Les travailleurs biélorusses se croisent les bras pour protester contre l’oppression

Au cours de ces six jours de manifestations, les arrêts de travail se sont rapidement étendus à tout le pays. Selon des informations récentes, les travailleurs et travailleuses de pas moins de 100 entreprises différentes se sont croisés les bras pour protester contre l’incapacité des chefs d’entreprise à assurer leur sécurité face aux brutales répressions policières.

Les travailleurs et travailleuses de Belaruskaliy, un producteur d’engrais, ont rapporté que plusieurs de leurs collègues avaient été arrêtés et tabassés par la police spéciale anti-émeute OMON, le 11 août, au moment de prendre leur poste de nuit. Un des travailleurs a été condamné à 25 jours et un autre à 15 jours.

Avant cela, IndustriALL avait reçu des informations faisant état d’une série de détentions et de passages à tabac sévères de dirigeants syndicaux qui avaient participé pacifiquement aux élections en tant qu’observateurs indépendants. Il s’agit notamment de l’ancien Président du Syndicat indépendant de Biélorussie (BNP) Nikalai Zimin, de son collègue Maxim Sereda et de Jan Roman, journaliste et militant du Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM). La police n’a autorisé aucun contact avec les détenus.

En plus de rapports incessants sur la violence et la détention arbitraire, les personnes libérées les 13 et 14 août des centres de détention de Minsk et d’autres villes ont partagé des récits extrêmement alarmants de tortures brutales, de passages à tabac et d’autres actes de violence inhumains durant leur détention.

Selon des informations émanant des médias biélorusses et des affiliés d’IndustriALL dans le pays, les travailleurs ont arrêté le travail pour tenir des assemblées spontanées dans de grandes entreprises manufacturières, notamment BelAZ (camions tout-terrain, Zhodino), MAZ (camions et bus, Minsk), MTZ (tracteurs, Minsk), Keramin (carreaux de céramique, Minsk), Integral (électronique, Minsk), Grodno Azot (produits chimiques, Grodno), Belaruskaliy (engrais potassiques, Soligorsk).

Les travailleurs exigent que les chefs d’entreprise et les dirigeants des villes garantissent leur sécurité et mettent fin à la violence contre les travailleurs et la population en général. Lors de nombreuses réunions, les travailleurs ont exprimé leur méfiance à l’égard des résultats des élections qui ont été annoncés et demandent la démission de Loukachenko ainsi que la tenue de nouvelles élections.

Au plan européen et international, on a commencé à discuter de sanctions supplémentaires contre les personnes impliquées dans le processus de fraude lors des élections en Biélorussie.

Il faut des sanctions supplémentaires contre ceux qui ont violé les valeurs démocratiques ou abusé des droits de l’homme au #Belarus.

Je suis convaincue que la discussion d’aujourd’hui entre les ministres des affaires étrangères de l’UE démontrera notre ferme soutien aux droits de la population de Biélorussie, aux libertés fondamentales et à la démocratie.

— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) 14 août 2020

IndustriALL Global Union et industriAll Europe ont conjointement exprimé leur indignation, leur colère et leurs protestations face à la violence disproportionnée, aux persécutions et aux arrestations dont ont fait l’objet les personnes qui manifestaient pacifiquement contre les résultats des élections présidentielles du 9 août.

Le syndicat entérine un accord pour sauver des emplois chez Renault Brésil

Des centaines de membres du syndicat SMC ont assisté à une assemblée le 10 août dernier pour connaître les détails de la dernière proposition négociée avec l’entreprise. Les 10 et 11 août, ils ont voté en ligne, 95 % des membres ayant approuvé cet accord qui réintègre les 747 travailleurs licenciés.

Le Président du SMC, Sérgio Butka, a déclaré :

“C’est un combat pour nos emplois et notre qualité de vie. Le défi des quatre prochaines années consistera à maintenir la croissance de l’usine et à créer des emplois. Nous devons faire passer les intérêts de la population locale avant tout.

