Les travailleuses sur tous les fronts

Ce webinaire était le premier d’une série de trois qui auront lieu dans les semaines à venir.

Webinaires pouvant être consultés :

ANGLAISFRANCAISESPAGNOL

“Quelle que soit la façon dont on la considère, la Covid-19 a un impact très clair sur les travailleuses et ceux et celles déjà marginalisés par la vulnérabilité, l’inégalité et l’oppression. Les travailleurs et travailleuses de l’économie informelle, où la majorité des femmes sont actives, ont été particulièrement touchés, perdant leur gagne-pain du jour au lendemain, sans protection sociale sur laquelle s’appuyer, avec l’obstacle supplémentaire que représente l’accès aux services de santé et de soins,”

a indiqué Chidi King, qui dirige le Département de l’égalité de la CSI.

“La pandémie de Covid-19 a un impact important sur les chaînes d’approvisionnement de l’industrie de la confection. Cette crise marquera un nouveau départ. Nous devons nous battre pour une nouvelle normalité dans la solidarité. Toutes les réponses politiques à la crise doivent comprendre une dimension de genre,”

a déclaré Fulya Pınar Özcan, Présidente du Comité des Femmes du syndicat turc Öz İplik İş.

Au plan mondial, l’emploi dans l’industrie de la confection est constitué à 80 % de femmes.

“Dans le secteur de la confection, il est nécessaire d’adopter une approche sectorielle sous l’égide des syndicats. Une nouvelle norme dans le textile et la confection serait de mettre en avant des accords sectoriels. Au niveau mondial, IndustriALL a revendiqué que les enseignes, les employeurs et les gouvernements se réunissent avec les syndicats pour trouver des moyens de soutenir les travailleurs […] dans cette période sans précédent. Ce qui est en jeu ici, c’est la viabilité du secteur,”

a martelé Christina Hajagos, Directrice d’IndustriALL pour le textile.

Webinaire suivant :

 

L’Assemblée générale annuelle de Shell ne répond pas aux préoccupations syndicales

IndustriALL a soumis une série de questions à Shell avant son Assemblée générale annuelle privée ayant eu lieu en ligne le 19 mai. La multinationale a répondu le 13 mai lors d’une réunion de consultation en ligne des actionnaires à laquelle a participé Diana Junquera Curiel, directrice en charge du secteur énergétique chez IndustriALL.

IndustriALL a posé une question sur la situation sanitaire et sécuritaire des entrepreneurs au Nigéria, après avoir réalisé des recherches approfondies et trouvé plusieurs études de cas se rapportant à des familles de travailleurs ayant perdu la vie ou étant devenus handicapés.

Les enfants d’un travailleur contractuel de Shell décédé, auxquels IndustriALL a rendu visite en 2018

En réponse, le PDG de Shell, Ben van Beurden, a déclaré que la multinationale « respecte les lois locales » et s’efforce d’« améliorer constamment la performance ». Bien que les entrepreneurs soient des « personnes morales indépendantes », Shell « assure » que l’entreprise se conforme au droit local tout en « cherchant continuellement des moyens de les contrôler ». L’entreprise a démenti les allégations formulées dans la question tout en omettant de traiter le fond.

Shell a abordé toutes les questions de cette manière. Aux problèmes très documentés des violations des droits syndicaux et humains au Nigéria soulevés par IndustriALL, Van Beurden a fait savoir que toutes les allégations énoncées avaient fait l’objet d’une enquête approfondie et qu’elles n’étaient « pas du tout fondées ». Toutefois, l’entreprise n’a pas consulté les syndicats au cours de ses enquêtes.

A la nouvelle demande de Junquera de savoir si Shell serait disposé à rencontrer IndustriALL afin que ces questions puissent être examinées de manière satisfaisante, Van Beurden a répondu que bien que Shell accorde de l’importance à ses relations avec les syndicats, celles-ci sont « les plus efficaces au niveau local » en raison des situations propres aux pays. Il ne s’est pas engagé à rencontrer IndustriALL.

Cette réponse n’est pas surprenante : Shell s’abstient constamment d’aborder les préoccupations des syndicats. Néanmoins, IndustriALL est mandaté par ses syndicats affiliés, qui représentent les travailleurs de Shell à l’échelle mondiale, pour rechercher un dialogue mondial, et continuera de le faire.

