2020, année de carnage pour les mineurs au Pakistan

Les syndicats de mineurs pakistanais sont scandalisés par ce carnage incessant dans les mines du pays. Malgré des années de campagnes nationales et internationales et des réunions de haut niveau avec des représentants du gouvernement et de l'OIT, rien n'a changé.

La litanie des accidents mortels n'est que trop connue : les effondrements, les électrocutions, les basculements de decauvilles et les gaz mortels ne cessent de faire des victimes, presque quotidiennement. Après les accidents, l'absence de plans d'urgence adéquats impose aux mineurs de secourir les survivants et d'extraire les corps de leurs collègues des décombres. Les familles endeuillées reçoivent une indemnisation minime, sans plus.

Les syndicats sont choqués par le fatalisme qui fait accepter ces décès; ils sont persuadés que l'indifférence des autorités nationales et provinciales et des propriétaires de mines constitue un terrible manquement à leurs devoirs.

Les mines sont souvent dans des zones reculées où l'état de droit est très relatif. Les syndicats réclament plusieurs choses pour faire changer la situation. Il faut ratifier et appliquer la convention 176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines en intégrant ses principes dans les législations nationale et provinciales. Il faut que les employeurs comme les travailleurs reçoivent une formation à la sécurité dans les mines. Il faut que le Pakistan développe ses services d'inspection du travail et de la santé et s'assure que les propriétaires de mines agissent en conséquence.

Plusieurs organisations, dont IndustriALL Global Union et l'OIT, ont proposé leur assistance. IndustriALL a publié des guides sur la sécurité dans les mines en anglais et en ourdou et proclame depuis longtemps que la première chose à faire est que le gouvernement pakistanais ratifie la convention 176 de l'OIT.

Une effroyable attaque terroriste, commise le 3 janvier à Mach, dans la province du Baloutchistan, a encore souligné la situation précaire des mineurs, tuant 11 d'entre eux. Ils ont été abattus dans les logements d'une mine par un affidé pakistanais de l'État islamique, pendant une attaque contre des membres de la minorité chiite hazara.

Le 7 janvier, des fédérations de syndicats de mineurs ont défilé dans Quetta, chef-lieu de la province du Baloutchistan, et bloqué les routes pour protester contre les attaques terroristes et contre l'anarchie et l'insécurité qui règnent dans les régions minières.

Le secrétaire général adjoint d'IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

"Le gouvernement pakistanais ne semble pas se soucier de ce honteux carnage dans les mines de son pays. Nous-mêmes ainsi que l'OIT l'avons pressenti à plusieurs reprises, à Islamabad et à Genève, pour l'exhorter à ratifier et appliquer la convention 176. Il ne l'a pas fait. Lorsqu'il le fera, nous sommes prêts à l'aider par une formation à la sécurité dans les mines pour faire changer les choses." 

Le sidérurgiste POSCO coupable d'homicide industriel selon un syndicat

Les travailleurs de POSCO réclament l'arrestation du P-DG Jeong-Woo Choi

Les accidents survenus en novembre et en décembre à l'usine sidérurgique POSCO de Gwangyang, en Corée, ont fait cinq morts chez les travailleurs. Le 24 novembre, une explosion survenue à proximité d'un haut fourneau a provoqué la mort de trois travailleurs. Dans d'autres incidents survenus les 9 et 23 décembre, deux autres travailleurs de POSCO ont perdu la vie.

Conférence de presse du 25 novembre

Cet accident mortel est le dernier en date des 18 survenus en trois ans dans les usines de Pohang et Gwangyang du groupe. Les travailleurs de POSCO sont morts par asphyxie, dans des explosions, des incendies, écrasés, dans des chutes et par un excès de travail. Les accidents se sont succédé malgré l'inspection des installations effectuée par le ministère du Travail.

Conférence de presse du 24 décembre

Le KMWU, affilié à IndustriALL Global Union, est convaincu que la sécurité sur les lieux de travail de POSCO ne pourra s'améliorer que lorsque des représentants des syndicats pourront participer pleinement aux mécanismes de la sécurité. Et pourtant, POSCO a récemment licencié trois activistes syndicaux pour avoir dénoncé l'antisyndicalisme de l'entreprise et ne les a pas réintégrés, même après que la Commission nationale des relations de travail ait jugé leur licenciement abusif.

Pour le syndicat, POSCO subit des catastrophes industrielles majeures à cause des décisions de la direction de ne pas moderniser des installations et des outillages vieillissants, de réduire le nombre des travailleurs contractuels, et d'externaliser les risques plutôt que de les supprimer.

POSCO refuse au KMWU l'accès aux lieux des accidents et n'autorise pas ses experts en sécurité à participer aux enquêtes. La direction ne dévoile pas les causes réelles des accidents à l'issue des enquêtes, exposant ainsi d'autres travailleurs aux mêmes risques qui ont tué leurs collègues.

