Des enseignes de la joaillerie montrées du doigt à cause des conditions de travail au Botswana

Des firmes telles que Yerushalmi Brothers Diamonds, Motiganz Botswana, Dalumi Diamonds, Leo Schachter Diamonds, et Signet Jewelers ont licencié. Chez Safdico Botswana, le BDWU a contesté les licenciements et a obtenu la réintégration des salariés concernés. Il a aussi contesté les suppressions de postes devant le ministère du Travail et, dans certains cas, devant la juridiction du travail. Certains travailleurs ont été licenciés parce qu'ils étaient syndiqués, d'autres à la suite de mesures disciplinaires douteuses.

Plus de 51 travailleurs ont été licenciés par Signet Jewelers depuis le mois de mars en invoquant le Covid-19. Dans certains cas, la direction a refusé d'en donner le motif.

La plupart des employeurs du secteur de la taille et du polissage du diamant du Botswana pratiquent un antisyndicalisme actif afin d'affaiblir les syndicats, par exemple en encourageant la création d'associations dans les usines et en ne reconnaissant pas les syndicats enregistrés.

Le secteur est gangrené par les bas salaires; les travailleurs gagnent entre 1.300 et 3.500 Pulas (113-303 $) par mois.

En outre, pour le BDWU, il n'y a aucune sécurité d'emploi pour les locaux dont certains travaillent depuis dix ans avec des contrats de courte durée. De ce fait, les travailleurs ont du mal à obtenir des prêts auprès des banques qui les considèrent comme des clients à risque, et ils sont dans l'impossibilité d'acquérir un logement.

Les employeurs ne remplissent pas leurs obligations en matière de formation, alors que la loi stipule que les travailleurs étrangers doivent donner une formation spécialisée aux locaux qui, pourtant, ne progressent pas après leur embauche.

Dominic Obusitse Mapoka, le vice-président du BDWU, déclare :

"Alors que l'industrie engrange chaque mois des profits énormes, les travailleurs ne gagnent qu'une misère. Les salaires sont bas et nous voulons que nos adhérents soient payés au salaire minimum. Il faut aussi que les travailleurs locaux soient formés aux qualifications exigées dans le secteur."

Le 21 février, le BDWU a rencontré le ministre de l'Emploi, de la productivité du travail et du perfectionnement des compétences ainsi que le Commissaire au travail qui lui ont promis leur aide. Or, plus aucune nouvelle n'a été reçue du gouvernement depuis.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie du diamant, de la pierre précieuse, ornementale et du bijou insiste sur le fait que les employeurs doivent arrêter de payer des salaires dérisoires.

"Les travailleurs peinent chaque jour pour tailler et polir des diamants de grand prix, et pourtant, ils ne peuvent pas acheter de nourriture ou de produits de première nécessité à cause des bas salaires. Il faut que les entreprises paient des salaires décents, respectent les droits des travailleurs et les normes du travail. Il faut aussi qu'elles consultent les syndicats sur la question du Covid-19."

Les syndicats de l'énergie de la région Asie-Pacifique exhortent leurs gouvernements à faire respecter la santé et la sécurité

Les affiliés d'IndustriALL Global Union de la région Asie-Pacifique de l'électricité, du nucléaire, du pétrole et du gaz ont organisé deux réunions virtuelles les 22 et 23 juin pour discuter de la situation des travailleurs pendant l'épidémie de Covid-19.

La demande d'électricité a baissé pendant le confinement et les travailleurs s'interrogent sur leur santé et leur sécurité pendant la création d'installations, les réparations et le relevé des compteurs. Les syndicats ont négocié la fourniture d'équipements de protection individuelle et élargi le calendrier des relevés de compteurs.

"Notre syndicat veillera à ce qu'il y ait sur chaque lieu de travail des masques et du gel désinfectant pour les travailleurs. Le contrôle de la température corporelle avant d'accéder au lieu de travail doit être obligatoire,"

a déclaré Lamyuang, le Secrétaire du Syndicat des travailleurs de l'Autorité de la production d'électricité de Thaïlande (LU-EGAT).

De même, la demande de pétrole et de gaz a chuté dans toute la région en raison du ralentissement de l'activité économique. Au Pakistan, la Fédération panpakistanaise des salariés du pétrole et du gaz (APOGEF) a été durement touchée, beaucoup de raffineries ayant fermé et licencié leurs travailleurs à cause de la chute de la demande.

