La proposition syndicale sauve Rolls-Royce Barnoldswick

“La bataille pour Barnoldswick a été gagnée, un avenir perrenisé, une communauté unie”

“Un syndicat qui gagne – UNITE”

L’usine de moteurs à réaction de Rolls-Royce à Barnoldswick au Royaume-Uni a été sauvée au bout de neuf semaines de grève. Son avenir avait été mis en question l’été dernier lorsque Rolls-Royce a annoncé qu’elle transférait la production de ses pales de réacteur à Singapour. La main-d’œuvre s’est mobilisée et a entamé le 6 novembre dernier une action de grève ciblée qui s’est poursuivie jusqu’à la veille de Noël. Les travailleurs et travailleuses sont retournés sur les piquets de grève au début de l’année 2021.

La communauté de la petite ville de Barnoldswick, qui ne compte que 11.000 habitants, s’est mobilisée pour se défendre. L’usine Rolls-Royce, en activité depuis 1943, est le lieu de naissance du moteur à réaction et le principal employeur local. La fermeture du site aurait eu des conséquences dévastatrices pour la prospérité de la communauté locale.

Le conflit a reçu un large soutien au Royaume-Uni et des affiliés d’IndustriALL Global Union du monde entier se sont joints à leurs collègues pour envoyer des messages de solidarité.

Unite critique depuis longtemps le gouvernement britannique pour sa carence à élaborer une stratégie industrielle qui investisse dans la progression, la croissance et la transition de l’industrie manufacturière. Malgré l’absence de soutien politique, le syndicat a négocié un accord qui permet de sauver des emplois et des capacités de production tout en préparant l’avenir.

L’accord, qui bénéficie d’un soutien massif de la part des salariés, donnera au site historique une nouvelle vie en tant que site de fabrication principal et accueillera un nouveau centre d’excellence, qui formera des ingénieurs pour relever les défis de l’urgence climatique.

Les principaux détails de l’accord sont les suivants :

Atle Høie, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré :

“Ce litige a été très important pour le Comité directeur mondial de l’aérospatiale d’IndustriALL, car il crée un précédent très important. Cet accord témoigne de la ténacité et du courage de nos membres, ainsi que de la volonté de l’entreprise de négocier en toute bonne foi et d’écouter l’analyse de rentabilité alternative proposée par le syndicat. Nous pensons que cet accord révolutionnaire montre la voie à suivre pour le secteur, en préservant les emplois et les compétences tout en préparant l’avenir.”

Georg Leutert, Directeur d’IndustriALL pour le secteur aérospatial, a déclaré :

“Rolls-Royce est l’une des plus importantes entreprises du secteur et l’une des rares à permettre aux syndicalistes de se réunir régulièrement au niveau mondial. Les représentants de Rolls-Royce ont un siège permanent au sein du Comité de l’aérospatial. IndustriALL, Unite et l’entreprise espèrent se réunir prochainement pour évoquer le dialogue social au niveau mondial.”

Les syndicats français de l’énergie prévoient une journée d’action contre le démantèlement d’EDF

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Les quatre syndicats affiliés à IndustriALL Global Union, FNME-CGT, CFE-CGC Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines, ont organisé des journées d’action précédemment les 26 novembre, 10 et 17 décembre, ainsi qu’un mouvement de grève en 2019, pour manifester leur opposition au projet de dépeçage d’un actif national vital.

Les syndicats affirment qu’EDF a un rôle crucial et que la privatisation enlèvera les aspects de transparence démocratique et de dialogue social de la transition énergétique. Ils sont préoccupés par le manque de transparence ainsi que la détermination du gouvernement et des hauts responsables d’EDF à faire passer le projet en dépit d’une forte opposition. De nombreuses personnalités publiques, y compris des parlementaires et des maires, ont soutenu l’appel des syndicats et condamné le projet Hercule.

