Kinross Gold Corporation doit garantir la santé et la sécurité des travailleurs pendant la crise de la COVID-19

Les travailleurs exigent que l’entreprise respecte le Code du travail mauritanien, s’agissant notamment des dispositions sur les représentants du personnel, la durée légale du travail, les heures supplémentaires, le repos hebdomadaire et le respect de la convention collective de 2019.

En outre, le syndicat insiste sur la nécessité de suivre les consignes de sécurité sur la quarantaine et l’isolement pendant 14 jours pour toute personne arrivant sur place établies par les autorités dans le contexte de la COVID-19.

Le 18 avril, le syndicat a envoyé une lettre à la direction pour lui faire part de ses demandes et de ses préoccupations, à laquelle l’entreprise n’a pas répondu.

Le 4 mai, le syndicat a organisé une réunion avec la direction de l’entreprise pour négocier. Face à l’absence d’accord, les travailleurs ont entamé une grève illimitée.

Laghdaf Dia Sanghare, Secrétaire général de l’affilié à IndustriALL, la Fédération nationale de l'énergie, des hydrocarbures, des mines et de l'industrie (FNEHMI), a déclaré:

« La FNEHMI exhorte Kinross à faire preuve de souplesse durant cette pandémie et à entamer des négociations avec le syndicat afin de trouver une solution à ses revendications légitimes. La FNEHMI invite le gouvernement à jouer un rôle dans la recherche d’une voie à suivre dans ce conflit qui dure depuis trop longtemps et dans l’atteinte d’une solution durable. »

Dans une lettre adressée au PDG de Kinross, J. Paul Rollinson, IndustriALL exhorte l’entreprise à intervenir immédiatement et à répondre aux revendications des travailleurs, à garantir leur santé et leur sécurité, et à respecter strictement les dispositions du droit du travail.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré:  

« Nous sommes solidaires de notre affilié et soutenons les revendications. Les mesures de santé et de sécurité doivent être respectées pendant cette pandémie et la direction doit entamer de bonne foi des négociations sur les revendications légitimes des travailleurs. Il est impératif que Tasiast observe immédiatement les consignes de sécurité sur le lieu de travail. »

Kinross Gold, dont le siège social est situé à Toronto, au Canada, est l’une des principales compagnies minières aurifères au monde. La compagnie, qui possède des mines et a des projets aux États-Unis, au Brésil, au Chili, au Ghana, en Mauritanie et en Russie, emploie quelque 9 000 personnes à travers le monde.

La filiale marocaine de Veolia bafoue le droit du travail et dévalorise les salaires

Amanor, une filiale de la multinationale française Veolia, active dans la gestion de l’eau et des déchets ainsi que dans les services énergétiques, s’est rendue responsable de licenciements massifs, y compris celui du dirigeant du syndicat, du non-paiement d’avantages contractuels, d’une attaque généralisée contre le syndicat et maintenant d’un blocage des aides d’État pour 500 travailleurs parce que la direction refuse de les inscrire pour bénéficier de la sécurité sociale pendant la pandémie.

Tom Grinter, Directeur du secteur chez IndustriALL Global Union, déclare :

“Licencier des travailleurs pour avoir réclamé leurs prestations non payées ? Refuser ouvertement de respecter le droit national du travail ? Bloquer de manière vindicative l’accès des travailleurs aux aides d’État en cas de pandémie ? Répugnant ! Veolia doit remédier à cette situation immédiatement.

Les travailleurs d’Amanor sont syndiqués au sein de l’Union marocaine du travail (UMT) et couverts par une convention collective de travail (CCT) signée en novembre 2017. Cette CCT a été violée en octobre 2019 lorsque la direction a cessé de verser l’indemnité de rotation des équipes de 571 dirhams (57 dollars). Le mois suivant, la direction a cessé de payer les 250 dirhams (25 dollars) d’indemnité de transport, alors que les négociations pour une nouvelle convention collective étaient avancées.

Les réductions des prestations ont été officiellement jugées illégales par l’inspecteur du travail à l’occasion d’une procédure au cours de laquelle le directeur général a ouvertement déclaré qu’il ne reconnaissait pas le droit du travail marocain.

Après avoir épuisé toutes les possibilités de dialogue avec la direction, le syndicat a entamé des protestations en décembre 2019. Des grèves d’avertissement ont été menées avec deux revendications : le rétablissement des avantages supprimés et l’intégration officielle dans la société mère Veolia.

