Qu’est-ce que le nitrate d’ammonium et pourquoi est-il si dangereux ?

Qu’est-ce que le nitrate d’ammonium et pourquoi a-t-il explosé ? Brian Kohler, l’expert en santé et sécurité d’IndustriALL Global Union, répond à ces importantes questions.

Qu’est-ce que le nitrate d’ammonium ?

Le nitrate d’ammonium est une matière dangereuse bien connue qui a été impliquée dans de nombreuses explosions désastreuses par le passé. C’est un produit chimique inorganique utilisé comme engrais riche en azote et aussi, sans surprise, dans la fabrication d’explosifs.

Pourquoi était-il stocké dans le port de Beyrouth ?

Toute la lumière sur ce qui a déclenché cette explosion ne sera peut-être jamais faite. Cependant, il y a six ans, un cargo vieillissant transportant quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium a fait escale au Liban. Couvert de dettes et jugé inapte à la navigation, le navire a été saisi et sa cargaison dangereuse confisquée.

Au lieu que le problème soit résolu ou que les marchandises saisies soient éliminées en toute sécurité, le dangereux nitrate d’ammonium a été stocké dans un entrepôt du port de Beyrouth pendant les six dernières années. Les demandes répétées des fonctionnaires pour obtenir l’autorisation d’éliminer ou de vendre la cargaison sont apparemment restées sans réponse.

Pourquoi a-t-il eu explosion ?

Normalement, le nitrate d’ammonium peut être manipulé en toute sécurité. On peut, bien sûr, le faire délibérément détoner lorsqu’il est utilisé comme explosif. Cependant, dans certaines conditions, il peut exploser accidentellement avec des conséquences dévastatrices.

La fiche internationale de sécurité chimique de l’OIT pour le nitrate d’ammonium peut être consultée ici. Les matières explosives sont généralement réglementées. Suivant les juridictions il peut y avoir des réglementations ou des directives différentes sur la manipulation et le stockage du nitrate d’ammonium. Vérifiez les règles applicables dans votre juridiction. Vous trouverez, par exemple, ici quelques conseils s’agissant du Royaume-Uni.

Les conditions qui le rendent plus dangereux comprennent la présence d’impuretés telles que des matières organiques, d’autres substances explosives, des métaux et du soufre. Cependant, le stockage à long terme de grandes quantités est en soi dangereux, car le produit a tendance à absorber l’humidité ainsi que des contaminants et à se solidifier ou à se compacter.

De plus, la décomposition lente de ce produit chimique, en particulier lorsqu’il est stocké en grandes quantités dans un environnement chaud, peut entraîner un risque accru d’accumulation de produits de décomposition, d’auto-échauffement (à cause de la chaleur dégagée par les réactions de décomposition lente) et, au bout du compte, de détonation soudaine lorsqu’une température critique de décomposition auto-entretenue est atteinte.

Le nitrate d’ammonium doit être stocké séparément d’autres matières inflammables et explosives et de contaminants potentiels dans des bâtiments bien conçus et protégés contre les incendies. Les quantités stockées doivent être limitées, tout comme la durée du stockage. Toute matière contaminée (par exemple provenant de sacs cassés) doit être immédiatement éliminée en toute sécurité. Il va de soi que toute source potentielle d’inflammation, par la présence de fumeurs notamment, doit être strictement interdite à proximité de ces matériaux.

On peut considérer comme évident que le stockage d’un grand lot de nitrate d’ammonium pendant six ans dans un entrepôt libanais rend toutes ces conditions plus probables. Des sacs ont pu être endommagés, ce qui augmente les risques de contamination. L’auto-échauffement peut commencer, lentement au début, à l’intérieur d’un amas volumineux. Un temps chaud peut provoquer des températures extrêmes à l’intérieur des entrepôts, en particulier si normalement on n’y travaille pas.

Par ailleurs, si des gens se trouvent fréquemment dans la zone, un stockage à long terme peut les accoutumer au risque et, par conséquent, l’exposition à des impacts ou à des sources d’inflammation comme un choc électrique, ou le fait d’y fumer sans autorisation, peut devenir plus probable. Dans l’attente d’une enquête approfondie, nous ne devons pas non plus exclure la possibilité que des individus mal intentionnés aient tiré parti d’un tel stockage de matières dangereuses.

Quel est l’impact environnemental de cette explosion ?

Dès lors qu’un grand nombre de bâtiments ou d’infrastructures de tout type est réduit en miettes, l’air est rempli de niveaux inconnus de ce qui a été utilisé pour leur construction : des métaux lourds comme le plomb, des matériaux dangereux comme l’amiante, des produits chimiques et de combustion de toutes sortes ainsi, bien sûr, que de la poussière qui contient un pourcentage élevé de silice.

