Les syndicats indiens s'opposent à des règles nocives pour l’environnement

Les règles d'Évaluation de l'impact environnemental occupent une place importante dans le cadre réglementaire relatif à l’environnement en Inde. Elles dérivent de la Loi sur la protection de l’environnement de 1986, adoptée après la catastrophe industrielle de Bhopal, en 1984. Au départ, elle devait faire en sorte que l'impact environnemental des projets industriels et d'infrastructure soit correctement pris en compte et que les populations affectées par ces projets puissent se faire entendre avant qu'une autorisation soit donnée.

Le projet d'EIE 2020 a soulevé une large opposition et de nombreux recours judiciaires.

Les syndicats parlent d'un "abandon des règles adoptées en 2006", le texte favorisant apparemment les intérêts de l'industrie dans certains secteurs tels que le charbon et autres extractions minières.

Le nouveau projet veut restructurer la gestion du territoire en favorisant les entreprises, mais au détriment de l’environnement qui en souffrira énormément. Des segments vulnérables de la société, en particulier les tribus répertoriées, pâtiront fortement de ces règles dommageables. En outre, le projet d'EIE 2020 n'a pas été traduit dans plusieurs des langues pratiquées en Inde.

G. Sanjeeva Reddy, le Président de l'INTUC et de l'INMF affilié à IndustriALL, a déclaré :

"Dans sa forme actuelle, le projet ne correspond pas aux normes et procédures environnementales, ce qui aura des conséquences catastrophiques pour la population. Il ne se justifie pas sur le plan économique ni sur celui du développement durable et les syndicats indiens sont unanimes pour réclamer le retrait du texte."

Ses carences sont nombreuses, notamment :

 Pour Kemal Özkan, le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL :

"La dilution des normes internationales du travail et l'affaiblissement des normes environnementales peut provoquer un nivellement par le bas. Devant les défis que posent la pandémie de Covid-19 et la multiplication des accidents industriels, il faut donner la priorité absolue à la pérennité de l’environnement et le gouvernement doit revoir le projet d'EIE 2020." 

Les syndicats sud-africains dénoncent la corruption dans les marchés publics des EPI

Les appels d’offres sujets à enquête représentent une valeur de plus de cinq milliards de rands (299 millions de dollars) et ont été attribués pour des masques en tissu, des masques chirurgicaux, des écrans faciaux, des blouses médicales, des tabliers, des tenues stériles, des salopettes, des gants, des désinfectants et d’autres produits.

Si les appels d’offres avaient été adressés à des entreprises réputées dans les secteurs de la chimie, du plastique, du textile, de l’habillement, de la chaussure et du cuir, des milliers de travailleurs en auraient bénéficié.

Au lieu de cela, les marchés ont été attribués à des personnes profitant d’appuis politiques et à des sociétés fictives n’ayant aucune expérience avérée dans la chaîne d’approvisionnement des EPI. Ces fournisseurs ont souvent gonflé les prix et importé des produits de mauvaise qualité alors que des produits de meilleure qualité fabriqués localement auraient pu être obtenus à moitié prix. Le processus d’appel d’offres a également bafoué les lois sur le contenu local.

Pour mettre à disposition des informations sur les fabricants locaux de masques et autres produits, le Syndicat des travailleurs du textile et de l’habillement d’Afrique australe (SACTWU) et Brand SA ont créé un portail où les usines et les entreprises peuvent être contactées. Des informations sont également disponibles sur les usines qui peuvent produire des EPI, mais celles-ci ont été ignorées par les fonctionnaires du gouvernement qui n’ont pas été transparents sur l’attribution des marchés.

Dans un rapport présenté au Parlement sud-africain le 5 août, le SACTWU et le Congrès des syndicats sud-africains ont indiqué :

“C’est l’histoire de la trahison des travailleurs de la santé dont la sécurité a été mise en danger par la fourniture de produits de qualité inférieure.

C’est le récit honteux d’occasions manquées d’acheter et de produire localement de nombreux produits qui ne sont normalement pas requis en si grandes quantités par l’État, qui ne fait pas tout son possible pour soutenir ses usines et ses travailleurs au sein d’une économie en difficulté.”

