Sintracarbón signe un accord avec Cerrejón pour mettre fin à une grève historique

Le Syndicat colombien des travailleurs du charbon Sintracarbón, qui est affilié à IndustriALL Global Union, et Cerrejón, une société minière appartenant aux multinationales Glencore, BHP et Anglo American, ont signé une convention collective de travail dans la soirée du 30 novembre, mettant ainsi fin à un conflit qui avait duré 91 jours.

Igor Díaz, Président de Sintracarbón, a déclaré :

“Nous avons mené un bon combat contre les trois multinationales, qui étaient bien décidées à mettre en œuvre une stratégie d’entreprise qui allait à l’encontre des intérêts de leurs travailleurs. Heureusement, elles n’ont pas réussi et notre convention collective reste intacte.

Je tiens à remercier IndustriALL, ses affiliés FNV, SASK, USW, IG BCE et CUT, ainsi que toutes les autres organisations qui ont fait preuve de solidarité et apporté leur soutien financier. Ce n’était pas un combat mené par Sintracarbón seul, mais par l’ensemble du mouvement syndical : c’était une véritable démonstration d’unité internationale.”

Selon Sintracarbón, le nouvel accord répond à sa principale exigence, à savoir que les travailleurs conservent les mêmes avantages qu’auparavant. Les principales caractéristiques de l’accord, qui porte sur trois ans, sont les suivantes :

L’entreprise et le syndicat avaient déjà pris des mesures pour tenter de résoudre le conflit. Dans un premier temps, des discussions ont eu lieu entre les deux parties sur une période de 60 jours. Plusieurs réunions ont ensuite eu lieu avec le Comité de concertation des politiques salariales et du travail (CCPSL) et le bureau du médiateur, agissant en tant que conciliateurs.

Enfin, pour éviter de porter le litige devant un tribunal arbitral du ministère de l’emploi, les deux parties ont choisi de poursuivre leurs négociations. Au bout de six jours, elles se sont mises d’accord sur la nouvelle convention collective de travail.

Les parties sont également convenues d’organiser des discussions sur une période de 30 jours afin de résoudre un autre point de friction : le changement d’équipe proposé par l’entreprise, qui entraînerait ce que le syndicat appelle un “poste de la mort”. Sintracarbón a déclaré que même si la grève est terminée, elle se battra pour que le nouveau système de travail par équipes ne soit pas mis en œuvre, car il aurait des répercussions sur la santé des travailleurs et supprimerait 1.250 emplois.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré :

“Avec leur grève de 90 jours, Sintracarbón et ses membres ont mené un combat historique et exemplaire. Ils se sont battus pour leur dignité, leurs droits et leur avenir et ils ont obtenu justice. Ils doivent être applaudis pour leur combat héroïque.

Sous l’égide de Sintracarbón, nous nous sommes rassemblés en tant que mouvement syndical international pour soutenir nos collègues de Cerrejón en grève. Cette grève a montré que la solidarité internationale est de la plus haute importance, surtout lorsque tant de nos affiliés traversent des moments difficiles ; la pandémie de Covid-19 a particulièrement frappé le secteur minier. Merci à tous ceux qui ont soutenu Sintracarbón pendant cette période.”

Un immeuble de bureaux du syndicat dans les montagnes du Lesotho illustre la puissance de la solidarité mondiale

C’est un rêve devenu réalité pour cette organisation qui s’emploie inlassablement à syndiquer les mineurs, mais qui est confrontée à des difficultés d’accès aux sites très retirés des mines de diamants. Lors d’une réunion sur les stratégies de syndicalisation du réseau mondial du secteur des diamants d’IndustriALL, il y a deux ans à Johannesburg, en Afrique du Sud, l’IDUL a expliqué combien il est difficile de se rapprocher des mineurs et de les syndiquer parce que les sites d’exploitation sont situés en haute altitude dans les montagnes.

