Alcoa menace de fermer une usine aux Etats-Unis

L’affilié américain à IndustriALL Global Union, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatial (IAM), se bat pour les 600 membres qu’elle représente à l’usine d’aluminium implantée à Ferndale et propriété d’Alcoa, devant les conséquences graves qu’aura la fermeture de l’usine sur les moyens d’existence des travailleurs.

L’usine produit de l’aluminium utilisé dans l’industrie manufacturière, aérospatiale et automobile, ainsi que pour fabriquer des ventilateurs, des lits d’hôpitaux et autres équipements médicaux vitaux, dont la fourniture est plus importante que jamais durant la crise actuelle de la COVID-19.

L’IAM a soulevé la question avec le Président Trump, appelant la Maison Blanche à utiliser tous les moyens nécessaires pour sauver l’usine d’importance stratégique.

"En plus de nous assurer que nos membres reçoivent toute l’aide possible pendant cette fermeture, nous n’avons pas renoncé à sauver ces emplois et cette industrie d’une importance cruciale",

a déclaré le président international d’IAM, Robert Martinez Jr.

"Notre syndicat défend depuis longtemps l’idée que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir, en tant que nation, pour soutenir la production manufacturière nationale. Nous ne pouvons pas dépendre des importations en approvisionnements essentiels comme l’aluminium, surtout en cas de conflit ou en situation d’urgence nationale."

Dans une lettre de solidarité adressée à l’IAM, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, exhorte également Alcoa à reconsidérer sa décision malavisée de fermer l’usine américaine.

"Nous soutenons et saluons pleinement les initiatives d’IAM, ainsi que des différents partenaires, dans la recherche de la coopération des autorités locales, étatiques et fédérales, en les appelant à adopter les changements politiques nécessaires pour trouver un repreneur de l’usine détenue par Alcoa Intalco.

"Nous sommes solidaires du combat mené par nos collègues représentés par IAM à l’aluminerie de Ferndale, détenue par Alcoa Intalco, pour trouver une solution qui permettra de sauver cette usine d’importance stratégique ainsi que les emplois."

Alcoa, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’aluminium, a récemment annoncé la fermeture d’un site en Espagne. L’entreprise invoque la chute des prix de l’aluminium en raison de la surproduction chinoise et de l’impact de la pandémie de la maladie à coronavirus.

Les travailleurs du papier indonésiens en lutte pour leurs emplois

Les travailleurs qu'emploie PT Tanjungenim Lestari sur le site de Tarahan Bandar Lampung, en Indonésie, sont membres du Tarahan Tuks Telecommunications Union, un syndicat affilié à la Fédération indonésienne des syndicats de la pâte et du papier (FSP2KI). Alors qu'ils occupent le même poste depuis vingt ans pour certains, ces travailleurs ont pour employeur direct une firme sous-traitante.

La gestion du personnel a été externalisée pour la première fois en 2000, à Dwi Daya Sentra Prakasa (PT DDSP) d'abord puis, depuis 2010, à une autre entreprise, la PT Kaliguma Transindo. Le sous-traitant externalisé a changé, mais les travailleurs ont continué à faire le même travail et sont restés syndiqués.

Au début du mois, le contrat pour la mise à disposition de personnel a été repris par une troisième firme du nom de PT Kamigumi. Le syndicat, appuyé par IndustriALL Global Union, veut que tout le personnel conserve son emploi et que les contrats soient transférés au nouveau prestataire.

 

Si ce n'était pas le cas, il s'agirait incontestablement d'une manœuvre antisyndicale, l'employeur usant de la situation pour procéder à de nouvelles embauches de travailleurs non syndiqués. Les travailleurs ont installé des piquets de grève sur le site et exigent de récupérer leurs emplois. Cette revendication est d'autant plus urgente dans le contexte de la pandémie de Covid-19.
Dans une lettre à PT Tanjungenim Lestari, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, écrit :

“Quelle que soit la firme externalisée qui paie leurs salaires, après vingt ans de travail pour votre entreprise, ces gens méritent le respect et que leur emploi soit garanti par votre direction. C'est là une norme et une convention internationales.”

Dans une autre lettre à la PT Kamigumi Indonesia, Valter Sanches écrit :

“Nous attendons de votre direction qu'elle respecte le droit de ces travailleurs de conserver leur emploi.”