"Les travailleurs du pétrole et du gaz pakistanais ont terriblement souffert de la pandémie. Des travailleurs ont été renvoyés lorsque les sociétés de forage et les raffineries ont cessé leurs activités et que les firmes de transport n'avaient plus de commandes,"

a déclaré Syed Ejaz Hussain Shah, le secrétaire général de l'APOGEF.

Koji Sakata, le président du réseau des syndicats de l'énergie de l'Asie-Pacifique, qui est aussi président de Denryokusoren, a invité les syndicalistes à rester vigilants s'agissant de l'impact du Covid-19 sur l'emploi et les conditions de travail dans le secteur de l'énergie.

Il a aussi prié les syndicats de relever de nombreux défis en matière de politiques, comme l'éradication de la pauvreté, la réduction des inégalités et l'adaptation aux nouvelles technologies.

"Il faut que les gouvernements assurent une protection plus totale de l'emploi afin de préserver les emplois et de conserver des conditions de travail décentes. Il faut que cesse la possibilité qu'ont les employeurs de supprimer d'autorité des prestations,"

a souligné Chuang Chueh An, qui préside le réseau des syndicats du pétrole et du gaz de l'Asie-Pacifique ainsi que le Syndicat des travailleurs du pétrole de Taïwan.

La Directrice d'IndustriALL en charge du secteur de l'énergie, Diana Junquera Curiel, a appelé les syndicats à rester unis et a assuré de sa solidarité les travailleurs qui souffrent :

"S'il faut poursuivre la lutte, nous trouverons des stratégies pour surmonter les défis. Construisons des réseaux syndicaux plus forts pour rendre les lieux de travail plus sûrs et plus sains."

Une force mondiale croissante

Avec une présence clé d’adhérents dans les secteurs de la construction et réparation navales, de la métallurgie et de l’énergie, la Fédération générale des syndicats du Bahreïn (GFBTU), est le premier affilié d’IndustriALL au Bahreïn. La GFBTU représente les travailleurs d’un certain nombre de grandes entreprises, telles que Aluminum Bahrain (Abla), Bahrain Petroleum Company (Bapco) et Arab Shipbuilding & Repair Yard (ASRY).

La FISMECA, la Fédération ivoirienne des syndicats des mines, métaux, carrières et connexes, compte des membres dans les carrières, les mines, le ciment, l’aluminium et les métaux.

AUTOBATE, au Nigeria, organise syndicalement les cadres supérieurs de l’industrie automobile. On retrouve parmi ses adhérents des agents administratifs, des superviseurs, des directeurs et des cadres supérieurs d’entreprises automobiles telles que TATA Africa Services, Boulos Enterprises, Mandilas Group Nigeria, Niger Dock Nigeria, Motor Parts Industry, Honda Manufacturing Nigeria, Steyr Motors, GALBA Nigeria, Plantgeria et Nigeria Ship Builder.

Enregistré en 2019, le Syndicat général des travailleurs du diamant et secteurs connexes du Zimbabwe (ZDMAWU) représentait initialement les travailleurs du diamant, mais le syndicat a élargi son champ d’action pour y inclure les activités dans les mines de chrome, d’or et de platine. Il s’agit notamment des mines de diamant Chiadzwa et Murowa, des mines appartenant à la Zimbabwe Mining Development Corporation et de la mine Unki d’Anglo American Platinum.

Le Syndicat général WAPDA des travailleurs de la production hydroélectrique du Pakistan (APWHEWU) représente la majorité des travailleurs de la plus grande entreprise publique nationale, l’Autorité de développement de l’eau et de l’électricité du Pakistan, et des compagnies de distribution, de production et du transport d’électricité.

“Nous saluons l’arrivée de ces nouveaux syndicats qui rejoignent notre grande famille mondiale. Cela témoigne de l’importance de la solidarité internationale. Avec davantage de syndicats, nous pouvons renforcer notre réseau mondial et notre capacité à défendre les droits des travailleurs et travailleuses,”

a commenté le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches.