Cela a été une nouvelle expérience pour nous, puisque nous avons eu le soutien des autorités de l’emploi et de toute la communauté alors que nous cherchions à conclure un accord avec Renault. Nous devons maintenant retourner à l’usine, penser positivement et commencer à forger une relation solide et saine avec Renault. Nous devons tous jouer notre rôle”.

Les dirigeants du syndicat SMC, qui fait partie de la CNTM/FS, affiliée à IndustriALL Global Union, ont indiqué que l’accord comprend également un plan salarial de quatre ans avec une participation aux bénéfices et des prestations extra-salariales.

Comme suite à cet accord, le syndicat a mis fin à la grève qui avait débuté le 22 juillet. Le travail reprendra normalement le 12 août pour tous, à l’exception des 747 personnes réintégrées, qui resteront chez elles avec leur salaire complet jusqu’à l’expiration du plan de licenciement volontaire, le 20 août.

Le président de la CNTM/FS, Miguel Torres, a déclaré :

“Cette victoire n’aurait pas été possible sans les travailleurs, le syndicat SMC et le leadership de Sergio Butka. Ce résultat montre une fois de plus combien il est important que les membres du syndicat soient unis. Le travail du syndicat a été fondamental pour les salariés et le pays ainsi que pour créer des relations sociales plus dignes. Je tiens à féliciter les travailleurs de Curitiba et Butka. Apportons à chacun un emploi, un revenu, des droits et l’accès aux soins de santé”.

La grève a été déclenchée par le licenciement de la part de l’entreprise de 747 travailleurs, dont beaucoup étaient en congé de maladie. À côté de la grève, des manifestations ont eu lieu devant les concessions Renault dans différentes villes du Brésil.

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a écrit une lettre exprimant son soutien aux travailleurs et appelant Renault à respecter ses engagements en vertu de l’accord-cadre mondial (ACM) que l'entreprise a signé avec IndustriALL en juillet 2019. En vertu de cet accord, l’entreprise a accepté de mener des pourparlers à propos de tout plan de restructuration.

Le SMC a poursuivi Renault devant le tribunal régional du travail, qui a publié le 5 août un document mentionnant l’ACM entre Renault et IndustriALL. Ce document soulignait également que l’entreprise n’avait pas respecté les termes de l’engagement pris avec le Ministère de l’emploi, par lequel elle s’engageait à négocier tout programme de licenciement avec le syndicat. Le tribunal a donc statué que les licenciements n’étaient pas recevables et que les travailleurs devaient être réintégrés.

M. Sanches s’est félicité du résultat des négociations :

“Nous félicitons les travailleurs et travailleuses de Renault pour leur saine réaction et leur solidarité avec leurs collègues licenciés. Leur détermination a permis de faire en sorte que les autorités se prononcent en faveur des travailleurs et exigent de Renault le retour à la table des négociations. Nous sommes heureux que notre ACM ait contribué à ce résultat positif. Nous continuerons à travailler pour que Renault ne cherche pas à déstabiliser ses travailleurs et respecte ses engagements locaux et mondiaux”.

VW a négligé les protocoles de santé et de sécurité de la Covid-19, selon le syndicat

Le 17 juillet, les travailleurs de l’usine ont exercé leur droit de retrait d’un lieu de travail dangereux, comme le prévoit la loi sur la sécurité et la santé au travail, après que 120 travailleurs ont été testés positifs au coronavirus.

Une enquête menée par le Ministère de l’emploi et du travail a confirmé que l’entreprise automobile avait enfreint la réglementation en matière de retour au travail.

Le syndicat conteste l’affirmation de VW selon laquelle les travailleurs ont été infectés dans leur communauté et non au travail. Le NUMSA affirme que la santé et la sécurité des travailleurs ont été encore plus compromises par la “politique irrationnelle et injuste” de VW selon laquelle les travailleurs qui contractent la Covid-19 par transmission communautaire n’ont pas droit à des congés de maladie spéciaux, ni à des périodes d’isolement. Au lieu de cela, les jours de quarantaine sont retirés du congé annuel normal.