Cela a été observé après la destruction du World Trade Center à New York, les bombardements en Irak et l’incendie de Notre Dame de Paris, où du plomb a été libéré par la combustion de sa flèche qui en était tapissée. Les produits de la combustion du nitrate d’ammonium lui-même auront généré toutes les combinaisons imaginables d’oxydes nitriques et nitreux, d’acide nitrique, etc. Certains de ces produits sont toxiques, mais leur présence sera de courte durée.

Que faut-il faire maintenant ?

L’accident doit faire l’objet d’une enquête appropriée, transparente et indépendante afin de déterminer lesquelles de ces conditions, le cas échéant, étaient remplies. Le stockage d’une quantité aussi importante de nitrate d’ammonium pendant une période si longue peut être qualifié d’accident en devenir. Les personnes jugées responsables doivent être tenues de rendre des comptes et des systèmes doivent être mis en place pour éviter que des accidents similaires ne se reproduisent à l’avenir.

Nous présentons nos sincères condoléances aux victimes et à leurs familles et souhaitons qu’une telle catastrophe ne se reproduise plus jamais.

Illustration : Mayof Elkezza sur Twitter

Nissan va maintenir la production et l’emploi en Espagne jusqu’à fin 2021

 

Cela fait suite à l’annonce, fin mai, de l’intention de Nissan de fermer ses installations de Barcelone dans le cadre d’une restructuration mondiale. Cet accord est le résultat d’une lutte acharnée et déterminée. Après avoir entamé une grève illimitée le 4 mai, les syndicats ont mobilisé un mouvement de protestation national contre les fermetures d’usine. Une caravane de travailleurs et travailleuses de Nissan a parcouru le pays pour soutenir la lutte et des manifestations ont eu lieu devant les concessions Nissan dans tout le pays. Le refus des travailleurs et travailleuses d’opter pour un mode mineur a joué un rôle important dans l’obtention de l’accord.

 

IndustriALL a envoyé un message de solidarité et a enregistré un message vidéo en soutien aux travailleurs et travailleuses de Nissan.

Les intenses négociations entre les représentants des travailleurs et la direction de Nissan Motor Ibérica (NMISA), avec la participation du service de médiation du travail, ont débuté le mardi 4 août et ont duré près de 39 heures, jusqu’à ce qu’un accord soit conclu le 5 août.

 

L’accord couvre les sites de Barcelone de la Zona Franca, les sites de production de Montcada et de Sant Andreu ainsi que le centre de distribution Nissan, qui représentent environ 80 % de la main-d’œuvre de l’entreprise en Espagne.

 

L’accord, qui a été approuvé par un vote des travailleurs le 6 août, stipule qu’il n’y aura pas de licenciements forcés jusqu’à la fin de 2021. L’accord prévoit différents régimes de retraite anticipée pour les plus de 51 ans ainsi que des mesures d’incitation au départ volontaire. Parallèlement à l’accord, les syndicats signalent qu’un projet de réindustrialisation qui permettrait la réinsertion de la main-d’œuvre de Nissan après la fin de l’accord est à un stade avancé de discussion avec le Ministère du travail.

“Trois mois seulement après l’annonce d’une fermeture totale et sans solution, nous considérons que sauver tous les emplois, dans ce contexte, n’est pas peu de chose. Nous regrettons la manière et le moment choisis par Nissan pour annoncer son départ, mais notre objectif est l’emploi ainsi que le maintien d’un pôle industriel et cela a été atteint. L’unité a été la clé de ce succès,”

a souligné Raúl Montoya, Secrétaire responsable de l’action syndicale auprès de la Fédération de l’industrie de l’USO.

Le Secrétaire de l’industrie automobile de la FICA UGT, Jordi Carmona, a évoqué

“un bon accord qui, pour l’instant, dissipe l’incertitude sur l’avenir de l’emploi. L’accord évite la fermeture immédiate des usines Nissan en Catalogne et l’application de mesures traumatisantes pour les travailleurs et travailleuses, tandis qu’une solution industrielle à long terme est recherchée pour garantir tous les emplois du personnel actuel de Nissan ainsi que ceux des fournisseurs et prestataires de la multinationale”.

Le syndicat de l’industrie des CC.OO a publié une déclaration qui précise :

“Ce n’a pas été une partie de plaisir, avec 95 jours d’une grève illimitée qui a vu des mobilisations sociales et syndicales en Cantabrie, à Madrid, à Barcelone, avec des marches nocturnes, qui ont été une grande démonstration collective dans la lutte contre la décision de Nissan.

