ENGIE s’engage à prendre à sa charge les soins de santé et les droits à la sécurité sociale liés au COVID-19 pour tous ses employés à travers le monde

Les syndicats mondiaux IndustriALL Global Union, l’Internationale des services publics (ISP) et l’Internationale des Travailleurs du Bâtiment et du Bois (IBB) – avec lesquels ENGIE négocie en ce moment un accord-cadre international (ACI) – saluent et soutiennent cette initiative. Ils sont sensibles à la reconnaissance par ENGIE du rôle essentiel que jouent les syndicats et le dialogue social dans la crise actuelle afin d’assurer la pérennité à long terme de l’entreprise ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être des employés.

Le nouvel ACI avec ENGIE prévoit l’engagement de l’entreprise à garantir à tous ses employés un socle commun de protection sociale en termes de responsabilités parentales, de santé, d’invalidité et de décès dans l’ensemble de ses activités mondiales, qui sera mis en œuvre via le programme ENGIE CARE.

Cependant, au vu de l’urgence à garantir la couverture de sécurité sociale pour tous les employés d’ENGIE dans le contexte de la pandémie de COVID-19, l’entreprise a sollicité les fédérations syndicales mondiales afin de faire immédiatement entrer en vigueur certaines parties d’ENGIE CARE. 

« Nous saluons cette initiative prise par notre partenaire de l’accord-cadre international face à la pandémie. Les travailleurs paient un lourd tribut et nous invitons instamment ENGIE à le rendre accessible aux travailleurs, partout dans le monde, »

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

« Les politiques d’austérité ont contraint de nombreux gouvernements à procéder à des réductions du financement public de la sécurité sociale et d’autres services publics. L’engagement d’ENGIE à assurer un socle commun de protection sociale à ses travailleurs dans le monde entier représente une contribution méritoire en complément des dispositions de l’État, quand elles existent, et en soutien des travailleurs quand ils ne bénéficient d’aucune protection. Mais elle met également en lumière la nécessité pour les gouvernements d’investir dans des systèmes publics de protection sociale afin d’atténuer les retombées socio-économiques de la crise du COVID-19 et de faciliter le redressement économique, »

a déclaré Rosa Pavanelli, Secrétaire générale de l’ISP.

« En tant que partenaires dans la négociation d’un nouvel accord-cadre international, nous nous engageons ensemble à défendre et à promouvoir les droits des travailleurs dans le monde entier. Aussi, l’IBB se félicite de la réponse proactive d’ENGIE qui vise à atténuer les retombées négatives du COVID-19 pour tous ses employés. Cette situation souligne l’importance de reconnaître la négociation collective avec les syndicats à tous les échelons nécessaires afin d’identifier les menaces pour la santé, les droits et le bien-être des travailleurs et d’élaborer et de mettre en œuvre des mesures sur le lieu de travail, »

a déclaré Ambet Yuson, Secrétaire général de l’IBB.

ENGIE, IndustriALL Global Union, l’Internationale des services publics (ISP) et l’Internationale des Travailleurs du Bâtiment et du Bois (IBB) demeurent déterminés à poursuivre leur dialogue ainsi que les négociations de l’ACI, qui reprendront dès que les conditions le permettront.

Le gouvernement cambodgien doit libérer sur-le-champ une dirigeante syndicale

Soy Sros, la présidente d'une section locale du Syndicat collectif du mouvement des travailleurs (CUMW) chez Superl Holdings Ltd, a été arrêtée le 2 avril après avoir posté sur Facebook un message commentant les licenciements dans son entreprise :

"Superl ne respecte pas les recommandations du Premier ministre cambodgien, Hun Sen, elle a résilié les contrats d'emploi d'ouvriers et d'ouvrières, dont une femme enceinte, pour cause de pénurie de matières premières en raison du Covid-19”.

“Soy Sros exerçait, en toute légalité, son droit à la liberté d'expression pour défendre les intérêts de travailleurs licenciés par Superl Holdings Ltd. Faire de ses propos un délit pénal est inacceptable parce que c'est tout simplement la vérité,”

déclare le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.

