Les travailleurs et travailleuses continuent de se battre après la fermeture de l’usine Next au Sri Lanka

En réponse, le syndicat a mis en place une cuisine solidaire dans ses locaux de Katunayake, où il distribue des rations afin que les travailleurs et travailleuses concernés puissent se nourrir. Des sections syndicales ont contribué à soutenir cette initiative depuis près de deux mois, faisant preuve d’une forte solidarité en cette période de crise.

Lors d’une réunion le 13 juillet dernier, les membres du syndicat ont rendu hommage à ceux qui mènent la lutte contre Next, malgré leur position vulnérable. Ils ont décrit l’objectif de leur campagne comme étant d’empêcher que d’autres ne deviennent “comme un travailleur de Next” ; elle constitue un appel aux enseignes, aux employeurs et au gouvernement pour qu’ils mettent fin aux fermetures illégales et garantissent la sécurité d’emploi dans les zones franches du Sri Lanka.

Le syndicat, affilié à IndustriALL, le FTZ&GSEU (Syndicat des salariés des zones franches et des services généraux), affirme que la décision de Next viole la loi sri-lankaise et enfreint la convention collective que l’entreprise a signée en 2021 et renouvelée en 2023. Selon le syndicat, il s’agit de la seule convention collective actuellement en vigueur dans l’ensemble du secteur de l’habillement du pays. Les dirigeants syndicaux affirment que Next doit être tenu responsable de ses actes, d’autant plus que le Sri Lanka est confrontée à une grave crise socio-économique et aux conséquences des modifications douanières américaines qui touchent le secteur de l’habillement.

Atle Høie, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Ces travailleurs et travailleuses font preuve d’un courage et d’une solidarité extraordinaires face à l’exploitation. Next doit honorer ses engagements et respecter les droits des travailleurs, notamment les conventions collectives. Nous appelons Next à remédier immédiatement à cette injustice et à garantir un emploi décent et sûr pour tous.”

Les syndicats d'Afrique subsaharienne lancent une plateforme d'éducation des travailleurs en ligne

Cette plateforme met à profit les avancées technologiques de l'apprentissage en ligne et des applications de messagerie en accès libre pour offrir une éducation des travailleurs d'un bon rapport coût-efficacité afin de renforcer les capacités syndicales et d'améliorer les conditions sur les lieux de travail dans des industries telles que l'automobile, la production de batteries, les métaux de base, la chimie, l'ingénierie, l'exploitation minière, le pétrole et le gaz et le textile et l'habillement.

Ce forum répond à la transformation numérique qui reconditionne les lieux de travail et il souligne la nécessité d'un engagement syndical pour l'apprentissage en ligne, l'accessibilité linguistique et des ressources pédagogiques adaptées correspondant à la diversité des secteurs manufacturiers. Son but est de faire progresser l'autonomisation des travailleurs et la résilience syndicale dans les industries de la région.

Les travailleurs n'ont besoin que d'un smartphone et d'un accès à l'Internet pour participer, échanger des expériences et accéder à la formation. Le forum repose sur une démarche participative, avec une étude définissant les thèmes préférés, suivie d'un programme flexible conçu en fonction des emplois du temps des participants.

“Ce forum s'adresse à tout qui participe à des actions destinées à faire connaître leurs droits aux travailleurs, à améliorer leurs conditions de travail et leurs conditions sociales et à s'organiser pour le changement. Que ce soit par le biais de programmes d'éducation syndicale, en tant que dirigeant syndical, de délégué d'atelier ou de membre actif soutenant d'autres de manière informelle, votre contribution est importante !” peut-on lire sur la brochure du forum. 

Cette initiative cherche à relever les défis auxquels se heurtent les syndicats d'Afrique subsaharienne, notamment le peu de solidarité extérieure avec les partenaires du Nord global, par un renforcement des stratégies de formation et d'organisation innovantes. Le perfectionnement des compétences est jugé essentiel pour permettre aux syndicats de retenir leurs adhérents dans cette ère de basculement technologique et démographique.