Les syndicats qui étaient présents à la réunion du réseau ont entendu la situation critique de l’IDUL et un plan a été élaboré pour construire des bureaux plus proches des mines. Une équipe de syndicalisation, menée par Glen Mpufane, le Directeur d’IndustriALL pour les mines, les diamants, les pierres précieuses, les ornements, les bijoux et les pierres précieuses, les syndicats sud-africains et les recruteurs de l’IDUL, a visité le site lors d’une campagne de syndicalisation à la mine de diamants de Storm Mountain en 2019. La construction, qui a été soutenue par IndustriALL et le syndicat belge ACV-CSC Transcom, a alors commencé.

Glen Mpufane a déclaré :

“Au cours de la mission, nous avons conclu qu’il était stratégique pour le syndicat de construire ces bureaux, car cela réduirait la nécessité de faire la navette entre les bureaux du syndicat à Maseru, à environ 190 km de là, pour organiser les réunions avec les travailleurs. Nous avons également identifié la visibilité du syndicat dans cette zone minière comme un facteur essentiel pour la syndicalisation des mineurs.”

Le syndicat peut à présent recruter et mieux coordonner ses activités parmi les mineurs de diamants depuis ces bureaux récemment achevés dans le village de Kao, dans le district de Butha Buthe.

Ce bâtiment qui abrite les bureaux est situé à proximité de la mine de diamant de Storm Mountain et à quelques kilomètres des mines de Letseng et de Liqhobong. Au cours des derniers mois, les mines du Lesotho ont extrait de grosses pierres valant des millions de dollars. La mine de Letseng est considérée comme l’exploitation de diamants de kimberlite la plus rentable au monde par carat.

Grâce à des permanents présents sur place, le bureau permettra de recruter et de syndiquer davantage de travailleurs et de fournir de meilleurs services aux membres. Le bureau sera également un lieu de rencontre pour les travailleurs, qui pourront y obtenir des informations sur le syndicat, sur le droit du travail, notamment sur les droits des travailleurs et les négociations collectives, sur la santé et la sécurité au travail, sur le VIH et le sida, ainsi que des documents sur la pandémie de Covid-19.

Yves Toutenel, Secrétaire général de l’ACV-CSC Transcom, a déclaré :

“Il est bien sûr essentiel qu’afin de pouvoir aider vos membres, vous ayez les ressources nécessaires à votre disposition. Nous sommes donc très heureux qu’en collaboration avec IndustriALL Global Union, nous ayons pu soutenir l’IDUL par un apport financier et faire en sorte que le syndicat puisse se développer et s’étendre à l’avenir.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Même la pandémie de Covid-19 n’a pas arrêté les efforts de l’IDUL pour syndiquer les mineurs du Lesotho et n’a pas eu raison de la solidarité des travailleurs au niveau mondial, qui reste solide comme le montrent ces initiatives visant à renforcer le pouvoir des syndicats par le recrutement. Nous félicitons l’ACV-CSC Transcom d’avoir apporté son soutien à l’IDUL afin que ce syndicat puisse renforcer son pouvoir par le biais de programmes de développement des capacités de syndicalisation et des délégués syndicaux, au profit des travailleurs des mines de diamants.

Nous félicitons également les affiliés d’IndustriALL en Afrique du Sud, le Syndicat des mineurs NUM, le Syndicat des métallurgistes NUMSA ainsi que l’UASA, qui forment les délégués syndicaux de l’IDUL par le biais de séminaires politiques et de programmes de formation. Il s’agit d’un cas exemplaire de la manière dont la force des syndicats sur le terrain et la solidarité mondiale peuvent aider les travailleurs et travailleuses à améliorer leurs conditions de travail.”

Victoire syndicale en Tunisie

Les cinquante-six travailleurs, dont la direction élue du syndicat de l’entreprise et les membres du comité consultatif, ont été licenciés en février. Les tentatives de résolution du conflit ayant échoué, les travailleurs représentés par la FGTHCC-UGTT, affiliée à IndustriALL, ont organisé une grève en mai, protestant contre la violation du droit à se syndiquer et les licenciements.