“Le gouvernement cambodgien a exprimé son attachement à la défense de la liberté d'expression lorsqu'il a ratifié, en 1992, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Plutôt que d'emprisonner Soy Sros, il devrait servir de médiateur constructif entre l'entreprise et le syndicat.”

Selon le président du CUWM, Pav Sina, la santé de Soy Sros se dégrade à la prison provinciale de Kampong Spoe. Il estime que, bien qu'elle reçoive des soins en prison, elle doit être libérée le plus tôt possible et être hospitalisée.

IndustriALL exhorte Superl Holdings à retirer le constat de police, permettre la libération immédiate de Soy Sros et respecter les droits syndicaux.

Le COVID-19 doit être reconnu en tant que maladie professionnelle

Alors qu’un tiers de la population mondiale se voit imposer actuellement diverses formes de confinement en vue de ralentir la propagation du COVID-19, des millions de travailleur·euse·s, notamment les personnels des services de santé, des services sociaux, des services d’urgence, des secteurs de l’agriculture, de l’alimentation, de la vente, du transport, de l’éducation, des travaux d’infrastructures et de construction et d’autres services publics (voir annexe), continuent de travailler sans relâche pour assurer le bon fonctionnement de notre société. Et pourtant la grande majorité d’entre eux·elles exercent leur profession sans les protections intégrales requises en cas d’exposition à une maladie professionnelle reconnue, causée par un agent biologique. Une telle situation représente un risque très élevé pour les travailleur·euse·s, leurs familles et les communautés dans lesquelles il·elle·s vivent.

Les travailleur·euse·s nécessitent de toute urgence une reconnaissance officielle du SARS-CoV-2 coronavirus comme risque professionnel. Le gouvernement argentin et l’Institut national italien d’assurance contre les accidents du travail (INAIL) ont déjà reconnu le COVID-19 en tant que maladie professionnelle.

À l’instar de tout autre risque, il appartient aux employeur·euse·s de protéger, dans la mesure du possible, leurs travailleur·euse·s contre ce nouveau danger. Ceci implique des mesures d’hygiène strictes, une distanciation sociale, un nombre suffisant d’équipements de protection individuelle de type adéquat (avec mise en œuvre d’un programme approprié), ainsi que des protocoles de test, de traçage et de suivi pour les travailleur·euse·s exposé·e·s et les personnes avec lesquelles ils·elles auraient pu avoir des contacts, en particulier lorsque les tests seront plus facilement disponibles.

Par ailleurs, il est nécessaire que l’ensemble des travailleur·euse·s obtiennent une reconnaissance officielle du COVID-19 en tant que maladie professionnelle. Cela permettrait de garantir le droit de représentation des travailleur·euse·s, leurs droits en matière de santé et de sécurité au travail, de même que l’application de mesures concertées pour réduire les risques. Ces droits englobent notamment celui de refuser de travailler dans des conditions de travail non sécurisées. Les gouvernements doivent exiger le signalement et l’enregistrement de tous les cas de maladie et d’accident liés au travail et faire en sorte que les victimes du COVID-19 en milieu professionnel, ainsi que les membres de leur famille touché·e·s, bénéficient de soins médicaux complets et de systèmes d’indemnisation.

Le mouvement syndical mondial appelle l’ensemble des gouvernements du monde à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ces travailleur·euse·s.

Primo, il importe de rappeler aux employeur·euse·s leurs responsabilités de protéger la santé et la sécurité de leurs travailleur·euse·s contre tous les risques sur les lieux de travail, y compris le SARS-CoV-2.

Secundo, la protection de tou·te·s les travailleur·euse·s doit être garantie en affectant aux systèmes de maladies professionnelles une « présomption réfragable », selon laquelle, lorsqu’un·e travailleur·euse risque d’être exposé·e au SARS-CoV-2 dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, le COVID-19 doit être reconnu et indemnisé en tant que maladie professionnelle.