Cet accord est l’aboutissement d’un travail intense mené par les représentants syndicaux dans l’entreprise, qui ont maintenu avec insistance l’unité d’action dans la lutte, ce qui nous a permis de parvenir à un accord équilibré qui, malgré toutes les difficultés, répond aux aspirations du personnel.”

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL a déclaré :

“C’est un très bon résultat, obtenu grâce à une lutte courageuse durant près de 100 jours et à une négociation tenace de la part de l’équipe syndicale. L’élément essentiel est le lien entre cet accord et le projet de réindustrialisation proposé. Le redéploiement de cette main-d’œuvre qualifiée doit s’inscrire dans un Pacte vert pour l’Europe qui garantit que ces compétences et capacités de production ne seront pas perdues. Nous demandons instamment au Ministère du travail de prêter une attention particulière aux détails de ce projet.

Nous devons avant tout féliciter nos affiliés pour leur unité, ainsi que les 2.500 travailleurs et travailleuses qui n’ont jamais baissé les bras et qui, pas une seule fois au cours des 100 derniers jours n’ont laissé passer la journée sans chanter  #NissanNoSeCierra (on ne fermera pas Nissan).”

“Nous ne pouvons pas vivre du seul tourisme”

Inde: les syndicats observeront un "Save India Day" pour protester contre le gouvernement Modi

Les syndicats ont choisi la date du 9 août dans le but d’établir un parallèle entre l’attitude du gouvernement en place et celle d’un colonisateur. En effet, le 9 août 1942, un mouvement de désobéissance civile de grande échelle, Quit India, était lancé pour mettre fin au pouvoir colonial.

Dans une déclaration commune émise le 22 juillet, les syndicats ont signalé les attaques sévères perpétrées contre les droits des travailleurs durant les mesures de confinement mises en place pour lutter contre la COVID-19 sans que le gouvernement ne réagisse. Ce dernier a imposé un confinement mal planifié pendant des mois qui a aggravé la situation financière des gens ordinaires, tout en ne réussissant pas à développer les infrastructures de santé, causant une immense misère.

Bien que de nombreuses usines ont rouvert par suite du déconfinement, les travailleurs ont dû faire face à des licenciements économiques, des baisses salariales ainsi que des pertes de salaire correspondant aux jours non travaillés durant la période de confinement. Des millions de travailleurs payés à la journée et contractuels ont perdu leur emploi ; et les travailleurs indépendants, leurs sources de revenus.

Environ 30 à 35% des microentreprises, et des petites et moyennes entreprises qui fournissent des emplois à un grand nombre de travailleurs ont déclaré ne pas être en mesure de reprendre leurs activités. Les syndicats sont inquiets face à la situation qui appauvrit et affame davantage la population. Les experts ont mis en garde sur le fait que les travailleurs pourraient entrer en dépression et se suicider.

Au lieu de se concentrer sur ces problèmes critiques, le gouvernement a poussé à la privatisation d’entreprises prestigieuses du secteur public comme Indian Railways (les chemins de fer indiens) et Air India, et des secteurs tels que le charbon, les sciences spatiales, l’énergie atomique, les banques, les assurances. De nombreux gouvernements fédéraux ont amendé les lois du travail au détriment des travailleurs.

Le Dr G Sanjeeva Reddy, président d’INTUC et d’INMF, affilié à IndustriALL, a déclaré:

"L’union syndicale dans la lutte est devenue nécessaire car, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Modi n’a pas réussi à résoudre les problèmes des travailleurs dans de nombreux domaines. Au contraire, il a annoncé la mise en place d’une série de politiques hostiles aux travailleurs, y compris à travers des amendements radicaux aux lois du travail. Durant le confinement mis en place pour lutter contre la COVID-19, il a laissé les travailleurs se débrouiller par eux-mêmes. Le gouvernement, qui n’a aucun respect ni ne se préoccupe des droits des travailleurs et de la population, y compris leurs droits de survie fondamentaux, ne mérite pas qu’on coopère avec lui. La lutte unie des syndicats s’intensifiera dans les prochains jours."

Les syndicats centraux sont également solidaires des luttes menées actuellement dans plusieurs secteurs. Les syndicats du charbon ont organisé une grève massive de trois jours, du 2 au 4 juillet, pour protester contre la privatisation. Le 18 août, ils mèneront des actions conjointes pour montrer combien ils s’opposent à la vente aux enchères de blocs de charbon à des entreprises privées pour leur exploitation commerciale. Les fédérations du secteur de la défense planifient des grèves conjointes à la mi-septembre. Les travailleurs du secteur social, comptant de nombreuses aides-soignantes, feront grève les 7 et 8 août. Les fédérations ferroviaires prévoient également de mener des actions.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

"Divers rapports sur les impacts de la COVID-19 sur le monde du travail en Inde, dont celui de l’OIT, appellent l’État à intervenir activement pour aider et soutenir les travailleurs.