Comme l’employeur refusait toujours de s’entretenir avec le syndicat, IndustriALL Global Union est intervenue en envoyant des lettres de protestation à la direction de l’entreprise, en publiant des documents, en contactant d’autres Fédérations syndicales internationales pour solliciter leur solidarité, ainsi qu’en fournissant l’expertise nécessaire sur place.

En mai, les membres du syndicat allemand Ver.di, affilié à Uni Global Union, ont manifesté en solidarité avec les travailleurs tunisiens.

“Le soutien d’IndustriALL nous a donné une impulsion à la fois morale et concrète. Après une longue période de silence, nous nous sommes d’abord rencontrés virtuellement et les négociations ont ensuite continué en personne. Nous demandons à l’entreprise de régler les problèmes qui ont causé le conflit et d’engager avec nous un dialogue régulier”.

A déclaré Habib Hazami, Secrétaire général de la FGTHCC-UGTT.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“Nous félicitons le syndicat d’avoir résolu le conflit avec l’employeur. Lorsque nous nous unissons, nous gagnons. Nous demandons instamment à Gartex d’établir un véritable dialogue avec le syndicat pour un avenir durable de l’entreprise et de ses travailleurs.”

Conformément à l’accord conclu, les autres travailleurs licenciés iront en justice et bénéficieront d’un soutien juridique de la FGTHCC-UGTT.

Gartex emploie environ 1.000 travailleurs et appartient au fabricant de confection allemand Gardeur, qui appartient à son tour au groupe néerlandais Duijndam.

Grève d’avertissement des métallurgistes coréens

Les membres du Syndicat coréen des travailleurs de la métallurgie (KMWU) des secteurs de l’automobile, de l’électronique, de la construction navale, de la sidérurgie et de la construction mécanique ont répondu à l’appel à la grève générale de la KCTU, envoyant un message clair au gouvernement : non aux modifications de la législation sur les syndicats et les relations sociales.

Le président du KMWU, KIM Ho Gyu, a déclaré :

“Les dés sont déjà pipés pour les travailleurs. Mais si ces révisions antisyndicales sont adoptées, les syndicats seront totalement évincés de la partie. Les adhérents doivent se dresser et se battre pour maintenir un syndicalisme démocratique.”

Parmi les modifications proposées on trouve la criminalisation de l’occupation partielle d’installations non productives pendant un conflit, en vertu de laquelle le fait d’établir un piquet de grève ou de défiler sur le lieu de travail pourrait être puni de trois ans de prison ; la création de plus de motifs pour les employeurs d’interdire aux permanents syndicaux l’accès à des lieux de travail dont ils sont les représentants s’ils estiment que cela nuit à “l’efficacité des activités économiques de l’employeur” ou pour toute “raison rationnelle”, les employeurs peuvent bloquer les activités syndicales des non-salariés tels que les responsables de la sécurité du syndicat.

 

“Nous assistons à une vague d’amendements au droit du travail dans de nombreux pays, qui ne cessent de rogner sur les droits des travailleurs. Les syndicats ripostent et IndustriALL est solidaire des travailleurs coréens et demande au gouvernement d’engager un dialogue avec les syndicats afin de s’assurer que les travailleurs ne portent pas le poids de prétendues réformes et que leurs revendications soient prises en compte dans la révision de la loi,”

a indiqué le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches.

Les syndicats exigent la ratification des conventions fondamentales de l’OIT, arguant que la législation visée peut être mise à niveau avec l’assistance technique de l’OIT après la ratification.

Les syndicats réclament une mise en place des “trois lois CHUN, Tae-il”, ce qui permettrait :

  • d’élargir la définition de “travailleur” s’agissant des droits syndicaux des travailleurs et travailleuses précaires
  • d’élargir la définition du terme “employeur”, qui se limite actuellement au niveau de l’entreprise, afin de tenir les principaux employeurs responsables de leurs pratiques de travail déloyales et de permettre des négociations plus larges avec le patronat
  • de supprimer les manquements créés par les “exceptions” afin de permettre l’application de normes minimales dans les entreprises de 4 travailleurs ou moins

Lutte syndicale contre le plan de suppression de 700 emplois de Caterpillar en Irlande du Nord

Le fabricant multinational d’équipements de construction Caterpillar, originaire des États-Unis, a annoncé qu’il supprimera 700 emplois sur son site de Larne, une ville portuaire proche de Belfast, en Irlande du Nord. Ces pertes d’emplois porteront un coup sérieux à la capacité de production de la région et à l’économie locale au sens large, car Caterpillar compte une importante chaîne d’approvisionnement dans la région.

