COVID-19 : les syndicats japonais obtiennent une hausse de 100% des aides transitoires à l’adaptation dans l’emploi

Depuis le début, en février 2020, de l’épidémie de la maladie à coronavirus au Japon, la Fédération japonaise des syndicats des travailleurs du textile, de la chimie, de l’alimentation, du commerce, des services et de diverses industries (UA ZENSEN) ainsi que d’autres affiliés japonais à IndustriALL n’ont cessé de nouer le dialogue avec le gouvernement japonais pour obtenir une augmentation du montant des aides transitoires à l’adaptation dans l’emploi dans le but de garantir des conditions de vie décentes à leurs membres en vertu de l’application des arrêtés de confinement gouvernementaux.

Durant la crise sanitaire, le gouvernement japonais a mis en place de nombreux programmes d’urgence pour soutenir l’économie et préserver les emplois face aux conséquences de la COVID-19. La proclamation de l’état d’urgence en avril a limité la liberté de circulation de l’ensemble de la population japonaise pendant plus d’un mois, affectant gravement les revenus des travailleurs.

UA ZENSEN a demandé que le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales augmente les aides transitoires à l’adaptation dans l’emploi pour soutenir ses membres ayant perdu des revenus pendant la situation de crise et le confinement.

Le 1er avril, le champ d’application de ces aides a été étendue à toutes les entreprises touchées par la pandémie de COVID-19 à titre de mesure spéciale. Les taux des aides ont été portés à 67% pour les grandes entreprises et à 80% pour les petites et moyennes entreprises.

Ultérieurement, à la mi-juin, UA ZENSEN et d’autres affiliés à IndustriALL ont remporté une victoire après que le gouvernement ait annoncé une hausse des aides de 8 330 à 15 000 yens (140 dollars américains) par personne et par jour, soit une augmentation de près de 100%. Les taux de aides ont été portés à 75% pour les grandes entreprises et à 100% pour les petites et moyennes entreprises.

Les responsables de UA ZENSEN en discussion avec le ministre d’État à la politique économique et fiscale, Yasutoshi Nishimura, sur la question des aides transitoires à l’adaptation dans l’emploi

Au cours d’une interview, le président de UA ZENSEN, Akihiko Matsuura, a déclaré:

"Depuis le mois de mars, nous avons rencontré des fonctionnaires du ministère et soumis nos propositions pour des hausses des aides transitoires à l’adaptation dans l’emploi. Nous étions également en relation avec des membres de la Chambre des conseillers, au départ membres de UA ZENSEN. Ils ont joué un rôle essentiel pour persuader le gouvernement."

"Nous sommes heureux de voir que le changement de politique profite non seulement à nos membres mais aussi à tous les travailleurs japonais ayant souffert pendant la pandémie. Cela montre le rôle fondamental des syndicats en tant que défenseurs des politiques visant à améliorer le bien-être des travailleurs."

La Secrétaire régionale d’IndustriALL, Annie Adviento, a indiqué:

"Je félicite UA ZENSEN et les autres affiliés japonais pour avoir réussi à obtenir une augmentation des aides transitoires à l’adaptation dans l’emploi. UA ZENSEN fait partie des syndicats les plus durement touchés en tant que représentant des travailleurs du secteur manufacturier et des petites entreprises ainsi que du secteur des services et de la vente au détail."

"Les efforts de nos affiliés au Japon auront un impact profond en Asie du Sud-Est. La résilience de l’économie japonaise assurera la durabilité de sa chaîne d’approvisionnement et préservera indirectement le bassin d’emploi dans la région."

Image principale : Le président de UA ZENSEN, Akihiko Matsuura, transmettant la demande du syndicat au ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, Katsunobu Kato

Le gouvernement harcèle un dirigeant syndical malaisien après ses mises en garde sur la sécurité

Le 16 juin, la chaîne britannique Channel 4 News a choqué en révélant que le premier producteur mondial de gants en caoutchouc, Top Glove, ne respecte pas les règles de distanciation sociale imposées par les autorités malaisiennes. Le reportage mettait aussi en lumière les conditions de vie déplorables des travailleurs migrants employés par l'entreprise.

Consterné par les conditions de travail, le Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des équipements de transport et des industries connexes (NUTEAIW), N. Gopalkishnam, déclarait dans la vidéo que le non-respect du protocole de prévention du Covid-19 met en danger tout le personnel de Top Glove. Il exhortait le National Health Service (NHS) britannique à arrêter d'acheter des gants médicaux à cette entreprise.

