La crise de la sécurité dans les mines d'Inde nécessite la ratification de la convention 176 de l'OIT

Quatre travailleurs contractuels sont morts et cinq autres ont été grièvement blessés le 2 juin dans la mine à ciel ouvert de Godavarikhani, de la compagnie Singareni Collieries Company Limited (SCCL), à Telangana. Ces accidents se sont produits lors d'opérations de dynamitage. D'après des sources syndicales, six travailleurs de la SCCL sont morts pendant le confinement du Covid-19.

Un conducteur d'engin a été tué dans la mine à ciel ouvert de Rajapur, de la compagnie Bharat Coking Coal Limited, le 29 mai.

Le 27 mai, un accident s'est produit au projet Dudhichua de la Northern Coalfields Limited lorsqu'une machine est tombée sur un tombereau de chantier. D'après le syndicat, un accident similaire était survenu quelques jours plus tôt par non-respect des normes de sécurité.

Un travailleur a été tué et deux autres blessés le 25 mai à la mine de Parascole, de la Kajora Area in Eastern Coalfields Limited, dans l'effondrement d'une voûte.

Le 22 mai, un travailleur contractuel est décédé tandis que quatre autres ont pu s'échapper indemnes pendant qu'ils dégageaient un puits obstrué dans un charbonnage de la Steel Authority of India Limited à Chasnala. Une enquête interne a été ouverte et trois cadres ont été suspendus dans l'attente de ses conclusions.

Un travailleur a été écrasé par un tombereau, le 19 mai, au projet de Nandgaon de la Western Coalfields Limited.

Un travailleur de la mine à ciel ouvert de la Mahanadi Coalfields Limited, à Ananata, a été tué le 3 mai alors qu'il faisait le plein de diesel d'un engin de terrassement.

Nathulal Pandey, le président de la Hind Khadan Mazdoor Federation, et S Q Zama, le secrétaire général de l'Indian National Mineworkers Federation, ont déclaré :

“Une pénurie de main-d’œuvre, des objectifs de production élevés, une absence de planification de l'extraction du charbon, l'externalisation de la production charbonnière, l'engagement en grand nombre de travailleurs en sous-traitance sans formation dans des secteurs difficiles, une utilisation partielle des budgets de la sécurité depuis trois ans, un manque d'équipement de sécurité pour tous les travailleurs et le laisser-aller dans la sécurité provoquent encore des accidents qui pourraient être évités et des décès de travailleurs dans les mines de la CIL et de la SCCL.

“Le gouvernement veut favoriser l'exploitation commerciale et privatiser la CIL, ce qui pourrait encore aggraver la situation.”

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan déclare :

“Ces accidents mortels mettent en lumière la crise de la sécurité dans les mines indiennes et le gouvernement ne peut plus faire la sourde oreille. Nous répétons que, avant que d'autres vies soient perdues, il est urgent que l'Inde ratifie la convention C176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines.

“Il faut que la législation nationale soit conforme à la C176 et que les syndicats soient associés à la prise de décision pour mettre en place une culture de la sécurité robuste dans les mines d'Inde.”

Mettre fin à la violence sexiste en pleine pandémie

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“On a signalé une augmentation des incidents concernant violence et harcèlement à l’encontre du personnel des services de première ligne. Des travailleurs et travailleuses informels nous ont également dit avoir été confrontés à une violence accrue de la part des autorités. Pour de nombreuses femmes, rester à la maison ne signifie pas rester en sécurité. Celles qui ont perdu leur emploi et les femmes qui travaillent à domicile sont toutes exposées à des risques accrus de violence domestique. Les mesures de confinement ont eu pour effet de cloîtrer des femmes avec des partenaires violents. Au cours des négociations de la C190, nous avons parlé de tout cela et de ce qui serait nécessaire pour garantir que l’instrument fournisse des moyens d’y faire face,”

a indiqué Marie Clarke, Secrétaire-trésorière du Congrès du travail du Canada

“Lorsque les femmes sont confrontées à de la violence domestique, ce n’est que sur leur lieu de travail qu’elles peuvent obtenir une forme de soutien. Elles veulent pouvoir parler à quelqu’un de leurs problèmes et elles peuvent le faire sur leur lieu de travail. C’est là que nous pouvons leur apporter le soutien nécessaire, nous devons trouver la solution avec elles, nous devons les mettre en contact avec les services compétents. […] C’est sur le lieu de travail qu’elles trouvent la force de lutter contre la violence domestique. Si vous considérez la C 190 et si vous écoutez les expériences des femmes, l’importance du lieu de travail est très claire et c’est pourquoi nous devons leur apporter le plus grand soutien possible,”

a confié Sheela Naikwade, Vice-présidente du MSTKS (Inde).