Les salariés qui risquent de perdre leur emploi sont restés à leur poste pendant toute la durée du confinement Covid. Ils ont été exemptés des mesures, car ils étaient des travailleurs et travailleuses essentiels, produisant des équipements, y compris des générateurs électriques, d’une importance vitale pour le secteur de la santé et du suivi social dans le cadre de la lutte pour sauver des vies et faire face à la pandémie.

L’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni et est administrée au niveau local par l’Exécutif d’Irlande du Nord à Stormont. Le secteur manufacturier de la région a connu de multiples pertes d’emplois, ainsi qu’une campagne très médiatisée qui a permis de sauver le chantier naval historique Harland & Wolff malgré le manque de soutien concret de Stormont ou du gouvernement britannique de Westminster.

Unite estime que la perte d’emplois et de capacité de production chez Caterpillar va encore saper les fondements industriels de la région et soutient que Stormont doit élaborer une stratégie manufacturière en collaboration avec les syndicats et les représentants des entreprises.

Caterpillar compte environ 3.000 salariés sur quatre sites en Irlande du Nord. Les réductions d’effectifs à Larne sont en grande partie dues à des délocalisations de production vers des sites moins chers situés en dehors de l’UE, dans un mouvement dénoncé par Unite comme relevant de “la cupidité d’une entreprise qui n’a ni morale ni éthique alors qu’elle a déclaré l’année dernière des bénéfices bruts dépassant 17 milliards de dollars.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches, dans un courrier adressé au PDG de Caterpillar, a écrit :

“IndustriALL Global Union demande instamment à Caterpillar de reconsidérer son projet d’externalisation de la production d’Irlande du Nord et d’engager un dialogue constructif avec le syndicat Unite afin d’élaborer une stratégie commune pour conserver la capacité de production et éviter toute perte d’emploi dans l’usine de Larne.”

Un réseau mondial des syndicats de Caterpillar a été créé en 2011, sous la houlette de l’affilié américain United Autoworkers. Le réseau couvre la plupart des pays où Caterpillar est présent et ses participants restent en contact permanent. Caterpillar a déjà subi de sévères restructurations au cours des dernières années, supprimant des milliers d’emplois dans le monde entier, y compris dans plusieurs pays européens, aux États-Unis et en Australie. Le réseau s’est réuni en octobre, avant l’annonce des suppressions d’emplois en Irlande du Nord, et a écrit à l’entreprise en vue d’établir un dialogue à niveau mondial. Le réseau s’est immédiatement saisi du cas de l’Irlande du Nord, en informant tous les syndicats participants de ces nouveaux licenciements.

Matthias Hartwich, Directeur pour l’ingénierie mécanique auprès d’IndustriALL, a déclaré :

“Caterpillar est devenue l’une des pires et des plus avides multinationales, sans aucun respect pour ses travailleurs et travailleuses, sans aucune décence, pratiquant au contraire des réductions d’emplois combinées à des profits et des dividendes élevés. C’est honteux et inacceptable.”

Les syndicats espagnols annoncent une grève chez Repsol

Le comité syndical conjoint a annoncé des actions de grève du 9 au 12 décembre et du 21 décembre au 9 janvier 2021, après le refus de la compagnie de négocier. La décision de fermer des bureaux comptant plus de 100 emplois administratifs et de proximité avec la clientèle a été annoncée en septembre. Outre ces fermetures, l’entreprise a annoncé une réduction des effectifs qui entraînera une augmentation de la charge de travail et réduira la possibilité de télétravail.

