Inde : des États suspendent le droit du travail et allongent le temps de travail

Les gouvernements de certains États, dont le Gujarat, l’Uttar Pradesh, le Madhya Pradesh et l’Himachal Pradesh, ont fait passer la limite du temps de travail à 12 heures par jour et à 72 heures par semaine. Lors d’une réunion du cabinet tenue le 6 mai, le gouvernement de l’Uttar Pradesh a suspendu 35 des 38 lois régissant les syndicats, les conflits du travail et le travail en sous-traitance. Tous les établissements implantés dans cet l’État sont exemptés de l’application de l’ensemble de ces lois relatives au travail pendant une période de trois ans.

Les gouvernements des États qui ont procédé à ces changements radicaux sont dirigés par le parti de droite Bharatiya Janata (BJP), qui est également le parti au pouvoir au sein du gouvernement central. Ces changements agressifs au droit du travail ont été apportés par le biais de décrets alors que les assemblées législatives ou les parlements ne siégeaient pas. Ces changements sapent les principes et les droits fondamentaux au travail, annulant les acquis en matière de travail décent obtenus grâce à des décennies de lutte syndicale.

Les cimentiers du Chhattisgarh protestent contre les modifications du droit du travail. L’affiche dit : “Ne modifiez pas le droit du travail au profit du monde des affaires”.

Le gouvernement du Gujarat a exempté les nouvelles unités industrielles des lois et normes du travail pendant 1.200 jours. Seules trois instruments législatifs, la loi sur les salaires minima, le règlement de sécurité industrielle et la loi sur l’indemnisation des employés leur seront appliqués.

Le Madhya Pradesh prévoit des exemptions aux obligations légales découlant de diverses lois sur le travail, notamment celles sur les usines, sur les relations sociales, sur les conflits sociaux et sur le travail en sous-traitance. Il a l’intention d’ajouter des exemptions par le biais d’amendements par décret exécutif pour une période de 1.000 jours.

Onze secteurs industriels comprenant le textile, le cuir, le ciment, le fer et l’acier, l’appareillage électrique, l’électricité, les transports publics motorisés et l’ingénierie (y compris le secteur automobile) seront exemptés de la loi sur les relations sociales du Madhya Pradesh pour une durée indéterminée. Il n’y aura pas d’inspection dans les entreprises employant moins de 50 travailleurs et aucune inspection surprise n’aura lieu.

“Le versement intégral du salaire de la période de confinement doit être effectué”

L’Himachal Pradesh, le Rajasthan, le Tripura et le Pendjab ont également allongé le temps de travail et exempté les établissements du respect du droit du travail.

Lors d’une réunion avec le Ministre du travail, le 1er mai, les représentants des centrales syndicales ont formulé un certain nombre de revendications auprès du gouvernement :

Le gouvernement n’a donné suite à aucune de ces revendications syndicales.

Le 6 mai, le Ministre du travail a rencontré les employeurs, dont les revendications portent notamment sur l’assouplissement de la loi sur les conflits sociaux afin de traiter le confinement comme un licenciement, la suspension de la législation du travail pour les deux ou trois prochaines années, à l’exception de dispositions telles que le salaire minimum, les primes et les cotisations statutaires, et l’allongement du temps de travail à douze heures par jour.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union a déclaré :

“Nous condamnons fermement la tentative en Inde des gouvernements des États d’allonger le temps de travail et de suspendre le droit du travail. N’oublions pas que les travailleurs sont en première ligne dans la lutte contre la Covid-19.

Le gouvernement central ne devrait pas autoriser de modifications draconiennes du droit du travail qui sont contraires aux droits de l’homme et aux normes du travail établies au niveau international. Les gouvernements des États doivent immédiatement retirer les modifications du droit du travail qui sont anti-ouvrières. IndustriALL Global Union est solidaire du mouvement syndical indien s’agissant de défendre les droits des travailleurs.”

La plate-forme commune des centrales, fédérations et associations syndicales a dénoncé avec véhémence les altérations du droit du travail. Les syndicats prévoient de prendre prochainement des mesures à l’échelle nationale.