L’intervention et la médiation du Gouverneur de Tanger et de l’UMT nationale n’ont pas permis d’arrêter les attaques antisyndicales de la direction. Le Secrétaire général du syndicat au niveau de l’entreprise a été licencié sans motif le 20 janvier, ce qui a déclenché une grève illimitée dans tous les secteurs de l’entreprise et une vague de protestations.

La direction a continué à licencier les travailleurs pour tenter de briser leur lutte, congédiant dix représentants et sympathisants syndicaux à la fin du mois de janvier.

La société a depuis refusé de réintégrer tous les victimes de licenciement, ce qui signifie que la grève illimitée se poursuit et entre maintenant dans son troisième mois. Alors que le Maroc affronte la pandémie mondiale, les 500 travailleurs touchés et leurs familles sont confrontés à de graves difficultés. Des travailleurs sont présents et protestent au sein des sièges sociaux de l’entreprise de Tanger-Tétouan et de Rabat pour demander justice.

L’aide de l’État marocain est offerte aux travailleurs de tout le pays pour surmonter la crise de la pandémie. Mais cette aide ne parvient pas aux 500 travailleurs d’Amanor et à leurs familles, car la direction de l’entreprise refuse de les inscrire auprès de l’Office national de sécurité sociale.

La société mère Veolia a des engagements mondiaux très forts en matière de droits humains et syndicaux, ainsi qu’un objectif publiquement déclaré d’élargir l’accès de ses salariés aux “mécanismes de relations sociales”.

Renforcer la protection sociale en Indonésie

À la mi-avril, le ministère indonésien de la Coordination des Affaires économiques a révélé que 2,8 millions de travailleurs avaient perdu leur emploi à cause de l'arrêt temporaire des activités provoqué par le Covid-19, et que 1,4 million s'étaient inscrits au programme de formation préalable à l'emploi pour recevoir des aides pécuniaires.

La progression stupéfiante du chômage constitue un défi de taille pour le système de protection sociale de l'Indonésie. D'après le Rapport mondial sur la protection sociale 2017-2019 de l'OIT, les dépenses de protection sociale (hors santé) du pays, exprimées en pourcentage du PIB, baissent progressivement depuis 2000.

Iwan Kusmawan recommande que le gouvernement verse chaque mois des aides pécuniaires au travailleurs plutôt que leur faire suivre des cours dans le cadre du programme de formation préalable à l'emploi. Pour lui, les besoins les plus criants sont l'alimentation, l'habillement et le logement :

"Le gouvernement doit contrôler de très près les licenciements et les résiliations, les employeurs ont l'obligation morale de verser toutes les indemnités de licenciement que prévoit la législation du travail. Il faudrait aussi que les marques du textile, de l'habillement, de la chaussure et du cuir constituent un fonds de responsabilité sociale de l'entreprise pour aider les travailleurs."

Le président de la Confédération indonésienne des syndicats (KPSI) et de la Fédération des syndicats de travailleurs de la métallurgie d'Indonésie (FSPMI), Saïd Iqbal, invite instamment l'Agence de sécurité sociale des travailleurs (BPJS) à constituer un fonds spécial à partir des intérêts des dépôts destinés aux travailleurs pour acheter des masques et du gel hydroalcoolique.

"Des équipements de protection individuelle devraient être distribués gratuitement à tous les travailleurs indonésiens."

Saïd Iqbal a également appelé le gouvernement et les employeurs à ne plus licencier afin de préserver le bien-être des travailleurs. Il suggère que les employeurs stoppent la production et mettent les travailleurs en congé rémunéré à cent pour cent comme moyen de réduire les coûts d'exploitation.

"Nous appuyons la demande de congé rémunéré à cent pour cent pour les travailleurs indonésiens. Les gouvernements d'Asie du Sud-est doivent prendre des mesures pour renforcer les systèmes de protection sociale pendant cette période sans précédent,"

a déclaré la Secrétaire régionale d'IndustriALL Annie Adviento.

“La faim nous tuera avant que le coronavirus ne nous atteigne”

Thandi, qui travaille dans l’industrie du vêtement chez Fashion International à Matsapha, explique :

“Nous n’avons pas été payés et nous essayons de survivre avec le peu d’argent dont nous disposons. C’est dur. L’employeur doit nous donner notre argent pour que nous puissions acheter de la nourriture. Certaines femmes de l’usine sont veuves et c’est extrêmement difficile pour elles.

