Les syndicats thaïlandais du pneu lèvent des fonds pour des travailleurs indonésiens licenciés par Goodyear

Les syndicats indonésiens et thaïlandais font partie du Réseau des syndicats du caoutchouc de l'Asie-Pacifique d'IndustriALL et savent ce qu'est la solidarité régionale. À une réunion du réseau, au mois d'août, les travailleurs thaïlandais ont appris le licenciement de leurs collègues indonésiens à l'usine Goodyear de Bogor.

Les syndicats thaïlandais collectent de l'argent

Très vite, ils ont organisé une collecte de fonds et ont réuni 1.300 $. Cette somme a été donnée au syndicat indonésien FSP-KEP et servira à couvrir les frais de santé des travailleurs licenciés et de leurs familles. IndustriALL Global Union a aussi contribué au fonds.

 Les travailleurs indonésiens

Le syndicat de Goodyear en Indonésie indique que cette affaire a fait l'objet d'une médiation officielle qui a recommandé la réintégration des 44 personnes. La direction de Goodyear a refusé et la justice du travail a été saisie. Comme l'entreprise ne leur verse plus de salaire, les 44 travailleurs n'ont plus de couverture de santé. Cependant, la production se poursuit normalement à l'usine.

Les syndicats thaïlandais du caoutchouc 

Iwan Ibnu, le président du syndicat de Goodyear en Indonésie, a déclaré :

"Au nom du syndicat de Goodyear, nous voulons vous remercier pour le soutien que nous avons reçu d'IndustriALL et pour la solidarité du syndicat thaïlandais du caoutchouc. Cela compte beaucoup pour nous.

"Les 44 travailleurs licenciés sont dans une situation difficile du fait que l'entreprise a supprimé leur couverture de santé et celle des membres de leurs familles. Nous allons donc nous arranger pour financer le maintien des soins de santé des travailleurs licenciés et de leurs familles.

"Merci beaucoup; nous espérons qu'IndustriALL soutiendra toujours notre lutte."

Pour expliquer comment les travailleurs thaïlandais en sont venus à soutenir leurs collègues indonésiens, le président du Groupe syndical des travailleurs du caoutchouc de Thaïlande, Saman Pornprachathum, explique qu'après en avoir entendu parler à la réunion d'IndustriALL, il a soulevé la question à une réunion mensuelle des fédérations syndicales CILT et PCFT.

Les délégués ont compris l'importance de manifester leur soutien et cinq syndicats ont contribué au fonds.

"Même si la somme que nous avons versée n'est pas énorme, je suis persuadé qu'elle suffira pour leur permettre de vivre confortablement", a-t-il ajouté.

"Je leur adresse mes encouragements à tous.  Ils ne seront plus seuls. Je sais ce qu'ils ont ressenti. Je voudrais que Goodyear Indonésie discute de ces 44 licenciements afin de trouver une solution pour les réintégrer."

Le directeur d'IndustriALL en charge du secteur du caoutchouc, Tom Grinter, déclare :

"La façon d'agir de Goodyear est consternante. On ne peut accepter que des travailleurs soient licenciés sans raison, et sans assurance santé en pleine pandémie. Mais le soutien et la solidarité des travailleurs du caoutchouc thaïlandais montrent que le mouvement syndical est une grande famille. Nous nous serrons les coudes quand les temps sont durs, tout comme nous fêtons nos victoires ensemble." 

Genève a voté pour un salaire décent institutionnalisé

Au niveau national, les syndicats suisses et leurs alliés politiques ont convaincu les électeurs de résister aux tentatives de la droite de diviser les travailleurs sur des questions de frontières.

Lors d’une votation tenue le 27 septembre, plus de 58 % des électeurs genevois ont dit “OUI” à l’initiative “23 frs, c’est un minimum.” Dans le même temps, 69 % au niveau national ont dit “NON” à l’initiative de droite visant à limiter l’entrée des travailleurs des États membres de l’Union européenne, une tentative de faire porter à la main-d’œuvre étrangère la responsabilité de la détérioration des conditions.

Grâce au système de démocratie directe, la population suisse peut demander un référendum pour modifier ou introduire une loi. Les syndicats suisses et les partis de gauche ont utilisé ce mécanisme pour lancer une initiative sur le salaire minimum vital dans le canton de Genève.