Après ces propos de solidarité avec les travailleurs de l'usine de fabrication de gants, des agents du ministère de l'Intérieur se sont présentés à son domicile ainsi qu'aux bureaux du NUTEAIW à plusieurs reprises et sans avertissement. Une réunion a été organisée pour la matinée du 24 juillet.

N. Gopalkishnam déclare :

"Ce qui m'a surpris dans cette réunion, c'est que les représentants du ministère de l'Intérieur ne s'intéressaient qu'aux personnes qui avaient fait la vidéo et à mes contacts dans l'usine. Pourquoi ne se souciaient-ils pas de la santé des travailleurs et de la violation des règles de distanciation sociale à l'intérieur ?"

La Coalition pour la réforme du droit du travail, qui regroupe 58 organisations syndicales et ONG, a publié un communiqué le 23 juillet :

"Le nouveau gouvernement resserre son étreinte sur ses détracteurs dans le mouvement syndical et les organisations de la société civile. Outre ce dirigeant syndical, des activistes sociaux qui soulignent les problèmes de la réforme électorale, des réfugiés, des décès en garde à vue ont été convoqués par la police pour complément d'information.

"Nous exhortons le Premier ministre, Tan Sri Muhyiddin Yassin, à faire cesser immédiatement le harcèlement contre N. Gopalkishnam et d'autres activistes sociaux. Il faut que le gouvernement respecte les droits démocratiques des dirigeants de syndicats et d'ONG d'exprimer les préoccupations des travailleurs et des communautés marginalisées."

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"IndustriALL exhorte le gouvernement malaisien à respecter la liberté d'expression de ce dirigeant syndical et à arrêter toutes les enquêtes ouvertes contre N. Gopalkishnam. Pour combattre le Covid-19, tous les gouvernements ont besoin des syndicats pour être leurs yeux et leurs oreilles dans les lieux de travail et empêcher la propagation du coronavirus." 

Organisation syndicale réussie en Roumanie

Georg Leutert, Directeur en charge du secteur automobile à IndustriALL Global Union, revient sur cet effort d’organisation syndicale difficile mais réussi, et énumère les éléments à la base d’une coopération transnationale réussie.

En octobre 2019, Leutert s’est rendu, en compagnie d’un collègue du Comité d’entreprise mondial de Daimler et d’un dirigeant de la société, à Cugir pour rencontrer le syndicat local.

Dans l’usine, nous avons rencontré Calin Giurgiu, un collègue qui, avec d’autres travailleurs,  réclame depuis des mois la mise en place d’un syndicat. Devant l’usine, nous rencontrons Árpád Suba, Secrétaire général d’IndustriALL-BNS, notre syndicat affilié en Roumanie. Suba porte un sweat-shirt à capuchon sur lequel figure un énorme loup. La direction, qui refuse de lui parler, lui interdit d’accéder à l’usine. Un processus compliqué et discutable s’en suit : nous parlons à l’intérieur, puis nous nous rendons à la porte pour parler à Suba, et ainsi de suite, encore et encore, pour nous informer et nous conseiller mutuellement.  

En vertu du droit du travail roumain, les employés peuvent adhérer à un syndicat représentatif seulement si l’entreprise indique le nombre total de personnes qu’elle emploie dans une lettre officielle. Cela est dû au fait qu’un syndicat n’est admis à participer à la négociation collective que s’il organise plus de 50% de l’ensemble du personnel.  

Au bout du compte, l’entreprise accepte de remettre la lettre critique et nous revenons avec l’espoir qu’une percée décisive vient d’être réalisée.

De fait, le processus d’enregistrement syndical s’achève rapidement. Cependant, la direction continue d’intimider les travailleurs et le début de la négociation collective est constamment retardé.

Avec l’arrivée de la COVID-19, le projet de tenir un atelier avec la participation du syndicat roumain et d’une partie de la direction, doit être reporté.

Aujourd’hui, plus de huit mois après notre visite, des bonnes nouvelles sont arrivées de Roumanie: le syndicat dispose d’un bureau au sein de l’usine et la négociation collective a commencé le 22 juin.

