Les travailleurs-ses de la confection en Turquie dénoncent harcèlement et pratiques antisyndicales
La rencontre présentait une affiche frappante détaillant les abus auxquels les travailleurs et travailleuses sont confrontés quotidiennement : “Harcèlement moral, violence psychologique, bizutage, pression, intimidation, harcèlement au travail, harcèlement sexuel, licenciement abusif, discrimination, insultes, pratiques sur le lieu de travail contraires à la dignité humaine et à la dignité des femmes”. Selon TEKSİF, affilié d’IndustriALL, ces expressions reflètent les expériences réelles et permanentes rapportées par des centaines de travailleurs et travailleuses de Digel, en particulier des femmes, sur une période de plusieurs années.
Ces révélations, basées sur des dizaines de témoignages de travailleurs et travailleuses, pour la plupart des femmes, sont décrites par TEKSİF comme révélatrices d’une image inquiétante de la vie à l’intérieur de l’usine. Le rapport récemment publié par le syndicat détaille les allégations de harcèlement moral, de violence psychologique, de harcèlement sexuel, de licenciements abusifs et de discrimination fondée sur le genre qui, selon lui, se sont intensifiées depuis que les travailleurs et travailleuses se sont syndiqués en janvier 2025.
La conférence de presse a souligné que le 17 janvier 2025, après que les travailleurs et travailleuses aient protesté contre les bas salaires et les conditions de travail dégradantes, Digel a licencié quatre membres dirigeants du syndicat sans indemnité de licenciement le jour même où ils ont rejoint TEKSİF et obtenu la reconnaissance officielle du ministère du Travail. D’autres licenciements ont suivi les 6 février et 13 juin, portant à 15 le nombre total de membres licenciés pendant le processus de syndicalisation.
Le rapport fait état de cas inquiétants, notamment :
Des dirigeants auraient dit à des femmes “de ne pas tomber enceintes”, exigé des échographies pour “prouver” leur grossesse et même fait des commentaires dégradants sur le corps des femmes.
Des femmes se seraient vu refuser l’accès aux toilettes pendant leurs règles ou auraient été humiliées publiquement pour avoir demandé des pauses.
Le harcèlement sexuel par des responsables et des collègues, aurait été ignoré, voire perpétré, par les superviseurs.
Des actes de harcèlement moral et des insultes verbales visant les femmes qui auraient résisté à l’intimidation.
TEKSİF a souligné que ces témoignages portent sur environ sept ans et ne constituent pas des incidents isolés, mais reflètent une culture persistante sur le lieu de travail où les femmes sont victimes de violence, de discrimination et d’humiliation fondées sur le sexe. Le syndicat a déclaré que les plaintes sont souvent restées sans suite et que, dans certains cas, les auteurs ont été récompensés plutôt que sanctionnés.
Depuis janvier, Digel a licencié sans indemnité 15 membres du syndicat, dans le cadre de ce que TEKSİF qualifie de campagne délibérée visant à briser le syndicat. Bon nombre des personnes visées étaient des figures de proue de la lutte pour des salaires décents, la sécurité et la dignité au travail.
Les travailleurs et travailleuses de Digel ont fait la une des journaux en janvier lorsqu’ils ont organisé une manifestation dans l’usine pour protester contre les salaires de misère et les conditions de travail dégradantes. Le même jour, ils ont adhéré à TEKSİF et obtenu la reconnaissance officielle du ministère du Travail. Au lieu de respecter les droits des travailleurs, la direction avait lancé une vague de licenciements en représailles et intensifié le harcèlement.
Depuis près de 210 jours, les travailleurs et travailleuses licenciés manifestent avec détermination devant les portes de l’usine, dans ce que le TEKSİF décrit comme une lutte pour la réintégration et, plus largement, pour des lieux de travail sûrs, équitables et exempts de harcèlement.
Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :
“Le comportement de Digel Textile est une violation honteuse des droits des travailleurs et de la dignité humaine. Nous soutenons pleinement la lutte de TEKSİF pour mettre fin aux abus, réintégrer les travailleurs et travailleuses licenciés et garantir un lieu de travail où tant les femmes que les hommes sont traités avec respect.”
Deux travailleurs tués par une explosion dans une usine de US Steel
La cause de l’explosion fait toujours l’objet d’une enquête. Selon nos informations, les travailleurs effectuaient des tâches courantes au moment de l’accident.
L’usine Clairton Coke, qui transforme le charbon en coke, a connu plusieurs explosions au cours des dernières décennies. En 2009, un travailleur de maintenance a été tué dans une explosion et, l’année suivante, une explosion a blessé 20 travailleurs. En février de cette année, deux travailleurs ont été légèrement blessés lorsqu’un problème de batterie a provoqué une accumulation de matières combustibles qui ont pris feu.
Bernie Hall, Directeur du district 10 de l’USW, a déclaré à propos de l’accident :
“L’USW a dépêché des experts en santé et sécurité au travail et d’autres représentants à l’usine Clairton Works afin d’évaluer la situation et d’aider nos membres. Nous sommes encore en train de déterminer l’ampleur de la tragédie, mais nous savons que plusieurs personnes reçoivent des soins médicaux pour leurs blessures. Dans les jours à venir, nous travaillerons avec les autorités compétentes pour garantir une enquête approfondie et veiller à ce que nos membres reçoivent le soutien dont ils ont besoin.”
Illustration : Usine de Clairton. Crédit : Joseph, Flickr
Les jeunes d’Afrique subsaharienne revendiquent leur droit à participer à la construction de l’avenir du travail
Le comité des jeunes de la région Afrique subsaharienne, première structure régionale de jeunesse créée au sein d’IndustriALL, rassemble douze représentants et représentantes de toute la région.
