Afrique australe : le dialogue mondial avec Glencore lutte contre la crise du coronavirus

Les mineurs d’Afrique du Sud et de Zambie ont subi des pertes d’emplois et de salaires en raison des conséquences sur les opérations minières du confinement mis en place pour lutter contre la maladie à coronavirus. Dans les deux pays, IndustriALL Global Union a facilité les négociations entre Glencore et les syndicats de mineurs qui ont abouti à des solutions constructives.

Christine Olivier

Christine Olivier, responsable au niveau international au Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA), a déclaré :

« La crise de la COVID-19 n’est pas la faute d’un employeur ou d’un travailleur. Par conséquent, il est nécessaire que les deux parties s’assoient à la même table et négocient pour trouver une solution viable pour tous. C’est ce qui s’est passé avec les réunions que nous avons eues avec la direction de Glencore dès le début du confinement. »

Durant les négociations, NUMSA a souligné les responsabilités sociales et communautaires des employeurs pendant le confinement instauré pour lutter contre le coronavirus. Les travailleurs font vivre jusqu’à huit membres de leur famille élargie. Le non-paiement des salaires ferait mourir de faim des familles entières.

Réunion organisée en 2019 entre IndustriALL, Glencore et les syndicats miniers d’Afrique subsaharienne

Un accord a été conclu aux termes duquel l’employeur a accepté de verser aux travailleurs leurs salaires, leurs allocations logement et les aides médicales pendant le confinement. Les mines ne fonctionnant qu’à 50% de leurs capacités de production en raison des restrictions liées au COVID-19, les primes de quart de travail et les frais de transport étaient versés aux travailleurs seulement lorsqu’ils se rendaient au travail.

Un accord conclu avec le gouvernement zambien, avec le soutien du Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ), a permis à 5 672 travailleurs de la mine Mopani, détenue par Glencore, de reprendre le travail. Le syndicat se bat néanmoins pour faire réembaucher plus de 5 000 travailleurs contractuels dont les contrats ont été résiliés en raison de la COVID-19. Ces travailleurs étaient employés par des entreprises sous-traitées par Mopani.

Joseph Chewe

Joseph Chewe, président du MUZ, se félicitant de la décision de Mopani de revenir sur sa volonté de fermer les mines pour maintenance et entretien, a indiqué :

« Nous voulons voir Mopani, par l’entremise de Glencore, investir plus d’argent pour garder les mines opérationnelles. Le syndicat examinera les mesures visant à réduire les coûts de production et à assurer que l’entreprise reste à flot. Les pertes d’emploi doivent être évitées pendant la pandémie de coronavirus. Les syndicats doivent être consultés et les engagements mis en œuvre conformément aux réglementations. »

NUMSA et MUZ sont affiliés à IndustriALL. Glencore possède des activités minières dans le cuivre, le cobalt, le charbon et le ferro-alliage dans ces pays.

Glen Mpufane, Directeur en charge du secteur minier à IndustriALL, a déclaré :

« Les négociations et les accords sont importants alors que la pandémie de COVID-19 actuelle accroît fortement le degré d’incertitude en raison des perturbations provoquées dans les chaînes de valeur minières mondiales par le confinement établi dans la majorité des pays. »

« Il s’agit d’une crise mondiale qui requiert la conclusion d’accords à l’amiable entre les syndicats et les compagnies minières. Les gouvernements devraient également jouer un rôle dans le dialogue social, rendre exécutoire les normes internationales du travail et promouvoir les protocoles COVID-19 en tant que réponses essentielles de lutte contre la pandémie. »

S’exprimant aujourd’hui lors d’une téléconférence organisée par les actionnaires avant l’assemblée générale annuelle de Glencore, Mpufane s’est félicité du succès du dialogue dans les mines d’Afrique australe. Il a évoqué la situation désespérée des opérations de Glencore au Pérou et en Bolivie, en particulier à la mine Antimina au Pérou, où des centaines de travailleurs ont été infectés par la COVID-19, qui a fait au moins un mort. Antimina est une co-entreprise entre Glencore et plusieurs autres compagnies, dont BHP Billiton. Mpufane a demandé à Glencore d’user de son influence pour améliorer la situation.