La Corée du Sud a le taux le plus élevé d'accidents mortels du travail des pays de l'OCDE et, chaque année, 2.400 travailleurs périssent dans des accidents industriels. En 2018, des organisations syndicales et de la société civile ont lancé une campagne réclamant une loi sur l'homicide industriel lorsqu'un jeune travailleur d'une vingtaine d'années fut retrouvé mort dans une centrale électrique après que l'entreprise ait enfreint les procédures de fonctionnement normales. 

La pétition ayant recueilli 100.000 signatures, le projet de texte a été soumis à l'Assemblée nationale de Corée. Son but est d'imposer de lourdes pénalités aux employeurs qui causent la mort de travailleurs et de faire en sorte qu'ils adoptent un ensemble de mesures de prévention.

Le KMWU est persuadé que, si le texte est adopté, la première personne qui sera appelée à rendre des comptes est le P-DG de POSCO, Jeong-Woo Choi.

Le KMWU réclame une inspection du travail avec une participation syndicale garantie, un système d'intervention associant la direction et les travailleurs, des mesures de sécurité fondamentales qui remédient aux causes profondes, des mesures pour améliorer un matériel vieillissant et la fin de l'externalisation des risques.

Le responsable du KMWU en charge de l'international, Hyewon Chong, déclare :

"Permettre à un syndicat démocratique d'agir librement est une condition préalable à la mise en place d'un système de sécurité crédible dans les usines sidérurgiques. Or, plutôt que de collaborer avec le syndicat, pour sécuriser ses installations, POSCO a licencié trois activistes syndicaux parce qu'ils ont dénoncé ses projets pour combattre le syndicat."

Le directeur d'IndustriALL en charge de l'industrie des métaux de base, Matthias Hartwich, déclare :

"Nous nous joignons au KMWU pour exiger que POSCO rende des comptes pour de fréquentes catastrophes industrielles qui auraient pu être évitées et demander que les responsables soient poursuivis. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que nos collègues périssent dans des accidents évitables. Il faut que cela cesse, tout de suite !"

Manifestation contre les homicides industriels de POSCO

Les cols blancs dans un monde du travail en mutation

“Avec l’automatisation croissante des industries, il y aura davantage de cols blancs ; la transformation technologique vient estomper la démarcation entre cols bleus et cols blancs. Avec Industrie 4.0 et le développement du télétravail et du travail en ligne, les employés risquent de devenir de plus en plus stressés, sans distinction claire entre le travail et le temps libre, avec une évolution rapide des compétences et une pression constante à se réadapter.

Les syndicats doivent être présents pour répondre aux besoins de tous les travailleurs et travailleuses et faire réglementer les nouvelles méthodes de travail,”

indique Atle Høie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union.

La pandémie a également entraîné une augmentation du chômage parmi les cols blancs. En Inde, ce sont eux qui ont subi les plus fortes pertes d’emploi ; en Suède, Unionen signale une augmentation du chômage parmi les consultants et les travailleurs des petites entreprises. La CGC-CFE a fait état d’une augmentation du nombre de licenciements parmi ses membres. Les travailleurs en sous-traitance sont plus touchés, car leurs petites et moyennes entreprises ont du mal à résister au ralentissement économique. La situation pourrait s’aggraver l’année prochaine et nul ne sait de quoi sera fait l’emploi de ces travailleurs.

Début 2020, moins de cinq pour cent d’entre eux effectuaient leur travail à distance, selon le FEM. Aujourd’hui, plus de la moitié des travailleurs hautement qualifiés travaillent à distance et le télétravail généralisé pourrait devenir une caractéristique permanente. Selon ce rapport, 84 % des employeurs sont prêts à numériser rapidement les processus de travail, y compris par une expansion significative du travail à distance, avec la possibilité de consacrer 44 % de leurs effectifs à des activités à distance.

Selon les enquêtes menées par les employeurs et les syndicats auprès des travailleurs et travailleuses qui fonctionnent à domicile depuis le début de la pandémie, ces personnes seraient désireuses de continuer à télétravailler plusieurs jours par semaine, citant l’autonomie et la flexibilité parmi leurs principales raisons.

Les questions qui ont été soulevées, telles que le manque de matériel informatique approprié, le mauvais environnement ergonomique, lors de la mise en place du télétravail si rapidement et à si grande échelle en mars de cette année, soulignent la nécessité d’une planification et d’une réglementation appropriées.

Le guide juridique de la CSI sur le télétravail résume les nouvelles préoccupations à traiter, notamment les contraintes ergonomiques ; l’émergence de risques psychosociaux pour la santé et la sécurité liés à l’isolement de ces collègues ; les questions liées à la vie privée des travailleurs et travailleuses étant donné que la capacité des employeurs à utiliser la surveillance électronique est renforcée ; la limitation de l’avancement professionnel, en particulier des femmes ; le risque associé de violence domestique ; la démarcation floue entre le travail et la vie familiale et le stress accru qui en découle, principalement pour les travailleuses ; le rôle limité des inspections du travail, qui rend l’application du droit du travail plus difficile.