Quatorze délégués syndicaux ont été suspendus pour avoir refusé de travailler sur un lieu de travail dangereux. Le NUMSA a négocié la levée de leur suspension et déclare que VW doit cesser de menacer les travailleurs par rapport à l’exercice de leurs droits. L’entreprise doit plutôt répondre aux revendications des travailleurs en faveur d’un lieu de travail plus sûr.

Le comité d’entreprise mondial de Volkswagen a soulevé la question auprès du siège de l’entreprise et des négociations sont en cours pour résoudre le problème.

Irvin Jim, Secrétaire général du NUMSA, a déclaré :

“VW a isolé ses cadres et son personnel de bureau de la Covid-19 en leur permettant de travailler à domicile, tandis que les travailleurs ordinaires ont dû reprendre le travail en mai 2020 sans se conformer à la règle des 50 pour cent prévue par la réglementation.

Les équipes du matin et de l’après-midi ont continué à fonctionner à pleine capacité, ce qui non seulement transgresse les règlements, mais oblige aussi les travailleurs ordinaires à opérer  dans des conditions dangereuses où la distanciation sociale est impossible. Il n’est pas surprenant que le taux d’infection parmi les travailleurs ait augmenté rapidement à partir de deux cas confirmés”.

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué :

“La distanciation sociale est un défi dans les usines automobiles et cela signifie que des entreprises comme VW doivent suivre attentivement les dispositions stipulées dans les procédures de contrôles de retour au travail afin de minimiser la propagation du coronavirus”.

Au niveau de la propagation de la pandémie de Covid-19, le Département national de la santé sud-africain a déclaré le 11 août que le Cap-Oriental comptait 82.715 cas confirmés, 2.286 décès et 13.478 guérisons.

Ceci étant, les travailleurs ont salué le don par VW d’un entrepôt de pièces détachées réformé et de 25 millions de ZAR (1,4 million de dollars US) pour utilisation en tant qu’hôpital de campagne Covid-19 à Port Elizabeth, indiquant qu’il s’agissait d’un “beau geste” qui aidera la population. L’hôpital de campagne, qui est également soutenu par le gouvernement allemand, aura une capacité de 3.300 lits, ce qui contribuera à alléger la pression sur les hôpitaux publics qui sont à court de lits en raison de la pandémie.

IndustriALL réclame la fin de la répression au Bélarus

IndustriALL Global Union et industriAll European Trade Union expriment conjointement leur indignation, leur colère et leur protestation contre les actes de violence, les persécutions et les arrestations disproportionnés orchestrés contre les personnes ayant manifesté pacifiquement contre les résultats de l’élection présidentielle du 9 août.

Des observateurs indépendants font état de graves fraudes, manipulations et irrégularités avant, pendant et après les élections. Le régime autoritaire de Loukachenko a réagi en coupant l’accès à Internet pendant plusieurs jours et en arrêtant des manifestants et des journalistes indépendants.

Au moins une personne aurait été tuée et de nombreux manifestants gravement blessés auraient été hospitalisés au cours des trois jours de manifestations ayant eu lieu à Minsk et dans d’autres villes du Bélarus.

Selon les informations disponibles, de nombreuses personnes ont été arrêtées et rouées de coups, dont des dirigeants syndicaux ayant participé pacifiquement aux élections en tant qu’observateurs indépendants. L’ancien président du Syndicat indépendant du Bélarus (BNP), Nikalai Zimin, ainsi que trois autres militants au moins ont été arrêtés. Zimin a été condamné à 25 jours de détention alors qu’il participait à des manifestations pacifiques dans la ville de Soligorsk. Son collègue, Maxim Sereda, a été condamné à 12 jours de prison. Jan Roman, journaliste et militant du Syndicat libre des travailleurs de la métallurgie (SPM), a été brutalement battu et détenu au poste de police après être allé s’enquérir du sort de collègues arrêtés plus tôt.