Aux autres questions posées par IndustriALL sur les objectifs d’émissions de Shell et leur conformité avec l’Accord de Paris, ainsi que sur les projets de l’entreprise en matière de Transition juste pour les travailleurs, Shell a renvoyé à son document sur le changement climatique et la transition énergétique.

Bien qu’IndustriALL salue le fait que la multinationale aborde explicitement la question de la Transition juste, un certain nombre de préoccupations subsistent. Le document ne reconnaît pas le mouvement syndical mondial et ne mentionne pas les syndicats. Il ne renferme pas non plus d’engagements fermes et contient peu de détails sur le contenu du programme.

« Je ne comprends pas pourquoi Shell refuse de nous rencontrer. De quoi ont-ils peur ? » a demandé Junquera.

« Shell s’engage avec de nombreuses organisations critiques, y compris un certain nombre d’ONG, qui ne représentent pas les parties prenantes de Shell. IndustriALL Global Union représente les travailleurs de Shell dans le monde entier. Nous sommes mandatés par ces travailleurs pour engager le dialogue avec la multinationale dans le monde entier.

« Shell refuse. Shell affirme qu’il est "plus efficace" de travailler avec les syndicats au niveau local uniquement. Mais les tentatives de Shell de diviser les travailleurs sont précisément la raison pour laquelle nos syndicats veulent l’instauration d’un dialogue mondial. »

Le procès-verbal intégral de la téléconférence, comprenant les questions d’IndustriALL et les réponses de Shell, est disponible ici.

Un avenir incertain à l'origine de la grève chez Nissan Espagne

Ces deux usines ont été mises à l'arrêt en raison du confinement imposé par le coronavirus à la mi-mars et elles ont partiellement rouvert le 4 mai pour être immédiatement arrêtées par un mouvement de grève face à l'absence de confirmation d'un engagement à maintenir les niveaux d'emploi.

Le personnel s'est mis en grève à la suite d'articles, parus principalement dans les médias japonais, suivant lesquels Nissan aurait l'intention de réduire ses effectifs de 20 pour cent dans le monde et de fermer ses usines en Espagne. On peut craindre que Nissan veuille fermer toutes ses unités en Europe.

Les syndicats de Nissan sont en contact depuis l'an dernier avec la direction à propos de son plan stratégique et de l'avenir des usines en Espagne. Ces questions sont toujours à l'examen et aucune décision n'a été communiquée. Les représentants du comité d'entreprise européen confirment qu'ils n'ont pas été consultés sur un éventuel plan de restructuration.

La direction de Nissan a garanti la production des modèles actuels jusqu'à la fin 2020, sans préciser les volumes, et elle a refusé de s'engager sur le maintien du niveau d'emploi actuel. La production a déjà été réduite à Barcelone, quatre modèles ayant été abandonnés ces deux dernières années.

Si les centres de production de Zona Franca, Montcada et Sant Andreu de la Barca devaient fermer, ce sont trois mille emplois directs et près de vingt mille emplois indirects qui seraient menacés. Deux centres de production situés hors de Catalogne, Ávila et Corrales de Buelna en Cantabrie, seraient aussi en danger.

 

Les travailleurs de Nissan ont déclenché une grève illimitée sur les sites de Zona Franca et de Montcada le 4 mai, après l'échec des négociations le 30 avril. Elle continuera, dans l'attente de l'annonce par Nissan d'un plan de gestion à moyen terme et de ses résultats financiers le 28 mai. Les syndicats recourent à l'action stratégique en ne faisant grève que dans de petits sites de production. Seuls 40 salariés sont en grève, mais cela suffit pour bloquer la production.

Le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie automobile, Georg Leutert, déclare :

“Si ces usines ferment, la Catalogne perdra un siècle d'héritage industriel. Il est important que Nissan communique honnêtement avec ses salariés et soumette ses plans à la négociation. Cette absence de communication est très préoccupante, pas seulement en Espagne, mais dans toute l'Europe.”

