses, il ne l’a jamais précédé. Nos droits nous sont rarement donnés librement : nous devons les revendiquer et nous battre pour les obtenir.

Droit international

L’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies stipule que “Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne”. Il ne précise pas que ces droits disparaissent lorsque vous allez travailler. En effet, le droit à des conditions de travail favorables est également mentionné dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Un autre document des Nations unies, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, prévoit que toute personne doit avoir droit à des conditions de travail sûres et saines.

Toutefois, les références les plus importantes au droit de refuser un travail dangereux proviennent de l’Organisation internationale du travail (OIT), une agence spécialisée des Nations unies qui s’occupe des normes internationales du travail. L’OIT dispose de plusieurs conventions et recommandations qui mentionnent le droit de refuser un travail dangereux. La plus importante d’entre elles est la Convention 155 sur la sécurité et la santé, de 1981.

La Convention 155 stipule (extraits) :

  • “Article 4
    1. Tout membre devra, à la lumière des conditions et de la pratique nationales et en consultation avec les organisations d’employeurs et de travailleurs les plus représentatives, définir, mettre en application et réexaminer périodiquement une politique nationale cohérente en matière de sécurité, de santé des travailleurs et de milieu de travail.
    2. Cette politique aura pour objet de prévenir les accidents et les atteintes à la santé qui résultent du travail, sont liés au travail ou surviennent au cours du travail, en réduisant au minimum les causes des risques inhérents au milieu de travail, dans la mesure où cela est raisonnable et pratiquement réalisable.
  • Article 5
    (e) la protection des travailleurs et de leurs représentants contre toutes mesures disciplinaires consécutives à des actions effectuées par eux à bon droit conformément à la politique visée à l’article 4 ci-dessus.
  • Article 13.
    Un travailleur qui s’est retiré d’une situation de travail dont il avait un motif raisonnable de penser qu’elle présentait un péril imminent et grave pour sa vie ou sa santé devra être protégé contre des conséquences injustifiées, conformément aux conditions et à la pratique nationales.
  • Article 19.
    Des dispositions devront être prises au niveau de l’entreprise aux termes desquelles : […]
    (f) le travailleur signalera immédiatement à son supérieur hiérarchique direct toute situation dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un péril imminent et grave pour sa vie ou sa santé et, jusqu’à ce que l’employeur ait pris des mesures pour y remédier, en cas de besoin, celui-ci ne pourra demander aux travailleurs de reprendre le travail dans une situation où persiste un péril imminent et grave pour la vie ou la santé.”

En clair, cela signifie que dans le cadre du droit national, les travailleurs et travailleuses peuvent, avec une justification raisonnable, se retirer d’un travail dangereux et ne pas le reprendre tant que l’employeur n’a pas remédié à la situation et, s’ils ont exercé ce droit en toute bonne foi, ils ne peuvent pas en subir de conséquences indues.

D’autres instruments de l’OIT font également référence à ce droit. Par exemple, la Convention n° 176 sur la sécurité et la santé dans les mines, de 1995 ; la Recommandation n° 183 sur la sécurité et la santé dans les mines, de 1995 ; la Recommandation n° 172 sur l’amiante, de1986 ainsi que la Recommandation n° 177 sur les produits chimiques, de 1990.

Les Conventions de l’OIT ont une valeur juridique lorsqu’elles sont ratifiées, mais votre gouvernement national peut ne pas les avoir ratifiées. Les Recommandations, comme leur appellation l’indique, ne sont pas nécessairement exécutoires. Toutefois, à fois les Conventions et les Recommandations de l’OIT peuvent être considérées comme faisant partie des meilleures pratiques internationales, parfois même dans les pays qui n’ont pas ratifié l’instrument concerné.

Loi nationale ou régionale (État, province ou autre) sur la santé et la sécurité au travail

 

Le droit national ou régional varie considérablement de par le monde et vous devez vérifier ce que dit la loi dans votre juridiction.