Pendant plus d’un quart de siècle de régime autoritaire antidémocratique, le mouvement syndical international a été le témoin d’un pouvoir répressif et d’un ralentissement économique, accompagnés de la disparition d’opposants politiques et de la répression des syndicats indépendants et de leurs dirigeants. Plus récemment, l’incapacité du régime à gérer l’épidémie de COVID-19 a conduit à une nouvelle crise de sa légitimité, qui s’est soldée par les récents résultats électoraux frauduleux. Loukachenko a été déclaré vainqueur malgré les preuves confirmant le choix opposé de la majorité. Ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et déclenché les manifestations dans tout le Bélarusse pour exiger la tenue de nouvelles élections.

Selon le mouvement syndical mondial, le Bélarus est réputé pour violer systématiquement et continuellement la liberté syndicale et les droits fondamentaux des travailleurs. Parmi ces violations figurent l’introduction de contrats de durée déterminée obligatoires dans le but d’intimider les travailleurs, le déni des libertés fondamentales et la suppression des institutions de la société civile et des syndicats libres et indépendants.

IndustriALL Global Union et industriAll European Trade Union expriment conjointement leur sympathie et leur solidarité avec la population, la société civile et les syndicats du Bélarus. Les deux organisations défendent les principes universels de la démocratie, dont la liberté syndicale, la liberté d’expression et la liberté d’accès à l’information comme conditions fondamentales sine qua non d’une société démocratique. L’utilisation de mesures extrêmes telles que les grenades assourdissantes, les gaz lacrymogènes, les balles en caoutchouc et d’autres équipements militaires contre des manifestations pacifiques est inacceptable et ne fera qu’entraîner une escalade de la situation dans le pays.

Par conséquent, nos deux organisations exhortent le gouvernement biélorusse à mettre immédiatement fin à la violence, aux persécutions et aux arrestations, et à libérer tous les dirigeants syndicaux, les militants et les représentants de la société civile emprisonnés.

Le Gouvernement biélorusse doit entamer un dialogue constructif avec les représentants de la société civile. Il doit organiser des élections transparentes, y compris en autorisant l’accès des observateurs et des journalistes indépendants aux bureaux de vote, et assurer la fiabilité des résultats.

IndustriALL Global Union et industriAll European Trade Union appellent conjointement la communauté internationale, en particulier l’Union européenne, à user de tous les moyens nécessaires pour mettre fin aux actes antidémocratiques et violents commis par le gouvernement biélorusse ainsi qu’à revoir les relations politiques et économiques actuelles avec le Bélarus.

Image: Avec l’aimable autorisation de Gazetaby.

Les métallurgistes font face à des attaques virulentes des employeurs en Turquie

Au cours des dernières semaines, dans l’industrie métallurgique, plus de cent travailleurs ont été licenciés pour avoir adhéré à un syndicat, tous dans les entreprises des chaînes d’approvisionnement des grandes multinationales.

En Turquie, l’adhésion individuelle à un syndicat est enregistrée dans le système e-state, un outil en ligne qui permet aux citoyens de mettre à jour leurs informations personnelles auprès des autorités. Si un syndicat recrute une majorité simple sur un lieu de travail, il peut alors demander au Ministère du travail une certification automatique en tant que partenaire de négociation collective. Les employeurs, y compris les multinationales, recourent à des astuces illégales et sournoises pour éviter que les syndicats soient reconnus.

La tactique la plus courante consiste à licencier suffisamment de syndiqués pour ramener le nombre de membres en dessous du seuil de reconnaissance. Cette pratique est illégale et les syndicats contestent ces licenciements devant les tribunaux. Ces affaires aboutissent presque toujours à un règlement en faveur des travailleurs. Mais les procédures judiciaires prennent du temps et les employeurs espèrent que les travailleurs se décourageront et que la campagne de syndicalisation s’essouffle.