Irvin Jim, Secrétaire général du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud, a déclaré :

“Les trois derniers mois ont vu une montée sans précédent de la colère du public à l’échelle nationale contre ce gouvernement en raison des révélations de corruption massive concernant des fournitures médicales essentielles dans le cadre de la Covid-19.”

Joseph Montisetse, Président du Syndicat national des mineurs, a ajouté :

“Nous devons nous prémunir contre la corruption dans tous les secteurs de notre gouvernement. Il est inacceptable que certains, de manière arrogante, trouvent une occasion de s’enrichir à coup de millions de rands alloués pour lutter contre le fléau de la Covid-19.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale de l’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a indiqué :

“Il est déplorable que des fonds censés permettre de lutter contre la pandémie de Covid-19 puissent être dérobés. Ils sont destinés à alléger les souffrances des travailleurs, des familles et des communautés. Nous allons dans le sens des syndicats pour dire que le gouvernement doit agir de manière résolue pour mettre fin à cette corruption.”

Un accident dans un chantier naval indien illustre la crise de la sécurité

Alors que des salariés de HSL contrôlaient la résistance à la charge d'une grue d'une capacité de 70 tonnes, celle-ci s'est écroulée en tuant dix travailleurs.

Les victimes sont quatre salariés de Hindustan Shipyard, trois employés de la Greenfields Corporation, deux de Lead Engineering et un employé d'EMMS Squad Seven.

D'après les informations reçues, cette grue a été construite sur commande de mai 2009 à la firme Anupam Industries, située dans l'État du Gujarat. Cette dernière a commencé l'installation en 2017 mais, pendant la mise en service, HSL a demandé qu'il soit remédié à certains défauts et que des tests en charge soit effectués. Or, l'entreprise n'a pas terminé les travaux et, en 2019, elle les a confiés en sous-traitance à Greenfields Corporation. L'accident mortel est survenu le 1er août, pendant les essais effectués par Greenfields Corporation.

 

La police a ouvert une instruction du chef de l'article 304A, pour décès causé par la négligence, contre HSL, Anupam Industries et Greenfields Corporation. Tout de suite après l'accident, deux enquêtes ont été lancées, l'une par HSL et l'autre par la perception du district de Vishakapatnam. Un rapport déposé récemment impute l'accident à des défauts de conception et de montage.

M. Ramu, le président du Syndicat du personnel et des travailleurs des chantiers navals de l'Hindustan, a déclaré :

"La direction de HSL a annoncé des indemnisations de cinq millions de roupies (68.000 $) aux proches des victimes. Ces indemnités seront versées à la fois pour les travailleurs permanents et contractuels qui ont été tués, en plus des prestations légales.

"Le syndicat soutient les membres de la famille pour l'obtention de leur indemnisation. La direction a aussi fait savoir qu'un poste permanent sera offert à un membre de la famille de chaque permanent de HSL décédé."

Kan Matsuzaki, le directeur d'IndustriALL en charge de la construction et la démolition de navires, déclare :

"HSL est une entreprise du secteur public et elle devrait avoir les normes les plus rigoureuses en matière de sécurité du fonctionnement. Les défauts avaient été décelés auparavant mais ils n'ont pas été rectifiés à temps, ce qui a inévitablement causé la perte de vies humaines. Il faut une enquête, et que les responsables rendent des comptes. Les familles des victimes doivent être indemnisées correctement."

La version révisée du Recueil de directives pratiques du BIT sur la sécurité et la santé dans le secteur de la construction et de la réparation navales (2018) contient un ensemble de directives sur la manière d'améliorer la SST dans l'industrie et indique comment les gouvernements, les armateurs, les employeurs, les travailleurs et leurs représentants devraient collaborer pour ce faire.

IndustriALL prévoit de dispenser aux syndicats une formation à la SST basée sur ce code qui est également publié en hindi.