Les syndicats regrettent l’absence de dialogue de la part de l’entreprise, qui profite de la pandémie de Covid-19, et sa rhétorique creuse sur la Transition juste. Ces mesures ont été introduites sans y impliquer les syndicats, sans dialogue et sans transparence, et sans faire référence à la transition qui a lieu dans l’entreprise pour s’adapter aux besoins changeants de l’entreprise.

Comme beaucoup d’entreprises du secteur, Repsol veut se défaire de ses actifs pour libérer des capitaux en vue d’éventuels investissements futurs. La division GPL (gaz de pétrole liquéfié), Repsol Butano, est en bonne santé financière, affichant un bénéfice de plus de 80 millions d’euros à la fin du mois de septembre 2020, malgré la crise de Covid-19 et le confinement de l’économie. D’autres secteurs d’activité de Repsol ont moins bien réussi, en partie à cause de la chute spectaculaire du prix du pétrole. Une précédente restructuration en 2015 avait vu le licenciement collectif de 226 travailleurs de Repsol Butano.

Repsol a la réputation d’être une entreprise socialement responsable et d’avoir des relations sociales modèles, concluant des accords pionniers avec les syndicats sur des questions telles que le harcèlement et la prévention de la violence, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, la gestion du temps, la déconnexion numérique et le télétravail.

Mais les syndicats estiment que cette image cache une rupture du dialogue et une tendance croissante de l’entreprise à agir unilatéralement. Les syndicats s’inquiètent également du fait que l’entreprise réagisse aux tendances du marché à court terme et ne réfléchisse pas de manière stratégique à la transition énergétique.

Agustín Martín, CCOO de Industria, a déclaré :

“Nous n’allons pas permettre qu’une transition énergétique se produise en tant que fait accompli. Nous allons nous battre pour une Transition juste et des emplois avec un avenir garanti. Nous nous battons pour un véritable plan industriel.”

Pedro Hojas, UGT FICA, a déclaré :

“Nous nous sommes mobilisés chez Repsol pour demander à la direction d’écouter les travailleurs et pour demander que la transition énergétique dans l’entreprise se fasse de manière ordonnée, sans perte d’emplois ou de droits. Le maintien du dialogue et de la responsabilité sociale qui ont caractérisé les relations de la direction avec les travailleurs dans le passé est essentiel pour l’avenir de Repsol.”

Pedro Ayllón, Federación de Industria USO, a déclaré :

“Nous manifestons notre opposition la plus ferme à la manière dont Repsol agit, en méprisant ses travailleurs et travailleuses, en ne leur donnant pas une place au sein de l’avenir de leur entreprise, en utilisant une politique d’imposition et non de négociation. C’est pourquoi nous nous sommes mobilisés chez Repsol, pour lutter en faveur d’une transition énergétique juste et pour défendre les emplois et les droits de tous ses travailleurs et travailleuses.”

Dans un courrier de solidarité adressée aux syndicats, Valter Sanches, Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, écrit :

“Du côté d’IndustriALL, nous pensons que toute transition énergétique doit être une Transition juste pour les travailleurs et travailleuss et doit consister en un dialogue social entre les parties prenantes de l’entreprise et les syndicats représentatifs. Par le biais de ce dialogue, des politiques industrielles durables doivent être créées et les travailleurs et travailleuses doivent être soutenus par la formation et le développement de nouvelles compétences. Une promotion doit ensuite leur être offerte pour occuper les nouveaux postes qui seront créés.”

Kirghizistan : stop aux pressions sur les syndicats

Au cours des deux dernières années, les syndicats du Kirghizistan ont lutté contre l’adoption d’un projet de loi sur les syndicats qui prive les travailleurs et les travailleuses de leur liberté syndicale, restreint considérablement les activités des syndicats, dicte leur structure interne et les place sous le contrôle de l’État.

En troisième lecture au Parlement, les syndicats ont réussi à convaincre la majorité des membres du Parlement de rejeter le projet de loi et de le renvoyer en deuxième lecture. Cependant, avec le récent changement de gouvernement et les troubles politiques, les initiateurs du projet de loi ont décidé de le représenter sans apporter de modifications à la version précédemment rejetée. Ce projet de loi antisyndicale a été adopté en seconde lecture par le Parlement le 5 novembre.