"En cette période critique, nous appelons le gouvernement indien à s’engager dans un véritable dialogue social constructif avec les syndicats afin de trouver des solutions aux problèmes pressants auxquels sont confrontés les travailleurs. IndustriALL Global Union est solidaire du mouvement syndical indien qui mène un combat juste pour protéger les intérêts des travailleurs et des personnes."

Des millions de travailleurs à travers l’Inde devraient prendre part à l’action du 9 août. Précédemment, les syndicats mondiaux ont lancé une campagne contre les changements radicaux anti-travailleurs au droit du travail annoncés par de nombreux gouvernements fédéraux indiens.

Le gouvernement zimbabwéen colle au syndicat l’étiquette “organisation terroriste”

Parmi les personnes arrêtées figure l’auteure primée Tsitsi Dangarembga, dont le roman “Le corps en deuil” figure sur la liste étendue du prix Booker 2020. Elle est en liberté sous caution alors que d’autres restent en prison. Certains syndicalistes sont entrés dans la clandestinité pour éviter l’arrestation.

Selon le Forum des ONG des droits de l’homme du Zimbabwe, plus de 40 personnes ont été arrêtées depuis le 20 juillet, parmi lesquelles des militants, des journalistes d’investigation qui ont fait des reportages sur la corruption entourant les fonds Covid-19 et des politiciens de l’opposition.

En début de semaine, une campagne sur Twitter, #ZimbabweanLivesMatter, qui condamne les violations des droits de l’homme, a suscité la solidarité régionale et internationale, avec plus de 700.000 messages. En réponse à cette campagne populaire, le Président Emmerson Mnangagwa a déclaré le 4 août que la crise économique était causée par “des éléments politiques d’opposition, des sanctions économiques illégales, des cyclones, des sécheresses et plus récemment la pandémie de Covid19”. Il a également imputé la crise à des “brebis galeuses” qui, selon lui, “feront l’objet de purges”.

La répression aggrave la situation désastreuse des travailleurs et travailleuses du Zimbabwe. Avec un salaire bien inférieur au minimum vital, impossible de se permettre de payer les denrées de base. Le temps de travail a été réduit en raison des restrictions imposées par la Covid-19, ce qui a entraîné une baisse des salaires encore plus importante. Dans certains secteurs, les travailleurs et travailleuses ne gagnent que l’équivalent de 40 à 75 dollars américains par mois et affirment qu’il leur en faut au moins 200 pour pouvoir acheter de la nourriture.

À l’issue des postes de travail, il n’y a pas de transport public et certains marchent plus de 25 km pour rentrer chez eux. Ils doivent parcourir cette distance à pied ou risquer d’être arrêtés en vertu d’un couvre-feu Covid-19. Le gouvernement a interdit les opérateurs de transport privés au profit d’une société de bus publique peu fiable.

IndustriALL Global Union compte 10 affiliés au Zimbabwe, qui organisent les travailleurs et travailleuses dans les secteurs de la chimie, des plastiques, de l’énergie, du métal et de l’ingénierie, des mines, du textile, de la confection, du cuir et de la chaussure, entre autres.

Avec une hyperinflation d’environ 737 %, l’économie est en crise, les pénuries de carburant et d’argent liquide étant courantes. Cependant, les syndicats ne relâchent pas leurs efforts. Pour protéger les travailleurs et les travailleuses contre la dureté de l’environnement économique, ils se préparent à une grève générale en faveur d’un salaire minimum vital.

Manifester contre les conditions de vie difficiles est considéré par le gouvernement comme une tentative de “renversement du régime” et se heurte aux menaces et à la répression des forces de sécurité. Par exemple, le parti au pouvoir, ZANU PF, a déclaré la semaine dernière que le Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU) était une “organisation terroriste”, ce qui a été condamné par les syndicats zimbabwéens, les fédérations sud-africaines et les organisations syndicales régionales et internationales. Le Président du ZCTU, Peter Mutasa, se cache après que son nom est apparu sur une liste de la police pour des “interrogatoires” en rapport avec les manifestations.

Paule-France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

“La constitution du Zimbabwe de 2013 reconnaît les droits et libertés fondamentaux de l’homme ainsi que les droits relatifs au travail. Cela signifie que le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que ces droits soient protégés et non violés par les forces de sécurité de l’État. La pandémie de Covid-19 ne doit pas servir d’excuse pour violer les droits des travailleurs et les droits de l’homme.”

Mavis Koogotsitse, Secrétaire exécutive du Conseil de coordination des syndicats d’Afrique australe, a condamné “la poursuite du traitement hostile et de l’intimidation des syndicalistes et des militants de la société civile par des agents de la sécurité de l’État au Zimbabwe.”