La Communauté genevoise d’action syndicale, qui comprend les affiliés d’IndustriALL, UNIA et SYNA, indique dans sa déclaration qu’avec son vote “Genève vient de donner un signal très clair aux employeurs et à tous ceux qui tentent d’opposer les travailleurs les uns aux autres : contre la précarité et les abus des employeurs, ce sont les salaires qui doivent être protégés et non les frontières”.

Selon Travailler en Suisse, qui fournit des statistiques sur les conditions de travail dans le pays, le salaire mensuel brut suisse dans tous les secteurs en 2016 était en moyenne de 6,502 francs (7.083 dollars). Dans les postes les plus qualifiés, le salaire mensuel brut moyen variait de 4.825 francs (5.256 dollars) dans la restauration, à 12.302 francs (13.400 dollars) dans le secteur bancaire et financier.

La plupart des travailleurs recevaient déjà au moins 4.313 francs suisses (4.698 dollars) par mois, souvent par le biais de conventions collectives syndicales existantes. Cependant, en l’absence de conventions collectives, les 10 % de salariés les moins bien payés sont passés à travers les mailles du filet et n’ont pas reçu ce minimum pour un travail à plein temps.

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière leur situation précaire. La population suisse, habituée à un niveau de vie décent, a été choquée par la précarité des travailleurs pauvres qui faisaient la queue pour obtenir des colis dans des centres de distribution de nourriture spécialement organisés alors que les restrictions liées à la Covid-19 étaient en vigueur.

Cette campagne lancée par les syndicats et leurs alliés progressistes a permis de sensibiliser davantage le public et, contrairement à 2011 et 2014, de remporter finalement la campagne pour le salaire minimum vital. Contrairement à d’autres pays, où le salaire minimum est souvent insuffisant pour vivre, le salaire minimum de Genève est un salaire vital et le plus élevé au monde.

L’initiative visant à établir un salaire minimum légal à Genève est une victoire historique, dont 30.000 salariés bénéficieront directement, parmi lesquels deux tiers de femmes. Genève est le troisième canton de Suisse à introduire un salaire minimum après Neuchâtel et le Jura. Le Tessin suivra bientôt.

Photo : Thierry Porchet, L’Événement syndical

Les champs pétroliers et gaziers d'Ouganda offrent des perspectives de recrutement syndical

Le 24 septembre, le pétrolier français Total a signé un accord avec le gouvernement ougandais pour la construction de l'East African Crude Oil Pipeline, un oléoduc de plus de 1.400 km de long qui reliera Kabale à Tanga, en Tanzanie.

Avec les 13.000 emplois que devrait nécessiter la construction et 3.000 au stade de l'exploitation, le Syndicat des travailleurs des mines, du métal, du pétrole et du gaz et apparentés d'Ouganda (UMMOGAWU) voit des perspectives de développement économique pour le pays et la fin de la pauvreté. Le syndicat veut recruter et organiser les nouveaux travailleurs de ce secteur.

Vincent Ojiambo, le secrétaire général de l'UMMOGAWU, a déclaré : 

"Lorsque la construction de l'oléoduc démarrera, nos recruteurs se rendront sur le site pour affilier de nouveaux adhérents. Nous voulons de meilleures conditions de travail et des salaires de subsistance pour les travailleurs."

Les réserves de pétrole et de gaz du bassin du lac Albert sont parmi les plus importantes d'Afrique subsaharienne; elles pourraient stimuler le développement économique et générer des milliers d'emplois décents dans la chaîne d'approvisionnement.

Ces réserves sont estimées à plus de six milliards de barils de pétrole et quatorze milliards de mètres cubes de gaz, et il est prévu que la production de pétrole brut démarre en 2023. À ce moment, on verra fleurir d'autres industries fondées sur le pétrole et sur la production d'électricité, ainsi que des fournisseurs de biens et de services. Ces industries devraient fournir des services et des produits manufacturés destinés au marché intérieur mais aussi aux pays voisins.

Diana Junquera Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie de l'énergie, a déclaré :

"La croissance du secteur du pétrole et du gaz devrait être bénéfique pour les travailleurs ougandais et les compagnies pétrolières devraient appliquer les meilleures pratiques partout dans le monde pour faire en sorte de contribuer au développement durable du pays. IndustriALL a un ACM avec TOTAL; il couvre les travailleurs d'Ouganda et garantit le respect de leurs droits au travail."

Les organisations de la société civile appellent l'Ouganda et la Tanzanie à veiller au respect des droits de l'homme des 12.000 personnes et communautés que le tracé de l'oléoduc va déplacer et qui peuvent perdre leurs terres. Il faut aussi tenir compte de l’environnement.