Canada: fin du lock-out pour les travailleurs d’une raffinerie

Le conflit a commencé lorsque Federated Co-operatives Limited (FCL) a imposé un lock-out à 730 travailleurs suite au refus du syndicat d’accepter une réduction substantielle du régime de retraite. Au cours de la lutte acharnée qui s’en ait suivie, 14 membres du syndicat ont été arrêtés lors d’un piquet de grève légal.

Après six mois de conflit, les syndiqués ont maintenant signé une entente de principe avec la raffinerie Co-op Refinery.

La nouvelle convention collective maintient inchangé le régime de retraite à prestations déterminées et l’entreprise a aligné le régime d’épargne des employés pour les travailleurs actuels. Les améliorations salariales de la nouvelle convention collective correspondent au modèle national.

"Les entreprises fortunées ont été autorisées à agir en toute impunité pendant trop longtemps en exerçant leur pouvoir sur les travailleurs pour faire des profits tout en érodant les salaires, le régime de retraite et les avantages sociaux",

a indiqué le Président d’Unifor National, Jerry Dias.

"Parce que les membres d’Unifor ont pris position contre cette agression, Co-op leur a imposé un look-out dans le froid. Dans cette lutte, nous avons montré que les travailleurs canadiens sont unis et qu’ils lutteront pour défendre de bons emplois."

Lors du conflit, IndustriALL Global Union a pris contact avec le gouvernement provincial de la Saskatchewan pour assurer la mise en œuvre des recommandations des médiateurs. Les affiliés à IndustriALL se sont rendus sur les réseaux sociaux afin d’exprimer leur soutien et leur solidarité aux syndiqués lock-outés.

"Nous félicitons tous les membres de la section locale 594 d’Unifor Canada et l’ensemble des membres d’Unifor au Canada pour cette victoire gagnée après une lutte acharnée et longue. Le courage dont ils ont fait preuve durant les longs piquets de grève qui se sont déroulés en hiver et en période de pandémie, et où ils ont dû lutter contre le harcèlement de l’entreprise et de la police locale, est une source d’inspiration pour les syndicats du monde entier."

a déclaré Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL.

La CSI désigne les dix pays les pires pour les travailleurs

Des gouvernements et des employeurs restreignent les droits des travailleurs en violant le droit de négocier collectivement et le droit de faire grève, en privant les travailleurs de syndicats dont ils empêchent l'enregistrement dans de nombreux pays.

D'après les conclusions de l'Indice 2020 des droits dans le monde, 85 pour cent des pays ont violé le droit de grève et 80 pour cent ont violé le droit de négociation collective.

Alors que des travailleurs et travailleuses ont subi des violences dans 51 pays, ont été arrêtés et détenus de façon arbitraire dans 61 pays, ils n'ont pas d'accès ou n'ont qu'un accès limité à la justice dans 72 pour cent des pays.

Le rapport note qu'un nombre croissant de pays s'opposent à la liberté d'expression ou la limitent. Il dénonce une autre tendance inquiétante, de nombreux scandales ayant révélé que des gouvernements surveillent des responsables syndicaux pour tenter d’instiller la peur et de faire pression sur des syndicats indépendants et leurs membres.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Même avant le Covid-19, nous constations des attaques sans précédent contre le mouvement syndical et un creusement du fossé entre les pauvres et les riches dans le monde, nous poussant vers une nouvelle crise économique mondiale. L'Indice des droits dans le monde de la CSI donne une vision chiffrée de l'état de la situation. Nous rendons régulièrement compte des violations commises dans les secteurs d'IndustriALL, or la situation n'est pas plus enviable dans le textile, la sidérurgie, l'automobile ou la mine. Mais depuis l'apparition du Covid-19, la plupart de nos membres constatent une intensification des violations. La seule riposte possible est l'accroissement du recrutement, le renforcement des syndicats et une solidarité mondiale accrue."

La situation en matière de violations est la plus grave au Bangladesh, au Brésil, en Colombie, en Égypte, au Honduras, en Inde, au Kazakhstan, aux Philippines, en Turquie et au Zimbabwe, des pays que le rapport de cette année considère comme les plus dangereux pour les travailleurs.

Le texte intégral du rapport, avec ses infographies, est disponible sur le site Web de la CSI en arabeanglaisfrançaisallemandrusse et espagnol

Les syndicats menacés au Kirghizstan

Le Président de la FSK, Mirbek Asanakunov, a été démis de ses fonctions par le Conseil de la FSK le 5 février 2020. La direction de la FSK est passée à la vice-présidence, en la personne de Ryskul Babayeva. Depuis lors, les autorités de l’État ont accru la pression sur les dirigeants et les militants actuels de la FSK en menant des enquêtes et des interrogatoires, en fouillant leurs domiciles et en engageant des procédures pénales.

