Nous ne nous tairons pas face à la violence promue par l’Etat au Zimbabwe, disent les métallos sud-africains

Le NUMSA, qui est affilié à IndustriALL Global Union, a organisé un piquet devant l’ambassade du Zimbabwe à Pretoria, ce 23 septembre, pour protester contre les violations des droits de l’homme et des travailleurs dans le pays. Ce piquetage s’est fait dans le cadre de la Journée internationale d’action appelée par la CSI Afrique pour protester contre les violations des droits au Zimbabwe évoquées plus haut.

Le syndicat a été rejoint sur ce piquet par des organisations de la société civile qui protestent contre les violations en utilisant la campagne en ligne #ZimbabweanLivesMatter qui met en lumière ces abus et a reçu un soutien mondial. La campagne en ligne a vu le jour après que les médias sociaux sont devenus l’un des seuls moyens de protester après que le gouvernement du Zimbabwe a interdit les manifestations, qui étaient prévues pour le 31 juillet, contre la corruption dans les marchés publics de Covid-19 et la détérioration de la crise sociale et économique dans le pays.

Le chômage est élevé et les salaires de la plupart des travailleurs n’atteignent que l’équivalent de 30 dollars par mois, ce qui signifie que les travailleurs vivent dans la pauvreté. Lorsque les syndicats zimbabwéens ont fait campagne pour le salaire vital afin de protéger les travailleurs contre les bas salaires et l’hyperinflation, qui est supérieure à 800 %, ils ont été qualifiés d’“organisations terroristes”.

Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies, plus de huit millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence pour éviter la famine.

Des militants, des étudiants, des journalistes et les organisateurs de la manifestation du 31 juillet ont été arrêtés, enlevés et torturés, accusés devant les tribunaux d’avoir tenté de renverser le gouvernement et accusés d’“incitation à la violence” ou de ne pas avoir respecté les règles de la Covid-19. Les manifestations ont été étouffées par une forte présence de la police et de l’armée et les quelques personnes qui ont arboré des pancartes dans les rues ont été arrêtées.

Présélectionnée pour le Booker Prize 2020 pour son roman “This Mournable Body”, Tsitsi Dangarembga a également été arrêtée pour “incitation à la violence” et “sectarisme”.

Le NUMSA exige notamment que l’Union africaine enquête sur les violations des droits de l’homme et en tienne le gouvernement responsable. En outre, le système judiciaire doit être indépendant et la liberté d’association respectée. La liberté des médias doit également être respectée et les accusations portées contre les journalistes et autres prisonniers politiques doivent être retirées.

Andrew Chirwa, Président de la NUMSA, a déclaré :

“Au lieu de s’attaquer à la crise, le gouvernement zimbabwéen a répondu par la brutalité et la répression. Le pays est en proie à la violence de l’État contre son peuple. Nous demandons que les travailleurs soient libres de participer aux activités des syndicats de leur choix et que leur droit de grève soit protégé.”

Paule France Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne, a pour sa part déclaré :

“Nous appelons le gouvernement du Zimbabwe à respecter les normes internationales du travail. Les syndicats jouent un rôle important dans l’amélioration du bien-être des travailleurs et des communautés de la classe ouvrière, mais ils ne peuvent le faire que si leurs libertés et leurs droits sont respectés.”

Les dix affiliés d’IndustriALL au Zimbabwe, qui sont présents dans les secteurs de la chimie et des plastiques, de l’énergie, de l’ingénierie, de la métallurgie, des mines, de la fabrication ainsi que du textile, de la confection, de la chaussure et du cuir, ont salué le soutien du NUMSA qui, selon eux, renforce non seulement la solidarité internationale, mais aussi leur détermination à poursuivre la lutte pour les droits des travailleurs et les droits de l’homme.

Les lois anti-ouvrières du gouvernement Modi se heurtent aux protestations des syndicats

Alors que des manifestants déchiraient symboliquement dans les rues le texte de cette législation du travail draconienne, le gouvernement Modi a adopté de manière antidémocratique trois textes clés concernant le travail, réécrivant ainsi fondamentalement le droit du travail indien. Ces textes concernent le Code des relations sociales, le Code de la sécurité sociale et le Code de la sécurité, de la santé et des conditions de travail.