Les syndicats doivent de toute urgence négocier de nouvelles conventions pour réglementer le télétravail. De nouvelles législations et conventions sur le télétravail ont été négociées. L’OIT a publié un guide pratique sur le télétravail pendant la pandémie et au-delà. Des syndicats, comme Unite au Royaume-Uni, ont élaboré des principes directeurs et des conventions types.

Les syndicats devront également s’adapter à ces nouvelles conditions de travail. Comment les syndicats accomplissent-ils leur travail lorsque les travailleurs et travailleuses fonctionnent à distance ? Comment s’assurer que le travail à distance ne sera pas une excuse pour déplacer l’emploi vers des pays où le droit du travail n’est pas respecté ?

La crise actuelle, associée aux nouvelles technologies, a amené les entreprises à repenser leurs méthodes de travail et pourrait contribuer à l’augmentation du travail à la chaîne chez les employés. Le « crowdworking » (travail associatif) est apparu au début des années 2000 et consiste en une externalisation du travail vers un vaste groupe de travailleurs en ligne, géographiquement dispersés, par l’intermédiaire de plateformes numériques qui fournissent l’infrastructure technique permettant aux demandeurs de proposer des tâches à des travailleurs potentiels.

Outre la mise en relation des clients et des travailleurs, les plateformes s’occupent également de la passation de contrats, du suivi du temps de travail, des contrôles, de la facturation et de la résolution des litiges, ce qui permet d’effectuer l’ensemble des relations à distance. Les emplois vont de la programmation informatique sophistiquée, en passant par l’analyse de données et la conception graphique, à de simples micro-tâches de bureau.

Il est difficile d’obtenir des données sur l’ampleur du crowdworking, mais selon l’OIT, le marché du travail en ligne a connu une croissance de 25,5 % entre juillet 2016 et juin 2017.

La majorité des employeurs sont situés dans des pays à revenu élevé, tandis que la plupart des travailleurs et travailleuses se trouvent dans des pays à revenu faible ou moyen. La plus grande partie de la demande de travail en ligne, 41 %, provient d’employeurs basés aux États-Unis.

La pandémie a montré le potentiel d’une main-d’œuvre numérique. Les entreprises pourraient désormais favoriser les sous-traitants en ligne et à distance embauchés par le biais de plateformes web par rapport aux travailleurs sous-traitants sur site embauchés par des agences de placement traditionnelles. Par exemple, pour la mise en place et la maintenance d’outils numériques, si les grandes entreprises disposent de prestataires de services informatiques, les petites et moyennes entreprises pourraient se tourner vers les plateformes de travail en ligne pour répondre à ces besoins.

Les travailleurs se tournent vers le crowdworking en quête de plus de flexibilité et d’autonomie, ou d’un complément de salaire provenant d’un autre emploi, ou ils ne peuvent tout simplement pas trouver de travail traditionnel. Les avantages liés au crowdworking ne doivent pas cacher la précarité et l’insécurité de cette forme d’emploi, ainsi qu’une protection sociale faible ou inexistante. En outre, cette façon de travailler peut exacerber les inégalités entre les sexes.

La majorité du crowdworking n’est pas soumis à la réglementation du travail, de sorte que les travailleurs n’ont guère de prise sur le moment où ils auront du travail ou sur les conditions dans lesquelles s’effectue ce travail. Ils disposent également de possibilités de recours limitées en cas de traitement inéquitable.

Des affiliés d’IndustriALL défendent les droits des travailleurs occupés par des plates-formes et prennent dans plusieurs pays des mesures pour améliorer leurs conditions de travail. En 2015, les syndicats ont lancé le site FairCrowdWork.org, qui recueille auprès des travailleurs et des syndicats des informations sur le crowdworking, le travail basé sur des applications et d’autres formes de travail reposant sur les plates-formes. Le site propose des évaluations des conditions de travail sur différentes plateformes de travail en ligne, basées sur des enquêtes menées auprès des travailleurs et travailleuses. Il s’agit d’un projet conjoint de la Chambre autrichienne du travail, de la Confédération autrichienne des syndicats et de Unionen.

En 2017, IG Metall, les plateformes signataires et l’Association allemande de production participative (crowdsourcing) ont créé un Bureau de médiation pour faire appliquer un code de conduite et résoudre les conflits entre les travailleurs et les plateformes signataires. Le Bureau du Médiateur, géré par IG Metall, résout tout litige.

“Les syndicats doivent prendre des mesures innovantes pour répondre aux besoins et aux préoccupations des cols blancs si nous voulons syndiquer davantage d’entre eux et adapter et encadrer l’avenir du travail,”

estime Atle Høie.

Les FSI réclament justice pour la militante saoudienne des droits des femmes Loujain al-Hathloul

Si elle est reconnue coupable, Loujain al-Hathloul, l’une des plus ardentes militantes des droits humains en Arabie Saoudite, risque jusqu’à 20 ans de prison.

Loujain Al-Hathloul s’est engagée dans la promotion des droits des femmes dans son pays depuis plusieurs années, notamment dans les mouvements visant à permettre aux femmes de conduire un véhicule et de revendiquer la liberté de mouvement.