“Nous parlons d’équilibre des pouvoirs. Si en tant que travailleuses nous sommes confrontées à la violence, c’est parce que nous avons moins de pouvoir. En gardant cela à l’esprit, nous devons continuer à nous organiser syndicalement. Nous devons conserver l’unité de notre communauté, de nos adhérentes syndicales, pour nous protéger, pour renforcer notre pouvoir.”

“Je voudrais appeler tous les syndicats, dirigeants et recruteurs à se pencher sur cette question de la discrimination, à continuer à organiser des formations et à aider nos membres et travailleuses à réfléchir sur notre propre discrimination existante et à lutter contre elle afin que nous puissions lutter contre la violence et les abus de pouvoir en ces temps de Covid-19” a déclaré Fish Ip, de la Fédération internationale des travailleurs domestiques (FITD).

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Les travailleurs de Schlumberger ont été reconnus

Sur les quelque 900 travailleurs que Schlumberger emploie dans ses différents sites au Pakistan, seuls environ 320 sont permanents et 580 sont des travailleurs contractuels.

Parmi ces derniers, beaucoup travaillent pour l’entreprise depuis plus de dix ans dans des conditions généralement très difficiles. Ils effectuent le plus souvent de longues heures, dans des champs pétrolifères parfois éloignés où ils peuvent être exposés à des groupes armés.

Contrairement aux travailleurs permanents, ils ne connaissaient pas de sécurité d’emploi, étaient moins bien payés et ne bénéficiaient pas de primes et d’avantages. Ils étaient menacés d’être affectés dans des sites plus éloignés à chaque fois qu’ils demandaient le respect de leurs droits.

En février, Ahmed Nawaz Khan, un travailleur contractuel, est décédé au travail. Malgré la reconnaissance officielle de la survenue de sa mort dans le cadre de ses fonctions, la direction refuse de verser à sa famille l’indemnisation qu’elle lui doit.

Aussi, dans un contexte de déni continu de leurs droits, les travailleurs contractuels se sont adressés à la Fédération des employés du pétrole et du gaz du Pakistan (All Pakistan Oil & Gas Federation, APOGEF), affiliée à IndustriALL, pour les aider à former un syndicat. IndustriALL a appelé Schlumberger à respecter les droits syndicaux, à fournir des indemnisations appropriées, à se conformer au droit du travail et à régulariser les travailleurs contractuels.

L’enregistrement, en mai 2020, du syndicat auprès de la Commission nationale des relations du travail a permis aux travailleurs de progresser significativement vers la réalisation de leur droit à la liberté syndicale.

Malik Abdul Hameed, Secrétaire général du syndicat des travailleurs de Schlumberger au Pakistan, a déclaré :

"Nous avons enregistré notre syndicat grâce à la lutte résolue de nos membres. Nous exprimons notre gratitude à APOGEF et à IndustriALL pour leur précieux soutien.

"À l’heure actuelle, tous les membres du syndicat sont des travailleurs contractuels qui souhaitent s’engager dans la négociation collective et le dialogue social afin d’obtenir des conditions de travail décentes."

IndustriALL Global Union félicite les travailleurs de Schlumberger et leur syndicat national APOGEF pour leur lutte déterminée pour la dignité, le respect des droits fondamentaux et la reconnaissance syndicale. C’est la meilleure façon de protéger et de promouvoir les droits et les intérêts des travailleurs.

Schlumberger est l’un des principaux fournisseurs mondiaux de services pétroliers comprenant le forage, la production et le raffinage. L’entreprise est présente dans plus de 120 pays et emploie 103 000 personnes.