La législation a été adoptée au Parlement sans débat, les partis de l’opposition boycottant les séances de la Chambre des représentants lors du vote les lois qui touchent les travailleurs agricoles et les fermiers. L’adoption de ces textes est contraire aux propres directives du gouvernement concernant la consultation préalable, car il n’y a pas eu de concertation adéquate avec les syndicats et les travailleurs du secteur informel, qui sont les premiers concernés par les changements.

Ceux-ci augmentent la vulnérabilité des travailleurs et travailleuses et facilitent des politiques d’embauche et de mise à pied favorables aux entreprises sans garantir de façon adéquate les droits des travailleurs et en favorisant le travail à durée déterminée et en sous-traitance, sans protection sociale appropriée. L’exercice légal du droit de grève est pratiquement impossible. Les nouvelles lois sur la sécurité sociale sont à bien des égards discriminatoires, car on y a supprimé des dispositions relatives à la protection sociale de nombreux travailleurs du secteur informel.

 

Le Dr G Sanjeeva Reddy, Président de l’INTUC, affilié d’IndustriALL a déclaré :

“Nous condamnons fermement la manière antidémocratique avec laquelle ces lois anti-ouvrières ont été adoptées. Avec la chute brutale de la croissance économique et l’augmentation du chômage, les travailleurs et travailleuses de tout le pays sont confrontés à une situation désastreuse. Les centrales syndicales indiennes, au-delà de leurs affinités politiques, ont formé une plate-forme commune pour défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses. Le 25 septembre, les syndicats indiens ont également exprimé leur solidarité avec les travailleurs agricoles et les organisations d’agriculteurs et leurs protestations contre les politiques anti-agricoles. Nous œuvrons ensemble pour sauver le peuple du gouvernement dictatorial de Modi.”

Parmi les revendications syndicales, on retrouve :

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué :

“Nous sommes consternés par ce manque de respect du processus démocratique. Le gouvernement indien doit engager un véritable dialogue avec les représentants syndicaux et veiller à ce que le droit du travail intègre les droits humains et les principes fondamentaux internationalement reconnus, ainsi que les droits qui s’exercent sur le lieu de travail. IndustriALL et les Fédérations syndicales internationales cherchent à intensifier les actions de solidarité mondiale pour soutenir le mouvement syndical indien dans sa lutte pour sauver la démocratie et défendre les droits de ses membres.”

Les centrales syndicales INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, LPF et UTUC, ainsi que différentes fédérations indépendantes, ont pris part aux protestations.

Un dirigeant syndical cambodgien réintégré

Le CUMW a mobilisé les travailleurs et organisé une action de protestation, le 14 août, dans la zone économique spéciale de Shandong Sunshell (Svay Rieng). L'administration provinciale du travail a ensuite convoqué une réunion de médiation entre la direction de Youli et le syndicat, et les deux travailleurs ont été réintégrés le 21 septembre.

Les campagnes nationales et internationales se succèdent en faveur de la réintégration des 724 personnes licenciées en juin. En juillet, le syndicat avait obtenu une première victoire en forçant la direction à réintégrer 11 femmes enceintes et un responsable syndical local.

Le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a écrit à l'entreprise pour lui demander de réintégrer tous les 724 travailleurs et d'arrêter d'en embaucher d'autres depuis les licenciements en masse.

Pav Sina, le président du CUMW, a déclaré :

"La solidarité internationale a beaucoup compté dans la réintégration de nos membres et des dirigeants locaux chez Youli. La direction a promis de poursuivre la négociation pour les 712 autres, et nous suivrons cela de près. Nous continuerons à nous battre pour les droits des travailleurs aux côtés d'IndustriALL."

Le 4 septembre, IndustriALL a appelé à une journée d'action mondiale pour qu'il soit mis fin aux menées antisyndicales dans l'industrie du vêtement. Les réactions ont été nombreuses et beaucoup se sont adressés directement à Youli pour demander de cesser son antisyndicalisme.

 

Christina Hajagos-Clausen, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie du textile et du vêtement a déclaré :

"C'est une grande victoire syndicale et nous félicitons le CUMW." 

Les syndicats approuvent un accord pour sauver des emplois chez Volkswagen Brésil

Face à la pandémie de Covid-19, les travailleurs des usines VW de São Bernardo, Taubaté, Curituba et São Carlos ont voté en faveur d’une convention collective de travail qui protégera leurs emplois pendant les cinq prochaines années.

