Bárbara Figueroa reçoit le prix Arthur Svensson 2020

Félicitations pour ce prix !

Je tiens à remercier ceux qui ont proposé mon nom, en dépit du fait que je ne suis pas dirigeante syndicale depuis très longtemps. Il y a tant de dirigeants au Chili et dans la région qui sont depuis plus longtemps dans le syndicat et qui méritent amplement de recevoir un prix comme celui-ci.

Je tiens à remercier Víctor Báez, Secrétaire général adjoint de la Confédération syndicale internationale, qui a jugé important de me proposer parce que je suis jeune et la première femme présidente d’une centrale syndicale, tant au Chili qu’en Amérique latine dans son ensemble.

Le Comité d’attribution a voté pour moi à l’unanimité, mais le prix ne revient pas qu’à moi. Je suis très fière de l’avoir reçu, mais il s’agit d’une reconnaissance du travail collectif de tous les membres de la CUT et de ce que l’organisation a accompli au fil des ans. Je suis également très fière que les travailleurs et travailleuses puissent partager ce moment heureux.

Le Comité d’attribution a indiqué qu’en vous décernant le prix de cette année, il espère contribuer à sensibiliser le public à la situation actuelle au Chili et à renforcer les syndicats dans leur lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses. Pensez-vous que cela y sera utile ?

Nous l’espérons. L’un des grands avantages de ce prix est qu’il attirera l’attention sur la situation au Chili. Les travailleurs du monde entier sont confrontés à la pandémie, mais la situation au Chili est tout à fait unique.

Le soulèvement social qui a débuté le 18 octobre de l’année dernière a fait ressortir un certain nombre d’opinions négatives courantes sur notre modèle de développement. Il s’agit d’opinions dominantes dans des pays comme le Chili, qui ont un modèle économique très agressif et où les tensions avec les grandes entreprises sont fortes.

Un prix comme celui-ci contribue à attirer l’attention sur ces questions. Il ne s’agit plus seulement de ce que les gens pensent dans notre pays, la communauté internationale nous donne également un point de vue plus critique sur la manière dont les relations sociales devraient être gérées et sur la valeur que peuvent représenter les syndicats. Nous espérons que ce message sera entendu.

Mais ce n’est pas encore le cas, malheureusement. La réponse du gouvernement à la pandémie a été très médiocre. D’autres pays ont mieux géré la crise en favorisant le dialogue social ; notre gouvernement en est loin.

Nous savons que ce prix est une reconnaissance du rôle joué par les syndicats. Et avec la crise actuelle de la santé publique, ce rôle va probablement devenir l’un des sujets clés du débat international. Nous espérons que le Chili participera également à ce débat.

Le Comité d’attribution a également souligné que la CUT, en combinant mobilisations de masse et négociations, a réussi à augmenter le salaire minimum et à réduire la semaine de travail malgré une résistance politique à grande échelle. Ce type de victoire renforce-t-il votre volonté et votre engagement en faveur des droits des travailleurs et du travail syndical ?

Oui, c’est le cas. Des prix comme celui-ci nous aident à faire en sorte que les relations sociales fassent partie intégrante de tout processus tendant à faire progresser la démocratie dans nos visées nationales.

Nous ne pouvons créer de sociétés justes, égales et démocratiques sans inclure le monde du travail. C’est une chose que nous pouvons faire en tant que dirigeants, ou en assumant un rôle secondaire. Veiller à ce que les relations sociales soient considérées comme vitales pour la démocratie est une question d’une grande actualité. C’est l’un de nos plus grands défis et cela nous obligera également à poser un regard attentif sur nos propres organisations.

Les syndicats deviennent de plus en plus démocratiques. En nous fixant des normes élevées, nous pouvons projeter notre vision de ce à quoi la société devrait ressembler à l’avenir. C’est ce que nous devons nous efforcer de réaliser au Chili, même si tout est contre nous et que les autorités sont davantage engagées auprès du grand capital. Cela ne signifie pas que la société s’est endormie au volant. Bien au contraire, elle s’est réveillée et est prête à se battre.

Nous avons une tâche importante : nous devons maintenir les syndicats au cœur de chaque débat. Nous devons redistribuer les richesses et modifier l’équilibre des pouvoirs dans les relations sociales si nous voulons construire des sociétés plus justes et plus équitables. Et nous devons le faire aux côtés d’autres mouvements, comme le mouvement féministe. Nous devons travailler ensemble à la réalisation de nos revendications.

Vous êtes la seule femme dirigeante d’une centrale syndicale dans la région ; pensez-vous ouvrir la voie à d’autres femmes dans une culture dominée par les hommes ?

Nous espérons que des prix comme celui-ci contribueront à attirer l’attention sur les inégalités entre travailleurs : les hommes et les femmes n’entrent pas sur le marché du travail sur un pied d’égalité.