L'accord mondial avec Renault implique une négociation de la restructuration

Le 29 mai, Renault a annoncé un plan d'économies de 2 milliards € qui entraînera la perte de près de 15.000 emplois dans le monde et la restructuration de ses usines. Le site de Choisy-le-Roi, près de Paris, fermera définitivement, avec la disparition de 263 emplois.

Action de protestation à Choisy-le-Roi

Cette annonce est dévastatrice pour les loyaux travailleurs de Renault et leurs familles, qui avaient cru à leur avenir au sein de l'entreprise. Elle frappe aussi les communautés locales et les travailleurs des sous-traitants, et ajoute à l'incertitude croissante quant à l'avenir du secteur. IndustriALL Europe a appelé les décideurs européens à prendre conscience de l'importance du secteur pour sortir de la crise du coronavirus.

Les quatre affiliés d'IndustriALL représentant les travailleurs de Renault en France – CFE-CGC, FO, CFDT et CGT – se sont réunis le 27 mai et le 2 juin pour réagir ensemble au "projet de casse sociale et de désindustrialisation" de la direction. Après un appel commun des organisations syndicales, les travailleurs de Choisy-le-Roi se sont mis en grève le 2 juin.

Action de protestation à Choisy-le-Roi

Il y a environ sept ans que l'alliance Renault-Nissan, que Mitsubishi a rejointe en 2016, a entamé une stratégie de croissance agressive. Il y a moins de deux ans que l'ancien P-DG de Renault, Carlos Ghosn, a été arrêté au Japon, ce qui a entraîné une crise profonde au sein de l'alliance entre Renault et Nissan et une situation chaotique dans la direction des deux firmes avec, à la clé, des fermetures d'usines Nissan également.

Et il n'y a qu'une semaine que l'alliance a annoncé les suppressions d'emplois et les fermetures d'usines et, plutôt que de croissance, elle parle maintenant de "redimensionnement", un euphémisme d'école de commerce pour éviter de dire décroissance et échec d'un modèle de gestion.

Heureusement, l'avenir de l'industrie automobile est un sujet auquel le mouvement syndical s'intéresse de très près, et lorsque le malheur frappe, nous sommes prêts. Il y a moins d'un an, Renault et IndustriALL Global Union ont signé un accord mondial qui fera jurisprudence s'agissant de la transition vers un nouveau monde du travail chez le constructeur français.

Signature de l'accord avec Renault en 2019

Au point 1 de l'accord, le groupe Renault confirme sa responsabilité sociale et son engagement à faire en sorte que les salarié(e)s aient les outils et les conditions pour relever les défis du changement et de la transformation.

Renault a annoncé que les suppressions d'emplois seront chose faite fin 2022. Le groupe s'efforcera de recourir "à la reconversion, à la mobilité interne et aux départs volontaires", mais 4.600 emplois disparaîtront en France et plus dans 10.000 dans le reste du monde, sur un total mondial de 180.000.

Dans l'accord, Renault s'engage à négocier avec les syndicats et les représentants du personnel dans tous les pays du monde. Ce sont les mots "tous les pays" qui donnent à l'accord son importance cruciale. Souvent, les multinationales mènent leurs processus de restructuration de manière socialement responsable dans leur pays d'origine, mais pas ailleurs. Le comité d'entreprise mondial de Renault fonctionne depuis plus de dix ans et il a maintenant l'occasion d'élever le dialogue social transnational d'un cran.

Pour cela, la démarche doit être triple : des consultations régulières avec le comité directeur du comité d'entreprise mondial, de la transparence, et une négociation et un dialogue constructifs à l'échelon national dans tous les pays affectés par la restructuration avec la participation pleine et entière des syndicats concernés.

C'est un nouveau coup terrible pour l'industrie, mais si les engagements de l'accord sont tenus, son impact négatif pourra être atténué, et nous pourrons faire en sorte que la restructuration se fasse de manière socialement responsable.

Le syndicat intervient pour libérer des mineurs d’un camp de quarantaine de Covid-19

Bien que l’entreprise affirmait que la quarantaine faisait partie des efforts pour arrêter la propagation du coronavirus parmi les travailleurs, le MUZ est d’avis que les travailleurs ne devaient pas être forcés à rester dans ce camp loin de leurs familles.