Melanie Jules, gestionnaire de programme à l'IFWEA pour le compte de la Online Labour Academy, qualifie le forum de “effort global de promotion de l'unité des travailleurs et de la formation de la base au moyen d'outils numériques, l'accent étant mis sur la flexibilité et la solidarité.” À ses yeux, la démarche du forum n'est pas académique mais pratique dans la mesure où elle inclut des approches syndicales de l'apprentissage tout au long de la vie et est en mesure de toucher des milliers de travailleurs dans des usines où les discussions se feront en petits groupes du genre des cercles d'étude. Les jeunes travailleurs et les femmes devraient aussi en tirer profit, ainsi que d'autres travailleurs marginalisés dépendant des économies informelles pour leur subsistance.

“L'éducation des travailleurs compte beaucoup dans une région qui se caractérise par un recul de l'espace civique, par des fossés numériques et des ressources limitées. Les syndicats ont besoin de savoir comment faire face aux pertes d'emplois, aux bas salaires, à la dangerosité des lieux de travail et à la violence et au harcèlement fondés sur le sexe,” 

a déclaré la vice-présidente d'IndustriALL Rose Omamo.

La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, a salué cette plateforme qui constitue à ses yeux une étape essentielle dans l'adaptation de l'éducation ouvrière à l'ère numérique.

“Le travail évolue et il faut qu'il en aille de même pour nos approches de l'éducation afin de répondre aux défis montants pour renforcer la puissance syndicale,”

a-t-elle déclaré. 

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Manifeste pour une transition juste : les travailleurs et travailleuses de la confection revendiquent une mutation équitable et menée par les travailleurs

Cet atelier, qui s’inscrit dans le cadre d’un projet triennal soutenu par la Fondation Laudes, vise à renforcer les stratégies syndicales pour une transition juste et inclusive dans les industries de la confection et du textile. Dans un secteur qui est confronté à des défis très particuliers, en raison des pratiques d’achat déloyales des enseignes, du travail précaire et informel et des niveaux très variables de dialogue social dans les différents pays, il est très problématique que la transition pour les travailleurs et travailleuses ne soit pas l’objet d’une réflexion dans le cadre des stratégies de transition.

Cela coïncide avec la nécessité de prendre des mesures urgentes pour mettre en place des stratégies d’adaptation face aux effets accélérés du changement climatique sur les travailleurs, notamment le stress thermique et les inondations. Dans ce contexte, les syndicats revendiquent que les préoccupations des travailleurs et travailleuses soit au cœur de la construction d’un avenir juste et durable.

Cette session s’est concentrée sur l’élaboration du manifeste pour une transition juste dans le secteur du textile et de la confection, qui énoncera les revendications claires et collectives des syndicats et servira de cadre à la participation des travailleurs et travailleuses à la transition verte. Prévu pour être lancé en octobre, le manifeste est élaboré dans le cadre d’un large processus de consultation avec les syndicats affiliés.

Rahki Sehgal, de la CSI, a présenté les principales revendications du manifeste. Elle a souligné qu’une transition juste doit être démocratique, transparente et menée par les travailleurs, avec un dialogue social à tous les niveaux.

Parmi les revendications clés figurent :

Amalia Hammarlund, Responsable de projet à la CSI, a déclaré :

“Un avenir durable pour le secteur passe par l’amélioration des conditions de travail, la création de nouveaux emplois dans le recyclage et l’économie circulaire ainsi que la garantie que les travailleurs et travailleuses, en particulier les femmes, sont protégés, autonomisés et inclus dans la prise de décision.”

Les affiliés syndicaux ont fait écho à ces préoccupations, avertissant que la transition climatique aggrave déjà les défis existants dans le secteur.

Ils ont souligné que la transition ne doit pas se faire au détriment des droits ou des moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses. Les affiliés ont appelé à :

Ils ont également souligné la nécessité pour le manifeste de reconnaître les réalités variables des différentes régions, telles que les différentes sources d’énergie, les intensités carbone et les stades de développement industriel.

Les participants sont fermement convenus que les travailleurs et travailleuses doivent jouer un rôle central dans la mise en œuvre de la Transition juste. Comme l’a déclaré un affilié, “Rien sur nous sans nous”. Ils ont appelé à un engagement régional plus fort, à une attention politique accrue et à une solidarité renforcée afin de garantir que la transition verte profite à tous et pas seulement aux entreprises et aux gouvernements.