La construction de l'oléoduc est inscrite dans un accord signé par les gouvernements ougandais et tanzanien. Les autres compagnies pétrolières participant à la coentreprise dans les champs pétroliers sont Tullow Oil et CNOCC. Plus de trois milliards de dollars ont été investis par les compagnies dans le secteur pétrolier et gazier. La construction d'une raffinerie par l'Albertine Graben Refinery Consortium est également en projet. 

Journée d’action européenne pour l’acier

Le secteur sidérurgique européen souffre depuis plusieurs années de la surcapacité du marché mondial et, comme dans d’autres partie du monde, son avenir suscite des inquiétudes. La pandémie de Covid-19 a aggravé la crise : la production d’acier en Europe a diminué de 40 % et les nouvelles commandes ont été réduites dans une proportion pouvant atteindre 70 %.

Cette situation a eu un impact dévastateur sur les travailleurs et travailleuses, dont au moins 45 % sont confrontés à des licenciements temporaires ainsi qu’à une réduction de leurs prestations et beaucoup d’autres à un avenir incertain. En revanche, au cours de cette période, la Chine a augmenté sa production d’acier subventionné.

En Europe, de nombreuses aciéries ont été mises en veille et, comme les coûts de fermeture d’un haut fourneau sont élevés, les travailleurs et travailleuses sont extrêmement préoccupés par le fait que les fours pourraient ne pas être redémarrés, ce qui ferait des mises en disponibilité temporaires des licenciements définitifs.

Les syndicats européens de la sidérurgie font valoir que l’acier est vital pour la reprise post-Covid. Les sidérurgistes et leurs syndicats mènent des actions aujourd’hui dans toute l’Europe :

L’organisation sœur d’IndustriALL Global Union au plan européen, industriAll Europe, a élaboré un plan d’action dont les exigences sont cruciales pour l’avenir durable de l’industrie sidérurgique européenne. La journée d’action mettra en lumière les exigences de ce Plan d’action européen pour l’acier, les sidérurgistes appelant les dirigeants politiques et industriels à préserver les emplois, à agir contre le commerce déloyal et à créer une voie vers un acier vert, fabriqué en Europe.

Les actions de ce 1er octobre comprendront des manifestations sur les sites sidérurgiques, des assemblées de travailleurs, des conférences des comités d’entreprise, des activités destinées à la presse, des campagnes dans les médias sociaux, des réunions avec des représentants de gouvernements, des parlementaires et des employeurs du secteur de l’acier. IndustriAll Europe rencontrera des représentants de la présidence allemande de l’UE pour présenter son plan d’action pour l’acier.

Le Directeur d’IndustriALL pour les métaux de base, Matthias Hartwich, a déclaré :

“L’industrie sidérurgique, au plan mondial, a souffert de la crise de la Covid, d’un marché globalement atone et d’une offre excédentaire, en partie causée par l’acier subventionné en provenance de Chine. Nous sommes fermement solidaires avec vous, chers camarades, pour protéger l’industrie sidérurgique, en Europe et dans le monde. Aujourd’hui, c’est au tour des collègues européens de lutter contre le déclin de l’industrie sidérurgique.”

Les femmes pakistanaises s’élèvent contre les tendances anti-femmes dans les médias

Prenant position contre les tendances anti-femmes croissantes dans les médias, la Fédération des travailleuses à domicile (HBWWF), affiliée à IndustriALL Pakistan, a organisé une manifestation à Karachi ce 25 septembre.

Les intervenantes ont souligné qu’un renouvellement des coutumes et traditions archaïques de la société féodale et tribale affaiblit les fondements d’un pays moderne et pluraliste et contribue aux tendances croissantes de discrimination à l’égard des femmes. Il ouvre également la voie à l’exploitation des femmes, des enfants, des transsgenres, des minorités et d’autres groupes vulnérables de la société.

Lorsque des forces qui agissent contre les femmes et les droits humains sont directement ou indirectement encouragées par l’État, cela finit par rendre les femmes, les enfants, les filles et les transgenres vulnérables dans les rues, les établissements d’enseignement, les lieux de travail et même dans leur propre foyer.