Journée mondiale d'action le 4 septembre pour mettre fin à la lutte antisyndicale dans l'industrie textile

La journée mondiale d'action en ligne du 4 septembre visera à faire entendre notre voix collective pour exiger la fin de la lutte contre les syndicats dans la chaîne d'approvisionnement du textile et de l'habillement.

Voici comment vous rejoignez la campagne

Imprimez l'une des affiches ci-jointes et indiquez le nom de l'usine à laquelle vous faites appel pour mettre fin à la lutte antisyndicale. Si vous n’avez pas d’exemple urgent, vous pouvez en choisir un dans la liste de ce message:

 
 

Prenez un selfie en tenant le panneau de solidarité et affichez-le en ligne avec le hashtag #GarmentWorkersNeedUnions

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Assurez-vous de taguer IndustriALL dans le message, et envoyer également à [email protected] pour le partager.

Le mouvement syndical solidaire du peuple biélorusse

Les syndicats insistent sur le fait que le régime biélorusse doit savoir que le monde entier le tient à l’œil : la violence n’est pas une option et les droits fondamentaux doivent être respectés.

La pression contre Loukachenko continue à augmenter et les mouvements de protestation atteignent maintenant une phase cruciale. Cela augmente à la fois les chances de succès mais aussi, comme nous le constatons aujourd’hui, le risque que les meneurs de grève soient arrêtés ainsi que le risque d’une répression violente des manifestations de masse et des grèves dès lors que le régime est de plus en plus acculé.

Loukachenko a fait une déclaration publique indiquant que des mineurs d’Ukraine viendraient en Biélorussie pour remplacer les travailleurs en grève à Belaruskali. C’est ainsi que les syndicats et les travailleurs d’Ukraine, de Géorgie, du Kirghizistan et de Pologne ont exprimé leur soutien et leur solidarité avec la lutte populaire pour la justice et les droits de l’homme en Biélorussie. Le syndicat interrégional “Association ouvrière” (ITUWA), affilié à IndustriALL en Russie, a fait une déclaration de soutien aux syndicats biélorusses dans le cadre de leur lutte pour les droits fondamentaux des travailleurs à un travail décent.

La falsification du résultat des élections présidentielles qui se sont tenues en Biélorussie le 9 août dernier a provoqué une vague massive de protestations populaires. Les autorités biélorusses ont réagi par une répression sans précédent. En conséquence, les travailleurs de nombreuses grandes entreprises de Biélorussie ont arrêté le travail et organisé des rassemblements pacifiques. Immédiatement, de nombreux travailleurs et travailleuses ont été menacés de licenciement et des militants ont été arrêtés.

IndustriALL a appelé ses affiliés du monde entier à prendre les trois mesures suivantes :

  1. Rejoindre l’action mondiale, coordonnée par la CSI, et rencontrer cette semaine ou la semaine prochaine le représentant de Biélorussie dans vos pays respectifs et/ou organiser une action de protestation pacifique et sûre devant les ambassades de Biélorussie pour attirer l’attention sur la situation à laquelle les travailleurs et travailleuses sont confrontés dans le pays et pour soutenir leur droit de grève ;
  2. Soutenir la campagne LabourStart sur la Biélorussie et condamner toute forme de répression contre les travailleurs et travailleuses exerçant leur droit à l’action syndicale pour la défense de la démocratie et des droits de l’homme ;
  3. Envoyer des lettres de solidarité à nos affiliés de Biélorussie.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Notre plus grande force en tant que mouvement syndical a toujours été la solidarité. La population et les travailleurs de Biélorussie ont besoin de notre soutien. Nos camarades biélorusses apprécient toutes les lettres et vidéos de solidarité qui ont déjà été envoyées par nos syndicats affiliés et les fédérations syndicales internationales. Nous nous réjouissons par avance du soutien que vous continuerez à leur apporter.”

Il faut que Dunnes Stores cesse d'attaquer les syndicats dans sa chaîne d'approvisionnement au Cambodge

Le 17 juin, onze travailleurs et travailleuses de Greenfield Industries, qui confectionne des vêtements pour Dunnes Stores, s'étaient réunis en vue de créer un syndicat d'usine du C.CADWU et avaient élu onze représentants. Trois jours plus tard, le département des ressources humaines a convoqué ces onze personnes pour leur signifier que l'entreprise ne pouvait pas renouveler leurs contrats d'emploi en raison d'un manque de commandes et du faible rendement des travailleurs.

