Un glissement de terrain tue plus de 160 mineurs au Myanmar

Le site concerné, une mine de jade, est situé dans une région isolée du nord du Myanmar. On pense que le glissement de terrain dans la mine est consécutif à de fortes pluies. Les mineurs, alors qu’ils collectaient des pierres précieuses, ont été emportés par un fort courant d’eau et de boue.

Au Myanmar. l’exploitation des mines de jade est souvent périlleuse en raison de conditions de travail dangereuses et les glissements de terrain y sont fréquents.

Les inondations ont également détruit environ la moitié du village où vivent les familles des mineurs touchés.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“La santé et la sécurité au travail sont d’une importance capitale dans l’industrie minière et notre affilié MWFM plaide constamment en faveur de réformes visant à renforcer les mesures de sécurité sur les sites d’exploitation.”

“Nous tenons à exprimer nos sincères condoléances aux familles de toutes les victimes touchées par cette catastrophe.”

Le syndicat, la Fédération des mineurs du Myanmar (MWFM), rapporte que les autorités locales avaient émis auprès des mineurs un avertissement contre le travail pendant les fortes pluies.

Le Directeur des mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a déclaré :

“Le gouvernement du Myanmar doit ratifier la Convention 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines et faciliter la syndicalisation sur tous ses sites miniers pour que les travailleurs disposent collectivement d’une voix pour faire améliorer la santé et la sécurité.”

Thaung Nyun, Président de la MWFM, a déclaré :

“Un accident similaire s’est produit en 2015, à Phakant. Le gouvernement doit mener une enquête approfondie sur les causes de l’accident et prévenir une autre catastrophe. Les employeurs et le gouvernement doivent faire passer les gens avant le profit.”

Crédit photo : image d’archive du glissement de terrain dans l’État Kachin au Myanmar en 2015.

Discrimination salariale et corruption chez Medis Dakar au Sénégal

Les syndicats affirment que les difficultés financières que rencontre actuellement cette entreprise sont la conséquence d'une mauvaise gestion et de la corruption. Dans un mémorandum adressé à la direction de Medis Dakar, qui a aussi été envoyé aux ministères de la santé, de l'industrie et du travail, ils déclarent que l'entreprise a pris l'habitude de déclarer des pertes de milliards de francs chaque année et d'annoncer qu'elle est au bord de la faillite.

Selon le syndicat, qui représente 116 des 316 travailleurs de l'entreprise, l'espoir qu'avait fait naître le rachat de l'entreprise par le groupe Medis à Winthorp Pharma Senegal en 2017 est mort.

Les syndicats ont écrit :

"L'arrivée du groupe Medis, considérée comme un nouveau départ, avait donné espoir aux travailleurs. Pourtant, ce fut de courte durée, les travailleurs ayant rapidement perdu leurs illusions tandis que la situation financière se dégradait. Pour la direction, la cause était un manque de liquidités, des matières premières et des conditionnements inadéquats et des problèmes techniques inexpliqués."

Les syndicats ne furent pas convaincus, ils ont enquêté par eux-mêmes et ont constaté des malversations financières, comme par exemple des surfacturations pour l'entretien de véhicules, et une consommation excessive de carburant par la direction, le versement de primes à certains travailleurs au détriment d'autres, des déductions inexpliquées sur des bordereaux de paiement, et des écarts salariaux entre travailleurs effectuant le même travail.

Pour sortir l'entreprise de ses difficultés, les syndicats recommandent des améliorations dans la gestion financière et la gestion des ressources humaines, qui permettront aux travailleurs de se concentrer sur leurs priorités professionnelles et de contribuer au succès de l'entreprise. Les travailleurs réaffirment aussi leur volonté de travailler avec les équipes de Medis pour pérenniser et améliorer le lieu de travail et aider à régler les problèmes techniques et financiers.