Diana Junquera-Curiel, Directrice du département Énergie et Transition juste d’IndustriALL, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses ne doivent pas payer pour la transition verte. Trop souvent, les enseignes et les employeurs répercutent les coûts de l’action climatique sur les travailleurs, par le biais de pertes d’emplois, de salaires plus bas ou de conditions de travail dangereuses. C’est inacceptable. La responsabilité d’une économie plus verte doit être partagée équitablement entre les gouvernements, les employeurs et les enseignes et non pas placée sur les épaules de ceux qui sont déjà les plus vulnérables. Nous avons besoin d’une transformation industrielle démocratique, qui place les travailleurs et travailleuses au centre, avec un dialogue social fort, des négociations collectives et des protections pour tous, y compris les travailleurs et travailleuses informels et migrants.”

Judith Kirton-Darling, Secrétaire générale d’industriAll Europe, a déclaré :

“Les politiques de transition sont souvent conçues sans tenir compte de leur impact sur les travailleurs. Les stratégies de durabilité et de circularité visant à rendre les textiles plus durables, réutilisables, réparables et recyclables sont souvent élaborées sans tenir compte de leur impact sur les travailleurs et les conditions de travail. Plus grave encore, les législations essentielles sur la diligence raisonnable des entreprises en matière de durabilité et sur l’évaluation de la durabilité des entreprises, pour lesquelles les syndicats se sont battus, ont été la cible de la campagne de simplification de l’UE. Les travailleurs et travailleuses sont extrêmement préoccupés par ces évolutions et appellent les gouvernements et les enseignes à empêcher un nivellement par le bas et à offrir aux syndicats une place à la table des négociations pour une transition juste et durable dans la chaîne d’approvisionnement textile.”

Le Manifeste pour une transition juste sera un outil essentiel pour promouvoir une action climatique et environnementale équitable et centrée sur les travailleurs dans l’industrie textile et de la confection, garantissant que les travailleurs et travailleuses soient protégés, autonomisés et entendus à chaque étape de la transition verte.

Des menaces visent des responsables syndicaux colombiens du secteur minier

La Colombie figure depuis longtemps parmi les pays les plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Selon des organisations internationales, des dizaines de dirigeants syndicaux ont été victimes de menaces, de persécutions et d’assassinats au cours des dernières décennies. Bien que des programmes de protection gouvernementaux aient été mis en place ces dernières années, des risques importants subsistent, en particulier dans des secteurs stratégiques tels que les mines et l’énergie.

Selon des sources syndicales, le Président de la section de La Jagua du Sintracarbón, Germán Aranzales, est victime de menaces et de tentatives d’extorsion depuis le 8 juin dernier. Le syndicat a également dénoncé la surveillance et l’intimidation dont font l’objet d’autres membres, notamment le syndicaliste Silvio Mendoza ainsi que Rocío Torres Bobadilla, une avocate qui conseille le syndicat dans des procédures judiciaires liées au travail.

Les menaces ont débuté après que Sintracarbón et Sintraminergética ont déposé une requête auprès du Ministère du Travail pour demander la suspension du licenciement collectif de quelque 300 employés de Prodeco et Carbones de La Jagua (CDJ), soulignant la nécessité de déclarer les neuf filiales du groupe Glencore en Colombie comme étant une seule et même entité économique.

Dans sa lettre envoyée au gouvernement colombien, IndustriALL exprime son inquiétude face aux récentes menaces et harcèlement et demande que des mesures urgentes soient prises pour garantir la sécurité des dirigeants syndicaux et des conseillers concernés. Ce courrier appelle également le ministère public à poursuivre les enquêtes correspondantes.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Atle Høie, a déclaré :

“Nous sommes extrêmement préoccupés et consternés par cette nouvelle violation flagrante des droits humains fondamentaux et des droits syndicaux. Compte tenu du long historique de violence à l’encontre des dirigeants syndicaux et du mouvement social en Colombie, nous appréhendons ces menaces avec le plus grand sérieux et la plus grande inquiétude.”