“Depuis sa création, il a été un moteur dans le travail avec les jeunes, veillant à ce que leur voix soit entendue au niveau des stratégies syndicales et des débats mondiaux”,
a déclaré Sarah Flores, responsable jeunesse d’IndustriALL.
Cette année, la Journée internationale de la jeunesse a coïncidé avec les préparatifs de la réunion régionale du Comité qui se tiendra au Ghana le 1er septembre sur le thème “Adopter la technologie et l’innovation au travail”. Ce thème reflète l’engagement de longue date des jeunes syndicalistes sur l’impact des nouvelles technologies, allant d’Industrie 4.0 et du travail sur plateforme à l’intelligence artificielle, en passant par l’avenir du travail.
Depuis la pandémie, IndustriALL a été le facilitateur des discussions dans la plupart des régions sur les opportunités et les défis liés aux changements technologiques. Les jeunes travailleurs et travailleuses ont toujours revendiqué une place à la table des négociations, conscients que ces changements façonneront leur vie professionnelle pour les décennies à venir.
Cette revendication a abouti concrètement à l’inclusion de deux représentants de la jeunesse dans le groupe de travail d’experts d’IndustriALL sur Industrie 4.0, dont Dorca Norupiri, du syndicat zimbabwéen du secteur minier ZDAMWU, affilié à IndustriALL, qui représente la région Afrique subsaharienne.
La déclaration du Comité à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse met en évidence les problèmes urgents auxquels sont confrontés les jeunes travailleurs et travailleuses en Afrique subsaharienne :
Un taux de chômage élevé chez les jeunes, dont beaucoup sont piégés dans des emplois informels et précaires, sans droits ni protection sociale
Le manque de travail décent, avec un accès limité à des salaires équitables, à la sécurité de l’emploi et à des conditions de travail sûres
Les pertes d’emplois liées au climat dans des secteurs tels que l’agriculture, l’exploitation minière et l’énergie
L’exclusion des processus décisionnels dans les syndicats et les institutions du travail
Les inégalités entre les sexes qui entravent la participation égale aux postes de direction
“Malgré ces défis, les jeunes syndicalistes de la région s’organisent, innovent et poussent au changement. Ils militent pour des lieux de travail plus sûrs, l’accès au numérique, la justice de genre, des politiques adaptées au climat et un leadership inclusif. À travers des campagnes pour les compétences numériques et leur engagement actif dans la prise de décision syndicale, ils redéfinissent ce que signifie être travailleur et travailleuse au XXIe siècle”,
a déclaré Paule Ndessomin, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Afrique subsaharienne.
Alors que le Comité des jeunes pour l’Afrique subsaharienne se prépare à se réunir au Ghana, son message est clair : investir dans la jeunesse est essentiel pour construire des syndicats forts et durables, capables de faire progresser les droits des travailleurs et travailleuses, de faire face au capital mondial et de promouvoir une politique industrielle durable.
Connecter les travailleurs et travailleuses du papier à l’échelle internationale pour riposter
Lors de la réunion du réseau syndical de la pâte et du papier qui s’est tenue du 5 au 7 août à Jakarta, en Indonésie, 70 représentants syndicaux du secteur du papier venus d’Indonésie, de Thaïlande, des Philippines, de Malaisie, du Vietnam, d’Australie, de Belgique, du Brésil, de Finlande, du Japon, de Nouvelle-Zélande, de Suède, des États-Unis et d’Uruguay ont discuté des principaux défis auxquels le secteur est confronté. Initialement prévue comme une réunion régionale, cette rencontre a été ouverte aux syndicats du groupe de travail mondial du secteur afin de présenter les progrès réalisés au cours de la dernière décennie dans la mise en place d’un réseau régional puissant, en présence des coprésidents mondiaux issus de l’USW et de Pappers.
Les travailleurs et travailleuses du papier sont confrontés à une précarité généralisée de l’emploi, à des conditions de travail dangereuses et insalubres, à une sous-représentation des femmes, à des horaires de travail excessifs, à l’automatisation, à des régimes de retraite anticipée et à un attrait décroissant du secteur pour les jeunes travailleurs.
Denise Campbell-Burns, Présidente du réseau régional, a déclaré :
“Nous reconnaissons la nécessité de renforcer l’échange d’informations et la collaboration afin de gérer les relations sociales avec les entreprises mondiales face aux acquisitions agressives des multinationales. Le rôle de coordination d’IndustriALL est crucial pour rassembler les affiliés et soutenir notre secteur.”
Alors que les marchés de l’emballage et des mouchoirs en papier continuent de croître, la demande pour le papier d’impression est en baisse. Les nouvelles réglementations en matière de durabilité et la numérisation posent de nouveaux défis. Des fusions importantes, telles que l’acquisition par Suzano des activités mondiales de Kimberly-Clark dans le secteur des mouchoirs en papier, la fusion d’International Paper et de DS Smith ainsi que celle de Smurfit Kappa et WestRock, ont entraîné des fermetures d’usines et des changements d’emploi, touchant les travailleurs et travailleuses de toutes les régions.
Les syndicats se sont engagés à intensifier leurs efforts de syndicalisation en recrutant des jeunes et des travailleurs et travailleuses externalisés ainsi qu’en déployant des programmes de formation de recruteurs, une initiative conjointe du bureau d’IndustriALL pout l’Asie du Sud-Est et du syndicat allemand IG Metall.
Le syndicat japonais KAMPIA RENGO a lancé des initiatives en faveur de l’égalité des sexes afin d’augmenter le nombre de femmes parmi ses membres et de faire des entreprises papetières un lieu où hommes et femmes peuvent travailler confortablement.