Dans une déclaration commune, les syndicats ont appelé à un nouvel effort pour arrêter le projet Hercule :

“Le démantèlement d’EDF qu’engagerait Hercule, quoi qu’en disent ses promoteurs, serait une catastrophe économique, industrielle et sociale, et signerait la fin de la raison d’être d’EDF au service de l’intérêt général

Nous ne pouvons pas laisser les responsables politiques et dirigeants d’EDF détruire notre entreprise pour complaire aux dictats de la concurrence, du marché et de la finance, sans se soucier du bien commun de la Nation.”

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches, dans un courrier de solidarité adressé aux syndicats, a écrit :

“IndustriALL Global Union rejoint fermement votre conviction que l’énergie est un bien public et un secteur stratégique. Il ne peut y avoir d’économie forte et durable sans indépendance énergétique et développement des infrastructures. La scission des activités énergie à travers le projet Hercule ne conduit à rien d’autre qu’au démantèlement progressif des géants de l’énergie.”

Coats Honduras prié de réintégrer des travailleurs licenciés

Fin septembre, ces quinze travailleurs ont été licenciés pour insuffisance des chiffres de production. Six réclament leur réintégration avec le syndicat de l'usine, le Sindicato de Trabajadores de la Empresa Coats Honduras S.A. (SITRACOATS), au motif que la décision a été prise sans que le syndicat ait été consulté, comme le veut la convention collective.

Cette première convention collective, qui a été signée avec la direction en 2019, est censée être la première étape d'un processus continu pour bâtir de bonnes relations professionnelles. Pour SITRACOATS, la réintégration de ces six personnes serait de nature à consolider la relation entre la direction et le syndicat.

"En tant que syndicat, nous sommes désireux de maintenir de bons rapports avec l'entreprise mais, lorsque des droits sont violés, notre rôle consiste non seulement à protester, mais aussi à réclamer réparation du préjudice. Nous demandons à Coats d'être raisonnable et de réintégrer les travailleurs qu'elle a licenciés le 24 septembre dernier. L'industrie change, mais la solidarité entre travailleurs est plus que jamais nécessaire,"

a déclaré Marco García, le secrétaire général du SITRACOATS.

Chaque fois qu'il a soulevé la question, la direction a répondu à plusieurs reprises que cela ne dépendait pas d'elle. Les six travailleurs se sont adressés aux autorités en charge des questions de travail pour demander leur réintégration.

Action de protestation pacifique contre les licenciements devant l'usine Coats, le 19 octobre 2020

Dans une lettre adressée au P-DG du groupe Coats, Rajiv Sharma, IndustriALL prie instamment l'entreprise d'aider à régler le problème et de réintégrer les six travailleurs, avec arriéré de salaire.

"Le syndicat avait de bons rapports avec l'entreprise et nous espérons qu'il existe une volonté de respecter l'intégrité de la convention collective et d'entamer un authentique dialogue en vue de la réintégration des travailleurs.

Je suis certain que le réseau syndical mondial de Coats est solidaire du SITRACOATS,"

a écrit le secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches.

SITRACOATS est affilié à la CGT et membre du Réseau mondial Coats d'IndustriALL.

 

Victoire syndicale en Philippine pour la protection des emplois de l’automobile

Selon la PMA, la politique actuelle a causé un grave préjudice à l’industrie de l’assemblage des véhicules automobiles dans le pays, ainsi qu’à sa chaîne d’approvisionnement. Mitsubishi Motors Philippines Corp. et Isuzu Philippines Corp. ont réduit leurs activités en supprimant respectivement plus de 400 et 100 emplois. En février 2020, Honda Motors Philippines a fermé son usine.

Le 5 janvier, le Ministère du commerce et de l’industrie a imposé un droit de sauvegarde sur les véhicules importés allant de 70.000 à 110.000 Php (de 1.457 à 2.289 dollars) pour les véhicules complètement assemblés, affirmant que le nombre de voitures particulières importées a augmenté de 35 % entre 2014 et 2018 et a accaparé 70 % de parts de marché. D’autre part, de 2017 à 2018, les emplois dans le secteur automobile ont chuté de 8 %.