La coopération transnationale peut être efficace, et quatre éléments clés sont nécessaires à cette fin :

  1. Un syndicat fort sur le terrain bénéficiant d’un soutien solide parmi le personnel: IndustriALL-BNS
  1. Un syndicat au siège de l’entreprise qui prend au sérieux les valeurs mondiales et la solidarité, et est capable d’initier les processus de suivi appropriés: IG Metall et le Comité mondial des employés de chez Daimler   
  1. Une entreprise qui prend au sérieux les droits syndicaux et les valeurs sociales, et qui est prête à enquêter de manière approfondie sur les allégations de violations au droit du travail : Daimler
  1. Un syndicat mondial qui a une expérience de l’environnement international, peut servir de médiateur et sait comment veiller au respect des normes internationales : IndustriALL Global Union

Tous ces éléments étaient en place à Cugir et nous ferons tout notre possible pour les préserver. Les négociations en cours progressent lentement, indiquant clairement que les progrès réalisés jusqu’à présent ne sont qu’un début.

Georg Leutert
Directeur, Industries de l’automobile et de l’aérospatiale
Tél. +41 22 308 5026
gleutert

Les syndicats affirment que le gaz est l’avenir de l’économie nigériane

Le 30 juin, le Gouvernement fédéral nigérian a annoncé le démarrage de la construction d’un gazoduc de 614 km de long.

Le syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (NUPENG) et l’Association des cadres du pétrole et du gaz naturel (PENGASSAN), tous deux affiliés à IndustriALL Global Union, considèrent ce projet de développement comme une opportunité de créer des emplois décents et de réduire les niveaux élevés de chômage. Selon le Bureau national de la statistique du pays, le chômage, qui dépasse 23%, affecte 21 millions de personnes, et le sous-emploi, qui atteint 20,1%, concerne 18 millions de travailleurs. Est considérée comme sous-employée toute personne qui travaille moins de 40 heures par semaine.

Le gouvernement et l’entreprise publique Nigeria National Petroleum Corporation ont déclaré que le gazoduc fournira du gaz pour la production d’électricité et stimulera la création de nouvelles industries dans les villes de Kogi, Niger, Kaduna et Abuja. Ces nouvelles industries devraient créer des milliers d’emplois locaux, permettre le transfert de technologies et promouvoir la fabrication locale. Le gazoduc profitera également aux industries existantes qui fonctionnent au gaz.

La construction s’inscrit dans le cadre des « Nouvelles routes de la Soie » lancée par la Chine, où les investissements énergétiques sont financés par l’initiative « une ceinture, une route » ou Belt and Road Initiative (BRI) à laquelle le Nigeria a adhéré en 2019. Grâce à cette initiative, la Banque de Chine et Sinosure (agence chinoise de crédits à l’exportation) financeront le gazoduc à hauteur de 2,8 milliards de dollars. L’exécution des travaux sera confiée à des entreprises chinoises de construction et d’ingénierie, et au partenaire nigérian Oilserve, une société pétrolière et gazière.

La production nationale actuelle de 7 000 mégawatts n’est pas suffisante pour répondre aux besoins domestiques et industriels du Nigeria. Il est attendu que le gazoduc comblera le déficit en ajoutant 3 600 mégawatts au réseau national. Une fois le projet achevé, 2,2 milliards de pieds cubes de gaz seront produits quotidiennement, d’après le gouvernement.

Le gazoduc sera relié au gazoduc transsaharien qui exportera le gaz naturel vers l’Europe. Alors que les réserves de pétrole du Nigeria ne devraient pas être épuisées avant trois ou quatre décennies, les importants gisements de gaz permettront une diversification économique.

Lumumba Ogbawa, Secrétaire général de PENGASSAN, a indiqué:

"Nous saluons ce projet de développement. Le gaz est l’avenir du Nigeria et nous apprécions les efforts du gouvernement comme celui-ci pour promouvoir le développement. Le gazoduc de 600 km de long, qui reliera Ajaokuta à Kano, traversera plusieurs communautés et créera des emplois au fur et à mesure de la phase de construction. Ce projet permettra, comme nous le réclamons, de diversifier l’économie. Il s’agit d’un développement stratégique opportun."

Diana Junquera Curiel, Directrice chargée du secteur énergétique à IndustriALL, a déclaré:

"Le gaz naturel sera la principale source d’énergie dans la transition énergétique des combustibles fossiles aux énergies vertes. Il devrait permettre de développer l’économie du pays et d’améliorer les moyens de subsistance des travailleurs et des communautés grâce à la création d’emplois décents. C’est aussi une source importante d’énergie pour les ménages et les entreprises. Nous espérons que ce gazoduc répondra aux attentes."