 

Zehera Khan, de la fédération HMBWWF, a indiqué :

“Les commentaires misogynes de l’écrivain Khalilur Rehman démontrent un affaiblissement de l’éthique progressiste et démocratique au sein de la société. Cela se reflète également dans l’augmentation de la violence à l’égard des femmes, qui constitue une menace pour leur vie.

Les femmes du Pakistan ne peuvent plus se taire et nous allons nous unir pour briser le patriarcat sous toutes ses formes. Le mouvement syndical, tant au Pakistan qu’au niveau international, doit s’assurer que la manière dont les médias présentent les femmes est conforme à une vision moderne et qu’elle respecte les femmes et les droits humains reconnus au niveau international.”

Les participantes à la manifestation ont exigé que :

Les syndicats allemands se dressent contre Continental

Continental affirme que le recul de la construction automobile conjugué à la crise économique provoquée par la pandémie sont la cause des suppressions annoncées. En tout, Continental projette de supprimer en Allemagne 13.000 emplois sur les 30.000 du monde entier qui doivent être "modifiés, relocalisés ou supprimés".

Pour les syndicats allemands IG BCE et IG Metall, les explications données pour cette annonce-surprise sont inexactes, c'est plutôt "supprimer pour le plaisir de supprimer".

En réaction à l'annonce par Continental de la fermeture de l'usine d'Aix fin 2021, des milliers de personnes ont protesté dans la ville le 23 septembre, avec masques et dans le respect des distances de sécurité.

 

Le 29 septembre, 2.000 personnes ont manifesté à Hanovre, devant l'immeuble où le conseil de surveillance était en réunion.

 

Le président d'IG BCE, Michael Vassiliadis, s'est adressé aux manifestants :

"C'est l'exemple d'une entreprise allemande qui décide de tourner le dos à la solidarité et à la responsabilité sociale qui, jusqu'à présent, nous ont guidés dans cette crise, sans égard pour l'avenir des personnes et des communautés affectées. Ses propriétaires doivent mettre fin à cette attaque contre le personnel et tracer la voie pour des alternatives intelligentes." 

Le président d'IG Metall et d'IndustriALL, Jörg Hofmann, a lui aussi pris la parole :

"Il est scandaleux qu'une entreprise qui bénéficie d'aides fiscales profite en même temps de la crise pour délocaliser le travail vers des pays à bas salaires. Plus la crise durera, plus l'emploi sera sous pression. Or, les entreprises devraient investir dans la recherche et le développement pour être en mesure de s'adapter à la décarbonation et à la numérisation." 

Le comité d'entreprise de Continental a lancé une pétition réclamant la suspension des licenciements annoncés jusqu'à la finalisation des négociations avec les syndicats. Ceux-ci répètent que la sécurité d'emploi et des perspectives durables pour tous les salariés restent leur priorité absolue, et ils veulent siéger à la table pour la prise des décisions à venir.

"En tant que représentants des salariés, nous avons fait preuve à maintes reprises d'une volonté de trouver des solutions et de créativité dans l'intérêt, à la fois, des salariés et de l'entreprise," a déclaré le comité d'entreprise.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan clame que le syndicat mondial partage la colère de ses deux affiliés allemands :

"L'annonce par Continental de la fermeture du site d'Aix-la-Chapelle et de la suppression de 30.000 emplois dans le monde, dont 13.000 en Allemagne, est une trahison. L'État allemand a suffisamment soutenu les entreprises pendant la crise du Covid et il est totalement inacceptable qu'elles profitent de l'occasion pour délocaliser vers des pays à bas salaires."

Grève nationale en Indonésie pour stopper la controversée loi omnibus

Lors d’une conférence de presse tenue ce 28 septembre, les dirigeants de la Confédération des syndicats indonésiens (KSPI), de la Confédération générale des syndicats de travailleurs indonésiens (KSPSI AGN), de KSPSI Yorrys et du Mouvement national de protection sociale (GEKANAS) ont demandé au parlement et au gouvernement de ne pas adopter ce 8 octobre le projet de loi omnibus.

Le Président de la KSPI, Said Iqbal a indiqué :

“Cinq millions d’adhérents syndicaux de 30 provinces et 300 villes ou districts vont arrêter le travail et se joindre à une grève nationale pacifique de trois jours. À partir du 29 septembre, nous organiserons des manifestations permanentes devant le Parlement et le Ministère de la coordination des affaires économiques.

Nous n’avons pas l’intention d’aggraver la situation de la Covid-19, mais nous sommes obligés d’entreprendre des actions publiques, car le gouvernement n’a pas accepté les revendications des travailleurs lors des délibérations concernant le projet de loi omnibus.”