Trois syndicats affilés à IndustriALL représentent les travailleurs de Nissan : la Federación de Industria de USO, la UGT Federacíon de Industria, Construccíon y Agro et les CC.OO de Industria.

Dans une lettre commune à leurs affiliés, les secrétaires généraux d'IndustriALL Global Union et d'IndustriAll European Trade Union, Valter Sanches et Luc Triangle, ont exprimé leur solidarité et appelé la direction à reprendre la négociation.

Les syndicats espagnols mettent en garde contre les conséquences négatives que ces fermetures auront pour l'image de l'entreprise. Si Nissan décide de fermer tous ses sites en Europe, elle sera le deuxième constructeur japonais, après Honda, à quitter l'Europe. Si Nissan se retire d'Espagne, les syndicats s'attendent à ce que Renault, en tant que membre de l'alliance avec Nissan et Mitsubishi, intervienne, étant donné que l'usine Nissan d'Ávila produit déjà des pièces pour Renault. Quoi qu'il en soit, cette alliance est en crise profonde et les spéculations à propos d'un éclatement imminent vont bon train.

Irak : mouvement contre Basra Gas Company/Shell pour non-paiement des salaires

Bien qu’ils ont dû faire face à des manifestations de masse dans de nombreux endroits du pays, à des fermetures de routes et à la pandémie actuelle de Covid-19, les travailleurs ont continué à fournir du gaz naturel liquéfié aux usines électriques et pétrochimiques irakiennes.

Mais à la fin de chaque mois, les travailleurs détachés ne savent jamais quand ils recevront leur salaire en raison de problèmes entre SGC et BGC concernant ces versements.

Les travailleurs ont demandé à plusieurs reprises à BGC de trouver un moyen de s’assurer que les salaires soient payés régulièrement et à temps, mais comme la fin du mois de mai approchait sans changement en vue, les travailleurs ont lancé un mouvement de protestation sur le site d’exploitation.

Hassan Juma, Président de la Fédération irakienne des syndicats du pétrole, affirme que les travailleurs ne devraient pas avoir à payer le prix de quelque problème financier que ce soit entre la SGC et la BGC :

“Les deux entreprises doivent résoudre ces problèmes entre elles, car les travailleurs ne sont pas impliqués dans les cadres administratifs et contractuels. Comme les travailleurs concernés ont été détachés de la SGC, leurs salaires et leurs allocations sont réglés par la BGC”.

Après leur action de protestation, les dirigeants syndicaux et les représentants des travailleurs se sont adressés à la direction de l’entreprise, l’exhortant à accélérer le paiement des salaires.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a confié :

“Les efforts des travailleurs pour maintenir une production essentielle pendant la pandémie devraient être appréciés à leur juste valeur. Mais en Irak, Shell force ses travailleurs à protester et à prendre de nouveaux risques pour exiger ce qui leur est dû. C’est inacceptable et les salaires des travailleurs doivent être payés immédiatement”.

Basra Gas Company est une coentreprise dont South Gas Company détient 51 % et Shell 44 %. Les 5 % restants sont détenus par Mitsubishi Corporation.

La dirigeante syndicale emprisonnée au Cambodge doit être immédiatement libérée!

Vous pouvez aider! Signez et partagez notre campagne sur LabourStart appelant à la libération immédiate de prison de Soy Sros.

Soy Sros a été arrêtée le 2 avril pour « provocation » en vertu du code pénal.

Selon le président du CUMW, Pav Sina, l’état de santé de Soy Sros se détériore et, bien qu’elle reçoive des soins médicaux en prison, elle doit être libérée dès que possible et hospitalisée.

Vous pouvez aider! Signez et partagez notre campagne sur LabourStart appelant à la libération immédiate de prison de Soy Sros au Cambodge

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré:

« Soy Sros a exercé à juste titre sa liberté d’expression pour défendre les intérêts des travailleurs licenciés par Superl Holdings Ltd et doit être libérée immédiatement. Au lieu d’emprisonner Soy Sros, le gouvernement cambodgien devrait agir en qualité de médiateur constructif entre l’entreprise et le syndicat.

