Les travailleurs protestent contre les arriérés de salaires et les licenciements dans les mines d'or d'Afrique du Sud

Ces travailleurs, parmi lesquels des adhérents des affiliés d'IndustriALL Global Union National Union of Mineworkers (NUM) et National Union of Metalworkers of South Africa (NUMSA), manifestaient ainsi depuis le mois d'avril pour réclamer le paiement de leurs salaires et l'arrêt des licenciements.

L'un d'eux, Junior Kgoedi, de la mine de Kopanang, déclare :

"Puisque ces licenciements ont eu lieu pendant le confinement, pourquoi ne pouvons-nous pas protester pendant le confinement ? Pourquoi choisissent-ils de licencier pendant notre absence ? Ils ont profité du fait que la plupart des travailleurs étaient rentrés chez eux, dans d'autres provinces."

1.500 travailleurs migrants du Botswana, de l'Eswatini, du Lesotho, et du Mozambique n'ont pas été payés depuis le début du confinement, en mars. Ils ne peuvent pas rentrer dans leurs pays car les frontières sont fermées. 146 autres travailleurs, habitant la région, n'ont pas non plus perçu leurs salaires.

 

Realeboha Majara, du Lesotho, travaille à la mine de Kopanang depuis trente ans. Son premier travail était à l'entretien des canalisations avant de devenir conducteur de locomotive, puis foreur, contremaître, chef d'équipe et mineur, avant de devenir chef de poste. Il est le président de la section du NUM à cette mine et il estime que la situation des travailleurs migrants est pire.

"Nous exigeons le versement immédiat de nos salaires. Privés de revenus, les travailleurs se débattent et survivent grâce à des dons d'amis. Bien que les ouvriers remplissent les conditions pour toucher les allocations de chômage prévues par le programme de secours temporaire pendant le Covid-19, ils n'ont encore rien reçu."

Le NUM conteste les licenciements devant les tribunaux et demande que Village Main Reef (VMR) respecte les conventions collectives qu'il a signées avec les syndicats. Un recours a aussi été introduit devant la Commission de conciliation, de médiation et d'arbitrage.

Le président du NUM, Joseph Montisetse, déclare :

"Nous nous adressons au ministère des Ressources minérales pour qu'il invalide les préavis de licenciement qui ont été envoyés irrégulièrement sans respecter la procédure inscrite dans la législation du travail."

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie minière, déclare :

"Les compagnies minières doivent consulter les syndicats en cas de licenciement et de fermeture de mine. Le Covid-19 n'est pas une excuse pour piétiner les droits des travailleurs et VMR doit suivre des pratiques loyales du travail."

Village Main Reef (VMR), propriétaire des mines et de l'usine, fait partie du groupe Heaven-Sent Gold Group de Hong Kong. Il a racheté ces sites en activité à AngloGold Ashanti en 2017.

Les entreprises aérospatiales doivent assumer leurs responsabilités au Maroc et en Tunisie

Au moment de présenter leurs plans de licenciement dans la région MENA, ces entreprises n’assument pas leurs responsabilités. Après avoir considérablement profité de leur main d’œuvre au Maroc et en Tunisie, les entreprises licencient maintenant leur personnel sans respecter la loi.

Le réseau syndical IndustriALL MENA de l’aérospatiale a débattu des conséquences de la crise de la Covid-19 et des réponses syndicales à apporter avec les coprésidents du secteur aérospatial, originaires des États-Unis et de France.

Les participants ont dénoncé les entreprises multinationales qui licencient des salariés sans respecter pleinement les lois nationales, les conventions collectives et les règles d’un véritable dialogue social.

La région MENA, à part les États du Golfe mais notamment au Maroc et en Tunisie, est devenue une plaque tournante importante pour l’industrie aérospatiale, ainsi que pour l’entretien, la réparation et la révision des avions et des moteurs. Plus de 35.000 salariés sont employés dans plus de 250 entreprises au Maroc et en Tunisie, les faisceaux de câblage étant un produit phare.