Cette décision est le résultat d’une pétition lancée par la PMA, citant des données sur l’impact négatif des importations de véhicules complètement assemblés. La plupart de ceux-ci provenaient de Thaïlande, d’Indonésie et de Corée du Sud.

Le Président national de la PMA, Ruel Punzalan, a déclaré :

“Nous nous félicitons de la décision du Ministère du commerce et de l’industrie, qui représente le premier pas d’un long processus. Nous devons encore convaincre la Commission tarifaire des Philippines pour qu’au bout de 200 jours, elle impose cette mesure de sauvegarde pour un maximum de quatre ans. Nous espérons que cette mesure découragera la concurrence déloyale et donnera un ballon d’oxygène à l’industrie automobile locale. Le gouvernement doit soutenir l’industrie manufacturière locale et préserver l’emploi.”

Annie Adviento, Secrétaire régionale d’IndustriALL pour l’Asie du Sud-Est, a déclaré :

“Nous félicitons la PMA d’avoir réussi à faire pression sur le gouvernement pour une politique industrielle favorable aux travailleurs. C’est une excellente intervention du syndicat, qui s’inscrit dans le cadre du plan d’action d’IndustriALL pour un commerce qui soit au service de la population. Tout pays a la liberté d’utiliser ses prérogatives politiques au profit de ses travailleurs et travailleuses.”

Politique commerciale et industrielle : implications pour le développement et les normes internationales du travail

ENG

Les tentatives pour protéger et promouvoir les normes du travail par le biais d'accords commerciaux n'ont pas donné les résultats escomptés en raison de l'absence de clauses d'application forcée et de mécanismes institutionnels et d'un manque de volonté politique.

L'étude cherche à sensibiliser, à renforcer la solidarité entre les organisations syndicales et à susciter des actions de résistance à l'agenda du monde de l'entreprise, pour promouvoir un processus d'industrialisation inclusif et durable et influencer les politiques pour défendre les intérêts des travailleurs.

Centrée sur l'Afrique, l'Amérique latine, l'Asie-Pacifique et le Moyen-Orient, cette étude met en lumière les engagements pris en particulier dans une nouvelle génération d'accords commerciaux et d'investissement qui ont fortement limité les capacités des gouvernements à utiliser les outils de politique industrielle.

Elle démontre la nécessité de protéger l'espace politique, de renégocier, de dénoncer des accords nocifs et de se montrer vigilant sur les négociations actuelles pour pouvoir reprendre l'espace politique perdu et ne plus faire de nouvelles concessions.

"Au fil des ans, les politiques commerciales internationales ont été soumises aux intérêts des sociétés multinationales, au détriment des politiques industrielles souveraines, surtout dans les pays en développement. Les échanges commerciaux peuvent être un moteur du développement, pour autant qu'ils promeuvent le dialogue social, mettent à égalité les considérations sociales et économiques, répartissent la richesse qu'ils génèrent, revitalisent le multilatéralisme et promeuvent une transition juste axée sur le travail décent et le maintien des niveaux de vie. C'est pourquoi il est essentiel que les négociations se fassent en toute transparence et que, comme ils le réclament, les syndicats soient associés à la prise de décision, ce que souligne le plan d'action sur la politique commerciale et industrielle d'IndustriALL."

PROFIL: Le syndicat du pétrole de Singapour négocie avec les employeurs pour protéger les emplois

PROFIL

Global Worker No. 2 novembre 2020

Texte: Yap HWA NG

Pays: Singapore

Syndicat: Syndicat des travailleurs de l’industrie pétrolière de Singapour (UWPI)

L’UWPI, fondé en 1961, représente des milliers de travailleurs et travailleuses de l’industrie pétrolière et gazière de Singapour. L’UWPI est présent au sein de 35 entreprises, principalement au niveau de la pétrochimie et de la chimie, des terminaux de stockage, des services de ravitaillement en carburant pour avions et des entreprises liées à l’énergie. Parmi ces sociétés figurent Mitsui Phenol, Chevron Oronite, AkzoNobel, Bp, Infineum, Oiltanking Terminal et Ecogree Oleochemicals, entre autres.