L’inclusion d’un mécanisme de présomption réfragable dans le cas des infections au COVID-19 signifierait que l’exposition du travailleur·euse au SARS-CoV-2 sur son lieu de travail serait considérée comme la cause présumée de la maladie, pour autant que des preuves concluantes réfutant cette hypothèse ne soient pas portées à la connaissance des autorités compétentes, dans le cadre législatif réglementant l’indemnisation des travailleur·euse·s. La notion de « lieu de travail » inclut les déplacements vers et depuis ce lieu de travail. La reconnaissance du COVID-19 en tant que maladie professionnelle garantit la responsabilité des employeur·euse·s et l’application de sanctions pénales en cas de négligence de leur part.

Assurer ce type de protection et cette reconnaissance constituerait un premier pas pour témoigner aux travailleur·euse·s le respect qu’il·elle·s méritent, en veillant autant que possible à introduire des mesures préventives et en garantissant, dans le cas malencontreux d’une infection au COVID-19, un accès équitable aux régimes d’indemnisation. La protection de la santé des travailleur·euse·s au travers de la prévention de l’infection doit toujours être la première priorité, et les travailleur·euse·s qui tombent malades doivent avant tout se concentrer sur leur rétablissement, sans avoir à craindre une perte financière potentielle à la suite d’une maladie contractée sur leur lieu de travail.

À l’occasion de la Journée internationale de commémoration des travailleuses et travailleurs mort·e·s ou blessé·e·s au travail, nous rendons hommage aux millions de travailleur·euse·s qui, chaque année, sont victimes d’accidents mortels en raison des dangers présents sur leurs lieux de travail. Cette année, alors que le monde est en proie à une pandémie mortelle, nous avons une raison supplémentaire de prendre les meilleures décisions.

Tous les jours, des travailleur·euse·s perdent la vie pour sauver celle de leurs concitoyen·ne·s. Il·Elle·s méritent notre soutien et notre gratitude. L’exposition au SARS-CoV-2 doit être reconnue comme un risque professionnel évitable, tandis que le COVID-19 lié au travail doit être reconnu et indemnisé en tant que maladie professionnelle.

Victoire des syndicats indonésiens : le Parlement reporte le débat sur un projet de loi controversé

Said Iqbal, Président de la Confédération des syndicats des travailleurs indonésiens (KSPI), s’est félicité de cette annonce et a annoncé qu’un rassemblement prévu pour le 30 avril a été annulé.

“C’est la bonne décision. Notre pays lutte contre le Covid-19 et le gouvernement doit s’attacher à prévenir les licenciements massifs de travailleurs. Ce report garantira l’unité de toutes les parties prenantes, y compris le gouvernement et les travailleurs,”

a indiqué Said Iqbal.

Le 16 avril, la Confédération générale des syndicats de travailleurs indonésiens (KSPSI), la Confédération générale des syndicats d’Indonésie (KSBSI) et le KSPI s’étaient réunis sous l’égide de l’Assemblée des travailleurs indonésiens (MPBI) pour appeler le gouvernement à abandonner le projet de loi omnibus et annoncer un rassemblement pour le 30 avril.

Cependant, ce 23 avril, Said Iqbal, accompagné de la Présidente de la KSBSI, Elly Rosita Silaban et du président de la KSPSI, Andi Gani Nena Wea, a rencontré le Président indonésien Jokowi au sujet de ce rassemblement prévu et de l’impact du Covid-19 sur les travailleurs.

“La force unifiée du MPBI est une clé du succès, mais la lutte continue jusqu’à ce que le gouvernement annule le projet de loi omnibus. Celui-ci doit faire l’objet d’une discussion tripartite : les syndicats ont le droit d’y apporter leur contribution,”

a déclaré Elly Rosita Silaban.

“En adoptant ce projet de loi à la hâte alors que Jakarta était en état d’urgence pour lutter contre le Covid-19, on ne respectait pas les règles normales du processus législatif tout en gardant dans l’ignorance des acteurs importants comme les syndicats.

Nous félicitons la KSPI, la KSBSI et la KSPSI pour avoir remporté cette victoire sur le report du débat,”

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

Cet énorme projet de loi omnibus comporte 1.028 pages reprenant 1.194 articles de 82 lois indonésiennes et concerne divers aspects du travail, comme l’abolition du salaire minimum mensuel, la réduction des indemnités de licenciement et l’augmentation de la flexibilité du travail.