Paule France Ndessomin, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, déclare :

"Medis Dakar doit adopter des pratiques de travail loyales, conformes à la législation du travail sénégalaise. Elle doit être équitable en versant le même salaire aux travailleurs qui effectuent un travail d'égale valeur et rencontrer les syndicats pour expliquer certaines décisions de la direction qui sont injustes pour les travailleurs. Le dialogue entre Medis Dakar et les syndicats est essentiel pour construire de meilleures relations professionnelles dans l'entreprise."

Les syndicats des mines solidaires face à la COVID-19

Les syndicats des mines se sont rassemblés pour une réunion virtuelle le 30 juin, avec plus de 130 participants d’une quarantaine de pays.

Face à cette pandémie dévastatrice, les participants ont rendu hommage aux travailleurs de la santé publique de première ligne, les qualifiant de super-héros. Les mineurs ont été décrits comme étant pris entre les intérêts économiques nationaux dérivés de l’exploitation minière et leur propre santé et sécurité, ainsi que celle de leurs communautés, les compagnies minières en arrivant à mettre le profit au-dessus de toute autre considération, l’exploitation minière étant déclarée comme un service essentiel dans la plupart des pays.

Des mines du Brésil, du Chili, du Pérou, de Pologne et d’Afrique du Sud sont devenues des épicentres de la maladie.

Dans son discours d’ouverture, le coprésident du secteur, Steve Hunt, a décrit l’impact disproportionné de la pandémie sur les pauvres et la classe ouvrière et comment la solidarité mondiale entre les travailleurs des mines ainsi que la promotion et le strict respect de la Convention 176 de l’OIT étaient essentiels pour combattre l’impact de la crise.

Lucineide Varjao Soares, coprésidente du secteur, a souligné comment le manque de démocratie, la violation des droits fondamentaux et la mauvaise gouvernance ont fait de la Covid-19 une crise sans précédent au Brésil, avec plus de 60.000 morts et plus d’un million de personnes infectées au Brésil et dans d’autres pays d’Amérique latine.

Les femmes sont durement touchées par la crise. Outre l’environnement hostile que représente l’industrie à l’égard des femmes, elles ont la charge supplémentaire que représente le fait de s’occuper des malades. Dans les mines encore en activité, la pratique de la distanciation sociale a apporté un certain soulagement aux travailleuses des mines, souvent victimes de harcèlement sexuel par des attouchements inappropriés de la part d’hommes dans des cages d’ascenseur surchargées.

La réunion est convenue que la Covid-19 devrait être reconnue comme une maladie professionnelle et a pris note de la reconnaissance comme telle par l’Argentine et l’Afrique du Sud. La C176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines devrait être utilisée pour traiter du coronavirus : les articles 5 et 7 stipulent que les réglementations nationales doivent garantir que l’employeur dispose d’un plan de santé et de sécurité et “éliminer ou minimiser les risques” dans les mines.

La campagne pour la ratification de la convention C176 de l’OIT doit être intensifiée à Madagascar et en Inde.

Les attaques contre les droits des travailleurs se multiplient dans le monde entier. Les syndicats ont confirmé que des centaines de milliers d’emplois ont été perdus à cause des réductions d’effectifs. Les sous-traitants sont les plus vulnérables, la vaste majorité de l’industrie minière mondiale étant en état de fermeture partielle ou totale et certains sites étant sous surveillance et entretien.

Le sort des mineurs ukrainiens et de leur lutte de longue haleine pour le paiement de leurs arriérés de salaire a été mis en lumière, tout comme la lutte en Inde contre la privatisation de l’industrie du charbon. Au Maroc, les salaires ont été réduits et les congés non payés sont courants dans la plupart des pays. En outre, des conditions précaires, relatives à des contrats courts, des bas salaires et de mauvaises conditions de travail, deviennent courantes.

Glen Mpufane, Directeur d’IndustriALL des mines et DGOJP, a déclaré que bien que la Covid-19 a provoqué des perturbations du côté de l’offre et de la demande dans l’industrie minière mondiale, les travailleurs ne devraient pas être offerts en sacrifice.