Le 3 juin, Babayeva, qui était à l’hôpital, a été emmenée par la police pour être interrogée. Le 10 juin, le tribunal de district a décidé de placer le vice-président de la FSK, Kanatbek Osmonov, en résidence surveillée pendant deux mois sans droit d’utiliser les télécommunications ou internet, suspendant ainsi de fait son travail syndical. D’autres membres du Conseil de la FSK craignent d’être les prochains sur la liste.

Ces mesures d’enquête sont le résultat de fausses accusations de la part d’Asanakunov, qui utilise également les médias pour discréditer les syndicats et les membres du Conseil de la FSK. En revanche, différentes dépositions contre Asanakunov ne sont pas prises en compte par les forces de l’ordre, ce qui montre la partialité et la pression dont sont victimes les syndicats au Kirghizstan. Le travail de la FSK est paralysé, car ses comptes bancaires ont été gelés, ce qui rend impossible le paiement des rémunérations de ses salariés et la bonne marche de ses activités habituelles.

Asanakunov a été élu à la présidence de la FSK en 2017 par des moyens frauduleux. Le Conseil de la FSK a tenté à plusieurs reprises de contester l’élection d’Asanakunov, mais les réunions ont été perturbées par ses partisans. Le tribunal de district et le tribunal municipal ont statué pour invalider l’élection d’Asanakunov à la présidence de la FSK. Mais malgré cela, l’ancien président tente toujours de conserver illégalement le pouvoir et a tenté à plusieurs reprises de revenir au bureau.

En avril 2019, la femme d’Asanakunov, avec d’autres membres du Parlement, a lancé un projet de loi sur les syndicats qui viole la liberté syndicale en établissant le pouvoir absolu du président de la FSK, en compliquant la procédure d’élection et de révocation du président et en établissant une dépendance et une responsabilité personnelles, financières et informationnelles totales des syndicats envers la FSK.

Le Président du Syndicat des mines et de la métallurgie du Kirghizstan, Eldar Tadzhibayev, a déclaré :

“Si ce projet de loi est adopté, le principe de la prise de décision collégiale et des freins et contrepoids disparaîtra, les membres du conseil d’administration deviendront complètement dépendants du président de la FSK, qui ne sera responsable de rien. Il y aura une corruption rampante, les biens des syndicats seront vendus pour des montants symboliques. Les syndicats vont s’affaiblir, car il y aura une désaffection massive. En conséquence, le respect des droits des travailleurs se détériorera fortement et le niveau de protection sociale et économique diminuera.”

Au cours de l’année écoulée, les syndicats ont protesté contre ce projet de loi, qui a fait l’objet de deux lectures au Parlement.

IndustriALL et la CSI ont demandé au Président du Kirghizistan d’agir sans délai pour mettre fin à l’ingérence des forces de l’ordre dans les affaires internes des syndicats et à toute pression et poursuite à l’encontre des membres du Conseil de la FSK qui ont décidé de démettre Asanakunov de son poste et d’exprimer leur opinion contre l’adoption du projet de loi sur les syndicats.

IndustriALL a également demandé instamment que le projet de loi sur les syndicats violant les principes fondamentaux des conventions 87 et 98 de l’OIT, ratifiées par le Kirghizstan, soit retiré.

Le rôle des syndicats uruguayens dans la ratification de la C190

PROFIL

La nouvelle convention et la recommandation visant à mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail ont été adoptées lors de la Conférence internationale du travail de l’OIT, en Suisse, en juin 2019. Elle reconnaît que la violence et le harcèlement constituent une menace pour l’égalité des chances et sont inacceptables et incompatibles avec le travail décent.

Le gouvernement de l’ancien Président uruguayen, Tabaré Vásquez, a présenté l’initiative au Parlement en septembre et la Chambre des représentants l’a approuvée à l’unanimité le 17 décembre 2019.

