Les syndicats font campagne pour la sensibilisation à la Covid-19 au Zimbabwe

Parmi les moyens de réduire la hausse des infections, les affiliés d’IndustriALL Global Union, le ZDAMWU, Syndicat des mineurs de diamant et activités connexes du Zimbabwe ainsi que le Syndicat national des mineurs du Zimbabwe, mènent des campagnes nationales de sensibilisation.

Ces campagnes comprennent des visites dans les mines pour vérifier que les employeurs respectent les règlements de prévention de la Covid-19 et s’assurer que les travailleurs disposent d’un équipement de protection individuelle adéquat ainsi que d’installations sanitaires appropriées. Les campagnes mettent également l’accent sur l’observation et le maintien d’une distance sociale sur le chemin du travail ainsi que sur la fourniture aux travailleurs de masques faciaux et de désinfectants pour les mains.

Au cours de ces campagnes, le ZDAMWU a distribué plus de 5.000 masques à ses membres. Le syndicat s’est inquiété du manque de distance sociale dans le transport des travailleurs vers et depuis leur lieu de travail et des tests à effectuer sur les travailleurs et leurs familles dans les complexes miniers pour prévenir la transmission de la Covid-19 au sein des communautés.

Au demeurant, le ZDAMWU s’est rendu compte qu’il y avait des disparités dans le respect des règles entre les sociétés minières. Le syndicat a visité les mines d’Unki d’Anglo American, de How Mine, de Hwange Colliery et d’autres encore. Alors que les grandes sociétés minières ont pris des mesures adéquates pour empêcher la propagation de la Covid-19 sur le lieu de travail, seuls des efforts limités pour arrêter les transmissions au sein des communautés présentes dans les complexes miniers ont été entrepris.

Certaines entreprises n’ont pas testé les travailleurs comme l’exige la réglementation Covid-19 et d’autres n’ont pas du tout appliqué cette réglementation. Les travailleurs des exploitations minières artisanales et à petite échelle ne sont pas non plus du tout dans le respect de la réglementation, ceux-ci vivant dans des conditions épouvantables.

Justice Chinhema, Secrétaire général du ZDAMWU, a déclaré :

“Dès lors que le coronavirus continue de se propager dans l’industrie minière, le syndicat doit adopter une approche radicale face à la pandémie pour sauver des vies et protéger la sécurité et la santé des travailleurs.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, indique :

“La Covid-19 continue de menacer la santé et la sécurité des travailleurs et travailleuses dans les mines et nous continuons à appeler les sociétés minières à suivre les protocoles Covid-19 pour prévenir les infections. Nous voulons également que les gouvernements et les employeurs reconnaissent la Covid-19 comme une maladie professionnelle.”

La pandémie de Covid-19 au Zimbabwe survient à un moment où les établissements de santé publique du pays, à la suite d’années de négligence, tombent en ruine, sont mal équipés et parfois dépourvus de médicaments. On rencontre des cas de patients qui meurent dans les parkings parce que les hôpitaux ne peuvent pas les admettre et où les travailleurs de première ligne, comme les médecins et les infirmières, sont en grève depuis des mois pour exiger des salaires décents et des équipements de protection individuelle adéquats. Selon le Ministère de la santé et de la protection de l’enfance, le 26 août, le pays avait enregistré 6.521 cas positifs, 4.961 guérisons et 179 décès. Comme dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, on peut douter que ces chiffres reflètent vraiment la pandémie dans le pays, car moins de tests qu’ailleurs y sont effectués.

Négocier la santé et la sécurité dans le secteur du caoutchouc en Asie-Pacifique

Le dialogue a été maintenu régulièrement entre les syndicats du caoutchouc de la région et les directions afin de discuter de la fourniture d'équipement de protection individuelle, des règles imposées par le gouvernement et des préoccupations des travailleurs.

Darius Guerrero, le directeur des affaires internationales de l'Organisation philippine des travailleurs du commerce et des industries diverses, a déclaré :

"Les syndicats du caoutchouc des Philippines ont rencontré régulièrement les employeurs pendant la pandémie. Nos affiliés ont fait part de leurs idées sur la manière d'améliorer les mesures de santé et de sécurité sur le lieu de travail. Nous avons négocié la flexibilité pour éviter les licenciements."

Saman Pornprachathum, le Président du Groupe syndical des travailleurs du caoutchouc de Thaïlande (RWUT-CILT) ajoute :

"Les producteurs de caoutchouc et les syndicats de Thaïlande coopèrent afin d'atténuer l'impact du Covid-19 sur les travailleurs. Par exemple, nous distribuons des masques et du désinfectant pour les mains aux travailleurs et aux communautés locales. Les entreprises ayant suspendu les heures supplémentaires et différentes prestations, elles permettent aux travailleurs de vendre leur propre production dans les locaux de l'entreprise afin d'augmenter leur revenu."