La demande de pétrole à Singapour a chuté de façon radicale depuis le début du mois d’avril, en grande partie en raison de la réduction de la consommation en carburant des avions et des véhicules privés provoquée par la pandémie.

Conscient de la baisse de la demande et de son impact potentiel sur les travailleurs, l’UWPI a pris l’initiative de dialoguer avec les employeurs de l’industrie pétrolière.

Seah Keng Tia, UWPI vice president

Seah Keng Tia, Vice-président de l’UWPI, indique :

En tant que syndicat, notre principale priorité est la sécurité d’emploi. Nos membres n’ont rien contre la redistribution de la charge de travail entre un nombre réduit de membres du personnel, mais les employeurs doivent être ouverts sur la manière dont ils planifient les opérations et fournir des qualifications aux travailleurs chargés de nouvelles responsabilités.

Si certaines entreprises ont promis de conserver les emplois locaux, elles envisagent de diminuer le nombre de travailleurs migrants et de réduire tout coût inutile. Cela signifie qu’il a fallu demander aux travailleurs locaux de partager la charge de travail manuel dès lors que le nombre de travailleurs migrants était réduit.

L’UWPI a accepté la proposition des employeurs, s’agissant d’un moyen de ménager les emplois des travailleurs locaux.

Négociation collective

Tous les trois ans, avant un nouveau cycle de négociations collectives, l’UWPI examine les tendances du marché et propose les nouvelles compétences nécessaires. Le syndicat se penche également sur le bien-être et les besoins des travailleurs, sous réserve que l’entreprise puisse se le permettre.

Bien que les conventions collectives sont signées avec des entreprises individuelles, en tant que syndicat national, l’UWPI supervise toutes les conditions établies et partage les propositions avec les entreprises membres afin de contribuer au maintien de normes sur le marché. La transformation de l’industrie, l’aménagement du travail et les commités de formation font fréquemment l’objet de débats. Une fois que les discussions sont allées assez loin, leurs conclusions sont incluses dans la convention collective.

“Actuellement, les principales préoccupations de nos membres sont d’éviter des licenciements ou un changement des conditions de travail pendant la pandémie de Covid-19. Nous collaborons avec les entreprises pour éviter les mise à pied, pour requalifier les travailleurs ou les déplacer vers d’autres zones d’activité lorsque cela est possible. Les qualifications et le recyclage professionnel sont donc importants et nous aidons l’employeur à identifier les formations disponibles.”

“Nous discutons également de modalités de travail flexibles pour minimiser l’exposition des travailleurs au Covid-19 ,”

a indiqué Seah Keng Tia.

Les syndicats de la région MENA font campagne pour la ratification de la convention C190 de l’OIT

La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA, pour l’abréviation anglaise que nous utilisons couramment) n’a pas été épargnée par la pandémie fantôme grandissante que constitue la violence accrue contre les femmes pendant la crise du coronavirus. Depuis le début de la pandémie, on constate une augmentation des appels aux lignes d’assistance téléphonique pour des cas de violence domestique. Plus de 40 dirigeantes et militantes syndicales, réunies en ligne en novembre pour le réseau d’IndustriALL des femmes de la MENA, ont dénoncé l’accroissement de la violence, exprimant des inquiétudes quant à la santé mentale de nombre de leurs adhérentes.

Les représentantes des syndicats de Tunisie et d’Irak ont déclaré que certaines femmes s’étaient suicidées après avoir perdu leur emploi ou s’être retrouvées avec des revenus inférieurs, tout en subissant des violences domestiques et en effectuant un travail supplémentaire non rémunéré à la maison, en s’occupant des enfants, les écoles étant fermées.

Les femmes d’IndustriALL de la MENA ont appelé leurs syndicats à intervenir d’urgence pour faire face à la situation. Depuis le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les syndicats ont intensifié leur campagne contre la violence sexiste et en faveur de la ratification de la Convention C190 de l’OIT.