Selon le syndicat, les conditions de vie, qui comportent des dortoirs et des toilettes partiellement ouvertes, portent atteinte à la vie privée et sont une insulte à la dignité des travailleurs. Ceux-si se sont également plaints d’une mauvaise alimentation.

 

Le MUZ a rencontré la direction de la mine et a conclu un accord pour que les travailleurs puissent rentrer chez eux. La mine assurerait le transport aller-retour au travail pour les différentes équipes.

Joseph Chewe, Président du MUZ, a déclaré lors d’une réunion avec les travailleurs :

“En tant que syndicat, il est de notre devoir de nous exprimer au nom des mineurs contre tout mauvais traitement. Nous applaudissons votre unité dans le rejet des terribles conditions de vie qui vous ont été imposées par la direction et nous avons dit à la mine de cesser de forcer les travailleurs à vivre dans le camp.”

En dépit de cet accord, la direction a distribué des “formulaires de demande de quarantaine” pour inciter les travailleurs à rester dans le camp. Le formulaire comprend la promesse de fournir de la nourriture et une allocation de 1,500 K (82 dollars) aux travailleurs qui acceptent de continuer à vivre dans le camp.

Certaines clauses du formulaire que les travailleurs sont censés signer ne tiennent pas compte des droits des travailleurs tels que protégés par la loi, y compris contre les licenciements sommaires.

Par exemple, une section précise : “Je reconnais que je ne peux pas quitter le camp ou me retirer du camp sans l’approbation de la direction, car cela se transformerait en renvoi sans préavis.”

Glen Mpufane Directeur de la section des mines d’IndustriALL, indique :

“Ces mineurs ne doivent en aucun cas être contraints de vivre dans des conditions aussi déplorables. Les compagnies minières ont la responsabilité de respecter les droits de l’homme et les droits des travailleurs, ce qui implique de leur fournir des logements et des installations sanitaires corrects.”

Sur les plus de 2.500 travailleurs employés à la mine de Chambishi, 1.450 sont membres du MUZ.

La mine et sa fonderie de cuivre sont détenues conjointement par la China Non-ferrous Metals Company Limited (85 %) et la Zambia Consolidated Copper Mines Limited (15 %).

Autriche : les travailleurs de l’industrie chimique unissent leurs forces pour obtenir un accord équitable

PRO-GE, affilié à IndustriALL Global Union, mène les négociations en collaboration avec un autre syndicat autrichien, GPA-djp. Les deux syndicats ont uni leurs forces pour lutter contre la position déraisonnable des employeurs de l’industrie chimique.

Les responsables des équipes de négociation de PRO-GE et de GPA-djp, respectivement Alfred Artmäuer et Günther Gallistl, ont déclaré conjointement :

« Alors que le coronavirus nous force à nous distancier physiquement, les travailleurs de l’industrie chimique se rapprochent. »

Les employeurs du secteur chimique demandent à 45 000 travailleurs d’accepter une baisse de leurs salaires réels et de leurs avantages sociaux, en consentant à une augmentation du salaire nominal de 1,45%, soit à une hausse salariale inférieure à l’augmentation du taux d’inflation.

Selon les négociateurs syndicaux, les travailleurs paient déjà de deux façons la gestion de la crise économique actuelle causée par la pandémie. D’une part, par le travail à temps partiel abondamment utilisé pour faire face au ralentissement économique. D’autre part, par leurs impôts qui permettent de financer largement ce dispositif exceptionnel mis en place par le gouvernement ainsi que les mesures publiques de stimulation économique. Les travailleurs ne veulent pas d’une réduction des revenus comme troisième voie pour payer les conséquences de la pandémie.

Alors qu’il leur est demandé de réduire leurs salaires, les travailleurs de l’industrie chimique voient les actionnaires continuer de recevoir leurs dividendes. Par ailleurs, les négociateurs syndicaux ont rappelé aux employeurs la performance exceptionnellement bonne du secteur en 2019.

Le 4 juin, les syndicats organiseront des assemblées de travailleurs, qui comprendront une formation en matière de grève, à Vienne et à Linz. Ces réunions décideront des prochaines mesures qui devront être prises si les employeurs n’améliorent pas considérablement leur offre.

