Kumho Tire a enfreint la loi pour s’en prendre au syndicat

Le NLRB a confirmé une décision selon laquelle Kumho Tire a illégalement menacé les travailleurs et exercé une contrainte sur eux pour les dissuader de rejoindre l’USW lors d’une campagne de syndicalisation en 2017. Le Conseil a ordonné à l’entreprise de convoquer une réunion à l’échelle de l’usine et de lire une déclaration détaillée qui reconnaît la conduite illégale de l’entreprise et donne son engagement à respecter à l’avenir les droits des travailleurs.

Cette décision est le dernier avatar au niveau d’une longue campagne antisyndicale menée par la multinationale coréenne dans son usine de Géorgie. En 2017, l’entreprise a licencié un dirigeant syndical et intimidé les travailleurs, ce qui a conduit l’USW à perdre de justesse un scrutin de reconnaissance syndicale.

L’entreprise a employé à plein temps sept personnes en vue de casser le syndicat et a dépensé des centaines de milliers de dollars pour s’en prendre à lui. En 2019, un juge a statué qu’un nouveau scrutin devait être organisé en raison de la conduite illégale de l’entreprise. Les travailleurs ont ensuite voté pour être représentés par le syndicat, le NLRB ayant validé un résultat de 141-137 en faveur de l’USW, mais l’entreprise a fait opposition, ce qui continue à retarder la certification des résultats de ce scrutin.

Les affiliés du secteur du caoutchouc d’IndustriALL ont mené des actions de solidarité à plusieurs reprises pour soutenir la campagne de syndicalisation des Métallos USW.

La direction de Kumho Tire devrait maintenant reconnaître l’USW comme partenaire social représentant ses salariés et entamer des négociations collectives. Cependant, l’entreprise s’engage plutôt sur d’autres voies juridiques pour s’opposer à la volonté des travailleurs.

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur du caoutchouc, Tom Grinter, a déclaré :

“Kumho Tire a gaspillé une fortune pour engager des personnes chargées de casser le syndicat et mener des batailles juridiques. La direction aurait pu investir cet argent dans son entreprise, mais au lieu de cela, elle a choisi de le dépenser en s’attaquant à sa main-d’œuvre loyale. Elle a échoué. Même dans le contexte antisyndical qui prévaut actuellement aux États-Unis, les infractions ont été si flagrantes que les tribunaux et le NLRB se sont prononcés à chaque fois en faveur du syndicat.

Il est temps pour l’entreprise de tirer les leçons de cet épisode désastreux et de prendre les mesures nécessaires pour établir de bonnes relations de travail avec le syndicat.”

Mizuno

Mizuno produit principalement des produits relatifs au sport comme des vêtements, des clubs de golf ainsi que des chaussures pour athlètes entre autres choses.

Le Président de la FITTHC, Hisanobu Shimada, et son Secrétaire général, Klaus Priegnitz, sont d’avis que cet accord, qui affirme l’engagement de toutes les parties signataires à la mise en œuvre des conventions fondamentales de l’OIT est un pas en avant vers la protection des intérêts des travailleurs du textile de par le monde.

Les travailleurs du nucléaire unissent leurs forces

Dans sa déclaration inaugurale, Valeriy Matov, vice-coprésident du secteur de l'énergie d'IndustriALL en charge du nucléaire et président du syndicat ukrainien Atomprofspilka, a dit :

"L'énergie ne peut être produite qu'en temps réel et nous avons continué à travailler et produire de l'énergie pendant la pandémie. La distanciation sociale n'est pas toujours possible sur le lieu de travail et, en tant que syndicats, nous devons veiller au respect de la santé et de la sécurité."

Alors que le Covid-19 reprend dans de nombreuses parties du monde, les participants se sont échangé des bonnes pratiques au travail ainsi que des mesures spécifiques prises par des syndicats. En Ukraine, certains ont acheté des équipements de protection individuelle, au Japon, ils ont coopéré avec des parlementaires au sein de l'organisation et sensibilisé le conseil national à la situation et, en France, les syndicats se sont efforcés de garder le contact avec leurs adhérents.

"En dépit de l'incertitude des politiques de nombreux pays en matière d'énergie nucléaire, le secteur reste stable,"

a déclaré Diana Junquera Curiel.

"Mais nous devons continuer à nous réunir, ne fût-ce que virtuellement, pour apprendre des autres et échanger nos expériences."