Vers une transition juste pour les travailleurs espagnols des centrales thermiques

L’accord prévoit la création d’un cadre de soutien aux travailleurs concernés grâce à des plans de formation et des mesures de réinsertion externe.

Ces dernières années, les perspectives d’exploitation des centrales thermiques ont été impactées par un certain nombre de facteurs techniques, économiques et réglementaires, tels que les politiques de transition vers les énergies renouvelables, alors que les entreprises de services publics doivent investir pour réduire les émissions des centrales électriques. Selon une directive européenne, les centrales électriques qui n’investiraient pas dans la baisse de leurs émissions devront fermer d’ici 2020.

La fermeture de 12 centrales thermiques sur 15 en Espagne touchera quelque 2 300 travailleurs, dont 1 300 sont directement employés par les trois entreprises susmentionnées, tandis que 1 000 travaillent pour des sous-traitants.

Aux termes de l’accord signé le 17 avril, le gouvernement et les entreprises s’engagent à rechercher activement des investisseurs ayant des projets pouvant être implantés dans les zones touchées – les Asturies, l’Aragon, la Castille, le León, la Galice et l’Andalousie – et tenant compte des caractéristiques et des particularités de ces territoires.

Les entreprises signataires se sont engagées à élaborer des plans de soutien et à s’efforcer de maintenir l’emploi par la délocalisation des emplois directs et la priorité donnée au recrutement des travailleurs des entreprises auxiliaires. Notamment, elles étudient des plans d’aide à la réinsertion externe de leur personnel et envisagent d’embaucher en priorité les travailleurs des entreprises auxiliaires pour les tâches liées aux nouvelles activités ainsi qu’au démantèlement et à la rénovation des usines.

Des mesures spécifiques seront prises pour faciliter l’emploi des travailleurs de plus de 52 ans, dont la fourniture d’un soutien aux entreprises pour percevoir des primes à leur embauche. Les entreprises feront également des propositions d’investissements en matière de production énergétique à partir des sources renouvelables dans ces territoires.

Les syndicats s’engagent à faciliter la réalisation et le suivi des engagements en matière de formation, de prévention des risques professionnels, de réindustrialisation et de diffusion de l’accord.

Les parties ont convenu d’établir un comité de suivi dont le mandat sera de veiller au respect de l’accord, et qui se réunira tous les six mois ou chaque fois que l’une des parties le demandera.

Agustín Martin, Secrétaire général de CCOO de Industria, a commenté:

« Nous travaillons sans relâche sur la question de la transition énergétique et pour qu’elle soit réalisée équitablement pour les travailleurs et les territoires touchés. Nous continuerons de proposer, de négocier et de signer des accords dans le but d’offrir de nouvelles perspectives aux personnes affectées. Cet accord sert de base aux signataires à tous les niveaux (étatique, régional, provincial, des comtés et local) afin de trouver des solutions bénéfiques pour les travailleurs touchés par la fermeture des centrales au charbon. »

Pedro Hojas, Secrétaire général de l’UGT-FICA, a indiqué:

« Nous travaillons depuis le début des négociations, qui ont démarré il y a plus d’un an, pour garantir une transition juste en faveur des travailleurs de la principale entreprise et de l’entreprise sous-traitante, et pour que les territoires disposent d’alternatives industrielles et en matière d’emploi. Les entreprises propriétaires de centrales thermiques se sont engagées à investir dans ces territoires leurs propres projets et à attirer d’autres types de projets.

« Tous les échelons administratifs, c’est-à-dire tant le gouvernement national que les communautés autonomes et les mairies, se sont engagés à collaborer et à fournir les ressources économiques nécessaires pour que personne ne se retrouve sans emploi. Cet accord jette les bases de la réalisation des objectifs que nous avons fixés au début des négociations. »

Le secteur de l’électricité en Espagne, qui emploie 85 000 personnes, représente près d’un quart de la consommation énergétique finale du pays et contribue à hauteur d’environ 2% au PIB.

Les syndicats de la chimie réagissent au Covid-19

En Europe surtout, et dans les grandes multinationales, des mesures sociales fortes ont été prises pour protéger l'emploi.