“Il faut adopter une approche responsable et fondée sur les meilleures pratiques pour faire face à la pandémie, qui comporte un minimum de dispositions non négociables, la sécurité de revenu, le respect des droits fondamentaux des travailleurs et des négociations collectives ainsi que la recherche du plus haut niveau de santé et de sécurité au travail, conformément à la convention C176 de l’OIT.

Les sociétés minières sont tenues de respecter les normes du travail nationales et internationales et de ne pas utiliser la pandémie comme excuse pour contrevenir aux droits des travailleurs.”

Afin de promouvoir une exploitation minière responsable pendant la Covid-19, IndustriALL travaille avec l’Initiative for Responsible Mining, le Responsible Mining Index et est en contact direct avec Anglo American, Glencore et Rio Tinto, en dépit des difficultés qui existent avec Glencore et Rio Tinto dans certains pays.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré que la solidarité est essentielle et a rappelé aux syndicats leur rôle historique dans la lutte pour leurs droits.

“Pour protéger au mieux et faire progresser les droits de nos membres, la solidarité internationale est essentielle dans ce contexte difficile de la pandémie.”

Nigeria : un syndicat proteste contre le lock-out imposé à l’usine chimique Nycil

Les travailleurs formant le piquet de grève se sont engagés à se rassembler devant les portes de l’entreprise jusqu’à l’obtention de sa réouverture et la reprise de leur travail. Ils sont membres du Syndicat national des employés de la chimie, de la chaussure, du caoutchouc, du cuir et des produits non métalliques (NUCFRLANMPE), affilié à IndustriALL Global Union.

Bien que l’entreprise n’ait pas précisé les raisons du lock-out, NUCFRLANMPE la soupçonne de vouloir réduire la masse salariale. Le syndicat, qui affirme que l’entreprise ne peut prendre des décisions unilatérales sans le rencontrer, réclame l’engagement d’un dialogue avec l’entreprise.

Selon le syndicat, la situation a été aggravée par « l’attitude anti-travailleur » du propriétaire de Nycil, Adetola Adebayo, qui a toujours refusé de nouer le dialogue avec le syndicat. Les relations du travail se sont détériorées au sein de l’entreprise après son rachat par l’actuel propriétaire en 2014. Toutes les tentatives de NUCFRLANMPE pour entamer un dialogue avec l’employeur ont échoué.

Le ministère du Travail et de l’Emploi a été contacté afin d’intervenir pour mettre fin au lock-out à Nycil, une entreprise que les travailleurs décrivent comme "l’un des pires employeurs du Nigeria".

Tunde Olagoke, NUCFRLANMPE, Secrétaire adjoint au niveau national, a déclaré:

"Nous avons reçu des informations selon lesquelles Nycil souhaite procéder à des compressions d’emploi. Ce n’est pas acceptable car personne n’a créé la COVID-19. Il est nécessaire de mettre en place une stratégie collective pour gérer la situation afin qu’aucun travailleur laborieux ne perde son emploi."

Les travailleurs refusent que Nycil utilise la COVID-19 comme excuse alors que les activités de l’entreprise n’ont pas été affectées par la pandémie.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale à IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué :

"Il est inacceptable que Nycil impose un lock-out aux travailleurs. La direction doit rencontrer le syndicat pour régler les problèmes. Elle ne peut pas prendre de décisions unilatérales car cela viole le droit du travail nigérian, détruit la confiance et est injuste envers les travailleurs."

Nycil Nigeria est une entreprise de produits chimiques spécialisée notamment dans la fabrication de polymères synthétiques, de polymères acryliques, de résines de polyester et d’émulsion d’homopolymères, qui sont utilisés dans la fabrication de peintures, de textiles, d’emballages et de papeterie.

Les travailleurs du pneu turcs obtiennent une convention avec Goodyear

Dans le régime de relations de travail turc, la négociation collective multiemployeurs est pratiquée depuis des décennies, en particulier dans les secteurs où le mouvement syndical est puissant. L'industrie du pneu est l'un d'eux et Lastik-İş négocie avec toutes les grandes multinationales du pneu.