Le 19 mai, les partenaires sociaux autrichiens de l’industrie électronique ont conclu un accord sectoriel prévoyant le versement à chaque travailleur de « primes spéciales liées au coronavirus » exonérées de taxe et une augmentation salariale de 1,6 %. Cette industrie emploie plus de 50 000 travailleurs, également représentés par PRO-GE et GPA-djp.

Le directeur chargé du secteur chimique à IndustriALL Global Union, Tom Grinter, a exprimé sa solidarité avec les travailleurs autrichiens:

« Il est formidable de voir l’énergie déployée par nos collègues syndicaux qui se mobilisent à l’extérieur de leurs usines à travers l’Autriche, refusant d’être escroqués. Nous vous soutiendrons jusqu’à ce que vous concluiez un accord équitable ! »

Un projet de loi antisyndicale menace le mouvement syndical en Ukraine

Le 27 mai, la commission parlementaire sur la politique sociale et la protection des anciens combattants a examiné le projet de loi n° 2681 et recommandé au parlement de l'adopter en première lecture à sa session de la semaine prochaine.

Ce projet de loi est contraire à la Constitution ukrainienne, aux conventions fondamentales de l'OIT, dont la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la convention 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective, et il contrevient à l'Accord d'association UE-Ukraine.

En l'état actuel, ses dispositions compromettraient sérieusement la liberté syndicale en Ukraine en n'autorisant que deux syndicats par entreprise; en fixant un seuil minimum de dix adhérents par organisation syndicale, privant ainsi les travailleurs des petites entreprises du droit de constituer un syndicat ou d'y adhérer; en autorisant la création de "commissions de contrôle" externes exerçant des prérogatives non précisées sur les syndicats; en excluant de la négociation collective les syndicats ayant parmi leurs adhérents du personnel "de gestion", ce terme n'étant pas défini, ce qui permet une interprétation large et de refuser de négocier avec des syndicats ayant parmi leurs membres du personnel d'encadrement occasionnel mais sans pouvoir de décision dans la gestion. Le projet de loi supprime l'obligation pour l'employeur de fournir aux syndicats des informations relatives à la négociation collective dans la semaine suivant sa demande; il atténue les obligations en matière de dialogue social tripartite et permet la saisie d'avoirs qui sont la propriété des syndicats depuis près de 30 ans, depuis l'indépendance de l'Ukraine. 

Dans sa lettre au Président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, écrit :

“Nous tenons à vous rappeler qu'au milieu de la crise du Covid-19, la démocratie, avec ses règles et sa gouvernance, sont cruciales pour surmonter les défis actuels. Les syndicats sont les acteurs essentiels de la mise en place et du développement des infrastructures démocratiques de votre pays, comme partout ailleurs dans le monde. Je vous exhorte à créer le nécessaire contexte propice qui permettra aux organisations syndicales de fonctionner comme il se doit, plutôt que de leur faire obstacle”.

“Notre syndicat mondial attend de vous que vous fassiez passer les droits et les attentes de la population en premier, avant ceux des entreprises et les intérêts économiques”.

“IndustriALL appelle le Président de l'Ukraine à révoquer ce projet de loi sans plus de retard et à agir dans le respect total des conventions internationales du travail que l'Ukraine a ratifiées, et de l'Accord d'association UE-Ukraine”.

Au départ, le projet de loi a été déposé au parlement en décembre 2019, en même temps que le projet de loi anti-travailleurs n° 2708, dans le cadre de la réforme du droit du travail. Après une action mondiale de solidarité appuyant une mission d'une fédération syndicale internationale à Kiev en février, le projet de loi n° 2708 avait été abandonné à la suite de la démission du gouvernement.

Une syndicaliste cambodgienne libérée de prison

Le syndicat cambodgien Collectif syndical du mouvement des travailleurs (CUMW) s’est battu pour faire libérer la Présidente de sa section locale, soutenu par une campagne de LabourStart et la solidarité internationale.

Le Président du CUMW, Pav Sina, a indiqué :

“Bien que nous nous félicitions de cette libération, le CUMW souligne que le gouvernement doit abandonner toutes les enquêtes sur Soy Sros. Superl Cambodia Ltd doit immédiatement la réintégrer avec un salaire rétroactif complet, des prestations et une indemnisation pour les dommages subis.