J’espère que le débat au sein du mouvement syndical nous permettra de mieux comprendre ces inégalités. C’est une façon de favoriser le changement et de mettre les syndicats en phase avec leur époque.

Si vous considérez les chiffres, il y a beaucoup de femmes dans des postes de direction de syndicats au Chili, mais ce n’est pas suffisant. Nous devons veiller à ce que l’intégration des femmes dans la population active et dans les postes de direction des syndicats ne soit pas uniquement une question de genre, mais plutôt une question de lutte contre toutes les formes d’inégalité entre les travailleurs. Cela devrait toujours figurer à notre ordre du jour, tout comme le fait de garantir que les jeunes aient un emploi.

Gagner un prix international parce que nous avons des femmes à la tête de nos syndicats devrait nous aider à repenser nos structures et nos organisations. Les temps ont changé : nous sommes confrontés à des défis différents et à des besoins variés.

Ce processus était déjà en cours à la CUT avant que je ne prenne la relève. Ce sera toujours une lutte, en particulier lorsque que c’est une femme qui est à la présidence du syndicat.

Nous avons été la première centrale syndicale à introduire un quota de 30 % de femmes dans tous les organes de direction. Nous l’avons fait avant même la réforme du droit du travail qui a fixé un quota d’un tiers. Nous avons progressé, mais il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Un tribunal sud-africain empêche Mondi d’exploiter les travailleurs

L’affilié à IndustriALL Global Union, le Syndicat des travailleurs de la chimie, de l'énergie, du papier, de l'imprimerie, du bois et des secteurs connexes (CEPPWAWU), ainsi que l’Association unie d’Afrique du Sud (UASA) ont fait valoir que les employeurs ne peuvent pas changer les conditions des conventions collectives sans négocier avec les syndicats.

Le Groupe Mondi cherchait à obtenir la permission de prolonger les postes de huit à 12 heures durant la période de confinement au mépris des conventions collectives et des taux salariaux existants. Ne souhaitant pas payer d’heures supplémentaires, l’entreprise avait demandé au tribunal du travail de Durban de l’autoriser à suspendre les conditions des conventions collectives signées avec les syndicats.

Le 16 avril, le tribunal a néanmoins donné gain de cause aux syndicats et rejeté la demande.

Welile Nolingo, Secrétaire général du CEPPWAWU, a déclaré:

« Nous félicitons le Tribunal du travail pour avoir rejeté la demande et protégé les droits des travailleurs à recevoir des salaires équitables. Les employeurs ne devraient jamais être autorisés à modifier les conventions collectives que nous avons gagnées de haute lutte. »

Tom Grinter, Directeur d’IndustriALL en charge de l’industrie de la pâte à papier et du papier, a indiqué:

« Nous saluons la victoire des syndicats sur le groupe Mondi. Il est inacceptable qu’un employeur tente d’utiliser la pandémie à COVID-19 pour exploiter les travailleurs. Les conventions collectives doivent constamment être respectées afin de protéger les revenus des travailleurs, notamment de ceux qui se présentent à leurs postes au risque d’être infectés par cette maladie mortelle. »

Les chaînes de valeur de la pâte à papier, du papier, des emballages, du recyclage et des tissus en papier font partie des industries qualifiées de « services essentiels » conformément à la réglementation sur le confinement en Afrique du Sud. Le secteur produit non seulement du papier d’impression, d’emballage, du papier pour la papeterie (comme les blocs-notes) et du papier hygiénique mais aussi des chemises d’hôpital, des masques et des équipements de protection individuelle pour un usage médical. Or, l’hygiène et les produits médicaux sont cruciaux dans le cadre de la riposte à la maladie à coronavirus.

L’Afrique du Sud est l’un des principaux producteurs mondiaux de pâte à papier et de papier destinés à la consommation intérieure et aux exportations. Selon le ministère de l’Environnement, des Forêts et des Pêches, le secteur de la pâte à papier et du papier emploie quelque 24 000 personnes faisant partie d’une chaîne de valeur de plus de 150 000 travailleurs composés essentiellement de travailleurs informels qui fournissent des fibres recyclées aux papeteries.

Action mondiale de soutien à l'industrie de l'habillement

Alors que les distributeurs ont fermé des magasins dans le monde entier, les ateliers de confection ont cessé leurs activités à un rythme alarmant, avec des conséquences dévastatrices pour des millions de travailleurs de l'habillement. Une action s'impose d'urgence pour maintenir leurs moyens de subsistance pendant le confinement et après.