Cette fois, Goodyear avait décidé de se retirer de la négociation de groupe entre Lastik-İş et les principaux employeurs, voulant imposer des conditions d'emploi inférieures à celles d'autres fabricants. Le même cahier de revendications a été soumis à toutes les entreprises et Lastik-İş a mené à bien la négociation avec certains, obtenant de bonnes conditions qui ont été approuvées par la base, conformément à la tradition démocratique du syndicat.

Devant la fermeté de Lastik-İş et la menace évidente d'une action de grève faute d'un accord, le 30 juin, la multinationale américaine a accepté cette convention d'une durée de deux ans avec effet rétroactif au 1er janvier 2020.

De ce fait, les conditions de travail seront identiques dans toutes les multinationales du secteur en Turquie.

Goodyear a deux usines en Turquie, dans les villes de Kocaeli et Adapazarı. 

Lastik-İş ne cesse d'engranger les succès en Turquie, où il a totalement éradiqué l'emploi temporaire et précaire chez les principaux employeurs du pneu. Il en va de même avec cette nouvelle convention par laquelle 300 salariés de Goodyear sont passés du statut de travailleur d'appoint en sous-traitance à celui de permanent conventionné. Goodyear s'est engagé à ne plus faire appel dorénavant à de la main-d’œuvre en sous-traitance.

La nouvelle convention collective a fortement revalorisé les prestations sociales, qui passent de 20 à 54 pour cent, les salaires progressant au total de 8 pour cent en plus de l'inflation. Les agents de production à plein temps voient leur rémunération totale augmenter de 8,3 pour cent, pour atteindre 12.270 lires turques, soit 1.590 euros, par mois.

 

Alaaddin Sari, le président général de Lastik-İş et vice-président de la centrale nationale DİSK, s'est adressé aux travailleurs en ces termes :

"Vous avez été forts tout au long de cette épreuve; vous n'avez jamais cédé. Nous avons obtenu des gains importants en matière d'assurance santé familiale et de primes, et nous avons obtenu avec Goodyear le même accord cadre qu'avec les autres employeurs du pneu."

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a salué cette victoire en ces termes :

"Goodyear nous inquiète par son hostilité envers les syndicats en Indonésie, au Mexique, en Turquie et ailleurs. Ce contexte rend encore plus douce cette victoire de mon syndicat d'origine."

Les syndicats de l’énergie s’attaquent aux effets de la Covid-19

Environ 130 participants d’une cinquantaine de pays se sont rassemblés pour une réunion virtuelle du secteur de l’énergie sur la Covid-19, afin de discuter des impacts, des approches et des réponses.

Dans son allocution d’ouverture, le coprésident du secteur, Frode Alfheim, du syndicat norvégien Industri Energi, a expliqué un’accord conclu entre les syndicats, les employeurs et le gouvernement.

“L’accord garantit des emplois aujourd’hui et pour les générations futures et n’aurait pas été possible sans les efforts des syndicats.”

L’autre coprésident du secteur, Apsorn Krissanasmit, du PTT LU de Thaïlande, a souligné l’importance du dialogue social en temps de crise.

“Les syndicats en Ukraine sont attaqués, par le biais d’un certain nombre de nouveaux projets de loi actuellement examinés par le Parlement. Si ceux-ci reçoivent le feu vert, ils priveront les syndicats de droits et de possibilités d’action,”

a déclaré Valery Matov, Président du syndicat ukrainien Atomprofspilka et coprésident du secteur nucléaire.

Diana Junquera Curiel, Directrice pour l’énergie chez IndustriALL, a souligné l’importance de se serrer les coudes en temps de crise et a fait l’éloge des syndicats de l’énergie pour leur défense des droits des travailleurs et la poursuite d’actions de solidarité en faveur des travailleurs et travailleuses et leurs syndicats partout dans le monde.