Nous demandons à l’entreprise de respecter la liberté d’expression de la dirigeante syndicale et son rôle de représentante des travailleurs.”

Au beau milieu de l’épidémie de coronavirus et des fermetures d’usines, Soy Sros se battait pour les droits des membres du CUMW, dont une femme enceinte, car Superl Cambodia Ltd. a annoncé que leurs contrats de travail ne seraient pas renouvelés le 2 avril.

Critiquant l’entreprise sur Facebook pour ne pas avoir suivi les conseils du Premier ministre cambodgien concernant le licenciement des travailleurs, Soy Sros a été arrêtée le jour suivant.

IndustriALL Global Union a envoyé des courriers à Superl Cambodia Ltd et aux enseignes produisant dans l’usine, demandant à toutes les parties de respecter la liberté d’expression de la dirigeante du CUMW et de retirer le rapport de police. Une campagne internationale demandant sa libération a été lancée le 15 mai.

Annie Adviento, Directrice régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“IndustriALL s’est montrée très inquiète de la détérioration de la santé de Soy Sros pendant sa détention. Elle a désormais accès à un traitement médical approprié. Le droit à la santé est un droit humain fondamental.

Nous remercions chacun d’entre vous dans le monde entier pour vos actions de solidarité ; la libération de Soy Sros montre que nous pouvons changer les choses lorsque nous sommes unis.”

Les travailleurs au Pérou et au Chili contestent la réponse de BHP à COVID-19

Le réseau d’employés de BHP en Amérique latine s’est réuni virtuellement pour échanger des informations sur la façon dont l’entreprise réagit à la pandémie de coronavirus dans les différentes usines qu’elle détient dans la région. Il en est résulté un tableau plutôt mitigé.

Au Pérou, les travailleurs syndiqués à Antamina (une coentreprise entre BHP, Glencore, Teck Resources et Mitsubishi Corporation) ont signalé une absence totale de véritable dialogue. Selon eux, 216 travailleurs auraient été diagnostiqués positifs à COVID-19 dans une seule mine, employant 7 000 travailleurs, et la première personne à mourir de la maladie à coronavirus dans le pays aurait été un travailleur employé à Antamina.

Edmundo Villanueva, membre de la Fédération minière péruvienne FNTMMSP, a déclaré :

« Antamina ignore le plus souvent les recommandations que notre syndicat lui envoie par courrier. S’agissant de la COVID-19, l’entreprise n’a pas respecté la situation d’urgence nationale, ce qui a provoqué une contagion généralisée. La direction continue de ne pas respecter la convention collective, et nous voyons la même chose se produire avec la pandémie. Les conséquences sont également graves pour les communautés qui vivent à proximité de l’entreprise du fait qu’elle ne protège pas les gens. »

Néanmoins, au Chili, où les ressources sont exploitées directement par BHP, les syndicats ont forcé l’entreprise à prendre la sécurité des travailleurs très au sérieux :

« Très peu de cas ont été enregistrés à ce jour. C’est parce que les syndicats font pression sur l’entreprise pour qu’elle respecte les mesures de santé et de sécurité. En tant que syndicat représentant les travailleurs à la mine Spence, nous avons dû cesser de travailler pendant 24 heures pour obliger BHP à respecter certaines mesures de sécurité nécessaires et établir des procédures claires pour le signalement des cas suspects. Nous mettons de côté nos différences afin de collaborer sur des mesures de sécurité pour les travailleurs »,

a indiqué Ronald Salcedo, membre du syndicat chilien représentant les travailleurs à la mine  Spence.

Cependant, les syndicats accusent l’entreprise de se livrer à d’autres comportements douteux. Par exemple, elle négocie très peu avec les syndicats, n’embauche que des travailleurs n’ayant aucun problème de santé préexistant et a décidé de modifier ses horaires de travail.