Le 15 mai 2018, Mme Al-Hathloul a été arrêtée, et est depuis lors détenue pour des raisons de sécurité nationale, dans des circonstances qui s’apparentent à celles d’une arrestation et d’une détention arbitraires.

La défense des droits humains ne peut jamais être considérée comme une menace pour la sécurité nationale. Le militantisme en faveur des droits des femmes n’est pas du terrorisme.

Loujain al-Hathloul doit être libérée immédiatement et sans condition et toutes les charges retenues contre elle doivent être abandonnées.

Le mouvement syndical international est solidaire de tous ceux qui défendent les droits humains et les libertés fondamentales et demande que justice soit faite immédiatement pour Loujain al-Hathloul.

DOSSIER: Diligence raisonnable au sein de la chaîne d’approvisionnement en batteries

DOSSIER

Global Worker No. 2 novembre 2020

Texte: Georg Leutert

Thème: The battery supply chain

La production de batteries sera l’une des activités industrielles qui connaîtra la plus forte croissance dans les années à venir. Aujourd’hui déjà, la lutte pour les principales matières premières, le cobalt, le lithium, le cuivre et le nickel, entraîne des violations flagrantes des droits de l’homme et des travailleurs ainsi que des conséquences environnementales inacceptables : travail des enfants, destruction du cadre de vie des populations indigènes, destruction écologique, pénurie d’eau, etc.

Aujourd’hui, quelques entreprises d’Asie de l’Est, originaires de Chine, du Japon et de Corée, dominent la fabrication des batteries au plan mondial et la plupart des matières premières sont traitées dans des raffineries chinoises. Le raffinage des matières premières est largement dominé par les entreprises chinoises, ce qui signifie un grave manque de transparence et un défi majeur.

Si le monde veut réduire ses émissions de CO2, les batteries doivent s’étendre à une vaste gamme de produits, tels que les véhicules électriques et les systèmes de batteries de stockage, qui utilisent un réseau intelligent et une énergie verte et/ou renouvelable.

À mesure que la chaîne d’approvisionnement des batteries s’élargit, tant en termes d’acteurs que de volume, et devient plus complexe, la demande des produits miniers destinés à alimenter la technologie des batteries s’accroît également. 

Par conséquent, il est stratégiquement important qu’IndustriALL soit impliqué dans le processus de diligence raisonnable pour garantir les droits des travailleurs et syndiquer les travailleurs de cette chaîne d’approvisionnement.

Dès lors que nous aurons recueilli des informations à tous les stades de la chaîne d’approvisionnement, nous pourrons travailler avec toutes les parties prenantes à élaborer des stratégies qui amélioreront concrètement la situation sur le terrain.

la chaîne d’approvisionnement en batteries

L’extraction des matières premières nécessaires, en particulier le cobalt, le lithium, le nickel et le cuivre, connaîtra une croissance spectaculaire et créera de nouveaux emplois. Mais les problèmes déjà existants concernant les droits syndicaux fondamentaux, le travail des enfants, l’environnement, les droits des peuples indigènes, etc. vont également s’aggraver.

Trois grands acteurs du secteur de la chimie et de l’électronique, la Chine (CATL), le Japon (Panasonic) et la Corée (LG Chem), dominent la production de modules de batteries et de nouveaux acteurs tentent d’entrer sur le marché.

Le secteur automobile a fait l’objet d’un intense débat sur la question de savoir s’il faut fabriquer ou faire fabriquer. La plupart des constructeurs automobiles décident d’acheter les modules et d’assembler eux-mêmes les batteries.

Le secteur de l’énergie s’intéresse principalement à des solutions rationnelles pour le stockage de l’énergie (verte) afin de compenser les fluctuations de la demande et de la production. Les efforts se concentrent principalement sur l’installation de réseaux intelligents et, dans ce contexte par exemple, l’intégration et l’utilisation de batteries présentes dans des voitures.

Faire entendre la voix des travailleurs, des mines aux voitures

“Des conditions de travail décentes et le respect concret des droits de l’homme et des travailleurs tout au long des chaînes d’approvisionnement mondiales sont quelques-uns des sujets les plus pertinents et les plus difficiles pour IndustriALL”,

déclare Atle Høie, Secrétaire général adjoint de l’internationale.

“Nous voulons profiter de la dynamique du marché croissant des batteries pour développer et mettre en œuvre une approche intégrée de la chaîne d’approvisionnement depuis les mines jusqu’aux utilisateurs finaux.”

Alors que les syndicats sont bien présents sur les sites de production propres des grandes multinationales, les violations des droits des syndicats se multiplient rapidement tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement. La responsabilité des multinationales au niveau de leurs chaînes d’approvisionnement est bien établie par les Principes directeurs des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme, mais en l’absence de réglementations internationales et nationales applicables, les multinationales n’ont à répondre de rien.

Il est important de cartographier les chaînes d’approvisionnement mondiales pour savoir où nous, en tant que fédération internationale, avons une influence sur les violations des droits syndicaux au sein des chaînes d’approvisionnement des multinationales. Un constructeur automobile de stature mondial sera obligé de se préoccuper de l’endroit où son cobalt et son lithium sont extraits, de la fabrication de ses batteries et de la manière dont l’énergie est stockée.