En Allemagne, l'IG BCE a obtenu de la confédération du patronat BAVC un accord couvrant tout le secteur de la chimie et baptisé "Accord de crise", qui court jusqu'à la fin de l'année. Cet accord prévoit des hausses salariales pour les travailleurs mis en chômage partiel. Pour l'IG BCE, ce chômage partiel va très vite se généraliser dans le secteur en Allemagne, lequel emploie 1,1 million de personnes. Le syndicat organise des webinaires d'information pour ses délégués aux conseils d'entreprise.

Au Brésil, presque toutes les usines de plastiques sont fermées ainsi que certaines usines de produits chimiques, tandis que les usines de produits pharmaceutiques développent des traitements. Les travailleurs contraints de rester chez eux à cause du virus sont rémunérés en partie par l'État et en partie par l'employeur, selon la législation d'État en vigueur et la force du syndicat dans l'entreprise. La moitié des salaires au moins sont pris en charge par l'État.

Le 17 avril, la Fequimfar a signé une convention collective sectorielle pour l'État de São Paulo, couvrant 150.000 salariés de la chimie, des plastiques et des engrais. Par cet accord, les travailleurs ne verront pas leurs salaires baisser du fait de la diminution des heures de travail. La CNQ-CUT a négocié avec BASF un accord de référence qui fait autorité dans le secteur au Brésil.

Pour le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan,

"L'industrie chimique est l'épine dorsale de l'économie mondiale et nos affiliés de la chimie réagissent à cette crise avec force et maturité. Des conventions nationales fortes sont conclues, ainsi que de nombreux accords de crise sur des points particuliers avec des entreprises de taille nationale et internationale; la flexibilité de la production permet de produire des équipements essentiels pour lutter contre la pandémie."

Plusieurs grands groupes de la chimie se sont convertis pour produire des désinfectants ou des matières premières pour désinfectants utilisés dans la lutte contre la pandémie, comme BASF, Dow Chemical, Ineos, Shell, DSM, et Mol.

Solvay, avec laquelle nous sommes liés par un ACM, a constitué un fonds de solidarité destiné à aider, financièrement ou non, les membres du personnel et leurs personnes à charge qui seraient en difficulté à cause de la pandémie de coronavirus.

Plusieurs grandes entreprises du secteur ont annoncé qu'elles garantiront le régime de congé de maladie, avec intégralité du salaire, pendant trois mois en cas de chômage temporaire. On peut citer Solvay, Yara et Unilever.

Aux États-Unis, le protocole sur le Covid-19 que l'USW a négocié avec BASF peut servir de modèle au reste de l'industrie chimique américaine pour maintenir les sites en activité sans compromettre la sécurité des travailleurs.

En Autriche a été adoptée une norme nationale sur l'emploi de courte durée dans le but d'éviter les pertes d'emplois. Elle s'applique à tous les secteurs pour une période de trois mois prolongeable. Les comités d'entreprise et les organisations syndicales ont des droits de participation garantis et les propositions doivent recueillir leur accord.

En Belgique et en Italie, les affiliés d'IndustriALL ont connu un conflit sur la question de la reconnaissance de tout le secteur de la chimie en tant que service essentiel, ce qui veut dire que les travailleurs fabriquant des produits tels que le papier collant ne peuvent pas rester chez eux en confinement. Les syndicats italiens de la chimie ont signé avec les organisations d'employeurs des accords de gestion conjointe tout au long de la crise.

Au Japon, toutes les usines du secteur appliquent des mesures similaires pour empêcher une propagation de l'épidémie, y compris par des contrôles de température des personnes à l'entrée.

Au Royaume-Uni, les syndicats, dont Unite, se sont joints à l'organisation des employeurs, la Chemical Industries Association, pour adresser au gouvernement un message commun disant qu'ils sont "unis dans leurs efforts pour faire tout ce qui est possible pour mettre fin à la pandémie de coronavirus et en atténuer l'impact social et économique."