Les participants ont parlé de la chaîne d'approvisionnement mondiale de l'industrie nucléaire. Le directeur d'IndustriALL pour l'industrie minière, Glen Mpufane, et celui des industries mécaniques, Matthias Hartwich, participaient à la réunion et ont expliqué le rôle de leurs secteurs respectifs et leur interaction dans la chaîne de valeur.

Dans un avenir proche, le réseau invitera des syndicats de l'extraction de l'uranium et des industries mécaniques afin d'essayer d'obtenir, tout au long de la chaîne d'approvisionnement, les mêmes conditions que celles des travailleurs du nucléaire.

Brian Kohler, le directeur d'IndustriALL en charge de la santé et la sécurité, a parlé de l'incidence du Covid-19 sur le lieu de travail et de l'importance des droits des travailleurs dans la santé et la sécurité : "la santé et la sécurité doivent se faire avec nous, pas sans nous."

Pour clore, le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a insisté sur la nécessité d'un système équitable pour les travailleurs :

"La santé et la sécurité sont au centre de l'action syndicale et les solutions ne viennent pas toutes seules. Nous devons lutter ensemble. IndustriALL restera une plateforme permettant aux travailleurs d'échanger leurs expériences, il continuera aussi à faire partie des organisations intergouvernementales."

IndustriALL a publié plusieurs guides pour aider les travailleurs et les syndicats : Conseils aux travailleurs et aux employeurs, ainsi qu'un guide sur la reprise du travail en sécurité avec la levée du confinement.

Plan historique de Transition juste pour abandonner progressivement l’exploitation du charbon en Pologne

L’accord a été conclu moins de dix jours après l’annonce ambitieuse de la Commission européenne d’obtenir une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, sur la base des niveaux de 1990, avec pour objectif final que l’UE devienne neutre sur le plan climatique d’ici 2050.

Dans le cadre de ces négociations, les parties sont convenues d’élaborer un accord social d’ici le 15 décembre 2020, qui réglementera le fonctionnement du secteur de l’extraction de la houille du pays. L’accord sera présenté à la Commission européenne pour approbation afin de garantir l’accès au financement public et de pouvoir mettre en œuvre le plan social.

Entre autres choses, l’accord encourage l’investissement dans des projets de production d’énergie à zéro ou faible émission de carbone, crée une société pour le développement et l’application de technologies propres pour le charbon et finance la fermeture de la production de houille dans les différentes mines d’ici fin 2049. Le calendrier de fermeture des différentes mines fait également partie de l’accord.

Jarosław Grzesik, Président de NSZZ Solidarnosc SGIE, affilié à IndustriALL Global Union, a participé aux négociations et se montre prudent quant au texte final de l’accord. Les principales préoccupations du syndicat concernent l’échéance de la fermeture des mines en 2049.

Selon le syndicat, le plan initial de la Pologne était d’avoir sa propre trajectoire vers la neutralité climatique, à atteindre d’ici 2060. Certaines mines auraient pu rester opérationnelles jusqu’à cette date.

Grzesik attire l’attention sur les lacunes de l’accord, en particulier sur le fait qu’il ne couvre que la région de Silésie. L’accord prévoit la modernisation des centrales électriques de Łaziska et de Rybnik, mais aucun projet n’a été annoncé concernant d’autres centrales électriques.

Grzesik a fait ce commentaire :

“Cet accord s’applique uniquement à la houille et les solutions incluses dans les hypothèses de la politique énergétique polonaise affecteront également d’autres industries, à savoir les mines de lignite, l’énergie, la métallurgie, les cimenteries, la sidérurgie, l’industrie automobile et tous les secteurs à forte intensité énergétique. Un autre accord social est maintenant important pour d’autres industries qui seront rendues obsolètes par suite de la politique climatique de l’Union européenne.”

NSZZ Solidarnosc SGIE estime que la politique climatique de l’Union européenne est dangereuse pour la Pologne, car les ressources consacrées à la transformation juste ne sont malheureusement pas suffisantes et les solutions proposées n’auront pour résultat que la destruction d’emplois, ce qui n’a rien à voir avec le concept de Transition juste. Il est prévu de construire une usine de voitures électriques et une usine d’installations photovoltaïques en Silésie, mais selon le syndicat, celles-ci ne généreront que quelques milliers d’emplois, tandis que plusieurs millions de citoyens polonais perdront leur emploi dans les industries à forte intensité énergétique et dans l’industrie minière.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL a fait pour sa part ce commentaire :

“IndustriALL soutient fermement son affilié NSZZ Solidarnosc SGIE et les autres syndicats polonais impliqués dans cette décision de relever les défis du changement climatique et de signer un accord définissant l’avenir de la politique énergétique nationale. IndustriALL Global Union soutient les objectifs de l’accord de Paris, mais nous insistons pour que tous les travailleurs et travailleuses touchés par la transformation industrielle soient complètement protégés, financièrement et socialement, par un processus de Transition juste.”