“La crise chez VW a commencé il y a plusieurs années et la pandémie n’a fait qu'aggraver les choses. Nous devions être réalistes, étant donné que la production est destinée à être bien inférieure aux capacités. Dès le début, notre principal objectif a été de protéger nos emplois,”

a indiqué Wagner Santana, Président du syndicat ABC de São Bernardo, qui fait partie de la Confédération nationale des travailleurs de la métallurgie (CNM/CUT), affiliée à IndustriALL.

La direction de VW avait informé les quatre syndicats représentant les travailleurs des usines du Brésil qu’en raison des retombées économiques de la pandémie, elle avait l’intention de réduire la main-d’œuvre d’environ 35 % en introduisant des mesures de flexibilité. Cela équivaudrait à 5.200 emplois, sur un total de 15.000.

Les syndicats ont passé quatre semaines à négocier des alternatives pour s’assurer qu’il n’y ait pas de suppressions d’emplois et que l’entreprise reste compétitive.

“Chaque usine est différente et les représentants syndicaux ont réussi à négocier des conditions spécifiques pour chacune d’entre elles. Il était important que les syndicats travaillent ensemble afin de parvenir chacun à un accord qui puisse ensuite servir de référence pour les autres,”

a précisé Cláudio Batista, Président du syndicat Sindmetau de Taubaté, qui fait partie de la CNM/CUT.

Cet accord comprend

Sérgio Butka, Président du SMC de Gran Curitiba, qui fait partie de la CNTM, elle-même affiliée à IndustriALL, a ajouté :

“Les deux parties ont fait appel à leur bon sens pour présenter une proposition qui protégera les emplois des travailleurs pendant les cinq prochaines années. Cela signifie qu’ils peuvent continuer à travailler en toute sérénité et que VW peut chercher les moyens de surmonter la tempête que traverse actuellement le pays”.

Le Syndicat des métallurgistes de São Carlos et Ibaté, qui fait partie de la CNM/CUT, a également approuvé l’accord. Le Président du syndicat, Vanderlei Strano, l’a qualifié de grande réussite qui apportera la tranquillité d’esprit aux travailleurs.

Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL, a déclaré :

“Je tiens à féliciter les travailleurs de VW Brésil et leurs quatre syndicats pour leur collaboration. Garantir des emplois pendant cinq ans et recevoir des garanties financières est important non seulement pour les 15.000 travailleurs de VW, mais aussi pour les milliers de personnes qui travaillent au sein de sa chaîne d’approvisionnement.

Cet accord est d’autant plus important que le gouvernement brésilien est en train de démanteler la législation sur l’emploi et n’a pas de politique en matière de relations sociales ; c’est donc une source d’inspiration pour les syndicats du Brésil et du monde entier.”

Soutenez les mineurs ukrainiens qui protestent sous terre

Veuillez envoyer par LabourStart un message à la direction de la compagnie pour exprimer votre soutien et votre solidarité avec les travailleurs et leurs organisations syndicales, et exhorter la direction à entamer avec eux des négociations constructives.

L'action de protestation a débuté le 3 septembre, lorsque 29 mineurs ont refusé de remonter à la surface après leur travail à la mine Oktyabrskaya. Quelques jours plus tard, devant l'absence de réaction de la direction, 364 mineurs de trois autres mines appartenant à la même compagnie se sont joints à cette action souterraine.

Les mineurs veulent une hausse des salaires, de meilleures conditions de travail, un régime de pension plus favorable à cause de conditions de travail dangereuses, la fin des infractions dans les évaluations de la sécurité du lieu de travail, et un changement de la direction qu'ils accusent de pousser l'entreprise à la crise.

Les mineurs, des membres de leurs familles et des habitants de la localité ont organisé chaque jour des actions de solidarité à Kryvyi Rih depuis le début du conflit. Depuis la semaine dernière, des actions de protestation de solidarité ont lieu quotidiennement devant les bâtiments ministériels de Kiev.

Des enfants de mineurs soutiennent aussi cette action en demandant à la direction de la compagnie d'écouter les revendications des mineurs.

D'après Mykhailo Volynets, le président du Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine, des négociations entre les mineurs et la direction de la mine de Kryvyi Rih devraient se tenir aujourd'hui.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Nous exhortons la direction de la mine de minéraux de Kryvyi Rih à entamer des négociations constructives avec les mineurs et leurs syndicats et à s'abstenir de toute pression contre les manifestants, les militants syndicaux et les membres de leurs familles". 