Protéger les travailleurs au Myanmar

La pandémie à COVID-19 a provoqué une crise de l’industrie du vêtement au Myanmar, ayant de graves conséquences économiques sur les travailleurs. Dans le cadre d’une initiative menée par les syndicats, autant que 100 000 travailleurs de l’industrie du vêtement au Myanmar devraient bénéficier des mesures conclues avec certaines marques et employeurs.

Les parties s’engagent à coopérer de bonne foi pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs de l’industrie du vêtement et de la chaussure sur leurs lieux de travail, et limiter les conséquences que la crise fait peser sur les usines et les travailleurs.

Il s’agit notamment de nouer le dialogue avec les organisations concernées pour mobiliser des ressources aux fins de couvrir les pertes salariales des mois d’avril à juillet des travailleurs de l’industrie du vêtement, en coordination avec l’action mondiale de soutien à l’industrie de l’habillement, ainsi que de soutenir les études de calcul du financement nécessaire pour compenser les pertes salariales effectuées par l’OIT.

En outre, les parties ont convenu de soutenir le développement de seuils de protection sociale, d’étendre la protection sociale des travailleurs et des employeurs de l’industrie du vêtement du Myanmar ainsi que de promouvoir le respect des réglementations en matière de santé et de sécurité.

Un élément important de l’accord réside dans l’exigence de faire respecter les orientations sur la liberté syndicale du Myanmar (Myanmar Freedom of Association Guideline) dans les usines fournisseurs faisant partie de l’initiative ACT et de promouvoir leur respect dans l’ensemble de l’industrie.

La déclaration, établie d’un commun accord, énonce les engagements spécifiques devant être pris par les syndicats, les employeurs et les marques.

Les syndicats s’engagent à promouvoir des lieux de travail sûrs et sains en sensibilisant les travailleurs à appliquer les mesures de protection contre l’infection, par exemple.

Les employeurs s’engagent également à promouvoir des lieux de travail sûrs et sains mais sur la base des règlements et orientations en matière de lutte contre la COVID-19 ayant été établis par le gouvernement du Myanmar, y compris en engageant activement le dialogue, ainsi qu’en informant et en consultant sur la stratégie commerciale de l’entreprise pour répondre à la pandémie et sur de possibles mesures conjointes visant à limiter la crise.

Les marques mondiales qui ont approuvé la déclaration (jusqu’à présent H&M, Inditex, Next, Tchibo et Bestseller) s’engagent à payer les produits déjà fabriqués et ceux en cours de production aux fabricants, ainsi qu’à maintenir des lignes de communication ouvertes, rapides et efficaces sur l’état des activité commerciales et la planification future avec les partenaires de la chaîne d’approvisionnement.

Jenny Holdcroft, Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL, a déclaré :

« Les orientations du Myanmar sur la liberté syndicale ont jeté les bases de la coopération dans l’industrie du vêtement du pays et permis aux Parties de parvenir à un accord sur la façon dont elles répondront collectivement à la crise de la COVID-19. »

« Cet accord fixe un cadre concret pour la poursuite d’une action conjointe visant à faire face aux impacts de la prochaine phase sur les usines et les travailleurs. Nous appelons tous les employeurs et les marques qui s’approvisionnent au Myanmar à l’approuver. »

Le syndicat réclame justice pour un travailleur abattu par la police au Nigeria

L’usage disproportionné de la force par les forces de sécurité pendant le confinement a été condamné par les syndicats, les organisations de la société civile et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du pays. La CNDH affirme que la police et d’autres forces de sécurité ont tué 11 personnes dans le cadre de l’application du confinement pour la Covid-19 et ont porté atteinte à plusieurs droits de l’homme.

La plupart des violations concernaient la liberté de mouvement, des arrestations et détentions illégales, la confiscation de biens, la violence sexuelle et sexiste, la torture et les traitements inhumains et dégradants ainsi que l’extorsion.

Okameme était un pompiste employé par Greenmac Energy à Aba City. Le NUPENG veut que la famille Okameme reçoive une indemnité et que le gouvernement enquête sur le meurtre.