Lors d’une cérémonie virtuelle le 12 juin 2020, Ricardo González Arenas, Ambassadeur et Représentant permanent de l’Uruguay auprès de l’Organisation des Nations unies à Genève, a déposé l’instrument de ratification auprès du Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

L’Uruguay est ainsi devenu le premier État membre de l’OIT à ratifier la C190.

L’Uruguay dispose d’une législation qui couvre certaines des questions abordées dans la C190, ce qui a contribué à sa ratification. Par exemple la loi n° 18561 sur le harcèlement sexuel, sa prévention et ses sanctions sur le lieu de travail et concernant les relations entre étudiants et enseignants ainsi que la loi n° 19580 sur la violence sexiste à l’égard des femmes.

Ana Aguilera, membre du Secrétariat pour le genre, l’égalité et la diversité de la centrale syndicale uruguayenne PIT-CNT

Ana Aguilera, membre du Secrétariat pour le genre, l’égalité et la diversité de la centrale syndicale uruguayenne PIT-CNT, indique :

“Notre Secrétariat travaille depuis de nombreuses années sur le harcèlement sexuel au travail et sur la violence sexiste à l’égard des femmes. Il y a 15 ou 20 ans, nous avons travaillé en coordination avec les parlementaires pour soumettre une proposition de loi sur le harcèlement sexuel au travail et au niveau de l’éducation, par l’intermédiaire d’une commission tripartite. La loi n° 18561 a été promulguée en 2009 et depuis lors, le nombre de plaintes pour harcèlement sur le lieu de travail reçues par le ministère du travail a augmenté.

La loi n° 19580, promulguée en 2017, comporte un chapitre qui définit ce qui est considéré comme de la violence et y inclut les femmes qui souffrent de harcèlement au travail. Cette loi a également permis de rendre plus facile la dénonciation et le dépôt de plaintes concernant ces problèmes.”

Aguilera explique que, sur base de cette législation, une campagne a été menée avec succès en Uruguay en faveur de la ratification de la Convention 190 de l’OIT. Elle a consisté en une campagne unie des syndicats qui font partie du PIT-CNT, du ministère du travail, du gouvernement, des organisations de femmes et des centrales syndicales de la région.

Grâce à la ratification de la nouvelle convention, l’Uruguay devra également adopter une approche inclusive, intégrée et sensible à la dimension de genre pour prévenir et éliminer la violence et le harcèlement au travail. Cette approche s’appliquera aux secteurs public et privé, à l’économie formelle et informelle, tant en zones urbaines que rurales.

En outre, cette législation doit exiger des employeurs qu’ils prennent des mesures appropriées pour prévenir la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

Les syndicats se battent pour un monde du travail sans violence ni harcèlement

Par l’intermédiaire du Bureau pour le genre, l’égalité et la diversité du PIT-CNT, les affiliés d’IndustriALL en Uruguay ont participé activement aux précédents pourparlers tripartites sur la ratification de la convention.

Marcelo Abdala, Secrétaire général du PIT-CNT

Marcelo Abdala, Secrétaire général du PIT-CNT et du Syndicat national des travailleurs de la métallurgie et des branches connexes, déclare :

“Après la conférence internationale de l’OIT où la C190 a été adoptée, le gouvernement précédent a convoqué une réunion tripartite où les femmes déléguées du PIT-CNT ont agi pour qu’elle soit rapidement traduite dans la législation. Le gouvernement Vázquez a voté en sa faveur, de concert avec le mouvement syndical et les employeurs se sont abstenus. Le PIT-CNT a organisé des ateliers pour expliquer le contenu de la Convention et pourquoi il était important que les syndicats l’utilisent comme outil. Les syndicats affiliés à IndustriALL en Uruguay y ont participé activement.

Nous sommes heureux que l’Uruguay soit devenu le premier pays au monde à ratifier la Convention et à l’inclure dans sa réglementation nationale. Pour nous, tout ce qui peut accroître la sensibilisation et promouvoir l’éradication des différentes composantes du harcèlement, tant sexuel qu’au travail, est une victoire pour la démocratie.”