La déclaration énonçant les priorités et les engagements, intitulée COVID-19 : Action dans l'industrie mondiale de l'habillement, reflète un large consensus pour une action commune afin de protéger les revenus, la santé et l'emploi des travailleuses et travailleurs de l'habillement et d'aider les fabricants à survivre à l'ébranlement de l'économie causé par la pandémie de Covid-19, et aussi pour une amélioration durable de la protection sociale des travailleurs de l'habillement.

À ce jour, plusieurs grandes marques y ont souscrit, dont Adidas, C&A, H&M, Inditex, Primark, PVH, Tchibo, VF Corporation et Zalando, ainsi que IndustriALL et la CSI. Ce document permettra à l'OIT d'agir auprès de l'industrie pour obtenir des fonds et mettre en place une protection sociale.

Les organisations qui souscrivent à la déclaration s'engagent à collaborer avec les pouvoirs publics et les institutions financières pour mobiliser suffisamment de fonds afin de permettre aux fabricants d'assurer la continuité de leur activité, et aussi de verser les salaires, et de mettre en place des programmes de soutien au revenu et de maintien des emplois pour atténuer l'impact de la crise.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, explique :

“Ces principes constituent la première étape, essentielle, vers la mobilisation des fonds nécessaires pour préserver les moyens de subsistance des travailleuses et travailleurs de l'habillement pendant et après la crise. Il faut que l'industrie agisse maintenant pour protéger les chaînes d'approvisionnement et les travailleurs qui en dépendent.

“Nous continuerons à exiger des marques et des distributeurs qu'ils contribuent à la sécurisation de leurs chaînes d'approvisionnement et à assurer une meilleure protection sociale des travailleurs de l'habillement.”

Un groupe de travail international sera créé dans les deux semaines à l'initiative de l'OIT, avec la participation de marques et de fabricants, de syndicats et de gouvernements, afin d'affiner les mesures de mise en œuvre requises pour concrétiser ces engagements.

En quête d’un protocole de meilleures pratiques dans l’industrie minière au plan mondial

La section des mines, de la production de diamants, pierres précieuses, ornements et bijoux (DGOJP) d’IndustriALL Global Union a appelé à une approche cohérente des meilleures pratiques qui contiennent ces éléments fondamentaux : consultation des syndicats, sécurité des revenus et respect des pourparlers de négociations collectives en cas de fermeture des exploitations ou de leur mise en veille, respect des mesures de fermeture du pays, le plus haut niveau de santé et de sécurité au travail, les tests, le dépistage et la surveillance, la réduction de la densification pour les travailleurs occupés sous terre ainsi que lors du transport des travailleurs, le dépistage des sous-traitants et des visiteurs et le maintien de la distance sociale, des mesures de quarantaine pour les travailleurs touchés, des conditions de voyage et de logement appropriées pour les travailleurs qui ne résident pas de manière permanente près de leur lieu de travail (dits FIFO et DIDO), l’éducation et la communication avec les travailleurs et les communautés locales, etc.

Les affiliés d’IndustriALL ont fait des déclarations communes au niveau bilatéral ou tripartite :

IndustriALL a franchi une étape supplémentaire en invitant les PDG de toutes les grandes entreprises mondiales avec lesquelles elle a conclu des accords-cadres mondiaux à partager leurs réponses à la pandémie mondiale afin de garantir un alignement des protocoles de meilleures pratiques. Cette invitation a été étendue aux autres entreprises qui entretiennent une relation de dialogue mondial avec IndustriALL.

Les sociétés minières mondiales font partie de cette catégorie et IndustriALL a eu plusieurs discussions fructueuses avec Anglo American et Glencore sur leurs approches de l’application des meilleures pratiques contre le Covid-19. Des discussions similaires ont également eu lieu avec le Conseil international des mines et des métaux.

Certaines autres sociétés minières, comme Rio Tinto, ont publié des directives sur les approches à adopter face à la pandémie.

L’entretien bilatéral avec Anglo American en particulier a révélé un alignement des meilleures pratiques entre les approches d’Anglo American et d’IndustriALL Global Union face à la pandémie. Le communiqué de presse d’Anglo American sur la pandémie a été une preuve supplémentaire de cet alignement avec nos affiliés en Australie, confirmant le rôle de premier plan d’Anglo en Australie sur les approches de meilleures pratiques face à la pandémie et la convergence de cette approche avec la conception propre du syndicat en matière de meilleures pratiques.

Dans un message adressé au Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, Mark Cutifani, le Directeur général d’Anglo American, a fait part de la réponse de son entreprise à la pandémie :

“Je souhaitais vous écrire pour vous assurer que nous continuons à gérer nos activités, et en particulier nos efforts en vue de répondre au Covid, dans l’esprit de nos discussions précédentes. Comme vous vous en doutez, nous sommes intransigeants en matière de protection de la santé et de la sécurité de nos salariés et nous sommes également focalisés sur la protection des moyens de subsistance de nos travailleurs, ainsi que ceux des travailleurs de nos fournisseurs et clients ou des parties prenantes des communautés qui nous accueillent.”