Des entreprises de l’aérospatiale de stature mondiale comme Stelia (Airbus), Boeing et Safran ont investi dans la région au cours des deux dernières décennies en raison du faible coût du travail, d’une main-d’œuvre qualifiée, de mesures incitatives de l’État (par exemple, des zones économiques spéciales) et de la proximité de l’Europe.

Toutefois, les conditions de travail sont souvent mauvaises, avec de longues journées de travail et des salaires horaires inférieurs à l’équivalent de 2 dollars. De nombreuses entreprises contestent également le droit des travailleurs à former un syndicat et licencient les syndicalistes lorsqu’elles ont connaissance d’une campagne de syndicalisation.

Tahar Berberi, Secrétaire général de la Fédération Générale de la Métallurgie et de l’Électronique (FGME-UGTT) de Tunisie, souligne qu’il n’existe aucune protection sociale pour les travailleurs et que la perte d’un emploi signifie une pauvreté immédiate.

“Les entreprises passent outre et fuient leur responsabilité. Pour l’instant, nous voulons négocier des solutions pour éviter les licenciements, comme le chômage partiel, la réduction du temps de travail pour tous, etc. Ensuite, nous voulons ajouter des éléments de sécurité sociale dans les conventions collectives.”

Boutayeb Bouchkhachakh, Secrétaire général adjoint du Syndicat National des Industries Métallurgiques et Électromécaniques (SNIME- CDT) du Maroc, confie :

“Selon le droit du travail marocain, les employeurs sont tenus de verser aux salariés une indemnité de 1,5 mois par année en cas de licenciement pour raisons économiques. En réalité, ils essaient souvent de s’en tirer avec moins que cela.”

Dans les entreprises où les travailleurs sont représentés, les syndicats ripostent et ont négocié avec succès des solutions alternatives pour réduire sensiblement le nombre de licenciements. Les représentants du SNIME-CDT et de l’UMT signalent que grâce aux actions et négociations collectives, les licenciements planifiés ont été réduits et des solutions socialement responsables ont été trouvées, notamment des licenciements temporaires avec droit de retour au travail après un an.

Atle Høie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

”Nous travaillons en étroite collaboration avec nos affiliés de la région MENA pour intensifier le travail syndical dans le secteur. Avec la crise actuelle, il faut que les employeurs comprennent que le dialogue avec les syndicats est le moyen de parvenir à des solutions soutenables sur le long terme.”

Myanmar: un fabricant de vêtements utilise la COVID-19 pour démanteler un syndicat

Le 12 mars, Kamcaine a licencié 57 membres de la Fédération des travailleurs de l’industrie du Myanmar (IWFM), dont 7 membres exécutifs du syndicat, en prétextant de la baisse de commandes causée par la COVID-19.

Bien que les dirigeants d’IWFM se soient entretenus avec la direction pour trouver une solution, l’entreprise refuse de verser une indemnité aux travailleurs licenciés et ne les réembauchera que comme nouveaux travailleurs.

L’entreprise dément avoir eu un comportement antisyndical et affirme que les licenciements économiques ont été mis en œuvre sans distinction et aléatoirement.

Le président d’IWFM, Khaing Zar, n’est pas de cet avis:

"C'est un total non-sens. Kamcaine a tenté plusieurs fois de démanteler le syndicat depuis février. Les dirigeants syndicaux locaux ont été licenciés sans raison valable, la corruption a été utilisée pour diviser le syndicat et les travailleurs logés dans le foyer de l’entreprise ont été contraints de quitter le syndicat pour pouvoir continuer à y habiter."

"Le recrutement de nouveaux travailleurs aux postes de nos membres actifs peu après leur licenciement est la preuve la plus tangible de l’antisyndicalisme de l’entreprise. Aucun plan de licenciement économique ne doit être mis en œuvre sans que le syndicat soit consulté adéquatement."