Ils ont échangé leurs vues lors de la réunion du Réseau syndical du secteur du caoutchouc de l'Asie-Pacifique d'IndustriALL qui s'est tenue le 20 août. Quelque 75 participants d'Indonésie, du Japon, des Philippines et de Thaïlande ont participé à cette réunion virtuelle. 50 d'entre eux étaient physiquement présents dans les salles de réunion, à Bangkok et Jakarta.

En plus de l'impact de la pandémie, les participants ont parlé de l'actualité des luttes menées par les travailleurs du caoutchouc dans chaque pays. Le nombre des travailleurs licenciés par Goodyear à Bogor a été ramené de 52 à 44. Les participants ont aussi exprimé leurs préoccupations à propos du licenciement d'un syndicaliste par Silverstone en Malaisie.

Tom Grinter, le Directeur d'IndustriALL en charge du secteur de la pâte et du papier et du caoutchouc, a déclaré :

"L'effondrement de la demande dans les industries de l'aéronautique et de l'automobile a eu un impact négatif sur l'industrie du caoutchouc. Il faut que les travailleurs du caoutchouc restent unis pour défendre les droits et les prestations dans un avenir incertain."

"Nous continuerons à nous battre contre les licenciements abusifs et la discrimination antisyndicale dans la région. Servons-nous de ce réseau syndical et planifions plus de campagnes pour affronter le capital mondial." 

G20 : appel du mouvement syndical mondial pour une action urgente et globale en faveur de l’emploi, de la reprise et de la résilience

Dans une déclaration adressée à la réunion des ministres du Travail et de l’Emploi du G20, les syndicats du L20 ont dressé un plan global pour faire face aux répercussions sociales et économiques de la crise, où l’emploi, la protection sociale, les droits fondamentaux et l’investissement vital dans la reprise et la résilience se trouvent au cœur de la réponse mondiale.

Les demandes syndicales portent sur l’investissement dans les soins – santé, éducation, garde d’enfants et soins aux personnes âgées – ainsi que dans l’infrastructure et la politique industrielle, l’objectif étant de stimuler l’action en faveur du climat et une transition équitable, tout en respectant les engagements antérieurs relatifs aux femmes et aux jeunes et en garantissant les droits fondamentaux de tous les travailleurs conformément à la Déclaration du centenaire de l’OIT, ce qui inclut la santé et la sécurité au travail.

Face à la défiance du peuple, Loukachenko tente de faire taire les travailleurs

Malgré une répression violente, les autorités n’ont pas réussi à arrêter les rassemblements. Elles concentrent maintenant leurs outils répressifs sur les travailleurs en grève. Alors qu’une grande partie des 7.000 personnes détenues depuis les manifestations du 9 août en Biélorussie sont toujours en prison, IndustriALL a reçu des informations alarmantes selon lesquelles les autorités utilisent leurs moyens répressifs contre les travailleurs qui ont fait grève pour exiger le changement.

Ce matin à 11h00, Dmitri Kudelevich, membre du comité de grève de Belaruskaliy, a été porté disparu par ses collègues. Un autre gréviste, Maxim Filanovich, a également été porté disparu, mais il a pu téléphoner à ses collègues par la suite. Les syndicats craignent que d’autres informations concernant des dirigeants et des militants kidnappés ne suivent.

Hier, la Commission européenne a annoncé une série de mesures visant à soutenir le peuple de Biélorussie. Les syndicats indépendants du pays estiment que ces mesures sont utiles, mais pas suffisantes pour permettre à la population de reconstruire la démocratie. La communauté internationale doit s’impliquer davantage et se concentrer sur les problèmes des travailleurs. Le gouvernement utilise les contrats à court terme comme un outil de répression politique et toute condamnation de la répression qui sévit en Biélorussie doit contenir un engagement en faveur des droits des travailleurs.

IndustriALL, ses prédécesseurs et ses affiliés ont suivi de près la situation des droits syndicaux en Biélorussie depuis 2000, date à laquelle une plainte émanant de multiples organisations syndicales a été déposée auprès de l’Organisation internationale du travail. Le fondement de cette plainte était la violation systématique et répétée des droits des travailleurs, notamment par le biais d’un système de contrats à court terme utilisé pour sanctionner les travailleurs et les militants. Ces contrats de courte durée ont conduit des milliers de militants syndicaux à perdre leur emploi pour avoir mis sur pied ou rejoint des syndicats indépendants.

Une autre raison était les lois draconiennes réglementant la création de syndicats indépendants et les préavis de grève, ce qui a entraîné le démantèlement presque total des syndicats indépendants et démocratiques.