“Je tiens à vous remercier d’avoir partagé la réponse exhaustive d’Anglo American au Covid-19 comprenant l’ensemble des mesures que la société prend dans les différents pays. Même si je dirais qu’il y a toujours lieu de s’améliorer, je tiens à saluer la façon dont la société gère la situation,”

a indiqué Valter Sanches dans sa réponse.

Maurice: il faut protéger les droits des travailleurs pendant le confinement

Le confinement, qui a commencé le 20 mars à Maurice, devrait prendre fin le 4 mai.

Dans une lettre adressée au Premier ministre, l’affilié à IndustriALL Global Union, la Confédération des travailleurs et travailleuses des secteurs public et privé (CTSP), propose l’instauration d’un salaire minimum universel pour répondre aux besoins des travailleurs qui perdront leur emploi en raison de la pandémie. En outre, le syndicat souhaite que le forum tripartite national soit mis en place immédiatement, conformément aux dispositions de la Loi sur les droits des travailleurs, du fait qu’il favorisera le dialogue social pendant la pandémie.

Reeaz Chutto et Jane Ragoo, respectivement président et secrétaire générale de la CTSP, ont indiqué:

« Si elle est retenue, la proposition du secteur privé de déroger à certains articles de la Loi sur les droits des travailleurs (2019) sera le pire signal que votre gouvernement puisse envoyer aux travailleurs. Cette loi n’a pas été élaborée et adoptée dans le but d’augmenter les dépenses des entreprises. Aux yeux des travailleurs, elle a permis de rétablir la justice sociale dans la classe laborieuse. »

Les syndicats mauriciens s’opposent aux tentatives de réduction des montants payables pour les années de service adoptés dans le cadre du régime des primes de retraite transférables (Portable Retirement Gratuity Fund). Selon eux, il s’agit d’un « chantage social » exercé par les employeurs sur le gouvernement, notamment face aux menaces de pertes d’emplois actuelles.

En outre, les syndicats recommandent la création d’un fonds de solidarité pour soutenir les travailleurs du secteur informel. Le secteur bancaire, les parlementaires, les entreprises et les particuliers contribueront au fonds proposé. Egalement, les syndicats estiment que les remboursements versés au secteur privé pour la formation des employés devraient être affectés au programme d’allocation conditionnelle qui fournit une aide immédiate aux travailleurs licenciés pour trouver d’autres emplois ou suivre une formation professionnelle. Le programme devrait aussi s’appliquer aux travailleurs contractuels et donner la priorité aux placements professionnels des travailleurs mauriciens.

Les syndicats veulent que la Loi sur la santé et la sécurité au travail soit amendée pour inclure des dispositions relatives à l’accès des travailleurs à des équipements sanitaires sur les lieux de travail. Les campagnes de sensibilisation à la COVID-19 et aux gestes d’hygiène de base devraient également s’adresser aux travailleurs migrants et être disponibles dans leurs langues maternelles.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

« La pandémie de COVID-19 nous invite à réinventer le lieu de travail en termes de droits des travailleurs, de santé et de sécurité, de travail décent et d’avenir du travail dans la période post-pandémie. Il est louable que la CTSP prenne cette initiative. »

Les travailleurs de l'habillement cambodgiens ont besoin de l'aide des marques

Les chiffres officiels montrent que l'épidémie de Covid-19 a entraîné l'arrêt de la production de 91 ateliers de confection et que 91.500 travailleuses et travailleurs de l'habillement ont été licenciés. D'après les syndicats, ces travailleurs et leurs familles ne peuvent survivre avec 70 $, beaucoup moins que le salaire minimum de 190 $.

Le 7 avril, le gouvernement cambodgien a annoncé que les travailleurs de l'habillement licenciés à titre temporaire ne percevraient que 70 $ par mois alors qu'une précédente proposition était de 114 $, dont 40 pour cent auraient été versés par les employeurs et 20 pour cent par le gouvernement.

"Nous espérons que les marques peuvent prendre une part du fardeau et verser 40 pour cent du salaire minimum pour soutenir les travailleuses et les travailleurs de l'habillement. Les fabricants devraient porter leur quote-part à 40 pour cent, compte tenu des bénéfices qu'ils engrangent depuis des années au Cambodge,"

déclare Athit Kong, le Président de la Coalition des syndicats démocratiques cambodgiens du vêtement (CCAWDU), affiliée à IndustriALL Global Union.

"1.180 de nos adhérents ont perdu leur emploi quand 15 ateliers de confection ont suspendu leur activité et 8.000 ont été mis en chômage temporaire. Il y a des actions de protestation contre les employeurs qui n'ont pas payé les salaires dus pour l'an dernier,"

explique Pav Sina, le Président du Syndicat collectif du mouvement des travailleurs (CUMW).