IndustriALL s’est porté candidat à un projet de la FES pour développer la stratégie des chaînes d’approvisionnement. Ce projet comprend l’étude et la cartographie de chaînes d’approvisionnement, des réunions stratégiques avec des experts et des réunions internationales de syndicats qui sont présents tout au long des chaînes d’approvisionnement.

“L’objectif est de créer un dispositif ou une plate-forme de dialogue social avec les principales parties prenantes afin de parvenir à un travail décent pour tous tout au long de la chaîne d’approvisionnement. IndustriALL est la seule fédération syndicale internationale capable de coordonner les syndicats du monde entier et de contribuer à une politique visant à obtenir un travail décent tout au long de la chaîne d’approvisionnement des batteries. Le mouvement syndical international devient plus important que jamais”,

indique Atle Høie.

Ce qu’IndustriALL souhaite :

La réglementation des chaînes d’approvisionnement mondiales non durables et la garantie d’emplois dans le secteur manufacturier sont des éléments clés du travail stratégique d’IndustriALL dans la foulée de la pandémie.

L’industrie manufacturière doit continuer à être le moteur des économies nationales. Cette initiative d’IndustriALL s’intéressera au modèle mondial de commerce et de production, car la crise a mis en lumière les risques énormes qui pèsent sur les droits des travailleurs dans des chaînes d’approvisionnement mondiales non réglementées. Nous revendiquerons qu’une diligence raisonnable concernant les droits de l’homme et du travail soit obligatoire et réglementée aux niveaux international et national par une législation contraignante.

Des attaques inquiétantes contre la législation du travail en Asie du Sud pendant la Covid-19

La pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement ont durement frappé les travailleurs d'Asie du Sud. Partout dans la région, les mesures prises par les gouvernements pour lutter contre la crise ont amputé leurs salaires, les ont licenciés sans indemnités, ont enfreint la législation du travail, les ont privés de leurs moyens de subsistance et, très souvent, jetés cyniquement à la rue des travailleurs précaires sans espoir d'avenir.

Grève nationale en Inde, le 26 novembre 2020

Le webinaire régional organisé le 4 décembre par le bureau d'IndustriALL pour l'Asie du Sud a montré que, dans toute la région, les syndicats se battent bec et ongles pour défendre les droits des travailleurs. Deux membres du Comité exécutif d'IndustriALL participaient à cette réunion : Sanjay Vadhavkar, de la Fédération des travailleurs de la sidérurgie, la métallurgie et la construction mécanique d'Inde, et Anton Marcus, du Syndicat du personnel des zones franches et des services généraux du Sri Lanka.

L'Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, le Bangladesh et le Népal ont connu des tentatives pour changer leurs législations du travail dans un sens négatif pour les travailleurs.

Sanjay Vadhavkar explique :

“En Inde, le gouvernement a apporté des changements à la législation sur le travail sans suivre la procédure parlementaire. Des amendements lourds de conséquences encouragent le travail précaire, limitent le recrutement des travailleurs permanents, affectent la négociation collective, éliminent pratiquement le droit de grève et rendent les travailleurs indiens plus vulnérables aux chocs sociaux et économiques causés par la pandémie. Ces changements à la législation du travail n'ont rien à voir avec l'attachement aux principes fondamentaux des droits des travailleurs professés par l'Inde dans les enceintes internationales.”

Action de protestation au Pakistan

Anton Marcus ajoute :

“Les employeurs sri-lankais proposent de nombreux amendements hostiles aux travailleurs et aux travailleuses, qui allongent la durée du travail, changent les conditions de travail, permettent le licenciement unilatéral sans l'approbation des autorités et vont jusqu'à préconiser une suspension de la législation du travail.”

Les syndicats indiens et sri-lankais s'opposent avec véhémence à ces propositions hostiles aux travailleurs. En Inde, ils ont organisé des grèves et des actions de protestation d'ampleur nationale. Au Sri Lanka, les affiliés se sont battus pour obtenir le versement des salaires pendant le confinement. Mais le gouvernement et les employeurs continuent de réclamer des changements à la législation du travail. Ces deux dirigeants ont appelé les affiliés d'Asie du Sud à manifester leur solidarité et défendre les droits des travailleurs.

Les délégués des syndicats pakistanais ont exprimé leurs préoccupations devant les propositions demandant l'arrêt des inspections du travail, devant le manque d'application des législations sur le travail et ils ont souligné la nécessité d'intégrer progressivement les législations du travail de toutes les provinces et d'institutionnaliser le dialogue social au niveau national.

Les représentants des syndicats du Bangladesh ont souligné les pertes de droits que subissent les travailleurs, notamment dans le secteur de la confection. Les représentants des travailleurs dans les comités tripartites officiels traitant de la législation du travail sont souvent mis sur la touche, au détriment du dialogue social.