Dans la région Pacifique, la division manufacturière du syndicat australien CFMEU a formé un nouveau syndicat du bois, de l’ameublement et du textile (TFTU). En Nouvelle-Zélande, le Syndicat de la pâte à papier et du papier est confronté à des fermetures, notamment celles de Winstone Pulp et de la Division papier de Kinleith Tokoroa.
En Indonésie, après avoir obtenu gain de cause devant la Cour constitutionnelle contre la loi omnibus, les syndicats se concentrent désormais sur la conclusion de conventions collectives solides afin de protéger les droits. Les syndicats des Philippines et de Thaïlande sont confrontés au problème des longs temps de travail, qui pourraient compromettre le travail syndical ainsi que la santé et la sécurité.
Les syndicats belges mènent des actions collectives contre les pertes d’emplois causées par la désindustrialisation, appelant à une transition durable accompagnée de mesures de reconversion et de perfectionnement professionnel soutenues par les partenaires sociaux. Les syndicats brésiliens soulignent les préoccupations environnementales dans l’industrie papetière et font pression pour une collaboration syndicale interrégionale accrue.
La réunion s’est conclue par un plan d’action visant à :
Organiser régulièrement des réunions mondiales axées sur la sécurité, le recrutement et les grandes entreprises telles que Suzano, April, APP et Westrock.
Lancer une campagne “Fiers travailleurs et travailleuses de la pâte et du papier” afin de renforcer la solidarité et de contrer les discours des entreprises.
Mener des recherches ciblées sur la production et les chaînes d’approvisionnement de la pâte à papier afin de renforcer la compréhension des syndicats sur les enjeux de l’industrie et les leviers d’action.
Créer une base de données en ligne permettant aux affiliés de partager et d’accéder aux informations sur les entreprises.
Mettre en place des programmes d’échange entre les réseaux régionaux d’affiliés afin d’améliorer les connaissances en termes de syndicalisation.
Organiser une rencontre de réseautage sur la pâte à papier et le papier lors du 4e Congrès d’IndustriALL afin de promouvoir le réseautage mondial.
Tom Grinter, Directeur du secteur de la pâte et du papier chez IndustriALL, a déclaré :
“Les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, doivent être centrées sur l’humain. Les oligarques de la technologie façonnent les règles du travail, mais les travailleurs et travailleuses doivent les réécrire pour garantir leur dignité et leur droit à la parole, sans contrôle algorithmique ni notation.”
Tom Grinter, Directeur du secteur
Au cours de la réunion, les syndicalistes ont visité Fajar Paper et Pindo Deli, avec le soutien des syndicats indonésiens CEMWU et FSP2KI, ainsi que la direction des entreprises. Les deux sites comptent plus de 2.000 membres syndicaux, ce qui témoigne de relations sociales constructives.
Visite chez Pindo Deli
Les syndicats indiens revendiquent une transition juste dans le secteur du charbon et des énergies renouvelables
IndustriALL, en collaboration avec l’APHEDA et le Centre pour une transition juste de la CSI, a mené des recherches du point de vue des syndicats de travailleurs afin d’élaborer des stratégies visant à protéger les droits des travailleurs pendant la transition énergétique du pays. Une réunion destinée à diffuser les résultats de l’étude sur la transition du secteur des mines de charbon s’est tenue les 25 et 26 juillet à Ranchi, tandis que la réunion sur l’étude des défis et des opportunités pour la syndicalisation dans le cadre des projets d’énergies renouvelables s’est tenue à Delhi les 28 et 29 juillet.
L’étude sur le secteur des énergies renouvelables souligne que, grâce à la baisse des coûts de production et au soutien croissant des pouvoirs publics, ce secteur devrait attirer de plus en plus d’investissements à l’avenir. L’Inde a déjà atteint son objectif national de 50 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables. Mais ce secteur est caractérisé par des emplois temporaires mal rémunérés, des conditions de travail difficiles et un faible taux de syndicalisation. Le secteur des énergies renouvelables a créé plus de 1,3 million d’emplois, mais la majorité d’entre eux sont précaires.
Les travailleurs et travailleuses chargés de l’installation et de l’entretien des panneaux solaires sont exposés à la chaleur, les grands champs solaires étant dépourvus de toute ombre. Les problèmes de sécurité au travail, tels que les morsures de serpent et les chocs électriques, sont monnaie courante. Les travailleurs employés sur ces sites sont temporaires, embauchés par des agences de placement et payés des salaires de misère. Au Rajasthan, l’une des provinces d’Inde où les centrales solaires se multiplient le plus, les salaires peuvent descendre jusqu’à 285 roupies (3,2 dollars) par jour.
Les syndicats du secteur du charbon mettent en garde contre la baisse de la sécurité de l’emploi
L’étude sur le secteur minier a révélé que, selon les syndicats, environ 300.000 travailleurs permanents et 500.000 travailleurs sous-traitants y sont actuellement employés. En outre, plus de 1,4 million de personnes dépendent de cette industrie pour leur subsistance. Les syndicats du secteur du charbon ont exprimé leur inquiétude face à la diminution du nombre de travailleurs permanents, le recrutement pour ces postes ayant été gelé, ce qui affaiblit l’influence des syndicats dans le secteur. Dans le même temps, le recours à des travailleurs en sous-traitance est en augmentation, ce qui conduit à une érosion complète du régime de travail décent. La privatisation croissante, ainsi que l’externalisation de tâches telles que le développement des mines, l’exploitation et la location d’équipements, ont encore affaibli les droits et les avantages des travailleurs et travailleuses.