La faim nous tuera avant que le coronavirus ne nous atteigne. Nous avons besoin de nos salaires, car nous ne pouvons même pas acheter de sel. Nous peinons à payer nos loyers. Pourquoi l’employeur ne nous paie-t-il pas alors qu’il a l’argent pour le faire ?”

Un autre ouvrier, Sizwe, des usines FTM de Nhlangano, confie :

“Quand mon enfant est tombé malade, je n’avais pas d’argent pour l’emmener à l’hôpital et j’ai fini par mendier. Avec le bas salaire que je gagne, j’ai peu d’économies.”

Le Syndicat général du Swaziland (ATUSWA), affilié d’IndustriALL Global Union, exige que les travailleurs soient payés par le Fonds de prévoyance auquel ils contribuent.

“Nous faisons campagne pour que les employeurs versent un salaire vital aux travailleurs et qu’ils n’aillent pas jusqu’à ne pas payer les bas salaires avec lesquels les travailleurs se débattent chaque mois. Ce non-paiement est encore plus douloureux dans les conditions difficiles de confinement. Le Fonds de prévoyance national d’Eswatini peut être utilisé pour payer un salaire d’au moins 1.400 emalangeni (76 dollars), mais notre objectif à long terme est de dépasser 3.500 emalangeni (190 dollars),”

déclare Wander Mkhonza, Secrétaire général de l’ATUSWA.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches a indiqué :

“Au milieu d’une pandémie qui tue des milliers de travailleurs et travailleuses chaque jour, les employeurs doivent agir de manière responsable en n’aggravant pas une situation déjà désastreuse. Les travailleurs et travailleuses doivent recevoir leur salaire en temps voulu. S’attendre à les voir rester chez eux sans nourriture pour leur famille est inacceptable.”

Dans une lettre au Premier ministre d’Eswatini, Ambrose Mandvulo Dlamini, Valter Sanches souligne :

“Nous espérons sincèrement que les négociations actuelles entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs pourront amener à des actions urgentes pour soutenir les travailleurs et travailleuses par des rentrées d’argent immédiates plutôt que de les exposer à une double crise, due à la fois au Covid-19 et à la pauvreté.”

Le salaire moyen est de 1.700 emalangeni (92 dollars) par mois.

Premier mai virtuel

Même si nous étions physiquement séparés, nous avons célébré le 1er mai ensemble. Afin de faire entendre la voix des travailleurs et travailleuses, IndustriALL, en collaboration avec LabourStart et les Fédérations syndicales internationales CSI, ISP, UNI, ITF, UITA, IBB, IE et FIJ, a organisé un événement de 12 heures sur Internet pour le 1er mai, à travers le monde.

#VirtualMayDay from LabourStart on Vimeo.

IndustriALL, avec ses affiliés partout dans le monde entier, a souligné l’importance du 1er mai, et les syndicats de plusieurs pays comme la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Brésil ont organisé des célébrations virtuelles.

“Pendant cette crise, nous devons être solidaires et défendre la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses, ainsi que leur emploi et leur salaire,”

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

#VirtualMayDay

Les dirigeants syndicaux de la confédération turque DISK, qui étaient sur le point de diriger vers la place Taksim d’Istanbul pour y déposer une couronne à la mémoire des martyrs tués le 1er mai 1977, ont été placés en détention au motif qu’ils représentaient une menace pour la sécurité publique.

Bien qu’ils ont été libérés plus tard, Valter Sanches a déclaré :

“C’est inacceptable et en ce 1er mai, Fête du Travail, IndustriALL est solidaire de ceux qui font preuve de courage et de détermination pour lutter en faveur des droits des travailleurs et travailleuses.”

Le gouvernement bangladais doit protéger les travailleurs contre les impacts de la COVID-19

Dans sa hâte à contenir la propagation de la COVID-19 au Bangladesh, le gouvernement a déclaré une période de jours fériés du 26 mars au 4 avril applicable à l’ensemble du pays, qu’il a reconduit jusqu’au 14 avril. Hormis quelques exceptions, le confinement a été prolongé jusqu’au 3 mai.

La confusion avant le confinement général a provoqué stress et panique, un grand nombre de travailleurs, pour la plupart des femmes, n’ayant pas été payés, des milliers ayant été licenciés pour motif économique, et beaucoup ayant entrepris de quitter Dhaka à pied ou par des modes de transport dangereux.

Malgré le confinement, un grand nombre d’usines fonctionnent, exposant les travailleurs au risque d’infection. Des protestions ont eu lieu pour réclamer le paiement des salaires pendant le confinement.