« Il est tout à fait inacceptable que les entreprises et les gouvernements profitent de la crise de la COVID-19 pour réprimer les syndicats. Nous allons contacter les clients de l’entreprise et mobiliser la solidarité internationale. »

Dans le but de défendre la dirigeante syndicale, IndustriALL a envoyé une lettre à Superl Holdings Ltd le 16 avril, exhortant l’entreprise à retirer les accusations portées contre Mme Soy Sros. L’entreprise n’a pas répondu.

Les travailleurs tunisiens de l'habillement en grève contre le licenciement de responsables syndicaux

Les travailleurs de Gartex en Tunisie ont fait grève deux jours au mois de mai parce que, depuis plus de deux ans, l'employeur fait obstacle à la recherche de solutions à toute une série de problèmes liés au travail.

En 2018, le secrétaire général du syndicat et son adjoint ont été licenciés après une réunion avec les travailleurs censée discuter des problèmes sur le lieu de travail.

Devant l'indigence des conditions de santé et de sécurité dans les ateliers, le syndicat a réclamé en juin de l'an dernier une visite des services d'inspection de l'hygiène du travail. Plusieurs infractions ont été confirmées et une longue liste de recommandations a été dressée.

À de nombreuses reprises, la FGTHCC-UGT a sollicité la direction pour discuter de ses revendications. Celle-ci a demandé au syndicat de communiquer la liste de ses revendications, prétendant être sans pouvoir, les investisseurs étrangers étant les seuls à pouvoir négocier. Le syndicat a alors remis une liste détaillée de ses revendications et des problèmes liés au travail en décembre 2019, mais n'a pas reçu de réponse. Il a ensuite déposé plusieurs demandes officielles de négociation restées sans effet.

Le 20 février, 56 travailleuses et travailleurs ont été licenciés, parmi lesquels les dirigeants élus du syndicat d'entreprise et les membres du comité consultatif. Les tentatives pour trouver une solution au conflit étant restées vaines, à l'initiative de la FGTHCC-UGT, les travailleurs ont fait grève les 13 et 14 mai pour protester contre ces violations du droit d'organisation et ces licenciements.

Habib Hazami, le Secrétaire général de la FGTHCC-UGT, a déclaré :

"Malgré la bonne volonté et la souplesse dont le syndicat a fait preuve pour défendre les droits des travailleurs sans menacer la viabilité de l'entreprise, la direction continue à ignorer le syndicat lorsque des questions cruciales sont en jeu et essaie de déprécier son rôle auprès des travailleurs.

"La direction n'a donné suite à aucune de nos demandes légitimes et nous avons été contraints de recourir à la grève, laquelle sera suivie d'autres actions. Nous exhortons la direction à réintégrer les 56 travailleuses et travailleurs licenciés, y compris les responsables syndicaux."

Dans une lettre à Gartex, IndustriALL exprime ses préoccupations devant ce grave problème pour les travailleurs et exhorte l'employeur à respecter les droits fondamentaux au travail, dont le droit d'organisation, et à réintégrer sur-le-champ les dirigeants syndicaux et les syndicalistes qui ont été licenciés.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan déclare :

"Il est essentiel que Gartex Tunisie respecte scrupuleusement les législations du travail nationale et internationale. Nous attendons de l'entreprise qu'elle prenne immédiatement des mesures pour remédier à cette situation et entame sans plus tarder un dialogue productif avec la FGTHCC-UGT."

Gartex emploie un millier de travailleurs; elle appartient à la société de confection allemande Gardeur, qui est elle-même contrôlée par le groupe néerlandais Duijndam.

Soutien syndical de l’accord pour la fabrication de 14 millions de masques par des PME en Afrique du Sud

Le Conseil de négociation a accrédité 388 fabricants avec une capacité de production de 14 millions de masques couvrant le nez et la bouche.

En outre, 217 ont été agréés pour la fabrication d’équipements de protection individuelle et d’autres produits essentiels nécessaires pour prévenir la propagation du coronavirus.

Le SACTWU indique que ces accords aideront des milliers de PME à survivre et à poursuivre leur production dans les conditions difficiles du confinement pour la Covid-19.