Le président de la section locale du syndicat, Kosal, a contesté ces propos puisque les travailleurs remplissaient leurs objectifs dans les délais et touchaient la prime journalière. La direction a menacé les responsables syndicaux en leur disant de démissionner du syndicat ou de s'attendre à des répercussions.

Le président de la section locale, son vice-président, son secrétaire et son trésorier ont été licenciés devant leur refus de signer la lettre. Six représentants du syndicat ont signé et quitté le C.CADWU sous la contrainte.

Le C.CADWU a écrit à Greenfield Industries pour lui rappeler que licencier des travailleurs pour leur rôle dans la constitution de la section locale du syndicat est une violation flagrante de la législation du travail cambodgienne qui protège le droit des travailleurs de créer un syndicat et interdit la discrimination envers les activistes syndicaux. La direction n'a tenu aucun compte de cette lettre.

Les actes de cette entreprise violent aussi la convention 87 de l'OIT sur la liberté syndicale que le gouvernement cambodgien a ratifiée ainsi que le Protocole des normes au travail de Dunnes Stores, qui condamne la discrimination et préconise la liberté syndicale.

Le syndicat Mandate, qui représente le personnel de magasin en Irlande, a écrit à Dunnes Stores pour lui faire part de ses préoccupations. Dunnes n'a pas répondu.

Le Président du C.CADWU, Kong Athit, a déclaré :

"Après que nous ayons déposé plainte au ministère du Travail et de la Formation professionnelle, celui-ci a ordonné à Greenfield Industries de réintégrer les quatre dirigeants syndicaux avec versement intégral du salaire depuis la date de leur licenciement. Mais l'entreprise a refusé de s'exécuter et a interdit l'accès à ses locaux aux agents du ministère.

"Nous demandons une intervention directe de Dunnes Stores pour remédier à ces violations graves des droits des travailleurs dans l'entreprise. La réputation de votre enseigne est en jeu lorsque des licenciements abusifs sont permis dans votre chaîne d'approvisionnement mondiale."

La Directrice d'IndustriALL en charge du secteur, Christina Hajagos-Clausen, ajoute :

"L'antisyndicalisme pratiqué chez Greenfield Industries est méprisable et inacceptable. Nous appuyons sans réserve les revendications de notre affilié C.CADWU. Nous utilisons notre réseau syndical pour trouver une solution à ce licenciement abusif et remercions le syndicat irlandais Mandate, qui représente le personnel de magasin, de manifester sa solidarité avec notre affilié au Cambodge."

Photo : Dunnes Stores à Cork, en Irlande, par William Murphy

Les syndicats appellent BHP à respecter la santé et la sécurité

Des représentants syndicaux d’Australie, du Canada, du Chili, de Colombie et du Pérou se sont rencontrés en ligne les 20 et 21 août pour discuter de l’impact de la Covid-19 sur les activités de BHP et des réponses syndicales à y apporter.

Glen Mpufane, Directeur des mines pour IndustriALL, a déclaré :

“BHP prétend donner la priorité à la sécurité et introduire des protocoles, des systèmes et des mesures liées au transport en réponse à la Covid-19 en Amérique latine, en affirmant qu’il n’y a pas eu un seul décès lié au virus. Mais nous avons des informations en sens contraire.”

Les participants ont souligné que si BHP, en Australie et au Canada, met en œuvre des mesures de santé et de sécurité au travail appropriées pour la pandémie de coronavirus, on ne peut en dire autant à propos de ses activités en Amérique latine.

Comme l’ont rapporté Grahame Kelly, Secrétaire général de la Division mines et énergie du syndicat australien CFMEU, et Stephen Smyth, son Président de district pour le Queensland :

“Nous n’avons eu aucun cas dans le Queensland. Le succès apparent que nous avons eu jusqu’à présent est redevable au syndicat, qui a interpellé le gouvernement et a fait pression pour l’introduction de mesures et de normes. Le Ministère de la santé du gouvernement australien, par exemple, a introduit une série de protocoles par le biais d’une législation élaborée pour l’industrie minière.”