La Secrétaire régionale d'IndustriALL, Annie Adviento, suggère que le gouvernement cambodgien entame un dialogue social avec toutes les organisations syndicales :

"En temps de crise, le dialogue national avec les syndicats est essentiel pour trouver une solution tenable." 

Le Brésil ferme 47 barrages miniers dangereux

Le 31 mars était la date limite pour le dépôt d'un certificat de sécurité. Le 2 avril, l'Agence minière nationale du Brésil a annoncé que, dans 31 cas, la sécurité des installations n'avait pu être démontrée et que les documents requis n'avaient pas été reçus pour 16 autres barrages.

Ces sites ne répondant pas aux normes de sécurité, les rejets et sédiments ne pourront plus y être stockés. Des amendes seront imposées à ceux qui n'ont pas rentré la documentation requise.

Trente-sept des installations fermées sont situées dans la province de Minas Gerais, où deux barrages de la compagnie Vale avaient cédé en quatre ans à peine. En 2015, 19 personnes ont perdu la vie dans l'effondrement du barrage de Mariana, et 272 autres dans la tragédie de Brumadinho, en 2019.

Lucineide Varjão, la co-présidente régionale d'IndustriALL pour le secteur des mines et présidente de la CNQ-CUT, déclare :

"Même après des crimes à grande échelle comme ceux de Mariana et de Brumadinho, beaucoup de compagnies continuent d'afficher un mépris total pour la santé et la sécurité, faisant passer le profit avant la vie humaine. En plus, les travailleurs doivent maintenant faire face au Covid-19, et ils se font infecter, mais les mines tournent toujours.

"Il faut que les mines ferment maintenant, et il faudrait prendre le temps de prendre les mesures nécessaires pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs, et pour protéger l’environnement."

Le 1er avril, Vale a annoncé que trois de ses barrages étaient menacés de rupture et qu'elle construisait des structures de renforcement de ces barrages qui devaient être prêtes dans le premier trimestre de 2020.

Nilton Freitas, le représentant régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes de l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), déclare :

"Sur les 47 barrages qui ont fermé, plus de la moitié sont gérés par Vale. Mais les autorités font leur travail et protègent la population, grâce aux énormes pressions des organisations de la société civile et des organisations syndicales nationales et internationales. Nous avons tous travaillé ensemble depuis la catastrophe de Mariana, combinant campagnes locales et une intervention ferme sur la scène internationale, notamment de la part de l'OCDE."

À la suite de la tragédie de Mariana, IndustriALL et l'IBB ont déposé plainte à l'OCDE contre BHP et Vale SA, pour violation des principes directeurs de l'OCDE.

Comment au plan mondial le secteur pétrolier réagit-il au Covid-19 ?

Dans la plupart des pays, l’industrie pétrolière est considérée comme un secteur essentiel et n’est pas soumise à des fermetures imposées. Toutefois, le confinement au plan mondial et la chute de l’activité économique qui en résulte ont considérablement réduit la demande.

Le prix du pétrole a également connu une chute spectaculaire, à la fois en raison de la baisse de la demande et de tensions géopolitiques qui ne sont pas liées. Quoi qu’il en soit, les prix du pétrole fluctuent et il faudra plusieurs mois avant d’en connaître les effets sur l’emploi.

IndustriALL a écrit à toutes les entreprises avec lesquelles elle a conclu des accords-cadres mondiaux, les invitant à collaborer avec les syndicats pour protéger la santé, la sécurité, les emplois et les revenus des travailleurs. ENI et Equinor ont répondu en exposant les grandes lignes de leur réponse à la crise et en s’engageant à travailler avec leurs syndicats.

Il existe des différences significatives d’une région à l’autre et entre les compagnies, mais dans l’ensemble, il y a deux tendances distinctes de la part des compagnies pétrolières :

  1. Les compagnies pétrolières ont maintenu la production et protégé le personnel de base, parfois avec des indemnités généreuses pour travailler dans des situations difficiles. Toutefois, elles ont mis fin à leurs relations avec les sous-traitants. Étant donné que 82% du travail dans le secteur est effectué par une main-d’œuvre en sous-traitance, cela a un effet dévastateur, car beaucoup ont perdu leur revenu.
  2. En règle générale, les décisions ont été prises sans consulter les syndicats.

La Norvège constitue une exception, un accord national ayant été conclu entre les syndicats et les organisations patronales par le biais du cadre existant de KonKraft pour empêcher les licenciements permanents par le maintien d’activités. Les stratégies visant à résoudre les licenciements temporaires incluent un accroissement de la recherche et développement.