L’étude souligne que, compte tenu des engagements de l’Inde en matière de zéro émission nette, plusieurs mines du secteur public ont été fermées ou abandonnées et que des fermetures non-planifiées de mines ont mis à mal les droits des travailleurs et travailleuses et ceux des communautés qui dépendent des mines. Les dirigeants syndicaux ont souligné plusieurs préoccupations lors de la réunion, notamment les redéploiements brusques vers des mines ou des lieux de travail éloignés, l’absence de consultation des syndicats sur la transition et l’absence de reconversion des travailleurs et travailleuses vers de futurs emplois.
Dans leur débat sur l’impact négatif et disproportionné de la transition sur les femmes travailleuses et les personnes dépendant d’elles, les syndicalistes ont souligné l’importance d’intégrer les besoins des femmes dans les processus de transition. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir l’accès à des emplois de qualité, à des postes décisionnels, à des possibilités de formation et aux infrastructures sociales, sur la base de données ventilées par sexe et d’actions visant à éliminer les obstacles structurels et à faciliter la transition.
Sharan KC, de l’APHEDA, Jacquie MacLeod, de la CSI, et le Dr S.M.F. Pasha, de la CSI-AP, ont donné des exemples provenant d’autres régions du monde, comme l’Indonésie, l’Espagne, le Brésil, l’Allemagne et l’Afrique du Sud. Dans ces pays, les syndicats travaillent ensemble et, grâce à un plaidoyer intensif, ont pu engager un dialogue avec les gouvernements sur la question de la transition juste et garantir la protection des droits des travailleurs et travailleuses.
Plans d’action pour favoriser le changement
Lors des deux réunions, les participants ont élaboré des plans d’action pour promouvoir la transition juste. Parmi les principales mesures figurent les suivantes
Sensibiliser les membres des syndicats à cette question
Revendiquer au sein de Coal India Limited, qui a mis en place un comité sur la transition juste, que les travailleurs et travailleuses aient leur place à la table des négociations
Élaborer des stratégies régionales et mondiales et renforcer la coopération Sud-Sud afin de garantir un avenir équitable et durable aux mineurs et à leurs familles
Promouvoir le développement des compétences et la reconversion professionnelle
Promouvoir le travail décent et un salaire vital pour les travailleurs en sous-traitance
Organiser des ateliers de renforcement des capacités pour les membres syndicaux
Cibler et recruter syndicalement la main-d’œuvre dans les principales entreprises du secteur des énergies renouvelables
Mener des campagnes pour l’augmentation des salaires et l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail, en particulier dans le secteur de l’énergie solaire
Ashutosh Bhattacharya, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a déclaré :
“IndustriALL soutient les revendications des syndicats en faveur d’une transition juste et d’un dialogue social en Inde qui protègent les emplois et les intérêts des travailleurs et travailleuses. En Inde, les débats sur la transition juste sont dominés par des politiques très hiérarchisées et, dans ces études, nous avons tenté d’inverser cette logique en plaçant leurs préoccupations, leurs idées et leurs aspirations au cœur du débat sur la transition. IndustriALL reste déterminé à renforcer le rôle des syndicats et à collaborer avec toutes les parties prenantes pour façonner des processus de transition juste, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte. Ces études constituent un pas dans cette direction.”
Les travailleurs du pétrole kényans obtiennent des concessions dans un conflit avec une société d'oléoducs
L'accord fait suite à un préavis de grève de sept jours lancé le 24 juillet par le syndicat, qui invoque des conflits de longue date à propos des droits des travailleurs, des primes de rendement et du sort des salariés de la Kenya Petroleum Refineries Limited (KPRL) qui sera bientôt dissoute. Il met aussi le doigt sur des questions pressantes concernant la fermeture de KPRL et l'avenir des infrastructures pétrolières du Kenya.
Le KPOWU, qui représente les personnels de KPC et KPRL, avait émis une série de revendications très préoccupantes. Il s'agissait notamment du transfert en bonne et due forme des travailleurs de KPRL vers KPC avec maintien de leurs conditions et prestations, la suppression de primes de rendement discriminatoires, la protection des responsables syndicaux contre l'intimidation et la prise en compte d'urgence d'anciennes revendications, certaines remontant à 2016, à propos des heures supplémentaires, des primes d'astreinte et des repas.
Le syndicat avait aussi mis en avant des problèmes de corruption au dépôt de KPC à Eldoret et réclamait de la redevabilité et de la transparence dans l'entreprise.
Les négociations, dont la médiation était confiée au secrétaire du cabinet à l'énergie et au pétrole Opiyo Wandayi, a permis des concessions substantielles de KPC, notamment :
La suspension des modifications au système de rotation des postes en attente de l'issue des négociations
L'uniformisation des primes de rendement et le réexamen du système d'évaluation
Le traitement immédiat des réclamations en attente avec une plateforme en ligne ouverte 24/7 et les paiements effectués pour le 31 août
L'intégration des travailleurs de KPRL dans KPC aux conditions de 2016 avec effet rétroactif
Un engagement de pratiquer des promotions au mérite
La suspension de la privatisation de KPC en attente d'une nouvelle consultation
Il s'agit là d'une grande victoire pour le KPOWU dans son long combat pour l'équité et la justice dans l'industrie pétrolière et gazière du Kenya.
"Cet accord ouvre la voie à la fin d'une grave injustice pour les travailleurs,"
a déclaré George Okoth, le secrétaire général du KPOWU.
La secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin, s'est félicitée de ce résultat et a exprimé sa solidarité avec le syndicat :
"Nous appuyons les revendications du KPOWU pour de meilleures conditions de travail et la défense des droits des travailleurs,"
a-t-elle déclaré en invitant KPC à continuer à négocier de bonne foi.