Christina Hajagos-Clausen, Directrice à IndustriALL en charge de l’industrie textile et de la confection, a déclaré:

"Kamcaine viole clairement les droits des travailleurs de la confection. L’entreprise refuse de nouer le dialogue avec le syndicat pour trouver une solution, en violation avec la disposition sur la politique de ‘tolérance zéro’ prévue par la directive sur la liberté syndicale.

Nous sommes en train de contacter les marques dont les produits sont fabriqués dans l’usine pour trouver un règlement du différend."

IndustriALL Global Union a écrit à Kamcaine pour l’appeler à réintégrer immédiatement les 57 travailleurs sans baisse de leurs salaires totaux et avantages sociaux, et à respecter les lignes directrices sur la liberté syndicale signées par les clients de Kamcaine.

Victoire des mineurs ukrainiens après 11 jours de protestations

Cette action de protestation était organisée par le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine (NPGU), qui a mobilisé ses membres des charbonnages des mines privées et d'État de tout le pays pour réclamer la reprise des activités, la garantie de leur régularité et le versement d'arriérés de salaires s'élevant à 1,2 milliard de hryvnia (45,8 millions $).

 
 

Pendant ces protestations, des négociations ont eu lieu au ministère de l'Énergie entre les compagnies minières et l'entreprise d'État Centrenergo, premier consommateur de charbon du pays. Elles ont abouti à un contrat pour la reprise des livraisons de charbon ukrainien aux centrales thermiques de Centrenergo. Les parties ont aussi conclu un accord préliminaire avec deux banques publiques pour l'ouverture d'une ligne de crédit à Centrenergo qui permettra le paiement dans les délais du charbon livré et des salaires des mineurs.

Ainsi, les mines publiques et privées pourront relancer leurs activités et les mineurs reprendre le travail.

La ministre faisant fonction de l'Énergie, Olga Buslavets, a servi de médiatrice dans les négociations et donné aux protestataires des garanties quant au redémarrage des charbonnages à l'arrêt, au versement des arriérés de salaires et à la reprise des achats de la houille extraite des charbonnages d'Ukraine.

La compagnie minière Dobropillyavuhillia, qui exploite cinq mines dans la région de Donetsk, a repris ses activités le 13 juillet, et les mineurs sont retournés au travail après cinq mois d'inactivité forcée.

Le Président du NPGU, Mykhailo Volynets, insiste sur l'urgente nécessité d'une solution globale et systématique aux problèmes du secteur de l'énergie :

"La protestation a été intense mais les mineurs sont très satisfaits des progrès obtenus, en particulier pour les arriérés de salaires et les mines d'État. Toutefois, rien ne garantit la stabilité future des mines et de nouveaux arriérés de salaires sont à craindre. Le NPGU espère poursuivre un dialogue global avec les pouvoirs publics et les employeurs."

Ces dernières années, les mineurs des charbonnages d'État ont mené de nombreuses actions dans toute l'Ukraine afin d'attirer l'attention sur la situation critique de l'industrie charbonnière et des salaires régulièrement en retard.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL félicite le NPGU, les mineurs et leurs familles qui ont remporté cette victoire ensemble. Nous exhortons les autorités ukrainiennes à entamer un dialogue social avec les syndicats afin d'améliorer la situation dans l'industrie charbonnière, de garantir la stabilité de la production et de l'emploi, ainsi que la régularité du versement des salaires." 

Gokaldas Exports poursuit sa campagne antisyndicale en Inde

Gokaldas Exports possède 20 usines et, le 8 juin, la direction a annoncé le licenciement de l’ensemble des travailleurs et travailleuses de sa seule usine syndiquée. Les usines de plus de 100 travailleurs doivent obtenir l’autorisation préalable des autorités avant de procéder à des licenciements, ce qui rend la démarche illégale puisque, à l’époque, 1.200 personnes étaient employées dans l’usine.