En Russie, la plupart des cols blancs de Lukoil travaillent à distance, mais même si l’entreprise prévoit de réduire sa production, le travail se poursuit, avec des équipements de protection individuelle supplémentaires et des mesures pour lutter contre la propagation du virus.

Le syndicat australien Australian Workers’ Union a demandé que les opérateurs fournissent un soutien financier continu aux travailleurs en sous-traitance et que tous les travailleurs soient payés pendant les quarantaines. Cette demande a été largement satisfaite, à l’exception notable de Woodside, qui a licencié 1.000 salariés sans rémunération.

Au Nigeria, le NUPENG représente les travailleurs du réseau de distribution, y compris les chauffeurs de camions-citernes et les employés des stations-service. Les membres du syndicat livrent du désinfectant pour les mains, des masques et des gants aux dépôts. Certaines entreprises ont licencié des sous-traitants et le NUPENG s’attend à de nombreuses pertes d’emplois au cours de l’année à venir.

Aux États-Unis, l’effet sur les travailleurs a jusqu’à présent été minime et les Métallos USW ont négocié des changements de rotation pour réduire l’exposition. Le syndicat insiste également pour que les usines procèdent à des dépistages et à des prises de température au sein des usines.

Au Maroc, les syndicats se sont unis pour réclamer un fonds de gestion de la pandémie, constitué des cotisations des employeurs et des travailleurs à la sécurité sociale, afin de rémunérer les travailleurs touchés. Les syndicats réclament également un moratoire sur le remboursement des emprunts.

Les compagnies pétrolières ont modifié les rotations des équipes des champs pétrolifères irakiens pour minimiser les contacts, en réponses aux revendications syndicales. Le syndicat a produit des vidéos éducatives pour ses membres et est parvenu à un accord selon lequel les salaires des travailleurs sous-traitants ne seront pas affectés.

Au Brésil, la crise du Covid-19 survient peu après l’énorme grève chez Petrobras. L’entreprise et ses 63.000 travailleurs sont gravement touchés. Les syndicats s’inquiètent vivement de la minimisation de la crise par le président Bolsonaro.

Diana Junquera Curiel, Directrice de l’énergie, a déclaré :

"Nous sommes confrontés à une situation sans précédent. À court terme, nous devons protéger la vie et les moyens d’existence des travailleurs du secteur. À plus long terme, nous devons nous préparer aux énormes changements que cette crise en cours va entraîner."

"En ces temps difficiles, nous devons partager l’information entre nous et agir de manière solidaire. Ensemble, nous pouvons traverser cette épreuve."

COVID-19: protéger les droits des femmes durant la pandémie

Protéger la santé et la sécurité des travailleuses

Inciter les employeurs à prendre les mesures de protection nécessaires pour la santé et la sécurité de leurs employé.e.s

Pousser les gouvernements à légiférer sur le droit aux congés maladie payés et accès gratuit aux soins de santé pour tous.tes les travailleurs et travailleuses, quelle que soit la relation de travail

Assurer la représentation des femmes, à tous les niveaux, dans les comités de santé et de sécurité ou dans tout autre organe, qui définissent des mesures visant à protéger les travailleurs et travailleuses contre la COVID 19

Faire pression pour une protection spécifique des travailleuses enceintes pendant la crise

Exhorter les gouvernements à maintenir l’accès aux services en santé reproductive et à ne pas détourner les ressources allouées à ces services qui sauvent des vies humaines

En Indonésie, GARTEKS et le SPN luttent pour la fermeture temporaire des ateliers de confection qui emploient une majorité de femmes.

Au Maroc, l’UMT a négocié une rotation accrue du personnel dans les usines de câblage afin de réduire le nombre de travailleur.e.s sur site au même moment, ainsi que la fourniture de masques, de gants et de désinfectants.

Au Japon, la confédération syndicale RENGO encourage le télétravail et le changement d’horaires des trajets domicile-travail pour les femmes enceintes afin qu’elles évitent les heures de pointe dans les transports publics.

La centrale syndicale TUC rappelle aux travailleuses enceintes les obligations de leurs employeurs de protéger leur santé pendant la crise de la COVID-19 grâce à: la prévention et à leur non-exposition aux mesures de risque, à leur réaffectation à d’autres postes avec la même rémunération et, si cela n’est pas possible, à l’aménagement de leurs conditions de travail, au télétravail ou aux congés spéciaux à plein traitement.

La pandémie actuelle a perturbé l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Le FNUAP demande le maintien de ces services pour éviter une explosion de la mortalité prénatale et postnatale.

Préoccupée par l’accès de plus en plus limité des femmes à ces services pendant la crise de la COVID-19, la CGT a appelé à une action internationale pour garantir l'accès à la contraception et prévenir la mortalité maternelle et infantile pendant de cette crise.