KPC est une entreprise d'État dépendant du ministère de l'Énergie. Elle joue un rôle essentiel dans la logistique pétrolière du Kenya en transportant et stockant le carburant dans un réseau d'oléoducs reliant la ville portuaire de Mombasa aux grandes villes de l'intérieur telles que Nairobi, Nakuru, Kisumu et Eldoret.
Son rachat de KPRL en 2023 était censé renforcer la capacité de stockage et de distribution du Kenya. Avec l'arrêt progressif des activités de KPRL, l'intégration de son personnel dans KPC représente non seulement une victoire syndicale mais aussi une garantie de maintien de la stabilité de la chaîne d'approvisionnement en énergie du pays.
Les travailleurs du pétrole à la croisée des chemins : droits de douane, IA, politique climatique et tensions mondiales
Un modèle de négociation coordonné
Le National Oil Bargaining Program, arrêté en 1965, est un exemple unique en son genre de coordination syndicale structurée. Il regroupe des équipes de négociation afin d'harmoniser leurs calendriers et instaurer une plateforme commune. Les propositions des conseils locaux sont examinées et fusionnées par un Comité de politique nationale issu de la base et qui entame ensuite la négociation avec le principal employeur, Marathon Petroleum.
Une fois qu'un accord se dégage à l'échelon national, il devient la référence pour toutes les compagnies participantes et fixe une norme minimum pour l'ensemble de l'industrie. Cette démarche structurée évite la fragmentation et renforce le pouvoir de négociation.
Mike Smith (USW) s'adresse à la conférence (NOBC)
"Votre présence ici est un investissement dans notre avenir. Le temps passé ensemble ici, à échanger nos stratégies et renforcer notre solidarité, est le garant de notre force dans la négociation,"
a déclaré Mike Smith, le président du programme de négociation nationale pour le pétrole.
La force de ce programme réside dans son unité et son calendrier qui font que les compagnies ne peuvent faire jouer les travailleurs les uns contre les autres. Bien que ce modèle soit propre aux États-Unis, son principe fondateur, qui est de bâtir une force collective par la coordination, est riche d'enseignements pour les syndicats du monde entier.
Des pressions mondiales sur les négociations nationales
Le contexte dans lequel s'est tenue la conférence de 2025 baignait dans un sentiment général d'incertitude. Pendant la séance inaugurale, des dirigeants syndicaux ont mis en lumière les grands enjeux du secteur, comme l'abandon des promesses d'investissement dans les technologies énergétiques de demain, comme l'hydrogène et la capture du carbone, la montée de l'inflation, les droits de douane et l'instabilité internationale. Ces facteurs ont déjà conduit de nombreuses compagnies à reporter ou réduire les investissements dans leurs équipements, malgré la constance de la rentabilité dans le raffinage. Les délégués ont été pressés de garder ces dynamiques à l'esprit lorsqu'ils prépareront leurs prochains cycles de négociation.
"Nous avons assisté à quantité d'annulations de financements … le marché mondial est assez ténébreux,"
a ajouté Mike Smith.
Cette instabilité provient en bonne part de l'inversion de la politique énergétique fédérale des États-Unis, d'une administration à l'autre. Sous le président Biden, le secteur a beaucoup investi dans le développement des énergies propres et la transition industrielle. Mais avec le changement de climat politique et les perspectives de déréglementation causés par le retour de Trump aux affaires, beaucoup de compagnies ont stoppé leurs investissements ou gelé des projets. Les travailleurs se trouvent maintenant pris entre deux visions concurrentes de l'avenir énergétique, et n'ont guère à dire dans aucune.
Les délégués ont aussi exprimé leurs inquiétudes devant la hausse des coûts de santé, l'inflation, les protections contre le licenciement, la sécurité des retraites et la stabilité de l'emploi, autant de facteurs qui seront tous au centre des négociations qui démarreront en janvier 2026.
Dans une industrie qui ressent toujours l'instabilité engendrée par le COVID, il va sans dire que le poids de la volatilité économique et politique est rejeté sur les épaules des travailleurs. La question qui sera au centre des négociations de cette année est de savoir qui paiera le prix des changements de priorité des groupes de l'énergie.
Technologie et exclusion de la transition
L'industrie évolue et les menaces aussi, et elles ne sont pas uniquement économiques. Diana Junquera Curiel, la directrice d'IndustriALL en charge de l'industrie de l'énergie et de la Transition juste, a évoqué les risques croissants pour les travailleurs d'être exclus des grandes décisions sur la transition énergétique et le changement technologique. Elle a mis en garde contre l'intelligence artificielle (IA), la déréglementation et les nouveaux accords commerciaux qui changent le secteur à grande allure.
Diana Junquera Curiel s'adressant à la NOBC à Pittsburgh
"Les entreprises du secteur de l'énergie utilisent déjà l'IA dans leurs processus. J'ai analysé les risques et les perspectives de l'IA dans ce secteur et il faut que les syndicats soient à la table des transitions technologiques,"
a déclaré Diana Junquera Curiel.
Dans tout le secteur pétrolier, l'IA est de plus en plus utilisée pour la maintenance préventive, l'automatisation des processus industriels, voire pour la surveillance de sécurité. Bien que ces technologies favorisent l'efficacité, elles comportent aussi de graves menaces pour la sécurité d'emploi, les critères de compétences et le contrôle, surtout lorsqu'elles sont mises en place sans que les travailleurs soient associés ou en l'absence de négociation.