Et le message de Valter Sanches à la FSP2KI est le suivant :

“Restez forts, restez unis, et sachez que vos camarades de syndicats de nombreux pays sont à vos côtés jusqu'à ce que vous obteniez la sécurité d'emploi que méritent vos adhérents.”

La FSP2KI comptent 15.000 membres dans des syndicats de l'industrie de la pâte et du papier des provinces de Riau, Jambi, Sumatra du Sud, Bandar Lampung, Java occidental et Kalimantan. Elle est membre du groupe de travail du secteur de la pâte et du papier d'IndustriALL.

Les mineurs ont reçu une allocation après la grève en RDC

La grève a donné lieu à des négociations avec la direction de la mine, qui ont ensuite abouti au versement d’une allocation spéciale de 600 dollars aux 6.000 mineurs confinés sur le site de la mine pendant la quarantaine. L’entreprise a jusqu’à présent versé 500 dollars à chacun des travailleurs. Les bénéficiaires de l’allocation veulent également être payés pour les heures supplémentaires qu’ils ont effectuées pendant cette période.

Le travail s’est poursuivi à la mine pendant la quarantaine, car l’activité minière est définie comme un service essentiel par la loi congolaise.

Le Secrétariat des Syndicats d’IndustriALL (CSC) et les Travailleurs Unis des Mines, Métallurgies, Énergie, Chimie et Industries Connexes (TUMEC), affiliés d’IndustriALL Global Union, sont au nombre des syndicats qui représentent les plus de 15.000 travailleurs employés à la mine.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL pour les mines, a déclaré :

“Nous soutenons ces syndicats pour qu’ils continuent à se battre pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs avantages sociaux chez TFM. Même en plein milieu de la Covid-19, les mineurs repoussent et combattent les tentatives des patrons de mine visant à saper leurs droits et leurs avantages.

Sous couvert de Covid-19, le statut de service essentiel ne doit pas servir à favoriser l’exploitation. Les compagnies minières doivent produire des efforts pour garantir les prestations en faveur des mineurs.”

China Molybdenum, qui est cotée en bourse de Shanghai, possède 80 % des actions de Tenke Fungurume Mining (TFM), le reste étant détenu par l’entreprise publique Gécamines. Le site de TFM renferme l’une des plus grandes réserves de cobalt au monde.

Les affiliés d’IndustriALL travaillent avec d’autres syndicats en vue de recruter davantage de travailleurs de la mine. L’une des stratégies de syndicalisation utilisées par les syndicats consiste à faire campagne pour la sécurité de l’emploi et de meilleures conditions de travail. Environ 12.000 travailleurs de cette mine sont sous statut précaire avec des contrats de courte durée et les syndicats veulent qu’ils obtiennent un emploi permanent.

Les syndicats réclament des indemnités de transport pour permettre aux mineurs de rendre régulièrement visite à leurs familles qui vivent loin de la mine. Les syndicats veulent également que l’entreprise paie des prestations médicales aux travailleurs et à leurs familles.

Avec les premières manifestations de la Covid-19 rapportées en mars, la RDC compte plus de 4.000 cas signalés, avec 96 décès.

Cette fois, la solidarité ne suffira pas

Il ne fait aucun doute que le racisme systémique existe et qu’il est si profondément ancré dans nos sociétés qu’il en est devenu facile de fermer les yeux, surtout s’il ne nous touche pas directement. 

Si se montrer solidaire ne suffit pas, comment les syndicats peuvent-ils faire partie de la solution ?

Au moment de tirer les leçons de ce mouvement mondial, qui a une fois de plus mis en lumière l’injustice raciale, il est temps pour nous de réfléchir également en tant que syndicalistes. Nous devons faire l’introspection de notre propre mode de fonctionnement et de nos propres structures et porter un regard critique sur nous-mêmes si nous voulons prendre part à la solution. 

Nous avons tous constaté le mépris pour la vie des noirs et des personnes racisées par le biais de meurtres injustifiés et d’abus de la part des forces de l’ordre, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier.

Cette crise est une opportunité que nous pouvons choisir de saisir ou d’ignorer. Lutter pour la justice, la responsabilité et les réformes nous est familier ; nous nous battons depuis des centaines d’années et nous savons comment nous battre. Mais ce combat doit commencer de l’intérieur, nous devons nous remettre en question et veiller à ne pas perpétuer au sein de notre mouvement des inégalités qui touchent injustement les minorités.