MT Reklam

Piquet chez MT Reklam à Gebze

Une procédure chez MT Reklam est en cours depuis sept ans. L’affilié d’IndustriALL Global Union, Birleşik Metal-İş, y a recruté la majorité des travailleurs en 2013. Depuis lors, l’entreprise a utilisé toutes les tactiques possibles pour briser le syndicat, y compris le licenciement d’adhérents, l’intimidation, les menaces et la violence. Après une procédure judiciaire qui a tranché en faveur du syndicat, les membres restants se sont mis en grève pour défendre leur dignité et leurs droits fondamentaux.

Une autre astuce consiste à intimider les travailleurs pour qu’ils quittent le syndicat ou qu’ils partagent leurs mots de passe électroniques avec l’employeur. La remise du mot de passe permet à l’employeur de se connecter au compte d’un travailleur et d’en retirer son adhésion au syndicat.

Un certain nombre d’affiliés ont signalé une récente intensification de ces tactiques.

Özer Elektrik

Piquet chez Özer Elektrik à Dilovasi

Birleşik Metal-İş a recruté la majorité des travailleurs d’Özer Elektrik, un producteur d’appareils électriques, mais avant leur demande auprès du ministère, l’entreprise a licencié dix adhérents et a appelé les forces de sécurité pour disperser les syndicalistes. Les dirigeants syndicaux ont été placés en détention pour effrayer les travailleurs et les dissuader d’adhérer au syndicat.

Ünal Kablo

Ünal Kablo : manifestation à Ergene

En août, peu avant que Türk Metal ne dépose sa demande de reconnaissance, le fabricant de câbles Ünal Kablo a licencié 31 membres du syndicat, ramenant ainsi les chiffres sous le seuil. Les syndicalistes maintiennent un piquet devant l’usine.

Sampa Otomotiv

Sampa Otomotiv

En août, un autre affilié, Özçelik-İş, a demandé son accréditation pour négocier collectivement chez Sampa Otomotiv, en démontrant qu’il représente une majorité de travailleurs. L’entreprise a répondu en licenciant 71 membres du syndicat. Cyniquement, Sampa a utilisé la pandémie comme excuse, en disant que les travailleurs avaient été licenciés parce qu’ils ne portaient pas de masque, en dépit du fait que certains d’entre eux, en congé de maladie, n’étaient même pas présents à l’usine.

Ces actions violent les normes internationales du travail auxquelles la Turquie adhère, ainsi que la Constitution et le droit du travail turcs.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Il s’agit là de ruses sournoises, déloyales et malhonnêtes. IndustriALL les condamne avec la plus grande fermeté. Les travailleurs turcs ont le droit constitutionnel et légal d’adhérer au syndicat de leur choix.

Il est illégal et despotique de la part des employeurs de leur refuser ce droit, et nous devons voir des mesures plus fortes prises contre ces entreprises. Leurs clients, les grandes multinationales, doivent prendre leurs responsabilités dans le cadre de leurs obligations en matière de chaîne d’approvisionnement.”

Les syndicats indonésiens s’opposent au projet de loi Omnibus

IndustriALL Global Union a écrit au Président indonésien Joko Widodo pour lui demander de veiller à ce que le projet d’amendement de la loi ne porte pas atteinte aux droits et avantages des travailleurs indonésiens protégés par la législation du travail en vigueur.

Dans une lettre datée du 29 juillet, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, s’est dit gravement préoccupé par le fait que le projet de loi Omnibus conduirait à une plus grande flexibilité de l’emploi, en s’attaquant aux protections des travailleurs telles que le salaire minimum, les indemnités de licenciement, la couverture sanitaire et les régimes de retraite.

Il a souligné que :

"Le projet de loi viole manifestement les conventions de l’OIT n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective, n° 100 sur l’égalité des rémunérations et n° 144 sur la consultation tripartite, qui ont été ratifiées par le gouvernement indonésien.

"La consultation tripartite en cours doit se dérouler de bonne foi et sur un pied d’égalité avec l’ensemble des partenaires sociaux. Les droits et avantages garantis par la législation du travail et les normes internationales du travail fondamentales en vigueur ne doivent pas être violés."