La crise du coronavirus doit inciter les syndicats à remodeler le monde

ENQUÊTE

Texte: Walton Pantland

Le virus semble être apparu sur un marché de produits frais à Wuhan, en Chine, à la fin de l’année dernière. Comme le proverbial battement d’ailes du papillon, l’animal infecté, chauve-souris ou pangolin, a provoqué une tornade de perturbations dans le monde entier.

La pandémie met parfaitement en évidence la mondialisation et ses longues chaînes d’approvisionnement opaques. Tout est lié à tout, mais il n’est pas toujours évident de savoir comment, ou ce que nous pouvons faire pour influencer le flux d’argent, de pouvoir et d’information.

C’est dans ce contexte que les syndicats opèrent depuis les années 1980 : ils tentent de trouver des solutions locales à des problèmes mondiaux complexes et apprennent à affronter un capital flou et sans attache grâce à une coopération internationale croissante. Les Fédérations syndicales internationales ont été les pionnières d’un nouvel internationalisme des travailleurs, en mondialisant les relations sociales grâce à des accords-cadres mondiaux, des campagnes de solidarité internationale et en exploitant la pression des consommateurs sur les enseignes.

Shutterstock

Ce monde s’est arrêté brusquement en mars de cette année. L’économie mondiale s’est arrêtée, les frontières se sont fermées et les pays se sont retrouvés en état d’isolement.

Aujourd’hui, alors que de nombreux pays entament une réouverture prudente, les contours du nouveau monde restent à définir. Mais la crise du coronavirus semble être une rupture définitive, un point final.. 

Le monde sera dorénavant différent.

Le virus a été présenté comme un grand facteur de nivellement : riches ou pauvres, nous sommes tous biologiquement sensibles à l’infection. En fait, il a mis en évidence une nette division des classes. Le virus s’est d’abord propagé à partir de la Chine par le biais de la classe des hommes d’affaires qui participent à des réunions internationales. Il s’est répandu en Europe par la classe qui passe l’hiver dans les stations de ski italiennes, en Afrique et en Amérique latine par la classe qui passe ses vacances en Europe.

Son impact a également été inégal et injuste : les personnes mobiles et mondialisées qui propagent le virus à travers le monde sont également les mieux placées pour y faire face. La plupart d’entre elles peuvent confortablement exercer leur métier de col blanc depuis chez elles, avec l’espace et le matériel dont elles ont besoin.

Les travailleurs et travailleuses, ceux et celles qui n’auraient jamais pu imaginer des vacances au ski ou un voyage à l’étranger, ont fait les frais de la crise : les chômeurs enfermés dans des appartements surpeuplés, le personnel de santé et les nettoyeurs d’hôpitaux qui ont dû aller travailler sans équipement de protection, comme des soldats qui partiraient au combat sans fusil.

Les salariés des supermarchés, des transports et les livreurs, jusqu’à récemment présentés avec dédain comme étant peu qualifiés, ont soudain été reconnus comme le ciment essentiel qui fait tenir nos sociétés. Même chose pour les ouvriers et ouvrières de production à qui il n’est pas possible de construire une voiture, coudre une chemise, extraire du charbon ou du pétrole depuis leur canapé.

Travailleurs en Thailande

Davantage d’inégalités ont été mises en évidence : il y a plus de femmes que d’hommes dans les emplois dangereux de première ligne et plus de personnes de couleur. Ceux qui étaient déjà vulnérables dans cette économie ont été rendus plus vulnérables.

Les syndicats ont bien réagi, en mobilisant leurs militants et leurs ressources pour défendre la population active. Les programmes de congés exceptionnels qui apportent un soutien aux salariés sont le résultat de campagnes syndicales, tout comme la pression exercée pour fournir des équipements de protection. Les syndicats ont souligné le rôle essentiel joué par les travailleurs et travailleuses sous-payés dans des secteurs clés de l’économie. Nombre de nos affiliés ont négocié des accords salvateurs au niveau national et au niveau des entreprises, de l’Afrique du Sud au Brésil en passant par le Pakistan.

Ayant négocié le versement des salaires durant le confinement, des millions de travailleurs ont pu s’abriter en toute sécurité, ce qui a ralenti la propagation du virus et sauvé d’innombrables vies. Les syndicats ont également joué un rôle de premier plan en fournissant des conseils de santé publique et en distribuant du désinfectant, des masques et des gants. Ils ont appelé à ce que les lieux de travail soient réaménagés pour faire face à la crise, des usines automobiles fabriquant des ventilateurs jusqu’aux usines de vêtements fabriquant des masques.