Le Président et le Secrétaire général du NUPENG, Williams Eniredonana Akporeha et Afolabi Olawale disent dans une déclaration :

“La vie des travailleurs est précieuse et nous ferons tout notre possible pour obtenir justice. Une enquête doit être menée dans les règles et d’autres mesures appropriées doivent être prises pour dissuader d’autres agents à la gâchette facile. Les officiers de police doivent être encadrés de sorte à leur faire comprendre qu’on attend d’eux à ce stade un usage modéré de la force dès lors qu’ils se retrouvent parmi une population civile non armée.

En revanche, nous sommes gravement préoccupés par le silence regrettable du gouvernement de l’État d’Abia sur le meurtre horrible d’un travailleur en première ligne de la lutte contre la Covid-19 et nous demandons instamment au gouvernement fédéral d’intervenir dans cette affaire avant qu’elle ne dégénère davantage.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, confie :

“La brutalité de la police nigériane quant à l’application de la réglementation sur le confinement dans le cadre de la pandémie de coronavirus est épouvantable. Le maintien de l’ordre public pendant la pandémie devrait viser à faire campagne pour l’hygiène, la distanciation sociale et le dépistage et non pas à l’utilisation d’une force excessive et meurtrière à l’encontre de travailleurs non armés et de civils.”

La pandémie étant encore loin d’être terminée, les mesures de confinement ont été étendues dans certains États et allégées dans d’autres en fonction de divers facteurs locaux.

Selon le Centre nigérian du contrôle des maladies, le 12 mai, le pays comptait 4.787 cas confirmés de Covid-19, tandis que 959 personnes se rétablissaient après leur sortie de l’hôpital. Jusqu’à présent, 158 décès ont été enregistrés, l’État d’Abia comptant deux cas.

De nouveaux cas de Covid-19 dans les mines au Pérou

En mars, le Pérou a déclaré une urgence sanitaire jusqu'au 24 mai. Bien que, au départ, l'exploitation minière n'ait pas été jugée une activité essentielle, les intérêts du secteur ont fait pression sur le gouvernement pour qu'il autorise les mines à continuer de fonctionner.

Depuis, pour la FNTMMSP, 252 nouveaux cas de Covid-19 se sont déclarés.

Le syndicat a écrit au Président et au ministre de l'Énergie et des mines, pour réclamer des mesures de sécurité plus strictes au travail pour protéger la vie des salariés.

Le Secrétaire général de la FNTMMSP, Jorge Juárez, dit que les compagnies ne mettent pas de mesures de protection contre le Covid-19 en place et que rien n'est fait pour les y obliger.

Il appelle le gouvernement à tester les mineurs, affecter du personnel à la vérification des conditions de sécurité au travail, et faire en sorte que, dans toutes les entreprises, des travailleurs siègent dans les comités de sécurité et d'hygiène chargés de recommander, évaluer et actualiser les directives internes destinées à éviter la propagation du Covid-19.

Le 6 mai, le gouvernement a publié un protocole sur la santé et la sécurité face au Covid-19. Pour le syndicat, ce protocole doit protéger efficacement les salariés qui contractent la maladie parce qu'ils ont continué à travailler, et ces cas devraient être considérés comme des maladies professionnelles ou des accidents du travail.

Le syndicat demande d'utiliser l'argent que les travailleurs ont versé au fonds pour l'emploi FONDOEMPLEO pour neutraliser les impacts négatifs de la crise sur les travailleurs et pour protéger leur santé.

Mario Vani, le Secrétaire régional d'IndustriALL Global Union, déclare :

"Une fois encore, les travailleurs sont contraints de mettre leurs vies et leurs familles en danger. Que les multinationales méprisent à ce point le dialogue social dans notre région est hallucinant; il n'y a que leurs profits qui les intéressent, même si cela implique plus de morts et un regain de propagation dans la population.

"Nous espérons que le gouvernement et les compagnies minières vont entamer le dialogue avec les syndicats pour que des mesures soient prises pour protéger la vie et la dignité des travailleurs."

Les syndicats exhortent LafargeHolcim : “Pas de festin en temps de peste !”

En raison de la pandémie, le groupe de matériaux de construction LafargeHolcim a annoncé que son assemblée générale n’aurait pas lieu cette année et n’a autorisé les votes que par l’intermédiaire d’un mandataire indépendant. En raison de l’impossibilité de s’adresser directement aux actionnaires, IndustriALL Global Union, avec ses organisations sœurs l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB), a lancé un appel aux actionnaires par le biais d’une déclaration.