Photo : Construction d’un gazoduc sur l’île Snake, au Lagos. Photo CC par Alex Aghomi.

Maurice: les employeurs utilisent la COVID-19 pour faire reculer le droit du travail

Après avoir exercé une pression soutenue sur le gouvernement durant 16 ans, les syndicats mauriciens, dont l’affilié à IndustriALL, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), ont fêté les nouveaux amendements à la législation sur le travail comme une victoire majeure. Les nouvelles dispositions ont permis d’augmenter la protection des travailleurs, y compris des travailleurs migrants et précaires, dans toutes les industries.

Peu de temps après leur adoption, la pandémie mondiale de la COVID-19 a néanmoins contraint le pays au confinement et, bien que les amendements apportés au droit du travail eurent été extrêmement bénéfiques pour les travailleurs durant cette période, les employeurs n’ont pas tardé à faire pression sur le gouvernement pour qu’il revienne en arrière.

"La CTSP a sincèrement cru que les activités et le travail ne pourraient pas reprendre de la même manière qu’avant la COVID-19 mais que tous, sans exception, nous changerions nos points de vue et comprendrions vraiment que nous devons travailler de concert et faire pression pour mettre en place une nouvelle normalité.

"Les employeurs des plus grandes entreprises implantées à Maurice ont profité de cette période de pandémie pour faire pression sur le gouvernement afin que la loi adoptée après tant d’efforts soit amendée à leur propre avantage",

a déclaré Reeaz Chutto, président de la CTSP.

En mai 2020, le gouvernement a modifié les dispositions de la nouvelle Loi sur les droits des travailleurs au profit des employeurs. Bien que les syndicats se soient battus avec force pour maintenir le plus possible son contenu, ils ont réussi à empêcher l’adoption d’un des amendements seulement.

Ainsi, ils ne sont parvenus qu’à maintenir la disposition relative au Fonds d’indemnisation de licenciement transférable, qui protège les travailleurs licenciés, dont les travailleurs précaires. Selon cette disposition, tout employeur a l’obligation de cotiser au Fonds pour chacun de ses employés et ce, quel que soit le type de contrat d’embauche dont il bénéficie. Les travailleurs qui perdent leurs emplois peuvent percevoir de l’argent du Fonds.

Bien que le Premier ministre, Pravin Jugnauth, ait déclaré aux syndicats que les travailleurs pourraient à nouveau bénéficier des amendements de 2019 d’ici 2024, les syndicats ont clairement indiqué qu’ils ne resteront pas les bras croisés et qu’ils poursuivront leur lutte pour que tous ces amendements soient rétablis au profit des travailleurs.

La CTSP a constaté une augmentation du nombre des travailleurs syndiqués depuis le début de la pandémie. Face aux offensives des employeurs, usant de manœuvres pour intimider et menacer les travailleurs, et dégrader leurs conditions de travail, ces derniers cherchent le soutien des syndicats pour conserver leurs conditions de travail antérieures.

La CTSP a recruté plus de 250 travailleurs migrants employés dans le secteur du textile et de l’habillement, des fruits de mer et de la construction. La majorité de ces travailleurs sont originaires d’Inde, du Bangladesh et de Madagascar.

"De nombreux travailleurs migrants n’ont pas perçu leurs salaires depuis plus de trois mois. La CTSP négocie actuellement avec le Ministre du Travail pour qu’ils disposent d’un bureau spécial chargé des réaffectations. Nous recommandons également la mise en place d’un bureau centralisé où ils pourront faire part de l’ensemble de leurs problèmes sans avoir à passer par différents ministères et départements."

a indiqué Jane Ragoo, Secrétaire générale de la CTSP.

"IndustriALL félicite la CTSP pour sa capacité de résilience en ces temps difficiles. Le syndicat s’est battu avec force pour faire adopter la loi. Malheureusement, sous la pression des employeurs, le gouvernement a maintenant reculé. Parce qu’ils défendent les travailleurs, les syndicats constatent une augmentation du nombre de leurs adhérents. C’est le moment où les travailleurs voient les avantages de faire partie d’un syndicat qui lutte pour leurs droits."

a déclaré le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Le secteur du papier fait campagne et se réinvente pour faire face à la COVID-19

Ouvrant la réunion, les coprésidents du secteur, Leeann Foster, vice-présidente internationale du syndicat nord-américain USW, et Pontus Georgsson, président du syndicat suédois Pappers, ont souligné que, grâce à sa détermination à collaborer pour relever les défis, le secteur de la pâte à papier et du papier d’IndustriALL peut partager des idées et des contacts ainsi qu’être solidaire, à un moment où il est plus important que jamais d’unir ses forces.