“Le plan d’action que nous avons élaboré lors de la conférence mondiale sur l’énergie il y a deux ans à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour soutenir nos affiliés, guide notre travail. Nous avons renouvelé les accords-cadres mondiaux avec Lukoil, Siemens Gamesa et Eni, nous œuvrons au processus de renouvellement avec Total, Engie et Enel et nous travaillons sur la mise en œuvre de celui d’EDF.

La campagne avec Shell se poursuit, même si l’entreprise est réticente à s’engager avec nous au niveau mondial.”

IndustriALL travaille avec différentes institutions telles que l’OIT et les multinationales de l’énergie pour minimiser l’impact de la pandémie et faire face aux pertes d’emploi massives.

La Covid-19 a donné aux entreprises énergétiques l’occasion de poursuivre un programme antisyndical, sous couvert du recours aux services essentiels dans le cadre des réglementations nationales de confinement, ou à l’inverse, lorsque les services énergétiques sont considérés comme des services essentiels et que les travailleurs sont soumis à un manque de protection. Les négociations collectives, le processus de consultation et la santé et la sécurité sont devenus les victimes des attaques de ces entreprises énergétiques mondiales.

Hashmeya Alsadawe, du Syndicat général des employés du secteur de l’électricité en Irak, en tant que membre du Comité exécutif d’IndustriALL, a souligné que les femmes et les travailleurs en sous-traitance sont durement touchés par la pandémie.

L’industrie de l’énergie en Australie emploie un grand nombre de travailleurs en sous-traitance et, selon l’AMWU, le Syndicat australien de la manufacture, l’impact de la Covid-19 se fait sentir sur ces entreprises. Lorsque la pandémie a frappé, les employeurs ont plaidé en faveur d’une modification des roulements d’équipes pour y intégrer des périodes de quarantaine et minimiser l’infection, mais aussi pour faire adopter des changements entraînant une détérioration des conditions de travail des travailleurs.

Certains pays ont réussi à trouver de bonnes solutions grâce au dialogue social, comme en Jordanie, où le Syndicat général des travailleurs de l’électricité, en collaboration avec les employeurs, a trouvé des solutions pour les travailleuses ayant des enfants, en tenant compte par exemple du manque de garderies.

Dans les pays où les mesures de confinement sont levées, un retour au travail en toute sécurité est une priorité pour les syndicats. Engie, partenaire dans le cadre d’un ACM, garantit à tous ses salariés la couverture des frais d’hospitalisation liés à la Covid-19, ainsi que la couverture des frais en cas de décès.

“Cette crise a considérablement ralenti notre secteur. Plus que jamais, les syndicats sont importants, car les travailleurs de l’industrie de l’énergie sont durement touchés,”

a indiqué le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan.

“Malgré ces temps difficiles, nos actions dans le secteur de l’énergie vont se poursuivre. Nos emplois, notre santé, notre sécurité et nos moyens de subsistance et même la viabilité de nos communautés, sont en jeu et, plus que jamais, nous avons besoin de solidarité les uns avec les autres.”

Répondre aux défis du secteur des TIC, de l’électricité et de l’électronique

Alors que certains segments du secteur des TIC, de l’électricité et de l’électronique, tels que l’électronique grand public, l’aviation et l’automobile, ont licencié massivement, la demande en semi-conducteurs et dispositifs liés aux centres de données ainsi que la demande relative à la prochaine génération de systèmes de réseaux de communication à haut débit, comme la 5G, ne cessent de croître.

La pandémie devrait accélérer le développement des technologies liées à Industrie 4.0, comme la robotisation et l’intelligence artificielle. Les travailleurs des branches des télécommunications, de l’énergie et des soins de santé relevant du secteur des TIC, de l’électricité et de l’électronique signalent une charge de travail plus élevée qu’à l’ordinaire.

Les syndicats du monde entier rapportent des cas d’employeurs prétextant de la COVID-19 pour licencier leurs travailleurs, suspendre les conventions collectives et annuler les augmentations salariales.

Le syndicat thaïlandais TEAM a déposé une réclamation après la mise à pied de 12 femmes embauchées en sous-traitance.