Les PME emploient de 10 à 250 travailleurs et les entreprises récemment accréditées au sein des townships emploient en moyenne au moins six travailleurs dans leurs activités de découpage. Les PME sont exemptées des principales conventions collectives mais sont considérées comme des entreprises conformes aux stratégies visant à permettre leur croissance. Bien que les activités des PME sont très informelles, les syndicats y recrutent des travailleurs et travailleuses.

Le SACTWU, le Ministère du commerce, de l’industrie et de la concurrence et Business for South Africa se sont associés pour mettre en place un portail en ligne où les particuliers et les entreprises peuvent acheter ces masques.

Le port de masques faciaux est devenu obligatoire le 1er mai, dans le cadre des mesures préventives visant à enrayer la pandémie de coronavirus. Le SACTWU fait campagne pour la fabrication de ces masques en utilisant des matériaux locaux afin de préserver et de créer des emplois.

Le syndicat se félicite de l’annonce de la phase 4 de la réglementation sur le confinement concernant la production de vêtements, qui aidera l’industrie locale.

Andre Kriel, Secrétaire général du SACTWU, précise :

“C’est un grand coup de pouce pour notre industrie manufacturière locale en difficulté et ça va aider des dizaines de milliers de travailleurs de l’habillement, du textile, de la chaussure et du cuir pendant cette période difficile

Nous ne saurions trop insister sur l’importance de prendre dès maintenant des mesures pour garantir que nous ayons toujours une industrie manufacturière nationale après le confinement.”

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le textile, a déclaré :

“Il est important de permettre aux petites entreprises de confection de se développer et de faire partie de la chaîne d’approvisionnement et il est louable que le SACTWU participe au renforcement des capacités des PME. Il est tout aussi crucial que les travailleurs et travailleuses soient impliqués dans les efforts de lutte contre la Covid-19.”

Déclaration du groupement Global Unions : Les droits LGBTI sont une question syndicale

Il y a 30 ans aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé (OSM) a retir l’homosexualité en tant que trouble mental de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes. Depuis ce jour historique, la communauté LGBTI œuvre à éradiquer le harcèlement et la discrimination fondés sur l’orientation sexuelle, l’expression de genre ou les caractéristiques sexuelles par des lois et des politiques ainsi que par des activités qui célèbrent la diversité. En tant que syndicats et membres de la communauté mondiale, nous avons joué un rôle important dans la promotion de l’inclusion et de la diversité sur le lieu de travail et nous continuerons à travailler pour protéger nos membres LGBTI.

Toutefois, malgré les nombreuses avancées, l’homophobie existe toujours. Les travailleurs et travailleuses LGBTI souffrent toujours de discriminations professionnelles et autres inégalités en raison de leur orientation ou de leur identité sexuelle. Celles-ci vont de la différence des revenus au harcèlement sur le lieu de travail, du traitement injuste au travail à la discrimination à l’embauche.

En période de crise, comme celle que nous traversons actuellement, cette situation s’aggrave. Des difficultés pour accéder aux services de santé à la stigmatisation, de la montée de la cyberintimidation et des discours de haine en ligne à la violence domestique, les personns LGBTI sont confrontées à une situation sans précédent qui les expose à un risque plus important de problèmes de santé mentale et personnelle.

La pandémie COVID-19 a eu un impact sur les conditions de vie des travailleuses et travailleurs LGBTI, car ils et elles sont représentés de manière disproportionnée dans les branches et les secteurs les plus touchés par la pandémie, tels que le commerce de détail, l’hôtellerie et le tourisme. Cela les exposera à des niveaux plus élevés de difficultés économiques et de chômage qui auront des conséquences sur leur santé et leur bien-être.

Aujourd’hui, nous défendons tous les travailleurs et travaieuses LGBTI et leurs droits, qui sont des droits humains. Nous continuerons à nous battre pour des lieux de travail exempts de discrimination et de harcèlement, nous nous mobiliserons pour les protéger et pour soulever leurs problèmes et leurs besoins.

Pour y parvenir, nous avons mis en place un groupe de travail du CGU sur les droits des personnes LGBTI. Nous adopterons une charte de solidarité LGBTI et continuerons à travailler avec nos syndicats affiliés pour améliorer les structures et les politiques LGBTI afin de construire un mouvement syndical mondial plus fort et plus inclusif.