Le soir même, les travailleuses ont entamé un sit-in aux portes de l’entreprise, qui se poursuit encore aujourd’hui.

Au moment des licenciements, le géant suédois de la mode H&M était le seul acheteur. Le syndicat, affilié à IndustriALL, Unions United, est engagé dans une procédure de conciliation devant le Ministère du travail. La direction de Gokaldas a refusé d’assister aux réunions convoquées par le Comité national de surveillance (NMC), qui fait partie de l’accord-cadre mondial entre H&M et IndustriALL Global Union.

Au bout d’un mois, le 8 juillet, la direction a assisté à une réunion du NMC, mais a refusé de prendre le moindre engagement ou de faire preuve de bonne foi pour résoudre le problème avec le syndicat.

La direction de Gokaldas Exports a harcelé les travailleurs pour qu’ils démissionnent. Il existe des enregistrements de cadres annonçant que l’usine ne rouvrira pas et que les travailleuses ne pourront toucher ce qui leur est du que si elles démissionnent.

Des travailleuses ayant été contraintes de démissionner ont informé le syndicat des pressions dont elles ont fait l’objet.

Les choses ont pris une tournure consternante, puisque depuis la réunion du NMC, des responsables de Gokaldas Exports se sont rendus dans tous les villages où vivent les travailleuses, les intimidant pour qu’elles démissionnent et les menaçant de retenir leur dû à défaut d’obtenir leur démission.

Les membres du syndicat, avec le soutien des chefs de village, ont réussi à résister à la pression de la direction.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Le comportement de Gokaldas Exports contrevient aux normes internationales du travail ; il s’agit d’une violation manifeste de la liberté syndicale, pierre angulaire de notre ACM avec H&M, et donc d’une violation manifeste de celui-ci même. IndustriALL ne tolérera jamais les attaques et l’intimidation à l’égard des syndicats. Nous sommes pleinement solidaires des courageuses travailleuses qui, depuis plus d’un mois, résistent à toutes sortes de pressions pendant la pandémie pour défendre leur emploi, leurs salaires et leur syndicat.”

IndustriALL Global Union contactera toutes les marques s’approvisionnant dans toutes les usines de Gokaldas Exports, y compris H&M, C&A, Marks & Spencer, Gap, Adidas et Bestseller, afin de garantir le plein respect des droits fondamentaux des travailleurs.

Vous trouverez ci-dessous des liens vers des vidéos des dirigeants de Gokaldas Exports se rendant dans les villages des travailleuses pour tenter de les forcer à démissionner.

Grève des travailleurs d’Avera en soutien à leur collègue mise à pied

Aicha Dhououioui, employée dans l’entreprise depuis 26 ans, est accusée par la direction d’avoir incité les travailleurs et organisé une réunion sans autorisation, ce que réfute la Fédération générale du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir (FGTHCC-UGTT).

Après qu’Avera, filiale de Granjard en Tunisie, ait repris ses activités par suite du déconfinement opérée dans le cadre de la COVID-19, les représentants syndicaux ont tenté de nouer le dialogue avec la direction de l’entreprise pour exiger un environnement de travail sûr. La direction a réagi en suspendant les travailleurs.

Début juin, les représentants syndicaux ont rencontré cette dernière pour discuter des conditions de travail et du nombre de travailleurs présents sur le lieu de travail aux mêmes heures. Néanmoins, celle-ci leur a seulement fait part de sa décision de suspendre 18 travailleurs. Parmi ces derniers figuraient des dirigeants syndicaux et des travailleurs, dont Aicha Dhououioui, Secrétaire générale du syndicat à Avera et membre du conseil d’administration de la FGTHCC-UGTT.