En Hongrie, l'affilié d'IndustriALL du secteur, VDSz, combat une décision unilatérale de prolonger la "loi esclavagiste" de Viktor Orban, annoncée le Vendredi-Saint pour continuer à limiter les possibilités de contrecoup. Elle donne aux employeurs seuls le pouvoir d'imposer une période de référence de 24 mois pendant laquelle les conventions collectives sont suspendues. Le gouvernement a consulté les employeurs mais pas les syndicats pour préparer cette mesure.

En Norvège, le gouvernement intervient pour prendre en charge l'essentiel des frais encourus par les travailleurs incapables de travailler en raison de la pandémie.

En Suède, pratiquement toute l'industrie a poursuivi la production.

En Finlande, le secteur de la chimie a été reconnu comme service essentiel à la satisfaction des organisations syndicales.

En Uruguay, le système de négociation tripartite a été utilisé pour instaurer des mesures pour les travailleurs du secteur affectés, y compris un fonds social et des mesures pour le travail à domicile.

En Colombie et au Pérou, les travailleurs du secteur souffrent de l'absence cruelle d'une protection sociale légale.

Rejoignez le webinaire d'IndustriALL le 28 avril

À l'occasion de la Journée internationale de commémoration des travailleurs décédés et blessés, l'expert en matière de santé et de sécurité chez IndustriALL, Brian Kohler, partagera les dernières recommandations concernant le Covid-19 dans le monde du travail.

Le webinaire sera diffusé en direct sur cette page Facebook.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, ainsi que le secrétaire général adjoint Kemal Ozkan prendront également la parole afin de reprendre les commentaires de Brian dans le contexte du mouvement syndical mondial.

Après la présentation, Brian répondra aux questions et commentaires. Vous pouvez poser vos questions maintenant, en postant sur la page ou pendant le livestream. "

Les syndicats tunisiens signent un accord sur les salaires en temps de pandémie

La Tunisie est confinée depuis le 22 mars et le confinement a été récemment prolongé jusqu’au 3 mai. L’économie a été totalement paralysée; seuls les services essentiels ayant été autorisés à continuer de fonctionner. Bien que la majorité des entreprises aient versé à leurs employés l’intégralité de leurs salaires pour le mois de mars, certains travailleurs n’ont été payés que partiellement. Par ailleurs, la situation reste incertaine pour ce qui est des salaires du mois d’avril. Quelque 1,5 million de travailleurs employés dans le secteur privé tunisien sont concernés.

Alors que, selon la pratique courante nationale, les travailleurs reçoivent 200 dinar tunisien (69 dollars américains) par mois dans le cadre de l’aide gouvernementale versée pour compenser l’arrêt du travail en temps de confinement, ce montant n’est pas suffisant pour vivre.

Conformément à l’accord, les employeurs paieront le solde de son salaire à chaque employé du secteur privé.  Le Secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a félicité l’association patronale UTICA pour cet engagement. L’accord permettra aux travailleurs de bénéficier d’un salaire complet jusqu’à la fin du mois d’avril. En outre, Taboubi a déclaré que l’accord nouvellement signé protégerait les travailleurs du secteur privé contre les licenciements pendant les circonstances exceptionnelles que vit le pays.

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord, l’UGTT a précisé, le 21 avril, que « l’accord correspond aux droits sociaux des entreprises vis-à-vis de leurs travailleurs. L’accord est clair et ne nécessite pas une interprétation plus approfondie. Il doit être appliqué précisément et les salaires des travailleurs doivent être payés comme indiqué dans l’accord. »

Cet accord est extrêmement important pour les travailleurs des secteurs pétrochimique, métallurgique et textile représentés par les affiliés tunisiens à IndustriALL.

Habib Hazami, Secrétaire général de la Fédération générale du textile, de l'habillement, de la chaussure et du cuir, FGTHCC-UGTT, a déclaré :

« Nous sommes déterminés à mettre en œuvre cet accord dans le secteur textile et à veiller au paiement intégral des salaires d’avril. Nous rejetons toute interprétation ou confusion pouvant affecter les travailleurs et les entreprises à cet égard, car nous avons un besoin urgent de coopération pour surmonter la crise. »

Tahar Berberi, Secrétaire général de la Fédération générale de la métallurgie et de l'électronique, FGME-UGTT, a commenté :

« Compte tenu de la situation exceptionnelle et difficile actuelle, nous avons réussi à négocier des accords aussi bien au niveau des entreprises qu’à l’échelle nationale concernant notre secteur en Tunisie. En outre, nous avons des entreprises qui sont désireuses de compenser les heures perdues. Nous avons donc réussi à garantir les salaires à tous les travailleurs tout en préservant leur santé. »

Les affiliés à IndustriALL au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) prennent différentes mesures de riposte contre l’épidémie à coronavirus.