Les trois organisations ont critiqué les dividendes exorbitants offerts aux actionnaires de LafargeHolcim alors que leurs travailleurs luttent pour leur survie.

Dans leur déclaration commune, IndustriALL, l’IBB et la FETBB ont insisté sur le fait que l’entreprise doit veiller à ce que “les conventions collectives, les législations nationales et les recommandations des autorités publiques soient pleinement respectées et correctement mises en œuvre. Cela s’applique en particulier aux mesures de santé et sécurité au travail, notamment les mesures contre le Covid-19, l’organisation du temps de travail et le droit à un salaire ou à une compensation salariale”.

Malgré cet appel des syndicats, le conseil d’administration de LafargeHolcim a reçu le feu vert de ses actionnaires, qui ont voté en faveur de dividendes exorbitants de 2 CHF par action. LafargeHolcim versera :

Dans leur déclaration, IndustriALL, l’IBB et la FETBB ont vivement critiqué cette proposition de l’entreprise et ont informé les actionnaires que “les travailleurs de LafargeHolcim qui doivent rester à la maison sont obligés d’utiliser tous leurs congés annuels disponibles pour 2020 et 2021 afin de continuer à recevoir leur salaire de base. Les salariés des sous-traitants ne reçoivent aucune aide de LafargeHolcim”.

En outre, les trois organisations ont exigé que LafargeHolcim mette en place des mesures de santé et sécurité visant à combattre la Covid-19, ainsi qu’à respecter les droits fondamentaux des travailleurs.

Il a été révélé aujourd’hui que malheureusement les actionnaires de LafargeHolcim ont fait la sourde oreille aux revendications des syndicats et ont soutenu toutes les propositions du Conseil d’administration.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Les travailleurs permanents et sous-traitants des sites d’activité de LafargeHolcim sont confrontés à des défis extraordinaires pendant cette pandémie de Covid-19. Il est choquant de voir LafargeHolcim verser des dividendes exorbitants, qui ne sont même pas soumis à l’impôt.”

“Il est totalement inacceptable que 37 travailleurs de LafargeHolcim aient perdu la vie rien qu’en 2019. Nous demandons instamment à LafargeHolcim de mettre fin à ce festin en temps de peste et d’investir davantage dans le dialogue social, de protéger la santé et la sécurité de tous les salariés et de garantir leurs revenus dans une situation économique difficile.”

“Nous répétons notre slogan : Respect des droits des travailleurs, les gens avant les profits !”

Des travailleurs sud-coréens de l’industrie pharmaceutique condamnent Zoetis

Depuis juin 2019, grâce à une stratégie d’intimidation et de harcèlement des travailleurs syndiqués, ainsi que de décrédibilisation du syndicat, la direction de Zoetis, en Corée du Sud, a stoppé l’initiative des employés visant à former un syndicat. Les violations ont été examinées par le ministère du Travail, qui a identifié des pratiques de travail déloyales.

 

Le 12 mai, IndustriALL a écrit à la PDG de Zoetis, Kristin Peck, au siège de la société situé dans le New Jersey, aux États-Unis, pour demander un règlement équitable des violations des droits du travail en Corée du Sud.

Les éléments de l’affaire se rapportent au groupe des travailleurs de Zoetis, en Corée du Sud, ayant créé un syndicat en 2015. En 2018, l’entreprise a commencé à discriminer les membres syndicaux en promouvant en priorité les membres non syndiqués. Egalement, au cours des négociations de la convention collective, la direction a notamment cherché, dans le but de nuire au syndicat, à restreindre fortement les congés pour activités syndicales, tout en déclarant unilatéralement une augmentation salariale en dehors des négociations.

En juin 2019, les nouveaux responsables des RH ont commencé à intimider toute personne liée au syndicat. La convention collective n’a pas été mise en œuvre. Les représentants et membres syndicaux ont été menacés de sanctions et ont fait l’objet d’accusations et chefs d’inculpations. Cette situation a conduit le syndicat à entamer une grève partielle les 25 et 26 juin, à la suite de laquelle la direction a fermé l’entreprise pendant 28 jours.