Les syndicats du Kirghizistan ont organisé de nombreuses manifestations contre ce projet de loi. Les autorités ont réagi en poursuivant des dirigeants syndicaux, en procédant sans cesse à des interrogatoires, en recourant à des provocations et en exerçant des pressions. Quelques dirigeants syndicaux ont été démis de leurs fonctions.

Veuillez envoyer un message de protestation au président, au gouvernement et au parlement du Kirghizstan pour exprimer votre soutien aux syndicats et demander aux autorités de retirer le projet de loi sur les syndicats.

Toute pression exercée sur les syndicats, leurs dirigeants et leurs militants, ainsi que l’ingérence de l’État et des forces de l’ordre dans les activités des syndicats doivent cesser immédiatement.

Le syndicalisme n’est pas un crime, les militants pas des terroristes

Dans la période la plus sombre depuis la fin de la dictature du président Marcos en 1986, le mouvement syndical aux Philippines s’est rassemblé pour lutter et sauver la démocratie. Le Conseil de Global Unions (CGU) l’a rejoint et soutient sa lutte. Ce 30 novembre marquait la dernière mobilisation en date de Global Unions. Cette journée d’action a mis en lumière la progression du despotisme et appelle le gouvernement des Philippines à respecter ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme.

 

Sous le régime du Président Duterte, les syndicats, les médias et les journalistes indépendants, les hommes politiques de l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme ont été victimes d’attaques incessantes. Les autorités gouvernementales ont orchestré le harcèlement, qui vise souvent les femmes et les représentants des peuples indigènes et des groupes défavorisés, le “red-tagging” et la désinformation sur les médias sociaux.

Selon un rapport de la Commission des droits de l’homme des Nations unies publié en juin, “Facebook a supprimé au moins 200 publications relevant de comportements inauthentiques coordonnés et constatés sur des pages, groupes et comptes de Facebook et d’Instagram qui étaient liés à un réseau organisé par le responsable des médias sociaux de la campagne électorale du Président”. Selon le même rapport, “La rhétorique nuisible des plus hauts niveaux du gouvernement a été omniprésente et profondément préjudiciable. Certaines déclarations ont atteint un niveau que l’on peut qualifier d’incitation à la violence.”

Les détentions, les arrestations, les procès basés sur de fausses preuves et le red-tagging se sont accélérés. Le nombre de syndicalistes, de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme assassinés ne cesse d’augmenter. À de rares exceptions près, ces abus se produisent en toute impunité. Des exemples dramatiques de la répression de la presse libre sont la condamnation du PDG des médias Maria Ressa pour “cyberdiffamation” et l’arrêt de la diffusion d’ABS-CBN. La manipulation des médias sociaux, cependant, occulte ces violations des droits de l’homme pour une grande partie de la population.

Le red-tagging (littéralement : “étiquetage rouge”) est de plus en plus fréquent. Cette pratique, consistant à étiqueter des individus ou des groupes comme étant des terroristes communistes, a entraîné des menaces et de la violence. Dans certains cas, il s’agit en fait d’une condamnation à mort.

La protection juridique des droits de l’homme, déjà faible, y compris la liberté syndicale et d’expression, a subi un nouveau coup dur avec l’adoption de la loi antiterroriste en juillet. Cette loi a élargi et rendu plus arbitraire la législation existante. Elle élargit la définition du terrorisme pour intimider la dissidence et l’opposition et permet la détention sans mandat pendant trois à quatorze jours, renouvelable pour dix jours supplémentaires. C’est un autre instrument pour terroriser ceux qui osent parler et s’organiser en les accusant d’être des terroristes.

Le CGU appelle une nouvelle fois le gouvernement des Philippines à mettre fin à ses violations des droits de l’homme et à rejoindre la famille des nations démocratiques. Cependant, nos appels ainsi que les décisions répétées de l’Organisation internationale du travail et du Conseil des droits de l’homme des Nations unies ont été ignorés ou ont donné lieu, au mieux, à des promesses creuses.