Dans un contexte de déclin économique continu, dû à l’incapacité du gouvernement à mettre en place une stratégie économique viable et à attirer les investissements étrangers, et en l’absence d’un système de consultation au sein de la société, ce qui est précisément le rôle des syndicats, Loukachenko a introduit des taxes sur les chômeurs. Cela a fait porter la responsabilité de l’échec du gouvernement sur les épaules des plus vulnérables, ce qui a conduit à une vague de protestations en 2017-2018.

Enfin, Loukachenko a mal géré la Covid-19. Il a réagi en refusant d’admettre l’existence de la pandémie et en prenant des mesures de protection insuffisantes, laissant la population y faire face par elle-même.

Ce fut la goutte en trop qui a fait réagir fortement la population aux résultats falsifiés des élections.

Les syndicats craignent que Loukachenko n’utilise à nouveau sa machine administrative répressive pour écraser ceux qui s’opposent à lui. Cela a déjà commencé : des travailleurs en grève ont commencé à recevoir des avis de licenciement.

Les syndicats biélorusses appellent à un soutien international, affirmant que les travailleurs et travailleuses sont les premières victimes de la répression, en particulier les plus actifs et les plus courageux qui organisent des grèves.

Les secrétaires généraux d’IndustriALL Global Union et d’industriAll Europe, Valter Sanches et Luc Triangle, ont publié une déclaration dans laquelle on peut lire :

“Nos organisations demandent instamment au gouvernement biélorusse de mettre fin sans délai à la violence, aux persécutions et aux arrestations et de libérer tous les dirigeants syndicaux, militants et représentants de la société civile emprisonnés.”

IndustriALL Global Union, qui rassemble les intérêts collectifs de plus de 50 millions de travailleurs industriels dans 143 pays, appelle ses affiliés et les travailleurs et travailleuses du monde entier à se montrer solidaires de ceux de Biélorussie.

Un atelier de confection du Lesotho licencie des travailleurs qui réclamaient leur dû

Ces travailleurs ont été licenciés la semaine dernière après s'être rassemblés pour demander à l'entreprise les raisons du retard dans le versement de 800 Maloti (46 $) venant du gouvernement. Ils sont convaincus que l'entreprise retarde délibérément ce versement. Celle-ci les a alors accusés d'avoir déclenché une grève sauvage et a licencié 253 d'entre eux.

Vendredi dernier, lorsque les travailleurs ont réclamé leurs indemnités de licenciement, la direction les a réembauchés, comme s'ils étaient de nouveaux salariés, ce qui veut dire qu'ils perdent tous les droits qu'ils ont cumulés, y compris les indemnités de licenciement. Ils devront aussi passer par une période d'essai de trois mois, pour un salaire fortement diminué. Les primes de licenciement sont liées au salaire et à l'ancienneté et représentent une somme importante pour les travailleurs.

Ces travailleuses et travailleurs sont représentés par notre affilié le Syndicat démocratique indépendant du Lesotho (IDUL). Après avoir tenté de négocier avec la direction, le syndicat a rencontré le Ministre du travail pour essayer de trouver une solution. Cependant, la direction n'a pas coopéré. Le syndicat a alors porté l'affaire devant la juridiction de conciliation du DDPR, mais l'arriéré de travail de cette juridiction signifie qu'un règlement ne sera pas trouvé de sitôt.

Le syndicat a aussi abordé la question devant un comité gouvernemental pour le développement du secteur qui a convoqué un représentant de l'entreprise. La situation se complique du fait que le propriétaire de l'usine est basé en Afrique du Sud et qu'il ne peut se rendre au Lesotho en raison des restrictions imposées par le Covid-19.

Le syndicat craint que l'entreprise projette en secret de fermer l'usine du Lesotho pour déménager ses activités en Afrique du Sud. Ces licenciements seraient une tentative pour réduire ses charges d'indemnités de départ que les travailleurs ont constituées grâce à leurs années d'ancienneté.

Le quotidien The Post révèle que, depuis que le gouvernement du Lesotho a instauré un salaire minimum de 2.020 Maloti (117 $) pour le secteur il y a deux ans, des entreprises tentent de licencier puis réengager les travailleurs afin de réduire la charge des indemnités de licenciement. Un travailleur de Bull Clothing a confié au journal :

"Je vois clair dans leur stratagème et je n'accepterai jamais d'être roulé de la sorte".

La Secrétaire régionale d'IndustriALL Paule Ndessomin déclare :

"Bull Clothing a joué un sale tour à un personnel loyal. En retardant le paiement de la prime gouvernementale, ils ont provoqué une réaction du personnel. Ils ont alors invoqué cette réaction pour accuser les travailleurs de mener une grève sauvage. Ensuite, ils les ont licenciés, dépouillés de leurs prestations puis réengagés.