Deux jours plus tard, une session de conciliation avait lieu au gouvernorat de Ben Arous entre les représentants de la direction de l’entreprise, du ministère des Affaires sociales, de l’UGTT et de la FGTHCC, mais elle n’a pas abouti. Au lieu de régler le différend, la direction a renvoyé les 18 collègues au conseil de discipline de l’entreprise. Le 29 juin, celui-ci décidait que tous les travailleurs, à l’exception d’Aicha Dhououioui, pourraient reprendre le travail s’ils acceptaient de déduire quatre jours de salaire.

En raison du choix de la direction de ne pas se présenter à la réunion organisée le 3 juillet au gouvernorat pour discuter de la situation d’Aicha Dhouioui, la FGTHCC-UGTT a appelé à la grève le 10 juillet, par solidarité envers cette dernière.

Habib Hazami, Secrétaire général de la FGTHCC-UGTT, a déclaré:

"Après avoir tout tenté pour trouver en vain une solution au retour au travail d’Aicha, nous avons décidé de faire grève. Ce qu’a fait la direction d’Avira à notre collègue Aicha nuit à l’ensemble des relations du travail car toutes les accusations portées contre elle sont fausses et invraisemblables."

Félicitant FGTHCC-UGTT pour le succès de la grève, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a indiqué:

"L’employeur doit respecter les droits des travailleurs et leur syndicat légitime. Nous exhortons Avira à améliorer la santé et la sécurité en consultation avec le syndicat, à respecter les accords en vigueur et à payer les salaires des travailleurs à leur échéance."

"J’espère que grâce à l’incroyable démonstration de solidarité manifestée par les collègues d’Aicha aujourd’hui, l’entreprise réalisera enfin que les travailleurs soutiennent pleinement leur syndicat et continueront à le faire jusqu’à la victoire."

Crise en Inde : des accidents industriels durant la Covid-19 font au moins 75 morts

Depuis que l’Inde a repris le travail après le confinement dû à la Covid-19, un accident industriel a eu lieu au moins tous les deux jours, tuant et mutilant des travailleurs et travailleuses, polluant les alentours et ayant des conséquences à long terme sur la santé et l’environnement.

La fuite de gaz toxique à l’usine de LG Polymers dans l’Andhra Pradesh le 7 mai dernier a remis en mémoire la tragédie de Bhopal. L’explosion de la chaudière de Yashashvi Raasayan Private Limited à Dahej, Gujarat, a tué au moins huit personnes et en a blessé une quarantaine. Les explosions de chaudières à la centrale thermique de la Neyveli Lignite Corporation au Tamil Nadu le 7 mai, puis le 1er juillet, ont tué au moins 20 personnes.

Les accidents ont continué en juillet dans les usines chimiques, les mines de charbon, les aciéries et dans les centrales électriques, avec des explosions de chaudières. Le recours généralisé au travail en sous-traitance, l’absence d’inspections de sécurité, l’insuffisance des mesures pénales contre les infractions à la sécurité et le fait que de ne pas établir la responsabilité de l’employeur sont quelques-uns des facteurs importants qui contribuent à ces accidents.

Cette série d’accidents révèle un schéma de défaillances systémiques : des industries dont les activités se sont interrompues sans procédure de mise à l’arrêt appropriée, des processus mal planifiés ainsi que l’incapacité à assurer une maintenance et une inspection adéquates pendant l’arrêt ont conduit à des accidents lorsque les processus industriels ont été redémarrés.

Dans un courrier adressé au Premier Ministre d’Inde, IndustriALL a souligné que ce type d’erreur relève de la catégorie des défaillances de la Gestion de la Sécurité opérationnelle et a averti le gouvernement indien qu’il devait remédier immédiatement à cette défaillance systémique des contrôles de sécurité afin d’éviter toute autre catastrophe potentielle de l’ampleur de celle de Bhopal en 1984.

Lors d’une conférence de presse tenue ce jour, Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a déclaré :

“Nous sommes gravement préoccupés par le nombre incessant d’accidents mortels évitables. Ce ne sont rien d’autre que des homicides industriels et le gouvernement indien doit immédiatement tirer la sonnette d’alarme au plan national afin d’imposer des mesures de sécurité et des protocoles appropriés pour prévenir les accidents.