En conséquence, de nombreux pays signalent une augmentation du nombre de personnes qui adhèrent à des syndicats.

Mais les contours initiaux du monde post-Covid-19 ne sont pas les bons, du moins si vous êtes syndicaliste. Il est affligeant de devoir faire face au désastre des emplois perdus, en sachant que chacun soutenait une famille et une communauté. Les secteurs représentés par IndustriALL sont particulièrement touchés : des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses de la confection ont été licenciés dès lors que les acheteurs annulaient les commandes. Nissan ferme des usines en Catalogne, Renault supprime des postes, Rolls-Royce sabre dans les emplois au sein de son usine écossaise qui fabrique des moteurs d’avion, les prix des matières premières partent dans tous les sens et nous ne savons pas ce que l’avenir réserve aux industries pétrolière et minière.

Mais nous devons garder de tirer la conclusion que ce carnage est la conséquence inévitable de la crise du coronavirus et voir les différentes forces qui sont ici à l’œuvre :

Tout d’abord, les employeurs et les gouvernements de droite utilisent le coronavirus comme excuse pour imposer des changements qu’ils ne pourraient pas réaliser en temps normal. Des États en Inde suspendent le droit du travail, BHP passe en force sur des changements de travail posté. Et de nombreuses entreprises utilisent cyniquement la crise sanitaire comme opportunité pour licencier des travailleurs et travailleuses dont elles voulaient se débarrasser de toute façon, en prenant dans le même temps l’argent du contribuable pour se renflouer.

Le deuxième facteur est que le coronavirus a accéléré de manière spectaculaire des processus déjà en cours. Des usines automobiles ferment depuis un certain temps et le mouvement syndical est bien conscient que l’avenir de la mobilité est incertain.

Nous savons également que la mode éphémère n’est pas durable. Nous savons que nous devons passer d’une économie basée sur les combustibles fossiles à une économie verte. Nous savons qu’il n’y a pas d’avenir à long terme dans le pétrole ou le charbon. Nous savons que le changement climatique exige une économie très différente.

Et nous avons fait le travail d’élaboration des politiques et leurs préparatifs. Nous sommes prêts pour cela. Nous avons présenté les arguments en faveur d’une Transition juste et élaboré des propositions politiques détaillées sur la manière dont cela se présentera dans les différents secteurs.

Ce qui a manqué jusqu’à présent, c’est la volonté politique. La plupart des gouvernements se sont contentés d’adopter une approche non interventionniste, espérant que quelques coups de pouce suffiraient à inciter le secteur privé à investir dans la transformation. Et le secteur privé a attendu un signe clair d’engagement de la part du politique quant à la direction à prendre.

Le coronavirus a montré qu’il est possible pour les gouvernements d’agir rapidement et avec audace, de prendre des décisions qui ont des conséquences spectaculaires. Les gouvernements conservateurs qui ont passé des années à se plaindre de caisses vides ont soudainement trouvé des milliards pour arrêter l’effondrement de la société. Des millions de travailleurs ont été mis en congé, recevant de l’argent public et des entreprises ont reçu un soutien financier.

Les économistes se rendent compte, ou admettent, que les budgets publics ne sont pas comme les budgets des ménages et que peut-être d’énormes déficits ne sont pas un problème : cet argent ne devra jamais être remboursé. L’austérité et la précarité ont toujours été des projets politiques et n’ont jamais été nécessaires pour des raisons économiques ou sociales.

Ces réponses politiques audacieuses ont relancé les conversations autour du revenu de base universel, de la valeur des travailleurs essentiels et de première ligne et de nombreux autres aspects de l’ancienne normalité qui étaient considérés comme acquis.

Shutterstock

La nouvelle normalité doit être différente.

Après la seconde guerre mondiale, l’Europe était en ruines. On a trouvé de l’argent pour reconstruire le continent et cette reconstruction a jeté les bases de l’État-providence qui a été tellement efficace jusqu’à ce qu’il soit mis en pièce par la contre-révolution néolibérale de Thatcher et Reagan.

Un Rétablissement juste après la sortie de la Covid-19 doit être un autre moment comme celui-là. Les gouvernements et les entreprises doivent trouver les ressources nécessaires pour reconstruire une économie juste et verte. Nous avons besoin d’un effort coordonné au niveau mondial pour créer une Nouvelle Donne. Nous avons besoin de davantage que de simples renflouements. Nous avons besoin à l’avenir d’investissements publics massifs. Notre rôle en tant que syndicalistes est de l’exiger, de le défendre, de promouvoir nos politiques et de faire grève pour l’avenir, s’il le faut.