"C'est une manœuvre malhonnête conçue pour réduire la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis de ses salariés. C'est inacceptable et nous nous battrons jusqu'à ce que leurs prestations leur soient rendues."

Bull Clothing produit des vêtements de travail en gros destinés principalement au marché sud-africain.  

Les syndicats indonésiens de la confection et du textile signent une déclaration commune avec les employeurs

La déclaration signée

Cette déclaration fait référence à l’Appel à l’action de l’OIT dans l’industrie de la confection au plan mondial et s’engage à protéger les travailleurs et les employeurs contre la transmission de la Covid-19 ainsi qu’à réduire l’escalade du taux de chômage et la perte de revenus des travailleurs et travailleuses.

Tant les employeurs que les syndicats s’engagent à appliquer les normes fondamentales du travail de l’OIT, à se conformer aux réglementations en matière de santé et sécurité au travail (SST) et à s’engager auprès du gouvernement et des enseignes pour maintenir les emplois et les moyens de subsistance des travailleurs.

La Fédération syndicale de la confection et du textile (FSB GARTEKS), affiliée à IndustriALL Global Union, fait partie des signataires de la déclaration. L’Association des employeurs indonésiens (APINDO), l’Association indonésienne du textile (API) et l’Association indonésienne de la chaussure (APRISINDO) représentent les employeurs.

Trisnur Priyanto, Secrétaire général de GARTEKS, a déclaré :

“Nous tenons à remercier Better Work Indonesia de l’OIT d’avoir facilité ce dialogue social, qui servira de baromètre pour la mise en œuvre de la SST sur les lieux de travail, tant pendant la pandémie de Covid-19 qu’à l’avenir.”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Je félicite GARTEKS d’avoir ratifié cette importante déclaration, qui est une manifestation de l’engagement des partenaires tripartites à traiter l’impact de la Covid-19. C’est vraiment une grande victoire pour le secteur de la confection et du textile en Indonésie.

Ce plan d’action renforcera le dialogue social entre les syndicats et les employeurs au niveau des usines et au niveau national. Je m’attends à ce que GARTEKS fasse bientôt pression en faveur de recommandations politiques communes pour surmonter les défis posés par la Covid-19.”

La production de vaccins doit assurer de bons emplois et la sécurité des médicaments

Un rapport du syndicat Unite s’inquiète du fait que le Royaume-Uni ne dispose pas actuellement de la capacité de production nécessaire pour répondre à la demande de vaccins Covid-19 lorsqu’ils seront produits. Cela signifie que le Royaume-Uni sera en concurrence avec d’autres pays pour les capacités de production existantes, ce qui suscite des craintes quant à la distribution équitable et universelle du vaccin. Le marché mondial est dominé par les États-Unis et la concurrence pour l’approvisionnement risque d’avoir pour conséquence que les habitants des pays riches seront les premiers à être traités.

Le Royaume-Uni s’est appuyé sur l’externalisation de la production de médicaments vers des pays où les entreprises peuvent profiter de salaires plus bas pour exploiter les travailleurs. Unite estime que cette pratique est dangereuse en période de pandémie, car les pays vont chercher à protéger leurs propres citoyens et pourraient restreindre l’exportation de médicaments et de fournitures médicales. Le Royaume-Uni devrait garantir une chaîne d’approvisionnement nationale sûre pour les médicaments, de la découverte à la distribution en passant par la production et l’administration.

Unite soutient que tous les pays devraient assurer la sécurité d’approvisionnement en médicaments, c’est-à-dire la capacité de répondre durablement aux besoins de leur population en matière de médicaments. Bien que le Royaume-Uni dispose d’une capacité de recherche et de développement substantielle et de deux grandes sociétés pharmaceutiques, GSK et AstraZeneca, dont les sièges sociaux se trouvent dans le pays, le Royaume-Uni n’a pas la capacité de prod nécessaire pour répondre à la demande.

La production de vaccins est généralement un segment marginal des dépenses de santé au plan mondial qui, typiquement, s’élèvent à moins de 0,5 %. Le Royaume-Uni est toujours à la traîne par rapport à ses pairs du monde en développement. Bien que le gouvernement britannique a investi dans un Centre d’innovation et de fabrication de vaccins, les fonds attribués ne sont pas suffisants pour construire un site de production.

Le rapport soutient que le gouvernement britannique devrait investir dans les capacités de production se sorte à mettre en place un secteur de fabrication pharmaceutique capable de fournir suffisamment de doses d’un vaccin. Au-delà la sécurité d’approvisionnement en médicaments, cela permettrait de créer des emplois durables et de haute qualité.