Le modèle d’IndustriALL concernant la transition vers une économie plus propre, plus durable, qui soit économiquement et socialement juste et équitable pour les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs communautés de vie est défini dans la position prise par IndustriALL sur la Transition juste.

Levée de boucliers contre le vote d'une loi fourre-tout en Indonésie

Les travailleurs ont quitté leurs usines en chantant leur hymne "Vivent les travailleurs". Ils portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Le parlement n'est plus", "Une loi fourre-tout tue l'avenir de nos petits-enfants" et "La colonisation est finie, mais la colonisation des travailleurs commence".

 

La grève nationale des 6, 7 et 8 octobre était organisée par la Confédération des syndicats indonésiens (KSPI), la Confédération générale des syndicats de travailleurs indonésiens (KSPSI AGN), de KSPSI Yorrys, de la Confédération des travailleurs unis d'Indonésie (KPBI) et du Mouvement national de protection sociale (GEKANAS). Sept affiliés d'IndustriALL Global Union avaient mobilisé leurs adhérents pour se joindre à la grève.

Le président de la KSPI et de la FSPMI, Saïd Iqbal, a déclaré :

"Deux millions de travailleurs affiliés à la KSPI participeront à la grève nationale pour rejeter la loi fourre-tout. Nous répétons que cette loi porte gravement atteinte aux droits des travailleurs. Elle supprimera le salaire minimum sectoriel et municipal, réduira les primes de licenciement et accroîtra la flexibilité du travail.

"Le gouvernement ne peut pas modifier les mesures de protection actuelles, inscrites dans la Loi sur la main-d’œuvre de 2003, en particulier les dispositions sur les licenciements, les sanctions pénales contre les employeurs et l'emploi de travailleurs étrangers."

La présidente de la Confédération syndicale panindonésienne (KSBSI), Elly Rosita Silaban, a déclaré :

"Les actions menées par les travailleurs viennent de ce que le gouvernement ne comprend pas la situation des travailleurs pendant la pandémie. En outre, la nouvelle loi dégrade les droits des travailleurs en éliminant la plupart de leurs acquis. Les enjeux sont essentiels, en premier lieu les salaires, les contrats d'emploi, l'externalisation et les primes de licenciement. Nous nous y opposons et j'espère que le Président pourra la faire retirer. Nous avons préparé un recours demandant sa révision par la Cour constitutionnelle s'agissant des articles contraires à la loi."

À la veille de la grève nationale, le Conseil des Syndicats mondiaux a publié une déclaration commune appelant le Président indonésien Joko Widodo à abroger la loi multiple et à renégocier avec les syndicats. Il prie instamment le gouvernement de veiller à ce que toute législation future ne réduise pas les droits et les prestations garantis par la Loi sur la main-d’œuvre.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

"Depuis la dernière crise mondiale, 27 pays au moins ont réformé d'une manière ou d'une autre le droit du travail, prétendant à tort qu'un abaissement des coûts de main-d’œuvre attirerait les investisseurs étrangers. En réalité, cela n'a servi qu'à précariser le travail. Nous ne voulons pas que cela se passe en Indonésie.

"IndustriALL vous félicite pour avoir pris l'initiative de cette grève nationale. Nous sommes solidaires de votre action. Nous vous souhaitons de réussir."

Des informations font état d'arrestations et de violences policières contre des syndicalistes. IndustriALL enquête sur ces cas.

Afrique du Sud : les fédérations syndicales unies dans la grève nationale

La grève nationale du 7 octobre, qui coïncidait avec la Journée mondiale pour le travail décent, a été organisée par le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) avec le soutien des autres principales fédérations : la Fédération des syndicats d’Afrique du Sud (FEDUSA), la Fédération sud-africaine des syndicats (SAFTU) et le Conseil national des syndicats (NACTU).

Les cinq affiliés d’Afrique du Sud d’IndustriALL Global Union appartiennent à trois de ces fédérations. L’addition des membres de l’ensemble de ces fédérations représente des millions de travailleurs. Les syndicats affirment qu’il faut avoir recours à la loi pour lutter contre la corruption par le biais de poursuites judiciaires et que des stratégies de lutte contre cette corruption devraient être mises en place.