Privilégiant une solution fonctionnelle en temps de crise, le syndicat suédois Unionen a signalé le cas d’un accord tripartite relatif au financement des emplois à court terme par les caisses de chômage. Les syndicats ont également fait pression pour que le temps de paralysie de la production soit consacré au développement des compétences, à la formation professionnelle et à l’apprentissage à distance.

D’aucuns craignent fortement pour les droits des travailleurs en matière de santé et de sécurité, notamment dans les usines situées en Amérique latine où la pandémie continue de s’accélérer. Les syndicats brésiliens rapportent que la COVID-19 a mis à jour des inégalités structurelles dans les pays, les femmes faisant face à de grandes difficultés. Pour beaucoup d’entre elles, le retour au travail est difficile en raison de la fermeture de nombreux services de garde d’enfants et d’écoles. Les syndicats négocient avec les entreprises pour que des dispositions soient prises afin qu’elles puissent travailler plus longtemps à domicile. Les syndicats font également pression pour la mise en place de mesures permettant de lutter contre l’augmentation de 25% de la violence domestique au Brésil.

Alors que les travailleurs commencent à retourner au travail dans d’autres parties du monde, il est crucial de veiller à ce que ce retour se fasse en toute sécurité.

Au Japon, une directive relative à la COVID-19 sur les mesures de santé et de sécurité pour les femmes enceintes a été améliorée à l’initiative d’une députée, membre du syndicat JEIU.

Le coprésident du secteur, Prihanani Boenadi, membre de la FSPMI en Indonésie, a souligné l’importance de l’élaboration d’une nouvelle stratégie de syndicalisation permettant de toucher les travailleurs en télétravail, ce mode de travail étant susceptible de se normaliser à l’avenir :

"Les syndicats doivent développer de nouveaux outils et méthodes de communication pour organiser les travailleurs dans l’après COVID-19."

Devant le rôle essentiel que devrait avoir les batteries si l’on veut réduire les émissions de CO2, IndustriALL et ses affiliés, qui représentent les travailleurs dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en batteries, élaborent une stratégie applicable à cette chaîne d’approvisionnement. Certains minéraux clés entrant dans leur production, il est particulièrement important de veiller à garantir des conditions de travail décentes et à développer une industrie respectueuse de l’environnement et du social.

Le Comité a confirmé les activités spécifiques du secteur pour le second semestre 2020-2021:

"Nous devons participer à l’organisation des travailleurs et à la préservation de leurs droits,"

a déclaré Kan Matsuzaki, directeur chargé du secteur des TIC, de l’électricité et de l’électronique chez IndustriALL.

"La déclaration politique d’IndustriALL, adoptée par le Comité exécutif en mai, orientera les travaux sectoriels dans les années à venir. Nous voyons que la coopération et la solidarité internationale sont nécessaires pour surmonter les défis à venir et que les syndicats doivent être assis à la table des négociations lorsque les politiques industrielles de l’après-COVID-19 seront discutées."

Takahiro Nonaka, coprésident de la section, a déclaré dans son message :

"Nous vivons une période de grands changements. Nous utiliserons de plus en plus activement les TIC et l’arrivée de la société numérique s’accélérera. Cependant, peu importe la façon dont nous faisons face au changement, notre mission est d’avoir une société qui donne la priorité aux gens."

Un tribunal iranien condamne des travailleurs au fouet, au travail forcé et à la prison

Ces travailleurs sont ainsi punis pour avoir protesté contre le non-paiement de leurs salaires après la privatisation d'Azarab Industries. Ils n'ont pas été payés pour les mois de mai et juin de cette année. Le tribunal a jugé que les travailleurs qui ont participé aux manifestations se sont rendus coupables de trouble de l'ordre public et d'insulte envers des responsables publics. Les condamnés peuvent faire appel.

Les travailleurs avaient déjà protesté contre la privatisation et le non-paiement de leurs salaires en octobre dernier. IndustriALL était intervenu lorsque 21 travailleurs d'Azarab avaient été arrêtés. Depuis la privatisation de l'entreprise, les travailleurs subissent une forte détérioration de la sécurité d'emploi et des prestations ainsi que de fréquents retards dans le paiement de leurs salaires.