Le président Tony Hayward, s’exprimant au nom du PDG Ivan Glasenberg, a reconnu l’ampleur de la crise du coronavirus au Pérou et s’est engagé à travailler avec IndustriALL pour améliorer la situation des mineurs.

Nissan annonce la fermeture des usines de Catalogne

Nissan avait déjà annoncé un plan de restructuration mondiale, qui toucherait plus de 12.000 emplois à l'échelle de la planète. À ce jour, 4.000 travailleurs ont été licenciés, dont 600 en Espagne. Dans ce pays comme à l'échelon européen, les syndicats dialoguent avec la direction à laquelle ils ont soumis des alternatives.

À Barcelone, les chaînes de montage de Zona Franca, Montcada et Sant Andreu de la Barca avaient fermé pendant le confinement du Covid-19. Après leur réouverture, le 4 mai, une grève a éclaté presque tout de suite. Les syndicats ont lancé un mot d'ordre de grève illimitée pour protester contre le refus de la direction de se prononcer sur l'avenir du site.

Nissan annonce aujourd'hui un plan de restructuration mondiale qui touche 20 pour cent de ses capacités de production. La fermeture des sites de Barcelone s'inscrit dans ce plan de restructuration, qui fait partie d'une stratégie de l'Alliance Nissan-Renault-Mitsubishi consistant à restructurer géographiquement sa direction, l'Europe étant laissée à Renault.

Les affiliés d'IndustriALL Global Union représentant les travailleurs de Nissan, la Federación de Industria de USO, la UGT Federacíon de Industria, Construccíon y Agro et les CC.OO de Industria, contestent le bien-fondé de cette stratégie.

Les syndicats font remarquer qu'il y a en Europe une volonté marquée d'adhérer à un nouveau Pacte vert, avec l'injection directe de cent milliards d'euros et un apport du privé de 250 milliards de plus. Une part importante doit aller à la mobilité durable. Ils jugent que Nissan laisse passer l'occasion d'obtenir du soutien pour une transition vers la voiture électrique, la conduite intelligente et la mobilité partagée.

Pour les syndicats, si l'Alliance veut être le numéro un du secteur automobile, elle doit être le numéro un du développement des nouvelles technologies, de leurs processus de production et de la stratégie pour l'avenir de la mobilité, en particulier dans les grandes zones métropolitaines. Abandonner Barcelone, la plaque tournante de la technologie en Europe du sud, serait une erreur monumentale.

Après cette annonce, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a envoyé aux travailleurs de Barcelone un message vidéo dans lequel il leur dit :

"Il est inacceptable qu'une entreprise profite de la pandémie pour se restructurer. Le comité des travailleurs a proposé plusieurs solutions de rechange, l'Union européenne a mis des moyens dans le Pacte vert, un plan qui pourrait servir à la production de véhicules électriques. Malgré cela, Nissan a décidé de restructurer et de faire peser le fardeau de la crise sur les épaules des travailleurs."

"IndustriALL restera en contact avec ses organisations affiliées et les membres de Nissan dans le monde entier pour mobiliser la solidarité internationale avec nos affiliés espagnols. "

Le syndicaliste biélorusse licencié doit être réintégré

En 2019, les travailleurs de Redpath Deilmann ont tenté d’obtenir une certification de sécurité de leur activité, conformément à la loi biélorusse. Après six mois de correspondance infructueuse avec les autorités de l’État, certains travailleurs ont uni leurs forces et créé une section locale du syndicat BITU pour protéger leurs droits et leurs intérêts dans un cadre plus organisé. Peu après la création du syndicat et l’élection de Mikalaj Valadzko à sa tête, la direction de l’entreprise a refusé de renouveler son contrat de travail à court terme.