Les syndicats veulent que la violence sexiste cesse et que le gouvernement ratifie la Convention n° 190 sur la lutte contre la violence et le harcèlement au travail et élabore un plan de mise en œuvre. L’écart de rémunération entre les sexes doit également être comblé.

En matière de santé et de sécurité, les syndicats veulent que les employeurs respectent le droit du travail et n’en laissent pas la charge aux travailleurs et à leur famille.

Les pétitions présentées par les syndicats demandaient au gouvernement d’agir pour empêcher les licenciements après la perte de plus de deux millions d’emplois lors du confinement de la Covid-19, qui a débuté en mars. Ces licenciements, qui ont été importants dans des secteurs comme celui de l’exploitation minière, sont venus alourdir un taux de chômage déjà élevé. Selon les statistiques sud-africaines, le taux de chômage a atteint 42 %, en incluant les personnes qui ont renoncé à chercher un emploi.

Les syndicats affirment qu’il y a une attaque contre le principe des négociations collectives et demandent que des articles du droit du travail soient modifiés pour obliger les employeurs à s’y conformer. En outre, les employeurs ne favorisent pas le dialogue social mais ignorent au contraire le droit du travail et les conventions existantes.

Joseph Montisetse, Président du Syndicat national des mineurs (NUM), a déclaré que les syndicats étaient choqués par “la corruption impliquant la Caisse d’assurance chômage et le programme d’aide temporaire aux employeurs et aux salariés, qui étaient censés bénéficier aux travailleurs licenciés et aux employeurs qui étaient en difficulté financière à cause de la Covid-19”. Certains employeurs ont réclamé les fonds de secours de la Covid-19 mais ne les ont pas versés aux travailleurs et ont depuis été arrêtés pour fraude.

Irvin Jim, Secrétaire général du Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud (NUMSA) a pour sa part déclaré : “Les employeurs ne sont pas passé à côté de la crise imposée par la Covid-19 et le confinement, ils l’ont utilisée pour attaquer les rémunérations des travailleurs et travailleuses en imposant unilatéralement des réductions de salaires de 20 à 25 %, sans consulter le syndicat”. Mais les syndicats ripostent.

Dans le cadre de la grève nationale, le Syndicat des travailleurs du textile et de l’habillement d’Afrique du Sud (SACTWU) a organisé un piquet de grève devant les bureaux du détaillant de vêtements Cape Union Mart à Johannesburg, exigeant que l’employeur respecte les conventions collectives signées et cesse de recourir aux menaces et à l’intimidation pour contraindre les travailleurs et travailleuses à signer de nouveaux contrats inférieurs à ceux existants.

André Kriel, Secrétaire général du SACTWU, a déclaré :

“La grève du COSATU est importante, car elle est fédératrice. Elle confirme concrètement que tous les travailleurs et travailleuses sud-africains, quelle que soit leur affiliation à une fédération syndicale, sont parfaitement conscients des problèmes fondamentaux qu’ils doivent combattre dans la conjoncture actuelle : la corruption dans les secteurs public et privé, les pertes d’emplois, les attaques contre les négociations collectives et la violence fondée sur le sexe.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a déclaré :

“Nous sommes solidaires des millions de travailleurs et travailleuses sud-africains qui luttent pour l’emploi, contre la violence sexiste et pour la protection des négociations collectives. Ces questions sont au cœur des activités syndicales et les employeurs ne doivent pas avoir la possibilité de détruire ce que le mouvement syndical a engrangé au cours d’années de lutte.”

Les syndicats indiens se mobilisent pour une grève nationale

Les 22 et 23 septembre, alors que les partis d'opposition boycottaient le parlement et protestaient contre un projet de loi hostile aux fermiers, le gouvernement Modi a voté trois codes du travail sans véritable débat.

Lors d'une convention nationale, le 2 octobre, les dirigeants des syndicats INTUC, AITUC, HMS, CITU, AIUTUC, TUCC, SEWA, AICCTU, LPF, UTUC et de fédérations et associations indépendantes ont appelé à la grève nationale en soulignant les moyens peu démocratiques utilisés pour faire passer des changements à la législation du travail lourds de conséquences, ainsi que la faiblesse de la réaction du gouvernement aux conséquences tragiques du confinement du Covid-19 sur la vie des gens.