Fernanda Ceballos, membre du Bureau pour le genre, l’égalité et la diversité du PIT-CNT et de l’UNTMRA

Fernanda Ceballos, membre du Bureau pour le genre, l’égalité et la diversité du PIT-CNT et de l’UNTMRA, ajoute :

“Nous travaillons depuis longtemps sur la question du harcèlement sexuel et de la tolérance zéro envers la violence sur le lieu de travail et nous organisons des ateliers pour sensibiliser les syndicats à cette question. Nous travaillons également sur des clauses relatives au genre au sein des conventions collectives, en collaboration avec les entreprises et le ministère du travail. Après avoir ratifié la C190, nous avons organisé des réunions avec l’UNTMRA pour informer les gens de sa portée. Un grand nombre de travailleuses ont été confrontées au harcèlement sexuel au travail, c’est pourquoi nous pensons que la ratification est très importante pour lutter pour un monde du travail sans violence.”

Le Syndicat des travailleurs de la tannerie aussi bien que la Fédération des travailleurs du papier et du carton d’Uruguay comptent toutes deux peu de femmes parmi leurs adhérents, car les entreprises où ces organisations sont présentes n’ont pas de femmes parmi le personnel.

Cependant, les deux syndicats soutiennent les politiques favorisant l’égalité des genres et font pression pour que les hommes et les femmes jouissent des mêmes droits dans leurs conventions collectives.

Washington Cayaffa, Secrétaire général du FOPCU, a déclaré :

“Notre secteur se caractérise par l’absence d’une importante main-d’œuvre féminine dans les usines de fabrication. Il y a davantage de femmes au niveau du personnel de bureau, mais nous n’avons pas réussi à en syndiquer beaucoup.

Dans notre convention collective, il y a un point où nous demandons l’application de politiques visant à protéger l’égalité des droits pour les femmes sur le lieu de travail. La ratification de la convention C190 est l’une des politiques que nous soutenons.

Notre Fédération encourage les syndicats affiliés à défendre les droits des femmes en matière d’égalité. Par exemple, ils doivent soutenir la même définition du salaire afin que les travailleuses gagnent le même salaire qu’un homme effectuant le même travail”.

UOC general secretary, Carlos Bico

“Il n’y a pas beaucoup de femmes dans l’industrie du cuir, mais certaines d’entre elles ont assisté aux réunions du Bureau pour le genre du PIT-CNT pour discuter de la manière de soutenir la ratification de la C190”,

indique le Secrétaire général de l’UOC, Carlos Bico.

“Actuellement, cinq pour cent de la main-d’œuvre de nos usines sont des femmes. Dans la convention collective des Conseils salariaux, structurée par branche d’activité, l’UOC a proposé d’intégrer davantage de femmes dans le personnel des tanneries.”

Manifestation Uruguay

Le travail dans l’unité des syndicats uruguayens

L’UOC, l’UNTMRA et la FOPCU sont parmi les plus anciennes organisations syndicales d’Uruguay. Leurs origines remontent respectivement à 1904, 1953 et 1958. Ensemble, elles font partie de la centrale syndicale PIT-CNT.

Comme ils appartiennent à la même centrale, ces syndicats travaillent ensemble depuis de nombreuses années pour soutenir des objectifs communs. Par exemple, ils ont mené avec succès une campagne pour que l’Uruguay se retire de l’Accord sur le commerce des services (ACS) et une autre contre un plébiscite qui visait à abaisser l’âge de la responsabilité pénale de 18 à 16 ans.

Actuellement, ces trois syndicats font partie d’un projet appelé “Industrie intégrée”. Pendant deux ans, ils analyseront l’actuelle révolution scientifique et technologique et élaboreront des propositions pour stimuler l’emploi, la croissance des activités productives et la création d’une politique industrielle durable. Les syndicats travailleront aux côtés des gouvernements et des entreprises pour négocier des politiques publiques et privées qui permettent une transition juste, le renforcement de l’industrie nationale et la garantie d’emplois décents.

Renforcer la solidarité mondiale pour protéger la santé, la sécurité, l’emploi et les revenus de nos membres

La pandémie de la maladie à COVID-19, qui a engendré la plus profonde crise économique qu’ait connue le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, a de graves conséquences sur les populations. Dans son allocation d’ouverture, le président Jörg Hofmann a déclaré que nous ne nous laisserons pas diviser en raison de la pandémie.

"La crise a un impact sur les activités syndicales et sert de prétexte pour faire reculer les droits que nous avons acquis par la lutte. La force d’IndustriALL repose sur la force de ses membres, les négociations, les campagnes et les autres actions qu’ils mènent. Nous devons maintenir l’unité pour soutenir la majorité des 3,3 milliards de travailleurs dans le monde qui s’inquiètent pour leur existence et leur avenir."