Elle a insisté sur le fait que l'issue des négociations aux États-Unis a des implications mondiales :
"Vos batailles et vos négociations, ici aux États-Unis, ne sont pas confinées au Texas, à la Californie ou la Pennsylvanie. Elles franchissent les océans, et déterminent ce que sera la situation des travailleurs du pétrole au Royaume-Uni, au Nigeria, au Mexique et ailleurs."
Le résultat des négociations nationales aux États-Unis a souvent valeur de précédent auquel se réfèrent d'autres compagnies dans le reste du monde. Lorsque les multinationales américaines négocient les salaires, les normes de sécurité ou les protections contre le licenciement chez elles, celles-ci influencent souvent ce qui est proposé, ou refusé, dans les sites qu'elles exploitent ou qui travaillent pour elles dans le Sud global. En outre, les chaînes d'approvisionnement mondiales sont étroitement liées; si des raffineries connaissent des pénuries de main-d’œuvre ou des avancées syndicales qui augmentent leurs coûts, leurs effets sont souvent répercutés sur les travailleurs d'organismes sous-traitants ou externalisés à l'étranger. Pour les syndicats de pays où les protections au travail sont plus faibles ou le taux de syndicalisation inférieur, les victoires remportées par les syndicats aux États-Unis peuvent servir de levier ou de moyen de pression pour défendre leurs acquis. C'est pourquoi la coordination et la solidarité mondiales demeurent essentielles.
Sécurité, reconnaissance et résilience
La présidente de l'USW International et vice-présidente d'IndustriALL Roxanne Brown a mis en garde contre les économies imposées à des organismes clés pour la sécurité, comme l'Administration de la sécurité et la santé professionnelles (OSHA), qui limiteraient les inspections et affaibliraient les mesures coercitives, mettant les travailleurs davantage en danger.
Roxanne Brown (USW) et V-P d'IndustriALL, s'adresse à la NOBC
"Merci à vous, les travailleurs du pétrole, pour tout ce que vous faites, chaque jour, héros discrets qui font fonctionner le pays. Que ce soit dans l'énergie qui alimente nos foyers ou dans les matières premières dans les produits que nous utilisons quotidiennement, votre travail touche chaque Américain, et il est temps que notre nation le reconnaisse,"
a déclaré Roxanne Brown.
Les délégués ont proclamé que la santé et la sécurité doivent rester une priorité à la table des négociations.
Avec moins de contrôle et plus d'automation, on attend de plus en plus des travailleurs qu'ils assurent eux-mêmes leur propre sécurité dans des environnements à haut risque. Un libellé plus rigoureux pour les normes de sécurité des conventions collectives n'est pas seulement un plus, c'est vital.
Perspectives internationales et défis partagés
La conférence a aussi accueilli des leaders syndicaux mondiaux qui ont éclairé d'un œil critique le paysage mondial de l'énergie.
Frode Alfheim (Styrke) s'adresse à la NOBC
Frode Alfheim, le président du syndicat norvégien Styrke (anciennement Industri Energi), a souligné la force du taux de syndicalisation élevé dans le secteur pétrolier et gazier norvégien et le rôle essentiel qu'elle joue dans la sécurité énergétique de toute l'Europe.
"Sur la plateforme continentale norvégienne, près de 90 pour cent des travailleurs sont syndiqués, un degré de force et d'unité rare dans le reste du monde. Cette force doit être reproduite sur la scène mondiale parce que les défis que nous rencontrons ne s'arrêtent pas aux frontières nationales."
Dans tout le Sud global tout comme dans des pays producteurs de longue date, les travailleurs subissent des protections chaotiques, l'insécurité d'emploi et leur exclusion des plans de transition. Ces défis communs nécessitent des ripostes coordonnées.
Au Nigeria, la précarisation de l'emploi se généralise; beaucoup de travailleurs du pétrole sont embauchés en tant que sous-traitants temporaires, souvent pour des salaires moindres, sans prestations et aucune représentation syndicale. Cette précarité structurelle prive les travailleurs d'une participation digne de ce nom à la transition énergétique et compromet la sécurité et le développement des compétences.
Au Mexique, tandis que beaucoup de travailleurs bénéficient d'une représentation syndicale, les multinationales pratiquent fréquemment les contrats de courte durée dépourvus de protection. Ce système à deux vitesses provoque de graves disparités en matière de salaires, de formation et de perspectives de carrière à long terme dans un même secteur.
Au Royaume-Uni et dans le secteur écossais de la mer du Nord, la transition est marquée par les dégraissages, le sous-investissement et l'incertitude. La main-d’œuvre devrait être ramenée de 115.000 unités à 57.000 à peine pour le début des années 2030. Une politique fiscale restrictive, une planification hésitante et l'absence de nouveaux projets poussent le personnel spécialisé à quitter l'industrie, et souvent le pays.
Ces cas reflètent un schéma plus large :
La rétention et le recrutement sont de plus en plus difficiles. À mesure que le changement technologique remodèle le secteur, beaucoup de compagnies ont du mal à attirer et conserver du personnel qualifié.
Des déséquilibres démographiques apparaissent. Au Royaume-Uni par exemple, 41 pour cent des travailleurs du secteur pétrolier ont plus de 50 ans tandis que seuls 12 pour cent ont moins de 30 ans. Les femmes restent sous-représentées avec à peine 14 pour cent, bien moins que dans d'autres secteurs d'industrie.
La volatilité du marché, causée par l'instabilité géopolitique, les changements de réglementation et les fluctuations des cours du pétrole continuent d'entamer la stabilité d'emploi, quelles que soient les régions.