Sanjeeva Reddy, le président du Congrès syndical national indien (INTUC), déclare :

"Le confinement du Covid-19 a fait basculer dans la misère des millions de travailleurs qui ont perdu leur moyen de subsistance. Le gouvernement Modi est un des gouvernements les plus hostiles aux travailleurs que l'Inde ait jamais eus, et sa conception du bien-être des travailleurs est pire que celle de l'ère coloniale. Les normes et principes démocratiques et constitutionnels reconnus ne sont pas respectés. Nous devons livrer un combat incessant."

Les dirigeants syndicaux s'inquiètent de l'impact du confinement du Covid-19, parce des millions de travailleurs ont perdu leur moyen de subsistance et des centaines de milliers sont rentrés en Inde après avoir perdu leur emploi à l'étranger. Bien que certaines usines aient repris leurs activités, on est loin de la situation antérieure à la pandémie.

Le gouvernement Modi a été incapable de mettre en place des mesures d'aide crédibles et il refuse d'entamer des consultations dignes de ce nom.

En réaction, les dirigeants syndicaux appellent les travailleurs à se mobiliser le 26 novembre, avec des revendications allant des versements mensuels en espèces aux ménages pauvres, à des rations alimentaires gratuites, au retrait des lois hostiles aux fermiers et des codes hostiles aux travailleurs, à l'arrêt de la privatisation du secteur public et à l'arrêt de la transformation en entreprises publiques d'infrastructures manufacturières et d'institutions de services du secteur public telles que les chemins de fer et les ports.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan déclare :

"Les syndicats indiens s'opposent avec véhémence aux changements à la législation du travail et à une privatisation inconsidérée des entreprises du secteur public. Nous appelons le gouvernement indien à cesser de tourner le dos aux travailleurs et à consulter les organisations syndicales pour trouver des solutions à ces sujets de préoccupation. Avec d'autres syndicats mondiaux, IndustriALL affirme sa solidarité avec le mouvement syndical indien."

La campagne syndicale entraîne des améliorations du droit du travail géorgien

L’Accord d’association entre la Géorgie et l’Union européenne de 2014 a introduit un régime commercial préférentiel pour la Géorgie et a établi une liste de priorités pour garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il s’agit notamment d’aligner davantage le code du travail sur les normes de l’OIT, de définir les fonctions de supervision des inspections du travail et de supprimer les restrictions actuelles aux responsabilités des inspecteurs.

Le Parlement géorgien a approuvé un certain nombre d’amendements à la loi sur le travail, le principal concernant les changements relatifs à l’élargissement du mandat de l’inspection du travail.

Jusqu’à présent, l’inspection du travail ne vérifiait que les infractions à la sécurité au travail et devait avertir préalablement de sa visite ou avoir un mandant d’un tribunal pour avoir accès à un site.

Cette exigence est supprimée avec les modifications et les inspections du travail superviseront tous les droits du travail en Géorgie, identifieront les infractions, avertiront et sanctionneront les employeurs, ou dans certains cas, suspendront temporairement les activités en raison de droits du travail mal appliqués. L’entrée en vigueur est au 1er janvier 2021.

Les autres amendements approuvés qui concernent le code du travail comprennent de nouvelles dispositions concernant la non-discrimination et l’égalité des sexes, le temps de repos quotidien et hebdomadaire obligatoire ainsi qu’une meilleure protection des stagiaires, des travailleurs à temps partiel, des femmes enceintes et des nouvelles mères.

Tamaz Dolaberidze, Président du Syndicat des travailleurs de la métallurgie, des mines et de l’industrie chimique de Géorgie, fait ce commentaire :

“Ces amendements définissent le concept de transfert d’entreprise à un nouveau propriétaire et interdisent la restriction des droits des travailleurs à l’occasion de ce transfert ; tous les contrats de travail restent valables et toute convention collective reste en vigueur pendant au moins un an.”

Malgré de nombreux amendements positifs qui amélioreront les droits des travailleurs en Géorgie, certaines des propositions des syndicats ont été retirées sous la pression des entreprises, comme la proposition de fixer le taux des heures supplémentaires à 125 % et le droit pour les travailleurs de mener des grèves de solidarité avec ceux d’autres entreprises. La loi ne définit toujours pas le concept et le montant d’un salaire minimum.

Amiran Zenaishvili, Président du Syndicat géorgien des travailleurs de l’énergie, a déclaré :

“Ces amendements prévoient la possibilité pour un mineur de moins de 14 ans de travailler, mais le temps de travail n’a pas été fixé. On ne précise pas ce que sont des motifs clairs pour une cessation d’emploi, car le code du travail comporte la formulation « en d’autres circonstances objectives ».”