Si le cadre législatif et réglementaire en matière de santé et de sécurité au travail dans votre juridiction protège le droit de refuser ou de mettre fin à un travail dangereux, il y aura normalement une procédure stricte à suivre pour exercer ce droit. Cette procédure indiquera quels types de travaux dangereux ou à risque seront considérés comme légalement refusables et les mesures que vous devrez prendre pour refuser de les effectuer. Normalement, il s’agira notamment de signaler le danger à votre supérieur hiérarchique, de vous mettre à l’abri de tout danger immédiat en attendant que l’affaire soit examinée et de mettre en place une procédure de règlement des différends. Assurez-vous de vous familiariser avec la procédure qui s’applique à vous et suivez-la scrupuleusement, afin de vous protéger contre les mesures disciplinaires ou le renvoi.

Même si la loi sur la santé et la sécurité au travail ne garantit pas spécifiquement le droit de refuser un travail dangereux, les lois générales de la plupart des nations protègent votre droit de défendre votre propre vie. Ce droit ne disparaît pas lorsque vous entrez sur un lieu de travail. Renseignez-vous auprès d’une personne qui connaît les lois en vigueur dans votre juridiction.

Conventions collectives de travail

Vérifiez votre convention collective de travail (CCT). De nombreuses conventions collectives font référence au droit de refuser ou d’arrêter un travail dangereux. Souvent, une procédure stricte pour l’exercice de ce droit sera également spécifiée. Veillez à vous familiariser avec cette procédure et à la suivre scrupuleusement, afin de vous protéger contre toute mesure disciplinaire ou tout renvoi.

Conclusion

Lorsqu’il y a désaccord dans l’interprétation du droit du travail ou des conventions collectives entre un employeur et un travailleur, la règle générale est de se conformer aux ordres au moment même et de déposer une plainte ensuite. Ce conseil sert à protéger le travailleur contre des mesures disciplinaires ou un licenciement immédiats, car on pense que si un arbitre ou un juge du travail se prononce plus tard en faveur du travailleur, un recours approprié peut être appliqué. Les salaires perdus peuvent être remboursés, les travailleurs peuvent être rétablis dans leurs fonctions légitimes et les comportements indignes peuvent faire l’objet d’indemnisations.

Toutefois, s’agissant de la santé et de la sécurité au travail, cette règle générale ne peut s’appliquer. Un arbitre ne peut imposer aucune mesure de compensation qui permettrait de rétablir la vie ou la santé, si elle est perdue.

Le droit de refuser ou de mettre fin à un travail dangereux ou insalubre n’est pas automatiquement garanti par la loi ou par la CCT. Comme tous les droits de l’homme, nous affirmons notre autorité morale lorsque nous nous le revendiquons. C’est un droit que nous devons gagner, car le perdre, c’est en même temps risquer de perdre notre santé ou notre vie.

Voilà ce que nous syndicats voulons dire lorsque nous disons “vous avez le droit de refuser un travail dangereux”.

N’emportez pas vos droits dans la tombe.

Bangladesh: les travailleurs du textile confrontés à une crise majeure

Dans le cadre des mesures de confinement mises en place pour contenir la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), le gouvernement du Bangladesh a suspendu tous les services de transport et fermé les établissements publics et privés, à l’exception des services essentiels. Initialement annoncée jusqu’au 4 avril, la fermeture a été prolongée jusqu’au 14 avril.

L’annonce initiale a semé la panique parmi les travailleurs de l’industrie du vêtement, dont la majorité sont des migrants en provenance d’autres régions du pays. Beaucoup ont quitté Dhaka pour revenir habiter dans leur ville natale. Des photos déchirantes de la capitale du Bangladesh montrent des travailleurs quittant la ville à bord de bacs, de camions et autres modes de déplacement bondés et dangereux.

Le 5 avril, les autorités ont annoncé qu’aucune personne n’était autorisée à entrer ou à sortir de Dhaka, sauf en cas de force majeure. Le manque de coordination dans la mise en œuvre des mesures de confinement a semé la confusion après que de nombreux employeurs aient exigé des travailleurs de se présenter à leurs usines pour recevoir leurs salaires et conserver leurs emplois.

Des centaines de milliers de travailleurs ont ainsi utilisé des moyens de transport bondés et dangereux, tandis que beaucoup ont marché en groupe pour se présenter au travail à Dhaka, Gazipur, Narayanganj et dans d’autres régions du pays.