La déconsidération pour la vie des noirs ne se manifeste pas seulement par des meurtres odieux commis par la police, mais aussi par l’injustice économique ; des politiques économiques qui, de diverses manières, continuent à perpétuer la pauvreté et la violence dans les communautés noires et des personnes racisées.

La crise de Covid-19 a remis en question la valeur du travail et le fait que les emplois essentiels et dangereux soient souvent les moins bien rémunérés. En y regardant de plus près, il est évident que ces emplois mal payés sont occupés de manière disproportionnée par des personnes racisées, par des minorités et par des travailleurs migrants, qui ont été plus durement touchés par cette pandémie.

Trois jeunes filles lors de la marche “Black Lives Matter” à Genève où plus de 10.000 manifestants sont venus, le 9 juin 2020

La beauté de cette lutte « Black lives matter » est qu’elle est beaucoup plus inclusive qu’on ne le pense. Les personnes racisées, les femmes et les jeunes sont en première ligne de cette lutte et comptent parmi nos rangs. Si nous, syndicats, ne sommes pas plus critiques à l’égard de nous-mêmes, nous ne pourrons pas être pertinents pour eux.

Cette génération de jeunes a montré qu’ils comprenaient l’importance de l’unité et l’étendue de sa force. Ils se sentent à la hauteur et comprennent qu’ils peuvent élever la voix suffisamment haut pour être entendus. Nous savons ce qu’est l’unité et nous savons à quel point elle fait notre force, nous en avons fait l’expérience.

Nous sommes une menace directe pour le racisme.

En tant que syndicats, nous avons la responsabilité de lutter de toutes nos forces pour la justice raciale et économique. Non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de nos rangs. Nous avons maintenant le devoir d’effectuer la tâche délicate mais nécessaire de lutter contre le racisme systémique, où qu’il se produise, car nous savons qu’il vise aussi à diviser les travailleurs.

Il est temps que le mouvement syndical mondial s’unisse et lutte contre le racisme partout.

Turquie : MTN Plastik renvoie 26 membres du syndicat

Une majorité suffisante des salariés de l’usine ont exercé leur droit d’adhérer au syndicat DISK Lastik-Is (Syndicat des travailleurs de l’industrie pétrolière, chimique et du caoutchouc de Turquie) et, le 22 mai, le syndicat a demandé au Ministère de la famille, du travail et des services sociaux de certifier officiellement que Lastik-Is a le droit d’entamer des négociations collectives avec MTN Plastik.

Cependant, avec la crise de Covid-19, le gouvernement turc a publié un décret pour suspendre ses services de certification et de négociation collective jusqu’à la mi-juillet. La suspension par le gouvernement du travail fondamental des syndicats en matière de recrutement, de négociation et de grève est similaire à la pratique prévalant pendant la période du coup d’État militaire des années 1980.

Au lieu d’ouvrir un dialogue avec le syndicat, l’entreprise s’en est prise au mouvement de syndicalisation, licenciant 26 travailleurs, mettant des personnes en congé sans solde, menaçant les travailleurs restants d’être placés en congé sans solde ou licenciés s’ils refusaient de quitter le syndicat et créant ainsi une atmosphère générale d’intimidation.

“Cette dure réaction de l’entreprise est inacceptable et notre combat se poursuivra jusqu’à ce que justice soit faite,” a précisé le Président général de Lastik-Is, Alaaddin Sari, qui est également Vice-président de la centrale DISK.

Les travailleurs de MTN Plastik manifestent sur le site pour le droit d’adhérer à un syndicat, qui est inscrit dans la loi turque, les normes fondamentales internationales du travail et les engagements des clients de MTN Plastik en matière de chaîne d’approvisionnement.

Le 8 juin, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a écrit à MTN Plastik pour exiger la réintégration des membres du syndicat licenciés, le respect du droit du travail et l’ouverture d’un dialogue avec Lastik-Is.

“Dès lors que l’intimidation et la diffamation contre les travailleurs syndiqués n’ont pas fonctionné, votre direction a eu recours à des pressions économiques contre les travailleurs. La toute première chose que votre direction a faite a été d’abuser de la pratique des “congés temporaires non payés” comme moyen de punition. Les syndicalistes ont ainsi été contraints de prendre un congé sans solde, avec les difficultés financières que cette situation injuste a engendrées.”