 

Le ministère du Travail, qui est intervenu, a été témoin des pratiques de travail déloyales de l’employeur, s’agissant notamment des sanctions appliquées en cas d’affiliation syndicale, des pratiques de harcèlement et d’intimidation, ainsi que des contacts avec la famille des travailleurs syndiqués à travers l’envoi de la lettre listant les mesures disciplinaires visant les adhérents syndicaux.

En octobre, par suite d’une nouvelle recrudescence des attaques illégales de la direction contre le syndicat, le président du syndicat local a été suspendu trois semaines et 14 membres syndicaux ont fait l’objet de mesures disciplinaires. Ces actions ont été jugées injustes par la Commission sur les relations de travail, et ont poussé le syndicat à entrer à nouveau en grève partielle à partir du 20 novembre 2019.

Le 10 janvier 2020, le ministère du Travail a transféré le dossier relatif aux pratiques de travail déloyales au ministère public, aux motifs de négligence durant le processus de négociation collective, de discrimination à l’égard des membres du syndicat et de fermeture illicite de l’entreprise.

Le 13 mars 2020, la direction a ordonné au président du syndicat local de rester chez lui, de stopper tout contact avec les autres employés, y compris les membres du syndicat, et de cesser d’utiliser les systèmes électroniques de l’entreprise. Le 10 avril, le président du syndicat local a été licencié. La direction a déjà sanctionné ou est en train de mener des procédures disciplinaires à l’encontre de 18 membres syndicaux.

Le 26 mars, l’employeur a rejeté une demande de congé annuel payé pour les employés présentant des symptômes de grippe pour pallier au fait que la Corée ne prévoit pas de système légal de congés de maladie.

Tom Grinter, le directeur en charge du secteur pharmaceutique chez IndustriALL, a déclaré :

« Nos collègues du KCTF continuent leur piquet de grève et de manifester localement contre ces violations choquantes. IndustriALL appelle le siège mondial de Zoetis à intervenir de toute urgence pour exiger de la direction sud-coréenne de respecter le droit du travail et les normes internationales du travail ainsi que de se conformer aux convictions fondamentales de l’entreprise. »

Zoetis est le leader mondial de la santé animale. La société, qui emploie 10 000 personnes à travers le monde et réalise un chiffre d’affaires de 6 milliards de dollars par an, mène des recherches et fabrique des produits pharmaceutiques pour les animaux, notamment des vaccins vétérinaires, des médicaments, des produits de diagnostic, et une gamme de produits utilisés dans l’élevage. Zoetis, qui faisait partie de la multinationale Pfizer, est devenue une société indépendante en 2013.

Les syndicats d'Asie du Sud-est en ligne pour défendre les droits des travailleurs

Les responsables syndicaux utilisent des plateformes de communication en ligne pour expliquer aux travailleurs comment les législations du travail nationales protègent leurs droits ou pour discuter des politiques de lutte contre le Covid-19. C'est par téléphone que certains syndicalistes ont négocié avec les employeurs pour qu'ils ne réduisent pas les salaires.

Au Myanmar, bien que le gouvernement n'ait pas imposé de confinement à l'échelon national, la direction de la Fédération des travailleurs de l'industrie du Myanmar (IWFM) a pris des mesures de précaution par le biais de réunions en ligne avec des dirigeants syndicaux de terrain.

"De nombreux employeurs attaquent les syndicats en invoquant l'impact du Covid-19. Ils réduisent les salaires, quand ils ne refusent pas tout simplement de les payer, et certains travailleurs syndiqués ont été licenciés sans aucune indemnité. Nous leurs disons ce que les employeurs peuvent et ne peuvent pas faire suivant la loi,"

déclare la présidente de l'IWFM, Khaing Zar, qui est aussi membre du Comité exécutif d'IndustriALL Global Union.

Aux Philippines et en Malaisie, les déplacements sont extrêmement limités. Comme toute activité physique est pratiquement impossible, des syndicats des deux pays ont organisé, à l'occasion du 1er mai, des forums en ligne sur l'impact du Covid-19 sur les travailleurs.