Selon l’Association des fabricants et des exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), les commandes à l’exportation de 982 millions de pièces, d’une valeur de 3,18 milliards de US$, ont été annulées ou suspendues, menaçant la survie de 2,28 millions de travailleurs employés dans 1 150 usines. Alors que l’action mondiale de soutien à l’industrie du vêtement commence, la crise s’aggrave au Bangladesh.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, se déclare gravement préoccupé par les impacts sanitaires, sécuritaires, économiques et sociaux de la COVID-19 sur les travailleurs bangladais :

« Aucun travailleur de l’industrie ne doit être licencié pour motif économique ou congédié pendant la période de confinement. Aucune déduction salariale ne doit être effectuée. La prime de la fête de l’Aïd al-Adha doit être versée avant le 15 mai. Le gouvernement doit consulter les syndicats et établir un comité tripartite chargé de suivre et d’évaluer la situation, et de recommander des mesures si nécessaire.

« Le gouvernement doit veiller à ce que les propriétaires d’usines fournissent des désinfectants pour les mains, du savon et des équipements de protection individuelle aux travailleurs. Le traitement des travailleurs diagnostiqués COVID-19 doit être gratuit. »

Dans une lettre adressée à la délégation européenne à Dhaka, le Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh a souligné que, selon les rapports préliminaires, plus de 500 000 travailleurs du vêtement ne recevront aucun salaire par suite de leurs licenciements injustes pour motif économique, ce qui engendrera une crise sociale massive.

China Rahman, Secrétaire général du Conseil d’IndustriALL pour le Bangladesh, a indiqué:

« Nous avons appelé la délégation de l’UE à apporter un possible soutien aux travailleurs bangladais et à veiller à ce qu’aucune marque ni aucun acheteur ne reporte ou n’annule les bons de travail, et qu’ils paient leurs échéances à leurs fournisseurs. Afin d’éviter une crise humanitaire, le gouvernement, les marques et les employeurs doivent assumer conjointement la responsabilité de la crise avec l’objectif de veiller à ce que les salaires et les avantages sociaux des travailleurs soient payés, les emplois préservés et que les travailleurs bénéficient d’une protection sociale.

Brésil : mise en place de conventions collectives en réponse à COVID-19

Le Département brésilien des statistiques et des études socio-économiques a publié un rapport recensant les solutions proposées par les syndicats dans le processus de négociation collective pour protéger la santé des travailleurs et minimiser l’impact de la pandémie sur l’emploi et les salaires.

Les syndicats de différents secteurs ont réussi à amener les entreprises à mettre en place des mesures de santé et de sécurité pour lutter contre la propagation de la maladie sur le lieu de travail et permettre aux travailleurs à risque de rester immédiatement à l’écart du site. Les accords prévoient également des congés payés obligatoires, la sécurité temporaire des emplois, le maintien des avantages économiques, et exigent que toutes les mesures prises par les entreprises soient approuvées par les travailleurs au moyen d’un vote ou d’une évaluation syndicale.

L’étude montre que de nombreux accords ont été négociés par le biais d’assemblées virtuelles, permettant aux membres de débattre et de voter à distance sur les propositions.

Les membres du syndicat SMABC, rattaché à la Confédération nationale des travailleurs de la métallurgie (CNM-CUT), ont voté en faveur d’un accord avec Mercedes-Benz à São Bernardo lors d’une récente assemblée virtuelle. L’accord garantit que les travailleurs toucheront de 80 à 100 % de leurs salaires durant deux mois, et préserve les emplois de l’ensemble des 8 400 travailleurs jusqu’au 31 décembre.

Des accords ont été conclus dans le secteur des métaux avec la majorité des constructeurs automobiles, parmi lesquels JEEP, Renault, Nissan, Toyota, Scania, GM, Volkswagen et Peugeot. Ces accords prévoient entre autres l’interruption de la production pendant quatre semaines, la suspension des contrats de travail pendant 30 jours avec plein salaire, ainsi que la possibilité pour les employés de travailler à distance.

Plusieurs accords ont également été négociés avec succès dans le secteur chimique. Fequimfar a négocié une convention collective s’appliquant aux 150 000 travailleurs employés dans plus de 4 700 entreprises réparties dans tous les secteurs de l’industrie chimique à São Paulo.