La sécurité, c’est notre affaire

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Quel est le plus grand défi pour la santé et la sécurité sur le lieu de travail ?

“Le plus grand défi est de comprendre que la santé et la sécurité au travail n’est ni un avantage à négocier ni une faveur à demander. C’est notre droit.

Aucun salaire ne vaut notre santé ou notre vie et aucun recours ne peut être accordé lors d’un arbitrage qui nous rendra notre santé ou notre vie, une fois qu’elles sont perdues.”

Y a-t-il une solution rapide ?

“S’il existe une solution rapide, je ne l’ai pas trouvée en plus de 40 ans de militantisme en faveur de la santé et de la sécurité ! Nos droits ne sont jamais accordés facilement, ils doivent toujours être obtenus par le militantisme et la détermination. En effet, chaque droit dont nous jouissons aujourd’hui a suivi, et n’a jamais précédé, les revendications et la détermination ainsi que le militantisme des gens.

Il n’y a pas de solution miracle ; un lieu de travail sûr et sain est le résultat d’un effort et d’une attention constants.”

Quel est le rôle d’IndustriALL dans la promotion de la santé et de la sécurité sur le lieu de travail ?

“IndustriALL peut soutenir les militants syndicaux dans leur lutte en fournissant un cadre pour comprendre la santé et la sécurité au travail du point de vue syndical. Des lieux de travail sûrs et sains sont le résultat de systèmes de sécurité efficaces et qui se recoupent : matériaux, outils, équipements, environnement de travail, priorités de gestion, politiques, programmes, procédures de travail et bien sûr les personnes.

Tous ces éléments doivent être conçus, testés, éduqués ou formés pour être aussi sûrs et sains que possible.”

Comment stopper le coronavirus au travail ?

“La pandémie de Covid-19 à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est une situation extraordinaire, mais les principes du contrôle de l’infection sont connus et le sont depuis des décennies. Restez propre et surtout gardez vos mains propres. Gardez les équipements, les outils, les commandes d’appareillage et les surfaces propres. S’il n’est pas possible de maintenir une distance sociale sur votre lieu de travail, envisagez de porter des masques, mais assurez-vous de porter le bon masque et de mettre en œuvre la procédure de port du masque avec une culture de la sécurité et une formation appropriées ainsi qu’un audit. Tout programme de protection respiratoire, qu’il s’agisse de porter un simple masque chirurgical ou un respirateur à adduction d’air, doit être mis en œuvre et suivi avec soin pour réussir.

Pensez aux modes de transmission : pendant le trajet entre le domicile et le lieu de travail, lors des changements de quart, près de certains équipements, dans la salle à manger, les toilettes, partout où les gens partageront un espace vital.

Veillez à ce que les travailleurs disposent de suffisamment de “congés de maladie” pour ne pas ressentir le besoin de venir travailler pendant leur maladie. Mettez en place un programme de dépistage lorsque les tests seront plus facilement accessibles. Établissez un plan pour prendre en compte les travailleurs qui présentent des niveaux de risque plus élevés. Prévoyez un plan pour traiter un travailleur qui commence à ressentir des symptômes pendant son travail : comment l’emmener se faire soigner et comment retrouver et suivre chaque autre travailleur avec lequel il est entré en contact ?

Ce ne sont que des exemples, il existe des directives détaillées de l’Organisation mondiale de la santé, des gouvernements nationaux et d’autres sources crédibles. Il y a aussi beaucoup de désinformation, alors assurez-vous que vous obtenez vos conseils d’une source fiable !”

De quels droits disposent les travailleurs ?