L’organisation internationale du Travail prévoit la perte de 300 millions d’emplois formels, et plus encore dans l’économie informelle, d’ici juillet de cette année.

La pandémie nous montre à quel point les chaînes d’approvisionnement mondiales sont vulnérables et les multinationales ont une responsabilité particulière. Les affiliés à IndustriALL ont parlé de l’impact négatif de la COVID-19 sur leurs membres en raison du licenciement de milliers de travailleurs par les constructeurs automobiles au Royaume-Uni, de la persistance de l’inaction des entreprises dans l’industrie du vêtement au niveau mondial, de la manière dont l’Italie a été quasiment ou totalement paralysée, de la dureté avec laquelle l’Inde est touchée par les tentatives du gouvernement national de faire adopter des amendements au droit du travail défavorables aux travailleurs, et des tentatives des travailleurs migrants de rentrer chez eux sans aucune nourriture ou transport.

Dans son rapport au Comité exécutif sur l’impact de la COVID-19 sur les secteurs dont s’occupe IndustriALL, le Secrétaire général, Valter Sanches, a déclaré qu’IndustriALL travaille avec les syndicats mondiaux, nationaux et sectoriels pour protéger les travailleurs.

"Nous voyons nos affiliés lutter contre les impacts négatifs de la COVID-19 en défendant la santé, la sécurité, les emplois et les revenus de leurs membres. Parallèlement, les syndicats collaborent avec les entreprises pour reconvertir les installations de production afin de fournir les produits nécessaires en première ligne de soins, comme les ventilateurs et les désinfectants pour les mains."

Les syndicats luttent contre les gouvernements, comme ceux du Brésil, du Cambodge, de la Hongrie, de l’Inde et des Philippines, qui profitent de la crise pour étouffer la démocratie, les droits de l’homme, les droits des travailleurs et les syndicats.

"Vous avez tous participé à la campagne en faveur de la libération de la dirigeante syndicale Soy Sros, emprisonnée au Cambodge pour avoir pris la parole au nom de ses membres, témoignant du fonctionnement de la solidarité internationale.

"Cette semaine, nous avons lancé une nouvelle campagne pour défendre les droits des travailleurs en Inde. Nous devons rester unis et nous battre pour un avenir juste et meilleur."

Le Comité exécutif a adopté à l’unanimité une déclaration politique sur la COVID-19 ainsi qu’une résolution visant à lancer une campagne ciblant les marques dans l’industrie textile et du vêtement.

Dans le rapport du Comité des femmes d’IndustriALL, qui s’est réuni la veille de la réunion du Comité exécutif, la coprésidente, Monica Veloso, a souligné la nécessité pour les femmes de participer à toutes les activités syndicales:

"Bien que la pandémie actuelle touche les femmes dans les moments les plus difficiles, elles sont sous-représentées dans les syndicats. Les syndicats doivent lutter pour le droit des femmes et l’égalité des genres. Les gouvernements n’offrent pas de garanties suffisantes pour que les femmes puissent travailler sans être victimes de harcèlement. Davantage de gouvernements doivent ratifier de toute urgence la Convention 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail."

Face à la pandémie et à ses risques, le Comité exécutif a décidé à l’unanimité de reporter d’un an, jusqu’au mois de septembre 2021, le troisième Congrès d’IndustriALL. De ce fait, les mandats actuels (comité exécutif, vérificateurs internes, président, vice-présidents et dirigeants) seront prolongés. Les mandats des deux groupes de travail préparatoires du Congrès (statuts, finances, structures durables et plan d’action) sont également étendus.

724 travailleurs, dont des femmes enceintes, licenciés par un atelier de confection au Cambodge

En mai, la firme chinoise avait mis 2.000 personnes en congé jusqu'à la fin du mois de juin. Un mois plus tard, 724 étaient licenciées.

La plupart sont des femmes dont le licenciement aura des conséquences pour leurs salaires et pour leurs enfants à charge. Les travailleuses de la firme Shuangli, une filiale de Youli, ont organisé une action de protestation à l'entrée de la zone économique spéciale de Shandong Sunshell (Svay Rieng) où est située l'entreprise.