Des centaines d’entreprises ont continué de fonctionner sans appliquer les mesures de sécurité appropriées, au risque de propager la COVID-19. Après avoir obligé les travailleurs à faire la navette dangereuse entre leur lieu de travail et leur domicile, plusieurs usines les ont informés une fois arrivés sur place qu’elles étaient fermées jusqu’au 14 avril, sans leur donner d’indications sur la manière dont les salaires seront payés.

Le 6 avril, la confusion a déclenché des manifestations spontanées pour réclamer le versement des salaires. Un groupe de travailleurs protestataires a bloqué l’autoroute Dhaka-Mymensingh après avoir appris que leurs usines avaient fermées sans préavis. Des heurts ont éclaté et deux travailleurs ont été écrasés par un camion.

Nazma Akter, présidente de Sommilito Garments Sramik Federation (SGSF), association membre du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, a déclaré:

« La majorité des travailleurs de l’industrie du vêtement au Bangladesh ont été injustement mis à la porte, privés de leurs salaires et menacés d’être placés sur une liste noire s’ils revendiquaient leurs droits. Certains employeurs ont indiqué que les travailleurs ne seront payés que le 16 avril, à la reprise des activités. »

« Une prolongation de l’état d’urgence et un non-paiement des salaires menaceront les moyens d’existence des travailleurs qui risquent de ne plus pouvoir se nourrir. Les avantages durement acquis, y compris la prime de la prochaine fête de l'Aïd al-Adha, sont également menacés. Il faut cesser immédiatement de forcer les gens à travailler dans le contexte actuel de contamination par la COVID-19. »

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré:

« Les marques et les fournisseurs doivent comprendre qu’aucun travailleur ne doit être laissé pour compte dans cette lutte sans précédent menée contre la COVID-19. Le gouvernement, les marques et les fournisseurs doivent collaborer avec les syndicats pour prendre des mesures coordonnées pour s’assurer que les salaires sont payés, et que les travailleurs et leurs familles sont protégés des impacts économiques négatifs que l’état d’urgence peut avoir. »

« Le gouvernement du Bangladesh doit veiller à ce que les travailleurs reçoivent leur part des 727,50 milliards de Taka (8,5 milliards de dollars EU) d’aide économique récemment annoncée. »

Dans un communiqué publié le 8 avril, le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh a indiqué:

« Les salaires du mois de mars doivent être payés dès que possible. Dans les circonstances actuelles, les employeurs doivent veiller à ce que les paiements soient effectués d’ici le 16 avril par l’intermédiaire du système bancaire mobile et, pour ceux qui n’y ont pas accès, en espèces. Les licenciements pour raisons économiques, les compressions et les résiliations de contrat doivent cesser immédiatement. Un comité tripartite composé du gouvernement, des employeurs et du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh doit être constitué, et toutes les usines doivent fermer durant la période d’état d’urgence.

Selon l’Association des fabricants et des exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), des commandes pour 953 millions de vêtements de confection destinés à l’exportation ont été annulées au 7 avril. Ces annulations, qui se montent à 3,05 milliards de dollars EU, affectent plus de 2,19 millions de travailleurs.

Les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale doivent établir un plan pour coordonner la relance économique, les mesures de santé publique et l’allègement de la dette – Déclaration du groupement Global Unions, avril 2020

Le COVID-19 a déclenché une crise aux proportions sans précédent. À mesure que les impacts de la crise de santé publique se répercutent sur les chaînes mondiales d’approvisionnement et tarissent la demande, les licenciements et les pertes de revenus ont des effets dévastateurs sur les familles de travailleurs. La pandémie a été une étincelle allumée juste devant la poudrière constituée d’un lourd endettement, de réglementations inadéquates des marchés financiers et du travail, d’inégalités croissantes et de politiques d’austérité qui depuis des années minent la santé publique, la protection sociale et la capacité des États à respecter leurs obligations en matière de droits humains. Le FMI et la Banque mondiale doivent se joindre aux gouvernements et exécuter une relance coordonnée et soutenue, susceptible de constituer la plateforme de lancement d’un multilatéralisme réformé qui donnerait la priorité à la population active, à la prospérité partagée et à l’économie réelle.
Dans la présente déclaration, le groupement Global Unions décrit des mesures à adopter d’urgence en vue de surmonter la crise et de jeter les bases d’une reprise inclusive qui atteigne les Objectifs de développement durable (ODD).