Si nous ne prenons pas l’initiative, d’autres le feront.

Les femmes se battent pour la démocratie en Biélorussie

Les 13 et 15 août, les femmes ont été les premières à descendre dans la rue pour protester contre les prétentions de Loukachenko à la victoire des élections présidentielles. Des milliers de manifestants ont été arrêtés et les images de prisonniers torturés et battus ont fait descendre les femmes dans la rue pour protester contre la terreur policière. Des grèves dans de nombreuses usines d’État ont suivi ces manifestations pacifiques.

Depuis le début de la résistance contre Loukachenko, les femmes ont été impliquées et les femmes syndicalistes continuent à jouer un rôle actif dans le mouvement.

Le patriarcat est profondément institutionnalisé en Biélorussie, allant jusqu’au sommet de l’État. Lorsque Loukachenko a reçu la nouvelle de la candidature de Svetlana Tikhanovskaya, l’épouse d’un opposant politique emprisonné, il a laissé entendre qu’une femme au foyer ne serait jamais une véritable concurrente.

En mai, Loukachenko a affirmé que la société biélorusse “n’a pas encore assez mûri pour voter pour une femme”, affirmant que c’était “parce que selon la constitution, notre Président a des pouvoirs forts”.

La candidate et ses deux alliées pendant la campagne, Veronika Tsepkalo, également épouse d’un candidat masculin à la présidence, et Maria Kolesnikova, membre du comité de soutien d’un autre opposant politique masculin, Viktor Babaryko, ont montré à la société biélorusse que les femmes peuvent faire entendre leur voix et être des leaders. Leurs actions ont inspiré de nombreuses femmes parmi les milliers qui sont descendues dans la rue depuis plus d’un mois.

Les images de la violente répression policière montrent que les femmes n’ont pas été épargnées. Pendant la campagne présidentielle, Amnesty International a dénoncé les autorités biélorusses pour avoir pris pour cible des femmes militantes et des membres de la famille de représentants de l’opposition politique. La nuit de la prétendue réélection du dictateur, des femmes manifestantes ont été arrêtées et des viols de prisonnières ont été signalés.

Zinaida Mikhniuk, Présidente du Syndicat des travailleurs de l’industrie de la radio et de l’électronique, affilié à IndustriALL, a indiqué :

“Je soutiens Svetlana Tikhanovskaya parce qu’en tant que femmes, nous devrions pouvoir décider par nous-mêmes si nous voulons être des femmes au foyer ou non et ne pas être obligées de contracter un prêt bancaire afin d’équiper nos enfants en fournitures scolaires alors que leurs deux parents travaillent. Nous, femmes de Biélorussie, constituons une référence pour de nombreux hommes ; ils ne peuvent pas se permettre d’être faibles à côté de nous. Nous sommes courageuses, fortes et déterminées, nous sommes aux côtés de nos maris, de nos frères et surtout de nos enfants et nous ne cesserons pas de nous battre pour les nôtres et leur avenir.”

Crédit photo : Gazeta.by

Les syndicats appellent à une industrialisation rapide et durable de l’Afrique

Les Nations Unies célèbrent le 20 novembre la Journée de l’industrialisation de l’Afrique, en indiquant que “le succès du programme d’industrialisation de l’Afrique nécessitera la création d’un environnement favorable”. Les syndicats insistent sur le fait que cela nécessite la participation de l’ensemble de la société, en particulier des travailleurs et des syndicats.

IndustriALL et ses affiliés de la région ont constamment fait campagne pour l’industrialisation rapide et le développement durable du continent et des pays pris séparément, par le biais de diverses rencontres, actions et activités.

Issa Aremu, Vice-président d’IndustriALL pour la région, a déclaré :

“L’engagement au niveau local sur les politiques industrielles est essentiel et les syndicats doivent inclure les politiques industrielles durables dans leur travail quotidien et aussi lutter pour la valorisation locale des matières premières industrielles telles que le pétrole et les ressources minières.”

Ce groupe de réflexion, dont la réunion s’est tenue le 9 septembre, fait partie d’une série d’activités préparatoires à la Semaine de l’industrialisation de l’Afrique, qui se déroule du 17 au 23 novembre, après la Conférence virtuelle sur la jeunesse et l’industrialisation du 31 juillet.