La pandémie a permis de voir l’importance de la santé et de la sécurité au travail. IndustriALL fait campagne pour que toutes les conventions sur ces questions soient reconnues comme fondamentales et que la COVID-19 soit considérée comme une maladie professionnelle.

Avant l’épidémie de la COVID-19, la sécurité dans le secteur était déjà devenue une priorité. Le secteur de la pâte à papier et du papier s’est engagé à faire campagne sur les trois droits fondamentaux des travailleurs nécessaires pour assurer la sécurité au travail:

Le Directeur chargé du secteur à IndustriALL, Tom Grinter, a déclaré lors de sa présentation de la prochaine action coordonnée axée sur le droit de participer :

"Le travail relatif à la gestion de la sécurité doit être fait pour nous et non pas sans nous. Les syndicats doivent pouvoir s’assoir à la table des négociations à tous les niveaux. Les deux premiers droits fondamentaux ont été mis en valeur par l’action des travailleurs. Nous allons maintenant nous concentrer sur le troisième. Le droit de participer est fondamental, surtout en période de pandémie."

La pandémie de la COVID-19 a entraîné un ralentissement de la production de papier couché et non couché utilisé dans les écoles et les bureaux ainsi que dans la fabrication des magazines. Cependant, de nombreux produits fabriqués dans le secteur de la pâte à papier et du papier, comme les mouchoirs en papier, ont été reconnus comme indispensables dans plusieurs pays.

La réunion a été l’occasion pour les syndicalistes du monde entier de se réunir pour se solidariser avec leurs collègues.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a parlé de l’impact de la COVID-19 non seulement sur les chaînes d’approvisionnement, l’emploi et l’économie, mais aussi sur la réduction de l’espace démocratique dans certains pays.

"Nous constatons une augmentation des attaques aux droits de l’homme et des travailleurs contre lesquelles nous devons lutter. La solidarité internationale est fondamentale. Ensemble, nous sommes assez forts pour défendre ceux qui sont dans le besoin."

 Dans de nombreux pays, comme la Pologne, le travail syndical est difficile car les employeurs utilisent la pandémie comme excuse pour démanteler les syndicats.

En Colombie, les syndicats luttent quotidiennement aussi bien contre la pandémie que contre la violence et le harcèlement.

Didi Pahlevi, membre du syndicat FSP2KI, en Indonésie, a appelé à la solidarité pour les 38 membres du syndicat licenciés par le grand fabricant de pâte à papier et de papier PT Tanjungenim Lestari. Les travailleurs forment un piquet de grève à l’extérieur de l’usine depuis 50 jours auquel l’employeur n’a toujours pas répondu.

Des représentants syndicaux du monde entier ont décrit la façon dont l’industrie de la pâte à papier et du papier de leur pays répond aux conséquences de la COVID-19.

Après que Sommai Saranjit, de la Thaïlande, ait parlé du défi de la syndicalisation de jeunes travailleurs dans les usines, les intervenants d’autres pays ont réaffirmé la difficulté qu’ont les syndicats à augmenter la densité syndicale sur le lieu de travail.

Pontus Georgsson a signalé une légère augmentation de l’adhésion syndicale dans l’industrie de la pâte à papier et du papier en Suède de quelques pourcentages par rapport aux 94% habituels.

"La contamination de nos lieux de travail a été incroyablement faible, grâce à la stabilité du système d’emploi et de rotation des équipes. Notre demande de négociation d’une augmentation salariale de 4% a été reportée de sept mois, mais n’a pas été abandonnée."

Les rapports syndicaux des différents pays renferment des consignes à appliquer sur le lieu de travail face à l’augmentation de nombre de personnes qui retournent sur place, notamment le respect de la distanciation, le contrôle obligatoire de la température, le port du masque et le versement ininterrompu des salaires des travailleurs congédiés.

En clôture de la réunion, Leeanne Foster a déclaré:

"Ce groupe possède beaucoup de force et d’expertises. Nous avons relevé le défi de la COVID-19 et nous sommes allés au-delà. Nous devons nous réinventer dans la crise. Nous continuons à mettre en œuvre le plan que nous avons élaboré à Budapest il y a près de trois ans."