IndustriALL Global Union attend des mesures correctives rapides de la part de la direction de MTN Plastik et, si cela ne vient pas, la fédération syndicale internationale portera l’affaire devant les multinationales qui se fournissent chez MTN Plastik.

L’usine, située dans la ville de Çerkezköy, fabrique des produits en plastique pour les chaînes d’approvisionnement de l’automobile et des appareils ménagers.

Tanzanie: un syndicat stoppe les tentatives de réduction salariale

Les femmes représentent plus de 90% des travailleurs de l’usine de maillots de sport située dans la zone de traitement des exportations de Morogoro. Les salaires mensuels oscillent entre 120 000 et 180 000 shillings tanzaniens (52-78 US$).

La société a déclaré que la fermeture, qui aura lieu du 24 mai au 6 septembre, est due à l’annulation des commandes américaines pour cause de la COVID-19.

L’affilié à IndustriALL Global Union, l’Union des travailleurs industriels et commerciaux de Tanzanie (Tanzania Union of Industrial and Commercial Workers, TUICO), a contesté la décision prise par l’entreprise sans l’avoir consulté.

Le 12 mai, TUICO a déposé une plainte contre l’employeur auprès de la Commission de médiation et d’arbitrage (CMA) de la région de Morogoro pour non-implication du syndicat dans cette prise de décision, et violation des droits et des intérêts des 819 membres du syndicat et des autres travailleurs de l’usine.

L’employeur a fait valoir qu’il n’avait pas consulté TUICO parce que le syndicat n’était pas majoritaire à l’usine.

Deux semaines après, TUICO remportait le différend à la Commission de médiation et d’arbitrage, et l’employeur acceptait de payer 70% durant la fermeture de l’usine.

La victoire à la Commission de médiation et d’arbitrage a permis à TUICO de recruter 229 nouveaux membres à l’usine et de devenir majoritaire. Grâce à cette majorité, le syndicat se prépare à négocier une convention collective dès que l’usine rouvrira ses portes. Le syndicat a également l’intention d’organiser les travailleurs non syndiqués et de mettre en place des programmes de santé et de sécurité.

Margaret Ndagile, responsable des services sectoriels chez TUICO, a déclaré:

"Les travailleurs de Mazava Fabrics comprennent maintenant le rôle que joue le syndicat dans la lutte pour le respect de leurs droits. Le syndicat continue de gagner la confiance des travailleurs qui réalisent aujourd’hui le pouvoir de la solidarité. Nous continuerons d’insister auprès de nos membres sur le fait que la solidarité demeure l’une de nos stratégies clés."

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale à IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué:

"Le coût de la pandémie de la COVID-19 ne doit pas être uniquement absorbé par les travailleurs. Nous faisons face à une crise qui nécessite l’organisation de négociations entre employeurs et syndicats. Nous félicitons TUICO pour avoir adopté la conciliation et la médiation pour protéger les droits et les salaires des travailleurs."

BHP viole l'accord d'entreprise pour modifier le système des pauses

D'après le CFMMEU Mining and Energy, affilié à IndustriALL Global Union, ces changements font partie de la guerre d'épuisement de plus en plus dure que l'entreprise livre au syndicat. Partout dans le monde, les syndicats représentant les travailleurs de BHP affirment que l'employeur sabote les conventions collectives pour précariser toujours plus son personnel.

Au mois de mai, le CFMMEU avait gagné un procès en appel contre la politique d'externalisation de BHP.

Mais il a dû entamer une nouvelle procédure contre les changements au régime de rotation imposés de manière unilatérale par BHP Coal à la mine de Saraji du bassin houiller de Bowen Basin, dans l'État du Queensland. Le syndicat affirme que le remplacement du système de rotation en vigueur en l'absence de toute consultation constitue une violation de l'accord d'entreprise de 2018.

La direction prétend que ce nouveau système est nécessaire pour gérer les risques liés au Covid-19. D'une manière générale, BHP affiche un bilan peu satisfaisant pour ce qui est de sa réaction à la crise sanitaire; dans une mine du Pérou, 216 travailleurs ont été testés positifs, et au Chili, les syndicats ont dû faire arrêter le travail pour forcer l'entreprise à prendre la sécurité au sérieux.