Kemal Özkan, le Secrétaire général d'IndustriALL, a déclaré :

“Nous assistons à une attaque de grande ampleur contre la démocratie et les institutions démocratiques. La Covid-19 est une catastrophe naturelle, mais la manière dont les gouvernements réagissent est le produit de leurs politiques. Des gouvernements, agissant en collusion avec les employeurs, tentent de démanteler tous les droits et la protection légale que les travailleurs ont obtenus. Les lois portant sur les salaires, la sécurité sociale, la santé et la sécurité au travail sont changées pour priver les travailleurs de leurs droits fondamentaux. IndustriALL Global Union veut mener une action stratégique avec d'autres fédérations syndicales mondiales pour soutenir les efforts des affiliés qui veulent renforcer l'unité et la solidarité et résister ensemble aux attaques contre les droits des travailleurs aux niveaux national, régional et international.”

Les affiliés d'Asie du Sud ont décidé de renforcer les communications interrégionales, d'arrêter des stratégies communes et de mener d'autres actions pour défendre les droits des travailleurs.

Le mot du Secrétaire général

L’année se termine avec plus de 75 millions de personnes infectées et près de 1,7 million de morts, environ 500 millions d’emplois formels et 1,6 milliard d’emplois informels détruits et peu de signes de reprise à court terme. Bien que la vaccination commence dans certains pays, on craint sérieusement que l’accès universel aux vaccins ne soit pas une réalité dans les mois à venir.

La pandémie continue malheureusement à grimper avec de nouveaux records de cas quotidiens. Cela nous a obligés à reporter notre Congrès, qui devait avoir lieu en octobre dernier. Comme suite à une décision de notre Comité exécutif, le Congrès se tiendra entièrement en ligne en septembre 2021.

Nos affiliés dans le monde entier ont mené le combat pour protéger la santé, la sécurité, les emplois et les revenus de leurs adhérents, en accordant une attention particulière à ceux qui sont les plus touchés comme les femmes, les jeunes, les travailleurs et travailleuses noirs, les LGBTQIA+, etc. Dans le même temps, dans certains pays, nos affiliés ont réussi à mettre en place des alternatives pour éviter les licenciements comme des congés sans solde, du chômage partiel, des mises à pied temporaires, la réduction du temps de travail, etc.

Chez IndustriALL, nous avons mis en œuvre toutes nos ressources pour aider nos affiliés à changer radicalement la façon de travailler et nous avons réussi à plus que doubler le nombre d’activités mondiales et régionales qui ont compté près de dix mille participants grâce au mode en ligne. L’accès à notre site web a plus que doublé pour atteindre environ 200.000 visites par mois, et nous avons publié quatre guides sur la santé et la sécurité.

À ce jour, nous avons envoyé près de 400 lettres aux entreprises, aux gouvernements et aux organisations multilatérales ainsi des lettres de solidarité à nos affiliés (65 % de plus que la moyenne des quatre années précédentes), soutenant leur lutte pour la protection de la santé et de la sécurité, des emplois et des revenus de leurs membres.

Nous menons simultanément plus de campagnes que jamais : BHP, Glencore, Shell, Convention 176, Convention de Hong Kong, Convention 190 et secteur TCHC. Ce ne sont là que de simples indicateurs de la quantité de demandes supplémentaires que nous avons reçues et auxquelles nous avons répondu. Dans le Rapport du Secrétariat que j’ai remis au comité exécutif, j’ai énuméré le nombre de campagnes, de luttes, d’actions de solidarité et de récits où les syndicats gagnent #UnionWin, dans lesquelles nous avons été impliqués cette année.

Nous avons été aux côtés de nos affiliés et célébré avec eux leurs réussites lorsqu’ils se sont battus et ont pu gagner et toujours à leurs côtés pour mener le bon combat au nom des travailleurs et travailleuses. En 2021, nous continuerons à nous battre et à soutenir nos affiliés. Je voudrais par la présente rendre hommage publiquement aux efforts et la flexibilité de tout notre personnel des bureaux central et régionaux, qui a œuvré sans relâche, malgré les difficultés liées au travail à distance présentes pendant la majeure partie de l’année.

Brian Kohler, le directeur de la santé, de la sécurité et du développement durable d’IndustriALL, prendra sa retraite d’ici la fin de l’année. Nous lui sommes très reconnaissants pour son bon travail, son engagement et son esprit confraternel tout au long de ces années.

Après mûre réflexion, nous avons décidé de redistribuer certaines responsabilités au sein du bureau central, comme suit :

Les cols blancs sont un domaine dans lequel nous devons progresser de manière significative, étant donné la part croissante de ceux-ci dans la main-d’œuvre totale de l’industrie en général, sachant que les processus de production connaissent une accélération de leur saut technologique. Nous avons confié ce travail à notre collègue Armelle Seby. Nous allons remanier une partie des projets sous sa responsabilité, afin qu’elle puisse s’acquitter efficacement de cette nouvelle tâche en même temps que de ses responsabilités concernant les femmes travailleuses.