Le 26 mai, la demande de réintégration et de versement des salaires perdus lors de l’absence forcée de Mikalaj Valadzko a été rejetée par le tribunal.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

“La décision injuste du tribunal de ne pas réintégrer Mikalaj montre l’influence du gouvernement et des entreprises sur le système judiciaire de Biélorussie. Les préoccupations du gouvernement concernant la perte d’investisseurs étrangers prennent le pas sur les règles d’un procès équitable. Dans ces circonstances, le recours aux contrats à court terme comme moyen de se débarrasser de travailleurs qui ne vont pas dans le sens de leur direction ne fera qu’augmenter.”

Maxim Poznyakov, Président du Syndicat indépendant biélorusse (BITU), déclare que la décision du tribunal est une conséquence des actions des autorités de l’État au cours des vingt dernières années pour “transformer les travailleurs biélorusses en esclaves désarmés”.

“L’absence de liberté syndicale dans le pays, une procédure de création de syndicat reposant sur une autorisation préalable, l’absence de possibilité de faire grève et le système des contrats à court terme ont fait leur œuvre. La situation actuelle des travailleurs est activement exploitée non seulement par les entreprises publiques, mais aussi par les capitaux privés étrangers.”

En collaboration avec le BITU, IndustriALL a lancé une campagne LabourStart appelant à la réintégration de Mikalaj Valadzko. Signez et partagez cette campagne, en envoyant un message à Redpath Deilmann.

La grève de quatre heures sur les sites italiens d’ArcelorMittal porte ses fruits

Dans le cadre de ses mesures de soutien, le gouvernement a publiquement confirmé son intention de rejoindre la structure d’actionnariat de la société, tandis qu’en échange, ArcelorMittal a promis de maintenir la présence du groupe en Italie. Le PDG a confirmé qu’il respecterait formellement et substantiellement tous les engagements pris.

La pandémie et le ralentissement de la demande qui en a résulté ont aggravé la situation des aciéries italiennes, qui sont fortement dépendantes de l’industrie automobile, qui traverse elle-même une crise très grave en ce moment.

Cette grève est devenue le deuxième grand mouvement de protestation depuis l’assouplissement des restrictions du confinement relatif à la Covid-19. Lors du premier, des centaines de sidérurgistes s’étaient rassemblés le 18 mai devant l’usine de Gênes pour protester contre les licenciements et les congés sans solde.

Selon une déclaration du Secrétaire général de la FIM-CISL, Marco Bentivogli, et du Secrétaire national Valerio D’Alò, lors de la réunion, “le gouvernement a fait savoir, surtout au vu de l’urgence sanitaire, qu’il avait mis à la disposition du groupe ArcelorMittal des mesures exceptionnelles pour lui permettre de gérer la situation”. Il a en outre été révélé qu’“un accord aurait été signé le 4 mars 2020 sans jamais avoir été présenté aux syndicats”.

Le FIM, la FIOM et l’UILM ont exhorté le gouvernement et ArcelorMittal à divulguer leurs plans concernant l’avenir de la société en Italie. Les syndicats ont notamment exigé la confirmation des engagements pris dans l’accord conclu en septembre 2018, à savoir un plan d’entreprise pertinent, les investissements et les structures de société qui en découlent, le niveau d’emploi et l’assainissement de l’environnement.

“Pour atténuer le désastre professionnel, économique et social, le gouvernement doit mettre en place une législation spéciale pour les travailleurs et travailleuses de l’ex-Ilva. Il doit prévoir des retraites ou d’autres instruments législatifs pour des reclassements garantis par l’État. Si cette intervention n’est pas faite, il y a un risque de fortes tensions sociales, que nous ne sommes pas en mesure de maîtriser”, a commenté le Secrétaire général de l’UILM, Rocco Palombella, lors de sa vidéoconférence.