 

"Message important sur le Covid-19 : N'acceptez pas 

Sans en avoir d'abord parlé à votre syndicat !

Pour préserver votre emploi face au coronavirus, syndiquez-vous immédiatement"

La plupart des 400 travailleurs de la mine de Saraji travaillaient par roulement de trois jours de pause de jour, suivis d'un jour de repos, puis trois jours de pause de nuit suivis de six jours de repos. La direction a imposé à tout le personnel un système de sept jours de pause de jour, puis sept jours de repos suivis de sept jours de pause de nuit. Ce système sera en vigueur pendant les six prochains mois.

L'accord d'entreprise accepte les changements de rotation mais en les limitant à quatre semaines au maximum. En outre, la direction n'a pas demandé l'accord des travailleurs ni cherché à savoir s'ils étaient favorables à ce changement.

À la fin du cycle de quatre semaines autorisé par la convention, le syndicat a demandé qu'il y soit mis fin, mais la direction a refusé. L'autorité en charge des relations de travail, la Fair Work Commission, ayant déjà statué sur la question, le syndicat s'est alors adressé à la justice.

Le directeur d'IndustriALL en charge des mines, Glen Mpufane, a déclaré :

"Se servir du Covid-19 pour faire passer des changements impopulaires est une tactique vicieuse à laquelle recourent des employeurs dans le monde entier. BHP a aussi essayé de le faire au Pérou et au Chili. Nous devons être fermes et faire cesser cette pratique.

"Un changement de pauses semble être un problème mineur, mais s'il y a une convention d'entreprise, ce n'est pas sans raison, et elle doit être respectée. Le fait d'imposer des changements de manière unilatérale relève d'une tentative générale de BHP pour saper les syndicats et précariser les travailleurs.

"Nous ne l'accepterons pas."  

Les syndicats appellent à la non-coopération contre le gouvernement Modi

Dans une déclaration du 5 juin, les centrales syndicales indiennes ont exprimé leur mécontentement face à l’incapacité du gouvernement Modi à assurer le paiement des salaires d’un grand nombre de travailleurs et à bloquer les licenciements pendant le confinement.

L’indifférence du gouvernement à l’égard du dialogue social avec les syndicats et son mépris des mesures suggérées par les syndicats pour protéger les travailleurs ont eu de graves conséquences sur eux.

Les syndicats revendiquent :

On estime qu’environ 240 millions de travailleurs ont perdu leurs moyens de subsistance. Bien que les usines redémarrent leurs activités, beaucoup d’entre elles embauchent moins de travailleurs et réduisent leurs salaires.

L’OIT a averti qu’environ 400 millions de personnes pourraient être poussées dans une pauvreté encore plus grande. Les syndicats demandent un soutien accru au programme d’emploi rural afin de créer des possibilités d’emploi pour les millions de travailleurs migrants qui sont retournés dans leurs villages, ainsi qu’à des programmes similaires dans les zones urbaines.

Le gouvernement a profité de la pandémie pour introduire des modifications du droit du travail à caractère anti-ouvrier et pour annoncer des mesures politiques favorables au monde des affaires, notamment la privatisation d’entreprises du secteur public, dont beaucoup servent des intérêts nationaux essentiels, sont d’utilité publique et ont été créées avec d’énormes apports de fonds publics. L’annonce comprenait également des décisions concernant les prestations salariales de 4,8 millions d’employés du gouvernement central et de 6,8 millions de retraités.

Les syndicats soulignent que le plan de relance de 265 milliards de dollars du gouvernement est une cruelle plaisanterie aux dépens des travailleurs et travailleuses. Le plan de relance actuel est dérisoire et une grande partie de ce montant consiste en des garanties de prêts à divers secteurs.

Le Dr G. Sanjeeva Reddy, Président du Congrès national des syndicats indiens et membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a déclaré :

“La gestion dénuée de sensibilité du gouvernement en matière de confinement et ses annonces de politique anti-ouvrières montrent qu’il ne respecte pas les droits des travailleurs et ne mérite pas leur coopération. Son inaction a causé une misère indescriptible pour des millions de travailleurs.