Lutter contre la violence faite aux femmes

Faire campagne auprès des gouvernements pour qu’ils ratifient la Convention n° 190

Condamner toutes les formes de violence et de harcèlement fondées sur le genre, y compris la violence domestique, et faire connaître et diffuser les numéros d’appel ou plateformes d’assistance téléphonique pour toutes les victimes de violence familiale

Veiller à ce que des politiques et des mesures de lutte contre la violence et le harcèlement au travail soient prises et mises en œuvre et ceci, même en pleine crise de la COVID-19

Exhorter les gouvernements à accroître les ressources allouées à la prévention de la violence domestique et à la protection des victimes, en maintenant les centres d’hébergement et en augmentant leurs capacités d’accueil si nécessaire

L’ONU dénonce la montée de la violence domestique avec le confinement instauré en raison de la pandémie. Les victimes de violences familiales, principalement les femmes, se retrouvent prises au piège avec leurs bourreaux.

En Uruguay, les syndicats ont envoyé un message fort sur leurs sites Web et les médias sociaux: « La violence faite aux femmes n’est pas un dommage collatéral ! Tu n’es pas seule ! », tout en diffusant les numéros d’appel ou plateformes d’assistance téléphonique pour les victimes.

En Italie, la CGIL et l’UIL ont collaboré pour promouvoir l’établissement de mesures spéciales pendant et après la crise de la COVID-19, notamment en lançant une vaste campagne visant à promouvoir les numéros d’appel d’urgence et à diffuser les informations sur les mesures de protection des victimes, à identifier de nouveaux centres d’hébergement possibles, à allonger de six mois au moins les congés pour les femmes victimes de violence, et à créer un fonds destiné à assurer la sortie des femmes de la spirale de la violence.

En Espagne, la CC.OO exhorte le gouvernement à ratifier la nouvelle Convention n° 190 de l’OIT qui prescrit des mesures visant à atténuer les impacts de la violence domestique dans le monde du travail. La recommandation 206, en lien avec la nouvelle convention, prévoit entre autres des congés pour les victimes de violences familiales, des modalités de travail aménagées et une protection temporaire contre le licenciement pour ces victimes, ainsi que la sensibilisation à la violence domestique.  

Maintenir le revenu et protéger les emplois des travailleuses

Mener des négociations au niveau national tripartites ou au niveau de l’entreprise et du lieu de travail pour garantir les revenus des travailleurs et travailleuses et protéger l’emploi pendant la crise

Négocier des mesures au niveau mondial avec les compagnies multinationales pour protéger les emplois et les revenus des travailleurs et travailleuses dans leurs chaînes d’approvisionnement

Etendre l’accès aux allocations de chômage et à l’assurance contre le chômage aux travailleurs et travailleuses précaires et de l’économie informelle

Négocier avec les gouvernements la mise en place d’une protection sociale spécifique et d’un soutien d’urgence aux travailleurs et travailleuses vulnérables qui ne bénéficient pas de la protection sociale et des systèmes de sécurité sociale en place (travailleurs et travailleuses du secteur informel, travailleurs et travailleuses migrant.e.s, etc.)

Négocier avec les gouvernements l’établissement d’une aide ciblée aux familles à faible revenu, en particulier aux familles monoparentales, ainsi que la suspension temporaire des remboursements des prêts et des hypothèques

Les femmes constituent la majorité des effectifs dans certaines des chaînes d’approvisionnement des secteurs les plus touchés par la crise dont s’occupent IndustriALL, comme celui de l’habillement.

La situation est très préoccupante dans cette industrie. La baisse des commandes des grandes marques ainsi que l’état d’urgence instauré dans de nombreux pays producteurs ont entraîné la fermeture de milliers d’usines et la mise à pied temporaire ou le licenciement de millions de travailleuses.

De nombreux travailleur.e.s n’ont reçu ni salaire ni indemnité, et ne bénéficient d’aucun filet de sécurité sociale.

Certains affiliés à IndustriALL ont réussi à garantir les revenus des travailleur.e.s comme SACTWU en Afrique du Sud, ou Garteks et SPN en Indonésie. Au niveau mondial, IndustriALL négocie avec les marques pour prendre les mesures nécessaires pour payer les salaires et les indemnités aux travailleur.e.s, et protéger les emplois.

À l’échelle mondiale, les travailleuses constituent la majorité des travailleur.e.s précaires et des travailleur.e.s de l’économie informelle. Au Canada, afin d’assurer la protection des travailleur.e.s précaires, le syndicat UNIFOR a demandé au gouvernement fédéral de mettre en place des fonds spéciaux d'urgence d'aide au revenu pour les travailleuses et travailleurs vulnérables (y compris les travailleurs et travailleuses précaires) qui, autrement, ne recevraient pas de prestations d'assurance-emploi.