Ces problèmes ne sont pas isolés, propres à des pays en particulier, ils sont les symptômes d'un modèle mondial de l'énergie en transition dépourvu de dimension sociale cohérente. Les voix qui se sont élevées à Pittsburgh nous rappellent que tout progrès réel doit mettre les travailleurs au centre de la planification de la transition, de l'investissement et de la prise de décision.
Pour l'avenir
Alors que les systèmes énergétiques muent et que la concurrence mondiale s'intensifie, les travailleurs du secteur pétrolier sont priés d'affronter les conséquences de décisions sur lesquelles ils n'ont eu aucune influence. Qu'il s'agisse de l'IA et du changement climatique ou des accords commerciaux et de la déréglementation, les syndicats doivent se battre pour conserver un rôle central dans ces transformations.
"Les efforts consentis jusqu'à présent par les compagnies de l'énergie ne satisfont pas les syndicats. Les initiatives en cours s'agissant du climat et de l'activité commerciale ne produisent pas assez de résultats,"
a ajouté Diana Junquera Curiel.
Le modèle de négociation que nous avons vu à Pittsburgh montre que la coordination, la solidarité et la préparation peuvent devenir une force réelle. Alors que chaque pays a sa situation qui lui est propre, le principe reste le même : des syndicats forts et unis sont essentiels pour assurer au secteur de l'énergie un avenir juste et équitable.
Et Diana Junquera Curiel a conclu en ces termes :
"L'ampleur de notre influence est à l'échelle mondiale, tout comme la responsabilité qui l'accompagne."
L'avenir est écrit. Les travailleurs devraient être maîtres de leur destin
Voici cinq raisons pour lesquelles se syndiquer sans tarder est plus important que jamais.
L'IA ne négociera pas avec vous, nous bien
Partout dans l'industrie, de l'aérospatial et l'extraction minière à la mode et à l'électronique, l'intelligence artificielle transforme la manière d'effectuer le travail. Les équipes sont constituées suivant des algorithmes prédictifs. Des machines effectuent les tâches autrefois confiées à l'humain. Des emplois disparaissent ou changent totalement.
Le secteur des technologies vend l'IA comme un "progrès inéluctable". Mais c'est un choix politique qui va déterminer qui bénéficiera de ces changements et qui en paiera le coût.
Les syndicats sont la seule force capable d'obtenir une Transition juste, celle qui laissera aux travailleurs leur mot à dire sur les modalités de l'introduction de la technologie, sur leur formation future et fera en sorte qu'ils ne soient pas mis à l'écart au nom de l'efficacité.
Les affiliés d'IndustriALL négocient déjà avec des multinationales pour veiller à ce que l'IA soit au service de l'humain et pas l'inverse. En l'absence de règles, c'est la voix collective des travailleurs qui met l'éthique en question.
Les oligarques écrivent les règles. Les travailleurs doivent les réécrire
Avec le retour de l'homme fort, Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Wilders aux Pays-Bas, Meloni en Italie, la rhétorique est claire : enfoncer les faibles, déréglementer l'économie et donner le pouvoir aux riches.
Ce basculement n'est pas seulement affaire de rhétorique, il impacte la législation du travail, les droits syndicaux et les services publics. Lorsque les populistes de droite attaquent la négociation collective et affaiblissent les syndicats, il devient plus difficile de lutter pour de meilleurs salaires, pour la sécurité ou pour la justice climatique.
Entretemps les géants de l'économie assoient leur pouvoir. Aujourd'hui, une poignée de milliardaires contrôlent tout, des chaînes d'approvisionnement aux réseaux sociaux et à l'intelligence artificielle.
Se syndiquer est une façon de dire : nous ne serons pas dirigés par des algorithmes ou des autocrates.
Votre patron a une app. Il vous faut un syndicat
Dans beaucoup d'industries, les travailleurs sont maintenant gérés par des logiciels, surveillés par des caméras, notés par les clients et chronométrés à la seconde près. C'est efficace, pour le profit .
Mais où est la dignité ?
Que vous soyez dans une usine, dans un entrepôt ou dans un bureau, si votre travail est dicté par un système que vous ne pouvez contester, alors il vous faut une voix collective.
Se syndiquer donne le pouvoir de dicter des limites, de contester les systèmes injustes et d'exiger de la transparence sur les décisions qui sont prises. La question n'est pas de résister à la technologie, c'est de revendiquer un avenir du travail centré sur l'humain.
Il n'y a pas de justice climatique sans justice pour les travailleurs
Avec l'aggravation de la crise climatique, les industries sont forcées de changer. Mais trop souvent, le changement est chaotique, avec des licenciements, des fermetures d'usines, du greenwashing sans réels plans de transition.
Une Transition juste digne de ce nom signifie que les travailleurs sont associés dès le départ au plan. Elle est synonyme de formation de reconversion, de protection du revenu et d'investissement dans les communautés, pas seulement de vagues promesses.
Les syndicats se battent pour des politiques du climat qui protègent à la fois la planète et les gens qui la font tourner. Si nous ne nous organisons pas, la transition nous sera imposée, sans nous.
Nous travaillons, et les syndicats aussi
À une époque où la désinformation envahit tout et où la démocratie est sous pression, on peut facilement se sentir désarmé. Mais une chose fonctionne et nous le savons : l'organisation.
Les syndicats sont encore une des rares structures démocratiques qui échappent à l'emprise des gouvernements ou des entreprises. Ils sont construits par et pour les travailleurs, indépendamment de leur nationalité, leur genre ou leurs origines.
En se syndiquant, vous obtenez plus qu'un contrat, vous gagnez une communauté. Vous gagnez un soutien en situation de crise. Vous gagnez les outils pour riposter. Et vous contribuez à construire un monde dans lequel l'équité, l'égalité et la solidarité sont plus que des slogans, une réalité.