Depuis quelques années, plusieurs entreprises d'État iraniennes ont été privatisées et leur direction confiée à des proches du régime. L'Union des travailleurs de la métallurgie et de la mécanique d'Iran (UMMI), qui est affiliée à IndustriALL, a publié une déclaration accusant les auteurs des privatisations d'être des "escrocs et une bande de criminels" qui s'attaquent au gagne-pain des travailleurs.

"Les actions de protestation ne s'arrêteront pas et les revendications du mouvement syndical ne seront pas étouffées", poursuit le texte de la déclaration.

"L'UMMI et les camarades des mines d'Haft Tappeh, d'Azarab, d'Arak, de Kerman, d'Assaluyeh et des quatre coins du pays réclament l'arrêt de la privatisation des industries du pays et des sanctions contre les employeurs qui ne paient pas les salaires."

Le Secrétaire général d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Une fois de plus, les travailleurs iraniens subissent une attaque brutale alors qu'ils revendiquent leurs droits fondamentaux. Les travailleurs d'Azarab doivent être libérés sur-le-champ. Tous les chefs d'accusation doivent être abandonnés et les arriérés de salaires versés.

"Nous réitérons notre appel au gouvernement de la République islamique d'Iran pour que cessent les arrestations et la répression des travailleurs, des activistes syndicaux et des syndicats indépendants. Nous réclamons en particulier la fin de la pratique inhumaine de la peine capitale."

Azarab est une grande firme manufacturière qui fabrique des composants pour les centrales d'énergie et les raffineries. Ses principaux produits sont des chaudières, des turbines et des cuves de réacteur.

Afrique : campagne syndicale pour la ratification de la C190 de l’OIT

“Les travailleurs et travailleuses doivent participer à l’élaboration d’une solution pour mettre fin à la violence sexiste dans le monde du travail, en créant un espace permettant d’en finir avec des comportements inacceptables ainsi qu’une culture du silence et susciter le changement sur le lieu de travail. Nous devons engendrer un lieu de travail exempt de violence et de harcèlement,”

martèle Rose Omamo, Secrétaire générale du Syndicat unifié des métallurgistes du Kenya et membre du Comité exécutif d’IndustriALL Global Union.

Le Cabinet namibien a approuvé la proposition de ratification des conventions 190 et 189 de l’OIT, qui sera bientôt soumise au parlement.

En Ouganda, le Comité national des femmes d’IndustriALL a appelé à la ratification de la C190 lors d’un rassemblement dans la région de Mbale auquel ont participé des dirigeants syndicaux, le Président, le Président du Parlement ainsi que d’autres dignitaires.

Au Zimbabwe, les syndicats rencontrent les ministères du travail et de la protection sociale ainsi que celui des affaires féminines avant que la ratification ne soit présentée au Parlement.

Le 8 mars, le Syndicat des mineurs de Zambie a célébré la Journée internationale de la femme en lançant un appel à la solidarité auprès du Congrès des syndicats zambiens afin d’encourager le gouvernement à ratifier la Convention 190 de l’OIT.

Les syndicats en Afrique sont encouragés à faire pression sur leurs gouvernements pour qu’ils ratifient la C190. Le Syndicat des travailleurs du textile et de l’habillement d’Afrique australe (SACTWU) mène une campagne au quotidien sur les médias sociaux.

Andre Kriel, Secrétaire général du SACTWU, indique :

“Notre principale intention est de porter sans relâche cette question au regard du public, jusqu’à la ratification. Nous avons constamment soulevé la question auprès du Comité exécutif central (CEC) du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) et celui-ci a maintenant repris la campagne à son compte en abordant la question de la ratification directement avec le Ministre de l’emploi et du travail, Thulas Nxesi. En outre, un appel a été lancé directement au Président sud-africain Cyril Ramaphosa lorsqu’il s’est adressé au CEC en février 2020.”