Au Maroc, des photos de travailleurs et travailleuses sur leur lieu de travail, de dirigeants de syndicats et de parlementaires tenant des pancartes appelant à la ratification de la convention C190 de l’OIT ont été diffusées sur les médias sociaux. L’Union Marocaine du travail (UMT) et la Confédération démocratique du travail (CDT), qui ont toutes deux élaboré des documents de sensibilisation à la C190 et à la violence sexiste, ont pris contact avec les parlementaires et ont envoyé des lettres au gouvernement pour faire pression en faveur de la ratification de la C190. Elles ont également élaboré des programmes de formation pour leurs membres sur les droits des femmes travailleuses et la C190 de l’OIT.

Une délégation représentant la Coalition 190 pour un monde du travail sans violence et sans harcèlement a déposé une demande de rencontre avec le Premier ministre. Thuraya Lahrech, parlementaire, leader de la CDT et coordinatrice nationale de la coalition, rapporte :

“La coalition a été formée en 2019 et se compose d’artistes, de jeunes, de femmes et de syndicats, dont l’UMT et la CDT. Nous avons organisé plusieurs activités avec le gouvernement, les institutions nationales et les organisations internationales sur la Convention. Nous avons élaboré un document d’information sur la Convention et nous lancerons bientôt un programme d’éducation destiné aux travailleurs et travailleuses.”

Amal el Amri, Secrétaire générale adjointe de l’UMT, parlementaire et présidente de l’Union progressiste des femmes du Maroc (UPFM-UMT), a déclaré :

“La violence au travail a des effets désastreux sur les femmes sur le plan psychologique, social et professionnel en raison de l’absence de protection juridique. La pandémie a révélé l’ampleur de la violence domestique dans nos sociétés, car son pourcentage a augmenté pendant la quarantaine. Avec l’adoption de la Convention 190, qui reconnaît les dangers et les effets de la violence domestique sur les femmes travailleuses et qui définit de nombreuses mesures de protection, nous ne resterons pas victimes d’une double violence. Mobilisons-nous pour exiger la ratification de cette convention.”

En Jordanie, le JTGCU a pris contact avec les travailleuses migrantes et a distribué des brochures et des affiches. En Irak, Hashmeya Al-Saadawi, Coprésidente de la région MENA d’IndustriALL, a conduit une délégation pour demander au gouvernement de ratifier le C190. Plus tôt dans l’année, l’UGTT de Tunisie a envoyé une équipe au parlement pour demander la ratification du C190.

Depuis la création du réseau IndustriALL des femmes de la MENA en 2015, les femmes dirigeantes ont mis la question de la violence sexiste à l’ordre du jour de leurs syndicats, avec des résultats significatifs en Irak, en Tunisie, en Jordanie et au Maroc. L’adoption de la C190 de l’OIT et les efforts constants des femmes pour faire avancer ce dossier ont permis de le rendre moins tabou. Les affiliés d’IndustriALL de la CDT et de l’UMT au Maroc et la plupart des affiliés irakiens d’IndustriALL se sont ralliés à l’engagement d’IndustriALL.

Déclaration d’IndustriALL Global Union sur les militants emprisonnés à Hong Kong

IndustriALL Global Union appelle à la libération immédiate des 53 militants qui ont été arrêtés le 6 janvier à Hong Kong en vertu de la loi sur la sécurité nationale pour avoir prétendument porté atteinte au pouvoir de l’État en organisant des primaires pour des candidats pro-démocratie lors des élections reportées de Hong Kong.

Carol Ng, Présidente de la Confédération des syndicats de Hong Kong, est du nombre des personnes détenues. C’est une militante syndicale dévouée qui est respectée dans le monde entier pour son travail de soutien aux travailleurs et travailleuses de l’aviation.