De leur côté, Francesca Re David, Secrétaire générale de la FIOM-CGIL et Gianni Venturi, Secrétaire national de la FIOM-CGIL et responsable pour la sidérurgie, ont déclaré : “Si ces engagements sont confirmés, cela signifie qu’à la fin de la période couverte par le nouveau plan d’entreprise, le nombre total de travailleurs d’ArcelorMittal serait de 10.700, ce qui suggère l’exclusion des quelque 1.700 travailleurs encore sous administration extraordinaire pour lesquels une clause de sauvegarde sociale avait été prévue dans l’accord de 2018.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, conjointement avec Luc Triangle, Secrétaire général de son homologue européen industriAll, ont exprimé leur solidarité avec les affiliés italiens et ont soutenu leurs revendications, en déclarant :

“Il est impératif qu’ArcelorMittal minimise l’impact économique et social de cette pandémie sur les travailleurs, leurs familles et leurs communautés. Le fardeau de la pression considérable qui pèse sur l’industrie sidérurgique en Europe et en particulier en Italie comme suite à la pandémie de Covid-19 ne peut être porté par les seuls travailleurs.”

Inde : un mort et sept blessés dans un accident à l’aciérie Bokaro

Le 16 mai, un conducteur de locomotive du département des transports est décédé à l’hôpital après avoir a été gravement brûlé, le 6 mai, par un câble électrique à haute tension de 25 000 volts qui s’est rompu à la suite d’une violente tempête.

Quelques jours plus tard, le 11 mai, un directeur général et deux ouvriers se sont évanouis après la fuite de gaz de nitrogène pendant l’installation d’un transformateur. Le gaz aurait dû être libéré dans un environnement ouvert avant les travaux. Selon des sources syndicales, le directeur général, qui a fait preuve de négligence, avait déjà été impliqué dans un accident. Les victimes ont été rapidement transportées à l’hôpital où elles se sont complètement rétablies.

Le 16 mai, deux travailleurs contractuels de M/s Siva Electrical ont été brûlés lors d’un incendie sur une ligne électrique où ils travaillaient. Selon les protocoles de sécurité, la connexion électrique aurait dû être coupée. Les deux victimes ont été immédiatement transportées à l’hôpital.

 

Le lendemain, un incendie s’est déclaré à Ferro Scrap Nigam Limited, une filiale de SAIL dont les locaux se situent dans l’aciérie Bokaro. Deux travailleurs contractuels ont été brûlés alors qu’ils soudaient le réservoir diesel d’une grue automobile. D’après les rapports, ils seraient brûlés à 30% mais leurs jours ne seraient pas en danger.

Sanjay Vadhavkar, Secrétaire général du syndicat SMEFI et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré:

« L’utilisation de travailleurs contractuels non formés dans des endroits cruciaux est à l’origine des accidents dans l’industrie sidérurgique. Nous demandons au ministère de l’Acier et à SAIL de recruter davantage de travailleurs permanents, d’améliorer la formation en matière de sécurité et de renforcer les mesures de sécurité afin d’éviter que d’autres accidents ne surviennent. »

Matthias Hartwich, Directeur à IndustriALL chargé du secteur du génie mécanique et des métaux de base, a indiqué:

« Ce genre d’accidents est évitable grâce à l’application de protocoles de sécurité appropriés. La direction de SAIL doit tirer les leçons de ces accidents, le travail précaire doit être stoppé, et les représentants syndicaux doivent participer à la planification et à la mise en œuvre de la sécurité. Il n’y a pas de place pour les compromis en matière de sécurité. »

La multinationale de l’électronique Jabil licencie 190 salariés italiens pendant la pandémie

La multinationale de l’électronique d’origine américaine Jabil a annoncé qu’elle licenciait 350 des 700 travailleurs de l’usine Marcianise. Après que 160 travailleurs et travailleuses ont pris un départ volontaire ou ont été redéployés ailleurs, 190 autres se retrouvent à la rue à partir de ce lundi 25 mai.

Cette situation prévaut en dépit d’un programme de soutien du gouvernement italien qui interdit les licenciements jusqu’à la mi-août, dans une tentative de sauver l’économie en pleine urgence sanitaire et économique causée par la Covid-19. Le gouvernement italien a introduit le décret de relance le 15 mai, dans le cadre d’un plan de 155 milliards d’euros visant à remettre l’Italie sur pied en soutenant la reprise économique, la cohésion sociale et la sécurité.