Déclaration du groupement Global Unions

Les syndicats indonésiens réclament la fermeture des usines

La semaine dernière, 430 travailleurs de l'habillement ont été licenciés, 1.000 autres ont été mis en congé avec salaire et 800 en congé avec la moitié du salaire pour deux semaines.

“Alors que le secteur du vêtement a beaucoup de difficultés à se procurer ses matières premières et que les ventes ont chuté, les firmes annoncent maintenant que des licenciements sont inévitables. Or, dans les usines, les dirigeants de GARTEKS ont réussi à négocier des mises en congé avec 100 ou 50 pour cent du salaire.

“Les mesures d'encouragement du gouvernement doivent aider les travailleurs à se nourrir, à payer leurs factures d'électricité tandis que l'impôt sur le revenu devrait être reporté. Les services locaux de l'emploi devraient procéder à des contrôles pour empêcher les décisions arbitraires des entreprises qui veulent licencier des travailleurs ou les mettre en congé,”

déclare Trisnur Priyanto, le Secrétaire général de GARTEKS.

La Secrétaire régionale d'IndustriALL Annie Adviento se félicite du budget de 405 billions de roupies (24,6 milliards $) annoncé par le gouvernement, mais elle prie instamment le Président Joko Widodo de renforcer le système de protection sociale de sorte qu'il fonctionne comme un filet de sécurité pour tous les travailleurs, en particulier pour les travailleurs contractuels qui sont les moins protégés.

Or, certains travailleurs craignent pour leur sécurité sur le lieu de travail.

Ceux de PT Coats Rejo Indonesia craignent pour leur santé et leur sécurité après l'annonce qu'un de leurs collègues a contracté le COVID-19. Le SPN réclame l'arrêt temporaire des activités pour éviter une propagation du virus à d'autres.

“Les responsables du SPN dans l'entreprise ont rencontré la direction à plusieurs reprises pour lui faire part de leurs préoccupations. La direction a répondu que, puisque le gouvernement n'a pas imposé de confinement, elle doit attendre les instructions du siège social de Coats,”

explique Iwan Kusmawan, le Président du Conseil d'IndustriALL pour l'Indonésie.

IndustriALL a envoyé une lettre au siège de Coats pour exprimer ses inquiétudes.

“La sécurité des travailleurs doit passer avant toute autre préoccupation. Par le biais de notre Error! Hyperlink reference not valid., nous réitérons nos demandes à Coats pour une réunion de dialogue social. Maintenant plus que jamais, la communication et la transparence sont essentielles,”

déclare Christina Hajagos-Clausen, la Directrice d'IndustriALL en charge du textile et de l'habillement.

Sintracarbón met fin au conflit lié aux négociations collectives avec Cerrejón

Le 28 mars, deux heures seulement avant la fin du préavis de dix jours pour fixer le début de la grève chez Carbones de Cerrejón, propriété des multinationales Glencore, Angloamerican et BHP, Sintracarbón a annoncé qu’il retirait son cahier de revendications pour le renouvellement de la convention collective de travail.

Cela signifie que la convention collective de travail pour la période 2018-2019 sera prolongée jusqu’au 30 juin 2020. En vertu de la loi colombienne, le syndicat pourra présenter un nouveau cahier de revendications en mai. Le syndicat affirme qu’il n’a pas été en mesure de parvenir à un accord avec Cerrejón pendant la période de négociation de 60 jours, car l’offre déposée par l’entreprise aurait réduit les acquis des travailleurs.

Dans une déclaration, Sintracarbón a indiqué :

“Cerrejón voulait réduire le coût global de la convention collective de travail en gelant, réduisant et supprimant des acquis des travailleurs, pour lesquels nous nous étions battus avec succès lors de campagnes précédentes.”