“Les syndicats insistent sur trois droits fondamentaux des travailleurs en matière de santé et de sécurité au travail : le droit de savoir, le droit de participer et le droit de refuser ou d’interrompre un travail dangereux.

Le droit de savoir signifie être au courant tout ce qu’il y a à connaître sur les dangers de notre travail et recevoir l’éducation et la formation nécessaires pour effectuer ces tâches en toute sécurité.

Le droit de participer signifie être un partenaire à part entière dans l’élaboration et la mise en œuvre de toutes les politiques, programmes, procédures, enquêtes sur les accidents/incidents, inspections, audits, évaluations des risques, etc. en matière de santé et de sécurité au travail. Nous voulons que la santé et la sécurité se fassent avec nous, et non “pour nous”. Les seules personnes ayant l’autorité morale d’évaluer un risque sont celles qui sont confrontées à ce risque.

Enfin, nous demandons le droit de refuser d’effectuer, ou de pouvoir arrêter, tout travail qu’un travailleur considère comme dangereux pour la sécurité ou la santé, sans subir de répercussions négatives”

IndustriALL appelle le gouvernement mexicain à rétablir les droits des travailleurs chez Goodyear

Il existe dans cette usine, située dans la ville industrielle de San Luís Potosí, une représentation des travailleurs factice affiliée à la Confédération des travailleurs mexicains (CTM), à la solde des employeurs.

Les travailleurs n'ont pas choisi ce syndicat jaune pour les représenter et n'ont aucun moyen d'influencer ses priorités ou de faire qu'il soumette à la direction les problèmes qui les préoccupent.

La CTM a signé un contrat de protection, c’est-à-dire une parodie de convention collective, avec Goodyear pour le site en 2015, deux ans avant la mise en service de l'usine.

S'adressant à la ministre du Travail, Luisa María Alcalde, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a demandé l'intervention du gouvernement pour faire respecter la loi, en particulier parce que l'entreprise continue de refuser à ses salariés d'importantes protections des travailleurs inscrites dans la nouvelle réforme du droit du travail.

Ces licenciements en masse d'une cinquantaine de personnes, annoncés le 9 juillet 2018, avaient été vivement condamnés par IndustriALL à l'époque. Des syndicats de Goodyear du monde entier avaient mené des actions de solidarité pour soutenir les demandes de réintégration des travailleurs mexicains et le droit de choisir eux-mêmes comment s'organiser.

Le syndicat qui fut à la tête de cette action est le syndicat américain United Steelworkers, qui représente un grand nombre de salariés de Goodyear dans son pays d'origine, les États-Unis.

S'adressant à Goodyear, Valter Sanches déclare ceci :

“Je suis préoccupé par le fait que Goodyear n'ait réintégré aucun des travailleurs qui ont protesté contre leurs licenciements. Je vous invite instamment à suivre de près l'évolution des procédures judiciaires entamées pour obtenir la réintégration, avec versement intégral du salaire, des travailleurs qui ont été abusivement licenciés pour avoir protesté contre leur représentation par la CTM et contre l'insécurité de leurs conditions de travail."

L'usine Goodyear de San Luis Potosí est fermée depuis le 18 mars à cause de l'épidémie de Covid-19. Elle a annoncé à ses salariés qu'ils continueront à percevoir 75 pour cent de leur salaire tant que durera la fermeture, alors que le gouvernement a déclaré à plusieurs reprises que les travailleurs devraient recevoir 100 pour cent de leur salaire pendant cette période.

Le gouvernement mexicain a proclamé l'état d'urgence sanitaire pour tout le mois d'avril et Goodyear oblige les travailleurs à utiliser leurs congés payés et menace de prélever sur leurs congés à venir à titre de compensation, ce qui va à l'encontre des consignes officielles.

“Lorsque les travailleurs reprendront le travail, il est essentiel qu'ils puissent jouir de la liberté d'association et du droit de négocier collectivement. Il est crucial aussi que l'employeur ne se serve pas de cette pandémie pour se débarrasser des activistes. La nouvelle législation du travail mexicaine ne profitera pas aux salariés si on laisse les employeurs la violer en tout impunité,”

a déclaré Valter Sanches.