Le Parlement européen a adopté une Résolution sur la situation aux Philippines, y compris le cas de Maria Ressa. Elle détaille les violations des droits de l’homme et demande à la Commission européenne de revoir le SPG+, qui offre au pays un accès privilégié au marché européen. Il existe des systèmes SPG ailleurs, notamment aux États-Unis, un important partenaire commercial des Philippines.

Les gouvernements, individuellement et collectivement, doivent faire savoir clairement qu’ils ne toléreront pas les atrocités du gouvernement philippin en maintenant des accords économiques favorables, tandis que les entreprises et les acteurs économiques doivent respecter les normes universelles des droits de l’homme dans le pays, y compris dans leurs chaînes d’approvisionnement, et ne pas tirer profit des faiblesses des processus et des réglementations commerciales.

La démocratie est dans un état critique aux Philippines, mais elle n’est pas encore morte. C’est parce que de nombreux Philippins courageux se battent pour elle. Le peuple philippin a besoin du soutien mondial qu’il mérite et il en a besoin de toute urgence. C’est le moment pour les gouvernements qui soutiennent les droits de l’homme universels de sortir du rang et de montrer que leurs engagements ne sont pas que des mots.

Appel à l’action en Asie du Sud-Est pour promouvoir la ratification de la C190

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et du début des 16 jours d’action contre la violence sexiste, 120 femmes et hommes des affiliés d’IndustriALL en Asie du Sud-Est ont manifesté leur vif soutien à l’appel à l’action en vue de promouvoir la ratification de la Convention 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.

Alors qu’ils participaient ce 25 novembre, via Zoom, à la 3e Conversation d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est sur la ratification de la Convention 190, des syndicalistes d’Australie, du Cambodge, du Japon, d’Indonésie, de Corée, de Malaisie, de Mongolie, du Myanmar, des Philippines, de Thaïlande et du Vietnam ont pris l’engagement de recruter syndicalement les travailleurs et travailleuses autour de la campagne visant à mettre fin à la violence et au harcèlement sur les lieux de travail.

 

En Indonésie, les femmes syndicalistes concentrent leur énergie sur l’inclusion de l’égalité des sexes dans les conventions collectives, après que le Comité des femmes d’IndustriALL pour l’Indonésie a découvert que 77 % des 186 conventions étudiées au total ne contenaient pas de dispositions sur le harcèlement sexuel.

Ira Laila Budiman, Secrétaire du Comité des femmes d’IndustriALL en Indonésie, a déclaré :

“Nous demandons instamment à tous les affiliés indonésiens d’insérer dans les conventions collectives une disposition sur la violence et le harcèlement au travail. Nous pensons que c’est réalisable ; depuis 2014, nous avons réussi à inclure des dispositions relatives à un congé de maternité de 14 semaines dans 33 conventions collectives.”

Les femmes syndicalistes philippines font activement campagne pour des politiques d’intégration de la dimension de genre. Après un intense lobbying, le gouvernement philippin a promulgué en 2019 la loi sur l’extension du congé de maternité, qui prévoit à cet égard 105 jours de congé payé.

Eva Arcos, Coprésidente du Comité des femmes d’IndustriALL Global Union et Vice-présidente nationale d’Associated Labor Unions, a déclaré :

“Les affiliés d’IndustriALL aux Philippines ont entamé le dialogue avec le ministère du travail et de l’emploi et d’autres parties prenantes, nous avons rencontré les défenseurs des droits des femmes au Sénat philippin pour promouvoir la question de la Convention 190. La campagne en faveur de la ratification va se poursuivre.”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est à conclu :

“La Convention donne aux syndicats l’élan nécessaire pour appeler à l’élimination de toutes les formes de violence et de harcèlement sur le lieu de travail. IndustriALL continuera à aider ses affiliés à utiliser la Convention pour changer la vie des femmes et des hommes.”