Le projet de loi controversé est un point central de l’action du mouvement syndical indonésien. Le 3 août, des milliers de travailleurs ont manifesté à l’initiative de la Confédération des syndicats indonésiens (KSPI) devant le parlement indonésien et le ministère de coordination des affaires économiques pour protester contre le projet de loi Omnibus.

Manifestation de la KSPI-FSPMI devant le parlement

Le président de la KSPI, Said Iqbal, a déclaré:

"Nous avons reçu des informations selon lesquelles le projet de loi Omnibus sera débattu discrètement pendant les vacances parlementaires. Nous continuerons d’organiser des manifestations jusqu’à ce qu’il soit abandonné. Le 25 août, un grand rassemblement aura lieu au même moment à travers l’Indonésie.

"Depuis le début de la pandémie de COVID-19, plus de 100 000 travailleurs ont été mis au chômage technique et 96 000, mis à pied. Le gouvernement devrait concentrer son énergie à limiter la crise de l’emploi et à mettre fin au débat sur le projet de loi Omnibus."

La présidente de la Confédération des syndicats de travailleurs de toute l’Indonésie (KSPSI), de la Confédération syndicale indonésienne pour la prospérité (KSBSI), Elly Rosita Silaban, actuellement membre d’un comité technique créé par le gouvernement, a indiqué:

"Nous utiliserons le comité technique comme un forum pour présenter le point de vue des syndicats, à savoir que nous rejetons fermement le projet de loi Omnibus car il menace les droits des travailleurs relatifs aux salaires, aux indemnités de licenciement, aux heures de travail, à la sécurité sociale et aux emplois typiques.

"La KSBSI n’acceptera jamais la dégradation des droits sous quelque forme que ce soit. Nous ne sommes pas non plus contre les investissements. Les syndicats sont des acteurs clés. Nous avons le droit d’être consultés et de participer à la rédaction du projet de loi sur le travail."

Une manifestation des travailleurs du papier en Indonésie brutalement dispersée par la police

Le FSP2KI a vivement critiqué la charge des 120 policiers qui ont agressé et roué de coups des membres du syndicat. Plusieurs femmes syndicalistes ont été harcelées sexuellement par des policiers pendant la dispersion.

Cela faisait 65 jours que les travailleurs se mobilisaient devant les portes de l’entreprise en solidarité avec 38 membres dont les contrats de travail ont été résiliés par l’entreprise en sous-traitance PT. Kaliguma Transindo, lorsque PTTEL a mis fin à son contrat et a désigné PT Kamigumi Indonesia comme nouvelle entreprise externe.

Ils exigent que la nouvelle société externe réembauche tous les travailleurs et travailleuses qui étaient auparavant employés par PT Kaliguma Transindo.

Tom Grinter, Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la pâte et du papier, a déclaré :

“Nous condamnons la violence et le harcèlement à l’égard de nos membres chez PTTEL, qui exerçaient leur droit de réunion pacifique lorsqu’ils ont été chargés. Nous demandons instamment à PTTEL et au Ministère de la main-d’œuvre d’intervenir dans le conflit et de veiller à ce que les 38 travailleurs et travailleuses soient réembauchés.”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“PTTEL doit se comporter de manière socialement responsable, car ces travailleurs et travailleuses sont sur le site depuis 20 ans. Il est honteux de supprimer ces emplois à l’heure de la pandémie de Covid-19.

Selon l’OIT, le nombre de travailleurs précaires en Indonésie a rapidement augmenté, passant de 6 millions en 2001 à 11 millions en 2010. Le gouvernement doit réformer le droit du travail pour entraver la flexibilité du travail. PTTEL devrait progressivement absorber ces personnes travaillant pour elle en tant que salariés permanents.”