Le COSATU a également soulevé la question auprès de la Commission de l’emploi et du travail du Parlement.

Le 21 juin a marqué le premier anniversaire de l’adoption de la Convention 190 et de la Recommandation 206 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail. L’Uruguay est le premier pays à avoir ratifié la C190 et les Fidji suivront bientôt. Douze mois après que les Fidji l’auront fait, la Convention 190 entrera en vigueur.

Armelle Seby, Coordinatrice de l’égalité des genres auprès d’IndustriALL, confie :

“L’adoption de la C190 est importante pour mettre fin à la violence et au harcèlement sexuel sur le lieu de travail. En Afrique du Sud, plusieurs femmes ont été tuées dans l’exercice de leur métier : dans des mines, dans des sous-stations électriques et sur d’autres lieux de travail et des travailleuses sont violées dans les communautés où elles vivent et tuées chez elles.”

Armelle Seby, IndustriALL gender coordinator says:

“The adoption of C190 is important in ending gender-based violence and sexual harassment at the workplace. In South Africa, several women have been killed at work; in the mines, at power sub-stations and other workplaces, and working women are raped in the communities where they live and killed in their homes.”

Inde: le gouvernement doit prendre des mesures rapides pour empêcher une nouvelle catastrophe de Bhopal

L’Inde a récemment été le témoin de nombreux accidents industriels dont une fuite de gaz toxique à LG Polymers, une explosion dans une usine chimique à Dahej, l’explosion d’une chaudière au Tamil Nadu, une fuite de gaz toxique dans une papeterie à Chhattisgarh, l’explosion d’une chaudière dans l’usine chimique de Lucknow, ainsi que de plusieurs accidents dans le secteur houiller. Plusieurs travailleurs ont été blessés et tués, et des communautés ont été exposées à des substances chimiques toxiques.

Les accidents révèlent une succession d’échecs. Si rien n’ait fait pour résoudre les causes, la possibilité d’une catastrophe majeure de l’ampleur de la catastrophe de Bhopal de 1984 ne peut être exclue. Il est également important de noter que cette série d’accidents s’est produite alors que les usines rouvraient après les mesures de fermeture appliquées pour lutter contre la COVID-19.

Dans une lettre adressée au Premier ministre indien, IndustriALL Global Union souligne que les accidents graves de cette ampleur échappent au contrôle des personnes, et sont difficiles à analyser et à prévenir au moyen des protocoles traditionnels de santé et de sécurité au travail. Tous les aspects touchant à la sécurité, y compris les matériaux, les outils, l’équipement, l’environnement de travail, les postes et les procédures de travail, et les personnes (à la fois la direction et les travailleurs) doivent établir un système de prévention à plusieurs niveaux afin de limiter de possibles défaillances.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a exprimé son inquiétude à propos des accidents ayant causé des pertes en vies humaines évitables et de graves conséquences pour la santé de centaines de milliers de personnes.

"Nous appelons le gouvernement de l’Inde à entreprendre une révision immédiate des normes de sécurité et des mesures assurant le respect de la sécurité, ainsi qu’à prendre des mesures pour intégrer les principes de gestion de sécurité des processus dans les cadres législatifs et régulateurs.

"Le gouvernement devrait demander la tenue d’une consultation publique, impliquer les syndicats et garantir une transparence totale afin d’améliorer les mesures de sécurité et prévenir les accidents potentiels. IndustriALL Global Union est prêt à travailler avec le gouvernement, les employeurs et toutes les parties prenantes pour le bien des travailleurs et de la société dans son ensemble."

La tragédie de Bhopal, l’une des catastrophes industrielles les plus meurtrières au monde, a été causée par une fuite de gaz, en décembre 1984, à l’usine de pesticides Union Carbide India Limited (UCIL) à l’usine Bhopal, située dans la province indienne de Madhya Pradesh. Plus de 15 000 personnes sont mortes et plus de 500 000 personnes qui vivaient autour de l’usine ont été exposées à de l’isocyanate de méthyle.