La santé et la sécurité continuent d’être extrêmement importantes pour notre organisation, d’autant plus que la pandémie place cette question au centre des préoccupations de nos affiliés. C’est un aspect qui doit être intégré à notre travail dans tous les secteurs et toutes les régions. Pour les questions spécifiques les plus importantes dans ce domaine, nos directeurs ont déjà mené toutes les actions comme Glen pour la C176 et Kan pour la Convention de Hong Kong. Notre collègue Glen Mpufane a été désigné comme personne de référence et point de convergence pour la santé et la sécurité professionnelles. Glen continuera à recevoir le soutien des bureaux régionaux pour le secteur minier afin de lui permettre de s’adapter à l’ajout de ce nouveau rôle.

La Transition juste et la durabilité sont et seront de plus en plus d’une extrême importance pour IndustriALL, car nos secteurs sont dans un processus de transformation accéléré par le passage des combustibles fossiles aux énergies renouvelables comme sources principales de production d’énergie. Notre collègue Diana Junquera a été désignée comme personne de référence et point de convergence pour la Transition juste et la durabilité, en grande partie parce qu’elle mène déjà un certain nombre d’actions dans ce domaine dans le cadre de ses responsabilités au niveau du secteur de l’énergie.

Industrie 4.0 sera de plus en plus une question cruciale à laquelle IndustriALL et surtout nos affiliés doivent répondre. Au cours des trois dernières années, nous avons pris de nombreuses initiatives pour sensibiliser nos affiliés : conférence mondiale, plan d’action, brochure (en 2017) et activités régionales (en 2018 et 2019). Nos directeurs prennent déjà l’initiative de s’attaquer aux impacts d’Industrie 4.0 dans les différents secteurs et nous avons conclu le premier ACM sur ce sujet avec Renault en 2019. D’autres sont en préparation avec davantage d’entreprises. Notre collègue Matthias Hartwich a été désigné comme personne de référence et point de convergence pour Industrie 4.0. C’est cohérent avec sa responsabilité pour les “Green Tech” (technologies vertes) dans le cadre du secteur de l’ingénierie mécanique.

Je souhaite plein succès à nos collègues dans leurs nouvelles fonctions et je vous demande à tous de faire preuve avec eux de la coopération habituelle.

Il est important de souligner que tous les directeurs de secteur et les régions continueront à être pleinement responsables des problématiques évoqués plus haut dans la mesure de leur impact sur les secteurs et régions respectifs. Nos collègues ci-dessus ont été désignés comme personnes de référence sur les thématiques reprises afin d’apporter une aide éclairée à l’organisation dans son ensemble (aux affiliés, à la direction, aux collègues des bureaux central et régionaux) chaque fois que cela s’avère nécessaire.

Je souhaite un joyeux Noël à ceux qui le célèbrent et une bonne année à TOUS.

En 2021, A LUTA CONTINUA, la lutte continue, ainsi que les premiers préparatifs de notre Congrès de septembre 2021 qui doit déboucher sur un plan d’action solide pour les années à venir.

AMANDLA AWETHU ! UNIS POUR UN AVENIR JUSTE !

Une grande avancée pour les travailleuses à domicile du Sind, au Pakistan

La Direction générale du travail et le gouvernement de la province pakistanaise du Sind ont signé avec notre affiliée HBWWF un mémorandum d'accord pour entamer le processus d'enregistrement des travailleuses à domicile.

Conformément à cet accord, toutes les travailleuses à domicile peuvent être enregistrées et la Direction générale du travail mettra en place un réseau d'enregistrement. La contribution de la HBWWF consistera à acheminer les travailleuses à domicile de toute la province du Sind vers les bureaux où elles pourront se faire enregistrer.

Zehra Khan, de la HBWWF, a déclaré :

"C'est un grand pas en avant pour la reconnaissance des travailleuses à domicile. Par cet enregistrement, nous pourrons constituer une base de données fiable qui donnera davantage de renseignements plus ciblés sur ces travailleuses. Cela aidera le gouvernement comme le syndicat à comprendre leurs besoins. Nous travaillons aussi avec le gouvernement du Sind à un régime universel de sécurité sociale pour les travailleuses à domicile."

 

La procédure d'enregistrement débute en décembre et devrait être terminée en trois mois. La HBWWF évaluera le processus et en assurera le suivi et elle apportera son soutien aux agents du ministère du Travail.

Apoorva Kaiwar, la secrétaire régionale d'IndustriALL pour l'Asie du Sud, a déclaré :

"Nous apprécions les efforts constants de la HBWWF et la coopération active du gouvernement du Sind avec le syndicat. L'engagement stratégique de la HBWWF en faveur d'une protection sociale pour les travailleuses à domicile est riche d'enseignements pour les autres provinces du Pakistan et aussi pour d'autres pays d'Asie du Sud. Maintenant plus que jamais, nous avons besoin d'une véritable protection sociale universelle et nous continuerons à soutenir les efforts de la HBWWF sur ce front."