D’autres syndicats du secteur chimique ont réussi à négocier des mesures visant à limiter le nombre de travailleurs sur place, telles que le cumul des heures supplémentaires, l’augmentation de la durée du travail par équipe pour éviter les chaînes de production bondées et le maintien des distanciations sociales dans les cafétérias.

Le rapport indique cependant que le gouvernement et les entreprises brésiliens essaient de repousser ces mesures, en tentant de diminuer et d’éliminer les droits énoncés dans le Code du travail et les conventions collectives. Ainsi, le gouvernement permet aux entreprises de réduire le temps de travail et les salaires des employés, et de suspendre leurs contrats.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Izkan, a déclaré:

« Nous félicitons les affiliés à IndustriALL au Brésil. Les conventions offrent une solution satisfaisante à la grande majorité des travailleurs. Nous espérons que des conventions toutes aussi solides seront conclues avec d’autres entreprises pour protéger la santé, l’emploi et les salaires de nos travailleurs. »

Les accidents continuent dans les chantiers de démolition navale du Bangladesh

Par une ironie du sort, c'est pendant cette Journée internationale de commémoration que Khalil, âgé de 45 ans et travaillant comme découpeur, a été grièvement blessé à la jambe par la chute d'un énorme tuyau métallique alors qu'il travaillait à l'intérieur d'un bateau. Il a d'abord été emmené à l'hôpital que gère l'Association des démanteleurs et recycleurs (Bangladesh Shipbreakers and Recyclers Association, BSBA) avant d'être transféré à Dacca pour y être opéré.

Kan Matsuzaki, le Directeur d'IndustriALL en charge de la démolition de navires, déclare :

“Il est totalement inacceptable qu'un accident grave survienne en cette journée mondiale de la sécurité. Les récentes séries d'accidents témoignent de mesures de sécurité inadéquates et de la négligence des employeurs. La BSBA et le gouvernement devraient adopter immédiatement les procédures de sécurité énoncées dans la Loi sur le démantèlement des navires de 2018, qui sont conformes à la Convention de Hong Kong. Protégez les vies des travailleurs tout de suite !”

Cet accident fait suite à d'autres survenus sur d'autres chantiers cette année : en mars, deux travailleurs ont été tués et un troisième grièvement blessé au chantier Khwaza Kabir Steel Shipbreaking Yard; en février, un travailleur a fait une lourde chute dans un bateau et a été grièvement blessé au chantier Four Star Shipbreaking Yard.

À ce jour, en 2020, six travailleurs au moins ont été tués et beaucoup ont été blessés dans des accidents sur les chantiers de démolition navale du Bangladesh. En 2019, 24 au moins étaient morts et 79 avaient été blessés dans divers accidents.

Ces accidents sont souvent causés par des incendies et des explosions, par la chute d'objets, par la chute de travailleurs d'une hauteur élevée à l'intérieur d'un bateau ou sur la terre ferme, par le déplacement d'objets, par des treuils et des équipements de levage et de traction.

Les chantiers de démantèlement de navires n'ont pratiquement pas cessé leurs activités pendant le confinement causé par le Covid-19. Ils ont seulement fermé du 9 au 17 avril et la majorité ont repris leur activité. Des mesures de confinement insuffisantes exposent les travailleurs à l'infection.

Réouverture de l’usine GSK en Afrique du Sud après que 99 travailleurs ont été testés positifs au COVID-19

La CEPPWAWU est allé au-devant des demandes des travailleurs après que les cas positifs de COVID-19 ont continué à augmenter dans l’usine. Le premier cas dans l’usine a été signalé le 7 avril. Cependant, lorsque l’usine a temporairement fermé le 22 avril, 99 travailleurs avaient été testés positifs. Ces travailleurs sont en quarantaine à domicile et reçoivent un traitement.

La direction affirme que l’usine a été nettoyée en profondeur et que des équipements de protection individuelle et des désinfectants seront fournis aux travailleurs. En outre, les travailleurs seront contrôlés et des mesures seront prises conformément aux protocoles internationaux de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise. Le transport sera également assuré pour le travail en équipe et la distanciation sociale sera pratiquée lors de la réouverture de l’usine. Le ministère du travail et de l’emploi a approuvé cette réouverture. GSK fabrique des médicaments, des vaccins et des produits de santé grand public, ce qui constitue un service essentiel conformément aux règles de confinement.