Illustration :photo d’archive de violences policières à Harare en octobre 2019. Auteur : Lovejoy Mtongwiza

IndustriALL exprime sa solidarité avec le peuple libanais

L’explosion qui s’est produite, hier soir, dans le port de Beyrouth, près du centre-ville, a fait au moins 100 morts. Les bâtiments ont été endommagés dans un rayon de quatre kilomètres, et des dégâts matériels généralisés sont également à déplorer.

En ces moments de souffrance, IndustriALL Global Union adresse ses condoléances et exprime sa solidarité à la population de Beyrouth, unie dans la dignité. Comme toujours, les habitants de la ville se sont mobilisés pour se soutenir, en faisant des dons de sang et en utilisant les médias sociaux pour retrouver les disparus.

Le peuple libanais a enduré d’énormes pressions au cours de ces dernières années. La guerre qui sévit dans les pays voisins a entraîné l’instabilité et l’afflux de plus d’un million de réfugiés. L’épidémie de coronavirus a poussé à la limite de ses capacités le système de santé, et le pays fait face à une crise économique, à laquelle s’ajoute des pénuries alimentaires et des pannes fréquentes d’électricité.

L’explosion est un choc supplémentaire qui vient toucher une ville déjà vulnérable. Les hôpitaux et les cliniques ont été gravement endommagés, accroissant la pression sur le personnel soignant déjà débordé. Les stocks céréaliers stockés dans le port ont été détruits, aggravant la crise alimentaire.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

"IndustriALL est profondément attristé par la souffrance et la destruction d’une ville qui a accueilli nombre de nos activités régionales au fil des ans. De Hamra à Achrafieh, du rocher aux pigeons de Raouché à Bourj Hammoud, la ville de Beyrouth est très appréciée des participants aux activités d’IndustriALL.

"IndustriALL a trois affiliés au Liban. L’un d’eux nous a signalé des dommages matériels à ses locaux, mais heureusement, aucune des informations que nous avons reçues ne déplore des blessés. Nous vous adressons nos condoléances et vous assurons de notre solidarité et de notre soutien en ces moments difficiles.

"Le peuple fera front commun. Les blessures guériront. La ville sera reconstruite. IndustriALL demeure solidaire de la population de Beyrouth."

Selon les paroles de la grande artiste libanaise, Fairouz, dans son hymne à la ville, Li Beirut:

"A Beyrouth, de mon cœur un salut à Beyrouth
Et des baisers à la mer et aux maisons
A un rocher qui ressemble au visage d’un ancien marin […]

" […] Alors comment est devenu son goût… un goût du feu et de fumée…

"Tu es à moi, tu es à moi, Ô enlace-moi, tu es à moi […]
Tu es à moi Beyrouth, tu es à moi, Ô Beyrouth, enlace-moi…"

Inditex et IndustriALL vont coopérer sur un plan de relance de l’industrie de la confection

Pablo Isla d’Inditex, Moussa Oumarou de l’OIT et Valter Sanches d’IndustriALL lors du renouvellement de l’ACM dans les locaux de l’OIT en novembre 2019.

Ces organisations se sont engagées à le faire par une déclaration conjointe signée à Arteixo et à Genève ce 4 août.

Dans de nombreux pays qui produisent des vêtements, dont le Bangladesh, le Pakistan, le Cambodge et la Turquie, les détaillants du secteur de la mode ont annulé des commandes pendant la période de confinement, ce qui a entraîné des pertes d’emplois à grande échelle et des difficultés économiques pour les travailleurs dans les pays qui ne disposent pas de programmes de chômage technique. L’un des principaux objectifs de cet accord est un engagement à des conditions de paiement et de financement stables pour soutenir les liquidités des fournisseurs. Cela leur permettra d’honorer les versements aux travailleurs de sorte à ce que les emplois et les revenus soient protégés.

L’accord s’appuie sur un partenariat de longue date entre l’entreprise et la fédération syndicale internationale, qui a débuté par un accord-cadre mondial signé en 2007 et renouvelé en 2019.

Cet accord scelle l’engagement à respecter la liberté syndicale et les droits à la négociation collective, en donnant aux travailleurs et travailleuses le droit d’adhérer à un syndicat pour défendre leurs intérêts. Il encourage le dialogue social à tous les niveaux et engage les deux organisations à travailler avec les gouvernements et les organisations patronales dans les pays sources.

L’accord renforce les engagements envers d’autres initiatives multipartites, notamment l’Appel à l’action de l’OIT dans l’industrie de la confection au plan mondial et l’initiative ACT.