Afrique du Sud : le syndicat conclut des négociations salariales difficiles dans la confection

Les négociations ont été menées sur des plateformes virtuelles et se sont conclues après que le syndicat a notifié l’ouverture d’un conflit du travail. Plusieurs réunions de conciliation ont été organisées pour sortir de l’impasse.

Plus de 70.000 travailleurs et travailleuses bénéficieront de cette convention collective, qui prévoit une augmentation des salaires supérieure à l’inflation et le versement de primes.

La plupart des membres du SACTWU travaillent dans le secteur de la confection et le syndicat est également présent dans le textile, le cuir et la chaussure, ainsi qu’au sein d’autres secteurs de la chaîne de valeur. Selon le gouvernement, ces secteurs représentent environ 2,5 % de l’industrie manufacturière sud-africaine et emploient principalement des femmes.

Le syndicat affirme que les négociations de cette année au sein du Conseil national pour l’industrie de l’habillement ont été difficiles en raison des perturbations causées par la pandémie, notamment les fermetures d’usines et de magasins de détail, les réductions d’effectifs et la diminution du temps de travail pour certains travailleurs et travailleuses. Certains employeurs ont même voulu transformer leurs contrats permanents en contrats temporaires et geler les salaires ; le syndicat a opposé une résistance farouche à ces propositions.

Le SACTWU mène depuis de nombreuses années une campagne sur le salaire vital et celle-ci ne s’est pas arrêtée pour cause de Covid-19. Toutefois, en raison des restrictions imposées par la pandémie, la campagne s’est poursuivie par le biais des médias sociaux et des plateformes en ligne.

En mars, le SACTWU a conclu une convention collective nationale déterminante dans le secteur du textile pour garantir le paiement de l’intégralité des salaires pendant le confinement.

Andre Kriel, Secrétaire général du SACTWU, a déclaré :

“Les propositions de gel des salaires de la part des employeurs en raison de la pandémie de Covid-19 ne sont pas du tout envisageables. Nous sommes déterminés à pousser, comme toujours, sans crainte ni faveur, les revendications de nos membres en matière de salaire vital. Nous sommes heureux qu’un accord mutuellement satisfaisant a été conclu dans l’industrie de l’habillement, dans des conditions économiques extrêmement difficiles.”

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile et de la confection, a déclaré :

“La Covid-19 a fait des ravages dans le secteur de la confection à l’échelle mondiale et nous félicitons le SACTWU de continuer à lutter pour des salaires vitaux dans ces conditions difficiles. Nous devons continuer à marteler que la pandémie ne peut pas servir d’excuse aux employeurs pour ne pas proposer des salaires vitaux.”

Les associations d’employeurs qui ont signé l’accord sont l’Association sud-africaine de l’habillement et du textile (ATASA), l’Association sud-africaine de l’habillement (SAAA) et l’Association des fabricants de vêtements du Transvaal (TCMA).

Photo : membres du SACTWU à l’occasion d’une manifestation nationale en 2017.

Les travailleurs de Goodyear Indonésie manifestent à nouveau

En avril, PT Goodyear Indonesia Tbk a licencié 44 travailleurs permanents, en invoquant la force majeure. Les travailleurs et leur syndicat, la Fédération des syndicats des travailleurs de la chimie, de l’énergie, des mines, du pétrole et du gaz (FSP KEP), ont protesté contre ce licenciement arbitraire.

Le 15 décembre, les travailleurs se sont rassemblés devant l’usine avec des banderoles et des pancartes disant “ne brisez pas le rêve de notre famille”, “reconnaissez notre contribution à l’entreprise“, “ne volez pas nos droits”.

Les travailleurs se sont engagés à mener une action collective tous les jours de 8h à 11h pendant deux semaines, pour protester contre le non-respect par l’entreprise de la recommandation de l’Agence pour l’emploi de la ville, qui a joué le rôle de médiateur.

Selon la FSP KEP, l’entreprise a refusé le conseil de la médiation et a plutôt porté le litige devant le tribunal du travail, le procès devant commencer le 16 décembre.

Bambang Surjono, Secrétaire général de la FSP KEP, a déclaré :

“PT Goodyear Indonesia Tbk devrait se conformer aux recommandations de la médiation, réintégrer les 44 travailleurs avec des arriérés de salaire et des avantages. Légalement, ils sont toujours des travailleurs de Goodyear, car le tribunal du travail n’a pas encore rendu de décision, l’entreprise doit verser ce à quoi ils ont droit conformément à la loi sur la main-d’œuvre n° 13 de 2003.

J’invite l’entreprise à joindre le geste à la parole par rapport à son slogan “Soyons dignes”, car les conditions de vie de ces 44 familles se détériorent. La direction doit respecter le droit du travail indonésien et assurer une vie décente à nos membres qui ont été arbitrairement licenciés.”

Tom Grinter, Directeur d’IndustriALL pour le secteur du caoutchouc a déclaré :

“Ce groupe de travailleurs bénéficie d’un soutien solidaire particulier de la part des syndicats du pneumatique en Thaïlande et d’IndustriALL Global Union. Notre message à la direction de Goodyear est simple : réintégrez immédiatement ces 44 salariés dévoués.”