 

Le contrat du responsable local du syndicat chez Youli, Por Rado, a été résilié et il est accusé de tricherie sur ses horaires de travail. Le Syndicat collectif du mouvement des travailleurs (CUMW), affilié à IndustriALL, condamne Youli et Shuangli qu'il accuse d'antisyndicalisme et de violences contre les travailleurs.

Le Président du CUMW, Pav Sina, a déclaré :

"À plusieurs reprises, des contremaîtres ont donné des coups de pied à des travailleuses, leur ont tordu le bras et leur ont lancé des coupes de tissu. Il faut que ces violences et ces insultes cessent.

"Nos membres sont victimes de répression, d'intimidation et de discrimination de la part de la direction par le simple fait qu'ils sont syndiqués; l'entreprise veut détruire le mouvement syndical chez elle. Sa politique antisyndicale est flagrante; après avoir licencié 724 personnes, elle recrute d'autres travailleurs et travailleuses."

La Secrétaire régionale d'IndustriALL, Annie Adviento, appelle Youli à réintégrer ceux et celles qui ont été licenciés, pour garantir leurs salaires et leur sécurité alimentaire pendant la pandémie de Covid-19.

"La violence envers les femmes sur le lieu de travail est totalement inacceptable et j'exhorte l'entreprise à prendre des mesures disciplinaires contre les contremaîtres accusés. La police devrait être saisie parce qu'il s'agit de délits pénaux."

"Le ministère du Travail et de la Formation professionnelle doit diligenter une enquête approfondie sur les allégations de discrimination antisyndicale. Beaucoup d'entreprises de la région utilisent le prétexte du Covid-19 pour se débarrasser de responsables syndicaux; le gouvernement doit imposer l'état de droit et protéger les syndicalistes."

Secteur du cuivre aux États-Unis : pratiques déloyales reprochées à Asarco

Le procès-verbal dressé par le bureau de Phoenix, en Arizona, du NLRB, l’arbitre américain des relations sociales, donne raison aux travailleurs. Le NLRB souligne l’incapacité de la direction d’Asarco à négocier de bonne foi avec les syndicats représentant ses salariés, tant avant que pendant le conflit en cours.

Les accusations portent notamment sur le fait de négocier sans intention de parvenir à un accord, de ne pas fournir les informations nécessaires à la négociation, de ne pas avoir de décideurs à la table avec une autorité suffisante pour négocier, de pratiquer la discrimination à l’encontre des représentants syndicaux, de déclarer de manière illégale le conflit dans l'impasse et de mettre en œuvre unilatéralement des modifications des conditions de travail.

L’entreprise doit répondre par écrit au plus tard le 29 juin.

Cette décision est encourageante pour les quelque 2.000 travailleurs syndiqués qui ont passé huit mois sur les piquets de grève de cinq sites d’extraction et de traitement du cuivre en Arizona et au Texas. La majorité des travailleurs sont représentés par l’affilié d’IndustriALL Global Union, le Syndicat des Métallos USW. D’autres travailleurs sont représentés par d’autres affiliés, les Teamsters, les Chaudronniers (IBB), les Machinistes (IAM) et l’UAW, ainsi que par la FIOE et l’IUOE.

Les travailleurs se sont mis en grève le 13 octobre 2019, après avoir rejeté une nouvelle convention de quatre ans qui ne prévoit toujours aucune augmentation de salaire à l’issue d’un gel des salaires de dix ans. Les travailleurs ont tenu bon sur leurs piquets de grève malgré des mois de difficultés, exacerbées par la crise du coronavirus.

Le Président de l’USW, Tom Conway, a loué la force de caractère des grévistes, tout en appelant au soutien et à la solidarité afin qu’ils puissent tenir un jour de plus que l’entreprise.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a indiqué :

“Ces travailleurs ont courageusement fait face à l’intransigeance de la multinationale pendant huit longs et difficiles mois. Ils ont maintenant été confortés par cette position du NLRB, qui montre que l’entreprise a provoqué le conflit et n’a jamais eu l’intention de proposer un accord équitable. Cette décision est un signe clair que cette tactique a échoué. Elle doit prendre fin maintenant et l’entreprise doit négocier de bonne foi.

Les travailleurs ont montré leur force et leur détermination et ils l’emporteront. Nous sommes fiers d’être à leurs côtés.”