Le Directeur du secteur chez IndustriALL, Tom Grinter, a déclaré :

“IndustriALL estime que l’accès aux médicaments vitaux est un droit humain universel. Tout un chacun devrait avoir accès aux vaccins. Ce travail du syndicat Unite contribue à garantir qu’il en soit ainsi.

Nous soutenons leur revendication d’une politique industrielle durable dans le secteur, avec des emplois de bonne qualité et des droits syndicaux.”

IndustriALL appelle sans cesse à une politique industrielle durable, qui implique le soutien de l’État aux secteurs clés. IndustriALL estime que l’accès aux médicaments est un droit humain qui doit être protégé contre la main-mise de profiteurs, en particulier en cas de pandémie, alors que de grandes masses d’argent public sont investies dans le développement de vaccins.

Tony Devlin, Responsable national pour le secteur chez Unite, a indiqué :

“(…) le gouvernement britannique doit s’engager d’urgence dans une démarche visant à garantir la sécurité d’approvisionnement en médicaments au Royaume-Uni en créant un environnement industriel et économique qui suscite un secteur manufacturier pharmaceutique britannique solide et sûr, qui crée des emplois qualifiés et bien rémunérés et qui, non seulement agit en faveur des citoyens et de la société mais aussi des travailleurs et de l’économie britannique.”

Les multinationales doivent assumer leurs responsabilités vis-à-vis des travailleurs de leurs chaînes d'approvisionnement pendant la pandémie

– Texte publié au départ sur SwissInfo

Il est facile de bien agir lorsqu'on est en phase de croissance économique, mais c'est dans les temps de crise que les entreprises montrent si leur attachement à leurs travailleuses et leurs travailleurs est réel.

La pandémie de coronavirus nous a tous pris par surprise. Pour les syndicats du monde entier, la priorité dans l'immédiat était de protéger les travailleurs, leur sécurité et leurs moyens d'existence. Parce qu'ils ont négocié les salaires pendant le confinement dans de nombreux pays, des millions de travailleurs ont pu rester chez eux, en sécurité, ce qui a permis de ralentir la propagation du virus et de sauver des vies.

Le confinement mondial fut sans précédent et le monde a changé à tout jamais. Chez certains, cela a renforcé notre sentiment d'appartenance à une humanité commune, notre responsabilité envers l'autre. Nous avons tous été émus par des exemples de sacrifice et de solidarité.

Nous avons aussi pris conscience que beaucoup d'emplois essentiels qui assurent la cohésion de nos sociétés sont parmi les moins bien payés et les moins respectés. Beaucoup ont compris la valeur des travailleurs des supermarchés, du transport et de la livraison, des travailleurs de la santé et du personnel d'entretien des hôpitaux, qui font souvent leur travail sans équipement de protection.

Nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Nous subissons tous la même tempête, mais certains sont sur la terre ferme, d'autres sur des bateaux qui tiennent bien la mer, et d'autres enfin s'accrochent désespérément à des radeaux et des débris. Les inégalités de revenu se creusent depuis des années, et la pandémie a accéléré le processus. Les femmes et les personnes de couleur ont été touchées de manière disproportionnée.

La réaction à la pandémie est révélatrice

Certains dirigeants politiques ont nié ou minimisé la crise, ou ils l'ont utilisée à des fins politiques. D'autres ont entamé leur crédit politique, prenant des décisions impopulaires et confinant pour sauver des vies. En Inde, aux Philippines, en Turquie, au Brésil, en Indonésie et ailleurs, la pandémie a été utilisée pour affaiblir la protection du travail et attaquer les droits humains.

Il est facile de bien agir lorsqu'on est en phase de croissance économique, mais c'est dans les temps de crise que les entreprises montrent si leur attachement à leurs travailleuses et leurs travailleurs est réel. Certaines multinationales se sont servies de leur pouvoir et leur influence pour assurer la cohésion de la société, d'autres ont tiré profit de la crise. D'un côté, il y a les entreprises qui ont pris les aides du gouvernement, versé des dividendes à leurs actionnaires, puis ont utilisé le prétexte de la pandémie pour imposer des changements qu'elles n'auraient pas pu faire passer en temps normal, licenciant des travailleurs, précarisant des emplois et accroissant le rythme de la production.

À l'autre extrémité, on trouve des entreprises qui ont assumé la responsabilité de leur chaîne d'approvisionnement et ont trouvé des accords avec leurs fournisseurs, les syndicats et les pouvoirs publics pour maintenir la barque à flot à court terme. Elles ont aussi recherché une nouvelle normalité pérenne pour le moyen et le long terme. C'est le cas de la multinationale belge de la chimie Solvay qui n'a pas versé de dividendes et dont la direction a accepté des baisses de rémunération.