Marcelo Franco, membre du CMCC, syndicat n° 1 de la mine de Cerro Colorado, a commenté:

« L’entreprise a profité de la situation en exerçant, par exemple, son pouvoir sur les travailleurs pour changer les quarts de travail. Désormais, les heures de travail se situent au-dehors de notre horaire de travail exceptionnel. On doit commencer le travail à 7h du matin pour pouvoir ajuster la production et produire en continu pendant les heures de travail. Dans le même temps, face aux conditions de santé différentes de nombreux travailleurs, l’entreprise a indiqué que seuls les travailleurs n’ayant pas été malades pendant les six mois précédant leur réintégration pouvaient reprendre le travail. »

Selon Glen Mpufane, Directeur pour le secteur de l’extraction minière et la production de diamants, de pierres précieuses, d’ornements et de bijoux à IndustriALL, et responsable de la campagne exhortant BHP à respecter les droits de ses travailleurs:

« La crise a mis en lumière la faiblesse du modèle d’emploi de BHP. Pour accroître la résilience de la compagnie, BHP doit s’engager dans un dialogue social global, développer des relations de travail solides et fournir un travail décent dans le contexte de la nouvelle normalité. »

Antisyndicalisme chez Sunstar Engineering en Thaïlande

Au début de l'année, Sunstar Engineering employait plus de 300 titulaires et 80 intérimaires. La majorité des titulaires, soit 179 travailleurs, étaient affiliés au Syndicat des travailleurs des pièces pour autos et de la métallurgie de Thaïlande (TAM), affilié à la Confédération thaï des travailleurs de l'électronique, des dispositifs électriques, de l'auto et de la métallurgie (TEAM) et à la Confédération des travailleurs de l'industrie de Thaïlande (CILT), cette dernière étant affiliée à IndustriALL Global Union.

Il y a peu, Sunstar Engineering a licencié 94 titulaires et tous ses 80 intérimaires, invoquant la pandémie de Covid-19 et un carnet de commandes vide. Tous les 94 travailleurs permanents licenciés sont syndiqués et ont été licenciés sans avertissement. Aucune autre solution, comme le départ volontaire à la retraite anticipée, n'a été envisagée.

La direction a aussi licencié cinq travailleurs siégeant au comité des travailleurs sans avoir demandé l'autorisation de la juridiction du travail, ce qui est une violation flagrante de la Loi sur les relations du travail.

Selon le syndicat, contrairement aux dires de Sunstar Engineering, l'entreprise a été bénéficiaire ces dernières années. Après un arrêt temporaire de la production une partie du mois d'avril, Sunstar Engineering a recommencé à produire à plein régime en mai.

Selon le syndicat toujours, il ne s'agit pas du premier cas d'action antisyndicale. Le directeur des ressources humaines de Sunstar Engineering avait prévenu des syndicalistes qu'ils risquaient d'être licenciés. En outre, la direction avait fait signer par son personnel syndiqué un document disant que l'employeur ne déduirait plus automatiquement les cotisations syndicales de leurs salaires.

Cette mesure d'intimidation, une autre violation incontestable de la Loi sur les relations de travail, a eu pour effet que 35 travailleurs ont quitté le syndicat le 22 mai. Après le départ d'autres adhérents, le syndicat compte maintenant moins de 20 membres.

Avec la CIS et d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL a exprimé de vives préoccupations devant les violations des droits au travail commises en Thaïlande, notamment la liberté d'association, le droit d'organisation et le droit de négocier collectivement. La Thaïlande est l'un des rares pays au monde à ne pas avoir ratifié la convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale ni la convention 98 sur le droit d'organisation et de négociation collective.

En octobre de l'an dernier, les États-Unis ont annoncé qu'ils suspendraient partiellement les avantages commerciaux dont jouit la Thaïlande dans le cadre du Système généralisé de préférences (GSP). Cette suspension de six mois est censée donner la possibilité au gouvernement thaïlandais de prendre les mesures nécessaires pour protéger les droits fondamentaux des travailleurs. Quoi qu'il en soit, rien de sérieux n'a été fait pour résoudre la plupart des problèmes.

IndustriALL Global Union exhorte le gouvernement à remédier sans réserve à tous les points soulevés dans le réexamen du GSP, en concertation avec les organisations syndicales légitimes et représentatives, jugeant frustrant que la campagne antisyndicale se poursuive et que le gouvernement n'ait toujours pas pris les mesures nécessaires.