L’arrestation de ces 53 militants, dont Carol Ng, est une attaque révoltante contre les droits fondamentaux de l’homme et des travailleurs à Hong Kong. Ces arrestations montrent clairement comment des personnes se retrouvent punies dès lors qu’elles luttent pacifiquement pour la démocratie à Hong Kong.

Le mouvement syndical international ne restera pas les bras croisés alors que la répression, qui ne s’est jamais démentie, s’aggrave à Hong Kong. IndustriALL condamne l’utilisation de la nouvelle loi sur la sécurité nationale pour réduire au silence et intimider les dirigeants syndicaux et autres militants.

Toute législation qui supprime les droits à la liberté de réunion et d’expression, protégés légalement au plan international au titre des droits de l’homme, doit être abrogée. IndustriALL appelle le gouvernement de Hong Kong à abroger la loi de sécurité nationale imposée depuis le mois de juin.

Déclaration d’IndustriALL Global Union sur la tentative de coup d’État aux États-Unis

Ce 6 janvier, des partisans de Donald Trump ont pris d’assaut le bâtiment du Capitole et sont entrés dans la salle du Sénat pour tenter d’empêcher le Congrès de certifier Joe Biden en tant que prochain Président des États-Unis. Les partisans de Trump ont tenté de renverser le résultat d’une élection démocratique, qui leur était défavorable, dans une démonstration de violence et d’intimidation. Il s’agit à la fois d’une escalade prévisible de la rhétorique violente qui a fleuri sous Trump et d’une attaque révoltante contre la démocratie.

IndustriALL Global Union est solidaire de tous ceux qui luttent pour défendre la démocratie aux États-Unis et en particulier du mouvement syndical américain.

Nous constatons que les manifestants de droite, bien qu’ayant ouvertement appelé à la guerre civile dans les jours précédant l’incident, ont rencontré peu d’opposition de la part de la police, ce qui contraste fortement avec les manifestants de Black Lives Matter en juin 2020. Cela donne un nouvel élan aux appels lancés par de nombreux syndicats américains en faveur d’une réforme de la police.

La présidence de M. Trump a consisté en une attaque soutenue non seulement contre la démocratie, mais aussi contre la notion même de vérité, ainsi que contre les droits fondamentaux de l’homme et des travailleurs. Ses partisans ont transformé des mensonges en armes de propagande, comme en témoigne la diffusion de théories conspirationnistes sur le résultat des élections.

Cependant, l’assaut des partisans de Trump sur le Capitole a échoué : Le Congrès a confirmé la victoire de Joe Biden, par une certification officielle du résultat.

Tenter de renverser une élection démocratique par la violence n’est rien d’autre que du fascisme. Le mouvement syndical a toujours été et reste un adversaire implacable du fascisme et un défenseur de la démocratie. En tant que l’une des plus grandes organisations démocratiques au monde, représentant plus de cinquante millions de travailleurs des secteurs manufacturier, de l’énergie et des mines dans le monde, IndustriALL Global Union, avec ses affiliés et alliés, défendra toujours la démocratie.

Les travailleurs et travailleuses du monde entier ont obtenu la démocratie en versant leur sang. Le poison antidémocratique et post-vérité répandu par Trump a infecté les démocraties du monde entier. Le mouvement ouvrier mondial, dont IndustriALL est l’un des principaux acteurs, se joint aux démocrates du monde entier pour repousser cette attaque contre des droits que nous avons durement acquis.

Le monde a besoin d’une véritable démocratie. Pour nous, travailleurs et syndicats, la démocratie est l’environnement qui nous permet de vivre et de survivre. La démocratie et ses institutions doivent être reconstruites. Nous cherchons également à faire progresser la démocratie dans la sphère économique et en soutenant les mouvements démocratiques dans les pays répressifs.

Les compagnies de l'énergie n'investissent pas dans la Transition juste

Transition énergétique, stratégies nationales et compagnies pétrolières : quelles conséquences pour la main-d’oeuvre ?
ENGESPFRA

Ce rapport, intitulé Perspectives et tendances de la transition énergétique : schémas, scénarios et impacts, est publié par l'Ineep, un institut d'études brésilien à composante syndicale spécialisé dans le domaine de l'énergie. Les chercheurs ont soumis les stratégies d'entreprises, les investissements et les résultats commerciaux des principales compagnies de l'énergie à un examen approfondi et ont interrogé des salariés syndiqués de ces entreprises.