Après les manifestations massives dans tout le pays le 22 mai, nous intensifions maintenant nos protestations avec un appel à la non-coopération le 3 juillet, pour que le gouvernement réponde à nos revendications.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Nous craignons que le gouvernement Modi profite de la pandémie pour s’attaquer aux droits des travailleurs. Les modifications du droit du travail anti-ouvrières doivent être retirées. Le gouvernement doit prendre des mesures urgentes pour protéger les moyens de subsistance de millions de travailleurs et engager un véritable dialogue social avec les syndicats pour trouver des solutions.

IndustriALL est solidaire du mouvement syndical indien et mènera des actions de solidarité internationale pour soutenir ses efforts.”

Le mouvement de non-coopération, avec les méthodes de protestation non-violentes de Ghandi, a été un jalon dans la lutte pour l’indépendance de l’Inde. Il a été lancé contre les réformes des dirigeants coloniaux avec la revendication de l’autonomie de l’Inde en 1920.

Les centrales syndicales INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, LPF et UTUC ainsi qu’un grand nombre de fédérations et d’associations participeront au mouvement du 3 juillet.

Piquet de grève durant une nuit entière pour protester contre le licenciement illégal de 1 200 travailleuses

Le 8 juin, la direction d’Euro Clothing Company, détenue par Gokuldas Exports Group, a annoncé la mise à pied économique de 1 200 travailleuses en violation flagrante du droit du travail indien. Selon ce dernier, le licenciement économique entraîne l’arrêt de la production et le versement de 50% de leurs salaires aux travailleurs. De plus, un employeur doit obtenir une autorisation gouvernementale pour procéder à des licenciements économiques dans les lieux de travail de plus de 100 travailleurs.

 

Le démantèlement syndical à l’usine a commencé quelques semaines plus tôt. Avec l’assouplissement du confinement, les industries ont été autorisées à reprendre leurs activités le 5 mai. Malgré les difficultés liées à la non reprise des transports publics, les travailleuses se sont présentées au travail. Néanmoins, seuls 30% d’entre elles ont reçu du travail et 50% de leurs salaires pour la période travaillée. Aucune travailleuse de ECC-2 n’a reçu de salaire durant le confinement.

Dans la nuit du 30 mai, la direction a commencé à retirer les machines sans en informer les travailleuses ou le syndicat, et ne s’est arrêtée que lorsque celles-ci se sont rassemblées à la porte pour bloquer leur enlèvement.

Cependant, la direction a continué à enlever les machines et à ne fournir du travail que dans la section de repassage. En outre, elle a annoncé qu’elle ne donnera du travail qu’à 50% des travailleuses, et que les autres seront soit réaffectées dans d’autres usines du groupe, soit mises à pied.

La majorité des travailleuses sont membres de Unions United, affilié à IndustriALL Global Union. Le syndicat affirme qu’il ne s’agit pas de mesures commerciales mais qu’il s’agit clairement de démantèlement syndical. L’affaire a été portée devant le ministère du Travail du gouvernement fédéral.

ECC-2, fournisseur de H&M, est également lié par l’accord-cadre mondial signé entre IndustriALL et le géant suédois de l’habillement.

IndustriALL est solidaire du syndicat et de ses membres qui ont formé un piquet de grève devant l’usine durant toute la nuit, et a envoyé une lettre à Euro Clothing Company lui demandant d’annuler immédiatement les licenciements économiques illégaux.

Le Secrétaire général, Valter Sanches, a déclaré:

"Nous saluons le courage des travailleuses qui se battent pour leurs emplois. Nous nous opposons fermement aux mesures illégales prises par la direction, d’autant plus qu’il semblerait que celle-ci tende à fermer les usines syndiquées et à licencier le personnel syndiqué en prenant pour excuse la crise de la COVID-19.

"Nous exhortons la direction de ECC à engager des négociations avec GATWU, et H&M à intervenir et à respecter les engagements pris dans le cadre de notre accord-cadre mondial conjoint."

Principes d’action concernant la Covid-19 dans les industries du textile, de la confection, des chaussures et du cuir

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IndustriALL Principes d’action concernant la Covid-19 dans les industries du textile, de la confection, des chaussures et du cuir

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Selon les affiliés d’IndustriALL, les annulations de commandes entraînent la fermeture à grande échelle de milliers d’usines de confection et le licenciement de millions de travailleurs et travailleuses qui ne disposent pas d’un filet de sécurité sociale. Alors que le virus se propage dans les pays producteurs de vêtements eux-mêmes, d’autres usines sont contraintes de fermer, mettant potentiellement des millions de travailleurs et travailleuses supplémentaires au chômage.