COVID-19 : solidarité syndicale du Canada à Madagascar

Les syndicats affiliés à IndustriALL Global Union collaborent pour répondre aux conséquences de la COVID-19 sur les sources de revenus des communautés d’agriculteurs et de pêcheurs à Madagascar. Le Fonds humanitaire des Métallos a été créé par l’affilié à IndustriALL, le Syndicat des Métallos (USW), et est financé au Canada par les contributions individuelles de membres du syndicat.

Le projet vise à toucher 600 ménages et à bénéficier à plus de 2100 personnes des communautés d’agriculteurs et de pêcheurs ainsi qu’au secteur informel lié aux opérations de QMM à Fort Dauphin.

Le Fonds humanitaire des Métallos finance le projet à hauteur de 18 800 dollars canadiens. SVS et SEKRIMA mèneront des activités dans les communautés d’Andrakaraka et d’Amposinahampoina parmi lesquelles des campagnes de sensibilisation à la COVID-19, la distribution de masques et de savons, l’installation de points de distribution d’eau dans chaque foyer ainsi que la fourniture de paniers alimentaires aux plus vulnérables.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a déclaré:

"La COVID-19 est une pandémie mondiale qui nous oblige à tenir compte des contextes locaux. Il est méritoire que le Fonds humanitaire des Métallos, SVS et SEKRIMA unissent leurs forces pour prévenir la COVID-19 dans les communautés. Cela nous rappelle que les syndicats représentent les travailleurs qui vivent dans les communautés et qu’il est dans leur intérêt de veiller à ce que la propagation du coronavirus soit enrayée."

Ken Neumann, président du Fonds humanitaire des Métallos du Canada et Directeur national au Canada pour USW, a indiqué:

"La solidarité signifie, qu’en tant que syndicalistes, nous devons nous préoccuper des besoins des personnes vulnérables aux seins des communautés et y répondre chaque fois que nous le pouvons. La pandémie menace d’appauvrir davantage les communautés déjà pauvres de Fort-Dauphin, situé à proximité de la mine QMM de Rio Tinto."

"Nos membres syndiqués sont des employés de la même société minière internationale au Canada et nous sommes heureux de pouvoir appuyer nos syndicats partenaires à sensibiliser les communautés."

La Banque mondiale estime que la COVID-19 augmentera la pauvreté de 23% en Afrique subsaharienne. Les dispositions réglementaires adoptées par la plupart des pays, y compris Madagascar, pour endiguer la maladie ont entraîné une contraction des économies de 30% et une hausse du nombre de personnes vivant dans la pauvreté.

Face à l’augmentation du nombre de cas de la COVID-19, il est à craindre que la région, dont les établissements de santé sont inadaptés, sous équipés et manquent des ressources pour fonctionner, soit la plus touchée.

Au Pérou, Unique-Yanbal licencie 600 travailleurs pendant la pandémie

Suivant le Syndicat des travailleurs d'Unique, affilié à la FETRIMAP, elle-même affiliée à IndustriALL, Unique-Yanbal licencie massivement et a annoncé que la production de bijoux sera délocalisée en Colombie, du fait de la baisse de la demande causée par le coronavirus.

Le Secrétaire général de la FETRIMAP, Gilmer Ibañez, a déclaré :

"La fermeture des ateliers de bijouterie de Lima va priver d'emploi plus de 600 personnes, dont 90 pour cent de femmes."

Le syndicat voudrait pouvoir dialoguer avec Unique-Yanbal, notamment pour proposer le transfert de ses membres dans un autre site de production de Lima, mais l'employeur ne répond pas.

Pour María Barbuena, la Secrétaire du Syndicat des travailleurs d'Unique chargée du recrutement, 

"Cette décision est regrettable, la plupart de ces femmes étant des soutiens de famille. De plus, cinq d'entre elles sont enceintes et d'autres souffrent de lésions professionnelles causées par le travail manuel. Pourtant, la direction n'en tient aucun compte."

Alors que Unique-Yanbal prétend vouloir "changer la vie des gens" avec ses produits de beauté, plus de 2.000 des travailleurs qu'elle emploie touchent pratiquement le minimum vital. La direction refuse systématiquement de négocier les salaires ou les conditions de travail avec le syndicat qui s'est créé en 2019.