Le besoin de dialogue social

La plupart des entreprises se situent quelque part entre ces deux extrêmes. Notre rôle, en tant que syndicalistes mondiaux, est de les pousser dans la bonne direction, vers un dialogue social mondial.

Les travailleurs du secteur du textile et de l'habillement de pays comme le Bangladesh, le Cambodge et le Vietnam ont perdu leurs moyens de subsistance lorsque les grandes enseignes de la mode ont refusé de payer les commandes qu'elles avaient passées. Proches de la faillite, beaucoup de leurs fournisseurs ont licencié leur personnel. Certaines marques ont pris le problème à bras le corps. Pourtant, souvent, les fournisseurs ont pris l'excuse de la pandémie pour licencier les travailleurs et casser les syndicats.

Cette dynamique déprimante n'est que trop familière et, dans de nombreux secteurs, les entreprises ont fait en sorte que ce soient les travailleurs qui soient en première ligne pour subir le coût de la crise. La série d'accidents du travail survenus en Inde montre que certains employeurs n'hésitent pas à sacrifier des vies humaines pour assurer la production et ont procédé à des licenciements en masse dans beaucoup de pays et de secteurs.

Ces pires excès ont souvent été le fait d'entreprises privées de pays en développement et dont beaucoup de consommateurs n'ont jamais entendu parler, alors qu'elles évoluent dans un écosystème en ce qu'elles font partie de chaînes d'approvisionnement mondiales contrôlées, en dernier ressort, par des multinationales.

Une entreprise qui a changé de comportement sous la pression que nous avons exercée avec d'autres organisations syndicales du monde entier est Inditex, la multinationale espagnole du vêtement propriétaire de marques très répandues telles que Zara et Massimo Dutti. En réaction à la crise de l'emploi qui a frappé des pays qui produisent pour elle, Inditex s'est engagée, non seulement à honorer les commandes passées à ses fournisseurs, mais à garantir un échéancier de paiements et à fournir des fonds pour aider les entreprises à se maintenir à flot.

Inditex s'est aussi engagée à veiller à ce que, lorsque les usines reprendront leurs activités, elles le feront en toute sécurité. Mais surtout, le respect par l'entreprise de ces engagements sera vérifié par un comité syndical mondial représentant ses travailleurs du monde entier, y compris dans les usines qui les approvisionnent.

À la traîne

L'industrie de la mode a ses caractéristiques propres, notamment avec des marques de grande diffusion exposées à l'opinion publique. Or, le modèle consistant à donner aux parties prenantes un pouvoir réel pour définir l'avenir de l'industrie est celui que nous devons poursuivre pour l'ensemble de l'économie.

Ce niveau de responsabilité collective n'existe pas dans l'activité minière. En général, les compagnies minières extraient l'essentiel de leurs profits dans des pays pauvres avec des législations du travail et des normes de sécurité défaillantes. Beaucoup préfèrent une approche non interventionniste, avec des filiales locales chargées d'assurer la régularité de la production tout en réglant les problèmes localement.

Au début de la pandémie, des centaines de mineurs ont été contaminés par le Covid-19 à la mine d'Antimina au Pérou, une coentreprise entre BHP Billiton, le suisse Glencore et d'autres. Depuis des années, nous essayons d'entretenir un dialogue avec ces géants miniers et nous avons enregistré quelques avancées avec Glencore. Bien que nous n'ayons pas d'accord mondial, un mécanisme informel de règlement des litiges en place avant le Covid-19 a contribué à traiter des problèmes de cette nature à Antimina ainsi qu'en République démocratique du Congo, en Zambie et ailleurs.

Nous avons eu moins de chance avec BHP Billiton, qui refuse de rencontrer les syndicats à l'échelon mondial et s'est servi de l'excuse du coronavirus pour dénoncer des conventions collectives.

Deux poids et deux mesures

D'autres dynamiques ont émergé entre ces extrêmes, comme celle des entreprises qui traitent différemment leurs travailleurs selon qu'ils sont cols-bleus ou cols-blancs, ou qui se préoccupent des travailleurs de leur pays d'origine mais pas de ceux d'autres pays.

En règle générale, Volkswagen a de bonnes relations avec les syndicats et, malgré de récentes tensions, elle négocie à l'échelon mondial. En Allemagne, l'entreprise a assuré le redémarrage en toute sécurité de ses chaînes de montage lorsque les mesures de confinement ont été allégées. Mais en Afrique du Sud, après que 120 travailleurs aient contracté le Covid-19 à l'usine d'Uitenhage, le ministère du Travail a constaté qu'elle avait enfreint les règles de sécurité pour le retour au travail. Lorsque les travailleurs ont, conformément à la loi, exercé leur droit de retrait, Volkswagen a suspendu les délégués d'atelier du syndicat. Ce cas est actuellement à l'examen devant le comité d'entreprise mondial, mais il pointe du doigt les failles de notre système mondial interconnecté.