Les mesures prises par les employeurs et les gouvernements pour réduire l’impact sur les salariés sont insuffisantes pour protéger le grand nombre de travailleurs et travailleuses de la confection touchés. Des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses de l’industrie de la confection ont perdu leur emploi et se voient refuser des salaires alors que de plus en plus de pays mettent en place des mesures de confinement. Dans certains cas, les travailleurs et travailleuses privés de salaire descendent dans la rue pour protester, ce qui augmente le risque d’infection.

Là où les usines continuent à fonctionner, certaines le font sans mesures de sécurité appropriées, ce qui met les travailleurs et travailleuses en danger et risque de propager davantage la Covid-19.

 

Usine au Bangladesh / IndustriALL

Pour guider notre travail dans le secteur TCCC au cours de la pandémie de Covid-19 et de ses suites, nous adhérons aux principes suivants :

Dans de nombreux pays, il est très urgent de faire face aux pertes d’emploi et de revenus des travailleurs et travailleuses du secteur TCCC. Nous avons besoin d’actions immédiates de la part des employeurs, des enseignes ou détaillants ainsi que des gouvernements pour mettre en place des mesures qui garantiront le revenu et l’emploi futur des travailleurs et travailleuses.

Les revenus doivent être assurés pour tous les travailleurs et travailleuses, qu’il s’agisse d’emplois permanents, temporaires, en sous-traitance, à domicile ou autres, qui participent au processus de production.

Ces revenus doivent être suffisants pour permettre aux bénéficiaires de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille pendant cette période de perturbation, étant entendu que même en temps normal, les salaires dans ces secteurs sont si bas que les travailleurs et travailleuses dépendent des heures supplémentaires et des primes de présence pour survivre.

Les licenciements, les réductions d’effectifs et les mises à pied doivent cesser immédiatement.

Les travailleurs et travailleuses des fournisseurs doivent être maintenus sur le registre du personnel et la relation de travail doit être conservée, le maintien des revenus étant administré au niveau du registre du personnel des fournisseurs, sous le contrôle des syndicats, des gouvernements et des organisations de la société civile.

La liberté syndicale doit être respectée, sans pénaliser le fait de soulever des problèmes de sécurité ou des revendications en matière de salaires impayés.

Aucun travailleur ne devrait être forcé de travailler dans des lieux de travail dangereux. Là où les usines continuent à fonctionner, la santé et la sécurité doivent être garanties conformément aux “Conseils aux travailleurs et aux employeurs” d’IndustriALL concernant la Covid-19.

ENGFRASPATUR

Dans la mesure du possible, la production devrait être réorientée vers la production de matériel sanitaire et de soins de santé.

Les enseignes doivent adopter des pratiques d’achat responsables, en garantissant qu’aucune commande n’est annulée, en assumant la responsabilité des vêtements fabriqués et en engageant des discussions responsables concernant les commandes futures, en n’appliquant pas les clauses d’urgence qui peuvent être incluses dans les contrats pour arrêter les commandes en cours ou comme prétexte pour ne pas payer les produits fabriqués. Il faut investir dans le développement des compétences et la reconversion nécessaires pour permettre aux usines de s’adapter aux nouveaux produits et technologies et de rester viables.

Les gouvernements, les enseignes et les fournisseurs doivent collaborer avec les syndicats pour prendre des mesures coordonnées afin de garantir le paiement des salaires et de protéger les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles contre l’impact économique négatif des fermetures.

Les structures de relations sociales existantes, y compris les groupes ACT dans chaque pays et les comités de suivi des ACM, sont un moyen pour les syndicats d’interpeller les fabricants et les enseignes sur des mesures visant à garantir que les travailleurs et travailleuses sont soutenus pendant la crise.

Consciente que l’action des gouvernements et des employeurs au niveau national ne sera pas suffisante pour garantir les salaires des travailleurs et travailleuses de la confection pendant la durée de la crise, IndustriALL approuve le document “COVID-19 : ACTION DANS L’INDUSTRIE MONDIALE DE LA CONFECTION”, préparé par l’OIT, et appelle toutes les enseignes, détaillants, fabricants, agents et autres acteurs du secteur à faire de même. Sur base de ces principes, IndustriALL continuera à travailler avec le secteur pour :