Les normes et instruments internationaux, en particulier au regard des droits des travailleurs, jouent un rôle central dans l’amélioration de la sécurité. Le gouvernement doit consulter les syndicats, écouter leurs revendications ainsi que mettre en œuvre et contrôler les mesures de sécurité de manière collective. IndustriALL est prêt à travailler avec toutes les parties prenantes et à fournir un soutien technique pour améliorer la sécurité. Ni le monde, ni l’Inde ne peuvent connaître un autre Bhopal.”

S’adressant également à la presse, le Dr G. Sanjeeva Reddy, Président de l’INTUC et de la Fédération nationale indienne des métallurgistes, affiliée à IndustriALL, a déclaré :

“Le gouvernement indien doit constituer une commission d’experts chargée d’analyser les accidents industriels, de s’attaquer immédiatement à cette crise de la sécurité et de mettre un terme aux accidents potentiels. Le gouvernement doit impliquer les syndicats dans le processus de décision, tant au niveau national qu’au niveau des usines, afin d’éviter les accidents à l’avenir.”

Des travailleuses licenciées par SF Trade pour avoir formé un syndicat

L’année dernière, les travailleurs et travailleuses de SF Trade, qui fournit en textile et cuir des enseignes de stature mondiale, ont lancé une campagne pour mettre sur pied un syndicat. Il s’agissait que les heures supplémentaires soient payées, que le travail ne soit pas soumis à des impératifs de production excessifs et d’être respectés. Leur choix s’est porté sur Deriteks, affilié d’IndustriALL Global Union, pour les représenter et le recrutement d’adhérents a débuté.

La direction de l’entreprise n’a pas tardé à lancer des tactiques antisyndicales. Ayşe et Pınar, deux femmes à la tête de la campagne de syndicalisation, ont été licenciées le 25 octobre 2019, prétendument pour leurs mauvaises performances. Elles ont été emmenées dans des pièces séparées, sans leur téléphone portable, et on leur a imposé de signer des lettres de démission, sous peine de perdre leurs indemnités de licenciement. Elles ont alors entamé un piquet de grève devant leur usine de la Zone de libre-échange de la mer Égée, près d’Izmir.

La direction continue de menacer les travailleurs et travailleuses de licenciement en cas d’adhésion au syndicat. En décembre 2019, Nurcan a été contrainte de démissionner du syndicat et Sevcan en janvier 2020. Tous deux ont été licenciées.

L’entreprise continue de violer les normes internationales fondamentales du travail ainsi que les droits constitutionnels turcs. L’entreprise a de nouveau intenté des poursuites en dommages et intérêts, accusant les travailleurs et travailleuses de nuire à la compétitivité en raison de leurs publications dans les médias sociaux.

SF Trade a un historique antisyndical. En 2015, les syndiqués se sont battus et ont obtenu justice au sein l’entreprise après une lutte de longue haleine. L’entreprise attaque à nouveau le syndicat et… rencontre la même résistance.

En 2015, l’entreprise, qui s’appelait alors SF Leather, a licencié 14 travailleurs et travailleuses pour avoir rejoint Deriteks. SF Leather a tenté de mettre fin à la campagne de syndicalisation en forçant les membres du syndicat à démissionner de Deriteks. L’entreprise a poursuivi les travailleurs et le syndicat en justice, les accusant de nuire aux intérêts commerciaux de l’entreprise.

À l’issue d’une campagne mondiale et de 198 jours de lutte, Deriteks et SF Leather sont parvenus à un accord. SF Leather a versé des indemnités aux travailleurs et travailleuses et a retiré les poursuites engagées contre Deriteks.