Déçus par les propositions du gouvernement, les syndicats affirment que si le projet de loi omnibus est mis en œuvre, les dispositions relatives à l’externalisation seront assouplies sans restrictions quant à la durée du contrat et au type de professions concernées. Faire travailler toute une vie en sous-traitance deviendra possible.

Les syndicats ont critiqué les tentatives du gouvernement de modifier les règles relatives au salaire minimum et aux indemnités de licenciement, en réduisant légèrement le taux tout en insérant des clauses de formation.

“Nous sommes en fait d’accord avec le gouvernement pour réviser les règles afin de faciliter les investissements, mais les droits et avantages des travailleurs protégés par la loi sur la main-d’œuvre de 2003 ne doivent pas pour autant être réduits. Les syndicats sont préoccupés par les dispositions qui rendent non seulement les embauches très faciles, mais aussi les licenciements ; les congés seront également affectés.

Ces propositions mettront en péril le bien-être des travailleurs et travailleuses en Indonésie,”

a précisé Iqbal.

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a indiqué :

“IndustriALL est solidaire de ses affiliés qui luttent contre ce projet de loi omnibus. Nous demandons au gouvernement de retirer immédiatement du projet de loi controversé le bouquet de dispositions qui affecte négativement le monde du travail. Le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur la lutte contre la Covid-19 et empêcher les licenciements massifs dans le pays.”

Bangladesh : victoire syndicale sur la réintégration de travailleuses de la confection enceintes

La pandémie de Covid-19 a profondément affecté l’industrie de la confection au Bangladesh. Un grand nombre de travailleurs et travailleuses ont été licenciés et certaines entreprises ont eu recours à la pandémie comme prétexte.

Lorsque les dirigeants d’Adams Apparels ont découvert à l’occasion d’un contrôle médical interne que certaines de leurs salariées étaient enceintes, ils ont procédé à leur licenciement, une par une, en mai et juin de cette année.

La BGTLWF, affiliée à IndustriALL, a déposé une plainte au nom des travailleuses auprès de l’Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), demandant son intervention.

Après des négociations approfondies entre la BGMEA, Adams Apparels et la BGTLWF, l’employeur et le syndicat sont parvenus à un accord et ont signé un protocole d’entente. En vertu de celui-ci, les travailleuses enceintes doivent recevoir une indemnisation et être réintégrées.

Au 20 septembre, chaque travailleuse enceinte concernée a reçu 25.000 takas (289 dollars). Il a également été convenu que ces femmes reprendront leurs tâches normales, dès qu’elles se sentiront en mesure de revenir au travail après avoir accouché.

Kutubuddin Ahmed, Président de la BGTLWF, a déclaré :

“Il s’agit d’une importante victoire, surtout si l’on considère les défis auxquels les travailleurs et travailleuses ont été confrontés pendant la Covid-19. Malgré tous nos efforts, c’est une bataille ardue que d’obtenir la mise en œuvre des droits des travailleurs et travailleuses légalement prévus, comme celui aux allocations de maternité.

Nous avons signé ce protocole d’entente afin d’apporter une aide rapide et de garantir la sécurité d’emploi de ces travailleuses enceintes. Nous espérons que, malgré ses limites, cet accord aura un effet dissuasif et garantira que les employeurs respectent le droit des travailleuses aux prestations en matière de maternité.”

La grève continue à El Cerrejón en Colombie

Sintracarbón, qui est affilié à IndustriALL Global Union, s'oppose à ce changement qui supprimerait 2.500 emplois directs et indirects. D'après le président de Sintracarbón, Igor Díaz, la décision a été prise sans consulter le syndicat, ce qui est contraire à la législation colombienne.

"Nous poursuivons la grève parce que la direction veut absolument supprimer des prestations qui ont toujours figuré dans notre convention collective, et elle veut aussi appliquer un système de rotation des équipes qui aura des conséquences sur la santé des travailleurs,"

a-t-il déclaré.

Avec ce nouveau système, qualifié de "mortel" par les mineurs, ceux-ci devront travailler 72 jours de plus par an sans hausse de salaire. Ils passeront directement de l'équipe de jour à l'équipe de nuit sans temps de repos dans un cycle de sept jours, et aucun transport ne sera assuré pour les reconduire à leur domicile entre les postes. Ce changement va détruire la vie de famille, provoquer l'épuisement des travailleurs et, à terme, accroître les accidents du travail.