Il compare la stratégie de l'entreprise au discours sur la Transition juste tenu dans l'Accord de Paris de 2015 et dans la Déclaration de Silésie de la COP24, compte tenu d'informations fournies par l'Agence internationale de l'énergie. Il dresse le profil du bouquet énergétique actuel et formule des prévisions sur l'avenir, pour chaque entreprise et chaque région.

Une tendance qui se dégage immédiatement est le fossé qui sépare la rhétorique des entreprises sur l'écologisation de l'avenir et des investissements. La plupart des compagnies de l'énergie se sont lancées dans de grandes campagnes de relations publiques insistant sur la transition énergétique, parfois en remaniant leur image de fond en comble. Or, le rapport montre que, même Total, la compagnie au taux d'investissement le plus élevé, n'a investi dans les sources renouvelables que 4,5 pour cent de ses dépenses en capital. La plupart des autres n'ont investi que la moitié, voire moins.

Ces informations se fondent sur des chiffres de 2019. La pandémie de coronavirus et la volatilité des cours du pétrole ont accéléré l'investissement dans les énergies renouvelables, mais rien n'indique clairement un changement dans la tendance générale.

Une analyse par régions montre que dans l'Union européenne, dont la politique environnementale est la plus avancée, les entreprises ont investi davantage dans la transition. Les entreprises chinoises et russes sont celles qui ont investi le moins. Le rapport prédit qu'en dépit de la défaite électorale de Donald Trump, les États-Unis devraient poursuivre en grande partie leur politique énergétique actuelle, largement tributaire des combustibles fossiles.

Les entreprises diversifient leurs investissements dans les énergies renouvelables – en fait pour se prémunir contre l'incertitude des perspectives d'avenir – tout en continuant à tirer l'essentiel de leurs recettes des combustibles fossiles. Les stratégies de la transition sont contestées au sein même des compagnies de l'énergie, comme l'a montré la récente démission de cadres de Shell déçus par la lenteur de la transition énergétique.

Le rapport montre la situation actuelle et attendue de l'emploi dans le secteur des renouvelables, répartie suivant les régions et les sources d'énergie. Rien ne garantit qu'il s'agira d'emplois de qualité; d'ici à 2050, deux tiers des 25 millions d'emplois attendus dans les renouvelables seront dans le solaire, l'éolien terrestre absorbant une grand part du solde. Mais pour l'essentiel, ces emplois seront dans la fabrication des composants et dans la construction et l'installation. On prévoit environ cinq millions d'emplois dans le fonctionnement et la maintenance, en majorité des emplois cols-bleus.

Les interviews de travailleurs syndiqués font apparaître que la communication des entreprises avec leurs personnels sur la question de la transition énergétique est largement défaillante.

Pour la directrice d'IndustriALL en charge de l'énergie, Diana Junquera Curiel,

"Ce rapport montre que les compagnies de l'énergie investissent dans le marketing et pas dans les énergies renouvelables. Elles veulent continuer comme avant, sans rien changer, jusqu'à ce qu'elles y soient contraintes pas des facteurs extérieurs. 

"Si nous n'agissons pas maintenant pour être associés à la prise de décision, les conséquences seront très douloureuses pour les travailleurs. Nous devons insister pour que les entreprises adoptent, en matière de transition énergétique, des plans précis qui répondent aux critères de l'Accord de Paris, et qu'elles dévoilent ces plans à leur personnel. Elles doivent entamer des négociations permanentes avec les syndicats afin de gérer cette transition pour assurer la sauvegarde des compétences et des emplois.

"Nous devons aussi maintenir la pression sur nos élus pour qu'ils planifient une Transition juste et légifèrent en ce sens."