Le syndicat avait suggéré des moyens possibles de faire avancer les négociations et proposé des options de règlement, mais Cerrejón ne voulait pas faire de compromis. Le comité de négociation du syndicat a retiré le cahier de revendications et annulé la grève :

“Les facteurs pris en considération dans notre analyse de la situation actuelle sont les suivants : la crise de santé publique causée par le coronavirus (COVID-19), le confinement obligatoire, les mesures de vacances collectives, la réduction des activités de Cerrejón, la baisse des prix et l’approche de l’entreprise en matière de réduction des coûts.
En raison de ces facteurs, la grève aurait été plus bénéfique pour l’entreprise que pour les travailleurs. Et dans ces circonstances, il aurait été difficile de tenir une grève sur place sous contrôle du Ministère de l’emploi.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Sintracarbón possède une longue tradition de lutte pour les droits et les intérêts des mineurs de charbon et étant donné la crise provoquée par la pandémie de coronavirus, cette décision était prudente. Nous appelons une fois de plus Cerrejón à agir avec bon sens et à conclure une convention avec Sintracarbón, un accord qui réponde aux revendications et aux attentes des membres du syndicat.”

Namibie: la fermeture d’une mine va entraîner le licenciement de 1 500 travailleurs

Reportage de Namibian Broadcasting Corporation (la société de radiodiffusion nationale)

Le Syndicat des mineurs de Namibie (MUN) a indiqué que la décision a été prise avant que d’autres solutions visant à garder la mine opérationnelle ne soient épuisées, y compris sa vente. Selon MUN, la mine, qui possède un corps de minerai supergène de zinc, des oxydes de zinc miniers et une raffinerie, pourrait trouver sans difficulté d’autres investisseurs.

La fermeture de la mine entraînera la perte de plus de 1 500 emplois. L’une des entreprises sous-traitées, Basil Read, dont le contrat a été résilié, va licencier environ 400 travailleurs.

Skorpion Zinc a déclaré que la décision de stopper l’exploitation de la mine était due à l’état d’urgence partiel instauré en Namibie du 27 mars au 17 avril pour contenir la COVID-19.

Le président de la branche syndicale de MUN à Skorpion, Peterson Kambinda, a déclaré:

« Malgré la mise en œuvre d’un accord tripartite visant à maintenir des relations de travail harmonieuses, ainsi qu’à assurer la sécurité de l’emploi et la responsabilité des entreprises dans le secteur du travail et de l’emploi durant l’état d’urgence, Vedanta Resources (propriétaire de la mine) a pris une décision qui fera perdre leur emploi à des milliers de Namibiens.

« Le gouvernement namibien doit intervenir pour stopper les licenciements. »

Glen Mpufane, directeur en charge du secteur minier à IndustriALL, a indiqué:

« Au niveau mondial, les compagnies minières élaborent des protocoles COVID-19 pour sauvegarder l’emploi. La plupart de ces protocoles prévoient des moratoires sur les compressions d’emploi face à la pandémie. Il est scandaleux que Vedanta Resources annonce des suppressions d’emploi en pleine crise. Vedanta Resources n’est pas en phase avec les décisions prises au niveau mondial et doit être condamnée. »

Skorpion Zinc prétend que la fermeture est due aux éboulements survenus au niveau des puits de la mine à ciel ouvert qui rendent son exploitation dangereuse. Selon la compagnie, il n’est pas possible de construire un passage sécurisé en raison de la nature des roches dont le manque de solidité ne leur permet pas de supporter des ouvertures ou des charges lourdes sans s’effondrer.

Cependant, MUN indique que trois autres mines, situées sur les mêmes formations géologiques dans la région, fonctionnent. Le syndicat affirme que d’autres méthodes minières plus sûres peuvent être explorées pour sauver l’emploi.

Les syndicats malaisiens se battent pour les travailleurs pendant le confinement

Le 21 mars, notre affilié, le Syndicat des travailleurs de l'industrie électronique de la Région méridionale (EIEUSR), a porté plainte à la police contre MFS Technology (M) Sdn. Bhd., une firme qui n'applique pas l'ordonnance du gouvernement de Malaisie ordonnant la fermeture de toutes les entreprises non essentielles du 18 au 31 mars pour cause d'épidémie de Covid-19.

Idawati Idrus, la Secrétaire générale adjointe de l'EIEUSR, et co-Présidente du Comité des femmes de Malaisie d'IndustriALL, déclare :

“Avec nos adhérents, qui sont en majorité des femmes, nous avons porté plainte à la police et auprès du ministère du Commerce international et des Industries (MITI). Par cette action directe, nos adhérents vont avoir leur mot à dire, ce qui va les renforcer.