Les mêmes raisons, et avec plus d'urgence
En des temps plus stables, IndustriALL a énoncé 5 raisons de se syndiquer : de meilleurs salaires et de meilleures prestations, un lieu de travail plus sûr, la dignité et l'égalité, une voix collective et un avenir meilleur. Ces raisons restent d'actualité, avec plus d'urgence que jamais.
Mais en 2025, nous sommes aussi confrontés à un monde dans lequel des pans entiers d'industrie peuvent être supprimés du jour au lendemain par l'intelligence artificielle, où le chaos climatique menace les moyens d'existence et où le concept même de démocratie est attaqué partout.
C'est pourquoi, si vous vous syndiquez aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour ce que vous en retirerez, mais pour ce que vous défendez. C'est pour vous protéger, définir l'avenir du travail et défendre l'idée que les travailleurs ont leur mot à dire quant à la manière dont le monde change.
Face à la déstructuration, la solidarité n'est pas passée de mode, elle est révolutionnaire. Et elle peut être la force suffisamment puissante pour faire en sorte que cette ère nouvelle soit équitable, humaine et conçue pour nous tous.
Ne regardez pas l'histoire se faire depuis le banc de touche.
Participez à sa construction.
Syndiquez-vous.
IndustriALL réclame un accès humanitaire immédiat à Gaza et la fin de la guerre, du blocus et de l'occupation
Le monde assiste à une tragédie en direct : la population de Gaza souffre de privations extrêmes et de malnutrition à cause du blocus qu'impose illégalement le gouvernement Netanyahou et d'assassinats de civils qui essaient de se procurer de la nourriture. Ces actes constituent une violation incontestable du droit humanitaire international et sont un affront aux valeurs fondamentales de l'humanité.
Il est confirmé que plus d'un millier de Palestiniens ont été tués alors qu'ils voulaient se procurer de la nourriture au cours des deux derniers mois. IndustriALL condamne cette horrible situation dans les termes les plus fermes qui soient et réclame que l'aide humanitaire ait d'urgence un accès sans entrave à la population de Gaza, accompagnée immédiatement d'un cessez-le-feu imposé sans retard.
IndustriALL soutient fermement les efforts vitaux de l'UNRWA et le Programme de relèvement dans les territoires palestiniens occupés de l'Organisation internationale du travail (OIT).
En outre, IndustriALL exige la libération immédiate de l'équipage civil du navire de secours humanitaire Handala qui a été abordé et arraisonné par l'armée israélienne dans les eaux internationales. Ce navire transportait de l'aide humanitaire vitale à Gaza, en compagnie de 21 activistes pacifiques, dont plusieurs syndicalistes.
IndustriALL réaffirme sa solidarité avec le peuple et les travailleurs palestiniens dans leur quête pacifique de dignité, et son soutien à un règlement durable fondé sur la solution à deux États et la reconnaissance formelle de l'État de Palestine.
Au Sénégal, les travailleurs de l'habillement demandent que cesse leur exploitation par Sartorisen
Cette entreprise, qui confectionne des costumes traditionnels africains et des vêtements de travail, emploie environ 300 personnes, en majorité des femmes. Elles signalent des violations systémiques, avec vols de salaires, discrimination fondée sur le genre et mépris total de la législation du travail nationale. Certaines n'ont pas perçu leurs salaires depuis 13 mois, ce qui les met dans l'impossibilité de payer le transport pour se rendre au travail. Plusieurs travaillent chez Sartorisen depuis plus de 15 ans.
L'absence de contrats écrits, de fiches de salaire et de protection sociale rend les travailleurs encore plus vulnérables. Beaucoup sont dans de graves difficultés financières, avec des familles qui doivent se battre pour leur subsistance.
Pendant le dernier congé de Tabaski (Eid al-Adha), la discrimination fondée sur le genre a été encore plus flagrante. Les hommes ont reçu des primes de 50.000 CFA (87 $) tandis que leurs collègues féminines, alors qu'elles constituent la majorité du personnel, n'ont reçu que 25.000 CFA (44 $). Cette disparité a suscité la colère des femmes qui réclament un salaire égal pour un travail d'égale valeur.
Jusqu'à présent, Sartorisen refuse de rencontrer les travailleurs et le syndicat. Le Syndicat National des Travailleurs des Industries de la Confection du Sénégal (SNTICS), affilié à IndustriALL, a porté plainte auprès du tribunal du travail et de l'inspection du travail.
"Le syndicat a cité Sartorisen devant le tribunal du travail pour sa carence à fournir des contrats écrits et une protection sociale. Cette entreprise doit appliquer le code du travail et respecter les droits des travailleurs,"
a déclaré Doudou Sisse, le secrétaire général du SNTICS.
IndustriALL est solidaire sans réserve des travailleurs sénégalais de l'habillement.
"Les pratiques déloyales du travail, l'exploitation des travailleurs et la discrimination fondée sur le genre violent la législation nationale et les normes internationales du travail. Nous maintiendrons notre soutien aux syndicats sénégalais dans leur combat pour de meilleures conditions de travail et nous exhortons le gouvernement sénégalais à faire appliquer sa législation du travail,"
a expliqué la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne, Paule France Ndessomin.
Sartorisen se trouve dans la ZES Diamniadio, une initiative gouvernementale pour attirer des investisseurs étrangers par des incitants fiscaux et un assouplissement de la réglementation. Or, le prix de ce modèle est souvent la vulnérabilité des travailleurs. Suivant l'Indice CSI des droits dans le monde 2025, la mise en application de la législation du travail demeure incohérente au Sénégal et les activités syndicales subissent régulièrement des obstructions.