La santé et la sécurité des travailleurs seront assurées. Les entreprises fournisseuses mettront en œuvre des mesures de protection et fourniront des équipements de protection individuelle. Au fur et à mesure de la levée des restrictions dues à la Covid-19 et de la réouverture des économies, Inditex et le Comité syndical mondial suivront de près la reprise en toute sécurité des activités ordinaires.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“La pandémie de Covid-19 a provoqué une crise dans l’industrie du textile et de la confection qui a conduit les syndicats à vivre des pertes d’emplois massives, des conditions de travail dangereuses et des attaques contre les droits des travailleurs. Beaucoup de nos membres ont vu leurs moyens de subsistance complètement s’effondrer.

Les fournisseurs de l’industrie manufacturière ont besoin de stabilité et de prévisibilité afin que l’emploi et les revenus puissent être préservés. C’est ce qu’implique cet engagement. Nous travaillons ensemble pour aider le secteur à développer la résilience nécessaire pour sortir de la crise, en sauvant les emplois et en préservant les droits et les revenus des travailleurs.”

Illustration : un centre de distribution d’Inditex

Iran: une énorme vague de grèves touche le secteur énergétique

Une vague de grèves sauvages a déferlé sur les principaux projets industriels et raffineries situés dans les gisements iraniens de gaz de South Pars où environ 10 000 travailleurs ont cessé de travailler. Les travailleurs protestent contre les retards de paiement des salaires, le versement de salaires de misère, l’insécurité de l’emploi et les mauvaises conditions de travail et de vie alors qu’ils luttent contre des températures de 50 degrés.

Les arriérés de salaires sont un problème fréquent, et les manifestations et les grèves localisées sont courantes. Cependant, cette vague de grèves coordonnées à grande échelle est sans précédent et touche plusieurs raffineries et de nombreux entrepreneurs.

Grévistes durant le premier jour de grève

 

Les grévistes sont des constructeurs, des électriciens, des soudeurs, des tuyauteurs et d’autres ouvriers qualifiés employés par des agences de placement et des recruteurs de travailleurs au noir dans des projets industriels menés dans le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Ils travaillent par cycle de quarts de 20 jours, suivi de dix jours de congé, et sont logés dans des dortoirs situés à proximité de leur lieu de travail pendant les jours travaillés. Ils comptent refuser de travailler pendant un cycle de quarts complet de 20 jours.

La vague de grèves a été déclenchée après qu’Ebrahim Arabzadeh, un travailleur contractuel employé dans le complexe pétrochimique de Mahshahr, soit mort d’épuisement au travail le 28 juillet en raison de la chaleur intense qui régnait. Les travailleurs ont présenté une liste de revendications aux entreprises contractantes. Le samedi 1er août, 10 000 travailleurs faisaient grève, 2 000 abandonnant complètement les gisements de gaz pour rentrer chez eux, et de nombreux autres se rassemblant devant les bureaux des entrepreneurs.

L’affilié iranien à IndustriALL Global Union, le Syndicat des mécaniciens et des métallurgistes d’Iran, estime que l’ampleur de la grève offre une chance aux travailleurs d’obtenir des concessions et d’être éventuellement représentés dans les principaux sites industriels.

Alors que la grève se poursuit, on s’attend à ce que les travailleurs d’autres raffineries et complexes pétrochimiques se joignent à eux. Le 4 août, les manifestations se sont étendues à la raffinerie d’Ispahan, dans le centre de l’Iran, et à Mashhad, dans le nord-est du pays.

La vague de grèves se répand sur l’Iran, y compris à la raffinerie de sucre Haft Tappeh et dans les installations industrielles de la ville d’Arak. Les grévistes sont souvent réprimés brutalement. Les travailleurs de South Pars utilisent néanmoins leurs emplois précaires comme une arme industrielle. En effet, n’étant pas des employés permanents, ils ne peuvent pas être sanctionnés pour arrêter de travailler ou abandonner complètement leur poste.

Les organisateurs craignent des représailles de la part des forces de sécurité à mesure que la grève se propage. Des informations non confirmées font état d’arrestations et de surveillance des militants clés.

Il a été signalé aujourd’hui que les deux premiers jours de grève ont conduit certains employeurs à déclarer être prêts à renégocier les conditions de travail, y compris à la centrale électrique d’Iranshahr, située dans le sud-est du pays.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a indiqué :

« Les travailleurs iraniens ont prouvé à maintes reprises qu’aucune répression ne les fera taire. Ils défendront leurs droits et continueront à protester jusqu’à ce que leur voix soit entendue.