Affrontons l’intolérance et la discrimination là où nous les voyons. Continuons à travailler pour que nos syndicats soient plus ouverts aux LGBTI. Allons au-delà des simples journées d’action et attaquons chaque jour les inégalités systémiques de genre, de revenu et de race.

Les Global Unions s’engagent à continuer à lutter pour les droits de tous les travailleurs et travailleuses et appellent leurs affiliés du monde entier à soutenir la campagne visant à mettre fin à la violence et à la discrimination sur le lieu de travail.

Trouver de nouvelles façons de riposter

Des mesures ont été prises pour protéger les membres dans leur action de grève semaine après semaine. Le nombre de participants au piquet de grève était limité et la durée de rotation des équipes réduite, la distanciation sociale respectée et des gants, du gel hydro-alcoolique et autres protections étaient à disposition.

Le problème de l'impossibilité d'organiser une réunion et un scrutin de ratification a été surmonté en faisant preuve d'imagination. Trois circuits en voiture ont été organisés : un premier pour la remise des documents, un deuxième pour ceux qui avaient des questions à poser et enfin un troisième circuit pour le vote. 

Si des membres avaient des questions, ils agitaient le bras par la vitre de la voiture et un membre du comité de négociation venait répondre.

Sur son site web, l'UAW déclare :

"Avec le soutien qu'ils ont reçu de la Région 8 et de l'Internationale UAW, ces membres ont pu se serrer les coudes et montrer à l'employeur qu'ils n'allaient pas plier l'échine et accepter tout ce qu'il voulait."

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, félicite la section 1407 de l'UAW et déclare que, pendant la pandémie, les syndicats trouvent des formes innovantes pour lutter pour leurs adhérents et défendre leurs droits.

Au Brésil, plusieurs syndicats ont négocié des conventions collectives avec de nouvelles façons de protéger les vies et les droits des travailleurs. Le plus souvent, la négociation s'est faite dans des assemblées virtuelles, en permettant aux membres de débattre et voter sur les propositions à distance, garantissant ainsi la participation, la démocratie et l'isolement social.

Lors d'une récente assemblée virtuelle organisée par les Sindicatos dos metalurgicos do ABC (SMABC), affiliés à la fédération nationale des travailleurs de la métallurgie CNM-CUT, les membres ont voté en faveur d'un accord avec Mercedes-Benz à São Bernardo.

Cet accord garantit que les travailleurs percevront 80 à 100 pour cent de leur salaire pendant deux mois et que tous les 8.400 emplois seront maintenus jusqu'au 31 décembre.

Le Sindicato do metalurgicos do Soracaba (également affilié à la CNM-CUT) a tenu de nombreuses assemblées virtuelles qui ont approuvé des conventions collectives garantissant les salaires et les prestations en plus de la stabilité de l'emploi dans des entreprises telles que Bosch, Toyota, Emerson et Schaeffler. À titre d'exemple, les travailleurs de Schaeffler ont accepté une diminution du temps de travail et des salaires pendant 90 jours et une suspension des contrats pendant 60 jours. Par ces deux mesures, l'emploi est garanti jusqu'au 30 novembre.

Les yeux fixés sur l’industrie pharmaceutique pour lutter contre la COVID-19

Aux yeux d’IndustriALL Global Union, les politiques qui s’appliquent à l’industrie pharmaceutique sont empreintes d’une forte dimension sociale, l’accès aux médicaments étant un élément important des Objectifs des Nations Unies pour le développement durable, en particulier son troisième objectif visant à assurer la bonne santé et le bien-être de tous.  La couverture sanitaire universelle, y compris l’accès aux médicaments, est d’une importance vitale à cet égard. Avant la crise de la COVID-19, un milliard de personnes dans le monde ne bénéficiaient pas d’un traitement médical de base et plus de 2 milliards n’avaient pas accès aux médicaments essentiels.