En fait, en totale contradiction avec ce qu'elle préconise en matière d'éthique et de transparence, Unique-Yanbal s'efforce d'empêcher l'enregistrement de syndicats et pousse les travailleurs à se désaffilier en recourant à des réprimandes et des suspensions.

Dans une lettre adressée à Unique-Yanbal, le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, demande instamment à l'entreprise de préserver l'emploi :

"IndustriALL exhorte Unique-Yanbal à suspendre immédiatement les licenciements massifs pendant la pandémie, à respecter les droits fondamentaux des travailleurs et à entamer un dialogue avec le syndicat."

Unique-Yanbal, présente dans dix pays d'Amérique et d'Europe, produit des cosmétiques et de la bijouterie. Son fondateur, Fernando Belmont Anderson, figurait dans le classement de Forbes des milliardaires en 2013 et 2014.

Bangladesh: 34 travailleurs d’un chantier de démolition de navires réintégrés

Le 6 juillet, 17 coupeurs et 17 aides-coupeurs étaient informés sans avertissement préalable par l’entreprise de ne pas revenir au chantier de démolition des navires M/S Motalab Steel par manque de travail.

Néanmoins, au moment de l’annonce, un navire se trouvait sur le chantier. En prenant cette décision, la direction cherchait à éviter de verser l’allocation de présence journalière prescrite par la loi pour les six jours d’attente avant que la découpe puisse commencer.

S’élevant contre cette décision, les travailleurs ont demandé à la Fédération des travailleurs du métal, de la chimie, de la confection et de la taille du Bangladesh (BMCGTWF) d’intervenir.

La BMCGTWF a annoncé qu’elle organiserait une manifestation, engagerait des procédures juridiques et demanderait l’aide du gouvernement pour régler le différend.

 

Devant l’action collective des 34 travailleurs concernés, rassemblés devant la porte du chantier, la direction a accepté de leur payer l’allocation journalière de présence et de les réintégrer sur le chantier.

Les 34 travailleurs licenciés ont repris le travail le 8 juillet.

Mojibur Rahman Bhuiyan, Secrétaire général de la BMCGTWF, a indiqué:

"L’action collective et la solidarité syndicale sont nécessaires pour défendre les droits des travailleurs. Ils sont retournés travailler avec dignité grâce à nos efforts conjugués. Nous continuerons à protéger les droits des travailleurs."

Kan Matsuzaki, Directeur en charge du secteur de la démolition des navires à IndustriALL, a déclaré:

"Il s’agit d’une grande victoire à la fois pour les travailleurs de Chittagong et pour le syndicat dans une industrie dont le personnel est peu syndiqué."

Un tribunal du travail porte un coup dur à BHP

Plus tôt dans l'année, le CFMEU Mining and Energy avait déposé un recours à la juridiction du travail d'Australie, la Fair Work Commission, contre l'approbation de deux conventions d'entreprise, alors que le géant minier BHP essayait d'éviter de négocier avec le personnel recruté par les Operations Services, son propre bureau d'embauche.

Cette tentative a maintenant fait long feu, la Fair Work Commission ayant réaffirmé que les deux conventions ne peuvent être approuvées.

Pour Tony Maher, le président du CFMEU Mining and Energy, la stratégie menée par BHP à travers son Operations Services est de faire reculer les salaires et les conditions d'emploi en externalisant une part importante de ses mineurs de charbon qui seraient employés par ses deux filiales régies par des conventions insignifiantes.

"Nous sommes heureux de voir ces conventions mises à la poubelle, là où est leur place. Nous prions instamment BHP de commencer à traiter respectueusement le personnel de ses Operations Services en l'employant directement aux conditions et salaires en vigueur dans l'industrie.

"Les salariés des Operations Services ne méritent pas d'être traités comme des citoyens de seconde zone sur le lieu de travail, et le syndicat les soutiendra sans relâche."

Par rapport à la moyenne de l'industrie, qui est de 30 à 40 pour cent, sur les sites de BHP, 60 pour cent en moyenne des travailleurs sont au service de sous-traitants. Les Operations Services sont le bureau d'embauche interne de BHP; les travailleurs reçoivent des chemises au logo de BHP, mais ils n'ont aucune voix au chapitre.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie minière, a déclaré :  

"C'est une grande victoire, non seulement pour le CFMEU, mais pour les travailleurs de BHP en général. Elle condamne la pratique insidieuse de BHP et cette tentative cynique pour légitimer une pratique totalement détestable qui sape et viole les droits des travailleurs."