"Les travailleurs des gisements de gaz mènent des actions revendicatrices coordonnées et stratégiques pour défendre leurs droits. S’ils tiennent bon, ils peuvent obtenir de grands changements. L’Iran connaîtra un conflit du travail jusqu’à ce que les syndicats indépendants soient reconnus."

La mise en valeur des gisements de South Pars est le projet phare de l’Iran en matière d’hydrocarbures. Le pays dépend de ce projet pour acquérir des devises et faire face à l’hyperinflation. La compagnie publique pétrolière et gazière a compétence sur tous les projets réalisés à South Pars. Le géant français de l’énergie Total a signé un accord pour mettre en valeur les gisements en 2017, mais s’est retiré en raison des sanctions américaines.

Les gisements sont mis en valeur en partenariat avec d’autres multinationales de l’énergie, mais l’Iran s’efforce d’obtenir les engagements financiers nécessaires. Les entrepreneurs sont sous pression pour achever les travaux des projets ayant pris du retard, et font souvent face à des problèmes de liquidités découlant des délais dans les paiements des contrats gouvernementaux dus aux sanctions bancaires.

Ethiopie : condamnation du démantèlement syndical à l’usine de vêtements Shints

La Fédération industrielle des syndicats des travailleurs du textile, du cuir et de l’habillement (IFTLGWTU), affiliée à IndustriALL Global Union, affirme que la direction de l’entreprise, qui fabrique et exporte des vêtements d’extérieur et de sport dans le cadre de la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA, African Growth and Opportunity Act) établie en vertu de la politique commerciale américaine, décourage les travailleurs d’adhérer au syndicat.

Shints, qui emploie 4 414 travailleurs à Bole Lemi, a également cessé de déduire les cotisations syndicales des salaires. Les efforts déployés pour rencontrer la direction, réfractaire à régler les questions soulevées par le syndicat, n’ont pas abouti. Selon IFTLGWTU, Shints prétend faussement qu’elle est la seule entreprise située dans la zone industrielle autorisant les syndicats à recruter et à organiser. Mais leurs actions montrent le contraire.

 

Le syndicat craint que la campagne antisyndicale ne soit responsable d’une perte des adhésions, qui sont passés de 3 800 à 2 500. Il se dit également préoccupé par la situation en matière de santé et de sécurité, y compris au niveau des mesures de prévention mises en place pour lutter contre la COVID-19, par suite de la mise en quarantaine de 60 travailleurs testés positifs à la maladie.

Angesome Geberyohannes, président d’IFTLGWTU, qui est consterné par ce qui se passe, a indiqué:

"Vers la mi-2019, les choses ont commencé à aller mal. L’environnement favorable a été remplacé par un climat d’hostilité et la suppression des droits syndicaux et des travailleurs. Certains dirigeants syndicaux dynamiques ont été obligés de démissionner de leurs postes syndicaux, et il est maintenant difficile de les remplacer parce que les réunions sont interdites par la direction. Cela affaiblit le syndicat. En ce qui concerne la COVID-19, l’entreprise doit appliquer strictement les règles pour empêcher la propagation dans l’usine."

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a écrit au PDG de la société mère, Shin Textile Solutions, dont le siège est en Corée, pour condamner le démantèlement syndical.

"Il est inacceptable que la direction de Shints viole les droits des travailleurs qui sont protégés par la constitution éthiopienne et le droit national du travail. Ces droits sont également protégés par la Convention n° 87 de l’Organisation internationale du Travail sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, ainsi que la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective. Nous demandons à la direction de cesser de revenir sur les acquis et de permettre au syndicat de fonctionner comme auparavant."

En Colombie, Cerrejón annonce un changement qui éliminera 1.200 emplois

Le 15 juillet, la direction de Cerrejón a organisé une réunion pour annoncer sa décision de modifier le système des équipes de travail dans ses sites d'exploitation. Cela implique de remplacer le système de rotation des équipes inscrit dans la convention collective – par lequel les salariés travaillent deux jours suivis d'un jour de repos, puis travaillent encore deux jours suivis de trois jours de repos – par un système dans lequel les salariés travaillent sept jours suivis de trois jours de repos puis sept jours de travail suivis de quatre jours de repos pour un salaire inchangé.

Le syndicat des mineurs colombiens, Sintracarbón, affilié à IndustriALL Global Union, déclare qu'avant cette annonce, la direction n'a organisé aucune consultation et n'a pas rencontré les travailleurs pour discuter d'autres options ou des avantages et des conséquences négatives pour l'existence et la santé des travailleurs de ce changement qui détruira des centaines d'emplois.

Le nouveau système entraînera la suppression d'une des équipes. Le personnel sera réduit de 25 pour cent, privant ainsi 1.200 travailleurs de leur emploi. Cela s'ajoute à la suspension de 400 contrats d'emploi du fait de la pandémie de Covid-19, avec pour conséquence une réelle crise de l'emploi.