Par couverture sanitaire universelle, il faut entendre une situation dans laquelle toutes les personnes et toutes les communautés bénéficient des services de santé dont elles ont besoin sans se heurter à des difficultés financières. Elle englobe la gamme complète des services de santé essentiels de qualité, qu’il s’agisse de la promotion de la santé, de la prévention, des traitements, de la réadaptation et des soins palliatifs. Par conséquent, il est clair que l’industrie pharmaceutique a un rôle important à jouer dans la réalisation de l’Objectif de développement durable relatif à la bonne santé et au bien-être.

La pandémie mondiale actuelle met en lumière les questions sociales auxquelles IndustriALL est constamment invité à répondre en lien avec son travail relatif au secteur pharmaceutique. L’accès aux médicaments essentiels est un droit de l’homme universel constamment attaqué par les profiteurs.

La crise sanitaire de la COVID-19 étant mondiale, chaque être humain devrait pouvoir bénéficier des produits de l’industrie pharmaceutique et ce, d’autant plus que d’importantes sommes d’argent public et autres ressources publiques (universités, hôpitaux, par exemple) sont mises à la disposition de l’industrie pour accélérer la recherche. L’opinion publique mondiale s’attend fortement à ce que le vaccin ou le médicament qui sera fabriqué pour lutter contre la COVID-19 soit accessible à tous. Il serait inacceptable que des populations du monde souffrent alors que d’énormes profits sont distribués aux actionnaires.

Contrairement à ce qui se passe actuellement au sein des autres secteurs manufacturiers, les activités dans le secteur pharmaceutique ont très peu été réduites voire pas du tout jusqu’à ce jour au niveau planétaire. Le secteur devrait toutefois connaître des changements à moyen terme alors que des questions importantes, telles que l’influence croissante de l’État dans le secteur et la réduction de l’externalisation de la production vers des pays où les normes de sécurité et d’hygiène sont moins élevées, vont gagner de plus en plus de terrain dans la période de l’après pandémie.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

« La première des priorités des excellents affiliés à IndustriALL dans le secteur pharmaceutique est d’acquérir les connaissances nécessaires pour trouver les traitements, les vaccins et le remède à ce terrible virus. Une fois trouvé, l’industrie devra entamer une introspection sérieuse sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, le rôle de l’État et la façon de garantir des systèmes de santé plus forts. IndustriALL continuera à favoriser la discussion sur ces points essentiels. »

Les travailleurs du secteur pharmaceutique sont hautement qualifiés et instruits. Cependant, les droits syndicaux dans ce secteur sont fréquemment attaqués dans plusieurs pays. IndustriALL répond à cette réalité par des campagnes de solidarité et l’établissement de réseaux.

Les autres questions générales actuelles qui touchent les travailleurs de l’industrie pharmaceutique comprennent le vieillissement de la société, le changement climatique, les nouvelles technologies, la numérisation, le rôle des médicaments génériques, les brevets et la restructuration des entreprises. La numérisation des usines pharmaceutiques va probablement s’accélérer et affecter directement l’emploi dans le secteur.

La majorité des plus grandes multinationales pharmaceutiques ont fait des dons de plusieurs millions de dollars en espèces, en matériel, en services, en gel antibactérien et en médicaments pour lutter contre la pandémie.

La forte contestation de la FCE-CFDT, affiliée à IndustriALL, de la décision unilatérale de Sanofi de verser 15% supplémentaire au salaire de chaque employé tenu de continuer à se rendre sur son lieu de travail à travers le monde pendant la pandémie plutôt que de verser un montant fixe supplémentaire, a entraîné un changement de politique de la société qui a suivi la revendication du syndicat. Dans le cas contraire, le personnel le mieux payé aurait reçu davantage que le personnel le moins rémunéré de cette société pharmaceutique française prioritaire pour IndustriALL.

Sanofi coopère avec la société pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline pour le développement d’un vaccin contre la maladie à coronavirus. Ce partenariat est sans précédent dans le secteur en termes de capacité. Les deux entreprises combinées détiennent la plus grande capacité de production de vaccins au monde et visent à commencer les essais cliniques grâce à un vaccin de haute technologie d’ici quelques mois. Le développement du vaccin se fonde sur une technologie existante basée sur l’ADN recombinant que Sanofi utilise pour fabriquer son vaccin contre la grippe.

Les affiliés à IndustriALL représentent les collaborateurs de Sanofi et de GSK sur tous les continents.