Inde : des millions de travailleurs en grève pour défendre leurs droits

Les syndicats indiens n'ont eu cesse d'exprimer leurs préoccupations devant les politiques hostiles aux travailleurs du gouvernement central et de ceux des États. Il y a peu, le gouvernement de l'État d'Andhra Pradesh a modifié sa législation pour porter la durée du travail à dix heures par jour. L'actuelle érosion des droits durement acquis par les travailleurs, des attaques plus nombreuses contre les droits démocratiques ainsi que la montée du chômage, la hausse du coût de la vie et la stagnation des salaires sont la cause d'un vif mécontentement dans les classes laborieuses.

Sanjay Vadhavkar, le secrétaire général de la Fédération des travailleurs de l'acier, du métal et de l'ingénierie d'Inde, qui aussi membre du comité exécutif d'IndustriALL, a déclaré :

"Le succès de la grève d'aujourd'hui prouve que la classe ouvrière indienne refuse totalement les politiques du gouvernement actuel, hostile aux travailleurs et aux gens. Les travailleurs poursuivront la lutte jusqu'à ce que le gouvernement retire le code du travail et stoppe sa mise en application. Les syndicats indiens sont unis et vont mener le combat pour la défense des droits des travailleurs."

Les syndicats ont mené une campagne virulente pour mobiliser les travailleurs avant la grève, surtout par une action de sensibilisation aux textes de loi hostiles aux travailleurs. Les principales revendications avancées par la Plateforme commune des Centrales syndicales portent sur :

Gautam Mody, le président d'Unions United et membre du comité exécutif d'IndustriALL, a déclaré :

"Lorsque le droit de grève est attaqué, la grève est la seule façon de montrer notre force à un gouvernement d'extrême-droite et un capitalisme insolent. C'est ce que nous avons fait aujourd'hui. Et si le gouvernement ne fait pas marche arrière sur le code du travail, nous ferons encore grève ! et encore !

Le secrétaire général d'IndustriALL, Atle Høie, a déclaré : 

"IndustriALL est absolument solidaire des travailleurs en grève en Inde. Nous saluons l'esprit combatif des syndicats indiens qui, confrontés à la répression et au recul des droits démocratiques, poursuivent la lutte pour faire progresser le mouvement des travailleurs et protéger les structures démocratiques dans le pays. L'unité affichée face aux amendements répressifs de la législation est une source d'inspiration pour le mouvement travailleur du monde entier."

Inde : plus de 40 morts dans l’explosion d’une usine

L’usine a été fermée pour 90 jours à la suite de l’incident et une plainte a été déposée auprès de la police. Un comité a également été formé pour enquêter sur les causes de l’incendie. Récemment, l’entreprise a nié qu’il y ait eu une explosion de réacteur dans l’usine et a déclaré que la cause de l’incendie pourrait être une surchauffe. Sigachi Industries a annoncé le versement d’une indemnité de l’équivalent d’environ 115 000 dollars aux familles des personnes décédées. Le gouvernement provincial fournira également une aide financière immédiate aux victimes.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, Ashutosh Bhattacharya, a déclaré :

“Garantir la santé et la sécurité au travail n’est pas un choix mais une obligation constitutionnelle et internationale pour le gouvernement indien. La ratification des Conventions 155 et 187 de l’OIT réaffirmera l’engagement de l’Inde en faveur de lieux de travail sûrs, équitables et dignes pour tous. L’entreprise doit assumer l’entière responsabilité de l’accident et toute lacune ayant entraîné l’explosion doit être divulguée.”

Selon les données compilées par IndustriALL, depuis le début de l’année, plus de 60 incidents sur le lieu de travail se sont produits dans le secteur chimique et pharmaceutique du pays, qui ont tué plus de 100 travailleurs et travailleuses et fait plus de 170 blessés. Les incidents survenus sur le lieu de travail n’étant pas suffisamment signalés, les chiffres réels seraient bien plus élevés. L’année dernière, plus de 110 accidents du travail se sont produits dans ce secteur, tuant au moins 220 travailleurs et travailleuses et en blessant gravement plus de 550.