En revanche, la situation est très différente au Pérou.

Sergio Cruz a déclaré :

“BHP affirme qu’il n’y a eu aucun décès. Mais ce n’est pas le cas chez Antamina Peru (dont BHP est actionnaire), où il y a eu jusqu’à présent deux décès dû à la Covid-19. La situation est extrêmement préoccupante, car le niveau de transmission est très élevé dans le secteur minier. Les sociétés minières ne tiennent pas compte des exigences en matière de santé et de sécurité pour les travailleurs.”

La situation est comparable pour les travailleurs de BHP au Chili, où un arrêt de travail de 24 heures a été mené lorsque la pandémie a éclaté, afin de faire pression pour que des mesures et des protocoles soient mis en place pour pouvoir continuer à travailler.

Marcelo Franco explique :

“Les mesures initiales étaient très simples, car on pensait qu’elles seraient de courte durée et que les gens pourraient travailler dans ces conditions. Malheureusement, la pandémie s’est rapidement répandue et les chiffres de la Cerro Colorado Mining Company (propriété de BHP) ont grimpé en flèche. Les travailleurs en sous-traitance ont été durement touchés, 40 % d’entre eux ayant été mis à pied.”

À l’image du Pérou, le Chili et la Colombie ont signalé que le taux de transmission et de décès était toujours en augmentation.

Igor Díaz, Président du Syndicat des mines colombien Sintracarbón, a expliqué qu’il y avait eu plus de 250 cas parmi les travailleurs de la mine du Cerrejón, appartenant en partie à BHP, et que deux travailleurs étaient morts à cause de la Covid-19 dans les mines.

Les participants sont convenus de poursuivre leur campagne pour faire pression sur BHP afin qu’elle respecte les droits de ses travailleurs dans le monde entier, en exhortant le géant minier à répondre aux exigences en matière de santé et de sécurité au sein de ses activités en Amérique latine et à garantir le respect des travailleurs en sous-traitance dans le monde entier.

Le réseau fera également pression sur BHP pour qu’elle tienne sa promesse d’avoir une main-d’œuvre féminine à 50 % d’ici 2025 et qu’elle mette en œuvre l’égalité des sexes sur l’ensemble de sa chaîne de production et pas seulement au niveau de la direction et du conseil d’administration, tout en l’incitant à introduire des mesures pour lutter contre la violence sexiste.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a conclu :

“BHP n’est pas responsable de la Covid-19, mais il est essentiel que le réseau des travailleurs de BHP unisse ses forces et mène une campagne mondiale pour défendre le droit à la santé et à la sécurité au travail. Nous devons révéler les lacunes au sein des différentes activités de BHP et mettre en évidence le décalage entre ce qui est dit aux actionnaires et ce qui se passe réellement sur le terrain.”

La grève dans le secteur du pétrole et du gaz iranien entre dans sa quatrième semaine

Près de 10.000 travailleurs des champs pétroliers et gaziers d'Iran participent à une grève sauvage depuis le 1er août. Malgré des tentatives de répression, les grévistes tiennent bon, le moral des travailleurs est excellent et de nombreux employeurs commencent à faire des concessions.

Bien que cette action du travail soit centrée sur le champ gazier de South Pars, elle s'est propagée aux complexes industriels de Mashhad, Tabriz, Urmia, Isfahan et d'autres villes d'Iran et touchent des usines pétrochimiques, des raffineries et des centrales électriques.

Les travailleurs sont employés par des agences qui fournissent de la main-d’œuvre sous contrat à de grandes compagnies pétrolières et gazières. Ces agences subissent une pression énorme car elles risquent une rupture de contrat avec les compagnies pétrolières. L'effondrement de la production qui en résulte peut aussi provoquer une crise en Iran, un pays qui dépend fortement de ce secteur pour se procurer des devises étrangères.