Le Secrétaire général de FSP2KI, M. Fatkuroji, a ajouté :

“Le fait que PT Kamigumi Indonesia n’ait pas réintégré les anciens salariés de PT Kaliguma Transindo viole le règlement du Ministère de la main-d’œuvre n° 19 de 2012 et le règlement n° 101 de 2004, qui stipule qu’une nouvelle entreprise chargée d’externalisation doit reprendre les travailleurs de l’entreprise précédemment titulaire du contrat, dès lors que le même type de travail persiste dans l’entreprise qui la recrute.

En outre, l’article 27 de la Constitution de 1945 et le décret de la Cour constitutionnelle de 2011 garantissent les droits des citoyens à un emploi et à des moyens de subsistance décents. Il s’agit d’une obligation humanitaire du gouvernement envers ses citoyens.”

Recrutement syndical victorieux chez Kumho aux États-Unis

Les travailleurs et travailleuses de l’usine Kumho de Macon, en Géorgie, avaient voté en faveur de l’USW, affilié à IndustriALL Global Union, en septembre dernier, mais 13 bulletins de vote ont été contestés. Hier, le NLRB, Conseil national des relations du travail, a déclaré la campagne de recrutement syndical victorieuse.

Kumho, multinationale coréenne du pneumatique, a ouvert son usine de Macon en 2016. Le premier scrutin pour la reconnaissance syndicale a eu lieu l’année suivante. Mais le scrutin a échoué après une campagne anti-syndicale féroce et illégale, impliquant des menaces à l’égard de membres du syndicat. Un juge a statué que l’entreprise avait violé les droits des travailleurs lors du scrutin de 2017 et a ordonné la tenue d’un nouveau vote. Il a également ordonné à l’entreprise de donner lecture aux travailleurs de la liste des lois du travail qu’elle avait violées.

En attendant les résultats définitifs du vote, la situation chez Kumho s’était aggravée : lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé, la société n’a pas distribué de masques, n’a pas fourni de désinfectant ni pris d’autres mesures de bon sens.

Daniel Flippo, le Directeur des Métallos USW pour le district 9, qui comprend sept États du Sud, a déclaré :

“La solidarité des travailleurs et travailleuses face à une intimidation extrême montre à quel point ils ont besoin de toute urgence sur leur lieu de travail des protections que seul un syndicat peut leur offrir. Et leur victoire sur une entreprise abusive et cupide devrait inspirer d’autres travailleurs et travailleuses qui veulent mettre fin aux mauvais traitements que leur infligent leurs propres employeurs.”

IndustriALL et son affilié, le Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU), qui représente plus de 3.500 travailleurs de Kumho en Corée du Sud, ont soutenu leurs homologues de Macon dans leur lutte pour obtenir une représentation syndicale.

Le Directeur d’IndustriALL pour l’industrie du caoutchouc, Tom Grinter, a déclaré :

“Nous sommes très heureux d’accueillir les travailleurs de Kumho Tire de Macon, en Géorgie, dans notre grande famille syndicale. Vous avez mené un combat courageux face à une campagne anti-syndicale féroce et vous avez gagné.

Nous continuerons à œuvrer ensemble pour améliorer la vie professionnelle de nos membres dans ce secteur partout dans le monde.”

Le syndicat combat avec succès les licenciements massifs au Myanmar

En mars, Kamcaine Manufacturing a utilisé la Covid-19 comme excuse pour licencier 57 personnes, membres de l’IWFM. Après des mois d’implication et une campagne pour les réintégrer, l’entreprise et le syndicat ont conclu un accord écrit le 4 août 2020.

L’accord stipule que les 57 travailleurs et travailleuses seront réembauchés et que cinq dirigeants syndicaux locaux seront réintégrés avec tous les arriérés de salaire, les avantages sociaux et l’ancienneté.

Les deux parties s’engagent à respecter les directives sur la liberté syndicale, qui stipulent que personne ne doit subir de sanction ou de discrimination en raison de son implication dans un syndicat.