"Savoir comment les syndicats peuvent servir efficacement leurs membres après le Covid-19 est devenu LA question",

confie Gabriel Aranzamendez, le président national de la Confédération des travailleurs philippins (CFW).

"Nous sommes convaincus que les syndicats sont capables de s'adapter promptement à une nouvelle normalité et d'améliorer leur stratégie de communication. Il est impératif que les organisations de travailleurs aient avec le gouvernement une relation de travail plus axée sur la collaboration afin d'accélérer le processus de guérison de notre nation."

Le secrétaire général du Syndicat national malaisien des travailleurs des équipements de transport et des industries connexes, Nadesan Gopalkishnam, a présenté dix revendications formulées par la Coalition pour la réforme de la législation du travail à un forum sur le Covid-19. Il a invité le gouvernement à consulter les syndicats en utilisant des plateformes de téléconférence sur les thèmes touchant les travailleurs, notamment sur les réformes de la législation du travail.

Ayant à de nombreuses reprises négocié par téléphone avec des employeurs qui voulaient imposer des réductions de salaires déraisonnables pendant le confinement, Nadesan Gopalkishnam a déclaré :

"Sept entreprises prétendaient qu'elles ne pourraient verser que 50 à 70 pour cent des salaires en avril. Puisqu'il est impossible de voyager et de rencontrer les employeurs en chair et en os, nous avons négocié par téléphone."

IndustriALL soulève des questions avant l’AG de Shell

Le 13 mai, Shell tiendra en ligne une réunion de sensibilisation des actionnaires avant l’AG du 19 mai. Les actionnaires ont été invités à soumettre leurs questions deux semaines avant cette réunion. Shell y répondra par courrier électronique plutôt que lors de la réunion publique.

IndustriALL Global Union a des préoccupations persistantes par rapport aux conditions de travail qui règnent sur les sites d’activité de Shell dans le monde entier et a constamment fait campagne contre le niveau très élevé de précarité au sein de l’entreprise. IndustriALL a déjà soulevé par le passé ces questions et a également participé à des manifestations devant les lieux des assemblées générales de Shell à La Haye en 2018 et 2019.

La principale préoccupation d’IndustriALL par rapport à Shell est son comportement dans les pays en développement riches en ressources naturelles, où l’importante mainmise de l’entreprise pervertit le développement de l’économie locale et favorise l’ancrage d’industries extractives qui dépendent fortement d’entreprises étrangères.

Un exemple type en est le Nigeria, où la présence de Shell a entraîné des décennies de dégradation de l’environnement, de corruption, de violations des droits de l’homme et d’attaques contre les syndicats. Les syndicats nigérians appellent à l’industrialisation durable de leur pays et à un programme de valorisation locale qui verra la richesse pétrolière du pays augmenter le niveau de vie de tous.

 

“Shell fait appel à des milliers d’entreprises sous-traitantes au Nigeria, rendant l’exploitation des travailleurs plus facile et la syndicalisation plus difficile”

Mais 82 % des travailleurs de Shell sont des sous-traitants qui vivent dans la pauvreté, sans sécurité d’emploi, avec des soins de santé médiocres et peu de considération pour leur santé et sécurité. Les travailleurs qui tentent de se syndiquer, de soulever des questions de santé et de sécurité ou de signaler des blessures sont licenciés. Comme Shell est la plus grande entreprise du secteur pétrolier nigérian, sa façon d’agir crée des précédents et de nombreuses autres entreprises du secteur affichent un comportement similaire.

Les enfants d’un sous-traitant de Shell décédé, à qui IndustriALL a rendu visite en 2018

Au Nigeria, les syndicats font état de nombreux cas de travailleurs qui meurent ou deviennent handicapés de façon permanente parce qu’ils ont eu trop peur de soulever des questions de sécurité. L’année dernière, IndustriALL a signalé le traitement réservé par Shell à ses ouvriers sous-traitants au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

La principale revendication d’IndustriALL est que Shell s’engage dans un dialogue social au niveau mondial avec les représentants des travailleurs. Jusqu’à présent, Shell a catégoriquement refusé cette offre de dialogue international.