Le président du syndicat de Deriteks, Musa Servi, a déclaré :

“Il est très clair que le SF Trade ne viole pas seulement les droits des travailleurs mais aussi les droits humains fondamentaux. Nous connaissons ces tactiques antisyndicales depuis 2015 et nous avons gagné chez SF Trade cette année-là. La solidarité internationale l’emportera à nouveau. L’entreprise doit respecter le droit des travailleurs et travailleuses à se syndiquer. Nous poursuivrons ce combat avec nos membres jusqu’à ce qu’ils soient réintégrés et que l’entreprise entame un dialogue social avec notre syndicat.”

Les quatre femmes licenciées ont fait du piquetage jusqu’à ce que la pandémie de coronavirus frappe la vie quotidienne. Le combat se poursuit au tribunal. Elles ont lancé un appel lors du 100e jour de piquetage en février : “Les femmes ne doivent pas nous abandonner dans notre lutte”.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice de la section textile et confection d’IndustriALL, ajoute :

“Nous voulons rappeler à SF Trade qu’il est de l’entière responsabilité de l’entreprise de s’assurer que les droits des travailleurs sont respectés et qu’une diligence raisonnable est exercée. Nous demandons à SF Trade de réintégrer les travailleuses licenciées sans condition et de construire des relations sociales durables avec Deriteks.

La solidarité des femmes travailleuses dépasse les frontières. Elles ont de la détermination, elles ont le pouvoir de gagner. Les femmes de SF Trade ne sont pas seules dans leur lutte.”

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Les syndicats de l’industrie chimique et pharmaceutique affrontent ensemble la crise de la COVID-19

Réunis en juin pour coordonner les réponses syndicales au niveau international, 175 dirigeants syndicaux de l’industrie chimique et pharmaceutique de 40 pays ont évalué l’impact de la pandémie sur les syndicats du secteur, échangé les bonnes pratiques relatives à la négociation de conventions particulières et planifié les activités à venir.

Les coprésidents en charge du secteur à IndustriALL ainsi que le président du groupe des syndicats pharmaceutiques ont tous souligné l’importance de l’unité et du rôle fort que les travailleurs doivent avoir dans la gestion de la réponse à la crise.

Iris Wolf a expliqué le travail réalisé par IG BCE, en Allemagne, pour répondre à la pandémie. Le syndicat a conclu une convention avec l’association patronale BAVC pour adapter les conditions de travail et d’emploi d’1,1 million de personnes employées dans le secteur jusqu’à la fin de l’année 2020. IG BCE offre également des webinaires d’information complets à l’adresse de ses représentants dans les comités d’entreprises et de ses membres.

Sergio Luiz Leite, président de Fequimfar, au Brésil, a expliqué que les attaques perpétrées contre la démocratie et les droits syndicaux par le Président du pays Bolsonaro continuent malgré la pandémie. Les syndicats brésiliens du secteur résistent à ces attaques, font campagne et s’efforcent de renouveler les conventions collectives en mettant davantage l’accent sur la santé et la sécurité.

Masato Shinohara, membre du syndicat UA ZENSEN, au Japon, a expliqué que bien que l’industrie chimique et pharmaceutique soit moins durement touchée que d’autres secteurs tels que l’hôtellerie et les voyages, le secteur chimique est également impacté. Shinohara-san a souligné l’importance de la solidarité entre les travailleurs pour protéger actuellement les conditions d’emploi et les droits.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a présenté une analyse des impacts des crises mondiales sur la santé, l’économie et l’industrie manufacturière, en soulignant notamment le préjudice plus fortement subi par certains groupes de la société tels que les femmes :  

"Alors que nous voyons la fortune du groupe des milliardaires augmenter de 20% pendant la pandémie, nous devons axer nos demandes sur les gouvernements pour soutenir une reprise qui accorde de l’importance aux travailleurs et à leurs communautés, en particulier dans les pays du Sud où les revenus et la protection sociale sont inacceptablement faibles."