Cet ensemble de mesures comprend un fonds de garantie des salaires, des subventions aux entreprises et des moratoires sur le paiement des impôts, des factures de services publics ainsi que des réductions de charges. L’entreprise a pris des engagements envers le Ministère du développement économique, qu’elle n’a pas honorés.

La FIOM-CGIL, la FIM-CISL et l’UILM, des affiliés d’IndustriALL Global Union, ont réagi en s’engageant à une grève illimitée. Les syndicats sont indignés par ce manque de solidarité sociale, publiant une déclaration qui condamne comme “intolérable, illégale et infâme” la décision de “jeter des travailleurs et travailleuses à la rue pendant une pandémie” et demandant une réaction du gouvernement.

 

Kan Matsuzaki, Directeur d’IndustriALL pour l’industrie électronique, a déclaré :

“Marcianise se situe dans une région économiquement défavorisée près de Naples, dans le sud de l’Italie, et ces licenciements vont anéantir des familles du cru. Jabil a profité du matelas de sécurité sociale fourni par le gouvernement italien et a ensuite licencié. Ce comportement cynique et contraire à l’éthique crée un précédent très dangereux.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit à la filiale italienne pour exiger la réintégration des travailleurs licenciés :

“IndustriALL Global Union condamne dans les termes les plus forts la décision unilatérale de l’entreprise de licencier 190 travailleurs et travailleuses en plein milieu de la pandémie de Covid-19, sans consultation adéquate avec les syndicats concernés. Nous sommes extrêmement préoccupés de ce qu’il adviendra de la vie et des moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses licenciés ainsi que de leurs familles victimes des actes irresponsables de l’entreprise.”

Valter Sanches a également envoyé un courrier de solidarité aux syndicats italiens.

Jabil, l’une des plus grandes multinationales de fabrication de produits électroniques, compte 120 usines et 200.000 salariés dans le monde entier. L’usine de Marcianise fabrique principalement des circuits électroniques imprimés.

Un accord tripartite pour protéger les travailleurs sri-lankais

Le gouvernement du Sri Lanka a constitué un groupe de travail tripartite sur le Covid-19 chargé de préserver les intérêts des travailleurs et des employeurs par le dialogue social. Le 5 mai, ce groupe de travail a conclu un accord applicable à tous les secteurs qui garantit le versement des salaires et l'emploi dans les limites du cadre légal existant. L'accord a été approuvé par le cabinet ministériel le 14 mai.

Les membres du groupe de travail ont convenu que les travailleurs conserveront leur emploi et ne seront pas licenciés par suite des mesures de confinement imposées par le Covid-19. Tous les salariés devront être déployés au travail et répartis en équipes du même nombre de personnes par rotation. Ce système protégera les intérêts des travailleurs tout en respectant les mesures de santé et de sécurité telles que la distanciation sociale.

Si les salariés ne travaillent pas en mai et en juin, ils toucheront 50 pour cent de leur salaire de base ou 14.500 roupies (77 $), selon ce qui est le plus avantageux pour eux. En outre, les cotisations au fonds de prévoyance des travailleurs et à leur fonds fiduciaire seront également versées par les employeurs.

Anton Marcus, de notre affilié le Syndicat des salariés des zones franches et des services généraux, et membre du groupe de travail, a déclaré :

"Étant donné les difficultés de la situation actuelle avec le Covid-19, cet accord tripartite est un instrument de protection des intérêts des travailleurs. Maintenant, nous nous efforçons de sensibiliser les travailleurs à cet accord pour s'assurer que les entreprises soient nombreuses à l'appliquer."

La Secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du sud, Apoorva Kaiwar, a déclaré :

"Cet accord tripartite marque un grand pas en avant pour aider les travailleurs sri-lankais. IndustriALL Global Union est solidaire de ses affiliés sri-lankais dans leurs efforts pour défendre les droits des travailleurs en ces temps difficiles."

Le groupe de travail tripartite se compose de représentants de la Fédération des employeurs de Ceylan (EFC), d'organisations syndicales dont de nombreux affiliés d'IndustriALL, et du ministère du Perfectionnement des compétences, de l'emploi et des relations de travail.