Dans des questions soumises avant l’AG, IndustriALL a soulevé les contradictions entre les principes auxquels Shell prétend adhérer dans des publications comme son Rapport sur le développement durable et les preuves bien documentées que l’entreprise ne respecte pas ces normes. IndustriALL a soumis les questions suivantes :

  1. Pourquoi Shell n’exerce-t-elle pas une diligence raisonnable à l’égard des entreprises sous-traitantes pour s’assurer qu’elles sont socialement responsables ?
  2. Pourquoi Shell ne fournit-elle pas sous son contrôle une assurance maladie appropriée à tous ses salariés et sous-traitants ?
  3. Un représentant de Shell acceptera-t-il de rencontrer IndustriALL Global Union pour établir un dialogue dans le but d’aborder et de résoudre ces manquements ?

Diana Junquera Curiel, Directrice de la section énergie, a déclaré :

“Nous avons constamment soulevé ces questions avec Shell, et nous n’avons jamais eu de réponse adéquate. Pourtant, il y a une réelle souffrance sur les lieux de travail de Shell et nous sommes résolus à changer cela. Nous restons déterminés à dialoguer et à travailler avec Shell pour résoudre ces problèmes.”

CFMEU gagne son recours contre Operations Services, filiale de BHP

La section mine et énergie du syndicat CFMEU, affilié à IndustriALL, a fait appel auprès de la Commission pour le travail équitable (Fair Work Commission – tribunal australien des relations du travail) de l’approbation de deux accords d’entreprise s’appliquant aux travailleurs employés par Operations Services, une filiale de BHP agissant comme agence de recrutement et de placement d’une partie de ses travailleurs.

Le banc complet du tribunal a souscrit à plusieurs motifs d’appel du CFMEU, dont celui sur l’existence ou non d’un véritable accord de la part des travailleurs et celui de savoir si les accords d’entreprise passaient l’examen « des conditions avantageuses pour le travailleur » (better off overall test) par rapport au Prix de l’industrie minière et au Prix de l’industrie minière du charbon (Black Coal Mining Industry Award).

Selon le président national du CFMEU, Tony Maher, bien que la décision du tribunal soit une victoire importante, la lutte n’est pas encore terminée.

« Cette décision constitue une déconvenue pour la stratégie de réduction des salaires de BHP que l’entreprise applique grâce à sa politique de recrutement de travailleurs dans le cadre de conventions non syndicales par l’entremise d’un fournisseur interne de placement de main-d’œuvre. BHP a mis en place de bons accords d’entreprise concernant ses activités charbonnières ; les employés recrutés par le biais de Operations Services méritent de bénéficier des mêmes salaires et conditions que ceux du personnel directement employé et avec lequel ils travaillent côte à côte.

« Nous souhaitons dire aux travailleurs recrutés par Operations Services que nous nous engageons à mettre leurs salaires et conditions à égalité avec ceux des employés de BHP. Même travail, même salaire. »

Des travailleurs recrutés par Operations Services sont actuellement affectés à la mine de charbon Mt Arthur de BHP, située dans la vallée Hunter, ainsi que dans plusieurs mines de charbon de BMA, localisées dans le centre du Queensland. Le syndicat reçoit des rapports sur la baisse des salaires, la rotation très élevée du personnel et la pénurie de travailleurs dans les mines où BHP fait appel à Operations Services.

« Nous félicitons nos collègues syndicaux en Australie qui se battent contre le comportement avide de BHP dont les travailleurs subissent les conséquences.

« Il s’agit d’une victoire importante qui montre à BHP que la compagnie ne peut pas continuer à ignorer les droits des travailleurs. »

Le géant minier BHP a pour politique d’externaliser les emplois. Ainsi, 60% en moyenne des travailleurs employés dans les sites gérés par BHP sont des travailleurs contractuels contre 30-40% en moyenne dans l’industrie.

Une série d'accidents industriels secoue l'Inde alors que le travail reprend avec la levée du confinement

Une série d'accidents a débuté le 7 mai aux petites heures du matin avec cette fuite de gaz à l'usine LG Polymers de Vishakhapatnam, dans l'État d'Andhra Pradesh.