Le rapport d’experts débattu lors de la réunion a souligné que “si des institutions appropriées sont mises en place au niveau national pour soutenir la mise en œuvre de la ZLECA, alors il sera possible de s’attaquer aux obstacles auxquels les pays africains sont confrontés au niveau des systèmes de production et de commerce mondiaux”. Le rapport montre également que les chocs infligés par la Covid-19 aux économies africaines comprennent la réduction des échanges avec la Chine, le plus grand partenaire commercial de l’Afrique. Mais les industries nationales ont des capacités de fabrication, comme on l’a vu récemment avec la production de fournitures Covid-19, notamment des désinfectants pour les mains, des gants, des masques, du savon liquide et des ventilateurs.

Les participants ont débattu du rôle des institutions intergouvernementales, en particulier de l’Union africaine (UA), dans la promotion d’une industrialisation plus rapide grâce à des programmes, notamment le Plan d’Action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA), qui s’inscrit dans le cadre du plan Agenda 2063 qui favorise l’intégration régionale.

L’un des projets phares du plan est la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), qui est devenue opérationnelle en 2019 avec un secrétariat au Ghana. La ZLECA devrait stimuler le commerce intra-africain et créer des milliers d’emplois.

La Banque africaine de développement a également été mise en avant comme institution vers laquelle IndustriALL et ses affiliés devraient se tourner pour des politiques de développement et leur mise en œuvre concrète en vue de l’industrialisation.

Le groupe de réflexion a décidé d’interagir directement avec ces institutions afin de soulever les revendications des travailleurs en faveur d’une économie plus juste.

La réunion a également discuté des revendications syndicales sur l’exploitation minière durable, comme proposé dans la Vision minière africaine (VMA). “Les ressources minières devraient être liées à un plus grand développement socio-économique durable par le biais de liens fiscaux et économiques qui sont au cœur de la VMA”, a déclaré Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL.

“Une exploitation minière durable signifie l’existence de politiques publiques qui encouragent l’utilisation des ressources minières au bénéfice du développement économique et social et de sorte à éviter les pires impacts sur l’environnement grâce à des réglementations strictes,” a ajouté Brian Kohler, notre Directeur pour la santé, la sécurité et la durabilité.

La réunion de ce groupe de réflexion coïncide avec un débat mondial sur la transformation des économies, la reconfiguration de la production internationale et le remodelage des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les participants ont souligné l’importance d’un passage à des politiques de développement économique durable, en particulier après les perturbations causées par la pandémie de Covid-19.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Dans le cadre de notre campagne pour l’industrialisation de l’Afrique, nous continuerons, au cours des deux prochains mois, à agir au niveau continental et national en Afrique. Nous continuerons à souligner le rôle important que les syndicats peuvent et doivent jouer pour influencer l’engagement politique aux niveaux national et régional”.

Après une série d’actions, le programme de campagne pour 2020 prévoit une rencontre virtuelle le 20 novembre pour faire entendre les revendications des syndicats.

Les syndicats du papier, de l’emballage et des arts graphiques agissent de concert pour les droits en matière de sécurité

Il s’agit de la troisième action mondiale de la campagne 3D menée par IndustriALL Global Union et UNI Global Union. Chacune s’articule autour de l’un des trois droits fondamentaux :

Toutes les multinationales du secteur disposent de programmes de santé et de sécurité au travail. Certains sont conçus dans les bureaux des entreprises et envoyés aux responsables locaux pour être mis en œuvre. D’autres entreprises procèdent différemment, les syndicats et les représentants des travailleurs étant impliqués dans la création des politiques, des programmes et des procédures de sécurité. Le travail mis en place ce mois-ci vise à promouvoir ceux qui sont conçus et contrôlés conjointement, en fournissant des ressources aux travailleurs syndiqués de tout le secteur.

Leeann Foster, Coprésidente de la section pâte et papier d’IndustriALL et Vice-présidente internationale des Métallos USW, dirige ce travail de sécurité et de santé. Elle a déclaré :

“En Amérique du Nord, nous avons lancé cette troisième action coordonnée le 7 septembre, jour de la fête du travail pour nous. Plus de 70.000 travailleurs et travailleuses du papier membres des Métallos USW ont reçu la documentation qui sous-tend l’action. Personne ne souhaite que des décès ou des blessures surviennent dans leur secteur, ni les syndicats, ni les employeurs. Mais pour changer les choses, nous devons agir pour que les trois droits fondamentaux à la sécurité soient une réalité et pas seulement des mots.”