Au Maroc, l’UMT a réussi à négocier des mesures visant à protéger les emplois des travailleuses (et des travailleurs) en sous-traitance dans les entreprises de câblage du secteur automobile en leur faisant prendre leurs congés annuels au lieu de résilier leurs contrats.

In Inde, le SEWA a soutenu les travailleuses du secteur informel les plus vulnérables. Dans le Gujarat, l’organisation distribue des vivres, en particulier aux travailleur.e.s migrant.e.s pendant l’état d’urgence. L’organisation a demandé au ministère national du Travail de soutenir les revenus des familles des travailleur.e.s de l’économie informelle pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins fondamentaux, la mise en place d’un Système public de distribution gratuite de rations pendant la durée de la crise ainsi qu’un délai de six mois d’amortissement sur le remboursement de tous les prêts.

Instaurer des modalités de travail aménagées et des congés payés pour les parents

Mener des négociations au niveau national tripartites ou au niveau de l’entreprise et du lieu de travail pour la mise en place de modalités de travail aménagées (horaires de travail flexibles, télétravail), la réduction du temps de travail (avec maintien des revenus) ou congés payés pour respecter le droit de l’ensemble des travailleurs et travailleuses à prendre toutes les dispositions nécessaires pour prendre soin de leurs familles pendant la crise.

Négocier la mise en place de services de garde d’urgence pour les enfants dont les parents doivent continuer à travailler

Appeler à un changement des normes sociales et une répartition plus équitable des tâches ménagères et de l’éducation des enfants entre les hommes et les femmes

La fermeture des écoles ainsi que les risques spécifiques auxquels sont confrontées les personnes âgées ont un impact sur les femmes qui sont les principales aidantes familiales. La mise en place de mesures permettant aux travailleurs, et en particulier aux travailleuses, de conserver leurs emplois et leurs revenus dans ce contexte est essentielle. De nombreux gouvernements ont adopté des mesures à cette fin à la suite de négociations tripartites.

Élaborer une approche tenant compte des considérations de genre pour répondre à la crise

Inciter les gouvernements et les employeurs à recueillir des données ventilées par sexe afin d’analyser les impacts de la COVID-19, et à élaborer des approches à court et à long termes tenant compte des questions de genre

Suivre les tendances du chômage au niveau national, ainsi que les licenciements pour motif économique au niveau des entreprises, afin de veiller à ce que les conséquences de la COVID-19 n’aggravent pas les inégalités existant dans le monde du travail

En Espagne, la CC.OO surveille l’évolution des incidences pour les hommes et les femmes des mesures instaurées pour résoudre les conséquences de la COVID-19 dans ses Miradas violetas (Regards violets). Dans ce cadre, le syndicat suit de près les chiffres du chômage.

40 firmes brésiliennes plaident pour un engagement à ne pas licencier

Cette initiative, baptisée "Não demita!" (Pas de licenciements !), a pour but de promouvoir la responsabilité sociale de l'entreprise en incitant d'autres firmes à s'engager à garder tous leurs travailleurs pendant les deux premiers mois de la crise du coronavirus afin d'empêcher, ou à tout le moins minimiser, ce qui pourrait aboutir à un effondrement économique et social.

Ces firmes préconisent le recours à d'autres options pendant cette période exceptionnelle avant de mettre les activités à l'arrêt et de procéder à des licenciements massifs. Il faut que les entreprises soutiennent leurs salariés, qui ont besoin de leurs salaires pour vivre. C'est à elles de faire en sorte que leurs chaînes d'approvisionnement restent intactes et que les usines restent en état de fonctionner.

Elles appellent les chefs d'entreprises à appliquer les mesures de santé et de sécurité au travail recommandées par l'Organisation mondiale de la santé et le ministère de la Santé brésilien, par exemple en sécurisant un lieu de travail où le personnel peut respecter les distances de sécurité.

Elles appellent aussi les entreprises en bonne santé financière à soutenir les communautés locales, là où les entrepreneurs ont un rôle important à jouer.

Sept au moins des 40 firmes qui participent à cette initiative sont actives dans des secteurs représentés par IndustriALL Global Union, comme par exemple :

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit récemment à 50 entreprises qui ont des accords-cadres mondiaux avec IndustriALL pour les inviter à coopérer avec les syndicats afin de protéger la santé, la sécurité, les emplois et les salaires pendant la pandémie de coronavirus.

Valter Sanches se félicite de l'initiative des firmes brésiliennes et invite celles d'autres pays à suivre leur exemple :

"Il faudra que les travailleurs aient des emplois, des salaires et du pouvoir d'achat pour nous sortir de la crise économique aussi vite que possible. C'est le genre d'engagement que nous voudrions entendre de la part des entreprises du monde entier"