Welile Nolingo, Secrétaire général du CEPPWAWU, a déclaré :

“Lorsque les travailleurs nous ont dit qu’ils travaillaient dans la peur après que leurs collègues ont été testés positifs au coronavirus, nous avons rencontré la direction et sommes convenus que l’usine soit fermée. Nous avons rappelé aux employeurs leur responsabilité de prendre rapidement des mesures concernant le COVID-19.”

Le CEPPWAWU a coordonné ses actions, par l’intermédiaire d’IndustriALL, avec le comité d’entreprise européen de GSK, présidé par le délégué syndical de Unite, Tomas O’Curraoin. Dans un esprit de solidarité internationale, Tomas a soulevé le cas sud-africain directement auprès des plus hauts responsables de GSK et s’est assuré qu’un processus approprié était suivi pour protéger la sécurité des travailleurs sur le site d’Epping.

Tom Grinter, le directeur des secteurs chimiques et pharmaceutiques d’IndustriALL, a déclaré :

“La santé et la sécurité des travailleurs sont essentielles, surtout face à la pandémie de COVID-19. GSK emploie des membres des affiliés d’IndustriALL dans le monde entier et nous nous efforçons de développer davantage nos relations avec cet employeur du secteur pharmaceutique de stature mondiale.”

Selon des statistiques récentes de l’Institut national des maladies transmissibles (NICD), la province du Cap-Occidental est l’épicentre du coronavirus dans le pays, avec 2.135 cas positifs. Selon le NICD, la plupart des infections ont lieu dans des usines et des centres commerciaux.

Certains travailleurs de GSK vivent dans des conditions de surpopulation dans des quartiers d’habitations informels qui rendent impossible l’exercice d’une distanciation sociale. La pandémie met en évidence la pauvreté et les inégalités en Afrique du Sud, certains de ces quartiers ne parvenant maintenant à s’approvisionner régulièrement en eau que grâce aux efforts du gouvernement pour stopper la propagation du coronavirus.

Le 26 mars, l’Afrique du Sud a procédé à un confinement qui se poursuit, avec la réouverture de certaines usines et mines, mais dans des conditions strictes qui impliquent une exploitation à 50 % de la capacité.

Déclaration du premier mai de Valter Sanches

Bonjour Collègues, je m’appelle Valter Sanches et je suis le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

Je tiens à vous féliciter en ce premier mai. Pour la première fois en 130 ans, les travailleurs du monde entier ne peuvent pas descendre dans la rue pour défendre leurs droits et leurs revendications.

La crise que nous traversons était prévisible. L’ampleur de la pandémie aurait pu être limitée si le système avait écouté les virologues et les scientifiques qui avaient prédit la possible survenance d’un tel événement.

Le même système néolibéral et les mêmes politiques qui, au fil des ans, ont détruit les services publics par la privatisation et la réduction des investissements, sont désormais responsables du nombre élevé de victimes.

Je tiens à rendre hommage aux plus de 200 000 victimes de ce virus, aux travailleurs qui ont bâti la richesse de ce monde et qui ont perdu la vie parce que le système les a trahis.

Nous saisissons cette occasion pour travailler avec les syndicats du monde entier pour défendre la santé et la sécurité de nos membres. C’est notre priorité numéro un. Personne ne devrait être blessé au cours de son travail. Personne ne devrait être sur son lieu de travail si le travail n’est pas essentiel, et les mesures devraient être négociées. Tous les équipements de protection collective et individuelle des travailleurs essentiels ainsi que les mesures pour protéger leur santé et leur sécurité doivent être mis en place. En outre, les travailleurs doivent avoir accès à une couverture santé adéquate durant cette crise.

Les grandes entreprises de la chaîne d’approvisionnement doivent s’engager à préserver les emplois et les revenus de leur main-d’œuvre. Ce sont les conditions de base pour que nous sortions de cette crise dès que possible. Les travailleurs doivent conserver leurs revenus pour pouvoir consommer et faire repartir l’économie.

Nous devons exiger que les organisations multilatérales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale allouent des ressources pour secourir les travailleurs et non pas pour renflouer les banques et les grandes entreprises.

De l’argent doit être affecté à la protection sociale au niveau mondial. Les pays du G20 ont annoncé des plans de relance de 5 billions de dollars. Cet argent devrait garantir les revenus et les emplois afin que nous puissions avoir une économie saine et nous redresser dès que possible.

En ce moment critique, le message que je veux adresser aux travailleurs est celui de la solidarité mondiale. La distanciation physique ne signifie pas que nous sommes loin les uns des autres : nous devons rester ensemble dans la solidarité.

A luta continua.