Le système de travail posté actuellement en vigueur avait été mis en place il y a 30 ans par un expert étranger embauché par Cerrejón. Auparavant, les mineurs devaient travailler six jours puis avaient deux jours de repos. Ce système avait suscité des plaintes et 11 licenciements abusifs et avait aussi impacté négativement la production.

"Nous pensons que le nouveau système, qui implique de travailler sept jours d'affiliée pour le même salaire, aura une incidence réelle sur la santé des travailleurs. Et il ne faut pas oublier que 60 pour cent des salariés de Cerrejón sont des travailleurs âgés. Qui plus est, le nouveau système privera 1.200 travailleurs de leur emploi, avec des conséquences sociales aussi. Nous devons nous battre pour protéger le système de travail posté inscrit dans notre convention collective depuis 30 ans,"

a déclaré Díaz López, le président du comité exécutif national de Sintracarbón.

Pour Sintracarbón, le système en place doit être maintenu parce qu'avec lui, les travailleurs sont performants. Parce qu'ils sont bien reposés, ils peuvent maintenir leur niveau de productivité et continuent à générer des bénéfices substantiels pour Cerrejón.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit à la P-DG de Cerrejón, Claudia Bejarano Gutiérrez de Piñerez, pour lui demander de veiller à ce que Cerrejón préconise un dialogue avec Sintracarbón et respecte les dispositions de l'actuelle convention collective.

"Nous exhortons Cerrejón à se réunir avec les travailleurs pour discuter de la portée de la décision et pour trouver une solution de rechange. Enfin, nous tenons à répéter combien il est important de veiller au respect des droits fondamentaux des travailleurs de Cerrejón."

En Colombie, Cerrejón annonce un changement qui éliminera 1.200 emplois

Le 15 juillet, la direction de Cerrejón a organisé une réunion pour annoncer sa décision de modifier le système des équipes de travail dans ses sites d'exploitation. Cela implique de remplacer le système de rotation des équipes inscrit dans la convention collective – par lequel les salariés travaillent deux jours suivis d'un jour de repos, puis travaillent encore deux jours suivis de trois jours de repos – par un système dans lequel les salariés travaillent sept jours suivis de trois jours de repos puis sept jours de travail suivis de quatre jours de repos pour un salaire inchangé.

Le syndicat des mineurs colombiens, Sintracarbón, affilié à IndustriALL Global Union, déclare qu'avant cette annonce, la direction n'a organisé aucune consultation et n'a pas rencontré les travailleurs pour discuter d'autres options ou des avantages et des conséquences négatives pour l'existence et la santé des travailleurs de ce changement qui détruira des centaines d'emplois.

Le nouveau système entraînera la suppression d'une des équipes. Le personnel sera réduit de 25 pour cent, privant ainsi 1.200 travailleurs de leur emploi. Cela s'ajoute à la suspension de 400 contrats d'emploi du fait de la pandémie de Covid-19, avec pour conséquence une réelle crise de l'emploi.

Le système de travail posté actuellement en vigueur avait été mis en place il y a 30 ans par un expert étranger embauché par Cerrejón. Auparavant, les mineurs devaient travailler six jours puis avaient deux jours de repos. Ce système avait suscité des plaintes et 11 licenciements abusifs et avait aussi impacté négativement la production.

"Nous pensons que le nouveau système, qui implique de travailler sept jours d'affiliée pour le même salaire, aura une incidence réelle sur la santé des travailleurs. Et il ne faut pas oublier que 60 pour cent des salariés de Cerrejón sont des travailleurs âgés. Qui plus est, le nouveau système privera 1.200 travailleurs de leur emploi, avec des conséquences sociales aussi. Nous devons nous battre pour protéger le système de travail posté inscrit dans notre convention collective depuis 30 ans,"

a déclaré Díaz López, le président du comité exécutif national de Sintracarbón.

Pour Sintracarbón, le système en place doit être maintenu parce qu'avec lui, les travailleurs sont performants. Parce qu'ils sont bien reposés, ils peuvent maintenir leur niveau de productivité et continuent à générer des bénéfices substantiels pour Cerrejón.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit à la P-DG de Cerrejón, Claudia Bejarano Gutiérrez de Piñerez, pour lui demander de veiller à ce que Cerrejón préconise un dialogue avec Sintracarbón et respecte les dispositions de l'actuelle convention collective.

"Nous exhortons Cerrejón à se réunir avec les travailleurs pour discuter de la portée de la décision et pour trouver une solution de rechange. Enfin, nous tenons à répéter combien il est important de veiller au respect des droits fondamentaux des travailleurs de Cerrejón."