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a indiqué :

“IndustriALL salue les amendements positifs apportés au droit du travail géorgien et félicite les syndicats ainsi que les travailleurs et travailleuses pour cette réalisation. Il est important de veiller à ce que ces changements soient mis en œuvre et que les travaux se poursuivent pour apporter d’autres améliorations, notamment un salaire minimum, afin d’aligner davantage les droits des travailleurs et travailleuses de Géorgie sur les normes fondamentales de l’OIT.”

Les mineurs d'El Cerrejón tiennent bon; soutenez-les !

Les membres de notre affilié Sintracarbón ont entamé leur cinquième semaine de grève au charbonnage  d'El Cerrejón, en Colombie.

Le président du syndicat, Igor Diaz, fait le point sur la grève dans une interview donnée ce lundi à la radio

La négociation collective a été interrompue avec le confinement du Covid-19. Lorsqu'elle a repris à l'été, El Cerrejón a unilatéralement annoncé un changement radical du système de pauses, sans avoir consulté le syndicat et violant ainsi la loi colombienne. Le nouveau système, qualifié de "mortel" par les mineurs, entraînera la perte de 2.500 emplois directs et indirects et obligera les mineurs à travailler 72 jours de plus par an pour le même salaire.

Les membres de Sintracarbón ont voté la grève pour riposter à cette attaque contre leurs conditions d'emploi. Le ministère du Travail colombien a proposé sa médiation pour rechercher une sortie à la grève, mais la direction a boycotté la procédure. La mine est la propriété de trois multinationales, AngloAmerican, BHP et Glencore, qui ont refusé d'intervenir. IndustriALL leur a écrit plus d'une fois pour leur demander d'assumer leurs responsabilités dans cette crise.

IndustriALL a aussi écrit à des clients d'El Cerrejón – de grandes compagnies énergétiques d'Europe et de Turquie, dont Vattenfall et Engie – pour leur demander d'assumer leur devoir de diligence face aux violations des droits des travailleurs commises par El Cerrejón. En outre, IndustriALL contacte des investisseurs institutionnels des trois multinationales minières, des fonds de pension notamment, pour les mettre au courant de la situation.

Les travailleurs de Sintracarbón ont besoin de votre soutien. Veuillez signer la pétition de LabourStart pour dire à El Cerrejón de revenir à la table des négociations.

#VictoireSyndicale avec réintégration dans le secteur de la confection

En mai, Glory Fashion a licencié trois dirigeants syndicaux, les accusant d’avoir violé leurs contrats de travail. Les dirigeants syndicaux ont déclaré qu’il s’agissait d’une chasse aux sorcières syndicale, car les licenciements ont eu lieu après que les travailleurs de Glory Fashion ont créé une section locale de la Fédération des travailleurs industriels du Myanmar (IWFM).

Dans les semaines qui ont suivi la création de la section syndicale locale, la direction de l’usine a harcelé les familles ses dirigeants. Ils rendaient visite à leurs parents dans des régions reculées du Myanmar, les menaçant d’y faire revenir leurs enfants. Des hommes de main ont également été utilisés pour intimider les dirigeants syndicaux.

Immédiatement après les licenciements, l’IWFM a renvoyé l’affaire devant l’organe de conciliation du canton, qui a jugé que les trois dirigeants syndicaux n’avaient pas violé leurs contrats de travail et a ordonné à l’entreprise de les réintégrer.

Glory Fashion ayant refusé d’accepter la décision, l’IWFM a transmis la plainte à l’organe d’arbitrage, qui a rendu la même décision, que l’employeur s’est obstiné à refuser de respecter. N’abandonnant pas, le syndicat a renvoyé l’affaire devant le Conseil d’arbitrage, où l’employeur a eu gain de cause.

Pour tenter de résoudre le problème, le détaillant de mode irlandais Primark, qui s’approvisionne à l’usine, a engagé des négociations avec Glory Fashion et l’IWFM. Les trois dirigeants syndicaux ont été réintégrés le 1er octobre avec un salaire rétroactif complet et les prestations sociales afférentes.

Le Président de l’IWFM, Khaing Zar, a indiqué que le soutien de Primark a été important pour parvenir à un accord avec l’employeur.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur textile, a déclaré :

“Il s’agit là d’un nouvel exemple de la manière dont le mécanisme de règlement des litiges ACT, développé dans le cadre des Principes directeurs sur la Liberté syndicale, s’avère efficace pour garantir le respect des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses.”