Les syndicats de l’électricité s’engagent à se soutenir mutuellement

 

La réunion du réseau de l’électricité a été ouverte par la Vice-présidente du secteur, Gwenne Farrell, Canada, qui a évoqué comment la pandémie a entraîné une vague de solidarité entre gens ordinaires et nous a rappelé que nous devons nous soutenir mutuellement.

Diana Junquera Curiel, Directrice d’IndustriALL pour l’énergie, a évoqué la situation dans le secteur pendant la pandémie. Malgré le confinement, la demande mondiale d’électricité n’a diminué que de deux pour cent cette année, de sorte que ce secteur n’a pas été aussi fortement touché que d’autres. Les travailleurs du secteur de l’électricité sont considérés comme essentiels et ceux qui ne pouvaient pas accomplir leurs tâches depuis leur domicile ont dû se rendre sur leur lieu de travail malgré le confinement. Certaines entreprises, dont celles avec lesquelles IndustriALL a conclu des accords-cadres mondiaux, comme ENGIE et ENEL, ont bien réagi, en offrant une assurance vie et une couverture santé à l’ensemble de leur personnel dans le monde entier et en introduisant des mesures de sécurité spécifiques.

Diana Junquera a parlé des tendances futures dans le secteur. L’électricité sera produite par des sources plus diversifiées, notamment via le solaire photovoltaïque, et les réseaux électriques devront être plus souples pour faire face à l’évolution de l’offre. Cela nécessitera un développement important des infrastructures et les syndicats doivent faire pression sur les gouvernements et les entreprises pour que l’avenir de l’énergie fasse l’objet d’investissements.

En particulier, une expansion massive de la capacité du réseau est nécessaire, ainsi que des moyens de stocker l’énergie pour les pics de demande. Cela comprendra le développement de batteries et de systèmes de stockage de l’énergie. Parmi les scénarios possibles, on peut citer l’investissement à grande échelle dans les batteries par les compagnies d’énergie, ou l’utilisation de la capacité croissante des voitures électriques, qui sont chargées la nuit lorsque la demande est faible.

Dans son intervention, Matt Murphy, Australie, a déclaré que l’expérience avait montré qu’il était essentiel pour les syndicats d’avoir une forte présence au niveau du réseau national. Jesus Crespo Torres, Espagne, a fait remarquer que les entreprises se tournent vers les énergies renouvelables, mais que c’était aux syndicats de veiller à l’aspect social de la transition. Les délégués espagnols ont parlé de la fermeture des mines de charbon et des centrales thermiques dans leur pays et des bons accords négociés conjointement avec le gouvernement espagnol et les entreprises pour garantir une Transition juste pour les travailleurs.

Les délégués français ont évoqué les scissions d’EDF et ENGIE et l’action conjointe que les syndicats ont menée le 26 novembre, pour exiger des actes de la part de la Commission européenne, du gouvernement français et des entreprises. Les représentants du monde entier ont exprimé leur solidarité avec les travailleurs et travailleuses de France, beaucoup d’entre eux affirmant qu’ils sont confrontés à des problèmes similaires.

Glen Mpufane, Directeur de la section des mines d’IndustriALL, a parlé des liens entre l’électricité et l’exploitation minière au niveau des chaînes d’approvisionnement. Il a évoqué le cas de la mine du Cerrejón en Colombie, où les travailleurs sont en grève depuis près de 80 jours contre l’imposition d’exécrables nouvelles conditions d’emploi. Ce charbon est exporté, principalement vers l’Europe et la Turquie, pour la production d’électricité.

Le Secrétaire général adjoint, Kemal Özkan, a parlé du travail d’IndustriALL pour syndiquer dans la chaîne d’approvisionnement en batteries et de l’importance pour les électriciens de faire partie de ce réseau.

“Comme les batteries deviennent de plus en plus importantes, cartographier et recruter syndicalement au niveau de la chaîne d’approvisionnement, de l’extraction minière jusqu’à la production, est essentiel” a-t-il déclaré.

Photo © Trevor Rickard (cc-by-sa/2.0)