Les syndicats de Madagascar protestent contre les congés forcés

Selon une lettre envoyée aux travailleurs par la direction d’Ambatovy, le chômage technique commencera en mai et se terminera en octobre. Pendant cette période, les travailleurs seront payés à 100 % en juin, 75 % en juillet et 50 % pour les mois restants.

La société opère sur divers créneaux : extraction, pipeline, production, gestion des résidus et activités portuaires. Sur le site de l’usine Ambatovy à Toamasina, la société emploie 3.000 travailleurs dont 60 % sont en congé forcé pour six mois alors que 1.200 travailleurs du site minier de Moramanga sont dans la même situation.

Des sous-traitants d’Ambatovy ont également mis leurs travailleurs en congé forcé. Par exemple, KPS a mis 250 travailleurs en congé pour  six mois alors que les 150 travailleurs de Madacan le sont pour trois mois.

Les syndicats affiliés à IndustriALL Global Union, Syndicalisme et Vie des Sociétés (SVS), Sendika Kristanina Malagasy (SEKRIMA) et Fédération des Syndicats Autonomes des Travailleurs de l’Industrie (FESATI), qui représentent les travailleurs des mines, contestent ce chômage technique, car ils n’ont jamais été consultés.

Le code du travail du pays stipule qu’avant qu’une entreprise ne mette en œuvre le chômage technique, les syndicats doivent être consultés. Le code définit le chômage technique, autorisé jusqu’à six mois, comme une interruption de travail causée par des accidents, des coupures de courant, des catastrophes, des pénuries de matières premières, d’outils ou des problèmes de transport.

Les syndicats doutent que la pandémie Covid19-19 entre dans ces catégories et affirment qu’il est illégal pour les entreprises de mettre en œuvre le chômage technique sans consulter les syndicats. Les travailleurs ont également le droit de décider quand prendre un congé et de ne pas y être contraints par l’employeur.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, déclare :

“Nous demandons instamment à Ambatovy d’éviter les pratiques de travail déloyales et d’adopter ldes protocoles Covid-19 qui protègent les droits des travailleurs, notamment en matière de santé et sécurité, de sécurité d’emploi et de protection des revenus, comme cela devient la norme dans le monde entier. Cela doit être fait en consultation avec les syndicats.”

Les syndicats font également campagne contre la stigmatisation à laquelle sont confrontés les travailleurs dont le test COVID-19 est positif au sein des communautés où ils vivent.

Ambatovy est une entreprise d’extraction de nickel et de cobalt à Madagascar qui est un partenariat entre trois sociétés : Sherritt International Corporation du Canada, Sumitomo Corporation du Japon et Korea Resources Corporation de Corée.

COVID-19 : mineurs diagnostiqués positifs lors de la reprise du travail dans les mines sud-africaines

D’autres provinces font état de résultats similaires. C’est le cas des mines de platine situées à Burgersfort, dans la province du Limpopo, où plus de 50 travailleurs ont été contrôlés positifs au COVID-19 lors de la reprise des activités faisant suite à l’assouplissement de la réglementation nationale en matière de COVID-19, confirmant des transmissions communautaires pendant le confinement démarré le 26 mars.

De même, 19 travailleurs ont été diagnostiqués positifs à la réouverture de la mine de platine Marula, et 30 autres, à la mine Dwarsrivier.

Des travailleurs ont également été diagnostiqués positifs à la mine de platine Modikwa, où l’affilié à IndustriALL Global Union, le syndicat national des mineurs (National Union of Mineworkers, NUM) a alerté sur la poursuite de l’utilisation des alcootests et des systèmes biométriques.