La centrale syndicale nationale indienne, le Congrès national des syndicats indiens (INTUC), dont font partie certains affiliés indiens d’IndustriALL, revendique :

  1. une enquête indépendante de haut niveau sur le fonctionnement du département responsables des usines,
  2. La suspension et la poursuite pénale de tout fonctionnaire reconnu complice de négligence, et
  3. la réorganisation du mécanisme d’inspection, y compris le respect strict de la Convention 81 de l’OIT.

Sigachi Industries est un important fabricant de cellulose microcristalline, utilisée dans les produits pharmaceutiques, cosmétiques et alimentaires. L’entreprise est présente dans le monde entier et plus de la moitié de ses produits sont exportés dans plus de 50 pays.

Illustration : Shutterstock

Les travailleurs d’Alang, le secteur et des alliés au plan mondial s’unissent en faveur de la Convention de Hong Kong

IndustriALL s’est jointe aux principales parties prenantes, notamment l’OIT (Organisation internationale du travail), le Directeur général des transports maritimes d’Inde, le GMB (Conseil maritime du Gujarat) et la SRIA (Association des industries de recyclage des navires).

La réunion de réflexion et d’échanges présidée par la Directrice de l’OIT en Inde, Michiko Miyamoto, a souligné l’importance du dialogue social et des conventions fondamentales de l’OIT. Elle a souligné que la CHK offre l’opportunité d’améliorer la sécurité et les normes de travail, garantissant un travail décent dans le recyclage des navires.

Le Directeur général des transports maritimes d’Inde, Shyam Jagannathan, s’est félicité de l’avènement de la convention, estimant qu’elle offre à l’Inde la possibilité de renforcer son leadership mondial dans le domaine du recyclage durable des navires. Il a insisté sur la nécessité d’une approche inclusive, centrée sur les travailleurs et travailleuses, et a appelé à une plus grande participation des femmes au sein du secteur.

Ajith Kumar Sukumaran, Directeur général adjoint de la marine marchande, a présenté les perspectives techniques et opérationnelles de la feuille de route de la Convention pour l’Inde. L’ingénieur en chef du GMB, M. Talawiya, a confirmé que son organisation était prête à fournir un soutien pratique au niveau des chantiers pour répondre aux normes de la CHK.

Tout en saluant la Convention, le Secrétaire de la SRIA, Haresh Parmar, a mis en garde contre une réglementation excessive, préconisant des politiques équilibrées qui protègent à la fois les travailleurs et les travailleuses et la viabilité des entreprises.

La Coordinatrice nationale de l’OIT en Inde, Pallavi Mansingh, a également appelé à des changements systémiques qui donnent la priorité aux attentes et aux besoins des travailleurs tout au long du processus.

Le Secrétaire général de l’ASSRGWA, Vidyadhar Rane, a revendiqué une approche inclusive, où les travailleurs et travailleuses sont respectés non seulement en tant que bénéficiaires, mais aussi en tant que partenaires égaux dans l’élaboration de l’avenir du recyclage des navires.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kan Matsuzaki, a réaffirmé que la transition vers la conformité à la CHK doit être juste et équitable.

“Les travailleurs et travailleuses doivent être placés au centre des réformes, en mettant l’accent sur leurs droits, leurs moyens de subsistance et leur représentation.”

Walton Pantland, Directeur pour la construction navale et de la démolition des navires auprès d’IndustriALL, a souligné que la CHK doit conduire à ce qu’Alang soit plus sûr et plus propre, avec davantage d’emplois qualifiés et décents. Il a souligné l’importance de comités de sécurité solides au niveau des chantiers, de conventions collectives et de protections pour les travailleurs et travailleuses en aval.

La journée s’est achevée par un important rassemblement de travailleurs et travailleuses, qui a réuni plus de 350 personnes, dont de nombreuses femmes, solidaires d’un recyclage des navires plus sûr et plus équitable.

La rencontre s’est conclue par un engagement collectif fort de continuer à travailler ensemble pour faire d’Alang un modèle mondial de recyclage de navires socialement responsable, sûr et respectueux de l’environnement.


 

Fureur syndicale devant les licenciements à la mine de Mothae

Ces licenciements temporaires, qui ont débuté en juin, ont eu pour effet de réduire de moitié les rémunérations du personnel, une mesure que la direction impute au ralentissement du marché diamantaire en Europe. Le syndicat IDUL, qui est affilié à IndustriALL, dénonce cette décision qu'il juge constituer une violation de la législation du travail et des conventions collectives.