En mars, l’entreprise de confection a licencié les 57 membres de l’IWFM, dont les sept membres exécutifs du syndicat local. L’entreprise a affirmé que le licenciement était inévitable en raison d’un manque de commandes pendant la pandémie de Covid-19. Cependant, l’IWFM a critiqué la direction pour avoir cherché à démanteler le syndicat, car de nouveaux travailleurs ont été embauchés après le licenciement des adhérents syndicaux.

Travailleurs et travailleuses de Futeli

L’IWFM a également négocié de manière fructueuse avec l’usine de confection Futeli en vue de réintégrer 111 travailleurs et travailleuses avec une indemnisation complète et leur statut d’origine. Les licenciements avaient eu lieu en mars et avril, pendant le confinement de l’usine.

La Présidente de l’IWFM, Khaing Zar, indique :

“Depuis mars 2020, l’IWFM, les fournisseurs et les enseignes d’ACT ont entamé un dialogue social sur les lignes directrices de la liberté syndicale. J’espère que les fournisseurs consulteront les syndicats et les marques avant de mettre en œuvre tout plan de licenciement. Si les fournisseurs prennent des décisions unilatérales sans en discuter avec nous, cela va à l’encontre de l’objectif du dialogue social.”

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur, a déclaré :

“Je félicite l’IWFM pour ses deux victoires. Je suis heureuse de constater que les directives sur la liberté syndicale sont devenues une norme qui fait référence et que le mécanisme de règlement des litiges fonctionne. IndustriALL continuera à promouvoir la sensibilisation à ces directives auprès des fournisseurs de vêtements associés aux enseignes ACT.”

Les syndicats de la région Asie-Pacifique exigent du gouvernement cambodgien la libération de Rong Chhun

Dans un communiqué de presse commun daté du 4 août 2020, les FSI ont condamné l’arrestation de Rong Chhun, qui a été interpellé par la police à Phnom Penh, le 31 juillet à 21h30. Les autorités l’accusent de diffusion de fausses nouvelles et d’“incitation à commettre un délit ou à provoquer des troubles sociaux”, après avoir donné son avis concernant la question de la frontière entre le Cambodge et le Vietnam.

Rong Chhun aurait critiqué le gouvernement cambodgien pour avoir feint de ne pas constater l’intrusion des autorités vietnamiennes sur les terres de paysans à Tbong Kmom pour y installer une borne frontalière. Cette irrégularité a conduit des agriculteurs à perdre leurs terres et leurs moyens de subsistance.

Les FSI ont exhorté le gouvernement cambodgien à respecter la liberté d’expression du dirigeant syndical et les droits de l’homme fondamentaux, ainsi qu’à faire respecter les principes de la Convention 87 de l’OIT et les traités internationaux sur les droits de l’homme ratifiés par le pays.

Yang Sophorn, Président de la Fédération des syndicats cambodgiens (CATU), qui est affiliée à la CCU et à IndustriALL, indique :

“L’arrestation de Rong Chhun a violé la Constitution du Cambodge qui garantit la liberté d’expression des citoyens cambodgiens, personne ne devrait être puni pour avoir simplement livré un commentaire justifiable sur des questions politiques, sociales et culturelles.

Militant au plan syndical et au niveau des droits de l’homme, Rong Chhun a courageusement défendu les droits et les avantages des travailleurs, enseignants, fonctionnaires, policiers et soldats qui ont subi des injustices. La censure de sa liberté d’expression est sans équivoque une violation des droits de l’homme”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Nous sommes gravement préoccupés par la tendance à invoquer de fausses dispositions en matière d’information dans les lois nationales cambodgiennes pour persécuter les dirigeants syndicaux. Il y a quelques mois, une autre dirigeante syndicale locale, Soy Sros, a été détenue sans procès pendant deux mois simplement parce qu’elle avait critiqué son entreprise sur Facebook.

Une figure syndicale respectée telle que Rong Chhun mérite mieux que cette enquête déraisonnable pour “incitation à commettre des infractions”. Libérez Rong Chhun immédiatement !”