Le système économique impose aux entreprises d'optimiser la valeur pour les actionnaires, ce qui va à l'encontre de leurs engagements en matière de responsabilité sociale de l'entreprise. Même les meilleures sont liées de la même manière par les forces du marché et sont concurrencées par des rivaux moins scrupuleux. Cette situation génère un risque moral qui peut récompenser les mauvais acteurs par un avantage compétitif. En dernière analyse, la seule solution réside dans des normes morales contraignantes qui assurent un minimum de décence pour tous.

Une Relance juste s'impose

Pour nos syndicats, il est temps de mettre en place une Relance juste qui rétribue ceux qui ont fait des sacrifices en jetant dès maintenant les fondements d'un avenir meilleur. Nous avons besoin d'un système de relations du travail global du 21e siècle qui prenne en compte les connexions qui nous relient entre nous.

Nous devons protéger la santé et la sécurité des travailleurs, changer la gouvernance mondiale pour créer de l'emploi décent et du travail décent, lutter pour une protection sociale universelle et des services publics de qualité, défendre la démocratie et les droits des travailleurs, réglementer les chaînes d'approvisionnement mondiales, développer une politique industrielle durable et sécuriser les emplois manufacturiers, lutter pour l'égalité hommes-femmes et donner aux travailleurs leur mot à dire sur l'avenir du travail.

Des lois nouvelles en sont un élément, c'est pourquoi l'Initiative Multinationales responsables en Suisse et des propositions similaires dans d'autres pays, dont le but est d'assurer le respect des droits de l'homme par les entreprises, ont une telle importance. Nous devons aussi faire appliquer les règles existantes, notamment les conventions de l'Organisation internationale du travail et les accords mondiaux contraignants conclus entres les représentants des travailleurs et les entreprises.

Tirons les enseignements de cette crise. Il est temps de bâtir un monde plus équitable et plus résilient

Soutenez le piquet de grève des travailleurs du papier indonésiens

Download the posterThey were collectively dismissed over two months ago as the large pulp manufacturer Tanjungenim Lestari switched to a new service provider at the site in Lampung Province, Indonesia. It is union busting and unfair dismissal.

“Réintégrez les 38 travailleurs de PT. Tanjungenim Lestari Pulp and Paper!”

Ils ont été licenciés collectivement il y a plus de deux mois, lorsque le grand fabricant de pâte à papier Tanjungenim Lestari a changé de fournisseur de services sur son site de la province de Lampung, en Indonésie. Il s’agit d’un acte anti-syndical et d’un licenciement abusif.

Le secteur de la pâte et du papier d’IndustriALL Global Union, aux niveaux mondial et régional, a fait de la campagne pour la réintégration de ces 38 licenciés une priorité absolue. Ces 38 personnes sont membres de l’affilié IndustriALL FSP2KI, mais leur piquet de grève, plein de détermination et dressé à l’entrée de l’usine, a obtenu un large soutien auprès de la société civile ainsi que d’autres syndicats indonésiens.

IndustriALL attribue la responsabilité de cette attaque anti-syndicale principalement à l’entreprise qui dirige l’ensemble du site, PT. Tanjungenim Lestari Pulp and Paper. Le nouveau fournisseur de services PT Kamigumi doit réembaucher les 38 travailleurs qui étaient en fonction depuis plusieurs années et Tanjungenim doit l’exiger.

Envoyez votre revendication à la direction générale de Tanjungenim en utilisant ces coordonnées. Vous pouvez utiliser ce message type et l’en-tête de votre syndicat pour l’envoyer à :

Le piquet de grève a été tenu 24 heures sur 24 depuis le licenciement de masse, y compris face à des conditions météorologiques difficiles. Le drapeau d’IndustriALL flotte bien en évidence sur ce piquet de grève. IndustriALL a condamné l’intervention agressive de la police du 8 août dernier visant à disperser la manifestation des travailleurs à l’extérieur du site.

Bien que les consommateurs ne connaissent généralement pas le nom de la société Tanjugenum Lestari, la pâte qu’elle élabore sur ce site est expédiée dans divers pays et transformée en tout type de produits et de mouchoirs en papier.

IndustriALL s’attache également à soulever ce cas auprès des entreprises qui se situent tout au long de la chaîne d’approvisionnement concernée.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur de la pâte et du papier, Tom Grinter, communique :

“Veuillez ajouter votre voix à cette revendication pour que justice soit faite en Indonésie. Il s’agit d’une revendication simple : réintégrer immédiatement ces 38 personnes à leur poste. Notre message à Tanjungenim Lestari est que nous ne lâcherons pas l’affaire tant que cela n’aura pas eu lieu.”