Phillip Mankge, Secrétaire régional de la section nord-est du NUM, a déclaré:

« Les responsables des mines auraient dû écouter les conseils des syndicats sur l’application des règlements en matière de dépistage et de tests de dépistage, ainsi que sur la mise à disposition des mineurs de moyens de transport de leurs lieux de résidence à leurs lieux de travail par les employeurs. Le NUM s’oppose à l’approche générale décidée par le ministère des Ressources minérales et de l’Energie. Chaque mine aurait dû recevoir des directives de mise en place de mesures préventives avant d’obtenir l’autorisation de rouvrir. »
 
Glen Mpufane, Directeur en charge du secteur minier à IndustriALL, a indiqué:

Les compagnies minières doivent se plier aux protocoles stricts établis dans le cadre de la COVID-19 en matière de santé et de sécurité pour le dépistage et les tests de dépistage des travailleurs afin d’éviter que les mines et les communautés minières ne deviennent des nids à COVID-19. »

Depuis l’annonce du confinement, le NUM s’est battu contre le non versement des salaires par certaines mines au prétexte de non travail pendant la fermeture des mines ainsi que contre les violations du confinement par d’autres mines ayant continué à fonctionner en violation des règlements interdisant l’exploitation minière. Les syndicats exigent également le versement de l’intégralité des salaires dans les mines comme la mine Kimberley Ekapa où les salaires ont été réduits de 33%.

Le NUM s’est également battu pour les droits des travailleurs lorsque certaines entreprises, comme Kangra et Zululand Anthracite Colliery, établies dans la province du KwaZulu-Natal, ou Village Main Reef, située dans la province du Nord-Ouest, ont tenté d’utiliser le confinement pour licencier des travailleurs.

Les syndicats ont mené des campagnes de prévention contre l’infection et l’exposition au coronavirus, notamment pour les travailleurs traités contre la tuberculose et ceux prenant des médicaments antirétroviraux contre le VIH et le sida, qui sont des maladies courantes chez les mineurs d’après le syndicat.

Selon les statistiques publiées le 24 mai par le ministère de la Santé, le bilan national s’établissait à 22 583 infections, 11 100 rétablissements et 429 décès.

La prime de congé religieux ne doit pas être reportée

Suivant la législation indonésienne, les employeurs doivent payer un mois de THR aux travailleurs qu'ils emploient depuis plus de 12 mois. La prime doit être versée sept jours avant les grandes fêtes des six religions : islam, protestantisme, catholicisme, hindouisme, bouddhisme et confucianisme.

Le 12 mai, les dix affiliés d'IndustriALL Global Union en Indonésie ont adressé au ministère de la Main-d’œuvre une lettre de protestation demandant au gouvernement d'annuler la décision autorisant le report de la THR pour les travailleurs.

Qualifiant cette circulaire d'inhumaine, le président du Conseil d'IndustriALL pour l'Indonésie, Iwan Kusmawan, estime que les travailleurs ont déjà subi les fermetures d'entreprises causées par le Covid-19 et que certaines ne perçoivent que 50 pour cent de leur salaire.

"Le report de la THR avant l'Aïd el-Fitr est inhumain et c'est un coup dur. Les syndicats et les employeurs ne jouent pas à armes égales dans la négociation, les seconds ayant ainsi plus de latitude pour justifier le non-paiement de la THR pendant la crise sanitaire, ce qui va doublement pénaliser les travailleurs."

Le responsable de l'action militante du Syndicat indonésien des travailleurs de la chimie, de l'énergie et des mines CEMWU, Saeful Anwar, déclare :

"Cette circulaire va à l'encontre des intérêts des travailleurs pendant la crise du Covid-19. Les statistiques officielles font état de la disparition de 2,8 millions d'emplois à ce jour; le ministère de la Main-d’œuvre doit assumer ses responsabilités et protéger les droits et les prestations des travailleurs."

La Secrétaire régionale d'IndustriALL, Annie Adviento, exhorte le gouvernement indonésien à réexaminer la circulaire et obliger les employeurs à payer immédiatement la THR.

"Des milliers de travailleurs de syndicats affiliés à IndustriALL, en particulier ceux qui travaillent dans le textile, l'habillement, la chaussure et le cuir, ont été licenciés ou mis en congé à cause du Covid-19. Il est temps que les employeurs indonésiens assument leurs responsabilités et préservent le gagne-pain des travailleurs de ce pays.