“Bien que la police ait immédiatement fermé l'usine, elle a repris ses activités après deux jours avec l'approbation du MITI. Mais seuls dix pour cent des travailleurs ont repris le travail; ils avaient peur d'être infectés.”

La Secrétaire régionale d'IndustriALL Global Union Annie Adviento salue cette action.

“Les travailleurs ont le droit de refuser de travailler dans un milieu dangereux et malsain. Le gouvernement et l'employeur doivent respecter la santé et la sécurité au travail.”

Le Syndicat national des travailleurs des équipements de transport et des industries connexes (NUTEAIW) a renvoyé une lettre au siège social de Robert Bosch pour contester la décision de l'entreprise de continuer la production.

“Nos adhérents sont mécontents parce que les produits fabriqués par l'entreprise, principalement des accessoires pour l'automobile, ne sont pas considérés comme essentiels. Malgré cela, l'entreprise a obtenu l'accord du MITI. Nous voulons qu'elle ferme pendant la période de confinement qui a été prolongée jusqu'au 14 avril,”

déclare Nadesan Gopalkishnam, le Secrétaire général du NUTEAIW.

Une vaste coalition de 58 organisations syndicales et ONG, la Coalition pour la réforme de la loi sur le travail, a demandé que le Premier ministre garantisse le paiement des salaires à hauteur de 80 pour cent pour sauver des emplois et qu'il transforme le système de protection sociale malaisien.

Les syndicats mettent en garde contre la catastrophe du COVID-19 qui menace le Zimbabwe

Martin Chikuni, Secrétaire général du ZEWU, indique :

“Alors que les statistiques zimbabwéennes à ce jour sur les personnes infectées et les décès confirmés dus au coronavirus semblent peu élevées, nous pensons qu’il existe une possibilité imminente de catastrophe massive sachant que notre système de santé est déjà compromis. Cette situation est aggravée par la crise socio-économique qui frappe le pays depuis deux décennies.

Le ZEWU s’inquiète du fait que le système de santé du Zimbabwe est en piteux état, que les hôpitaux sont sous-équipés et que le matériel complexe nécessaire pour combattre le COVID-19 dépasse clairement ce qui est à la portée du pays. Comment le Zimbabwe va-t-il gérer une crise de cette ampleur ?”

Les statistiques officielles du Ministère de la santé et de l’enfance indiquent qu’au 31 mars, il n’avait effectué que 274 tests. Les chiffres indiquent également que plus de 16.000 voyageurs arrivés de pays où des cas de COVID-19 sont connus n’ont été ni dépistés, ni testés.

Un hôpital spécialisé dans les maladies infectieuses à Harare, considéré comme centre de traitement du coronavirus, a indiqué qu’il ne disposait pas de ventilateurs. Il est actuellement en cours de rénovation.

L’une des méthodes de prévention de COVID-19 consiste à se laver les mains avec de l’eau et du savon, mais les villes zimbabwéennes, dont la capitale Harare, ne disposent pas d’un approvisionnement régulier en eau. Les habitants ont recours au creusement de puits.

Joseph Tanyanyiwa, Président du cConseil national de coordination d’IndustriALL pour le Zimbabwe, qui représente cinq affiliés dans les domaines des produits chimiques et plastiques, de l’énergie, de l’habillement et du textile, du cuir et de la chaussure, déclare que la réponse du Zimbabwe au COVID-19 sont des réactions au coup par coup.

“Il semble que la stratégie de confinement consiste à ce que les gens restent chez eux, et ce n’est que lorsqu’ils tombent malades qu’ils sont soumis à un dépistage et à des tests. Le confinement sera difficile pour les travailleurs informels, qui sont la majorité. La plupart d’entre eux n’ont pas de plan pour faire face aux aléas et 21 jours sans revenu représentent une période considérable.”

Le syndicat se dit préoccupé par le fait que le pays puisse continuer à faire face à des pénuries de denrées alimentaires de base, comme la farine de maïs, le mealie-meal, qui est l’aliment de base au Zimbabwe, ainsi que de carburant.

“Les gens se ruent sur les denrées de base, ce qui rend difficile la pratique de la distanciation sociale. La pénurie de carburant et l’utilisation des transports publics, en particulier des bus surchargés, compromettent la situation.”