La réunion a fait le point des nombreuses réalisations importantes des syndicats du secteur qui ont conclu des conventions spécifiques dans le contexte de la pandémie avec les employeurs de la chimie au niveau des entreprises et de l’industrie. La mise en œuvre du plan d’action du secteur, adopté il y a un an lors de la Conférence mondiale d’Istanbul, a également été analysée.

Des interventions de haute qualité ont été fournies par les dirigeants syndicaux entre autres d’Allemagne, d’Amérique du Nord, d’Autriche, du Bangladesh, de Belgique, du Brésil, d’Espagne, de Finlande, d’Indonésie, d’Italie, du Japon, du Maroc, du Nigeria, de Russie, du Sénégal, du Royaume-Uni, de Thaïlande et de Turquie. L’exemple des syndicats espagnols, qui ont réagi rapidement pour conclure avec les employeurs un accord national visant à protéger les emplois et à rendre le travail plus sûr, a été cité parmi les nombreux exemples de syndicats ayant intensifié leurs efforts pour fournir des services à la société.

La course à la recherche d’un vaccin dans le secteur pharmaceutique devrait donner lieu prochainement à des tests humains. IndustriALL a des affiliés en première ligne de cet effort. Beaucoup de lieux de travail où IndustriALL a également des affiliés ont abandonné leur production habituelle pour se consacrer davantage à la production d’équipements de protection individuelle et de produits chimiques, comme les désinfectants, pour lutter contre le virus.

Le directeur chargé du secteur à IndustriALL, Tom Grinter, a déclaré:

"La riche discussion qui a eu lieu durant cette réunion a permis de mettre en exergue de nombreux exemples inspirants de nos syndicats qui font campagne et négocient pour faire face ensemble au virus. Nous avançons plus unis et prêts à faire progresser notre plan d’action malgré les restrictions."

Des femmes enceintes et une responsable syndicale réintégrées au Cambodge

Le mois dernier, Youli International a licencié 724 travailleuses et travailleurs du vêtement affiliés à IndustriALL par le biais du CUMW, dont onze femmes enceintes et la responsable syndicale locale Dy Phors.

Les travailleuses de Youli et de sa filiale Shuangli ont protesté contre ces licenciements et le CUMW a dénoncé l'antisyndicalisme de Youli et Shuangli et les violences envers les femmes qui règnent dans ces entreprises. IndustriALL a écrit à Youli le 22 juin pour l'exhorter à réintégrer toutes les travailleuses avec arriéré de salaire. Il y a quelques jours, les deux entreprises ont discrètement réintégré les femmes enceintes et la responsable syndicale sans en aviser le CUMW.

Le Président du CUMW, Pav Sina, a déclaré :

"Nous sommes déçus par cette dissimulation et l'absence de négociation avec le syndicat. Ainsi, Dy Phors a été déplacée dans un autre département de production et une des femmes enceintes n'a pas été reprise. Les 711 autres doivent encore être réintégrées et on nous dit que dix agents de nettoyage seront bientôt licenciés. Nous prions instamment la direction de cesser d'intimider la responsable syndicale et de réintégrer toutes les travailleuses."

Le syndicat appelle aussi l'employeur à fournir des masques et du gel alcoolique et à veiller à la propreté de la cantine, des salles d'eau et des toilettes.

La Secrétaire régionale Annie Adviento a déclaré :

"Il faut un dialogue social véritable entre l'employeur et le syndicat. J'invite instamment Youli et Shuangli à organiser dès que possible une réunion avec le CUMW pour s'attaquer aux problèmes."

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, félicite le CUMW pour le résultat qu'il a obtenu tout en soulignant qu'IndustriALL continuera à suivre ce cas et à défendre les droits des travailleurs au Cambodge.

"Cette victoire montre l'importance de la solidarité internationale, parce que la lettre d'IndustriALL a contribué à ouvrir la négociation qui a conduit à la réintégration de la responsable syndicale et des femmes enceintes. Les producteurs de vêtements sont responsables du bien-être de leur personnel auquel ils doivent leurs bénéfices."