La direction prétend que ce changement est nécessaire pour la survie financière de la mine et qu'il n'est pas négociable. Pour Sintracarbón, l'entreprise tente de réduire les prestations prévues dans la convention collective pour financer les indemnités qui devront être versées aux travailleurs qui seront licenciés avec l'application du nouveau système.

Le ministère du Travail a sommé les parties de dialoguer pour sortir de ce conflit, mais El Cerrejón n'a pas réagi. Le syndicat est disposé à entamer un dialogue tripartite, mais l'entreprise ne veut pas de l'intervention du gouvernement.

À sa réunion du 25 septembre, le Réseau syndical mondial de Glencore a exprimé sa solidarité avec les adhérents de Sintracarbón et appelé Glencore à exhorter El Cerrejón à reprendre la négociation et rechercher une solution qui convienne aux travailleurs, à la communauté, à l'entreprise et au pays.

 

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Il est inacceptable qu'El Cerrejón utilise les travailleurs pour réduire ses coûts, en exigeant d'eux d'énormes concessions qui dégraderont leurs conditions de travail, notamment avec ce système de pauses inhumain. La grande famille d'IndustriALL Global Union soutient cette grève pour la justice, l'égalité et la dignité. Sintracarbón peut compter sur notre soutien pour faire que la justice règne sur le lieu de travail.

"Comme le demandent les travailleurs, El Cerrejón doit revenir à la table des négociations pour trouver des solutions qui conviennent à tous. Sinon, IndustriALL continuera à intervenir auprès de ses clients et de ses principaux actionnaires."

El Cerrejón produit du charbon destiné à l'exportation pour des producteurs d'électricité du monde entier. 

Les métallos indonésiens condamnent des licenciements illégaux chez PT Jui Shin

En mai 2020, PT Jui Shin Indonesia (PTJSI), un fabricant de carreaux de céramique de la province de Sumatra du Nord, a annoncé des licenciements pour cause de baisse de ses bénéfices pendant la pandémie de Covid-19. Ces licenciements décidés unilatéralement violent la Loi sur la main-d’œuvre n° 13 de 2003 qui dispose que tout licenciement doit être précédé d'une négociation avec le syndicat.

Pour protester contre le refus de la direction de négocier, le personnel s'était mis en grève le 11 mai et, quelques jours plus tard, en représailles, l'entreprise licenciait 197 personnes, dont tous les membres du FSPMI siégeant au comité local.

Les sections locale et provinciale du syndicat ont porté plainte auprès de l'administration du travail du district de Sumatra du Nord. Elles dénonçaient l'absence de réaction de l'administration aux demandes du syndicat.

Les travailleurs et leur syndicat ont organisé plusieurs actions de protestation, dont une le 12 septembre lorsque 30 travailleurs licenciés par PTJSI ont organisé un “sleep-in” dans la zone industrielle proche de leur entreprise. Le message envoyé ainsi dénonçait la mort de la législation du travail.

Le président de la FSPMI, Saïd Iqbal, a déclaré :

“Nous demandons au ministre de la Main-d’œuvre de rencontrer les travailleurs et de trouver une solution au conflit. Le gouvernement doit faire appliquer la législation du travail et agir avec fermeté contre PTJSI. Le fait est que le Covid-19 encourage les employeurs à violer la loi et à s'attaquer aux syndicats.

“Depuis février, pas moins de 3.121 adhérents de la FSPMI ont été licenciés, près de dix mille ont été mis en congé sans salaire ou avec salaire partiel ou ont vu leurs contrats résiliés. Cette crise de l'emploi est dramatique. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement de se concentrer sur le problème des licenciements en masse plutôt que sur un projet de loi fourre-tout.”

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL Global Union, a écrit à l'entreprise en ces termes :

“Nous sommes scandalisés d'apprendre que votre entreprise a refusé de se soumettre à l'obligation légale de négocier préalablement avec le syndicat local de la FSPMI et a licencié 197 travailleurs en mai 2020. Il s'agit d'une violation flagrante de la Loi sur la main-d’œuvre n° 13 de 2003 et qui contrevient gravement au respect de la légalité en Indonésie.

“Nous exhortons PT Jui Shin Indonesia à réintégrer immédiatement les 197 travailleurs licenciés en mai 197 avec versement intégral de leurs salaires, prestations et sans perte d'ancienneté.”