Certains sous-traitants ont cédé aux revendications des travailleurs réclamant le versement des arriérés de salaires et des hausses de salaires; ils ont aussi accepté de payer les salaires de manière hebdomadaire. Les représentants des travailleurs ont annoncé que la grève se poursuivra jusqu'à ce que toutes leurs revendications soient satisfaites, y compris en matière de représentation. Ces revendications portent sur des hausses des salaires, des contrats garantis, de meilleurs logements et une alimentation de qualité.

Étant donné que les syndicats indépendants ne peuvent fonctionner ouvertement en Iran, cette action est coordonnée par un comité de grève clandestin composé de travailleurs. Le gouvernement iranien impute souvent les troubles sociaux à des agitateurs étrangers et à des groupes d'opposition exilés, et invoque la sécurité nationale pour justifier une répression sévère.

Le comité de grève a pu y échapper en axant ses revendications sur des problèmes purement alimentaires. Les travailleurs ont posé l'outil et maintenu une présence digne devant les bureaux des employeurs. Chaque semaine, le comité de grève distribue, par le biais des réseaux sociaux, des bulletins de grève accompagnés d'informations actualisées et de revendications. Le dernier en date fait état du soutien de l'affilié d'IndustriALL Union des mécaniciens et des métallurgistes d'Iran aux revendications économiques et sociales des travailleurs.  

Bulletin du comité de grève du 26 août

Des actions du travail ont lieu dans d'autres secteurs aussi. À la raffinerie de sucre Haft Tappeh, les travailleurs sont en grève depuis 71 jours et notre consœur UITA a écrit à l'OIT pour exprimer ses préoccupations. L'OIT a répondu qu'elle est intervenue auprès des autorités iraniennes pour les exhorter à garantir la liberté syndicale et le droit des travailleurs de défendre leurs intérêts.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Global Union Kemal Özkan a déclaré :

"IndustriALL exprime sa totale solidarité avec les travailleurs iraniens. Nous admirons votre résilience et votre courage parce que vous n'avez pas le luxe d'être défendus par des syndicats libres et indépendants. Nous appuyons sans réserve les revendications des travailleurs pour des salaires décents, payés sans retard, pour des contrats directs avec les compagnies pétrolières et gazières, et pour que les compagnies négocient avec les représentants des travailleurs."

À Haïti, les travailleurs de l'habillement luttent pour leur gagne-pain

Le problème récurrent du non-paiement des cotisations de sécurité sociale dans l'industrie a récemment atteint son paroxysme, avec des conséquences désastreuses.

Deux travailleurs employés dans des ateliers du Palm Apparel Group sont morts après que des soins médicaux leur aient été refusés parce que leur employeur n'aurait pas versé leurs cotisations sociales à temps. Sandra René est décédée des suites de complications pendant sa grossesse, tandis que Lionel Pierre a perdu la vie après qu'on lui ait refusé une dialyse. Les personnels des deux ateliers ont posé l'outil en signe de protestation.

Les employeurs s'attaquent aussi aux dirigeants du GOSTTRA qui veulent défendre les intérêts de leurs membres.

Près d'un tiers des 57.000 travailleurs de l'industrie de l'habillement du pays sont actuellement suspendus ou licenciés sans avoir reçu la moindre indemnité du gouvernement malgré de précédentes promesses. Les autres travaillent en horaire réduit dans des ateliers dangereux qui ne prennent même pas les précautions élémentaires pour contrer la propagation du coronavirus.

Dans le même temps, les prix des denrées alimentaires de base ont fortement augmenté; ceux du riz et des haricots ont bondi de près de 135 pour cent, tandis que celui du gaz propane a augmenté de 50 pour cent. En outre, Haïti a été durement frappé récemment par l'ouragan Laura et a besoin d'une aide humanitaire.

Le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

"Haïti est un des vingt pays les plus pauvres du monde. Favoriser l'industrie de l'habillement par un accès préférentiel au marché des États-Unis était supposé donner un ballon d'oxygène à une économie à genoux. Au contraire, le pays s'est lancé dans une course à la déréglementation et à la suppression des coûts de main-d’œuvre afin de rester attractif dans les chaînes d'approvisionnement mondiales précaires.