Ces licenciements surviennent dans une phase de transfert de la propriété de la mine de Mothae. Lucapa explique que son désinvestissement au profit de Lephema Executive Transport en 2024 s'inscrit dans un repli stratégique lui permettant de se concentrer sur ses actifs en Angola et en Australie. Cette vente, réalisée en septembre 2024, avait suscité des questions quant à la stabilité à long terme de la mine. 

Les objections de l'IDUL portent sur le caractère unilatéral des licenciements. Pour son secrétaire général, May Rathakane :

“Mothae Diamond Mine doit respecter la négociation collective, qui est un droit syndical, et s'abstenir d'agir unilatéralement lorsque les droits des travailleurs et des syndicats sont en jeu.”

Il estime que la direction bafoue ses obligations légales en ne consultant pas le syndicat, comme l'y obligent le code du travail du Lesotho et l'acte de reconnaissance qu'elle a signé. Par ailleurs, l'IDUL s'inquiète de l'érosion des droits au travail dans le secteur minier au Lesotho, où ce sont souvent les travailleurs qui paient le prix de la volatilité du marché. Il ajoute que le gouvernement du Lesotho, qui est actionnaire de la mine et souhaiterait racheter la part de Lucapa, doit intervenir pour préserver l'emploi et garantir le respect des normes du travail.

Le directeur d'IndustriALL en charge des mines et du diamant, Glen Mpufane, critique cette façon de prétexter les aléas du marché pour réduire les salaires:

“La volatilité du marché n'est pas une excuse pour amputer les salaires. Les compagnies minières diamantaires doivent planifier les fluctuations à la hausse comme à la baisse plutôt que de sacrifier les salaires des travailleurs.”

La mine de Mothae, située à Mokhotlong, dans les monts Maluti du district de Butha-Buthe, contribue largement à l'économie du pays depuis que sa production a démarré en 2019. Ouverte par la Lucara Diamond Corporation, la mine a été rachetée en 2017 par l'australien Lucapa Diamond Company, qui détenait 70 pour cent de son capital jusqu'à ce qu'il la revende, en 2024, à l'entreprise minière et de construction locale Lephema Executive Transport.

Le gouvernement du Lesotho conserve une participation de 30 pour cent, preuve de l'importance stratégique de la mine pour l'économie du pays, laquelle est largement tributaire des exportations de diamants, qui représentent 6 à 10 pour cent de son PIB. Dans le passé, on a extrait à Mothae des kimberlites diamantifères, dont un diamant de 215 carats.

 
 

Argentine : les syndicats de l’industrie manufacturière mettent en garde contre la désindustrialisation et critiquent sévèrement le gouvernement de Milei

Selon la déclaration de la CSIRA, en 2024, le secteur manufacturier s’est contracté de 9,4 %, la construction a chuté de 27 % et d’autres secteurs clés, tels que l’exploitation minière, ont également enregistré des baisses. Depuis 2023, plus de 1.000 entreprises ont dû fermer leurs portes et près de 100.000 emplois formels ont été perdus.

Selon la CSIRA, les principales raisons de ce déclin sont l’entrée indiscriminée des importations, le manque de financement, la devise non compétitive du pays et la paralysie du marché intérieur. Elle prévient que si l’Argentine continue sur cette voie, les PME seront affaiblies, la capacité de production du pays sera détruite et sa dépendance à l’égard du commerce extérieur s’accroîtra.

Le CSIRA remet également en question la déréglementation du marché national du cabotage, qui permettra aux navires étrangers de fournir des services de transport en Argentine. Les syndicats affirment que cela affectera l’emploi et générera des sorties de devises. En ce qui concerne les questions liées au travail, la CSIRA réclame la liberté syndicale et condamne l’augmentation du coût de la vie, les conditions de travail précaires et les réformes en cours qui affaibliront les droits des travailleuses et travailleurs. La CSIRA condamne également la “mise hors-la-loi” de Cristina Fernández de Kirchner, avertissant que “sans justice indépendante, il ne peut y avoir de véritable démocratie”.