Parmi les autres incidents survenus le même jour, l'explosion d'une chaudière dans l'unité 6 de la centrale électrique de Neyveli, qui a fait huit blessés. Sept travailleurs ont nécessité des soins après avoir inhalé du gaz nocif à l'usine de papier Shakti, dans le village de Tetla, près de Raigarh, tandis qu'un incendie s'est déclaré dans une usine de conditionnement pharmaceutique de la zone de Satpur, près de la ville de Nashik, apparemment sans faire de victimes.

La fuite de styrène chez LG Polymers s'est produite vers 2h30 du matin, alors que des employés préparaient la réouverture de l'usine après le confinement national de 40 jours causé par le Covid-19. Le gaz s'est très vite répandu dans l'atmosphère dans un rayon d'environ cinq kilomètres, formant une brume épaisse qui diminuait la visibilité.

Le styrène, un monomère, se présente habituellement à l'état liquide et est stable sous une température de 20 degrés centigrades. D'après les premières informations reçues, une défaillance de l'unité de réfrigération a provoqué une élévation de la température au-delà du seuil de sécurité, ce qui a eu pour effet de vaporiser le produit chimique qui s'est dispersé dans l'atmosphère. D'autres informations reçues de l'organisation Down to Earth indiquent qu'un manque d'entretien, un système de détection des composés organiques volatils hors service et la négligence de la direction peuvent être à l'origine de l'accident.

La fuite a touché au moins cinq villages autour de l'usine, près de Vishakhapatnam. Alors que les gens tentaient de s'enfuir avec leurs véhicules, beaucoup ont perdu connaissance en rue. Des animaux d'élevage sont morts en grand nombre. En ce moment, 305 personnes sont encore hospitalisées et 128, guéries, ont pu rentrer chez elles. Aucune ne serait dans un état critique. Le gouvernement a annoncé qu'il prendra en charge tous les frais de traitement des personnes intoxiquées. 

Des équipes de premiers secours de la Force nationale de réaction aux catastrophes et de l'Institut national de recherche en génie environnemental sont venues en aide à l'administration locale pour évacuer les victimes. Selon le Centre international de recherche sur le cancer de l'OMS, le styrène est potentiellement cancérigène et extrêmement toxique. Des risques neurologiques et pour l'appareil reproducteur existent en cas d'exposition.

Le Directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie des produits chimiques, Tom Grinter, explique :

“La viabilité écologique de LG Polymers est à revoir. Tous ceux qui ont été exposés au styrène devraient subir un contrôle médical et être traités gratuitement tout de suite. LG Chem doit assumer la responsabilité non seulement des problèmes de santé actuels des victimes, mais aussi des complications qui pourraient survenir plus tard. Elle devrait faire preuve de transparence et faire toute la lumière sur les substances chimiques utilisées sur le site et sur les mesures qu'elle compte prendre pour améliorer la sécurité.”

La police a reçu des plaintes au pénal contre la direction de LG Polymers. Le gouvernement de l'État d'Andhra Pradesh a constitué une commission pour enquêter sur l'accident. Il a annoncé des indemnisations de 10 millions de roupies (132.799 $) par famille de victime décédée, un million de roupies (13.380 $) pour chaque patient sous assistance respiratoire, et 25.000 roupies (332 $) pour les patients en traitement ambulatoire. En outre, chacun des quelque 15.000 habitants des villages touchés par la fuite de gaz recevra 10.000 roupies (133 $). Le gouvernement a également annoncé des indemnisations pour les pertes de bétail.

LG Chem a publié des excuses par écrit et déclaré que l'entreprise va mobiliser tous ses moyens technologiques pour éviter de nouveaux problèmes, enquêter sur l'accident et partager l'information. Des riverains réclament la fermeture définitive de l'entreprise.

La Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, Apoorva Kaiwar, a déclaré :

“Cette série d'accidents survenus le même jour met en lumière les carences des règles de sécurité et soulève de graves questions sur l'impact du confinement prolongé du Covid-19 pour les établissements industriels. Le gouvernement indien devrait activer son système d'inspection et lancer des alertes dans tout le pays pour que des précautions soient prises et éviter que de tels accidents se reproduisent lorsque les usines seront remises en activité.”