"Le gouvernement doit maintenant, avec l'aide des marques et des distributeurs, agir d'urgence pour protéger les travailleurs qui subissent des privations terribles pendant cette pandémie."

Haïti est un des pays prioritaires de l'appel à l'action de l'OIT pour soutenir l'industrie de l'habillement, bien que peu ait été fait à ce jour.

IndustriALL a écrit aux employeurs concernés et a demandé au ministère du Travail, ainsi qu'aux marques et aux distributeurs, dont Gildan, F&T Apparel, Wal-Mart, et Fruit of the Loom, d'intervenir pour aider à trancher les différends.

Des salariés du vêtement travaillant dans la section couture d'un atelier de confection à Haïti

Photo : Marcel Crozet / BIT  

Au Lesotho, le syndicat exige de Gem Diamonds le paiement des heures supplémentaires

Le 21 août, la mine de Letseng, propriété de Gem Diamonds, a mis au jour un diamant brut de 442 carats, d’une valeur de 18 millions de dollars. Et ce n’était pas la première fois. En février, trois gemmes de 183, 89 et 70 carats, d’une valeur de plusieurs millions de dollars, ont également été extraits de la mine. Le site de Letseng, qui est propriété pour 70 % de Gem Diamonds ainsi que des autorités du Lesotho, a mis au jour plus de 60 diamants blancs de qualité gemme de plus de 100 carats chacun. Selon les experts diamantaires, cela fait de Letseng la mine de kimberlite dont le rendement par carat est le plus élevé au monde.

Selon le Syndicat démocratique indépendant du Lesotho (IDUL), affilié à IndustriALL Global Union, Gem Diamonds peut se permettre de payer les heures supplémentaires des travailleurs. Par conséquent, le syndicat conteste les exemptions de versement des heures supplémentaires, normalement exigé par la loi, accordées par le gouvernement à Gem Diamonds.

La mine et les entreprises sous-traitantes emploient plus de 1.700 travailleurs, dont certains sont membres de l’IDUL.

Daniel Teko, Secrétaire général de l’IDUL, indique :

“Notre syndicat est conscient que Gem Diamonds apprécie la qualité du travail que les mineurs accomplissent sur son site. Toutefois, nous voulons exhorter l’entreprise à aller au-delà des éloges et à verser un salaire vital.

De plus, l’entreprise doit répondre aux griefs des travailleurs et payer les heures supplémentaires, notamment pour le travail effectué pendant les jours fériés. La plupart des travailleuses de la mine sont spoliées de leurs heures supplémentaires et leur salaire de 1.900 maloti (113 dollars) est une faible rémunération.”

Glen Mpufane, Directeur des d’IndustriALL, ajoute :

“Les mineurs qui extraient ces pierres précieuses devraient gagner un salaire décent qui améliore leur vie et celle de leur famille. Il n’est pas tolérable que ces mineurs de diamants vivent dans la pauvreté tout en générant autant de profits pour les multinationales minières. L’exploitation minière responsable implique l’amélioration des conditions de travail et le versement de salaires décents.”

L’IDUL se félicite de l’annonce faite par Gem Diamonds qu’une partie des recettes de la vente de ce diamant sera utilisée en faveur des communautés locales dans le cadre du développement à Letseng.

Les mines de diamants, qui se trouvent principalement dans la chaîne de montagnes de Maloti, sont restées ouvertes pendant le confinement du pays. Cependant, la mine de diamant Liqhobong de Firestone est temporairement fermée en raison de la situation difficile du marché et l’IDUL se bat pour des allocations en faveur de ses membres qui y ont perdu leur emploi. Le syndicat a également soulevé auprès du Ministère du travail du Lesotho des questions de conformité avec la législation du travail du pays à l’encontre de Liqhobong, s’agissant des réductions d’effectifs.

Chez Storm Mountain Diamonds, l’IDUL exige que la compagnie minière fournisse des équipements de protection individuelle adéquats aux travailleurs du service d’entretien ménager afin de les protéger contre une infection de Covid-19.