Alors que le monde est confronté à la pandémie, de nombreuses entreprises mettent en place de nouvelles règles de santé et de sécurité, allant de l’hygiène personnelle à la distanciation physique, en passant par les restrictions imposées aux visiteurs. Il s’agit d’un moment crucial pour la participation des travailleurs à l’identification des dangers et à la manière de les endiguer.

Une gestion efficace de la sécurité dans les usines et les ateliers de ce secteur ne peut être obtenue que si les travailleurs ont le droit de participer à la prise de décision. Les syndicats rendent le travail plus sûr.

Des comités mixtes de santé et de sécurité sont prévus par la loi dans de nombreux pays, mais ils étaient initialement le fruit de négociations collectives. Les représentants des travailleurs au sein de ces comités doivent être élus et non pas choisis par la direction.

Les deux fédérations syndicales internationales actives dans ces secteurs, IndustriALL Global Union et UNI Global Union, œuvrent ensemble pour soutenir ces actions internationales en matière de sécurité.

La Présidente de la section graphique et emballage d’UNI, Joaquina Rodríguez Torrejón, a déclaré :

“L’expérience nous montre que dans des domaines aussi importants que la santé et la sécurité, la direction de l’entreprise ne peut être la seule à décider. Il est impératif d’établir des structures communes dans lesquelles les syndicats et les employeurs prennent ensemble les décisions sur les mesures de protection des travailleurs.”

Les travailleurs de l’électricité au Pakistan exigent la sécurité

Les travailleurs et travailleuses du secteur de l’électricité sont confrontés à des conditions de travail difficiles pour assurer l’approvisionnement en électricité de 27 millions de consommateurs au Pakistan. Ce 16 septembre, les travailleurs et travailleuses de la Société nationale de l’eau et de l’électricité du Pakistan (WAPDA) et de plusieurs compagnies de distribution d’électricité dans tout le Pakistan, ont observé une journée dédiée à la sécurité.

Le Syndicat pakistanais des travailleurs de l’hydroélectricité de WAPDA (APWHEWU), affilié à IndustriALL, a organisé cette journée de la sécurité pour sensibiliser le personnel de terrain et promouvoir une culture de la sécurité. Le syndicat a débattu des moyens de prévenir les accidents du travail afin de s’assurer que le personnel de terrain travaille en vertu de mesures de sécurité appropriées.

Khurshid Ahmed, Secrétaire général de l’APWHEWU, confie :

“Les travailleurs de l’électricité risquent leur vie pour fournir de l’électricité dans tout le pays ; ils n’ont pas à travailler dans ces conditions dangereuses. Le Pakistan a connu une augmentation massive des activités liées à l’électricité, mais le secteur est confronté à une grave pénurie de personnel en raison de l’interdiction imposée par le gouvernement de recruter de nouveaux salariés et le personnel mis à la retraite n’est pas remplacé. Le Ministère de l’énergie devrait pourvoir les postes vacants. Nous demandons également la fin du système de sous-traitance et de travailleurs journaliers et que les personnes concernées deviennent plutôt des salariés réguliers, dans les entreprises publiques et privées. Cela contribuerait grandement à améliorer la sécurité.

Le gouvernement pakistanais devrait réformer les sociétés de distribution afin d’améliorer leur efficacité opérationnelle et les mesures de sécurité en coopération avec les travailleurs, mais devrait s’abstenir de toute privatisation.”

L’APWHEWU affirme qu’étant donné la forte hausse des prix des denrées de base, le gouvernement devrait augmenter les salaires et les pensions du secteur public. Le gouvernement devrait travailler avec les organisations de travailleurs pour résoudre les problèmes soulevés par la Convention 144 de l’OIT sur les consultations tripartites, ratifiée par le pays.

 

Dans son message de solidarité, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Il est choquant de constater qu’un grand nombre de travailleurs continuent à être victimes d’accidents. Les travailleurs devraient être informés et formés à la gestion des travaux dangereux et ils devraient avoir le droit de refuser une tâche dangereuse.

La direction doit prendre la responsabilité d’améliorer la sécurité, tout en impliquant les salariés dans le processus de décision. IndustriALL Global Union soutiendra son affilié, l’APWHEWU, dans ses efforts pour améliorer la sécurité sur le lieu de travail.”