Le ZEWU fait campagne en faveur de congés payés et de la sécurité de l’emploi pour les travailleurs pendant le confinement de 21 jours. Le syndicat souhaite également que les employeurs fournissent des équipements de protection individuelle pour ralentir la propagation du coronavirus, car la plupart de ses membres proviennent de lieux de travail où ils interagissent avec le public.

Le syndicat fournit également des informations sur le COVID-19 à ses membres et a mis en place un centre de communication commun pour qu’ils puissent le contacter lorsqu’ils ont besoin d’aide.

Un syndicat argentin condamne LafargeHolcim pour exposer ses travailleurs à la COVID-19

Héctor Laplace, Secrétaire général de l’AOMA et membre du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union, a envoyé une lettre à Cecilia Glatstein, Directrice des ressources humaines chez Holcim, dans laquelle il indique que la cimenterie ne respecte pas le décret obligatoire sur la distanciation sociale.

Conformément aux dispositions, le syndicat avait accepté qu’un nombre minimum de vigiles nécessaires pour protéger les machines et les installations continueraient de travailler.

Laplace s’est engagé à poursuivre les discussions tout en indiquant que la production en cours devait être menée à son terme. Malgré la volonté du syndicat de nouer le dialogue, l’entreprise a décidé de faire appel aux autorités locales.

« Holcim a demandé au ministère argentin de l’Industrie et au ministère du Travail de la province de Cordoue d’intervenir pour que ses activités ne soient pas interrompues en vue de maintenir le volume habituel de production »,

a indiqué Laplace.

Holcim a réussi à obtenir des autorités la permission de ne pas respecter la distanciation sociale pour tous les travailleurs de la cimenterie de Malagueño afin que l’usine poursuive sa production, sans aucune considération pour la santé et la sécurité de ses travailleurs.

« Nous sommes scandalisés par la décision prise par les autorités provinciales d’autoriser Holcim à continuer à produire à plein régime. Ni le syndicat ni nos membres ne sont disposés à être exposés aux dangers de la pandémie.

« La seule chose dont Holcim se soucie, c’est de faire de l’argent et de poursuivre ses activités »,

a déclaré le Secrétaire général de l’AOMA.

Mario Vani, Secrétaire régional d’IndustriaALL, a indiqué:

« Alors que le pays est confronté à une situation d’urgence et fait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver des vies, la priorité numéro un de l’entreprise est de maintenir ses profits et son capital.

« Nous sommes solidaires des travailleurs et de notre affilié. Nous espérons que les autorités locales se conformeront au décret présidentiel et que LafargeHolcim fermera immédiatement ses opérations et ce faisant, montrera qu’il protège la vie de ses travailleurs. »

Bélarus : un contrat de travail non reconduit pour cause d'activité syndicale

Depuis six mois, les dirigeants et membres du syndicat réclament le certificat de sécurité de leurs postes de travail chez Redpath Deilmann, exigé par la législation nationale. Jusqu'à présent, la direction a utilisé toutes les failles légales pour échapper à la certification des lieux de travail.

Mikalaj Valadzko est un technicien extrêmement qualifié au dossier disciplinaire vierge. Il y a un mois, les travailleurs de Redpath Deilmann se sont affiliés en groupe au SBI et ils ont élu Mikalaj Valadzko à la présidence de leur groupe.

Ces éléments démontrent que le non-renouvellement du contrat de Mikalaj Valadzko est une mesure de représailles pour son action syndicale et un fait de discrimination fondée sur l'affiliation syndicale.

Dans une lettre à la direction de Redpath Deilmann, Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, écrit que cette décision relève d'une interprétation extrêmement sélective de la législation biélorusse et est en contradiction avec la législation nationale du travail que l'entreprise respecte dans ses usines d'Allemagne.

Pour Redpath Deilmann, le contrat de Mikalaj Valadzko n'a pas été reconduit en application du régime des contrats de courte durée en vigueur dans le pays.

“Tout démontre que le non-renouvellement de son contrat est une mesure de représailles pour son action syndicale. Nous vous prions instamment de reconsidérer immédiatement votre décision et de reconduire le contrat de M. Valadzko.

“Nous vous exhortons aussi à faire certifier tous les lieux de travail, conformément à la législation biélorusse et à appliquer toutes les mesures de sécurité exigées par la législation biélorusse,” écrit Valter Sanches.