Ce que vous pouvez faire

  1. Envoyer ce message type sur votre papier à en-tête syndical à la direction de l’entreprise
  2. Signer la pétition et demander à vos membres de faire de même
  3. Télécharger l’affiche et prendre une photo de vous et de vos collègues. Nous envoyer ensuite ces photos à mettre en ligne et les publier sur vos propres comptes de médias sociaux
  4. Utiliser le décor de photo de profil temporaire sur Facebook pour montrer votre soutien à la campagne.

Le FSP2KI représente environ 15.000 travailleurs et travailleuses du secteur de la pâte et du papier en Indonésie.

La Covid-19 a fait de la santé et de la sécurité des travailleurs une priorité au Mozambique

Cela faisait partie des problématiques qui ont été abordées lors d’un atelier virtuel sur la santé et la sécurité dans le cadre de la Covid-19, qui s’est tenu le 11 août. Des dirigeants et des délégués syndicaux de l’affilié d’IndustriALL Global Union SINTIME ont participé à la réunion. Le SINTIME regroupe les travailleurs du secteur des mines et des métaux de base au Mozambique, notamment chez South32, une multinationale des mines et de la métallurgie créée en 2014 par BHP Billiton à l’issue d’une scission.

L’atelier a souligné l’importance de la Convention 176 de l’Organisation internationale du travail sur la santé et la sécurité dans les mines, le droit de refuser un travail dangereux et la manière dont les syndicats peuvent utiliser les conventions collectives pour traiter de la Covid-19 sur le lieu de travail.

Americo Pedro Macamo

Americo Pedro Macamo, Secrétaire général du SINTIME, a déclaré :

“Les travailleurs et travailleuses sont attentifs aux injonctions et respectent les réglementations gouvernementales sur l’état d’urgence ; la production est à un tiers de sa capacité. Le syndicat a négocié avec succès avec les entreprises pour qu’elles ne licencient pas les travailleurs et il n’y a pas eu de mises à pied ni de pertes d’emplois.”

Brian Kohler, Directeur pour la santé et la sécurité auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“Les syndicats doivent continuer à exiger le respect des droits des travailleurs et travailleuses en matière de santé et de sécurité au travail, en étant parfaitement informés sur les dangers et les moyens de travailler en toute sécurité. En outre, les travailleurs exigent le droit de refuser ou de mettre fin à un travail dangereux, sans craindre de mesures disciplinaires ou le licenciement, ainsi que de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre de tout ce qui concerne les politiques, programmes, procédures, évaluations des dangers et des risques, enquêtes sur les accidents et les incidents, inspections et audits sur les lieux de travail en matière de santé et de sécurité. Il faut se battre pour ces droits.”

De plus, les participants à l’atelier sont convenus de l’importance de s’y connaître dans la façon dont les multinationales du secteur des mines et de matières premières, comme BHP, organisent leurs activités. Par exemple, comprendre l’approche de la chaîne de valeur mondiale est essentiel, car celle-ci illustre les liens avec les différents secteurs de production dans lesquels les multinationales sont impliquées, comme le pétrole et le gaz, la fabrication d’engrais et le commerce des matières premières. Les syndicats doivent comprendre comment les modèles d’actifs à faible coût et à long terme exploitent les travailleurs et travailleuses par le biais de conditions de travail précaires, de contrats de courte durée, de bas salaires et de métiers dangereux.

BHP Billiton Holdings ayant procédé à la scission de South32 en 2014, il a été recommandé que le réseau IndustriALL BHP Billiton envisage d’inclure cette entreprise dans ses activités de campagne afin de prendre en compte les héritages environnementaux, sociaux et de gouvernance de BHP qui persistent chez South32.

South32 détient 47,1 % de Mozal Aluminium, les autres actionnaires étant Mitsubishi Corporation Metals Holding avec 25 %, Industrial Development Corporation South Africa avec 24 %, et le gouvernement du Mozambique pour 3,9 %.

Glen Mpufane, Directeur des mines d’IndustriALL, a déclaré :

“La connaissance de la dynamique de la chaîne de valeur permet aux syndicats de se positionner plus efficacement sur la santé et la sécurité et sur les protocoles Covid-19 grâce au partage de stratégies et de campagnes communes. Par exemple, le réseau BHP Billiton rapproche la solidarité des travailleurs d’Amérique latine, d’Afrique du Sud et d’Australie. La formation d’un réseau mondial South32 semble être une approche très pratique pour faire face aux défis auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés dans le cadre des activités de l’entreprise au plan mondial, où des violations se produisent.”

Crédit photo : Mozal Aluminium, South32