La déclaration comprend un appel au changement :

“L’Argentine dispose des ressources, des infrastructures, des talents humains et des connaissances scientifiques nécessaires à l’avènement d’une nouvelle phase de développement industriel. Ce qui manque, c’est la volonté politique et la conviction que sans industrie, nous n’aurons pas de Nation et sans Nation, il n’y a pas d’avenir décent”.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Marino Vani, a félicité la CSIRA pour son initiative, pour avoir suscité le débat et pour avoir présenté des propositions visant à rendre l’industrie argentine viable.

“Nous regrettons que le gouvernement Milei ne prenne pas de mesures pour préserver les emplois dans le secteur, car ces emplois sont importants pour la reprise et le développement de l’Amérique latine. Nous soutenons la position de la CSIRA et nous serons aux côtés de nos collègues dans les discussions sur l’avenir de l’industrie du continent.”

Les affiliés d’IndustriALL appartenant à la CSIRA

La lutte pour l’équité salariale : Des syndicalistes sud-africains formés par IndustriALL

L’atelier a débuté par une réaffirmation de la politique "NO EXCUSE" d'IndustriALL sur la violence fondée sur le genre, la misogynie et le sexisme. Les participants ont pris part à des sessions interactives, dont une séance de marche rapide, afin d'explorer la dynamique des rapports de force intersectionnels. La formation s'est centrée sur la promotion de l'égalité salariale pour un salaire d'égale valeur, le comblement des écarts salariaux entre hommes et femmes et la promotion des pratiques inclusives de négociation collective.

Les modules-clés discutés pendant l'atelier étaient :

Pendant l'atelier, les participants ont étudié comment les structures de pouvoir sur le lieu de travail affectent les femmes ainsi que divers groupes et contribuent à l'iniquité salariale. Les définitions et concepts tels que l'équité salariale, le salaire égal pour un travail égal, le salaire égal pour un travail d'égale valeur et l'écart salarial entre hommes et femmes ont été explorés à l'occasion de discussions et d'activités de groupe. Des exposés sur les législations nationales relatives à l'égalité de rémunération en Asie du Sud ont aidé les participants à comprendre leurs cadres juridiques et leurs failles. Des activités pratiques ont montré comment les évaluations traditionnelles des postes sous-évaluent les rôles des femmes et souligné la nécessité de promouvoir des systèmes d'évaluation plus équitables et exempts de préjugés. Les participants ont appris de quelle manière la transparence salariale peut faire apparaître l'écart salarial entre hommes et femmes et y remédier.

Les discussions ont aussi porté sur les stratégies utilisées dans les campagnes pour de meilleurs salaires, en particulier dans les emplois où les femmes sont majoritaires. Les participants ont élaboré des plans d'action destinés à promouvoir l'équité de rémunération dans leurs secteurs, notamment par la réalisation d'audits d'inégalité salariale dans des lieux de travail où les femmes sont majoritaires et par le signalement des cas, par la promotion de l'inclusion des femmes dans les processus décisionnels et leur négociation, et par l'imposition d'une négociation collective centrée sur l'équité sur le lieu de travail.

Armelle Seby, la directrice d'IndustriALL en charge des questions de genre, a déclaré :

"Cette formation était destinée à doter nos syndicats d'outils et de stratégies pour plaider en faveur de l'équité salariale dans leurs organisations et lieux de travail et pour susciter un changement réel à la table des négociations. Les engagements pris par IndustriALL consistent notamment à promouvoir l'égalité hommes-femmes ainsi que l'inclusion sur les lieux de travail et chez les affiliés."

Le secrétaire régional d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, Ashutosh Bhattacharya, a déclaré :

"L'équité de rémunération n'est pas seulement un problème pour les femmes, c'est une priorité syndicale. Notre stratégie consiste à faire en sorte que les syndicats aient une meilleure compréhension de l'écart salarial entre hommes et femmes et à les doter d'outils pratiques pour plaider efficacement pour l'égalité salariale sur le lieu de travail. Nous devons agir de manière à renforcer concrètement les stratégies de nos affiliés et à faire en sorte qu'ils soient préparés afin d'apporter un changement réel et durable à la table des négociations."